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18.08.2007

Brève

Rien jamais ne va vraiment, ça cloche mais...

Nous nous endormons malgré tout, après quelques séismes intimes. Aujourd'hui, nous n'avons ni tué ni violé ni volé ni incendié ni convoité ni détruit ni tout ce qui ferait de nous les êtres que nous somme pourtant, primitifs dans la fôret puissante de nos angoisses. Combien de temps sommes-nous restés, sagement alignés devant le tableau noir de l'éducation ? Des années entières dont nous devions sortir lavés des pulsions que nos professeurs avaient pour charge de nous faire haïr jusqu'à la nausée. La culture en somme ça n'est que cela ? La lente ronde somnambule des élites éclairées ?  Cette trop onéreuse, au regard de la punition encourue, liberté d'être les justiciers de ce qui nous brimait en flattant de diplômes et de distinctions les plus obéissants d'entre nous, bien que les rusés en aient pris leurs parts aussi mais là n'est pas le propos, cette liberté  chérie  dont on nous disait  qu'elle était la base  de la civilisation et qu'on nous montrait comme une idole au pied de laquelle nous devions être fiers de nous tenir égaux en nombre et prosternés. Durant combien de temps a-t'elle fait illusion face aux réalités convenables ? Chez combien d'entre nous n'a-t'elle plus été, une fois entrés sur le marché de la prédation que la frustre excitation d'une servitude supplémentaire. Combien d'assassins aux commandes, joystick (bâton de la joie ?) en main, affaissés devant la machine à stimuler, méprisables conducteurs de bolides, rebuts de tueur en uniforme (héros ceux-là !), explorateurs docilement vautrés dans le confort de jungles électroniques. Qui les compte parmi les siens, au nombre de la fratrie de ceux qui dorment parce que c'est l'heure ?

Je voulais je crois parler de cet homme que les forces de l'ordre ont retrouvé après deux jours d'angoisse populaire et de traque justement menée, dans le box d'un parking où il vivait depuis sa sortie de prison. Avec lui un enfant, un petit garçon enlevé, séquestré, violé. Un homme qui,  nous dit le reporter qui s'y connaît en matière de logement humain, vivait là, avec son passé de "pédophile", son présent de "pédophile", dans ce box de parking que quelqu'un quelque part dans ce Nord de la France où il fait bon de vivre en homme libre, lui louait sûrement et venait une fois par mois sans doute en percevoir en homme libre le loyer. Ce monstre pathologique que nous ne sommes pas. L'échec scolaire en milieu cultivé, Dieu merci est en constante régression ! Ce monstre nous dit le spécialiste qui est fort courtois dans sa démonstration de l'autre, ce pas tout à fait nôtre, fera l'objet d'un traitement approprié...

Un homme, un enfant, un box de parking et personne pour nous dire posément l'échec dans lequel nous vivons et personne pour demander comment il serait possible d'arrêter le massacre systématique de ce que la mécanique ultra chic du libéralisme moralisateur enfante de souffrance ?

Aujourd'hui je n'ai ni tué ni volé ni violé ni détruit ni incendié ni blessé ni... mais qu'en sais-je au juste ? 

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