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19.02.2008

mie de pain

Pourquoi avons nous ce sentiment d'enchaînés,  consentant à voir que l'on nous ravit le monde, que la "colère" est notre dernier sursaut d' Homme libre ? Cette liberté périmée dont l'emballage traîne dans les courants d'air de la parole automate. Jaques Le Goff parle de "langue caoutchouc", je le suis.Je l'écoute et me désole que nous en soyons à suivre le cortège funèbre de la "Démocratie" en pépiant au milieu des miettes du pain rassis de l'Histoire.

Je suis l'oiseau plumitif qui,  où qu'il tourne ses yeux ronds ne voit plus les barreaux de la cage. Il n'y a plus de cage ? J'interroge ceux et celles que je croise, il n'y aurait plus de cage ? Je peux alors voler tant qu'il me plaît, rencontrer des milliards d'oiseaux qui comme moi voyagent aux hasards de leur vie, d'un pôle à l'autre, des oiseaux d'Asie, d'Océanie, d'Afrique, des Amériques, des oiseaux dont le chant étrange ne me fait pas peur, dont les coutumes m'intriguent sans me faire craindre pour la pérennité de celles qui ont cours chez moi ? Chez moi, ma branche qui attend le printemps, qu'ils s'y posent, qu'ils s'y reposent en paix si elle n'est qu'une étape, qu'au retour il la trouve toujours là, feuillue peut être, différente mais toujours là. Si je n'y suis pas, je laisserai un post it : Je suis partis au pain, je reviens de suite ! Des oiseaux d'Europe, de l'Europe des peuples n'ayant plus du tribal que des images pour les livres d'histoires sanglantes.

Mais la colère alors, si il n'y a plus de cage ? La colère amis volatiles mais c'est que l'on nous a élevés à la poudre de barreau. N'est-ce pas, à chaque repas la haine de nos merveilleux voisins, une petite cuillère de barreau. Allez avales moi ça sinon tu ne vas jamais grandir ! Et ta branche là, tu vas me faire le plaisir d'y faire poser un cadenas ! Un cadenas sur une branche ? Oui ! Sinon la patrouille signalera l'anomalie. Mais je suis des oiseaux comme on est d'un pays et la petite cuillère chaque soir,  sans que personne y voit rien je la refilait au chien,  sous la table. Pauvre chien qui se faisait du mourron pour les loups.

Alors la colère,  car ni volière ni basse cour ni batteries ni châpon ni dinde. Simplement des peuples que la colère avilit mais qui n'ont plus qu'elle pour avoir l'illusion d'une cage tombée en poussière tout en tentant de retenir les  barreaux de repousser à l'intérieur.

Bonsoir Tess... 

Commentaires

Je suis pas sure que la colère nous avilisse. J'ai connu un enfant qui s'appelait "Conflit" . Je tuerais pour m'appeler comme ça...Le conflit, la colère, ce sont des expressions de la vie..Et là on la perçoit avec vigueur, dans toute sa force...Et c'est beau....Et salutaire (évidemment faut pas que ce soit un état permanent !)

Ecrit par : Tess | 20.02.2008

La vie est faite de haut et de bas... C'est ce qui la rend aussi envoutante!

Ecrit par : Olga | 20.02.2008

J'aime pas qu'on m'en voûte çà me fait l'impression d'avoir été rossé.

Ecrit par : Lephauste | 21.02.2008

Ca fait une paire de soirs que je lis vos textes, et je n'avais pas encore osé y laisser traîner une trace de l'expression béate de mon enthousiasme. Voilà qui est fait.
Quant à la colère de Prométhée, en purger la poésie, c'est la réduire à un formulaire administratif.

Ecrit par : Clarinesse | 23.02.2008

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