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25.04.2008

L'usure du monde

C'est à l'approche du printemps que j'ai gaulé à la cime de mon arbre cette fleur fragile, celle qui promettait un fruit tel que tout autre auraient pu passer pour un hologrammes gorgé de flotte. Un de ceux que l'on empile, morne-ment aux étals de la grande distrillusion, sans risque que les pyramides vénéneuses ne s'étalent en cascades empoisonnées, vu qu'ils sont tous semblables  à de pâles copies de l'abondance  qui régnait aux Hespérides et désespérément  colorés  comme des chromos restaurés par une équipe de lessiviers en stage d'arts plastocks. Elle est tombée, l'égère sous la rame de coudrier, légère flétrissure d'une promesse rossée par le temps; elle est tombée dans la sébile du l'usure qui partout se pointe et crécelle en main fait de tout monnaie morte en repassant les écrouelles à la moulinette. Mais dans le glacis de merde où tombent les déjections et les déchets du hachis j'en ai repiqué la sève et un brin de l'âme. Ce que ses racines n'auront pas soulevé des fondations pornosyllabites de l'ère à venir, les os arides de ses branches en fendront les élévations de miroirs et de fissures de mortier et de moellons dissociés naîtra le fruit qu'un éclat de lèvres craquelées fait sanguin. Éclatant comme une grenade dans les roches d'un oued. soyeux comme la chair de la figue lavée à l'eau acidulée des sources. Alors je n'aurai plus qu'à y arrimer langue et lèvres et à y retrouver l'usage des langages et des silences fiévreux d'avant que nous n'ayons claquée, vindicatifs,  la porte du paradis. Cette fleur que j'ai gaulé dans la lumière d'une fin d'après midi, face à face avec la plaie, la lance et la goutte de sève, me sustente en mourant.

 

Autant le dire tant que le fer est chaud et avant que vous même n'objectiez que vous l'avez vu les premiers, il me faut bien l'avouer, le titre de cette courte note en forme de poème sibyllin je l'ai triturée en tordant un peu le titre de l'ouvrage de Nicolas Bouvier : L'usage du monde (éditions Payot-Rivages, PBP 100, accompagné de dessins de Thierry Vernet et pour mon exemplaire d'une dédicace de JILB, pas de jaloux au moins ?). Je me le trimbale faut dire depuis un petit paquet de semaines et comme je ne l'ouvre en gros que les jours où je me sens un peu mieux d'être humain que citoyen au rayon frais, je pense qu'il va me falloir une pair d'années pour en venir à bout. quoique j'ai déjà lu la dernière page, c'est causant, c'est écrit et ça raconte l'air de rien un monde d'avant que ne fassions plus que nous reproduire, un voyage au travers des hommes que depuis nous avons livrés aux pillages, eux et leurs équilibres précaires et improductifs du point de vue de l'hypersurface de l'hypermarché de l'hyperespace aux suprêmes de haine élevée sous la mère.

J'allais oublier, impardonnable jean-lux de la Lune, tous mes livres je les achète ou les fauche à la librairie Privat de Cannes car à la librairie Privat de Cannes point n'est besoin de claudiquer pour qu'on vous propose, affable, un fauteuil d'académicien !

Une démocratie de crécelles et de martyrs transpercés par l'épingle de l'étiquette ? Non merci ! 

 

 

Commentaires

Je relis le Poisson-scorpion, héhéhé...

Ecrit par : Loïs de Murphy | 26.04.2008

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