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06.05.2008

pensée péripatéticienne

J'ai bien apprit à marcher au pas, pas si difficile quand on vous gueule dessus toute la journée et que vous n'avez que de courtes nuits pour vous évader en ronflant dans la cacophonie des dortoirs. La main gauche se balance dans le même mouvement que le pied droit. Une deux, une deux, une deux, attention !... changement de pied ! Les hémisphères dans la poussière du camp d'entraînement, vous y allez, l'autre derrière, vous colle aux semelles et comme depuis des semaines rien ne le distingue plus de vous ni de celui qui le suit que vous de celui que vous tentez de ne pas piétiner quand en larmes il appelle sa maman, alors vous marchez, attention ! changement de pied !

"Nous sommes les hommes des troupes d'assaut... Paras de toutes les régions... Nous n'avons pas seulement des ar...meuh mais le diable marche avec nous (là,  rires des hommes des troupes d'assaut qui marchent avec le diable.)". Cet extraits d'un chant de marche, c'est pour la bonne bouche de rat, la petite gueule de mes petits frères de la 79/04, Toulouse 1979. Salut les p'tits cons. J'oublie rien, rien ne nous oublie. Les anciens d'algérie accrochés par le béret à la carlingue du Nord Atlas, le lieutenant, un noble humaniste qui comprend, on fume des joints le soir, au pied des tours de saut et qui nous propose le Liban. Genre je me passe des intermédiaire, je connais un petit producteur dans la plaine de la Bekaa... Le capitaine qui chie dans son froc quand le Transall prend son dernier virage; Et pis nous,  la chair à pâté qu'on envoie en démonstration pour des généraux africains qui font leurs courses sur le Larzac. La fange Afrique ? Parlez m'en !

Mais pour penser, là,  pour penser... pensez donc ! Pour penser c'est simple, bien plus simple que de marcher au pas ! Pour penser il suffit de se passer du nom des rues, des panneaux indicateurs, des gestes empressés des forces de l'ordre; Pour penser, marchez au pas des mots qui vous viennent quand votre souffle devient court à mesure que vous accrocher l'arrête des pentes. marchez sans vous soucier d'arriver ou pas; ne regardez pas où vous les posez les pieds, vos pieds ont l'intelligence du ciel sous lequel vous avancez. Et quand ça descend ? Quand ça descend n'hésitez pas à trébucher, à vous casser la margoulette, à rouler dans le caniveau, les nuages sont là pour vous si vous ne vous passez pas de penser, passez, pensez, allez ! vos pieds sont dans vos rêves et vos rêves vont au pas des pensées chamboulées ! Allez !

Péhirin... Hartman... Krajeks... Boucherat... 79/04... Au pas de mes pensées péripatéticiennes. Salut ! 

Commentaires

Salut...

Ecrit par : Loïs de Murphy | 06.05.2008

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