13.06.2009
En quenouille
Peu à peu cette page s'éclaircit, redevient vièrge, ne foisonne plus que de silences de plus en plus longs. Les visites se raréfient et pour cause, c'est qu'il faut produire, entretenir l'étal, foutre l'avarié dans le container prévu à cet effet et le remplacer par du sanguinolent de première bourre. Des colères en vrac et qui me laissent froissé, du récit impudique, de la bonne pensée en noirte et rouge, deux ans et demi d'élucubrations vaniteuses ont fait de ma plume un débris de mue. De ces débris que l'on ramasse sans jamais voir l'oiseau qui sans vergogne les a laissé choir de la nue : Ça, c'est au moins une plume d'aigle ! Mais non ballot c'est celle d'un piaf !
Voilà, c'est usé, je la ferme cette page et c'est l'occasion pour moi de remercier chaleureusement Guillaume et Fred qui m'ont aidé à l'établir dans sa forme et de saluer non moins chaleureusement ceux et celles qui sont venus quotidiennement ou presque y lire le graphique de températures de mes humeurs noirtes. C'est un long temps qui vient de s'écouler et Cinq cent quatre vingt cinq textes, que je laisse en ligne et libres de droits puisque la gratuité est une de mes lubies favorites, attestent que ce ne fut pas un temps tout à fait vain à vivre. Merci à toutes et à tous pour votre chaleureuse attention. Je ne vous cite pas, vous vous reconnaîtrez, vous m'avez éclairé mais la nuit n'est pas finie et il me faut encore en parcourir en silence les derniers gouffres, avant l'aube. Si aube il y a.
L'humain est la plus belle et la plus impertinente invention du verbe.
12:43 Publié dans Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
| Tags : littérature |
|
del.icio.us
|
|
Digg



Commentaires
Merci, juste un grand merci.
La nuit continue son chemin, vos mots aussi continueront de traverser le ciel de la mémoire. Et personne ne peut récupérer ces volutes, volutes noirtes inscrites à jamais dans la chair virtuelle des écrans.
Bonne route !
Amicalement,
Mouloud.
PS) A peut-être un jour ou une nuit du côté de la Croix de Chave à Montreuil.
Ecrit par : Mouloud | 13.06.2009
"Un débris de mue..." mais tu me traites, là !
Bon si j'ai bien tout compris, tu cesses de nous fournir en mots qu'on aime lire même si on ne dit rien...
Ne supprime tout de même pas ce blog, s'teplait, je n'ai pas tout lu !
Bonne route alors,
Ecrit par : Mû | 13.06.2009
Vu chez MÛ. Je viens de me faire une idée et c'est triste pour une fois que je trouve un blog dont le ton change. Une alchimie à la phase de la nigredo. la baisse de la fréquentation c'est un peu sur tous les blogs qui ne racontent pas que des petites histoires personnelles . La crise ! si jamais tu changes d'avis fais le savoir. Amitiés tardives. Ariaga.
Ecrit par : ariaga | 13.06.2009
Bonne continuation dans votre nuit noirte
J' aimais bien venir m' y promener...
Ecrit par : Agnes D | 14.06.2009
Mon bon salut Lephauste, et j'espère vous lire un jour sur un support en papier.
Ecrit par : Loïs de Murphy | 14.06.2009
Ben voilà...encore une lumière noire qui ne clignotera plus sur ma toile. Ce n'était pas machinal de venir lire, c'était mieux qu'un rituel : une façon de prendre de la hauteur sur le quotidien vu par une belle plume. Je vais devoir mes passer de la traduction des maux de notre société par tes mots. Bon vent.
Ecrit par : Myel | 14.06.2009
Lephauste ! Faisez pas le con, reviendez ! Où sinon ... Non !
Signé : Un alter qui fait le poids.
Ecrit par : Lephauste | 14.06.2009
Flûtre! tout fout le camp,
même Lephaustre...
Noirte soirée!
à plus "vieux débris".
Vous nous manquez déjà,
à moins que le premier Avril ne soit demain?
je croise les doigts.
Ecrit par : l u c | 14.06.2009
@Miette: fichtre! diantre! foutre! que d'honneurs...
Comme en terre, binons, creusons, arrosons et plantons quelques Noirtes considérations que le Fauste pourra lire la clope au bec et le sous-rire en coin!
Ecrit par : l u c | 15.06.2009
En passant dans le coin, j'ai vu que la porte était entrouverte; je me permets donc de revenir m'en jeter un dernier.
La fermeture de ce blog me fait penser à celle des bons bars de quartier. La dernière tournée à rallonges oscille entre humour et tritesse. Chacun essore sa mémoire, trinque à la mémoire d'un parti-toujours trop tôt - ou tente de relativiser la fin annoncée. Pour une fois, les seules ardoises sont celles de la mémoire. Au moindre silence trop lourd, un habitué désigne les verres en cours de lecture et lance: " Une dernière pour la déroute, chef ! ". Chacun sait que demain, le demi aura toujours la même couleur mais pas le même goût. Le baisser du rideau de fer clora sans aucun doute une belle époque. Et les passagers du comptoir ou de la salle, après avoir mis du temps à se quitter pour retrouver les fuseaux horaires de la réalité, repartiront en chaloupant comme souvent mais, cette fois-ci, l'ivresse mêlée de vide. Ce vide que les pages tournées laissent un peu derrière elles... Surtout quand ces pages étaient belles, vivantes, chargées de joies et colères, agaçantes parfois, mais toujours sincères. Et irréductibles.
" Bon! Allez: une p'tite dernière, chef ! Je suis sûr que le fût n'est pas entièrement vide ! '' Et puis, surtout, il fait froid et con dehors en Sarkozone...
Un pilier du bar de '' l'humour noirte ''.
Ecrit par : Mouloud | 15.06.2009
J'en perd le sourire et les larmes m'inondent. Mon bon Salut et revenez-nous sous n'importe quelle haute forme. Chapeau bas Monsieur.
Ecrit par : Sylvaine | 15.06.2009
Garçon?... Remettez la tournée, c'est pour le Belge.
@Mouloud:... Avec votre permission je me permettrai de reprendre votre texte à l'occasion...
Avec votre permission.
Ecrit par : l u c | 15.06.2009
Ah bin voilà...ah la première averse : tous aux abris ! :-(
Bon Dieu ! Ne faites pas des choses aussi définitives ! Savez-vous seulement de quoi vous aurez envie demain ? Quelle extravagance ! et quelle présomption !
Il n'y aurait qu'à dire que vous le laissez un moment en sommeil-comme la belle au bos dormant- Mais pas trop longtemps, hein ? vite vite ... le baiser, qu'il se réveille un peu !
Ecrit par : tess | 15.06.2009
Le verbe est quand même la plus belle et la plus impertinente invention de l'humain.
Et quand il est gravé sur la toile par une plume d'aigle, il en devient monument.
Tu vas revenir ! tu ne pourras pas te passer de nous ;-)
Ecrit par : madame de K | 17.06.2009
Oui, l'humain ...
Ecrit par : helenablue | 17.06.2009
Bon, j'ai voulu bien le prendre mais je ne le prends pas bien du tout en fait. Alors postez à nouveau que diable ! Postez je le veux !
Ecrit par : Loïs de Murphy | 18.06.2009
Ecrire un commentaire