07.11.2009
Lacérer
Oh je sais dans mes bras la serrer, ça sert à rien, lascérer sa tristesse, ça sert à rien, desserrer l'étreinte des sanglots, ça sert à rien, lui assurer que c'est rien, ça sert à rien, repasser les mouchoirs, ça sert à rien, lui passer son Rimmel, ça sert à rien, repriser ses bas de soie, l'inviter à sortir, je sais ça sert à rien. Faire de la poésie pour user l'insomnie, ça non plus, je sais, ça sert à rien. la détourner encore, la détourer toujours, l'entourer pour qu'elle sorte des pleurs, je sais, ça non plus ça sert à rien. Mais ce rien à qui ça sert, ce drôle de paroissien qui n'habite nulle par et fait son lit de chien, au pied duquel elle dort, que quelqu'un me dise, quelqu'un qui le connaît, quelqu'un qui ne fait rien et se plaît en personne, que ce quelqu'un me dise, où il vit ce rien, que d'un rien je lui lacère ce nulle part, où elle, enfant de tant, tient serré contre son sein, l'oiseau blessé du souvenir.
(Pour Miette)
23:46 Publié dans les cosmétiques | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : poésie, érotisme, aimer, lecture |
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Commentaires
Heureuse Miette de ces bribes célestes ...
Ecrit par : kouki | 08.11.2009
Il y a, dans la lâcheté de l'absence, une manière indécente d'occuper toute la place. Miettes de bonheur, miettes d'amour. Rien en vaut le pain tout entier. Minuit est encore passé.
Ecrit par : Frédérique M | 08.11.2009
Pour un peu on voudrait s'appeler Miette pour de ce pain quotidien faire sa mie.
Ecrit par : L...................uC | 08.11.2009
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