25.10.2009
H1N1
Vous êtes près mes petits cochons ? Vous avez la goutte au nez ? Un petit peu de fatigue ? Des courbatures ? Quelque chose qui ne tourne pas rond ? Une envie d'éternuer en public ? De vous racler la gorge bien à fond et de cracher tout ça au passage de l'ambulance ? Le numéro des urgences dont vous n'arrivez plus à vous souvenir ? Une mémé qui fort opotunément est prête à vous céder dans l'extase morbide, les quelques napoléons dont vous allez enfin savoir où elle les planquait, la vieille, elle nous a assez fait ch... ?
Maman, j'ai mal au vent' ! Le petit aussi se plaint, normal demain il a interro écrite ! Mais non c'est pas à cause de ça ? C'est l'hostie alors, que vous lui avez carrer dans le bec, le corps du Christ, avant la fin de l'office où le curé lui même avait la morve en pleine transmutation au dessus du ciboire. Les hosties avaient une belle couleur fluo, c'est vrai. Qu'est-ce qu'on ferait pas pour halloween ! Cette année le thème c'est : Prends toi en grippe ! Alors vous l'avez où pas ? Ça vous gratouille ? Ou ça vous chatouille ? Hein ? Faut savoir, car en passant devant la page d'ouverture de mon yaourt, j'ai relevé ce titre aux accents gore :
États-Unis, plus de mille morts dues à la grippe, dont au moins 100 enfants ! Le président Obamoi déclare l'état d'urgence!!!
Tiens ça me fait penser que je n'ai pas déclaré mes revenus pour l'année passée. T'en a pas eu ! Ah oui c'est vrai.
Mille morts sur une population de 360 millions d'habitants reconnus comme tels, aux Etats-démunis c'est une catastrophe nationale. Notez en passant qu'il n'y a plus que les catastrophes qui soient nationales, le reste est passé au marché. Et le marché aime bien quand ça tremble dans les tours, les détours, les contours et les alentours du troupeau.
Dieu s'il vous plait, faites monter le cours de l'action des laboratoires pharmaceutiques, je voudrais mourir plein aux As. In God we tousse. Tous.
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| Tags : h1n1, obama, épidémie, politique, santé publique |
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Digg
L'écorce intérieure
Pourquoi les heureux que je croise dans mes promenades nocturnes ont-ils au front la marque des aliénés ? Le rictus des sourcils palissade l'aveuglement, la marque même de leur enfer quotidien ? Ils parlent seuls. Oh celui là est un peu cinoque, y cause tout seul. Quand j'étais enfant, voila ce que j'entendais à propos des quelques frapadingues qu'on laissait divaguer dans les rues. Il y avait bien des asiles mais l'idiot de village n'était pas encore celui par qui passaient tous les fantasmes de normalité répressive; Il divaguait, il avait sa nef et une fois l'an tout le monde se mettait au diapason de sa navigation et faisait le neuneu. C'était carnaval.
Ils parlent seuls. Hier au soir, j'allais fol, me trimbaler, je cherchais au ciel tourmenté de tempête, l'éclat de Vénus dans le foutoir des nuages galopant. Je remontais donc par la rue du cimetière vers le stade et les jardins d'oeuvriers où l'on ne voit plus, en cette saison que des pieds de chou-vache et quelques roses résistantes à la pression morose, le triste feu des futurs chrysantémes. La Viorne pâlit d'argenture mais je dirais cela plus tard, si vous permettez... Je vais lent, c'est que mon combustible est un lointain lampion de gaze auquel indéfectiblement j'ai allumé mon coeur ... Je digresse encore et m'éloigne de mon sujet, je momologue. Mais j'arrive pourtant à l'angle du chemin de la Bassinette. Là, j'entends bien que l'on se salue avec force formules joyeuses. Inutile de les retranscrire ici, vous faites de même quand quelqu'un qui vous aime vous demande comment vous vous portez de son amour. J'avance à la suite, pas ralentis, je mets de la distance, l'intimité d'un tel bonheur me force à faire celui qui n'y est pas puisqu'il ne me concerne que par le fait que je me sens souvent heureux du bonheur des autres. Et puis, pourtant, la longue silhouette qui me précède semble elle aussi dans la nuit, comme unique. Il parle seul. Un fol de plus, je me dis-je; Parle avec je ne sais trop quel dieu, un diable le pique, le ton monte, et les questions fusent, l'inquiètude bouleverse. et voila qu'entendant mon pas derrière le sien il se retourne et que je vois luire à son oreille la folie convenable d'un appareil d'où il semble qu'on lui parle. Un sonotone céleste, la voix de son dieu contrariant. Un dieu bleu comme le voyant bleu qui rien n'éclaire puisqu'il clignote, tachycardie des émotions artificielles.
Nous allons ainsi, parlant seuls et correctement corrects puisqu'équipés du tout dernier cri de notre solitude socialisée. et au creux de notre cou plus un souffle ne vient portant les mots qui au creux de notre oreille disent ces choses par lesquelles nous sommes les heureux d'un monde qui ne se méfiait pas d'être aimé de près, de tout près. Une plainte tient lieu de langage, la langue ne réchauffe plus rien en nous depuis qu'elle n'est plus portée que par les ondes à haute fréquence du bouillonnement infernal. Nous sommes sur écoute et les heureux que je croise s'en porte bien puisque personne ne les écoute plus que quand ils geignent et s'alarment. L'écorce intérieure leur a poussé, ils ne savent plus depuis quand , elle a tout gagné. Plus rien ne vibre que la machine qui remplace si bien le sens, en ce qu'elle vibre à la place de tout ce qu'ils redoutaient. Leur sublime et aimable sauvagerie.
11:19 Publié dans les cosmétiques | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : poésies, politique, littérature, lecture, société |
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Digg
24.10.2009
L'ensemencement
Voila tout ce que je sait faire, voila tout :
Tracer dans la pierre, à l'aide de l'index dont l'ongle est endeuillé de l'anneau de ton cul, un sillon.
Un trait gras dont la saveur est suave et acre l'effacement. Reconnaître dans l'odeur de craie de ta toison pimentée par l'âge de sel, le lieu infiniment liant où déposer la semence.
Refaire de la paume ouverte le silence sous lequel, la page où nous sommes endormis se soulève quand à l'aube Vénus pâlit.
Te donner à moudre le grain lourd de ma récolte afin que tu y traces, à l'aide du Kalam, un coeur de farine fleurie de sel et d'eau.
M'asseoir là, à l'ombre de ton repos, et donner aux égarés, un peu de mon pain, l'eau qui sourd de mon chant, emprunté au levain.
Danser au bord du champ, qu'en jaillissent, des herbes folles, les fruits d'un arbre, longtemps imaginés, pour que tu en manges et m'y dévore.
Apporter à pleine bouche, joues gonflées comme l'outre du verbe aimer, de l'eau au moulin de ton ventre vif à l'axe de ma nudité.
Attendre, attendre encore, et encore attendre que cède dans les orages la force des vents contraints et qui nous sont contraires sans nous être rien. Rien.
Remettre en terre tout ce qui n'est pas encore la maison d'où nous pourrons sortir côte à côte, sans que tu sois de mon côté, sans que je passe à côté de toi sans écouter ce que tu dis.
Rendre aux morts ma ration de survie, inentamée, intacte et veule vieillerie d'un souvenir dépassé par la grâce de ton pas passant ce que nous étions et ne sommes plus.
Tracer un trait gras de la paume à moudre à l'ombre du champ à pleine bouche, et attendre de remettre aux mors ma ration de survie, inentamée. Et que jaillisse un fruit, intact.
Voila tout.
(Pour PG)
15:43 Publié dans les cosmétiques | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : politique, valence, littérature, lecture, miette, poésie |
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