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<title>HUMEUR NOIRTE</title>
<description>poésie vache à rebrousse poils</description>
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<lastBuildDate>Tue, 24 Nov 2009 10:34:20 +0100</lastBuildDate>
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<title>En vin vivre</title>
<link>http://humeurnoirte.hautetfort.com/archive/2009/11/23/en-vin-vivre.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Stéphane)</author>
<category>les cosmétiques</category>
<pubDate>Mon, 23 Nov 2009 20:19:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;Vivre comme une blatte, dans les régions mal humides du monde&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A l'ombre des messes basses et compissées&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vivre comme font les rats, en craignant la mauvaiseté de l'homme&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'angélique feu du cautère de fer rouge&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vivre auprès des crassiers pour voir des rêves s'ébouler en monceaux d'ordures&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De ces présents dont ne reste que le ruban&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vivre la synécure des habitants souterrains de l'orpaillage métropolitain&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La saleté de leurs regards mâtinés de cauchemars&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vivre en chien de fusil, dormir pesamment après chaque coup tiré,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A côté d'une personne...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vivre au travers des gouttes du vin délicieux de l'injustesse de l'injure&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Infuser par l'haleine fétide des dieux du comptoir&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vivre cabossé, loin la parturience des cadavres liftés, bien ficelés&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vivre en porc pour que les mots ne soient que des allers simples&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et les morts des parvenus à bon port&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vivre en silence, en Dieu, en tout ce qui n'est pas la biographie,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;le fond de teint, le sourire psychopompe des reparus irréparables&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vivre en vain, au plus proche du ballon, captif de son vin&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vivre en vain mais vivre en baisant ce qu'il reste à baiser d'empreinte&lt;/p&gt; &lt;p&gt;au bord de tous les verres félés par la succion des baby boomés, mal tétés.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vivre en son vin mauvais comme en la vague que saoule le clapotis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Le doux et la douleur (ex voto)</title>
<link>http://humeurnoirte.hautetfort.com/archive/2009/11/22/le-doux-et-la-douleur.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Stéphane)</author>
<category>les cosmétiques</category>
<pubDate>Sun, 22 Nov 2009 12:53:31 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;Souvent toujours la douleur enrôle ceux qui du doux ont quitté le chemin, soit que le chemin s'arrêtait là, et qu'après longs temps passés à errer, il se soient rendus à l'évidence que de friches en essarts ils n'avançaient plus que dans l'avanie des souches retournées. Soit que par un hasard prévu de long temps ils se soient retrouvés au réveil, perdu pour l'horizon, au fond d'un fossé dont ils ne reconnaissaient rien sinon qu'ils l'étaient celui-ci, ce fossé d'herbes sèches au bord duquel on se penchait avec compassion et quelques peu d'agacements, quand crois-tu qu'il va en sortir ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors à l'aide du doloire la douleur leur ôte la vêture des hôtes, alors nus ils vont, se rechaussent de boues et debout s'avancent pour naître des larmes comme on naît d'une pluie à son zénith d'ornières débordantes de vie. Ceux-là qu'on reconnaît comme nos semblables, ceux-là qui sont nôtres par le fond et la forme, ceux et celles-ci que nous ne saurions abandonner sinon qu'à nous rendre méprisables aux regards anxieux des peines qu'ils éprouvent à nous rejoindre, ceux-là n'ont pas de nom, pas encore de nom.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lectrices, lecteurs, vous qui passez ici comme attirés par la chair vive et nue du propos outré, je vous dois de vous dire ceci : Rien de ce que vous lisez ici n'est vrai. Personne, aucun lieu ni temps dont vous puissiez croire que j'ai eu à le connaître, l'aimer, le haïr ni à en éprouver le moindre sentiment en en recevant l'égale part de ce que j'aurais eu à donner, n'existe vraiment, n'a existé un peu ni n'existera jamais. Je suis menteur de naissance, je fabule et le verbe que j'ai forgé pour qu'il use de moi comme d'une arme blanche&amp;nbsp; finit par faire le soc d'une charrue pour ouvrir un sillon tendre au ciel lourd de Décembre. &quot;Personne&quot;, seul ici peut se reconnaître en ce que le voyage d'où l'on ne retire que la gloire stupide des racontars, s'achève un jour dans un buisson où sa nudité initiale prendra du soleil le souffle et d'une étoile la voie et du vent la maison.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A vous, merci. Et la grâce du doux sur vos propres douleurs.&lt;/p&gt;
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<title>Les villes II</title>
<link>http://humeurnoirte.hautetfort.com/archive/2009/11/14/les-villes-ii.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Stéphane)</author>
<category>Relis tes ratures</category>
<pubDate>Sun, 15 Nov 2009 00:41:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;(La suite ? C'est ici...)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais vous vous en foutez des centres-villes, la sortie 9 vous la faites sur la file de gauche, à 120, 130, entre deux radars. Gould est plié en quatre, comme si il avait prévu qu'un jour sa grande carcasse rentrerait dans la fente du lecteur CD. Il ahanne la mélancolie comme un bucheron qui peaufinerait les angles à sept degrés plus une quinte, d'une allumette. vous en êtes au trois ou quatrième trous de boulette dans le velours gris du siège. vous voyagez seul, c'est juste du coin de l'oeil que vous les voyez se dévider les charmes à jamais secrets des villes. toutes ces lampes tout de même, elles doivent éclairer quelque chose ? Non, elles n'éclairent rien, elles signalent. Le clocher de la cathédrale Saint Thédrale, le tribunal de commerce en vraies pierres du pays, l'avenue Gabriel Ferry, le boulevard Jules Levard, et tout au bout du coin de la rue qui tourne, la gare qui est un chef-d'oeuvre de l'époque où le train ressemblait pas à une sonde rectale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;elles sont déjà dans le rétro les villes, c'est là qu'elles sont le mieux, la portion congrue de visibilité, dans le rétro, avec cette&amp;nbsp; touche raffinée de pavés bien scellés. Une petite vignette pour le souvenir. La nuit vous remange, vous avez envie de pisser, la station service est à 12 kilomètres. C'est là qu'est la vraie vie. Le distributeur à café, les gueules hagardes et bronzées sous les néons chirurgicaux, les chiottes en musique, la pissotière qui se met à pisser, automatiquement, pour vous montrer comment on fait, proprement. N'empêche, pour le plaisir vous en foutez à côté. Vous voyagez seul, pas besoin de se laver les mains. Où ça va se nicher la révolte, tout de même.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous remontez dans la bagnole, contact, la CX se cale au niveau, le conjoncteur claque comme le fouet moucheté du dompteur du tigre qui a perdu une jambe lui, en comptant fleurette à une tigresse qui a fini par se tailler avec l'illusionniste, atteint lui même assez gravement par le mal des Indes. Mais Glenn vous fait savoir en rejouant pour la cinquantième fois la variation d'où les notes se succédent avec la lenteur détachée des traits blancs de la bande d'arrêt d'urgence, qu'il en a sa claque de faire du piano bar dans ce boxons où y a même rien à boire. C'est vrai vous buvez plus, vous laissez ça aux cons. Alors en seconde vous poussez le navire jusqu'aux épis du parking où sont les semis de remorques. Vous tirez sur la manette et le siège s'allonge, vous vous en allumez un dernier, pour le sommeil, un petit perse bien tassé. Et vous sombrez...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et c'est là qu'elles sont les villes, dans le miroitement glissant, sous vos paupières closes. elles s'immiscent, le silence d'une rue, un square, la chienne qui frelate le cafard en longeant un petit canal, et trouve à chier dans les feuilles. Les petites maisons, les jardins sombres où vous avez rêvé de lui faire l'amour, pas à la chienne, bande de pervers ! ... en douce après lui avoir fait la courte afin que sa jupe écossaise se prenne pas dans les pointes rouillées des grilles. Des galets pris dans le béton des murs d'enceinte. quelques immeubles, loin du centre-ville, qui se renvoient de salles de bain en chambre, des clins d'yeux complices. Le silence apesantis d'un mimosa lourd et parfumé comme ses tétons... C'est là qu'elles sont les villes, sous vos paupières qui ne veulent plus se déciller car vous l'entendez encore cette voix : Allez ! casse...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(Et la c'est la fin.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Les villes I</title>
<link>http://humeurnoirte.hautetfort.com/archive/2009/11/14/les-villes.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Stéphane)</author>
<category>Relis tes ratures</category>
<pubDate>Sat, 14 Nov 2009 23:53:36 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;Elles sont comme ça les villes, tout d'abord vous ne faites que les regarder sur une carte, un point. Un point qui porte un nom, à qui l'on a donné un nom, il y a longtemps. Au temps où il n'y avait là sans doute qu'un gué, un carrefour, un sanctuaire renfermant une écharde de la vraie croix, un os, bien souvent une villa, c'est à dire une grosse ferme accompagnée d'une garnison. Les archéologues vous lèvent ça mieux qu'un vol de perdrix devant un promoteur culturel, amateur de gibier à plumer, à ses heures. Ce qui fait que sur la carte, à côté du point il y a un petit symbole. Quelque chose qui dit que dans cette ville, il s'est passé quelque chose. Quelque chose de grand, quelque chose qui va sûrement vous intéresser. La prochaine fois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous sur l'autoroute, à 110 à l'heure, la carte dépliée sur le siège passager, vous voyagez seul, c'est une vieille habitude. De toute façon vous ne vous souvenez pas d'avoir jamais voyagé en famille, à l'arrière d'une guimbarde, Maman à la droite du chauffeur, Papa au volant, et vous trois à l'arrière cherchant quoi faire pour pas avouer que vous vous êtes un peu pissé dessus, depuis une demi-heure. Vous voyagez seul parce que à chaque fois que vous avez essayé de connaître ce bonheur là, rencontrer une femme, l'aimer, en être aimé, avoir avec elle, les yeux dans les yeux, deux ou trois mouflets qui savent pas se tenir en bagnole, sagement, c'est-à-dire morts, à chaque fois la bagnole a pas tenu. Une fois c'était une durit, une autre fois ça a été le joint de culasse, et encore une autre, c'est le circuit hydraulique qui s'est vidé sur le parking, juste après le péage. Alors à chaque fois que quelque chose vous dit : Casse-toi ! Vous montez dans la bagnole, un sac vite fait sur le siège arrière, les clopes, de quoi faire un joint, plusieurs, un douze planqué dans le moyeu central du volant, dans le lecteur CD, Gould et les variations Goldberg. Ceinture.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elles sont là les villes, vous roulez la nuit, la nuit on sait bien que l'on va nulle part. Nulle part, sur la carte, c'est justement le non lieu que vous recherchiez. L'endroit où vous même vous êtes assuré dans vos rêveries dévissées de plus entendre ce : casse-toi ! Elles sont là, tranchées par l'autoroute, parfois coupées des fleuves par les six voies ordinaires. C'est rien une ville la nuit, c'est veule comme un tigre dans sa cage, ça scintille terne du pelage, ça luit vainement des canines mais ça mord que la carne d'équarissage. C'est raccordé par les trocarts des rocades, sortie 7, ZI des charmilles. Sortie 8, ZAC des Cornacs. Sortie 9, centre ville. Elles ont un centre les villes, une place largement ouverte sur le vide, bordée de bâtiments d'époque, peu importe l'époque. Au milieu de la place souvent il y a un truc, quelque chose autour de quoi l'on tourne, l'éfigie d'un type qui a passé là huit jours de sa vie, et qui si il n'était pas mort depuis la bataille d'Arcole, se repentirait encore de s'être laissé faire le jour où on lui a dit : Casse-toi !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(La suite après...)&lt;/p&gt;
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<title>La vie en tant que scie</title>
<link>http://humeurnoirte.hautetfort.com/archive/2009/11/12/la-vie-en-tant-que-scie.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Stéphane)</author>
<category>Relis tes ratures</category>
<pubDate>Thu, 12 Nov 2009 22:56:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;Si il advenait que l'on me prouve par A+B que je suis né dans un pays riche, il faudrait par la même que l'on m'explique pour quoi je n'y croise à longueur de rues que des pauvres, des sans le sou, des sans grade, des sans actualité autre qu'à toujours remettre au lendemain l'équilibre sans lequel on est à la merci du premier vaccin venu. Ton bonheur est entre tes mains, tu es l'artisan de ta propre réussite, change d'air voilà tout ! Je m'y colle, je me lave, me rase, enfile une paire de chaussettes propres et toute la panoplie du parfait candidat. je sors de bon matin, je descends à la gare et en passant devant l'église, voilà-t-il pas que je croise un convoi funèbre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a là du veuf, de l'orphelin, des amis éplorés, de la famille aussi, des curieux qui se renseignent pour le cas où, et le petit personnel qui se charge d'organiser tout ça, que ça ait l'air de quelque chose de digne. C'est pas toujours le cas. Je passe, je ne connaissais pas la défunte, vaguement peut-être. Un coup mal tiré, un soir où le mari faisait de ses dix doigts, quelques heures supplémentaires, accroché au clavier de son ordinataire. Pas plus. J'ôte tout de même mon chapeau, il me semble qu'un des orphelins ne m'est pas inconnu, il me fait même un signe. Triste petit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je continue ma route, une où deux mains se tendent mais ce matin, c'est décidé, je réussis. Pas le temps pour m'occuper de la détresse d'autrui. A la gare ! C'est une vraie mafia ! Ma voisine, qui s'y connaît un peu vu que dans les années quarante, elle tendait aussi la main, mais très énergique, celle-là, m'a déjà avertit. Vous leur donnez un jour, et vous êtes fichu mon pauvre monsieur ! J'ai l'air, moi, aussi pauvre que ça ? Pas ce matin, je suis remonté comme un coucou niché dans un fourgon délocalisé de la Bling's. J'y cours au cul au bonheur. Je suis sur le quai, avec les autres, j'attends le RER, le train de la réussite omnibus. Mais voilà que sur les ondes on annonce un sacré retard, une demi heure pour le moins. Un suicide en amont. Un cadre dynamique, dynamité par le stress. Chers voyageurs, on ramasse les restes, on fait des doggy bags pour les affamés et on rétablit le trafic. Ça rassure, je commençais à suer dans mes chaussettes propres, je m'envoie une giclée de menthol discret, entre les orteils. Enfin la rame arrive, les autres et moi on se fait les politesses d'usage. Et on roule, on roule, on roule, on roule, là on s'arrête, et puis on roule, on roule, on roule et enfin la capitale se met à luire devant nous, comme un lingot de béton ciré.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelques couloirs, des bousculades bon enfant, un coup de savate à un petit mafieux roumains d'à peine six mois, que sa mère de location a laissé en plein milieu des Escalators. Et me voilà à pied d'œuvre. Alors mon gaillard on en veut ! On va y aller ! On a la gnaque !!! Si vous le dites ! que je me pense sans desserrer les lèvres du grand sourire pincé que je lui adresse en guise de oui-oui convenable. Lui c'est le chef du troisième bureau du ramassage du tri sélectif en milieu urbain. J'ai trouvé cet emplois précaire d'une durée absolument indéterminée par un ami de ma femme. En échange de quoi il l'invite tous les mercredi au cinéma et après ils vont boire un verre, et après ... Après je peux pas dire elle me raconte pas tout. Elle est assez indépendante, dans son genre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bon, ce matin on ramasse que les mâles ! On y va doucement, faut pas choquer le passant. Vous connaissez tous la consigne, à la moindre question, on répond : C'est pour les ramener chez eux madame, là où il fait chaud et où le lait et le miel coulent en abondance. Ici vous comprenez, ils dépérissent. Par Saint Besson ! Comme vous faites bien ! Moi comme c'est mon premier jour, c'est que les vieux qu'on me donne à pousser dans le fourgon. Même c'est pas trop fatiguant. Allez Pépé, faisez attention à la marche. Mais quand même je me dis : Si il advenait qu'on me prouve par A+B que je suis né dans un pays riche il faudrait aussi qu'on me démontre pourquoi il y en a toujours plus à charger dans les fourgons ? Les cadences deviennent infernales. Il a raison le délégué syndical.&lt;/p&gt;
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<title>Bancs de brumes</title>
<link>http://humeurnoirte.hautetfort.com/archive/2009/11/10/banc-de-brumes.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Stéphane)</author>
<category>Relis tes ratures</category>
<pubDate>Wed, 11 Nov 2009 00:03:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;Il n'était pas question que nous pliions, que nous nous traînions d'ordre en contre-ordre, que nous nous levions avant que le levain ne se soit mêlé du pain de nos vies. Il était hors de question que nous nous mettions hors de nous, que nous suffoquions tout en devenant de plus en plus productifs, que nous éclations de rire simplement parce que le guignol portait le silice des amuseurs, que nous nous mettions à larmoyer à la vue du premier semblant de brume enveloppant la disparition des dieux. Il n'était pas question qu'on nous déloge du pas des portes où nous battions la semelle afin qu'on nous débauche des orgies de pain noir. Il nous semblait vain d'écouter nos noms défiler à l'appel des barbaries industrielles. Nous marchions au pas ? Peut-être. Nous baissions les yeux ? Oui. Nous restions en silence sur la ligne de front ? Bien entendu. Étions-nous des assassins ? Nous l'étions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette nuit, la dernière, nous sommes tous assis, tremblant de froid, sur un banc de brume. De l'autre côté du parapet il n'y a rien, rien qu'un autre banc de brumes, sur lequel sont assis, comme nous, des millions d'ombres casquées. Des ombres émaciées pour qui il est hors de question de plier, de se traîner d'ordre en contre-ordre. Qui ne se lèveront pas avant que le levain ne se soit mêlé du pain de nos vies.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;(pour Fabien Dufour)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Soleil plongé</title>
<link>http://humeurnoirte.hautetfort.com/archive/2009/11/10/soleil-plonge.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Stéphane)</author>
<category>Relis tes ratures</category>
<pubDate>Tue, 10 Nov 2009 11:12:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;Dans l'immensité d'une flaque je me suis retrouvé hier à contempler tout ce que le sac de mes cités illusoires avait laissé après l'achêvement, grandes ruines fumeuses. Une flaque que le ciel plombé en se déversant comme une cuvette d'eau grise, avait laissé là. Devant moi, à mes pieds elle gisait, sa peau bourbeuse et lisse s'illuminait tristement d'un soleil liquéfié comme le souvenir de n'avoir été que ça, un soleil plongé dans l'ardeur inverse du vivant marécage de l'attente. Le sac avait eu lieu, cent fins, et j'avais passé tout ce temps, dissimulé, la peur au ventre, un noeud de vipères que je voulais sauver du pillage où je me laissais aller. Prenez ! Prenez tout ! Laissez moi simplement la mue. La mue que l'amour mord pour en ouvrir le fermoir. La mue dont la mémoire ne garde qu'un peu de boue craquelée, au fond d'une flaque réduite à l'état de poussière. Quand le soleil enfin s'ébroue et ne confère plus aux étoiles mortes une lumière froide, cette illusion qui appelle au pillage.&lt;/p&gt;
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