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<title>HUMEUR NOIRTE</title>
<description>poésie vache à rebrousse poils</description>
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<lastBuildDate>Sun, 08 Nov 2009 10:04:14 +0100</lastBuildDate>
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<title>Chasseur Zéro</title>
<link>http://humeurnoirte.hautetfort.com/archive/2009/11/08/la-carapate.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (stephane)</author>
<category>Mélancholie</category>
<pubDate>Sun, 08 Nov 2009 10:04:14 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;L'ange déçu se tire à grands coups d'ailes, la DCA d'Automne, ennemi juré de Vénus, lui a fait à la carlingue un chapelet de trous par où défilent des vœux pieux éfilés comme des dagues. En vrille, dans les fumées bleues de ses réacteurs célestes le voila qui chute. Le pont du Dieu-le-père, vieux porte-avions de l'époque où les aéronefs battaient des ailes pour s'élever se rapproche dangereusement. Premier essai, les hommes de piste agitent les signaux, le vent est par le travers, l'ange voit tout par l'oblique. Un extincteur à la main Saint-Pierre court en tous sens, les bienheureux sont au balcon du château, aux pièces d'artillerie, les vieillards se prennent de tremblements en mastiquant les poils de leurs barbes : S'en sortira pas ! Dit Dieu, la lunette vissée au troisième œil. Lucifer humecte la pointe de son crayon gras : Celui-ci est pour moi ! Il jubile et trace une croix en face du nom de l'ange ... Le triomphe semble acquis, les apponteurs ont sortis le balai et la pelle. Les saints préparent l'office, un Te deum, le chœur des affligé se forme au mess des officiers, on convoque l'aumônier, le coq et ses aides serviront la messe avant le buffet froid. Une fois n'est pas coutume. Un grand silence règne sur le bâtiment, la clim même ne fait plus froufrouter la mini-vague des archanges. Tous sont dans l'affliction. Dieu se renfrogne, Dieu est mauvais perdant et piétine comme un damné la virginité de sa fille-épouse. Satan pour l'occase organise une petite sauterie, quelques milliard de brochettes, du damné légèrement rissolé dans son beurre d'infamie. Ajouter au dernier moment une pointe de souffre safrané. Servez chaud!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais du fond de l'horizon quelque chose vient, quelque chose qui ressemble, au moins de loin, à des boites de conserve assemblées au fil de fer. Quelque chose qui brille au pâle et triste zénith du soleil désolé. Un grincement de guimbarde coulissant contre une glissière de sécurité enfle et monte dans l'air suspendu. Qu'est-ce donc ? L'ange dangereusement se rapproche de l'état de crêpe aux plumes et à la confiture de sourire : Plus de confiture de sourire ? Gourmands allez ! Lucifer ? Tu me feras des croix en face des pseudo des commentateurs ! C'est l'ultime seconde, le crash est inéluctable, l'espoir sifflote en regardant au ciel. Alors l'impensable ! Alors l'incroyable ! Alors l'imperméa... Non, pas l'imperméable ! On avait dit pas l'imperméable. L'improbable ... peut-être ? Vous n'avez rien d'autre ? Euh ... ! Attendez, je reviens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelques secondes plus tard, le temps pour vous d'aller faire je ne sais quoi dont vous auriez par exemple une envie pressante. Comme, je ne sais pas moi, buter cette saleté de canari qui fait rien qu'à bouffer du millet en chantant faux comme une bourrique... Alors en un rase-motte périlleux, chasseur Zéro réalise l'imperméable ... On avait dit ... J'm'en fiche ! Il enlève l'ange, défiant toute logique en un geste impalpable. Ça, l'impalpature du geste, vous m'en direz des nouvelles ! Et l'emporte au loin. Loin des dieux et des diables qui se sont accoutumés à manger du tartare d'ange à presque tous les repas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais qui est donc ce héros bringuebalant ? Ce dernier preux à la mine triste comme un jour sans ange. Franchement je crois que ça ne vous regarde pas, moi même je ne suis pas sûr que ça me regarde encore. Un détail pourtant, au travers du cockpit de ce moins lourd qu'il en a l'air, j'ai cru voir le sourire grave de Noirte.&lt;/p&gt;
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<title>Lacérer</title>
<link>http://humeurnoirte.hautetfort.com/archive/2009/11/07/lacerer.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (stephane)</author>
<category>les cosmétiques</category>
<pubDate>Sat, 07 Nov 2009 23:46:48 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;Oh je sais dans mes bras la serrer, ça sert à rien, lascérer sa tristesse, ça sert à rien, desserrer l'étreinte des sanglots, ça sert à rien, lui assurer que c'est rien, ça sert à rien, repasser les mouchoirs, ça sert à rien, lui passer son Rimmel, ça sert à rien, repriser ses bas de soie, l'inviter à sortir, je sais ça sert à rien. Faire de la poésie pour user l'insomnie, ça non plus, je sais, ça sert à rien. la détourner encore, la détourer toujours, l'entourer pour qu'elle sorte des pleurs, je sais, ça non plus ça sert à rien. Mais ce rien à qui ça sert, ce drôle de paroissien qui n'habite nulle par et fait son lit de chien, au pied duquel elle dort, que quelqu'un me dise, quelqu'un qui le connaît, quelqu'un qui ne fait rien et se plaît en personne, que ce quelqu'un me dise, où il vit ce rien, que d'un rien je lui lacère ce nulle part, où elle, enfant de tant, tient serré contre son sein, l'oiseau blessé du souvenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;(Pour Miette)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Le non-dénommé</title>
<link>http://humeurnoirte.hautetfort.com/archive/2009/11/07/le-non-denome.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (stephane)</author>
<category>Mélancholie</category>
<pubDate>Sat, 07 Nov 2009 13:23:20 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;Cependant qu'il les rejoint, dans le flou peu à peu reconstitué d'un vague sentiment d'avoir été aimé pourtant, malgré la peine enfantine qui fait des hommes de frêles copies de l'Homme, son nom recopié ne trame plus dans les registres que le gouffre qui s'ouvre aux dernières lignes du livret de famille. Cette page imprimée pour que d'une écriture fine, un employé s'emploie à tracer le nom du non-dénommé.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il les a rejoint, au rang, à la place injustement justifiée et pourtant aprêtée pour lui, qui sait ces rendez-vous que l'on a pas donné et auxquels on se rend, la mort dans l'âme. Ils, sont ceux et celles dont nous portons encore le nom, quelques mots, l'espoir d'une éternité fragmentée, tout à coup la salle s'éclaire bruyament, l'écran blanchit avant que l'odeur incestueuse du feu nous dise que la bobine est rompue. Que le héros n'est plus, et que l'on ne rembourse&amp;nbsp; les places qu'à ceux qui restent, hébétés devant le strapontin replié.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce pendant qu'il les a rejoint, qu'il n'appartient qu'à eux, que peut-être ils l'entourent pour lui demander des nouvelles, puiqu'eux aussi nous ont perdus, dehors une troupe d'enfants passe, à qui l'on demande de faire silence, mais qui n'y parvient pas, tant la vie n'aime rien tant que les cris des enfants qui passent, sans s'arrêter au chagrin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;(pour Emma)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>La cloche</title>
<link>http://humeurnoirte.hautetfort.com/archive/2009/11/07/la-cloche.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (stephane)</author>
<category>Mélancholie</category>
<pubDate>Sat, 07 Nov 2009 01:14:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;J'te dis qu'c'est lui ! T'es sûr ? Mais oui regarde la dégaine. T'es drôlement physionomythe quand même, moi la dernière fois que je l'ai vu, il était à poil. A poil ! Tu déblogues mon pauvre. Mais non j't'assure, complètement à loilpé, attends que je me souvienne ? c'était p'tête bien dans un magazine ? Tu sais un de ces trucs sur la vie des stars ... Attends oui, ça me revient, y avait un gros titre ! Quequ'chose comme : Lephauste en villégiature à la Baule ! A la Baule en plein mois de Novembre, t'imagine. Et après y disaient même que Frédérique Martin et lui c'était fini. Oh non ! alors là tu m'scie, quand je vais dire ça à ma femme ... T'as une femme toi ? j'te croyais analphabète ? T'as qu'à me traiter de pédé tant qu'tu y es ! 'Tain tu veux que jet'dise, y a des moments où je m'demande pourquoi a j'te cause ? Franchement ... Attends le v'là ! Hum, bien le bonjour monsieur Lephauste. Salut les gars, alors ça mord ce matin ? Faut voir, on arrive à peine. Dites monsieur Lephauste sans vouloir vous obliger, c'est pour ma femme ... c'est-il vrai que y a de l'eau dans l'gaz entre Frédérique et vous ? S'cusez le, monsieur Lephauste, mais de femme il en a pas, il est anal... Non non, c'est rien les gars, mais pour répondre à votre question faudrait plutôt demander à Sylvaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;'Tain, tu vois j'te dis, l'est pas bégueule, suffit d'lui causer normal. C'est des mecs comme tout le monde toutes ces stars de la poésie. Ouais p'tête mais n'empêche t'as pas d'femme ! Pauv'con, passe moi une bière au lieu causer de ce que tu sais pas qu't'ignore, faut qu'j'appâte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Mais oui mais oui !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La cloche a sonné&lt;/p&gt; &lt;p&gt;ça signifie la rue est à nous&lt;/p&gt; &lt;p&gt;que la joie vienne !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais oui mais oui, l'école est finie.&quot;&lt;/p&gt;
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<title>Vases communiquants</title>
<link>http://humeurnoirte.hautetfort.com/archive/2009/11/05/vases-communiquants.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (stephane)</author>
<category>Mélancholie</category>
<pubDate>Fri, 06 Nov 2009 00:05:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://humeurnoirte.hautetfort.com/media/00/02/1320275726.jpg&quot; id=&quot;media-2084887&quot; alt=&quot;échange Lephauste.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left;&quot; name=&quot;media-2084887&quot; /&gt;«&amp;nbsp;…pourquoi ne pas imaginer, le 1er vendredi de chaque mois, une sorte d’échange généralisé, chacun écrivant chez un autre&amp;nbsp;? Suis sûr qu’on y découvrirait des nouveaux sites…&amp;nbsp;». Ainsi sont nés les vases communicants. Aujourd’hui, &lt;b&gt;Humeur noirte&lt;/b&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.frederiquemartin.fr&quot;&gt;&lt;b&gt;Frédérique Martin&lt;/b&gt;&lt;/a&gt; s’invitent réciproquement.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond,serif;&quot;&gt;On se comprend pas&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond,serif;&quot;&gt;Moi, ce que je comprends pas, c’est que ceux qui boitent dans leur tête, comme tu dis si joliment, t’aies pas envie de les prendre dans tes bras, mais plutôt de leur taper dessus. Tu crois que ça va l’arranger, leur caboche toute vermoulue, les gnons que t’es capable de dégommer en quelques phrases&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond,serif;&quot;&gt;Ce que je comprends pas, c’est qu’il faut toujours que t’aies le dernier mot. Tu peux pas t’arrêter, tu sais pas la fermer. T’as un sac plein comme une boule de billard, et tu sors des trucs pas possibles de là-dedans, des trucs vieux, des trucs moches, des trucs inventés, rafistolés, volés même. Pas commode, pour trouver un mot sympa, un mot drôle ou gentil dans ce tas de fumier. Et puis c’est lourd à trimballer, je te l’accorde. Mais remarque, personne t’oblige, tu vois. Personne.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond,serif;&quot;&gt;Ce que je comprends pas non plus, c’est que tu vois pas le bordel dans tes affaires. Tu dis «&amp;nbsp;me juge pas&amp;nbsp;», et toi t’es un coupeur de tête, t’as pas assez de doigts dans les mains et les pieds pour désigner tous les coupables. Ah là, t’es fort, le premier même, n’est-ce pas ? Tous ces putassiers de bouseux qui te détestent, paraît-il, depuis des lustres, on se demande bien pourquoi. Tous ces tordus, ces ratés, ces foutus dégueulasses qui pourrissent ta vie proprette et bien pensée. Faudrait les zigouiller tous ces affreux&amp;nbsp;! En plus, il y en a partout, c’est une conspiration.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond,serif;&quot;&gt;Toi, ce que tu comprends pas, c’est que j’en sois, de cette espèce dégoûtante qui se trompe des fois, qu’est pas invincible, inamovible et parfaite. Qui rit, qui pleure, qui jouit, qui chante, qui se relève, qui fait avec, qui tient le coup, qui avance, qui y croit et qui t’emmerde. J’ai peut-être qu’un seul talent comme tu dis, je suis peut-être socialement qu’une bouse, peut-être. Mais question cœur, je risque pas de me gaspiller, oh non, t’inquiète pas. J’en ai pour tout le monde, y a même du rabiot. T’en veux pas&amp;nbsp;? C’est pourtant pas faute de te l’avoir proposé.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond,serif;&quot;&gt;Finalement je vais dire que t’as raison&amp;nbsp;: on se comprend pas. C’est la morale de cette longue histoire. C’est ce qui arrive aux gens trop campés sur leurs jarrets et qui font des plans d’épargne avec l’affection. On se comprend pas. Mais quand même, je me demande ce qui me permet de supporter tout ça et ce qui m’a retenue de te claquer ta putain de porte au nez, depuis tout ce temps. Ouais, ça m’interroge, même si je connais la foutue réponse. Ce que j’aurais voulu c’est que tu la trouves aussi. Elle trainerait pas des fois, t’es sûr, dans ton sac à caca&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.deezer.com/listen-2417578&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond,serif;&quot;&gt;http://www.deezer.com/listen-2417578&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Avec Lenteur</title>
<link>http://humeurnoirte.hautetfort.com/archive/2009/11/04/avec-lenteur.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (stephane)</author>
<category>Mélancholie</category>
<pubDate>Wed, 04 Nov 2009 11:47:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;A proprement parlé, je ne me promène pas. Le pas du promeneur m'est étranger autant que cette forme de mélancholie qui observée de l'extérieur semble être comme la dilution, la flaque dans laquelle l'être n'est plus que le peu de boue qui nous fait l'éviter, avec un peu de dégoût. Mais je marche, grands Dieux, je marche durant des heures, des rues de toutes natures que je traverse, que je longe, à la nuit tombée, quand les moteurs peu à peu se reposent dans la promiscuité des chambres à coucher. Quand il n'y a plus rien à écouter, comme par exemple cette nuit, que les hurlements rauques de cet homme que je n'ai pas vu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'allais au long du stade, perdu dans ce que la marche offre aux solitaires, le soliloque nécessaire à la construction d'une mécanique confuse, la pensée à voix haute. Je parlais seul, de plus en plus seul. M'accompagnant, ma voix me prenait ferme par le bras : Viens, allons par là ! La Pesanteur d'un hurlement s'éleva comme la masse d'un orage intime. Rien qui soit une voix, rien qui puisse faire croire que des mots étaient encore là pour faire sortir l'homme, c'en était un, des taillis secs de sa raison incendiée. Il hurla, à plusieurs reprises, il hurlait pour moi, du fin fond de son enfer en forme de sauvagerie, il hurlait la peur que la nuit engendre. Cette vieille nuit qui veille en plein midi et contre qui les cités laissent brûler l'éclairage domestique de la lumière artificielle. Depuis que l'homme a domestiqué l'incandescence, l'ange de lumière se nomme néon, réverbère, quinquet, Led, dichroïde, DCA, et de tous ces noms qui font qu'on est plus jamais seul dans l'ombre, qu'on est plus jamais seul au fond de soi, seul avec les étoiles, par exemple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je m'arrêtais à l'angle de la rue Remonteru, là où les terrains sont encore des friches, des cabanes de jardins où vivent les naufragés de l'ère asphyxiée d'ondes cellulaires, des haies que personne ne taille, d'où émergent des tas de gravats, des troncs tordus par le poids de l'absence de fruits. Je stoppais ma marche, ma voix se fit humble et douce, elle qui d'ordinaire use de l'imprécation pour me sortir des tranchées. Je lui parlais avec lenteur comme à un enfant qui ne veut plus croire que son cauchemar n'est pas la réalité puisque la réalité dépasse le pire de ses cauchemars. Ce que je lui disais ? Cela ne regarde que lui, et puisque sans doute il ne m'a pas entendu, puisqu'il n'a pas sentie la main que ma voix, en lâchant mon bras posait pour un instant sur sa joue invisiblement palpable, je repris ma marche et me tus. La lune reflétais les silhouettes des absents, des étoiles luttaient pour survivre dans la mémoire des vivants. Quelqu'un était mort et qui hurlait encore, après que je fus rentré.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je marche avec Lenteur, Tendresse et Compassion. Je ne me promène pas pourtant, ma compagnie n'est pas dans la rêverie. J'attends qu'elle rentre d'un ensevelissement. Mon cri est encore rauque, mais je le polis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(A Emma et Pascale)&lt;/p&gt;
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<title>La Martine</title>
<link>http://humeurnoirte.hautetfort.com/archive/2009/11/04/la-martine.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (stephane)</author>
<category>Mélancholie</category>
<pubDate>Wed, 04 Nov 2009 01:00:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;La Martine, qu'est-une fille qui quand elle coiffe pas chez José ... Salon chez José, la raie toujours bien plaquée ! qui quand elle fait pas technicienne de surface chez Deprofundis ... Chez Deprofundis, au fond, la surface est toujours lisse ! qui quand elle choie pas son homme, qu'est lui même faucheur-livreur chez Rapiat ... Transports Rapiat les fonds comme si vous en aviez ! qui quand elle ... La Martine ! Vous suivez ? ... mouche pas le petit dernier, un morveux d'au moins vingt-trois piges, dont cinq en corres ... non pas pondance ... quionelle. Qui quand elle fait pas les courses à LITL, qui quand elle, La Martine, est pas à ses activités culturelles, lessive, ménage, repassage, cuisine, et salon du meuble et de l'ameublement, qui quand y faut pas qu'en plus a se fasse belle pasque môssieur Georges l'invite au pot de retraite de Alphonse le convoyeur en chef... Et ben vous me croivez si vous voulez mais La Martine a fait de la poésie ! Si si si ! Et même quà l'est bien douée, pour en faire de la poésie, si si si!!!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des preuves ? Tant que vous en voulez. Tiens Alphonse, sous ton gobelet de Ricard CM (crade mark) en plastique, il doit y en avoir une poésie à La Martine. Non, pas les chips ! Passe-moi le papier gras qu'est en dessous, oui çui-là. Et même si vous voulez Georges y prends sa guitare du temps où il était YéYé. Aller ... A la ouane ! A la toux ! A la frite!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a title=&quot; Brassens Pensées des morts&quot; href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=TLl4MkdlqCo&quot;&gt;http://www.youtube.com/watch?v=TLl4MkdlqCo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bon pendant qu'ils se mettent en place, je vous fais dire que vendredi prochain, je migrate pour un texte sur le blog de Frédérique Martin...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a rel=&quot;nofollow&quot; target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.frederiquemartin.fr/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;http://www.frederiquemartin.fr&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;... Ce qui fait qu'elle vient ici et qu'on appelle ça, les vases communiquants. Et que le premier qui dit que les fleurs sont pas comme ceci et que le napperon est de travers, je te lui envoie La Martine. On verra ce qu'on verra, mâtin !&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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