09.06.2008
Archive 6
"On ne se baigne jamais dans la même eau"
Je ne sais plus de quel philosophe, est-ce bien même d'un philosophe dont il s'agit, émane cette sentence. Par contre je crois que je me la serine depuis des années d'années et ce qu'elle signifie entre autres, car à chacun sa vue des berges, m'est apparut comme l'évidente lecture de toute une partie de l'existence.
C'est au bord des fleuves et des rivières que ma vie m'a toujours ramené, le fil de l'eau mélancolique et la fureur lourde des crues sont ma soupe limoneuse, ma jouvence verte et noire. Des souvenirs que j'y ai noyé, des visages liquéfiés dans le clapot, des lourdeurs de l'enfance ennuyée, des tourbillons de racines de saules accrochés à la glaise, des barques renversées, ramenées à leurs chaînes par le contre courant, des heures passées seul à chercher dans le vol des insectes une façon d'être humain sans passer par les mains de l'entomologiste d'éther. On ne se baigne jamais dans la même eau. On ne se noie jamais vraiment à l'aplomb des robinets qui fuient en attendant des trains qui ne croisent pas au-delà des pièges que vous tendent les pages vierges des crues retirées.
Il y eut dans l'ordre des souvenirs tout d'abord la Seine, aux alentours de Conflans, le premier exil. Il sufisait je crois de traverser la route que bordait sur quelques millimètres l'épicerie où mon père chaque matin s'habillait d'une blouse bleue avant que de charrier les caisses de vinasse étoilée. La Seine large comme la table où ma mère posait les assiettes du repas. La Seine où passaient nonchalants et gonflés de tripes gazées des porcs que l'abattoir en amont laissait filer contre l'étrave des péniches chargées de sable et du grain dont on fait le paix des ménages. La Seine qui fut mon premier voyage d'enfant mutiné. Puis vint, dans les hachures des intervalles sans repos, la Dhuis dégoûtante qui coulait sourde et morte au fond du terrain à Montreuil. La Dhuis couverte de son manteau d'égout nature, la riche gadoue qui donnait aux roses de ma grand-mère ces couleurs et ce parfum de sainteté qui se vendaient à prix d'or sur le pavé de Saint Eustache, avant que les halles ne deviennent ce trou d'où suinte l'odeur et l'affreux tintamarre des villes que la plaie intestinale avale sans jamais se refermer. La Dhuis au bord de laquelle je ne peux pas dire que je me suis assis, le béton l'avait ensevelie à l'abri des remblais et l'on veillait à ce que nous n'y allions pas traîner nos vices d'enfants lares.
Puis ce fut le Cher, trois cent kilomètres de nationale, par la porte d'Orléans, un Dimanche de glace, une fin d'été, les mômes embringués par le secret du voyage sans retour. Mes parents partent, mon père raffûte chez lui, ce chez lui où ses frères et sœurs se disputent son retour et sa réussite passable. Ces parisiens qu'il ramène dans ses bagages, ma mère, fille éprouvée par la faute, mes sœurs qu'un rêve d'héritier mâle a fait venir coup sur coup. Ces trois petits n'importe quoi qui vont goûter à la joie campagnarde imprégnée des rumeurs d'injure d'une famille inconnue. Mais pas d'histoire, pas d'histoire, au nom de la paix et des lâchetés convenables, pas d'histoires.
Le Cher, rivière à usines, industrieuse folie d'eau, là encore une route à traverser, la route des lavoirs. Plus haut sur le cours, les fonderies de Rosière, les cartonneries, les vomissures empoisonnées de la consommation qui attend le chômeur au coin du bois, un crédit avantageux aux crocs du sourire. Ce moyen-âge là que l'on nomme à présent "seventies" et qui se vend encore très bien chez ceux pour qui l'âge d'or est un slogan, une matraque taillée dans la frustration. La maison est à flanc d'un bois pelé, plein de vipères dans les murets éventrés, tsss... tsss... faut pas y aller, là non plus, la vallée aux loups puis c'est la voie ferrée et les fours à chaux, abandonnés. Cet El Dorado de galeries calcaires où nous fuyons après l'attaque de la diligence de seize heures trente, une clope dans les poches, une royale menthol pour cinq ou six. Les lavoirs sont devenus une bande de renégats qui feinte avec la mort et les éboulis, traversent les voies entre deux passages de micheline, Vierzon Saint Amand-Montrond. Notre héroïsme fait peine à voir, nos pères sont à l'usine, chez Aubry, chez Massicot, chez O cédar, chez Bellot. Mon père est aux fleurs, chez Bellot. Nos mères se voient peu, pour les sales coups de leur engeance : "C'est t'il vrai que ton grand fume en cachette ?". On a quel âge ? Je ne sais plus. Huit... Neuf ans ? C'est avant le collège, on est à la communale, chez Stack. Il nous fesse celui-là et tripote un peu ceux qu'ont le plus la trouille. Il est pas pédophile, c'est le maître. On passe par chez Pauvert, le matin et avec les pièces volées dans le morlingue de la mater on se paie des bonbecs, on en vole aussi, le vieux Pauvert c'est fastoche de le faire tourner en bourrique ; on s'y met à trois où quatre et hop ! une fraise par ci, un car en sac par là...
Le Cher est notre océan, notre danger immédiat. Nager, ne pas nager. Aucun de nous ne sait mais nous y allons, là où on a pied, pas de sandales, pas les moyens, pas plus loin, la peur du gouffre est en nous gravée par le burin des légendes mais comme partout, l'interdit grandit celui qui le franchit. Nous le franchissons, passons outre, allons à la noyade comme de bons petits soldat plombés, il faut, les cousins sont là, hérauts de leurs parents. On nous aime mais les chiffres mentent, nous sommes de trop dans le paysage, un accident regrettable. Parisiens, têtes de chien... !
Des noyés il y en a, des vrais. Le Cher sert aussi à ça, de dernier rendez-vous avec la vie. Des outres verdâtres que les pompiers retirent des branches et tirent à la berge avec des précautions d'équarrisseurs. Le mari de la macotte, un ivrogne celui-là. La dédé, celle qui a couché avec les boches, tu sais bien ? L'Ivanov ? Celui de Varsovie ? Onze enfants qu'il laisse. Varsovie sur Cher, le ghetto comme on dit. Si c'est pas malheureux, ma pauvre. Les cochons crevés à la Frette, personne en disait rien, ils étaient chez eux. Il paradaient le ventre en l'air parmi d'autres détritus, natifs de la grandeur de la France glorieuse. Natifs mais pas sots, pas au point d'imiter le dos crawlé. Mais les zIvanov c'est une autre pair de côtes. Sont pas du coin, c'est écrit sur la boite aux lettres déglinguée. Alors là, nous faire ça à nos fleuves et cours d'eau ! Saletés de pauvres.
Dans le Cher on a nos coins, j'ai les miens, des fascinants trous d'eau, des passerelles aux lavoirs, pourries qu'on ne sait jamais dans quel piège il faut tomber en premier. Tiens là, celle la elle a l'air bien moulue ? Ça me mène aux crues où tout tire à la chaîne, ça court bouillonne des marmites à se fiche dedans en s'accrochant au couvercle; Je peux même pas me souvenir vraiment de comment ça me tenait au fond du vertiges, toute cette boue, ces bois, ces porcs, ces barques pliées aux piles du pont. J'entame la discipline et tombe des berges, dans les racines où la rivière se coiffe à grandes coulées de peigne. Je carapate en clou. Rien à fiche de l'amphibie, je passe le barrage, les pelles en dérapage contrôlé et je me retrouve embarqué par ma langue, loin, au moins jusqu'à ce qu'on me repèche par le colbak. Ma mère me frictionne, dans exactement trois minutes elle va m'en abattre deux, que dites vous maître ? Plaider l'indulgence du jury... Trois minutes pas plus mais trois minutes tout de même, à attendre de savoir de quel côté la première va me drosser.
Je suis des fleuves, des rivières, des minces cours d'eau qui font les grandes évasions. Mais même si j'y ai valser dans l'enfance, ça me semblait la seule issue au carnage ambiant, je monte pas dessus, je reste au bord, autant que possible, je frôle, je scrute et puis je m'en retourne. Car c'est traître l'eau qui dégouline en masse, elle vous envourne de paresse et si vous n'y prenez pas garde, encore une fois, plouf au mirage !
20:21 Publié dans Blog, Film, Jeux, Livre, Loisirs, Mélancholie, Musique, polytiques, polytiques, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Shopping, Sport, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.04.2008
Eternellement morne
La lutte est inégale, je l'avoue et perdue d'avance mais nous faisons assez bien semblant, alors continuons à lever le poing sous les quelques mètres de purin qui couvre tel un ciel de printemps boueux, notre entendement. Nous rêvions de justice pour tous et c'est de justesse que nous franchissons les es-carpes et les fossés de la vie "moderne". Toute aussi moderne j'imagine que celle des peuples ravagés d'empire débraillés. De justesse mais pas tous. Retournons nous un instant... Ah mais un-tel, comment l'appelions nous déjà ? Machin ? Machin est mort hier d'un cancer, la maladie des cobayes. Et celle ci que nous croisions chaque matin et qui avait l'air, son petit sac de médocs à la main, baveuse légèrement, assise sur le banc où nous aurions dû nous poser plutôt que d'aller engraisser les rouages... elle... L'ambulance est venue cette nuit, elle se taillait les veines... parait-il. "Il séquestrait sa fille depuis 24 ans..." Ce monstre, un autrichien, un ex dénazifié sans doute ? La combinaison de Laure l'empêche d'avoir des orgasmes de poisson rouge ! Votre toute nouvelle connexion "oui fils" est enfin disponible ! Faut-il encore étaler cette Géhenne ? Faut-il encore ajouter à l'aveuglement, des prises de positions politiques ? Faut-il, non contents de vivre en ridicule ersatz d'humanité perméable, nous exprimer sur les faits et gestes de ce qui n'est plus qu'une représentation de ce dont nous ne rêvions pas quand nous n'étions rien et qu'on ne nous demandait qu'une chose, taisez vous les enfants ! Soyez propres et dociles ! Oh non il ne faut pas ! Il ne faut plus chercher à nous concerner, notre avis est comme la combinaison de Laure, il nous empêche d'avoir des orgasmes de citoyens révoltés. Oh non il ne faut pas ! nous sommes enfants, nous ne saurions comprendre le tiers de ce que l'on nous conte en matière de "once upon a time in a merveilleuse contrée...". Mais quand il le faut, ma foi, nous savons très bien faire semblant, nous sommes devenus si hypocrites.
Le bonheur, ça ne t'interesse pas, toi ? Non !
08:18 Publié dans Blog, Film, Livre, Loisirs, Mélancholie, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : beauté, printemps, renouveau des mousses, beaudelaire, poésie, les cosmétiques, lecture
19.03.2008
Ecrit sur l'eau
Je n'écris que quand il pleut. quand il ne pleut pas où pas assez pour que des flaques se forment, je prends une douche et ainsi la page qui se forme et ondoie au fond du bac est tout à fait propre. C'est idiot mais dans ce pays qui vire peu à peu au rince doigt démocrate et au bain de siège sans lequel les fondements du vivre ensemble tournent au culturisme héroïque, je ne vois pas que les déserts de papier stériles où nombre couchent leurs souvenirs de n'avoir rien fait ni rien été puissent un jour empêcher que l'académie, les bilbothèques, les librasseries et le panthaléon soient autre chose que des dévidoirs à papier toilette pour trous du cul non fumeurs.
Je n'écris que quand il pleut; Une petite baguette entre les doigts je vais me penchant au dessus des flaques et trace dans l'eau, sans que la boue ne se lève, les caractères d'une page faite de ronds concentriques et qui s'arquant jusqu'aux bords imprécis, s'engrossent du monde que je décris. Ainsi, enfant, lors même que mes tendres comparses se jetaient des talons aux orteils dans celles qui sommeillaient sur la route des lavoirs, j'attendais que leurs cris d'apocalypses sèchent avec les gifles qu'ils prenaient en rentrant, au dessus de la cuisinière à charbon cependant qu'on les étrillait à force de savon et de secousses, vas tu te tenir enfin ! J'attendais qu'elles s'apaisent, se rassemblent et que les nuages me fournissent l'encre par laquelle je tâchais de dire la peur de l'orage et des cris de mon père adoré jusqu'aux larmes. Je lui écrivais le temps qui passait entre nous comme un couteau de boucher, je lui disais l'attente dans laquelle je croupissais avant qu'il ne m'emmène jamais cueillir les anguilles dans ces trous d'eau que les crues lui laissaient, à lui seul et à son enfance de petit bouseux boitant. Et puis quand j'avais bien remplis ma page de tout cet illisible soluble dans le silence, ratures et cumulus, je rentrais à la maison.
Qu'il pleuve sur la mer, qu'il bruine sur les rivières, qu'il vase sur les étangs, qu'il flotte sur les épaves de mes souvenirs, que les fossés s'aversent aux frontières des après midi de soleils bottelés, j'écris sur l'eau le feu jaillissant de mes arcs en ciel...
22:52 Publié dans Livre, Loisirs, Rage, Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : élections, démocratie, euthanasie, sarkozism, sarkozi, poésie, lecture
13.03.2008
Oh, le pauvre !
Voilà plus de trois semaines que je ne le vois plus. non pas que je me sois tout à fait pour finir, désintéressé de ses faits et gestes mais je ne me sentais plus voyez vous ni le temps ni l'envie de m'occuper à le suivre à la trace. Je faisais pour les besoins de la cause culturelle, des tours et des tours dans Paris au volant d'un pimpant petit camion remplit de tout ce qui fait que la fête est plus folle sous les sunlights. Alors qu'en fait elle est molle comme les montres pitoyablement abandonnées au désert de monsieur Dali... Géééééniôle ! Fooooorcément gééééniôle !
Mais où donc était ORNICAR (je masque son vrai nom, pour les besoins de l'intrigue, le ressort du suspens doit être tendu, sinon pas de coït !) ? Je partais au matin, dès très tôt et pas traces de son passage, son écuelle rose fushia de chez Balanciaga restait invariablement pleine, de même que le bol (de chez Prada, là çà spoonsorise à la louche, vous avez vu ?) d'eau filtrée sur un lit de Roll Ex. Comme me l'avait indiqué le vétérinaire de la rue du faubourg saint Honoré, Paris 8e, rien en dessous de six mil euros, le lustre de son noble pelage s'en ressentirait. Le soir je rentrais et après m'être débarrassé des paillettes qu'immanquablement le spectacle vous abandonne, dans sa grande mansuétude, j'allais chercher sous l'évier en onyx la boite de croquettes "extasy", car avec les croquettes "extasy" votre élu jamais ne rassit ! Et je la secouais sur le perron de la porte d'entrée :
- Petit ! Petit ! Petit ! Viens mon mignon, allez montres toi...
Je rentrais pour finir et pignochais dans la boite quelques croquettes que je grignotais, abandonné. C'est vrai que c'est bon ce truc... Grouinnch ! Grouinnnch !
Sûr, il ne rentrerai plus ! Peut-être avait-il même quitté le pays au volant de sa Carla Gran Turismo ? Peut-être avait-il enfin trouvé la paix aux fin fond des jungles colombiennes, un rail d'Elnett providentiel et la compagnie enjouée de la pantelante Ingrid de l'Oréal l'avait détourné de tout cet amour qu'il nous portait ? Peut être ? Que savais-je au juste de lui ? Rien ou presque. Qu'il avait comme les autres des appétits de falbala, que sa petite taille ne l'avais jamais empêchée d'atteindre le clavier de son téléphone cellulaire pour envoyer des SMS, que sous sa férule de chausse-pied le pays n'en avait pas fini de se faire botter le cool, qu'il nous avait à la bonne et qu'en matière de jaspinage il allait pas se laisser emmerdouiller par les pauv'cons pour qui serrer la pince à UBU revient à choper des trucs pas avouables.
Je restais triste, abattu, la fatigue me gagnait et l'envie de me gratter les burnes restait seule à pouvoir me consoler de la perte de ce petit animal de compagnie. Je vis en solitaire, ceci explique cela.
Et puis... Un jour... Hier vers 17 heures 42 minutes et 10 secondes ! Voilà que l'idée me prend de faire un peu la lessive, trois longues semaines de lingeries fines aux odeurs de saison finissent par vous remonter par le canal de la nausée ! So, what is this soubtile smell in da bathroom ? Is it the sea side ? Où donc est passée la lingère et le boulanger et le petit marmiton ? Qu'en pense la mère Denis ? Que fait monsieur propre ? Rien, la solitude je vous dis ! Alors je m'empoigne et plonge mes mains volontaires dans le panier de linge pas encore... Enfin, tout à fait dégoûtant. Ce que j'en extraits je vous en passe le détail. Il faut savoir garder son intimité loin du regard télescopique des analystes et autres sociologues sinon c'en est fait de la liberté de conscience. Je triais, j'empilais, stringzz, bas résille, combinaison de latex infroissable, selon l'étiquette du fabriquant qui garantit aussi des sensations... Et Que ? qui ? quoi je vois-je là !? Sous un bas fumé comme un rideau de gaz élyséen ? Lui ! Sa petite frimousse renfrognée sous les Reich Banh, son petit corps nu, seulement vêtu, être fragile que voilà, d'un caleçon salement Bruni; Il tremble, il est cramoisi et sent un peu le renfermé.
- Oh ! le pauvre !
Nous qui te croyons perdu dans le Tchad mystérieux, prisonnier d'une tente (une vieille tente !) bédouine dans les confins ennivrant du désert libyen, nous qui pensions que retraite tu faisais sous les ors pauvres de ton ermitage du Latran. Ah mais non te voilà mon coquin ! Viens, montres toi, je sors mon vieux caméscope VHS, j'allume une baladeuse. Tu te sens mieux déjà, n'est-ce pas ? Allez, dis nous quelques mots. Mais avant tu lâche ce téléphone, lâches ce téléphone je te dis... Sois raisonnable... Tu sais bien qu'elle ne reviendra pas ! Minou ! Minou ! minou ! Viens je vais te faire réchauffer tes croquettes. Hum c'est vrai que c'est bon ces saletés.
C'est si bon croyez moi, de retrouver un être cher dont on ne sait plus de toutes façons comment on va s'en débarrasser.
07:56 Publié dans Blog, Livre, Loisirs, Mélancholie, polytiques, Rage, ras le bol | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozi, municipales, élections, pauv'con, maire et mairies
08.03.2008
Les Cosmétiques
On s'use en moins de temps qu'il n'en faut pour s'en rendre compte, de rester assis sur un banc de bois à contempler l'air ahuris les pitreries de Guignol. On sait qu'à la fin le gendarme arrive et fustige la victime car il a lui, une bonne tête d'assassin... Comme de juste ! alors on passe à autre chose on sort du castellet les fesses endolories de s'en être pris tant et tant dans le cul qu'on jure de marcher toujours, pour le restant de la vie et de ne plus jamais s'asseoir à l'ombre des matraques; On sort et la lumière aveugle un peu, il fait grand jour, les filles passent dans l'allée froide, déjà peu vêtue de ce qu'elles souhaitent nous voir ôter avant que le printemps n'éclate à nos braguettes et nous laisse pantois un peu de foutre sur les doigts et honteux de n'avoir pas apporté de fleurs pour les fustiger de tant d'impudiques invites. C'est le sujet de cette note et d'autres, qui ne manqueront pas de venir à vous au travers de l'alboom au creux duquel je publierai quelques photographies dont la grâce vous plaira. Comme il me plaît à moi d'en connaître le sujet sur le bout des doigts et de la langue...
Que le gout pour le beau nous hante et ne nous laisse jamais céder à la morale de la pauvre doctrine dans les fers de laquelle on aimerait à nous laisser croupir loin de la joie des émotions et des larmes perlées de soupirs rauques.
Ce qu'elle pose là, dans la soie de la nudité est plus qu'un détail outré d'une géographie divine, c'est ce paradis d'Allah dans lequel nulle charpie n'a droit de cité. Pas un qui puisse se poser ici en vertu de la mort que son ventre ressasse face au mur des lamentables, rien ici du front frappé aux pierres de meule du soleil nié. Le doux y règne sans frontières à défendre, la soie chuinte accordée au taillis blond de la toison et mon regard frôle ce que mes doigts et mes lèvres pour l'heure ne peuvent approcher, tant il y a de routes encombrées entre ces fruits et ma gueulardise de voleur de pommes menues. Tout est là du don que l'on fait de soi quand à aucun prix on ne souhaite commercer le vivant comme l'on fait de nos vies devenues inertes à force d'être calibrées. Tout est là de ce temps où nous conversions avec l'animal en nous et que le dieu courroucé des imbéciles ne s'était pas abattu sur notre saine curiosité en nous frappant d'avoir à être gouvernés par ses démons de bois.
Je me laisse bercer par le courant d'air qui glisse sous les portes, je suis celui-ci qui vient sans se nommer, la caresse profonde qu'elle attend en légitime amante de la soie qui s'insinue entre ses lèvres et de laquelle parfois elle arme mon prénom d'un éclat de voix rauque.
07:57 Publié dans Blog, Film, Jeux, Livre, Loisirs, Mélancholie, Musique, polytiques, polytiques, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Shopping, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : éros, érotisme, photographie, cosmétiques, lecture, littérature, amour
02.03.2008
Le déduit
Elle a ici et là quelque chose que les autres n'ont pas !
Où mieux, qu'elles ont mais comme de la petite monnaie. De la fraude de magazine.
Elle est comme si et comme cela et tout ici et aussi là !
elle est unique quand elle est là.
Et ailleurs, à d'autres, toute aussi naïve qu'un paysage noyé par les crues qu'elle fait jaillir de ses hanches.
Elle vient, jette ici et là le peu qui la vêt et tourne et vire, se penche, rit, se redresse.
Me fait face et d'un seul regard me renverse, me retient puis m'agenouille à hauteur du réduit.
Je m'en orne le creux de la main, écarte un peu les doigts pour qu'elle entre ouvre l'angle.
Et m'approche, m'approche au bord des parfums, je la hume et mon vin est là, âcre et sucré.
De sel et de miel sont les rumeurs qu'elle enchante de roses défroissées par l'éclosion.
Au creux de ma paume la guangue de toison et de lèvres palpite comme des paupières de sang.
Un baiser me vient à la bouche puis un autre, je mordrai mais tout est si tendre et tendu. Je tète.
elle est comme çà, un peu comme si quand elle vient, si elle vient, elle venait en calice.
A peine vétue par ce qui montre en l'épousant le secret amour qu'elle porte comme un joyaux.
21:14 Publié dans Blog, Film, Livre, Loisirs, Mélancholie, polytiques, polytiques, Rage, Shopping, Sport | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : amour, sexe, con, clitoris, pas politique, apolitique, désir
24.02.2008
Evènement
Ce qu'il y a de bien avec l'évènement c'est qu'il laisse peu de traces. En somme l'évènement est à la vie ce que l'abonnement est à la presse quotidienne. On nous l'apporte chaque matin, le journal, vous ne vous souvenez plus de l'avoir demandé mais chaque matin, dans le journal il y a pour vous de quoi rester couché, écrasé par le poids de ce qui semble se passer où vous n'étiez pas. Mais là où nous ne sommes pas existe-t-il vraiment et si cela existe, s'y passe-t-il alors des choses desquelles nous devons témoigner en les commentant ? Par exemple, la fameuse nuit des Césars outre que cela évoque plutôt pour moi une aube de tentures sanguinolentes derrière lesquelles sont des cadavres, "toi aussi mon fils !" qui à peine quarante huit heures après ce rien peut me dire ce que cela nous apporte ? Hier, à ParisLand, une grande chaîne d'amitié s'est formée pour réclamer la libération de Ingrid de L'Oréal ! Où est la grande chaîne d'amitié qui se rassemblerait pour qu'enfin cesse le scandale honteux des camps d'internement pour "sans papiers" ? Faut pas tout mélanger me dira-t-on, mais si il faut tout mélanger sinon c'est que la lutte des classes a muté. Une lutte plus où moins visible selon que vous soyez de l'une où l'autre des dites classes. Mieux être actrice à la sensibilité de Piaf, héritière d'un groupe industriel qu'ouvrier "Nacht und Nebel" !
Évènements nuls et non avenus. Nos consciences sont broyées par la succession frénétique des perles rares de l'évènement et quand le silence se fait enfin, nous nous rendons compte qu'à côté du journal sont tombés d'inanition ceux dont la vie était à portée de voix.
06:35 Publié dans Blog, Film, Jeux, Livre, Loisirs, Mélancholie, Musique, polytiques, polytiques, Rage, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Shopping, Sport, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, imigration, l'oréal, bettencourt, ingrid, Césars
23.02.2008
Le Pays
Mais c'est qu'il s'agite au petit matin le sémillant runner ! Il à les nerfs en vrille et se farcit du Présidnet avec le café bouillu, le jour est pas levé mais les corneilles y sont alors il fait des paquets de touches à deux doigts et deux pas de la littératournaille et ça fait des bottes de syllabes avec de la rage de chaffeur à chaque virage. Au jeu de con, la rage l'emporte. C'est d'un cru tous ces mots qui n'en sont pas, qui sont comme quand on a tant à dire qu'on en postillonne sous l'oeil amusé de l'objet et sur ses pompes (le présidnet est un objet comme ... ? Comme la télévision par exemple, une sorte de meuble de style mais auquel il manque un pied, alors qu'il faut mettre dans un coin, à plat sur le mur, dans un cadre numérique, qui fait bien l'office. Ma Mémé en avait sept dans sa chambre, des portraits du sauveur de sa France de trimeuse, à la peine comme au jouir avec ce regard clair de rêveuse. J'ai vécu avec, c'était sous les mouchoirs pliés comme pour servir toujours. Mais vous qui êtes tous plus où moins neufs vous allez faire comment pour l'avoir pour toujours sans jamais pouvoir l'éteindre ?).
C'est pas grave, tout le monde se prend les pieds dans le tapis, Mil excuses ! Faites pardon ! je vous en méprise ! Ah mais vous m'en piétinnez ? Je vous négocie ? Voyez vous ça ? Allez soyez bon, lachez nous ! Si si je vous m'assure, c'est mieux lundi !
J'ai lu l'article du qotidien El Païs, dans le Courrier International, je ne sais pas si les Espagnols vont bien vouloir que le Présidnet conquette l"Europe au mois de Juillet, d'ici là il ne nous reste que quatre petits mois pour dénicher une photographie de "l'objet" en situation avec ses amis Rat zingueur, Tom Cruz et un membre éminent de la secte des adorateur du chou, chère à Colaro. On, pourrait les y voir attacher le chou à une croix de Saint André, le rat dans le trou d'balle et Tom en confesseur ? Bon, ça n'est qu'une proposition de Samedi soir.
Bon soir chez nous !
21:20 Publié dans Blog, Film, Jeux, Livre, Loisirs, Mélancholie, Musique, polytiques, polytiques, Rage, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Shopping, Sport, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, compromus chose due, Présidnet, Fou de dieux, El Païs
Criminel
Le Présidnet n'est pas drôle, n'est pas drôle du tout, ferait même pitié si, pour continuer à briller au firmament des anes bâtés il ne faisait quépouser des starlettes de la chansonnette d'expression franchouillette. Mais non , mais non ! Il use en vrai de tout l'arsenal mis à sa disposition et même un peu plus, pour flatter de la matraque un électorat extrèmement liberticide. Osons le mot, un électorat fasciste, celui là même qu'il est allé chercher dans les poubelles du front natif. Le Présidnet glisse, regardez comme il glisse dans le ciel réactionnaire d'une France qui ne sait plus où donner du front dans la mistoufle ! Le présidnet qui sait que les municipales seront perdues par les godillots de son parti de chaussettes à clous hate la mise en place des lois qui nous criminalisent et nous livrent au MEDEF comme de la chair de consomateurs désargentés.
Nous ne l'aimons pas ? Mais qui parle d'aimer ? Sommes nous sensés donner notre âme au diable sous le prétexte que le diable est l'élu d'un peuple qui n'existe que par la convoitise et l'amertume des cocus. Nous ne voulons plus de lui. A peine un an que nous lui avons confié le délicat problème de sortir ce triste pays de l'impasse et lui que fait-il ? Il peint au fond de l'impasse un ciel de carte postale avec le bleu horizon de l'uniformité. Car c'est ainsi que lui aime la France. Ce pays qui marche au pas pour sauver la patrie. Il nous balance De Gaulle à la gueule mais nous de De Gaulle qu'en avons nous à foutre, encore un militaire ! Encore un policier ! Encore un gardien de prison ! Encore la chiourme et au bout les alignements de tirroirs caisses. Il nous délivre des visions de son "je suis partout" intime, nous confie à des théoriciens véreux comme des courtiers en bourse, instaure une loi martiale qui n'en a pas le nom mais agit en grande pompe au petit matin, Donnez nous mille pandores !
Virons le nain avant qu'il n'ait définitivement transformé ce pays en un immense jardiland où bientôt nous ne serons plus que des légumes bons pour la soupe à la grimace ! Le King est mort ! La france n'est pas le fan club de ce petit prince de la chanson triste !
Pour Tess, Mejico y Chacabucco, San Telmo cerca de el Parque Lezama. Sin vos Buenos Aires no tiene emocion !
06:30 Publié dans Blog, Film, Jeux, Livre, Loisirs, Mélancholie, Musique, polytiques, polytiques, Rage, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Shopping, Sport, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozi, cour de cassation, Merdef, Démission !
21.02.2008
Citation
Extraire d'un contexte n'est pas faire oeuvre de beaucoup d'intelligence car l'intelligence consiste plutôt à provoquer le débat afin d'en faire surgir des solutions, avant qu'il ne soit trop tard. Mais je crois, crôaaa ! crôaaaa ! crôaaaaa qu'il est déjà un peu trop tard.
Je lis qu'à Belgrade cela s'agite un peu autour de la déclaration d'indépendance du K... Un slogan rapporté par la presse : "Le Kosovo est le coeur de la nation Serbe !" . Woutschhh ! Ils foutent le feu à l'ambassade des USA, vide, pas cons nos amis ! La France reconnaît le nouvel état K... Schplotchavitch ! Où donc ais-je pu planquer mon passeport ? Non je peux pas tailler comme ça, j'ai un fils, je le fais partir en premier. Allo ? Olla, que tal Abuelita ? C'est les vacaciones en francia, si, por que no ! Il pô bénir à bons aires ? Haï que barbaridad ! Bon c'est réglé, le petit part et moi je m'achète une panoplie de Guy Môquet ! "Vous qui restez soyez dignes de nous !" ; Bing bang ! le traité simplifié à l'essstrème... Noël aux Balkans Pâques aux tisons ! Que dit Vlad ? Hein ? Ah taisez vous les enfants j'entends plus radio Londres ! Vlad se frotte les mains et Bush décide de rempiler ? La loi martiale ? Je m'achète deux panoplies de Guy Môquet ! Une pour chier dedans et l'autre pour le défilé de la Libération; Ça devrait suffire.
La ci-ta-tion ! La ci-ta-tion ! La ci-ta-tion ! Oui oui çà vient... :
"L'opinion publique c'est comme un médicament, il faut l'agiter avant de s'en servir !"
Elle est de Talleyrand-Périgord, je crois. Je crois même que je l'ai déjà utilisé dans une note des débuts de ce bloog. Il s'y connaissait en médicaments le "diable boiteux" et comme de son temps qui fait une jolie boucles à ses bas blancs de marmiton du diable l'Europe chevauche à nouveau un taureau de boucherie. Un dieu fait de bave et dont le garrot a été justement sectionné. On a l'Aficion ou on ne l'a pas !
Bon fils, faut être courageux ! Dans huit jours au plus on est à Beograd, dès que Kouchner a libéré Ingrid de l'Oréal pis après je file à Moscou avec les G i' et je suis à San Telmo calle Mejico vers la Noël 2012, d'ici là tu te tiens bien à table, te quiero michtow !
20:50 Publié dans Blog, Film, Jeux, Livre, Loisirs, Mélancholie, Musique, polytiques, polytiques, Rage, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Shopping, Sport, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Kosovo, Serbie, Belgrad, diplomatie, politique, Sarkonnerie, que dit Carla ?


