09.06.2008
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"On ne se baigne jamais dans la même eau"
Je ne sais plus de quel philosophe, est-ce bien même d'un philosophe dont il s'agit, émane cette sentence. Par contre je crois que je me la serine depuis des années d'années et ce qu'elle signifie entre autres, car à chacun sa vue des berges, m'est apparut comme l'évidente lecture de toute une partie de l'existence.
C'est au bord des fleuves et des rivières que ma vie m'a toujours ramené, le fil de l'eau mélancolique et la fureur lourde des crues sont ma soupe limoneuse, ma jouvence verte et noire. Des souvenirs que j'y ai noyé, des visages liquéfiés dans le clapot, des lourdeurs de l'enfance ennuyée, des tourbillons de racines de saules accrochés à la glaise, des barques renversées, ramenées à leurs chaînes par le contre courant, des heures passées seul à chercher dans le vol des insectes une façon d'être humain sans passer par les mains de l'entomologiste d'éther. On ne se baigne jamais dans la même eau. On ne se noie jamais vraiment à l'aplomb des robinets qui fuient en attendant des trains qui ne croisent pas au-delà des pièges que vous tendent les pages vierges des crues retirées.
Il y eut dans l'ordre des souvenirs tout d'abord la Seine, aux alentours de Conflans, le premier exil. Il sufisait je crois de traverser la route que bordait sur quelques millimètres l'épicerie où mon père chaque matin s'habillait d'une blouse bleue avant que de charrier les caisses de vinasse étoilée. La Seine large comme la table où ma mère posait les assiettes du repas. La Seine où passaient nonchalants et gonflés de tripes gazées des porcs que l'abattoir en amont laissait filer contre l'étrave des péniches chargées de sable et du grain dont on fait le paix des ménages. La Seine qui fut mon premier voyage d'enfant mutiné. Puis vint, dans les hachures des intervalles sans repos, la Dhuis dégoûtante qui coulait sourde et morte au fond du terrain à Montreuil. La Dhuis couverte de son manteau d'égout nature, la riche gadoue qui donnait aux roses de ma grand-mère ces couleurs et ce parfum de sainteté qui se vendaient à prix d'or sur le pavé de Saint Eustache, avant que les halles ne deviennent ce trou d'où suinte l'odeur et l'affreux tintamarre des villes que la plaie intestinale avale sans jamais se refermer. La Dhuis au bord de laquelle je ne peux pas dire que je me suis assis, le béton l'avait ensevelie à l'abri des remblais et l'on veillait à ce que nous n'y allions pas traîner nos vices d'enfants lares.
Puis ce fut le Cher, trois cent kilomètres de nationale, par la porte d'Orléans, un Dimanche de glace, une fin d'été, les mômes embringués par le secret du voyage sans retour. Mes parents partent, mon père raffûte chez lui, ce chez lui où ses frères et sœurs se disputent son retour et sa réussite passable. Ces parisiens qu'il ramène dans ses bagages, ma mère, fille éprouvée par la faute, mes sœurs qu'un rêve d'héritier mâle a fait venir coup sur coup. Ces trois petits n'importe quoi qui vont goûter à la joie campagnarde imprégnée des rumeurs d'injure d'une famille inconnue. Mais pas d'histoire, pas d'histoire, au nom de la paix et des lâchetés convenables, pas d'histoires.
Le Cher, rivière à usines, industrieuse folie d'eau, là encore une route à traverser, la route des lavoirs. Plus haut sur le cours, les fonderies de Rosière, les cartonneries, les vomissures empoisonnées de la consommation qui attend le chômeur au coin du bois, un crédit avantageux aux crocs du sourire. Ce moyen-âge là que l'on nomme à présent "seventies" et qui se vend encore très bien chez ceux pour qui l'âge d'or est un slogan, une matraque taillée dans la frustration. La maison est à flanc d'un bois pelé, plein de vipères dans les murets éventrés, tsss... tsss... faut pas y aller, là non plus, la vallée aux loups puis c'est la voie ferrée et les fours à chaux, abandonnés. Cet El Dorado de galeries calcaires où nous fuyons après l'attaque de la diligence de seize heures trente, une clope dans les poches, une royale menthol pour cinq ou six. Les lavoirs sont devenus une bande de renégats qui feinte avec la mort et les éboulis, traversent les voies entre deux passages de micheline, Vierzon Saint Amand-Montrond. Notre héroïsme fait peine à voir, nos pères sont à l'usine, chez Aubry, chez Massicot, chez O cédar, chez Bellot. Mon père est aux fleurs, chez Bellot. Nos mères se voient peu, pour les sales coups de leur engeance : "C'est t'il vrai que ton grand fume en cachette ?". On a quel âge ? Je ne sais plus. Huit... Neuf ans ? C'est avant le collège, on est à la communale, chez Stack. Il nous fesse celui-là et tripote un peu ceux qu'ont le plus la trouille. Il est pas pédophile, c'est le maître. On passe par chez Pauvert, le matin et avec les pièces volées dans le morlingue de la mater on se paie des bonbecs, on en vole aussi, le vieux Pauvert c'est fastoche de le faire tourner en bourrique ; on s'y met à trois où quatre et hop ! une fraise par ci, un car en sac par là...
Le Cher est notre océan, notre danger immédiat. Nager, ne pas nager. Aucun de nous ne sait mais nous y allons, là où on a pied, pas de sandales, pas les moyens, pas plus loin, la peur du gouffre est en nous gravée par le burin des légendes mais comme partout, l'interdit grandit celui qui le franchit. Nous le franchissons, passons outre, allons à la noyade comme de bons petits soldat plombés, il faut, les cousins sont là, hérauts de leurs parents. On nous aime mais les chiffres mentent, nous sommes de trop dans le paysage, un accident regrettable. Parisiens, têtes de chien... !
Des noyés il y en a, des vrais. Le Cher sert aussi à ça, de dernier rendez-vous avec la vie. Des outres verdâtres que les pompiers retirent des branches et tirent à la berge avec des précautions d'équarrisseurs. Le mari de la macotte, un ivrogne celui-là. La dédé, celle qui a couché avec les boches, tu sais bien ? L'Ivanov ? Celui de Varsovie ? Onze enfants qu'il laisse. Varsovie sur Cher, le ghetto comme on dit. Si c'est pas malheureux, ma pauvre. Les cochons crevés à la Frette, personne en disait rien, ils étaient chez eux. Il paradaient le ventre en l'air parmi d'autres détritus, natifs de la grandeur de la France glorieuse. Natifs mais pas sots, pas au point d'imiter le dos crawlé. Mais les zIvanov c'est une autre pair de côtes. Sont pas du coin, c'est écrit sur la boite aux lettres déglinguée. Alors là, nous faire ça à nos fleuves et cours d'eau ! Saletés de pauvres.
Dans le Cher on a nos coins, j'ai les miens, des fascinants trous d'eau, des passerelles aux lavoirs, pourries qu'on ne sait jamais dans quel piège il faut tomber en premier. Tiens là, celle la elle a l'air bien moulue ? Ça me mène aux crues où tout tire à la chaîne, ça court bouillonne des marmites à se fiche dedans en s'accrochant au couvercle; Je peux même pas me souvenir vraiment de comment ça me tenait au fond du vertiges, toute cette boue, ces bois, ces porcs, ces barques pliées aux piles du pont. J'entame la discipline et tombe des berges, dans les racines où la rivière se coiffe à grandes coulées de peigne. Je carapate en clou. Rien à fiche de l'amphibie, je passe le barrage, les pelles en dérapage contrôlé et je me retrouve embarqué par ma langue, loin, au moins jusqu'à ce qu'on me repèche par le colbak. Ma mère me frictionne, dans exactement trois minutes elle va m'en abattre deux, que dites vous maître ? Plaider l'indulgence du jury... Trois minutes pas plus mais trois minutes tout de même, à attendre de savoir de quel côté la première va me drosser.
Je suis des fleuves, des rivières, des minces cours d'eau qui font les grandes évasions. Mais même si j'y ai valser dans l'enfance, ça me semblait la seule issue au carnage ambiant, je monte pas dessus, je reste au bord, autant que possible, je frôle, je scrute et puis je m'en retourne. Car c'est traître l'eau qui dégouline en masse, elle vous envourne de paresse et si vous n'y prenez pas garde, encore une fois, plouf au mirage !
20:21 Publié dans Blog, Film, Jeux, Livre, Loisirs, Mélancholie, Musique, polytiques, polytiques, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Shopping, Sport, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.06.2008
la maison dort
Tu dors, tu dors, tout dort, tu dors et dehors , dehors le monde mord.
Mais toi tu dors, alors tout va puisque c'est dehors que le monde mord ceux que tente l'abri de tes murs.
Dehors d'ailleurs est un ailleurs qui n'existe plus puisque tu dors et pas un bruit, non !
Pas un bruit, ils sont morts ceux à qui l'abri de tes murs n'a pas donné de nom.
Pas de nom, pas de toit, pas de murs, pas un bruit, dors puisque dehors
Jusqu'à ce que l'aube les détoure ceux qui n'ont pas de nom sont le rien qui te clôture.
15:42 Publié dans Mélancholie, Musique, polytiques | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, nouvelle, maison
12.05.2008
Infiniment
Il y a ce mot dans mon dictionnaire, un de ceux que l'on prononce à l'occasion, quand à date fixe il est bien temps d'évoquer la peau de chagrin, à laver sans bouillir, de nos "privilèges sociaux". Pentecôte, que l'on soit du rite chrétien, que l'on soit de nulle part, comme c'est de plus en plus le cas, que l'on soit de la bigarrure, du patchwork confessionnel où tout simplement employé à faire fructifier le capital, qui n'est rien de plus que du soviet sauce suprême à la mode dividendes, nous sommes en ce jour concernés par le vol en piqué de l'esprit saint au dessus de nos nuques brisées.
Que fais tu à Pentecôte, me demandait un chômiste de mes amis ? Je bosse, lui répondis-je. Et tout à coup un désert s'ouvrit devant moi, un désert où tel le chien du proverbe, je hurlais à la mort sous la caresse du vent oxydé de Mai. Un désert tel qu'il me laissait voir que l'infini avait été depuis peu achevé et qu'il se recroquevillait au fond de l'impasse de nos cranes caves. L'infini est au fond de l'impasse.
Alors dans le ciel pur couvrant mon monde d'aryens repus je vis comme un cerf volant tenu d'une main ferme par l'agent du trésor, l'esprit saint se débattre dans les courants d'air de la doctrine. j'aurai du bien sûr me jeter toutes dents aiguisées sur la fine amarre mais... je bosse, je bosse, je trime, je fais la prostituée, je suis un prostitué et de Pentecôte je ne me compte qu'en heurts supplémentaires. Infiniment maté.
C'est triste, me dit cet ami, ce bon ami. Mais lui il s'en fiche il est chômiste, salaud de chômiste ! De ceux qui fichent en l'air notre patient travail de suicidaires.
L'infini est au fond de l'impasse.
11:36 Publié dans polytiques | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : plolitique, littérature, poésie, pentecôte
07.05.2008
Auto Retrait
Je m'aligne, je me dispose, je me mets comme qui dirait en ordre de marche, le dos bien droit au poteau, la nuque rase et blème. S'agit de faire bonne figure devant ces messireux du comité. Je me présente phastène Lephauste, de mon vrai nom. Né le 14 décombres 1959 à Paris Seine, à l'heure de la fin des émissions de la radio télédiffusion française. Ma mère déjà excommuniée pour abandon de virginité dans le quartier des Halles m'expulse sur les injonctions de mère Marie des bâtards, la supérieure volumétrique de l'école des sages femmes de Porc Royal. "Pas de ça chez nous ma fille !", Marie Alexandrine Boch épouse Dufour, mon aimée mémé fait face à l'avanie et maman qui n'a jusqu'alors connu le vice et l'opprobre qu'au travers d' "autant en emporte le vent", se retrouve m'am Scaaalett !
Déjà tout à fait conséquent avec le subtil équilibre entre les différentes dissymétries, puisque j'y suis et malgré quelques tentatives malencontreuses pour réintégré le saint des saints, je décide d'y rester. La pénombre de la couveuse, le petit lit à roulettes, les soupirs compassés des infirmières, ma jeune mère qui ne vit déjà plus qu'entre elle et moi, faisant des allers retours dans la nuit pour voir si je suis un peu moins noir, si je respire ou tente de reprendre ma liberté en m'esquivant de l'enveloppe. On sort de là, elle et moi. Mais on ne reste pas ensemble, à peine le temps de prendre un café gauloise au tabac du coin et je file par le dernier métro. On se reverra ! Elle me dit. elles disent toutes ça si j'en crois le clodo qui s'endort sur mon épaule alors que je viens de me caler en première, dans le wagon du milieu. On est entre seigneurs. beau début.
Je passe les années qui suivent dans l'animosité la plus complète. Tout le monde m'en veut, même les loufiats dans les bars ne me repèrent pas quand je tente de les appeler. Je passe parfois par la rue de Rosny, le piano de ma mère n'est guère plus qu'un meuble dans la petite chambre dont la fenêtre donne sur la rue et l'arrêt de bus. Il parait qu'il m'ont inscrit à l'école, alors j'y vais, c'est que des filles et encore des filles et tous les matins un "je vous salue Marie pleine de grâce, tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de tes entrailles est béni aussi..." au garde à vous, dans la cour. Montreuil est communiste à cette époque mais pas la boissière et les horticos sont de bons citoyens. Les fils de l'épicier finissent par m'arracher aux jupes des cousines et me pousse vers la communale à coups de "yellow submarine" dans le train. C'est des sales ritals pas mal rouge mais ils fument déjà des clopes, alors respect !
J'y vais là aussi mais à la faveur d'une représentation d'ombres chinoises donnée en l'honneur du départ à la retraite du surveillant général, je saute dans la boite où le squelette retombe à la fin de l'histoire et je m'esbigne pour atterrir au Maroc, v'là. Ah le Maroc ! Ses rivages enchanteurs, ses parfums entêtant, l'océan qui là bas caresse le désert et donna à mon grand père l'air d'un fiers spahi et une flopée de maîtresses; Ce que j'y fait ? Rien. Je m'en retourne donc. Ma mère à présent pouponne deux frangines qu'on me présente comme deux petites blondes plutôt rigolotes, ce qu'elles sont jusqu'à un certain point. Suis-je un bon frère ? Suis-je de plus un bon frère aîné ? A proprement parlé, non. Je joue en solo les parties écrites de ma vie pour le reste je fais un peu de play back et aussi quelques improvisations qui ont l'art de faire tourner bourrique ceux qui s'approchent et tendent l'oreille.
Mais il n'empêche ma mère met au monde dans les liens sacré du mariage, ils vont être heureux, c'est sûr. Ils sont d'ailleurs sur le départ, direction le bled à papa... tous chialent un peu, il fait gris, je suis au mont saint Michel dans un stage intitulé "toi aussi tu vas aimer tes cousins tout neufs". C'est pas gagné, les cousins en questions vont me faire la chasse pendant des années. J'en baise un au passage, l'arme fatale ? La semelle compensée de mon aimé papa, dans le nez, le sang qui pisse, je passe pour fou. Ça m'arrange bien, vu que de chez moi la folie comme la lime de l'évadé c'est dans le pain de ménage qu'on m'a apprit à la planquer.
Tout petit à table, attendrissons, la seule chose que je voulais être c'est celui qui rompt le pain, j'étais bien ignare de ce qui se passait dans la nuit qui suivait, papa lui il savait, il avait servis la messe, en bon enfant. Quand j'ai su je l'ai rompu le pain, j'ai même cassé la croute comme on dit, trempé les miettes dans des liquides bouillants, pour épaissir, balancé aux moineaux des restes de complets vestons et baisé l'anneau de l'évêque une fois que l'on m'eut confirmé que l'hostie restait pas définitivement collée au palais. Son inconsistance devrait plonger le pape dans des abîmes de perplexité.
Je rentre au collège quand Meaulne réapparaît, un soir sur un banc, famélique, alors que là haut son amour surfe sur meetho... Là non plus, rien. Mais j'y remettrai bien mon vélo sur le chemin, par l'avenue et le passage à niveau, oh comme ça hein, pour voir quelques gueules, quelques bonnes têtes bancales, des anges boutonneux et des filles qu'avaient pas froid aux yeux. Des filles, comment dire... Ah les amours enfantines, les chastes baisers où la langue se ruine sur deux rangées de dents parfaites, l'odeur des culottes qui ne se baissent pas, non ! Ze baisse pas ma culotte, ze te dis ! viens prends ma main ! Pas non plus... non... pas non plus... c'est sale ! Ah jeunes verges congestionnées dans des slows de trois heures à attendre le baiser omnibus de l'hôtel californiet ! Combien d'entre vous sont devenus ronflant avec le temps ? Combien ne sont pas rentrés un soir à cause qu'on ne les y attendait plus ?
Bon je redoub deux fois dont une avec les félicitations du comité de grève des troisièmes. A l'année prochaine ! Non, pas à l'année prochaine. Il n'y aura plus d'année prochaine. Les usines à CAP en engloutissent une bonne partie, les autres s'égaient au hasard, peu nombreux sont ceux qui dépassent la silhouette du clocher et se perdent sur la route. A l'époque la route est encore un enfer dont nous dallons le chemin avec nos rêves d'indiens défoncés à l'eau de feu. Je me tape pour ma part deux ans dans la crème des gâte-sauces. Je tambouille, je peluche des petits légumes, je tortore, je fauche à qui mieux mieux de l'oseille lors de mes rares visites au foyer familial. Les jours où on y joue pas Beyrouth c'est que c'est Belfast.
Ma mère, pour le meilleur et pour le pire s'endure en épouse, assure le service minimum et dort dans le divan de la salle à manger où d'ailleurs elle ne déjeune plus ni ne dîne en compagnie de mes soeurs, de mon frère le petit nouveau et de mon père qui de son côté ne rentre plus que pour faire admirer le dernier pull over qu'une de ses vieilles maîtresses lui a amoureusement tricoté. Il se bourre la gueule de plus en plus efficacement, son oedipe est en cavale et ruine la maison du bonheur. Ils allaient être heureux et puis ça c'est pas fait, allez savoir. Un petit dernier alors ? C'est un garçon, un héritier pour les dimanches. un beau garçon qui négocie chacun de ses hurlements et tente de survivre aux éboulis en alignant les pare feu du narcissisme devant tous les miroirs qu'on lui tend comme des joujoux.
Je commence à sécher le dortoir, l'odeur de la jeune chair à patrons me fout en rage. Les matons me foutent en rage, la violence de la survie me fout en rage. Je rage pour tout et n'importe quoi. La veuve du colonel m'accueille dans un rez de chaussée pisseux qu'elle me loue contre l'argent que je talbine dans le tiroir caisse. Elle est pas regardante mais veille à la bonne tenue de sa maison en guettant mes allées et venues. surtout celles que je fais avec la fille du pompiste.
C'est la seule fille de la classe, peut-être même du bahut. Je la colle un peu. Beaucoup. on est trente à la coller. elle vient le soir en mobylette me montrer ses dernières emplettes. en général c'est du neuf millimètres, pour dame. Elle a le Baader au beau fixe et roule des patins en riant. Ce qui est un peu dangereux pour la langue mais sa salive est délicieuse. Quand elle ne vient pas je me farcis "l'empire des sens" dans un cinéma porno où ma taille déjà post pubère fait office de carte d'identité. Et là pendant une heure trois quart je me laisse étrangler, chevaucher sous la pluie par ma main gauche à qui je donne des noms de gamines innocentes mais qui ont le T shirt déjà plein de jolies choses à pétrir maladroitement. à essayer au moins. Un soir que son berger allemand dort au pied du lit en faisant des rêves de révolution prolétarienne elle me fait sauter le prépuce, me décalotte comme un paquet de Camel sans filtres et je perds totalement le sens des mesures, je suis en elle, à tenter de lui faire plaisir mais qu'est-ce qui lui fait plaisir ? Démonter une grenade offensive ? Reculasser un 38 spécial sans foirer l'aiguille ? Piller une villa de l'île de Ré ? Je ne sais plus... Je me bourre de cachetons et un soir sur le port, à côté des tours de chaîne j'évite le plongeon mortel dans les eaux sales. Je taille, le foie en décomposition, je sens la vase. Retour à la case blédard.
Sauvé par le gong, c'est l'heure d'incorporer. Orléans tours, préparation militaire, je dors à la gare, je saute, on me refile une petite médaille en forme de parachute. Papa maman nage dans la mouise. La maison, la boutique de fleurs, tout le monde y rentre, tout le monde en sort avec chacun sa part du butin. Papa se beurre en compagnie de vieilles donzelles, des mamans pour lui tout seul, maman racine dans les mots croisés, bouffe plus que des boites qu'elle planque en haut des étagères et se refait le dialogue des carmélites. elle est le couvent à elle toute seule et attend que le bourreau la tranche. Mes soeurs s'inventent des issues de secours sans crier, toutes pimpantes, maquillées, de boites en bals et le petit dernier plonge dans la corolle de son narcisse. Puisque chaque soir le Titanic sombre dans son sommeil il s'accroche à son ballon de foot. C'est lui qui a ma chambre à présent, la chambre du Jean claude, le barjot de la route des lavoirs. Sa mère est morte alors on l'a collé chez les branques. La chambre du barjot, elle m'a tant foutu la trouille, dormir dedans en guettant le retour du Jean claude : Maaa chaaaamb ! Cà ma chaaaamb à mooooi ! Je l'ai à moitié détruite.
Gong again ! Là c'est du sérieux, direction Bayonne, un béret rouge, la coupe qui va bien dessous, loin. le treillis, la bétaillère, au pas dans la montagne, dans les villages du djebel basque : pardon monsieur ? Où est-ce que je peux trouver de l'eau ? Ils nous regardent les vieux assis devant la fontaine et haussent les épaules, savent pas, parlent pas la langue de l'occupant. L'occupant c'est nous, c'est vrai qu'on a l'air terrifiant. Avec nos flingues modifiés 59 et le barda qui nous scie les épaules. L'armée française vaut mieux se la faire raconter par Castelot et Decaux que de marcher sous ses couleurs. Des fois, sur un chemin de mule où le serre patte nous a paumé y en a un qui dévisse et balance la mitrailleuse lourde dans le ravin comme si il s'y jetait lui même. Les autres rappliquent, le sergot trouve là la bonne occasion d'être encore un peu plus incompétent et nous punit de cinq bornes à faires en plus; On est perdus de toutes façons. Les vivres sont rentrés à la caserne, ce soir c'est ration de survie... Survivre çà fait longtemps que je connais, je descends dans le ravin, récupère l'arme lourde et remonte. Je me sens mieux, l'autre pleure, permission sucrée, vingt jours de cage au retour, s'en fout, là où il en est il croit même pas qu'on va rentrer. Il est pas le seul. je me sens mieux, cet oiseaux là c'est Avignon, tueur aux abattoirs du Mans, un doux qui voit le mal nulle part et qui se blesse tout le temps; A côté de lui je fais un peu brèle, j'ai les pieds en sang, je remonte la machine de guerre et l'échange avec lui contre mon fusil en bois de colère; On se met à quatre, on le redresse et çà repart dans la nuit tombante. La nuit dans les Pyrénées tu parles de te faire chier. Quand je pense qu'il y en a pour y aller randonner, en famille recomposée. Oh regardez les enfants... un vrai crachat de séparatiste ! Aller on se relâche pas, ce soir combat de nuit contre la section bleue, celle qui est commandée par le lieute, celui qui sait que pour lire une carte d'état major, il faut pour commencer l'ouvrir à l'endroit.
J'en sors en homme, du séjour, à Matabiau on se séparent sans se regarder, on a fait tout ce chemin en passant par Pau, l'école des paras, les chambrées avec des portraits d'Hitler planqués dans les armoires et mon pote Azouzi que çà a rendu fou de raser les murs pendant un an, on a honte, j'ai honte, j'ai rien fait pour lui, Amhed. J'ai une belle gueule d'assassin depuis : faut qu'on se revoit ! eh les gars faut pas se perdre, hein ? Non non... Bon bah salut hein, on s'écrit au moins... Ouais c'est çà on s'écrit et pis à l'occasion... On ratonne !
Vous êtes allés jusque là ? P'tain vous êtes pas rien courageux. Pasque moi là, Ahmed, sa tête de mome tout maigre, la haine que çà lui a rentré dedans, la France... Moi là... je vais essayer d'oublier que je le suis français, bien pâle, comme il faut et me souvenir de rien que de lui et des années de collège où je voulais rien d'autre qu'être cancre pour pas qu'il croit Ahmed qu'un jour on nous séparerait, jamais Ahmed on nous separera.
Aller, çà moule à l'école !
22:09 Publié dans polytiques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozx, démocratie, opinion, sondage
06.05.2008
pensée péripatéticienne
J'ai bien apprit à marcher au pas, pas si difficile quand on vous gueule dessus toute la journée et que vous n'avez que de courtes nuits pour vous évader en ronflant dans la cacophonie des dortoirs. La main gauche se balance dans le même mouvement que le pied droit. Une deux, une deux, une deux, attention !... changement de pied ! Les hémisphères dans la poussière du camp d'entraînement, vous y allez, l'autre derrière, vous colle aux semelles et comme depuis des semaines rien ne le distingue plus de vous ni de celui qui le suit que vous de celui que vous tentez de ne pas piétiner quand en larmes il appelle sa maman, alors vous marchez, attention ! changement de pied !
"Nous sommes les hommes des troupes d'assaut... Paras de toutes les régions... Nous n'avons pas seulement des ar...meuh mais le diable marche avec nous (là, rires des hommes des troupes d'assaut qui marchent avec le diable.)". Cet extraits d'un chant de marche, c'est pour la bonne bouche de rat, la petite gueule de mes petits frères de la 79/04, Toulouse 1979. Salut les p'tits cons. J'oublie rien, rien ne nous oublie. Les anciens d'algérie accrochés par le béret à la carlingue du Nord Atlas, le lieutenant, un noble humaniste qui comprend, on fume des joints le soir, au pied des tours de saut et qui nous propose le Liban. Genre je me passe des intermédiaire, je connais un petit producteur dans la plaine de la Bekaa... Le capitaine qui chie dans son froc quand le Transall prend son dernier virage; Et pis nous, la chair à pâté qu'on envoie en démonstration pour des généraux africains qui font leurs courses sur le Larzac. La fange Afrique ? Parlez m'en !
Mais pour penser, là, pour penser... pensez donc ! Pour penser c'est simple, bien plus simple que de marcher au pas ! Pour penser il suffit de se passer du nom des rues, des panneaux indicateurs, des gestes empressés des forces de l'ordre; Pour penser, marchez au pas des mots qui vous viennent quand votre souffle devient court à mesure que vous accrocher l'arrête des pentes. marchez sans vous soucier d'arriver ou pas; ne regardez pas où vous les posez les pieds, vos pieds ont l'intelligence du ciel sous lequel vous avancez. Et quand ça descend ? Quand ça descend n'hésitez pas à trébucher, à vous casser la margoulette, à rouler dans le caniveau, les nuages sont là pour vous si vous ne vous passez pas de penser, passez, pensez, allez ! vos pieds sont dans vos rêves et vos rêves vont au pas des pensées chamboulées ! Allez !
Péhirin... Hartman... Krajeks... Boucherat... 79/04... Au pas de mes pensées péripatéticiennes. Salut !
17:13 Publié dans Livre, Mélancholie, polytiques, ras le bol, Voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, poésie, et caltera...
04.05.2008
Paisibles
Aurons nous un jour, ouvrant la paume de notre main sur le sable retiré du fond d'une rivière, la paix qu'en définitive nous cherchons tous en haïssant le vacarme dans lequel la vie se meut comme une machine de guerre ? Non bien entendu. Nous n'orpaillons plus que l'incisif et la paume de nos mains, revenue des eaux n'est plus que le squelette d'une caresse violente. Je feins, passant, toujours passant, d'ignorer que ce monde appartient en son entier à l'ignorance des possédés. A ceux qui un jour autour de leur misère ont installé des murs, des fils de fer barbelés, à ceux là seuls le monde sourit de son sourire mauvais d'amer contentement. Suis-je moi même l'amertume du monde ? Je la porte en effet comme la bête que je combat jour après jour en m'émerveillant pour un oui, pour un nom de mes chères illusions d'aubes pâles et je vais mes doigts en éventails souples, raclant dans les courants d'eau jusqu'à ce qu'une ombre m'arrète et me détourne et me fasse lever le nez du rien auquel je rêvais en avançant. Une ombre de propriétaire privé de la caresse des vents.
Aurons nous un jour, ouvrant la vie du bout des doigts sur le sable retiré du fond d'une rivière, la paix dont nous sommes devenus les déchets ? Non bien sûr mais là est notre folie, croire que cela se peut. Et continuer d'avancer en rasant les murs tout en défrichant le ciel.
07:00 Publié dans Livre, Mélancholie, polytiques, Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : politique, littérature, lecture, sarkozi, mai
24.04.2008
La Doxa des Dickça
" Je me repens de ce que j'ai fait du mal en faisant du bien, l'un est dans l'autre et l'autre englobe l'un et les deux font le tout. Ainsi ni ce que je dis ni ce que je fais ne sont autre chose que la valeur ajoutée de l'un et de l'autre. En rien on ne peut m'imputer d'être trompeur en me trompant et les éléphants ni d'Asie ni d'Afrique n'y sont non plus pour quoi que ce soit dans l'assèchement du lit des fleuves insomniaques. Je suis maitre ? Oui je suis le maître de cette multitude qui m'est comme une marâtre et me harcèle de son désir d'être courbée sur l'horizon en une arche où mon pied, pour sa joie, flirt avec l'éternité. Je ne profite pas puisque du bout des lèvres peut-être mais au final, mes chertés, vous m'avez choisis pour vous conduire aux seuils des églises reconstituées, aux savates de ceux qui n'en savent pas plus que vous mais vous le disent, droit dans les yeux sur un ton de droiture qui vous fait courber de plus belle. Oui je suis votre évasion, votre seule clé de feu dans ce monde en fusion. Demain sûrement (Oh oui ! demain !) on m'enlèvera de vous... OOOOhhhhhOHHHHooooooÔ ! J'aurai mon bâton de Maréchal dans le C... de sac et des anges venus en hélicoptère m'emporteront... m'emporteront... m'emporteront... OOhhooHÔOOooooHHH ô ! Alors ce soir, devant vos crânes luisants, vos lèvres sèches, vos ventres gonflés de vermines, vos regards de bocal à poisson rouge, le troupeau bêlant de vos origines, vos agents de la santé publique, vos espoirs d'un monde qui vous foute la paix en allant se déchirer ailleurs, ce soir auprès de vos tympans taillés dans la masse des médias... Je me repens d'être tout à fait comme vous rêviez d'être, le chef incontestable d'une bande de pillards des Caraïbes battant pavillon de banlieue. Heil... euh... j'ai pas mis ma main devant ma bouche, mère ?"
Vous n'aurez pas été sans noter la présence des guillemets qui signalent le met de choix. En effet ce court extrait de pensées déviationnistes est en fait la première mouture à chaud d'une énième pression à froid des divagations apocalypcieuses du Présidnet. L'allocution-questions-réponses-hypothèses de ce soir sur tous les écrans de ceux qui en ont doit selon le nouveau protocole être précédée d'un court office religieux célébré sous le saint office de monseigneur Neutron. A cette occasion le Présidnet non accompagné de madame, comme elle est étrangère, se livrera à quelques mimiques repentante en vérifiant bien sur les prompteurs qu'il est raccord avec l'envoi de missiles balistiques en direction de la Chine. A la suite de quoi... Puis pour conclure le Présidnet se penchera sur le sort des pas d'veine et jettera en guise d'adieu quelques grosses poignée d'avoine sur l'assistance sommée de produire un orgasme collectif et significatif en termes d'audimat.
A ce soir donc, chers amis !
17:55 Publié dans polytiques, ras le bol, Relis tes ratures, Sport, Voyage | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozx, démocratie, opinion, sondage
23.03.2008
Mol du blog
Mon ami Mol du blog, qui de petite noblesse est passé en deux siècles et des brindilles à l'état latent d'un statut social métaphorique me signalait hier au soir, alors qu'accompagné de ses soudards il passait par ici pour me réclamer la taille, la gabelle, le cens, l'impôt sur le rendu, la corvée et autres joyeusetés qui font que lui et moi sommes par le fait les deux faces d'un même denier usé jusqu'au flan, cet article de journaux sibyllin à propos d'un sous préfet du nom de Guigue (libé en ligne).
Guigue dégoise ! S'emportait-il. Avec Mol tout ce qui ne peut être consommé sur place par ses soudards, c'est à dire les petites bonnes, les valets, les trous de serrure, le cul des vaches maigres et caltera... Se doit d'être emporté. Mol est sans concession, ce qui ne l'empêche pas d'avoir pignon sur zone et enseigne dans la grande distribution. Guigue, mon doux saigneur ? Mais qui donc est Guigue ? Ah çà roture de fond de bidet, vous l'ignorez donc ? J'ignorationne mon prince, c'est dans mon état et je dois avouer que je me sens ce soir un tantinet comme à l'étal d'un boucher letton. Un peu équarris, voyez vous. Il importe avec Mol de faire à l'imitation de la petite Gretel du conte, l'offrande d'un os rongé afin de conserver quelques reliefs pour une éventuelle visite inopinée de sa part. Mol aime à s'en revenir souvent. Mol est mélancolique.
Guigue, triste manant, écrit des insanités sur l'état d'Israel. Des histoires de sniper, de torture, de pratiques assez peu dignes d'un grand état occidental niché au coeur du proche orient. Mais Mol vous m'alarmez ? L'état d'Israel serait à ce point dans un si triste état ? Pis, pauvre hère. Nous courrons là bas un très grand danger, c'est voyez vous une guerre de civilisations que nous menons contre ces... ces... Ah mais à quoi bon les nommer ! Tristes peuples en vérité que ces hordes dépenaillées qui se réclament du livre sans avoir jamais rien lu des oeuvres de notre présidnet !
Mais las ! Guigue a été châtié, limogé par son ministre de tutelle et l'honneur de la république est encore une fois sauf. Il ferait beau voir que nous regardions les israélien en tant qu'ils pourraient être des palestiniens comme les autres. Tel n'est pas la cas, vous en êtes d'accord n'est-ce pas ? Mais qu'est-ce donc que ce kilo de patates que vous celez là au regard de mes ch'tis ? Vous savez bien qu'ils sont grands pourfendeurs de pommes frites ! Allons levez vous et passez moi l'économe. Mais... Mol, çà n'est que de la belle de fontenay, de la chétive, de la ratte, pas de quoi faire un ragoût, à peine pour les cochons... Vous avez donc des cochons ? Non Mol non... Bon, prenez donc ce porcelet, je vous l'offre. Mais vous me saignez grand ami !
Ci fait, j'en suis d'accord, l'illettruisme est le ferment de révoltes bien peu amènes et il en va de la survie des arts seconds que nous portions le fer et le feu au sein même de ces peuplades, comme nous le fîmes en rasant Babybell avant que n'en émerge la bête à deux dos ! Voulez vous un peu de ketchup avec les frites ?
Voyez vous il est bon aux égarés que nous sommes d'avoir pour ami un homme tel que Mol du Blog. Il glisse avec grâce une main délicate dans le fond de vos poches tout en veillant à ce que vous ne pensiez de mal de l'ignoble vertu que par aileurs il professe. Voulez vous que Mol après qu'il ait incendié la chaumine où Hansel faillit rôtir, il y a des siècles de cela, passe par chez vous ? Il y est déjà ? Je suis bien content que nous ayons les même fréqentations !
Quand à Guigue, il ne lui reste plus qu'à retrouver la couture du pantalon et à y poser le petit doigt. Hamp dé ! Hamp dé !
Joyeuses Parques !
11:47 Publié dans polytiques | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, israel, guigue, palestine, sarkozi
18.03.2008
Pouvoir de rachat
Allez, encore une fois, la totalité des parieurs ont tentés leur chance ! Je parle de ceux qui Dimanche, plutôt que de s'occuper de ce qui les touche tout à fait intimement sont allés avec leur carte de rationnement déposer dans l'urne le petit bulletin qui confirme que quoi qu'il en soit de la réalité ils sont au rendez vous de la confiscation, ils restent contre vents et marées d'honorables citoyens, conscients que le devoir accomplis les soustraira au moins à la sempiternelle sentence : "Si tu vas pas voter, comment veux-tu que les choses changent ?"
A voté ! La fente se referme et la voix s'étouffe dans le noir de la boite jusqu'à ce que l'on dépouille, compte, décompte, estime et que l'électeur son ticket gratté à la main finisse par se rendre à l'évidence, encore cette fois il a participé. L'"élu" lui sourit, comme il a apprit à le faire lors des nombreuses séances de coaching que le parti lui a fait vivre afin que lors des interview on ne puisse se rendre à l'évidence, il n'y a guère que les canines qui luisent. Au dessus, dans la boite à idées, rien ne brille que l'absence d'imagination.
Nous élisons des directeurs de ressources humaines qui n'ont que foutre que notre humanté s'éfacent au profit de ce qu'ils nous font passer pour la dure réalité. L'économie va mal, la banque est un colosse aux pieds plats, l'industrie ne sait plus comment faire du profit sur le dos de la désolation, les idéologies se ressemblent toutes, avaz vous remarqué qu'en abattant le mur de la honte un seul des deux blocs s'est éfondré, pour se reconstruire à l'identique assez promptement et que l'autre, le notre, le camps de la liberté est encore là assis sur les restes de ses constructions maniaques. Avez vous remarqué comme l'ouest (mais l'ouest de quoi ?) est régit par un système dont les arcanes n'ont rien à envier au comunisme étatique ? Quoi, vous vivez dans un pays libre ? Seriez vous lâches au point de feindre ?
Quoi qu'il en soit votre carte d'électeur, vous pouvez vous la carer où je pense ! Car ce que vous pensez ressemble trait pour trait à ce que l'on pense de vous. Rien.
Mais rien c'est déjà beaucoup me diront ceux qui s'ébattent en famille dans les jardins cadavériques de la démocratie défoncée par tous les trous. Allez! A quatre pattes, le gang bang continue et c'est vous qui fournissez la vaseline !
06:21 Publié dans Blog, Livre, Mélancholie, polytiques, Rage, ras le bol, Relis tes ratures, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : politique, municipales, élections, sarkozi, remaniement ministériel
08.03.2008
Les Cosmétiques
On s'use en moins de temps qu'il n'en faut pour s'en rendre compte, de rester assis sur un banc de bois à contempler l'air ahuris les pitreries de Guignol. On sait qu'à la fin le gendarme arrive et fustige la victime car il a lui, une bonne tête d'assassin... Comme de juste ! alors on passe à autre chose on sort du castellet les fesses endolories de s'en être pris tant et tant dans le cul qu'on jure de marcher toujours, pour le restant de la vie et de ne plus jamais s'asseoir à l'ombre des matraques; On sort et la lumière aveugle un peu, il fait grand jour, les filles passent dans l'allée froide, déjà peu vêtue de ce qu'elles souhaitent nous voir ôter avant que le printemps n'éclate à nos braguettes et nous laisse pantois un peu de foutre sur les doigts et honteux de n'avoir pas apporté de fleurs pour les fustiger de tant d'impudiques invites. C'est le sujet de cette note et d'autres, qui ne manqueront pas de venir à vous au travers de l'alboom au creux duquel je publierai quelques photographies dont la grâce vous plaira. Comme il me plaît à moi d'en connaître le sujet sur le bout des doigts et de la langue...
Que le gout pour le beau nous hante et ne nous laisse jamais céder à la morale de la pauvre doctrine dans les fers de laquelle on aimerait à nous laisser croupir loin de la joie des émotions et des larmes perlées de soupirs rauques.
Ce qu'elle pose là, dans la soie de la nudité est plus qu'un détail outré d'une géographie divine, c'est ce paradis d'Allah dans lequel nulle charpie n'a droit de cité. Pas un qui puisse se poser ici en vertu de la mort que son ventre ressasse face au mur des lamentables, rien ici du front frappé aux pierres de meule du soleil nié. Le doux y règne sans frontières à défendre, la soie chuinte accordée au taillis blond de la toison et mon regard frôle ce que mes doigts et mes lèvres pour l'heure ne peuvent approcher, tant il y a de routes encombrées entre ces fruits et ma gueulardise de voleur de pommes menues. Tout est là du don que l'on fait de soi quand à aucun prix on ne souhaite commercer le vivant comme l'on fait de nos vies devenues inertes à force d'être calibrées. Tout est là de ce temps où nous conversions avec l'animal en nous et que le dieu courroucé des imbéciles ne s'était pas abattu sur notre saine curiosité en nous frappant d'avoir à être gouvernés par ses démons de bois.
Je me laisse bercer par le courant d'air qui glisse sous les portes, je suis celui-ci qui vient sans se nommer, la caresse profonde qu'elle attend en légitime amante de la soie qui s'insinue entre ses lèvres et de laquelle parfois elle arme mon prénom d'un éclat de voix rauque.
07:57 Publié dans Blog, Film, Jeux, Livre, Loisirs, Mélancholie, Musique, polytiques, polytiques, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Shopping, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : éros, érotisme, photographie, cosmétiques, lecture, littérature, amour


