08.06.2008

Sinn Fein !

C'est bien ma veine, nous ne sommes pas en ce Dimanche qui verra l'Irlande renvoyer au moins temporairement, le mini traité de Lisbonne au rebut de l'histoire. Car s'en est,  de l'Histoire et de la grande. L'évènement devrait se produire Dimanche prochain mais d'ici là rien ne nous empêche de nous intéresser aux propos de monsieur Etienne Chouard. Sur dailymotion one more time (car all we need is de l'I motion !). Sous le titre : conférence d'Arles,  on l'entend en découdre avec le sens qu'il donne au mot Constitution et aussi démontrer en quoi nous ne sommes pas et n'avons peut-être jamais été sous le couvert d'un régime démocratique. J'emploie le mot régime tout à fait dans le sens que lui confère monsieur Guano de l'Elysée quand il parle en termes d'architecture de la formation urbanistique du "Grand Paris" (Gross Paris ! pour les intimes.), je cite : "Il ne s'agit pas de construire un monument à la gloire du régime !". Mais de quel régime parle monsieur Guano henry ? Puisque à ma connaissance son suzerain a bien été élu président de la république comme ses prédécesseurs. République une et indivisible, non ?

Etienne chouard lui est tout à fait clair dans son propos, nous allons droit dans le mur du simulacre et l'Europe devient bien l'empire rêvé par tous les dictateurs qui se sont succédés sur son territoire. Une entité servile. Pour exemple il s'appuie sur le fait que la France depuis quelques temps ne peut plus frapper monnaie et que c'est auprès des banques privées qu'elle se retourne pour l'emprunt. Pas d'argent pour le social, pas d'argent pour l'éducation, pas d'argent pour le logement, lui répondent les usuriers du monde moderne. alors à la casse les institutions qui contrôlaient le pouvoir et ceux qui l'exerçaient en notre nom. alors le chômeur est un paria, un vampire que l'on va pouvoir mater par la psychiatrie, la loi et la force qui remplacent peu à peu l'entre aide dans l'esprit malade du citoyen en carton bouillis. 

Je fais la mouche du coche mais le coche lui est passé depuis longtemps, depuis trop longtemps. On l'aperçoit au loin dans la poussière que lève son train d'enfer là bas, sur la route de Varennes, étape obligée pour qui se rend à Maastrich ! 

Nos élus ne le sont pas pour s'occuper de nous et de nos intérets, les plus collectifs possible. Ils le sont pour faire à notre place (là est notre drame). Nous les rémunérons pour ça; Et quand ils sont en place,  ils n'ont de cesse que de se protéger de nous à l'aide des leviers dont nous leur avons aveuglément confiée la manipulation. C'est bien à une grande manipulation à laquelle nous assistons en ce moment; Et cela me fait penser au roman que Thomas Mann consacra, comme une métaphore, à l'ascension d'Adolphe Hitler (un grand ami de la famille Bush, le grand père de Georges W. le considérait comme un enfant. Le grand père était banquier à l'époque et Auschwitz n'est pas un lieu qu'il devait ignorer !). Le titre de l'ouvrage qui est édité en poche chez Hachette, je crois : Mario le magicien

07.06.2008

A la lanterne

Je crois bien que c'est demain en Irlande,  constitution oblige que le traître traité de Lisbonne passe par les urnes. Nous pourrions nous moquer vu que chez nous,  des urnes le NON émergea et que celui qui des urnes tire sa légitimité à nous traiter en mineurs civils s'est arrangé avec ses petits amis du commerce mondial pour nous le faire avaler tout de même,  par le fondement.

"Y a pas d'arrangements, pas de grimace..." disait la chanson. Mais si, mais si ! Il n'y a même plus que ça à vrai dire, de ces arrangements dont nous sommes dès à présent conviés à gratifier les effets par de bons applaudissements d'écervelés. Irlandais mes amis, nous ici,  dans la patrie des droits de l'homme, du citoyen et de la citoyenne nous vous souhaitons bon courage car dans le cas où il vous  prendrait l'envie d'exercer  votre pouvoir d'homme  libre en renvoyant ce  traité  aux ordures d'où il est issu, vous allez tout comme nous apprendre dans l'amertume des lendemains qui chantent faux que la démocratie n'est qu'un état provisoire dans le gouvernement des futurs super états que vont devenir les continents et leurs subdivisions administratives. La consultation des masses est en passe de devenir un vieux souvenir d'une époque cacophonique d'où pour finir nous sortirons vainqueurs mais tout à fait aphones. Foin de ces campagnes électorales où aux étals des partis politiques ne s'entassent que les idées talées au format libéral.

Sentons nous bien comme de gauche et de droite la pensée est comme un primeur hors de prix pour nos moyens paupérisés. Et sans saveur et sans qu'on ait l'envie même de plus en débattre Ce pauvre Delanoé, fait-il pas un peu à peine à écouter, ce salaud de Sarkozi est-il pas le fossoyeur de ce que il n'y a pas si longtemps nous appelions la Démocratie, ces ministres à l'étiquette,  ces opposants cure-dents, cette pseudo agitation intellectuelle ne sont-ils pas plus que des hochets entre les mains boudinées des enchaînes que nous sommes devenus, la cervelle nous en suintant par les narines ? Mouche ton nez avant de parlez, morveux !

Je me mouche, ne frappez pas, please ! Je me mouche du coche et je rejoins le rang ... Aïe ! Mais avant je voulais saluer l'Irlande et sa lutte du pot de terre contre le pot de fer, du pauvre contre le seigneur, du serf contre le propriétaire; Sinn Fein !!! 

Pour finir et je ne suis pas le champion pour créer des passerelles entre les sites (internet) je voulais vous faire part ici de ce qu'hier jusque fort tard je me suis brûlé les yeux et l'entendement à regarder l'interview de monsieur Pierre Hillard. Interview qui avait pour base les trois ouvrages qu'il vient de consacrer au "nouvel ordre mondial". Faites moi donc l'amitié, si j'ose le terme, d'aller y voir d'un peu près. Autant savoir à quelle aimable sauce nous allons servir de brouet pour les "élites".  Et si cela ne vous tente pas c'est que vous et moi sommes bien, comme il le dit à un moment de l'entretien, devenus les numéro 6 de la farce; Aller,  je tente le lien...

http://www.dailymotion.com/tommeight/video/x44tc1_pierre-hillard-europe-et-nouvel-ordre-mondial 

Aïe ! Aïe ! Oui... Promis, je ne le ferai plus... Aïe ! Oui de la poésie ! Rien que de la poésie la prochaine fois... Aïe ! 

03.06.2008

Engagé

J'ai des opinions, des idées, des convictions, toute une panoplie que le père Noël m'a gentiment apportée alors que dans ma liste j'avais surtout insisté sur le fait que tout de même le train électrique, c'était vraiment ce que je voulais. Mais comme j'ai pas dû être tout à fait sage, le père Noël m'en a apporté un à charbon. Alors pour faire plaisir à mes parents qui sont quand même à se saigner aux quatre veines pour que je sois heureux malgré les désillusions du réveil, je joue avec. Je charge la locomotive, que j'ai appelé "la suie", avec tout ce qui traîne de noirte et de venimeux et je la lance à l'assaut des cercles vicieux de la colère. Maman passe par là dans son smoking de chez YSL, elle revient de je ne sais trop où... Elle me sourit comme le font les femmes libérées par YSL à leurs rejetons rougeoyant de ce que la chaudière souffle sur les pentes froissées de la révolte. Alors tu vois bien que tu t'amuses quand même ?

Je ne peux pas lui dire le contraire, je viens encore d'écraser à toutes blinde un convoi de voitures officielles qui se rendaient à l'inauguration d'une prison modèle. La suie est une sale machine et pour ce qui est de faire des dégâts, elle se pose là. Je lui désigne à tour de rôle un certain nombre de salauds qu'elle me fait le plaisir de débiter en morceaux plus ou moins égaux qu'ensuite je range dans des boites à biscuits. Il y a là principalement des marchands d'espace libre, des revendeurs de joies saines, des camelots portant à la boutonnière la rosette de Lyon et la grand croix des sacrificateurs. Il faut tout de même que je réfléchisse un peu car comme le dit mon père, qui lui s'habille chez tout nu, si tu ne fais pas un peu attention tu finiras par y tomber tout vif dans la gueule de ton monstre ! Aller, juste encore un trader et puis j'arrête pour aujourd'hui.

Ce que c'est que d'être engagé, toujours aux côtés des plus démunis, toujours le poing levé et dans l'autre la pelle à charbon toujours jetant l'eau propre avec le bébé quand la vapeur retombe au niveau des brouillards et jamais ne mettant de côté pour les jours où tout se traîne, comme la suie quand je n'ai rien à lui offrir que des moulins à paroles, des vitupérations de vieil enfant ratatiné au cul du train du monde comme il va.

Mais comme le dit maman en remettant sa blouse de marchande de fleurs, tu vois bien que tu t'amuses quand même ! 

08.05.2008

Chenil

Depuis quelques temps je m'abstiens de parler ici de la geste politique dont ce pays est le théâtre de marionnettes. Trop de colère tue la colère, trop de dégoût fait croire que l'on est déjà tombé du côté hideux de la farce. Ce qui n'est pas vrai, la naïveté est intacte. Le pouvoir pourtant montre jour après jour à quel point il est un jardin où ne fleurissent que les pierres contre lesquelles nous butons en enfants écorchés vifs. En enfants jamais vaincus.

J'ai, parmi mes papiers froissés, une vieille carte du parti communiste, de ce parti qui voulait la révolution en séchant à l'étal de la dictature ce qu'il lui restait de pulpe et de poitrine offerte aux balles des bourreaux. Mont Valérien. De ce parti qui à l'occasion des célébrations de Mai, il est semble-t-il le seul à le faire, les autres ont bien trop à faire à nous vendre le désarroi de leur absence d'imagination... Et au travers de la "base" se pose la question vitale : Qu'avons nous fait de la révolte ? Une triste défroque, je dirai. Un grognement ridicule de loup qui, pris aux mailles des filets de fourrière se réveille dans un chenil environné des jappements de ses frères les caniches.

Il y eut un humanisme de gauche, une gauche qui pensait l'homme en tant que l'infini possible. Il n'y eut jamais d'humanisme de droite. Dites moi le contraire, fourbissez vos arguments, il va y avoir du sang dans les urnes ! Il y eut un parti socialiste ? Du temps où nous croyons encore que la seule souveraineté était celle du peuple rassemblé autour de ses représentants et leur enjoignait de faire selon le bien commun. Un parti socialiste ? Des électeurs socialistes ? Dix Mai 1981, la foule en liesse, j'y suis et puis ... et ... puis... 

Et puis voila Hollande et puis voila Jospin et puis voici Royal et puis voila Delanoé et puis voici Vals, Dray... J'en passe en paraphrasant le texte de "L'affiche rouge" : Parce qu'à prononcer leurs noms sont dégueulasses ! J'en passe car du seul caniche que j'ai pu connaitre intimement, non je ne suis pas zoophile, je garde un souvenir d'odeur nauséabonde.

Bien chers socialiss, vous qui dans vos vies avez gardé l'esprit de 48, le souffle de 70, la braise des révolutions qui font aux peuples des foulées et des moissons de justice pour tous, faites moi ce plaisir, virez tous ces mal propres, ces larcineurs, ces petits truands de la débine, ces pilleurs d'hommes-troncs que vos cartes du parti vous somment de devenir. Balancez moi des tribunes ces Danton de la magouille et après,  les yeux dans les yeux, décidons que des coussins médiatiques du palais nous pouvons faire tomber le chien chien à sa maman, celui ci qui se lèche le cul en lorgnant la pâtée que nous ne voulons plus être.

Et Tsack ! Monsieur Lecèdre... 

04.05.2008

petit

Moi quand j'étais petit je me souviens... En fait non, je ne me souviens pas, de rien mais qu'importe puisque c'est  causer qu'il faut,  alors par exemple je peux dire sans me gourer que ma mère était une femme, à cette époque ça se faisait beaucoup que les femmes elles soient enceintes, tout à coup et que tout à coup, pareil mais un peu après elle se retrouve dans la position de la mère ouverte et sanguinolente avec au pied du lit le petit paquet langé serré. Je peux dire aussi que mon père se nommait pas Moïse et que la sage femme faisait pas semblant d'insulter la parturiente grimaçante. Tu te coucheras dans la douleur. Ce qu'on souffre quand on aime.

Ce que je peux dire de quand j'était petit aussi c'est que très vite j'ai été un garçon mais que je ressemblais quand même à une petite fille, cheveux longs et  regard triste à pleurer. J'en vois d'ailleurs de ces petits garçons dont les mamans hésitent à leur couper les cheveux et le reste et dont les papas... n'en parlons pas, les papas c'est absolument interchangeable pourvu que le petit ressemble au meilleur parti possible en termes de sécurité de l'emploi.

Qu'est-ce que je peux dire d'autre encore, histoire de me rendre intéressant ? Ah oui, je n'avais pas dans mon nécessaire de voyage ce que d'aucun appellent la joie de vivre. J'étais du genre volatile sous le rapport de la durée. Autant dire que je m'employais ferme à disparaître corps et biens dès qu'un peu de houle amoncelait au dessus de ma tête un trop plein de solitude, le lait me caillait vite aux lèvres et j'en gerbais des nausées de volcans sur les costumes empesés. je me faisais mourir vite dès qu'on avait le dos tourné. Le dos tourné on l'avait par le fait qu'un bâtard à l'époque valait pas le prix d'une demi baguette même si noiraud comme j'étais j'aurai pu faire un très bon sandwich à l'andouille de vire toi de là.

Encore ? Non c'est tout. Parce que ce qu'on se raconte tous de notre chère enfance c'est rien que des conneries, de sales conneries qu'on essaie d'éfacer en tentant le diable pour se faire encore aimer de ceux qu'on a passé son temps à désoler. Fallait pas nous appeler par notre prénom, voilà tout, bien fait !

Les enfants ! Un conseil, quand on vous appelle par votre prénom faites donc comme si vous n'y étiez pas. On ne saurait reprocher à un projet avorté de ne donner en guise de fruit qu'une fleur si vite fanée. 

23.04.2008

Rue d'Anvers

Ce qu'il y a de beau avec le nom des rues c'est qu'il vous conduit si vous n'y prenez pas garde bien loin de l'adresse inscrite sur le petit bout de papier que vous tendez aux gens que vous croisez, perdu que vous êtes et eux qui ont l'air de savoir, vu qu'ils marchent d'un bon pas. D'un si bon pas d'ailleurs que peu arrivent à stopper leur course morne. votre graphie est imbuvable, quelque chose entre le cunéiforme et les caractères maquillant d'une carte postale venue de Mars... La rue daverse vous dites ? Attendez ! Vous attendez mais rien ne vient. Peut être vous êtes vous trompé de ville ? Trois heures de ce train plongé dans l'hypnose de la vitesse relative à la courbe nauséeuse des virages, aux villes traversées comme le couloir de la mort, aux arrêts improbables dans des verrières plantées comme le sarcophage de la belle au bois mordant, au bout d'infinis parking où ronflent les SUV de princes jamais charmant. Peut être avez vous sauté en marche... Le Creusot-Monceaux les mines ! Deux minutes d'arrêt ! Veuillez vérifier que vous n'avez rien oublié à bord ! Cette voix qui ne vous rappelle rien sinon que pas plus les passagers que le personnel roulant n'a autre chose dans le crâne que l'absence du voyage.

Au bout de ce non voyage, c'est bien ici que deviez descendre, Lyon Perrache. Vos sacs sont sur le quai et vous n'êtes pas plus qu'eux. La poignée en moins. Votre mère n'a pas pensé que vous alliez vous perdre sur le quai des gares, parfois et donc même si à chacun de vos départs elle n'a pas oublié de plier un mouchoir sur le billet de cinquante francs que papa voulais vous donner, elle ne vous a pas fabriqué de poignée. C'est con l'amour d'une mère surtout quand ça croit pouvoir se passer de la génétique appliquée aux situations embarrassantes. Personne donc pour faire couiner vos petites roulettes dans les Escalators ? Tant pis, vous êtes grands à présent,  alors vous y allez seul. Ce qu'on est seul tout de même !

La rue d'Anvers ? Oui oui bien sûr... Attendez ! Vous attendez encore... Vous voyez la rue de Marseille... ? Euh non, je viens de Paris voyez vous  et... Ah ces parisiens, ils croient tout savoir et après bah ils ne savent rien, c'est toujours pareil. On vous plante là... Bonjour chez vous ! Tant pis je rentre, vous vous dites mais vous aviez juste assez pour faire l'aller et vous avez rendez vous alors pas de faux bonds. Rue d'Anvers, 104, Lyon 7e ? Prenez le tram ! Me dit on. Vous voyez le siège de la gestapo ? Jean Moulin ! Jean Moulin va trop vite ! Avenue Berthelot ? Ah non mais... Et bien c'est pas loin... Prenez le tram ! Je prends le tram... "Petits enfants de France tu es notre berger..." . Pas un uniforme en ville, pas de lettres gothiques sur les panneaux. Station Centre Berthelot, en face du musée de la résistance et de la déportation. Lyon a ce charme comme toute métropole qui se respecte, d'être toujours à l'identique pour le cas des reconstitutions historiques. Je descends à la suite de deux miliciens municipaux et me retrouve rue de Marseille. vous y êtes presque me susurre une vieille dame armée d'une Sten, sans doute parachutée la veille; Au bout là bas, c'est la rue bancel et à l'angle c'est la rue d'Anvers ! Tout est simple en fait, dans une ville vouée aux secrets de famille il suffit de croiser le chemin de la veuve d'un FTP-MOI pour ne plus se perdre, jamais, à Lyon où ailleurs. 

C'est sans queue ni tête ce que vous venez de lire. J'en suis bien d'accord, on perd son temps ! Mais comme je me refuse à me sur équipé en GPS-SS-MODEM-UMP-PS-FN et patati patata si vous restez on a pas fini de se perdre ! Mes dames,  mes sieurs veuillez vérifier que vous n'avez rien oubliés de vos effets personnels en quittant cette page.  

24.03.2008

Fidèles

A qui ? A quoi ? A quand sommes nous fidèles ? Des quais de gares, des pas de portes, des halls d'aérogares, des bouts de trottoirs, des carrefours se souviennent de nous,  une main levée, agitée par l'au revoir dont nous ne savons pas si il est certain, dont ne ne voudrions pas être celui qui reste immobile tandis qu'autour crient et s'envolent les voix de ceux que le vertige du voyage emporte à la vitesse qui fait que le regard se retrouve à errer. Les chiffres de l'horloge annoncent qu'il est l'heure de rentrer mais rentrer où ? Alors on va prendre un café au comptoir du buffet de la gare et l'on s'invente une bonne raison de remonter le temps jusqu'à l'heure où à la porte trois petits coups ont frappés le coeur. C'est toi ? Tu as fait bonne route ? Quel temps n'est-ce pas ? Tiens, donne moi ton sac... Te voici enfin.

Je lis que l'ignoble sacerdotal se rengorge, 142 % des français avouent leur relation incestueuse avec Dieu. Ils se sont réveillés il y à peu avec un crucifix planté là où je crois et par conséquent se disent, moulins parmi les flatulences, qu'il y a encore du grain à moudre. Il y a du nom propre parmi eux, je n'en veux citer aucun car dans leur république de zoophiles, je ne vois pas plus d'humanité qu'il y a d'innocence fraternelle sous les sépulcres blanchis de la parabole. Pas de noms pour ceux qui font le choix de couronner d'épines les victimes de leur ignorance crasse. Dieu qui n'existe pas doit les aimer d'autant mieux qu'ils ne sont rien eux même que de sales petits fouteurs appointés par le régime. La france, ah ce pauvre mot, pauvre de sens, pauvre en beauté, pauvre en sonorités, pauvre... La france s'élève à nouveau à hauteur de l'autel ! Et l'autel est à nouveau comme ce billot de bois où mon père le dimanche matin saignait la volaille. Serons nous encore une fois cette volaille ? Voulons nous encore qu'au nom de l'immanence le séculier sacrifie le fragile ? Oui nous le voulons car quand le porc porte le ciboire et l'élève au dessus de nos fronts bas nous ne saurions lui répondre au nom de verbe créateur qu'en grognant et en buvant le sang de nos semblables.

Quel désert ! Quel désert avons nous fait du jardin où la Liberté ne pliait pas et ce quelque soit le son de la cloche qui cherchait uniquement à couvrir le son de nos voix heureusement désordonnées.

19.03.2008

Ecrit sur l'eau

Je n'écris que quand il pleut. quand il ne pleut pas où pas assez pour que des flaques se forment, je prends une douche et ainsi la page qui se forme et ondoie au fond du bac est tout à fait propre. C'est idiot mais dans ce pays qui vire peu à peu au rince doigt démocrate et au bain de siège sans lequel les fondements du vivre ensemble tournent au culturisme héroïque, je ne vois pas que les déserts de papier stériles où nombre couchent leurs souvenirs de n'avoir rien fait ni rien été puissent un jour empêcher que l'académie, les bilbothèques, les librasseries et le panthaléon soient autre chose que des dévidoirs à papier toilette pour trous du cul non fumeurs.

Je n'écris  que quand il pleut; Une petite baguette entre les doigts je vais me penchant au dessus des flaques et trace dans l'eau, sans que la boue ne se lève,  les caractères d'une page faite de ronds concentriques et qui s'arquant jusqu'aux bords imprécis, s'engrossent du monde que je décris. Ainsi, enfant,  lors même que mes tendres comparses se jetaient des talons aux orteils dans celles qui sommeillaient sur la route des lavoirs, j'attendais que leurs cris d'apocalypses sèchent avec les gifles qu'ils prenaient en rentrant,  au dessus de la cuisinière à charbon cependant qu'on les étrillait à force de savon et de secousses, vas tu te tenir enfin !  J'attendais qu'elles s'apaisent, se rassemblent et que les nuages me fournissent l'encre par laquelle  je tâchais de dire la peur de l'orage et des cris de mon père adoré jusqu'aux larmes. Je lui écrivais le temps qui passait entre nous comme un couteau de boucher, je lui disais l'attente dans laquelle je croupissais avant qu'il ne m'emmène jamais cueillir les anguilles dans ces trous d'eau que les crues lui laissaient, à lui seul et à son enfance de petit bouseux boitant. Et puis quand j'avais bien remplis ma page de tout cet illisible soluble dans le silence, ratures et cumulus,  je rentrais à la maison.

Qu'il pleuve sur la mer, qu'il bruine sur les rivières, qu'il vase sur les étangs, qu'il flotte sur les épaves de mes souvenirs, que les fossés s'aversent aux frontières des après midi de soleils bottelés, j'écris sur l'eau le feu jaillissant de mes arcs en ciel... 

18.03.2008

Pouvoir de rachat

Allez, encore une fois, la totalité des parieurs ont tentés leur chance ! Je parle de ceux qui Dimanche,  plutôt que de s'occuper de ce qui les touche tout à fait intimement sont allés avec leur carte de rationnement déposer dans l'urne le petit bulletin qui confirme que quoi qu'il en soit de la réalité ils sont au rendez vous de la confiscation, ils restent contre vents et marées d'honorables citoyens, conscients que le devoir accomplis les soustraira au moins à la sempiternelle sentence : "Si tu vas pas voter, comment veux-tu que les choses changent ?"

A voté ! La fente se referme et la voix s'étouffe dans le noir de la boite jusqu'à ce que l'on dépouille,  compte, décompte, estime et que l'électeur son ticket gratté à la main finisse par se rendre à l'évidence, encore cette fois il a participé. L'"élu" lui sourit,  comme il a apprit à le faire lors des nombreuses séances de coaching que le parti lui a fait vivre afin que lors des interview on ne puisse se rendre à l'évidence, il n'y a guère que les canines qui luisent. Au dessus, dans la boite à idées, rien ne brille que l'absence d'imagination.

Nous élisons des directeurs de ressources humaines qui n'ont que foutre que notre humanté s'éfacent au profit de ce qu'ils nous font passer pour la dure réalité. L'économie va mal, la banque est un colosse aux pieds plats, l'industrie ne sait plus comment faire du profit sur le dos de la désolation, les idéologies se ressemblent toutes, avaz vous remarqué qu'en abattant le mur de la honte un seul des deux blocs s'est éfondré, pour se reconstruire à l'identique assez promptement et que l'autre, le notre, le camps de la liberté est encore là assis sur les restes de ses constructions maniaques. Avez vous remarqué comme l'ouest (mais l'ouest de quoi ?) est régit par un système dont les arcanes n'ont rien à envier au comunisme étatique ? Quoi,  vous vivez dans un pays libre ? Seriez vous lâches au point de feindre ?

Quoi qu'il en soit votre carte d'électeur, vous pouvez vous la carer où je pense ! Car ce que vous pensez ressemble trait pour trait à ce que l'on pense de vous. Rien.

Mais rien c'est déjà beaucoup me diront ceux qui s'ébattent en famille dans les jardins cadavériques de la démocratie défoncée par tous les trous. Allez! A quatre pattes, le gang bang continue et c'est vous qui fournissez la vaseline ! 

13.03.2008

Oh, le pauvre !

Voilà plus de trois semaines que je ne le vois plus. non pas que je me sois tout à fait pour finir, désintéressé de ses faits et gestes mais je ne me sentais plus voyez vous ni le temps ni l'envie de m'occuper à le suivre à la trace. Je faisais pour les besoins de la cause culturelle, des tours et des tours dans Paris au volant d'un pimpant petit camion remplit de tout ce qui fait que la fête est plus folle sous les sunlights. Alors qu'en fait elle est molle comme les montres pitoyablement abandonnées au désert de monsieur Dali... Géééééniôle ! Fooooorcément gééééniôle !

Mais où donc était ORNICAR (je masque son vrai nom, pour les besoins de l'intrigue, le ressort du suspens doit être tendu, sinon pas de coït !) ? Je  partais au matin, dès très tôt et pas traces de son passage, son écuelle rose fushia de chez Balanciaga restait invariablement pleine,  de même que le bol (de chez Prada, là çà spoonsorise à la louche, vous avez vu ?) d'eau filtrée sur un lit de Roll Ex. Comme me l'avait indiqué le vétérinaire de la rue du faubourg saint Honoré, Paris 8e, rien en dessous de six mil euros, le lustre de son noble pelage s'en ressentirait. Le soir je rentrais et après m'être débarrassé des paillettes qu'immanquablement le spectacle vous abandonne, dans sa grande mansuétude, j'allais chercher sous l'évier en onyx la boite de croquettes "extasy",  car avec les croquettes "extasy" votre élu jamais ne rassit ! Et je la secouais sur le perron de la porte d'entrée :

- Petit ! Petit ! Petit ! Viens mon mignon, allez montres toi...

Je rentrais pour finir et pignochais dans la boite quelques croquettes que je grignotais, abandonné. C'est vrai que c'est bon ce truc... Grouinnch ! Grouinnnch ! 

Sûr, il ne rentrerai plus ! Peut-être avait-il même quitté le pays au volant de sa Carla Gran Turismo ? Peut-être avait-il enfin trouvé la paix aux fin fond des jungles colombiennes, un rail d'Elnett providentiel et la compagnie enjouée de la pantelante Ingrid de l'Oréal l'avait détourné de tout cet amour qu'il nous portait ? Peut être ? Que savais-je au juste de lui ? Rien ou presque. Qu'il avait comme les autres des appétits de falbala, que sa petite taille ne l'avais jamais empêchée d'atteindre le clavier de son téléphone cellulaire pour envoyer des SMS, que sous sa férule de chausse-pied  le pays n'en avait pas fini de se faire botter le cool, qu'il nous avait à la bonne et qu'en matière de jaspinage il allait pas se laisser emmerdouiller par les pauv'cons pour qui serrer la pince à UBU revient à choper des trucs pas avouables.

Je restais triste, abattu, la fatigue me gagnait et l'envie de me gratter les burnes restait seule à pouvoir me consoler de la perte de ce petit animal de compagnie. Je vis en solitaire, ceci explique cela.

Et puis... Un jour... Hier vers 17 heures 42 minutes et 10 secondes ! Voilà que l'idée me prend de faire un peu la lessive, trois longues semaines de lingeries fines aux odeurs de saison finissent par vous remonter par le canal de la nausée ! So, what is this soubtile smell in da bathroom ? Is it the sea side ? Où donc est passée la lingère et le boulanger et le petit marmiton ? Qu'en pense la mère Denis ? Que fait monsieur propre ? Rien, la solitude je vous dis ! Alors je m'empoigne et plonge mes mains volontaires dans le panier de linge pas encore... Enfin, tout à fait dégoûtant. Ce que j'en extraits je vous en passe le détail. Il faut savoir garder son intimité loin du regard télescopique des analystes et autres sociologues sinon c'en est fait de la liberté de conscience. Je triais, j'empilais, stringzz, bas résille, combinaison de latex infroissable, selon l'étiquette du fabriquant qui garantit aussi des sensations... Et Que ? qui ? quoi  je vois-je là !? Sous un bas fumé comme un rideau de gaz élyséen ? Lui ! Sa petite frimousse renfrognée sous les Reich Banh, son petit corps nu, seulement vêtu, être fragile que voilà, d'un caleçon salement Bruni; Il tremble, il est cramoisi et sent un peu le renfermé.

- Oh ! le pauvre !

Nous qui te croyons perdu dans le Tchad mystérieux, prisonnier d'une tente (une vieille tente !) bédouine dans les confins ennivrant du désert libyen, nous qui pensions que retraite tu faisais sous les ors pauvres de ton ermitage du Latran. Ah mais non te voilà mon coquin ! Viens, montres toi, je sors mon vieux caméscope VHS, j'allume une baladeuse. Tu te sens mieux déjà, n'est-ce pas ? Allez, dis nous quelques mots. Mais avant tu lâche ce téléphone, lâches ce téléphone je te dis... Sois raisonnable... Tu sais bien qu'elle ne reviendra pas ! Minou ! Minou ! minou ! Viens je vais te faire réchauffer tes croquettes. Hum c'est vrai que c'est bon ces saletés.

C'est si bon croyez moi,  de retrouver un être cher dont on ne sait plus de toutes façons comment on va s'en débarrasser. 

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