09.06.2008
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"On ne se baigne jamais dans la même eau"
Je ne sais plus de quel philosophe, est-ce bien même d'un philosophe dont il s'agit, émane cette sentence. Par contre je crois que je me la serine depuis des années d'années et ce qu'elle signifie entre autres, car à chacun sa vue des berges, m'est apparut comme l'évidente lecture de toute une partie de l'existence.
C'est au bord des fleuves et des rivières que ma vie m'a toujours ramené, le fil de l'eau mélancolique et la fureur lourde des crues sont ma soupe limoneuse, ma jouvence verte et noire. Des souvenirs que j'y ai noyé, des visages liquéfiés dans le clapot, des lourdeurs de l'enfance ennuyée, des tourbillons de racines de saules accrochés à la glaise, des barques renversées, ramenées à leurs chaînes par le contre courant, des heures passées seul à chercher dans le vol des insectes une façon d'être humain sans passer par les mains de l'entomologiste d'éther. On ne se baigne jamais dans la même eau. On ne se noie jamais vraiment à l'aplomb des robinets qui fuient en attendant des trains qui ne croisent pas au-delà des pièges que vous tendent les pages vierges des crues retirées.
Il y eut dans l'ordre des souvenirs tout d'abord la Seine, aux alentours de Conflans, le premier exil. Il sufisait je crois de traverser la route que bordait sur quelques millimètres l'épicerie où mon père chaque matin s'habillait d'une blouse bleue avant que de charrier les caisses de vinasse étoilée. La Seine large comme la table où ma mère posait les assiettes du repas. La Seine où passaient nonchalants et gonflés de tripes gazées des porcs que l'abattoir en amont laissait filer contre l'étrave des péniches chargées de sable et du grain dont on fait le paix des ménages. La Seine qui fut mon premier voyage d'enfant mutiné. Puis vint, dans les hachures des intervalles sans repos, la Dhuis dégoûtante qui coulait sourde et morte au fond du terrain à Montreuil. La Dhuis couverte de son manteau d'égout nature, la riche gadoue qui donnait aux roses de ma grand-mère ces couleurs et ce parfum de sainteté qui se vendaient à prix d'or sur le pavé de Saint Eustache, avant que les halles ne deviennent ce trou d'où suinte l'odeur et l'affreux tintamarre des villes que la plaie intestinale avale sans jamais se refermer. La Dhuis au bord de laquelle je ne peux pas dire que je me suis assis, le béton l'avait ensevelie à l'abri des remblais et l'on veillait à ce que nous n'y allions pas traîner nos vices d'enfants lares.
Puis ce fut le Cher, trois cent kilomètres de nationale, par la porte d'Orléans, un Dimanche de glace, une fin d'été, les mômes embringués par le secret du voyage sans retour. Mes parents partent, mon père raffûte chez lui, ce chez lui où ses frères et sœurs se disputent son retour et sa réussite passable. Ces parisiens qu'il ramène dans ses bagages, ma mère, fille éprouvée par la faute, mes sœurs qu'un rêve d'héritier mâle a fait venir coup sur coup. Ces trois petits n'importe quoi qui vont goûter à la joie campagnarde imprégnée des rumeurs d'injure d'une famille inconnue. Mais pas d'histoire, pas d'histoire, au nom de la paix et des lâchetés convenables, pas d'histoires.
Le Cher, rivière à usines, industrieuse folie d'eau, là encore une route à traverser, la route des lavoirs. Plus haut sur le cours, les fonderies de Rosière, les cartonneries, les vomissures empoisonnées de la consommation qui attend le chômeur au coin du bois, un crédit avantageux aux crocs du sourire. Ce moyen-âge là que l'on nomme à présent "seventies" et qui se vend encore très bien chez ceux pour qui l'âge d'or est un slogan, une matraque taillée dans la frustration. La maison est à flanc d'un bois pelé, plein de vipères dans les murets éventrés, tsss... tsss... faut pas y aller, là non plus, la vallée aux loups puis c'est la voie ferrée et les fours à chaux, abandonnés. Cet El Dorado de galeries calcaires où nous fuyons après l'attaque de la diligence de seize heures trente, une clope dans les poches, une royale menthol pour cinq ou six. Les lavoirs sont devenus une bande de renégats qui feinte avec la mort et les éboulis, traversent les voies entre deux passages de micheline, Vierzon Saint Amand-Montrond. Notre héroïsme fait peine à voir, nos pères sont à l'usine, chez Aubry, chez Massicot, chez O cédar, chez Bellot. Mon père est aux fleurs, chez Bellot. Nos mères se voient peu, pour les sales coups de leur engeance : "C'est t'il vrai que ton grand fume en cachette ?". On a quel âge ? Je ne sais plus. Huit... Neuf ans ? C'est avant le collège, on est à la communale, chez Stack. Il nous fesse celui-là et tripote un peu ceux qu'ont le plus la trouille. Il est pas pédophile, c'est le maître. On passe par chez Pauvert, le matin et avec les pièces volées dans le morlingue de la mater on se paie des bonbecs, on en vole aussi, le vieux Pauvert c'est fastoche de le faire tourner en bourrique ; on s'y met à trois où quatre et hop ! une fraise par ci, un car en sac par là...
Le Cher est notre océan, notre danger immédiat. Nager, ne pas nager. Aucun de nous ne sait mais nous y allons, là où on a pied, pas de sandales, pas les moyens, pas plus loin, la peur du gouffre est en nous gravée par le burin des légendes mais comme partout, l'interdit grandit celui qui le franchit. Nous le franchissons, passons outre, allons à la noyade comme de bons petits soldat plombés, il faut, les cousins sont là, hérauts de leurs parents. On nous aime mais les chiffres mentent, nous sommes de trop dans le paysage, un accident regrettable. Parisiens, têtes de chien... !
Des noyés il y en a, des vrais. Le Cher sert aussi à ça, de dernier rendez-vous avec la vie. Des outres verdâtres que les pompiers retirent des branches et tirent à la berge avec des précautions d'équarrisseurs. Le mari de la macotte, un ivrogne celui-là. La dédé, celle qui a couché avec les boches, tu sais bien ? L'Ivanov ? Celui de Varsovie ? Onze enfants qu'il laisse. Varsovie sur Cher, le ghetto comme on dit. Si c'est pas malheureux, ma pauvre. Les cochons crevés à la Frette, personne en disait rien, ils étaient chez eux. Il paradaient le ventre en l'air parmi d'autres détritus, natifs de la grandeur de la France glorieuse. Natifs mais pas sots, pas au point d'imiter le dos crawlé. Mais les zIvanov c'est une autre pair de côtes. Sont pas du coin, c'est écrit sur la boite aux lettres déglinguée. Alors là, nous faire ça à nos fleuves et cours d'eau ! Saletés de pauvres.
Dans le Cher on a nos coins, j'ai les miens, des fascinants trous d'eau, des passerelles aux lavoirs, pourries qu'on ne sait jamais dans quel piège il faut tomber en premier. Tiens là, celle la elle a l'air bien moulue ? Ça me mène aux crues où tout tire à la chaîne, ça court bouillonne des marmites à se fiche dedans en s'accrochant au couvercle; Je peux même pas me souvenir vraiment de comment ça me tenait au fond du vertiges, toute cette boue, ces bois, ces porcs, ces barques pliées aux piles du pont. J'entame la discipline et tombe des berges, dans les racines où la rivière se coiffe à grandes coulées de peigne. Je carapate en clou. Rien à fiche de l'amphibie, je passe le barrage, les pelles en dérapage contrôlé et je me retrouve embarqué par ma langue, loin, au moins jusqu'à ce qu'on me repèche par le colbak. Ma mère me frictionne, dans exactement trois minutes elle va m'en abattre deux, que dites vous maître ? Plaider l'indulgence du jury... Trois minutes pas plus mais trois minutes tout de même, à attendre de savoir de quel côté la première va me drosser.
Je suis des fleuves, des rivières, des minces cours d'eau qui font les grandes évasions. Mais même si j'y ai valser dans l'enfance, ça me semblait la seule issue au carnage ambiant, je monte pas dessus, je reste au bord, autant que possible, je frôle, je scrute et puis je m'en retourne. Car c'est traître l'eau qui dégouline en masse, elle vous envourne de paresse et si vous n'y prenez pas garde, encore une fois, plouf au mirage !
20:21 Publié dans Blog, Film, Jeux, Livre, Loisirs, Mélancholie, Musique, polytiques, polytiques, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Shopping, Sport, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.05.2008
Verre d'eau
Où est-il le verre d'eau ? Que je m'y noie. Où sont-ils les petits bois ? Que je m'y perde. Que fait-il mon carrosse ? Que j'en soupe. Mais c'est rien çà ! Tu vas pas en mourir. Ce que tu es douillet tout de même. Ainsi, quand de petits chagrins en maigres douleurs nous progressons, à la lueur d'une allumette, dans le taillis inextricable de nos vies, ainsi nous parle-t-on comme pour dire que le sac sur notre épaule de rétamé est pas encore assez plein, qu'on peut en tassant un peu y ajouter de petites misères et que le poids de notre âme est bien au tarif, trente deniers. Pas plus pas moins... Et encore, le doigt lourd sur le plateau de la balance, le camelot nous fait-il grâce de l'équarris... Ça ! c'est pour le toutou. C'est qu'il aime le toutou, hein, quand son maître lui raconte des histoires de collier étrangleur. Des histoires de petits bobos qui ne font rien qu'à rappeler que c'est si bon d'être vivant, à l'ombre de la gamelle.
Ah, au fait ! dites moi quand vous vous sentez de botter le nain ? J'en ai un sous le coude justement, un vibrillonant en costume trois pièces, Un de ceux là que leur fiel de néant empêche de penser et qui partout se font accompagner par l'uniforme usage de la force et à qui régulièrement nous confions nos destins de bêtes à collier. Quand je parle de nain je n'évoque pas ceux que leurs parents ont rêver d'avoir comme on rêve à Noël de recevoir une poupée barbante, non. Je cause de ceux que nous élitons en nous assurant qu'il n'ont pas plus d'imagination que les créatifs qui les conseillent et les folles coches qui les engendrent.
06:35 Publié dans ras le bol | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, littérature, poésie, naissance, anniversaire
08.05.2008
Chenil
Depuis quelques temps je m'abstiens de parler ici de la geste politique dont ce pays est le théâtre de marionnettes. Trop de colère tue la colère, trop de dégoût fait croire que l'on est déjà tombé du côté hideux de la farce. Ce qui n'est pas vrai, la naïveté est intacte. Le pouvoir pourtant montre jour après jour à quel point il est un jardin où ne fleurissent que les pierres contre lesquelles nous butons en enfants écorchés vifs. En enfants jamais vaincus.
J'ai, parmi mes papiers froissés, une vieille carte du parti communiste, de ce parti qui voulait la révolution en séchant à l'étal de la dictature ce qu'il lui restait de pulpe et de poitrine offerte aux balles des bourreaux. Mont Valérien. De ce parti qui à l'occasion des célébrations de Mai, il est semble-t-il le seul à le faire, les autres ont bien trop à faire à nous vendre le désarroi de leur absence d'imagination... Et au travers de la "base" se pose la question vitale : Qu'avons nous fait de la révolte ? Une triste défroque, je dirai. Un grognement ridicule de loup qui, pris aux mailles des filets de fourrière se réveille dans un chenil environné des jappements de ses frères les caniches.
Il y eut un humanisme de gauche, une gauche qui pensait l'homme en tant que l'infini possible. Il n'y eut jamais d'humanisme de droite. Dites moi le contraire, fourbissez vos arguments, il va y avoir du sang dans les urnes ! Il y eut un parti socialiste ? Du temps où nous croyons encore que la seule souveraineté était celle du peuple rassemblé autour de ses représentants et leur enjoignait de faire selon le bien commun. Un parti socialiste ? Des électeurs socialistes ? Dix Mai 1981, la foule en liesse, j'y suis et puis ... et ... puis...
Et puis voila Hollande et puis voila Jospin et puis voici Royal et puis voila Delanoé et puis voici Vals, Dray... J'en passe en paraphrasant le texte de "L'affiche rouge" : Parce qu'à prononcer leurs noms sont dégueulasses ! J'en passe car du seul caniche que j'ai pu connaitre intimement, non je ne suis pas zoophile, je garde un souvenir d'odeur nauséabonde.
Bien chers socialiss, vous qui dans vos vies avez gardé l'esprit de 48, le souffle de 70, la braise des révolutions qui font aux peuples des foulées et des moissons de justice pour tous, faites moi ce plaisir, virez tous ces mal propres, ces larcineurs, ces petits truands de la débine, ces pilleurs d'hommes-troncs que vos cartes du parti vous somment de devenir. Balancez moi des tribunes ces Danton de la magouille et après, les yeux dans les yeux, décidons que des coussins médiatiques du palais nous pouvons faire tomber le chien chien à sa maman, celui ci qui se lèche le cul en lorgnant la pâtée que nous ne voulons plus être.
Et Tsack ! Monsieur Lecèdre...
09:11 Publié dans Blog, polytiques, Rage, ras le bol, Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozi, parti socialite, socialime, delanoé, royal, hollande
06.05.2008
pensée péripatéticienne
J'ai bien apprit à marcher au pas, pas si difficile quand on vous gueule dessus toute la journée et que vous n'avez que de courtes nuits pour vous évader en ronflant dans la cacophonie des dortoirs. La main gauche se balance dans le même mouvement que le pied droit. Une deux, une deux, une deux, attention !... changement de pied ! Les hémisphères dans la poussière du camp d'entraînement, vous y allez, l'autre derrière, vous colle aux semelles et comme depuis des semaines rien ne le distingue plus de vous ni de celui qui le suit que vous de celui que vous tentez de ne pas piétiner quand en larmes il appelle sa maman, alors vous marchez, attention ! changement de pied !
"Nous sommes les hommes des troupes d'assaut... Paras de toutes les régions... Nous n'avons pas seulement des ar...meuh mais le diable marche avec nous (là, rires des hommes des troupes d'assaut qui marchent avec le diable.)". Cet extraits d'un chant de marche, c'est pour la bonne bouche de rat, la petite gueule de mes petits frères de la 79/04, Toulouse 1979. Salut les p'tits cons. J'oublie rien, rien ne nous oublie. Les anciens d'algérie accrochés par le béret à la carlingue du Nord Atlas, le lieutenant, un noble humaniste qui comprend, on fume des joints le soir, au pied des tours de saut et qui nous propose le Liban. Genre je me passe des intermédiaire, je connais un petit producteur dans la plaine de la Bekaa... Le capitaine qui chie dans son froc quand le Transall prend son dernier virage; Et pis nous, la chair à pâté qu'on envoie en démonstration pour des généraux africains qui font leurs courses sur le Larzac. La fange Afrique ? Parlez m'en !
Mais pour penser, là, pour penser... pensez donc ! Pour penser c'est simple, bien plus simple que de marcher au pas ! Pour penser il suffit de se passer du nom des rues, des panneaux indicateurs, des gestes empressés des forces de l'ordre; Pour penser, marchez au pas des mots qui vous viennent quand votre souffle devient court à mesure que vous accrocher l'arrête des pentes. marchez sans vous soucier d'arriver ou pas; ne regardez pas où vous les posez les pieds, vos pieds ont l'intelligence du ciel sous lequel vous avancez. Et quand ça descend ? Quand ça descend n'hésitez pas à trébucher, à vous casser la margoulette, à rouler dans le caniveau, les nuages sont là pour vous si vous ne vous passez pas de penser, passez, pensez, allez ! vos pieds sont dans vos rêves et vos rêves vont au pas des pensées chamboulées ! Allez !
Péhirin... Hartman... Krajeks... Boucherat... 79/04... Au pas de mes pensées péripatéticiennes. Salut !
17:13 Publié dans Livre, Mélancholie, polytiques, ras le bol, Voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, poésie, et caltera...
29.04.2008
Eternellement morne
La lutte est inégale, je l'avoue et perdue d'avance mais nous faisons assez bien semblant, alors continuons à lever le poing sous les quelques mètres de purin qui couvre tel un ciel de printemps boueux, notre entendement. Nous rêvions de justice pour tous et c'est de justesse que nous franchissons les es-carpes et les fossés de la vie "moderne". Toute aussi moderne j'imagine que celle des peuples ravagés d'empire débraillés. De justesse mais pas tous. Retournons nous un instant... Ah mais un-tel, comment l'appelions nous déjà ? Machin ? Machin est mort hier d'un cancer, la maladie des cobayes. Et celle ci que nous croisions chaque matin et qui avait l'air, son petit sac de médocs à la main, baveuse légèrement, assise sur le banc où nous aurions dû nous poser plutôt que d'aller engraisser les rouages... elle... L'ambulance est venue cette nuit, elle se taillait les veines... parait-il. "Il séquestrait sa fille depuis 24 ans..." Ce monstre, un autrichien, un ex dénazifié sans doute ? La combinaison de Laure l'empêche d'avoir des orgasmes de poisson rouge ! Votre toute nouvelle connexion "oui fils" est enfin disponible ! Faut-il encore étaler cette Géhenne ? Faut-il encore ajouter à l'aveuglement, des prises de positions politiques ? Faut-il, non contents de vivre en ridicule ersatz d'humanité perméable, nous exprimer sur les faits et gestes de ce qui n'est plus qu'une représentation de ce dont nous ne rêvions pas quand nous n'étions rien et qu'on ne nous demandait qu'une chose, taisez vous les enfants ! Soyez propres et dociles ! Oh non il ne faut pas ! Il ne faut plus chercher à nous concerner, notre avis est comme la combinaison de Laure, il nous empêche d'avoir des orgasmes de citoyens révoltés. Oh non il ne faut pas ! nous sommes enfants, nous ne saurions comprendre le tiers de ce que l'on nous conte en matière de "once upon a time in a merveilleuse contrée...". Mais quand il le faut, ma foi, nous savons très bien faire semblant, nous sommes devenus si hypocrites.
Le bonheur, ça ne t'interesse pas, toi ? Non !
08:18 Publié dans Blog, Film, Livre, Loisirs, Mélancholie, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : beauté, printemps, renouveau des mousses, beaudelaire, poésie, les cosmétiques, lecture
24.04.2008
La Doxa des Dickça
" Je me repens de ce que j'ai fait du mal en faisant du bien, l'un est dans l'autre et l'autre englobe l'un et les deux font le tout. Ainsi ni ce que je dis ni ce que je fais ne sont autre chose que la valeur ajoutée de l'un et de l'autre. En rien on ne peut m'imputer d'être trompeur en me trompant et les éléphants ni d'Asie ni d'Afrique n'y sont non plus pour quoi que ce soit dans l'assèchement du lit des fleuves insomniaques. Je suis maitre ? Oui je suis le maître de cette multitude qui m'est comme une marâtre et me harcèle de son désir d'être courbée sur l'horizon en une arche où mon pied, pour sa joie, flirt avec l'éternité. Je ne profite pas puisque du bout des lèvres peut-être mais au final, mes chertés, vous m'avez choisis pour vous conduire aux seuils des églises reconstituées, aux savates de ceux qui n'en savent pas plus que vous mais vous le disent, droit dans les yeux sur un ton de droiture qui vous fait courber de plus belle. Oui je suis votre évasion, votre seule clé de feu dans ce monde en fusion. Demain sûrement (Oh oui ! demain !) on m'enlèvera de vous... OOOOhhhhhOHHHHooooooÔ ! J'aurai mon bâton de Maréchal dans le C... de sac et des anges venus en hélicoptère m'emporteront... m'emporteront... m'emporteront... OOhhooHÔOOooooHHH ô ! Alors ce soir, devant vos crânes luisants, vos lèvres sèches, vos ventres gonflés de vermines, vos regards de bocal à poisson rouge, le troupeau bêlant de vos origines, vos agents de la santé publique, vos espoirs d'un monde qui vous foute la paix en allant se déchirer ailleurs, ce soir auprès de vos tympans taillés dans la masse des médias... Je me repens d'être tout à fait comme vous rêviez d'être, le chef incontestable d'une bande de pillards des Caraïbes battant pavillon de banlieue. Heil... euh... j'ai pas mis ma main devant ma bouche, mère ?"
Vous n'aurez pas été sans noter la présence des guillemets qui signalent le met de choix. En effet ce court extrait de pensées déviationnistes est en fait la première mouture à chaud d'une énième pression à froid des divagations apocalypcieuses du Présidnet. L'allocution-questions-réponses-hypothèses de ce soir sur tous les écrans de ceux qui en ont doit selon le nouveau protocole être précédée d'un court office religieux célébré sous le saint office de monseigneur Neutron. A cette occasion le Présidnet non accompagné de madame, comme elle est étrangère, se livrera à quelques mimiques repentante en vérifiant bien sur les prompteurs qu'il est raccord avec l'envoi de missiles balistiques en direction de la Chine. A la suite de quoi... Puis pour conclure le Présidnet se penchera sur le sort des pas d'veine et jettera en guise d'adieu quelques grosses poignée d'avoine sur l'assistance sommée de produire un orgasme collectif et significatif en termes d'audimat.
A ce soir donc, chers amis !
17:55 Publié dans polytiques, ras le bol, Relis tes ratures, Sport, Voyage | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozx, démocratie, opinion, sondage
27.03.2008
Sauvons Fourniret
Un petit tour de l'actualité décontractée nous fait un peu voir à quel point le chromosome girouette, récemment découvert par le professeur Bonux et ses équipes de lessiviers, est en train de prendre une place prépondérante au sein de la génétique moderne. Tandis que nous sauvons l'entente franco -germanique en pinçant la fesse de sa majesté la plus grosse fortune personnelle au monde, nous réaffirmons la fraternité dont les peuples civilisés ont toujours fait le préalable aux grands conflits. Les tibétains se réjouissent de voir qu'enfin les grandes nations boycottent les jeux olympiques. La chine en profite pour écouler un stock important de petits livres rouges auprès des délégations mongoles. Jérome Kerviel vient de battre un record du monde de nage libre en eau grasse, à la Santé les matons pleurent le départ d'un hôte aussi polis et... Et Fourniret vient de prendre place dans le box des accusés pour deux longs mois de prises de positions éminemment morales, en deux mots : Ré-instaurons donc la peine de mort, sinon la côte de popularité du roturier présidnet va encore chuter au dessous de la Roll Ex. Et pour peu que pour finir, sortant de son mutisme qui emmerdre les plumitifs (mais que dire de ce type, notre frère en tout, si lui même ne fournit pas la matière à vomissure !), il la réclame lui même, c'est toujours çà de gagné. Passons nous d'un énième référendum, le consommateur aime pas, çà fait fléchir son pouvoir de crachat !
Dernière minute ! Madame MonMarri vient de faire parvenir par son fournisseur en cocaïne le song book de l'intégrale de son oeuvre à madame Bettancourt. Ainsi le temps passera plus vite et dès la rentrée, sa libération ne faisant plus aucun doute puisque la jet set savonnée déclare à tour de micro son attachement aux miracles du saint siège, elle fera sa rentrée au sein du jury de la strass academy. Une sainte au prime time et s'en est fait du terrorisme ultra-libéral !
Les jolies colonies pénitentiaires ! Merci maman ! Merci papa !
15:54 Publié dans Livre, Mélancholie, polytiques, ras le bol | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, prison, pédophilie, fourniret, sarkozone
18.03.2008
Pouvoir de rachat
Allez, encore une fois, la totalité des parieurs ont tentés leur chance ! Je parle de ceux qui Dimanche, plutôt que de s'occuper de ce qui les touche tout à fait intimement sont allés avec leur carte de rationnement déposer dans l'urne le petit bulletin qui confirme que quoi qu'il en soit de la réalité ils sont au rendez vous de la confiscation, ils restent contre vents et marées d'honorables citoyens, conscients que le devoir accomplis les soustraira au moins à la sempiternelle sentence : "Si tu vas pas voter, comment veux-tu que les choses changent ?"
A voté ! La fente se referme et la voix s'étouffe dans le noir de la boite jusqu'à ce que l'on dépouille, compte, décompte, estime et que l'électeur son ticket gratté à la main finisse par se rendre à l'évidence, encore cette fois il a participé. L'"élu" lui sourit, comme il a apprit à le faire lors des nombreuses séances de coaching que le parti lui a fait vivre afin que lors des interview on ne puisse se rendre à l'évidence, il n'y a guère que les canines qui luisent. Au dessus, dans la boite à idées, rien ne brille que l'absence d'imagination.
Nous élisons des directeurs de ressources humaines qui n'ont que foutre que notre humanté s'éfacent au profit de ce qu'ils nous font passer pour la dure réalité. L'économie va mal, la banque est un colosse aux pieds plats, l'industrie ne sait plus comment faire du profit sur le dos de la désolation, les idéologies se ressemblent toutes, avaz vous remarqué qu'en abattant le mur de la honte un seul des deux blocs s'est éfondré, pour se reconstruire à l'identique assez promptement et que l'autre, le notre, le camps de la liberté est encore là assis sur les restes de ses constructions maniaques. Avez vous remarqué comme l'ouest (mais l'ouest de quoi ?) est régit par un système dont les arcanes n'ont rien à envier au comunisme étatique ? Quoi, vous vivez dans un pays libre ? Seriez vous lâches au point de feindre ?
Quoi qu'il en soit votre carte d'électeur, vous pouvez vous la carer où je pense ! Car ce que vous pensez ressemble trait pour trait à ce que l'on pense de vous. Rien.
Mais rien c'est déjà beaucoup me diront ceux qui s'ébattent en famille dans les jardins cadavériques de la démocratie défoncée par tous les trous. Allez! A quatre pattes, le gang bang continue et c'est vous qui fournissez la vaseline !
06:21 Publié dans Blog, Livre, Mélancholie, polytiques, Rage, ras le bol, Relis tes ratures, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : politique, municipales, élections, sarkozi, remaniement ministériel
15.03.2008
Elle pleut, les cosmétiques 8 et 9
C'est un choix n'est-ce pas pour honorer "la femme" que de ne pas se tourner vers ce que le monde nous en a laissé comme illustration au fil des fractures de l'histoire. Tant de "mère courage" postées au pieds des monuments funéraires, tant de beaux esprits, de chefs d'oeuvres arrachés à la condition de matrice plus ou moins avertie, tant de souveraines ayant eut à souffrir du manque d'ambitions de leurs suzerains, tant de dames se fanant à l'ombre des machines, de la marmaille et des marmites et on mettra cela dans l'ordre que l'on veut bien. Mais on oubliera pas qu'aux doigts des femmes le gras de la chaîne laisse au soir, quand la sirène s'élance, la même souillure indélébile que celle que le mauvais vin laisse aux commissures des lèvres des hommes que rien ne pousse à rentrer après que l'ivresse les ait jeté sur le trottoir. Tant d'entre elles que rien ne distingue sinon qu'elles ont été nos mères, les mères de nos mères, nos soeurs... Les beautés qu'à notre enfance capricieuses nous avons réduit.
Elle pleut dans les vapeurs matinales d'où elle émerge comme le millième et tout premier avatar de Vénus et sort de derrière le rideau comme la vérité enfin palpable. Un geste de tout son être la pare de cette nudité qui les revêt toutes de la crainte de la voir s'éloigner vers un quelconque corsage, vers ce qui la rend imaginable et pour tout dire objet de toutes les consommations. Elle pleut et sa peau devient pour un instant ce nuage délesté de l'orage qui ressasse en nous le déplaisir qu'au matin nous éprouvons à ouvrir un oeil mort sur le monde désespérément recommencé.
Ce matin "les cosmétiques" avancent sans fard, sans onguents, sans spray ni gel ni tout ce qui fait que depuis ma nuit des temps la femme est est aux quatre points cardinaux, elle guette et quand je me perds il ne se passe pas longtemps avant qu'un autre, me ressemblant tout à coup l'entraine à des distractions que je ne lui prodigue que trop peu.
06:41 Publié dans Blog, les cosmétiques, Mélancholie, ras le bol, Voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : érotisme, lecture, littérature, les cosmétiques, féminisme
13.03.2008
Oh, le pauvre !
Voilà plus de trois semaines que je ne le vois plus. non pas que je me sois tout à fait pour finir, désintéressé de ses faits et gestes mais je ne me sentais plus voyez vous ni le temps ni l'envie de m'occuper à le suivre à la trace. Je faisais pour les besoins de la cause culturelle, des tours et des tours dans Paris au volant d'un pimpant petit camion remplit de tout ce qui fait que la fête est plus folle sous les sunlights. Alors qu'en fait elle est molle comme les montres pitoyablement abandonnées au désert de monsieur Dali... Géééééniôle ! Fooooorcément gééééniôle !
Mais où donc était ORNICAR (je masque son vrai nom, pour les besoins de l'intrigue, le ressort du suspens doit être tendu, sinon pas de coït !) ? Je partais au matin, dès très tôt et pas traces de son passage, son écuelle rose fushia de chez Balanciaga restait invariablement pleine, de même que le bol (de chez Prada, là çà spoonsorise à la louche, vous avez vu ?) d'eau filtrée sur un lit de Roll Ex. Comme me l'avait indiqué le vétérinaire de la rue du faubourg saint Honoré, Paris 8e, rien en dessous de six mil euros, le lustre de son noble pelage s'en ressentirait. Le soir je rentrais et après m'être débarrassé des paillettes qu'immanquablement le spectacle vous abandonne, dans sa grande mansuétude, j'allais chercher sous l'évier en onyx la boite de croquettes "extasy", car avec les croquettes "extasy" votre élu jamais ne rassit ! Et je la secouais sur le perron de la porte d'entrée :
- Petit ! Petit ! Petit ! Viens mon mignon, allez montres toi...
Je rentrais pour finir et pignochais dans la boite quelques croquettes que je grignotais, abandonné. C'est vrai que c'est bon ce truc... Grouinnch ! Grouinnnch !
Sûr, il ne rentrerai plus ! Peut-être avait-il même quitté le pays au volant de sa Carla Gran Turismo ? Peut-être avait-il enfin trouvé la paix aux fin fond des jungles colombiennes, un rail d'Elnett providentiel et la compagnie enjouée de la pantelante Ingrid de l'Oréal l'avait détourné de tout cet amour qu'il nous portait ? Peut être ? Que savais-je au juste de lui ? Rien ou presque. Qu'il avait comme les autres des appétits de falbala, que sa petite taille ne l'avais jamais empêchée d'atteindre le clavier de son téléphone cellulaire pour envoyer des SMS, que sous sa férule de chausse-pied le pays n'en avait pas fini de se faire botter le cool, qu'il nous avait à la bonne et qu'en matière de jaspinage il allait pas se laisser emmerdouiller par les pauv'cons pour qui serrer la pince à UBU revient à choper des trucs pas avouables.
Je restais triste, abattu, la fatigue me gagnait et l'envie de me gratter les burnes restait seule à pouvoir me consoler de la perte de ce petit animal de compagnie. Je vis en solitaire, ceci explique cela.
Et puis... Un jour... Hier vers 17 heures 42 minutes et 10 secondes ! Voilà que l'idée me prend de faire un peu la lessive, trois longues semaines de lingeries fines aux odeurs de saison finissent par vous remonter par le canal de la nausée ! So, what is this soubtile smell in da bathroom ? Is it the sea side ? Où donc est passée la lingère et le boulanger et le petit marmiton ? Qu'en pense la mère Denis ? Que fait monsieur propre ? Rien, la solitude je vous dis ! Alors je m'empoigne et plonge mes mains volontaires dans le panier de linge pas encore... Enfin, tout à fait dégoûtant. Ce que j'en extraits je vous en passe le détail. Il faut savoir garder son intimité loin du regard télescopique des analystes et autres sociologues sinon c'en est fait de la liberté de conscience. Je triais, j'empilais, stringzz, bas résille, combinaison de latex infroissable, selon l'étiquette du fabriquant qui garantit aussi des sensations... Et Que ? qui ? quoi je vois-je là !? Sous un bas fumé comme un rideau de gaz élyséen ? Lui ! Sa petite frimousse renfrognée sous les Reich Banh, son petit corps nu, seulement vêtu, être fragile que voilà, d'un caleçon salement Bruni; Il tremble, il est cramoisi et sent un peu le renfermé.
- Oh ! le pauvre !
Nous qui te croyons perdu dans le Tchad mystérieux, prisonnier d'une tente (une vieille tente !) bédouine dans les confins ennivrant du désert libyen, nous qui pensions que retraite tu faisais sous les ors pauvres de ton ermitage du Latran. Ah mais non te voilà mon coquin ! Viens, montres toi, je sors mon vieux caméscope VHS, j'allume une baladeuse. Tu te sens mieux déjà, n'est-ce pas ? Allez, dis nous quelques mots. Mais avant tu lâche ce téléphone, lâches ce téléphone je te dis... Sois raisonnable... Tu sais bien qu'elle ne reviendra pas ! Minou ! Minou ! minou ! Viens je vais te faire réchauffer tes croquettes. Hum c'est vrai que c'est bon ces saletés.
C'est si bon croyez moi, de retrouver un être cher dont on ne sait plus de toutes façons comment on va s'en débarrasser.
07:56 Publié dans Blog, Livre, Loisirs, Mélancholie, polytiques, Rage, ras le bol | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozi, municipales, élections, pauv'con, maire et mairies


