09.06.2008
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"On ne se baigne jamais dans la même eau"
Je ne sais plus de quel philosophe, est-ce bien même d'un philosophe dont il s'agit, émane cette sentence. Par contre je crois que je me la serine depuis des années d'années et ce qu'elle signifie entre autres, car à chacun sa vue des berges, m'est apparut comme l'évidente lecture de toute une partie de l'existence.
C'est au bord des fleuves et des rivières que ma vie m'a toujours ramené, le fil de l'eau mélancolique et la fureur lourde des crues sont ma soupe limoneuse, ma jouvence verte et noire. Des souvenirs que j'y ai noyé, des visages liquéfiés dans le clapot, des lourdeurs de l'enfance ennuyée, des tourbillons de racines de saules accrochés à la glaise, des barques renversées, ramenées à leurs chaînes par le contre courant, des heures passées seul à chercher dans le vol des insectes une façon d'être humain sans passer par les mains de l'entomologiste d'éther. On ne se baigne jamais dans la même eau. On ne se noie jamais vraiment à l'aplomb des robinets qui fuient en attendant des trains qui ne croisent pas au-delà des pièges que vous tendent les pages vierges des crues retirées.
Il y eut dans l'ordre des souvenirs tout d'abord la Seine, aux alentours de Conflans, le premier exil. Il sufisait je crois de traverser la route que bordait sur quelques millimètres l'épicerie où mon père chaque matin s'habillait d'une blouse bleue avant que de charrier les caisses de vinasse étoilée. La Seine large comme la table où ma mère posait les assiettes du repas. La Seine où passaient nonchalants et gonflés de tripes gazées des porcs que l'abattoir en amont laissait filer contre l'étrave des péniches chargées de sable et du grain dont on fait le paix des ménages. La Seine qui fut mon premier voyage d'enfant mutiné. Puis vint, dans les hachures des intervalles sans repos, la Dhuis dégoûtante qui coulait sourde et morte au fond du terrain à Montreuil. La Dhuis couverte de son manteau d'égout nature, la riche gadoue qui donnait aux roses de ma grand-mère ces couleurs et ce parfum de sainteté qui se vendaient à prix d'or sur le pavé de Saint Eustache, avant que les halles ne deviennent ce trou d'où suinte l'odeur et l'affreux tintamarre des villes que la plaie intestinale avale sans jamais se refermer. La Dhuis au bord de laquelle je ne peux pas dire que je me suis assis, le béton l'avait ensevelie à l'abri des remblais et l'on veillait à ce que nous n'y allions pas traîner nos vices d'enfants lares.
Puis ce fut le Cher, trois cent kilomètres de nationale, par la porte d'Orléans, un Dimanche de glace, une fin d'été, les mômes embringués par le secret du voyage sans retour. Mes parents partent, mon père raffûte chez lui, ce chez lui où ses frères et sœurs se disputent son retour et sa réussite passable. Ces parisiens qu'il ramène dans ses bagages, ma mère, fille éprouvée par la faute, mes sœurs qu'un rêve d'héritier mâle a fait venir coup sur coup. Ces trois petits n'importe quoi qui vont goûter à la joie campagnarde imprégnée des rumeurs d'injure d'une famille inconnue. Mais pas d'histoire, pas d'histoire, au nom de la paix et des lâchetés convenables, pas d'histoires.
Le Cher, rivière à usines, industrieuse folie d'eau, là encore une route à traverser, la route des lavoirs. Plus haut sur le cours, les fonderies de Rosière, les cartonneries, les vomissures empoisonnées de la consommation qui attend le chômeur au coin du bois, un crédit avantageux aux crocs du sourire. Ce moyen-âge là que l'on nomme à présent "seventies" et qui se vend encore très bien chez ceux pour qui l'âge d'or est un slogan, une matraque taillée dans la frustration. La maison est à flanc d'un bois pelé, plein de vipères dans les murets éventrés, tsss... tsss... faut pas y aller, là non plus, la vallée aux loups puis c'est la voie ferrée et les fours à chaux, abandonnés. Cet El Dorado de galeries calcaires où nous fuyons après l'attaque de la diligence de seize heures trente, une clope dans les poches, une royale menthol pour cinq ou six. Les lavoirs sont devenus une bande de renégats qui feinte avec la mort et les éboulis, traversent les voies entre deux passages de micheline, Vierzon Saint Amand-Montrond. Notre héroïsme fait peine à voir, nos pères sont à l'usine, chez Aubry, chez Massicot, chez O cédar, chez Bellot. Mon père est aux fleurs, chez Bellot. Nos mères se voient peu, pour les sales coups de leur engeance : "C'est t'il vrai que ton grand fume en cachette ?". On a quel âge ? Je ne sais plus. Huit... Neuf ans ? C'est avant le collège, on est à la communale, chez Stack. Il nous fesse celui-là et tripote un peu ceux qu'ont le plus la trouille. Il est pas pédophile, c'est le maître. On passe par chez Pauvert, le matin et avec les pièces volées dans le morlingue de la mater on se paie des bonbecs, on en vole aussi, le vieux Pauvert c'est fastoche de le faire tourner en bourrique ; on s'y met à trois où quatre et hop ! une fraise par ci, un car en sac par là...
Le Cher est notre océan, notre danger immédiat. Nager, ne pas nager. Aucun de nous ne sait mais nous y allons, là où on a pied, pas de sandales, pas les moyens, pas plus loin, la peur du gouffre est en nous gravée par le burin des légendes mais comme partout, l'interdit grandit celui qui le franchit. Nous le franchissons, passons outre, allons à la noyade comme de bons petits soldat plombés, il faut, les cousins sont là, hérauts de leurs parents. On nous aime mais les chiffres mentent, nous sommes de trop dans le paysage, un accident regrettable. Parisiens, têtes de chien... !
Des noyés il y en a, des vrais. Le Cher sert aussi à ça, de dernier rendez-vous avec la vie. Des outres verdâtres que les pompiers retirent des branches et tirent à la berge avec des précautions d'équarrisseurs. Le mari de la macotte, un ivrogne celui-là. La dédé, celle qui a couché avec les boches, tu sais bien ? L'Ivanov ? Celui de Varsovie ? Onze enfants qu'il laisse. Varsovie sur Cher, le ghetto comme on dit. Si c'est pas malheureux, ma pauvre. Les cochons crevés à la Frette, personne en disait rien, ils étaient chez eux. Il paradaient le ventre en l'air parmi d'autres détritus, natifs de la grandeur de la France glorieuse. Natifs mais pas sots, pas au point d'imiter le dos crawlé. Mais les zIvanov c'est une autre pair de côtes. Sont pas du coin, c'est écrit sur la boite aux lettres déglinguée. Alors là, nous faire ça à nos fleuves et cours d'eau ! Saletés de pauvres.
Dans le Cher on a nos coins, j'ai les miens, des fascinants trous d'eau, des passerelles aux lavoirs, pourries qu'on ne sait jamais dans quel piège il faut tomber en premier. Tiens là, celle la elle a l'air bien moulue ? Ça me mène aux crues où tout tire à la chaîne, ça court bouillonne des marmites à se fiche dedans en s'accrochant au couvercle; Je peux même pas me souvenir vraiment de comment ça me tenait au fond du vertiges, toute cette boue, ces bois, ces porcs, ces barques pliées aux piles du pont. J'entame la discipline et tombe des berges, dans les racines où la rivière se coiffe à grandes coulées de peigne. Je carapate en clou. Rien à fiche de l'amphibie, je passe le barrage, les pelles en dérapage contrôlé et je me retrouve embarqué par ma langue, loin, au moins jusqu'à ce qu'on me repèche par le colbak. Ma mère me frictionne, dans exactement trois minutes elle va m'en abattre deux, que dites vous maître ? Plaider l'indulgence du jury... Trois minutes pas plus mais trois minutes tout de même, à attendre de savoir de quel côté la première va me drosser.
Je suis des fleuves, des rivières, des minces cours d'eau qui font les grandes évasions. Mais même si j'y ai valser dans l'enfance, ça me semblait la seule issue au carnage ambiant, je monte pas dessus, je reste au bord, autant que possible, je frôle, je scrute et puis je m'en retourne. Car c'est traître l'eau qui dégouline en masse, elle vous envourne de paresse et si vous n'y prenez pas garde, encore une fois, plouf au mirage !
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08.06.2008
Sinn Fein !
C'est bien ma veine, nous ne sommes pas en ce Dimanche qui verra l'Irlande renvoyer au moins temporairement, le mini traité de Lisbonne au rebut de l'histoire. Car s'en est, de l'Histoire et de la grande. L'évènement devrait se produire Dimanche prochain mais d'ici là rien ne nous empêche de nous intéresser aux propos de monsieur Etienne Chouard. Sur dailymotion one more time (car all we need is de l'I motion !). Sous le titre : conférence d'Arles, on l'entend en découdre avec le sens qu'il donne au mot Constitution et aussi démontrer en quoi nous ne sommes pas et n'avons peut-être jamais été sous le couvert d'un régime démocratique. J'emploie le mot régime tout à fait dans le sens que lui confère monsieur Guano de l'Elysée quand il parle en termes d'architecture de la formation urbanistique du "Grand Paris" (Gross Paris ! pour les intimes.), je cite : "Il ne s'agit pas de construire un monument à la gloire du régime !". Mais de quel régime parle monsieur Guano henry ? Puisque à ma connaissance son suzerain a bien été élu président de la république comme ses prédécesseurs. République une et indivisible, non ?
Etienne chouard lui est tout à fait clair dans son propos, nous allons droit dans le mur du simulacre et l'Europe devient bien l'empire rêvé par tous les dictateurs qui se sont succédés sur son territoire. Une entité servile. Pour exemple il s'appuie sur le fait que la France depuis quelques temps ne peut plus frapper monnaie et que c'est auprès des banques privées qu'elle se retourne pour l'emprunt. Pas d'argent pour le social, pas d'argent pour l'éducation, pas d'argent pour le logement, lui répondent les usuriers du monde moderne. alors à la casse les institutions qui contrôlaient le pouvoir et ceux qui l'exerçaient en notre nom. alors le chômeur est un paria, un vampire que l'on va pouvoir mater par la psychiatrie, la loi et la force qui remplacent peu à peu l'entre aide dans l'esprit malade du citoyen en carton bouillis.
Je fais la mouche du coche mais le coche lui est passé depuis longtemps, depuis trop longtemps. On l'aperçoit au loin dans la poussière que lève son train d'enfer là bas, sur la route de Varennes, étape obligée pour qui se rend à Maastrich !
Nos élus ne le sont pas pour s'occuper de nous et de nos intérets, les plus collectifs possible. Ils le sont pour faire à notre place (là est notre drame). Nous les rémunérons pour ça; Et quand ils sont en place, ils n'ont de cesse que de se protéger de nous à l'aide des leviers dont nous leur avons aveuglément confiée la manipulation. C'est bien à une grande manipulation à laquelle nous assistons en ce moment; Et cela me fait penser au roman que Thomas Mann consacra, comme une métaphore, à l'ascension d'Adolphe Hitler (un grand ami de la famille Bush, le grand père de Georges W. le considérait comme un enfant. Le grand père était banquier à l'époque et Auschwitz n'est pas un lieu qu'il devait ignorer !). Le titre de l'ouvrage qui est édité en poche chez Hachette, je crois : Mario le magicien.
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03.06.2008
Engagé
J'ai des opinions, des idées, des convictions, toute une panoplie que le père Noël m'a gentiment apportée alors que dans ma liste j'avais surtout insisté sur le fait que tout de même le train électrique, c'était vraiment ce que je voulais. Mais comme j'ai pas dû être tout à fait sage, le père Noël m'en a apporté un à charbon. Alors pour faire plaisir à mes parents qui sont quand même à se saigner aux quatre veines pour que je sois heureux malgré les désillusions du réveil, je joue avec. Je charge la locomotive, que j'ai appelé "la suie", avec tout ce qui traîne de noirte et de venimeux et je la lance à l'assaut des cercles vicieux de la colère. Maman passe par là dans son smoking de chez YSL, elle revient de je ne sais trop où... Elle me sourit comme le font les femmes libérées par YSL à leurs rejetons rougeoyant de ce que la chaudière souffle sur les pentes froissées de la révolte. Alors tu vois bien que tu t'amuses quand même ?
Je ne peux pas lui dire le contraire, je viens encore d'écraser à toutes blinde un convoi de voitures officielles qui se rendaient à l'inauguration d'une prison modèle. La suie est une sale machine et pour ce qui est de faire des dégâts, elle se pose là. Je lui désigne à tour de rôle un certain nombre de salauds qu'elle me fait le plaisir de débiter en morceaux plus ou moins égaux qu'ensuite je range dans des boites à biscuits. Il y a là principalement des marchands d'espace libre, des revendeurs de joies saines, des camelots portant à la boutonnière la rosette de Lyon et la grand croix des sacrificateurs. Il faut tout de même que je réfléchisse un peu car comme le dit mon père, qui lui s'habille chez tout nu, si tu ne fais pas un peu attention tu finiras par y tomber tout vif dans la gueule de ton monstre ! Aller, juste encore un trader et puis j'arrête pour aujourd'hui.
Ce que c'est que d'être engagé, toujours aux côtés des plus démunis, toujours le poing levé et dans l'autre la pelle à charbon toujours jetant l'eau propre avec le bébé quand la vapeur retombe au niveau des brouillards et jamais ne mettant de côté pour les jours où tout se traîne, comme la suie quand je n'ai rien à lui offrir que des moulins à paroles, des vitupérations de vieil enfant ratatiné au cul du train du monde comme il va.
Mais comme le dit maman en remettant sa blouse de marchande de fleurs, tu vois bien que tu t'amuses quand même !
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12.05.2008
Entre Ciel et Terre
Un tel silence à la charnière du Ciel et de la Terre.
J'attend qu'elle rentre avant que l'aube ne nous signale un autre jour sans voix.
Mais rien ne grince, mais rien ne craque au bois des marches.
Mais rien ne chante à la lisière du Ciel et de la Terre.
Et rien ne se froisse que le drap couvrant nos mauvais rêves.
Et rien ne se déchire que le cri des oiseaux.
Mais ici tout guette son retour sans avoir à la nommer.
Un tel silence, en ce petit matin à la charnière du ciel et de la Terre.
Un tel silence qu'aucune porte ne fait céder.
11:20 Publié dans Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, littérature, poésie, naissance, anniversaire
09.05.2008
Capitaine Fracasse
Demain, aux alentours, pas une seconde de plus pas une seconde de moins, de douze heures quarante cinq minutes, selon le méridien de la Pitié Salpêtrière, Paris 13e, le capitaine Fracasse aura très exactement... Dix sept ans. Alors bien sûr, sortant de son manoir mélancholique, il verra venir par la route de son âme amoureuse un nuage de poussière portant la troupe de saltimbanques qui ne vient que pour que son destin de jeune rêveur lui fasse faire ses premiers pas d'homme. Il les a déjà fait ? Oui, il les a déjà fait mais quoi ? Le pas qui vient n'est-il pas le seul dont il convienne de s'occuper vraiment ? Alors bien sûr en taureau mélancolique il n'aura de cesse que de les suivre en faisant faire à sa monture toujours un léger pas de côté. Car, cher Rimbaud, bien entendu que l' "on n'est pas sérieux quand on a dix sept ans" mais quelle gravité met-on à ne pas l'être, n'est-ce pas ?
Feliz cumple ano capitaine ! Capitaine de mon coeur.
21:44 Publié dans Blog, Musique, Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozi, parti socialite, socialime, delanoé, royal, hollande
08.05.2008
Chenil
Depuis quelques temps je m'abstiens de parler ici de la geste politique dont ce pays est le théâtre de marionnettes. Trop de colère tue la colère, trop de dégoût fait croire que l'on est déjà tombé du côté hideux de la farce. Ce qui n'est pas vrai, la naïveté est intacte. Le pouvoir pourtant montre jour après jour à quel point il est un jardin où ne fleurissent que les pierres contre lesquelles nous butons en enfants écorchés vifs. En enfants jamais vaincus.
J'ai, parmi mes papiers froissés, une vieille carte du parti communiste, de ce parti qui voulait la révolution en séchant à l'étal de la dictature ce qu'il lui restait de pulpe et de poitrine offerte aux balles des bourreaux. Mont Valérien. De ce parti qui à l'occasion des célébrations de Mai, il est semble-t-il le seul à le faire, les autres ont bien trop à faire à nous vendre le désarroi de leur absence d'imagination... Et au travers de la "base" se pose la question vitale : Qu'avons nous fait de la révolte ? Une triste défroque, je dirai. Un grognement ridicule de loup qui, pris aux mailles des filets de fourrière se réveille dans un chenil environné des jappements de ses frères les caniches.
Il y eut un humanisme de gauche, une gauche qui pensait l'homme en tant que l'infini possible. Il n'y eut jamais d'humanisme de droite. Dites moi le contraire, fourbissez vos arguments, il va y avoir du sang dans les urnes ! Il y eut un parti socialiste ? Du temps où nous croyons encore que la seule souveraineté était celle du peuple rassemblé autour de ses représentants et leur enjoignait de faire selon le bien commun. Un parti socialiste ? Des électeurs socialistes ? Dix Mai 1981, la foule en liesse, j'y suis et puis ... et ... puis...
Et puis voila Hollande et puis voila Jospin et puis voici Royal et puis voila Delanoé et puis voici Vals, Dray... J'en passe en paraphrasant le texte de "L'affiche rouge" : Parce qu'à prononcer leurs noms sont dégueulasses ! J'en passe car du seul caniche que j'ai pu connaitre intimement, non je ne suis pas zoophile, je garde un souvenir d'odeur nauséabonde.
Bien chers socialiss, vous qui dans vos vies avez gardé l'esprit de 48, le souffle de 70, la braise des révolutions qui font aux peuples des foulées et des moissons de justice pour tous, faites moi ce plaisir, virez tous ces mal propres, ces larcineurs, ces petits truands de la débine, ces pilleurs d'hommes-troncs que vos cartes du parti vous somment de devenir. Balancez moi des tribunes ces Danton de la magouille et après, les yeux dans les yeux, décidons que des coussins médiatiques du palais nous pouvons faire tomber le chien chien à sa maman, celui ci qui se lèche le cul en lorgnant la pâtée que nous ne voulons plus être.
Et Tsack ! Monsieur Lecèdre...
09:11 Publié dans Blog, polytiques, Rage, ras le bol, Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozi, parti socialite, socialime, delanoé, royal, hollande
06.05.2008
Mais en Mai, faites donc le pont !
Ah comme il fout bien la merde le petit trou du culte, depuis un an maintenant, comme il désoriente tout, envoie à l'assaut de la raison ses généraux, sa piétaille politique, ses électeurs eux même en regardant fondre le capital n'osent plus se dire que cocus ils sont car cocus ils sont nés de parents froissés comme des tickets perdant de la française des jeux. Ah comme il nous la met en modernisant à la façon de la vérole patronale qui dégraisse et exporte la valeur ajoutée en nous lançant sur les pistes humanitaires. Ah comme je l'aime, pour finir. Car voilà tout encore un peu de temps et il aura foutu un tel bordel qu'enfin "la société du spectacle" n'aura plus à s'offrir en guise de divertissement que de la charogne de pauvre décomposée par les analystes de la crise argumentée.
On m'invite à soutenir les causes les plus saugrenues, l'art, la création, les minorités ethniques, le Tibet, la Mirbanie, les rebelles et tais toi, l'écologie, les victimes de la sécheresse, les victimes de l'inondation, le leader noir américain aux élections américaines, la culture sans pesticides, les petits producteurs de petits pois sans fils, la lutte anti OGM, l'ordination de prêtres femelles, la lutte des gays contre la tristesse de leurs pauvres parents, les victimes de la pédophilie, les petits vieux qu'on faim qui quêtent pour les petites vieilles qui ont froids... Ah je m'essouffle... Trop de causes, trop de sébiles tendues, trop de petites boutiques aux devantures pimpantes, de petits commerces de quartiers où le Bobo se panse la cirrhose en se chiant dans le porte-monnaie ! Où le retraité de l'administration fiscale fait de beaux voyages ! où, pour peu qu'on soit bon chrétien, le lundi de pentecôte, on a un jour de plus pour refaire la clôture et tondre la pelouse ! Où l'intermittent fait ses heures dans les conventions EADS !
Aller autant le dire, c'est un fait, j'ai voté pour lui, aux deux tours ! Car moi aussi je pense qu'il faut réformer en profondeur le système social dans ce pays d'étiquetés, dans ce pays d'associés, d'actionnaires, d'arrivistes, d'agoniques ton clocher, d'arthropodes gueuletonnant ! Car moi aussi j'ai hâte que les premiers hoquets de l'apoplexie frappe de haut en bas la vaste maison clause au sein de laquelle depuis trente ans je me refuse à occuper un poste. Ni souteneur, ni gagneuse.
Ah qu'il fout bien la merde le petit trou du culte ! Plus vite petit ! Plus vite ! Viens viens, j'ai acheté des capotes en braise et de la vaseline, sois pas timoré, tu vois bien que nos sphincters sont à point.
20:12 Publié dans Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, 68, révolution, sarkozi, démocrature
04.05.2008
petit
Moi quand j'étais petit je me souviens... En fait non, je ne me souviens pas, de rien mais qu'importe puisque c'est causer qu'il faut, alors par exemple je peux dire sans me gourer que ma mère était une femme, à cette époque ça se faisait beaucoup que les femmes elles soient enceintes, tout à coup et que tout à coup, pareil mais un peu après elle se retrouve dans la position de la mère ouverte et sanguinolente avec au pied du lit le petit paquet langé serré. Je peux dire aussi que mon père se nommait pas Moïse et que la sage femme faisait pas semblant d'insulter la parturiente grimaçante. Tu te coucheras dans la douleur. Ce qu'on souffre quand on aime.
Ce que je peux dire de quand j'était petit aussi c'est que très vite j'ai été un garçon mais que je ressemblais quand même à une petite fille, cheveux longs et regard triste à pleurer. J'en vois d'ailleurs de ces petits garçons dont les mamans hésitent à leur couper les cheveux et le reste et dont les papas... n'en parlons pas, les papas c'est absolument interchangeable pourvu que le petit ressemble au meilleur parti possible en termes de sécurité de l'emploi.
Qu'est-ce que je peux dire d'autre encore, histoire de me rendre intéressant ? Ah oui, je n'avais pas dans mon nécessaire de voyage ce que d'aucun appellent la joie de vivre. J'étais du genre volatile sous le rapport de la durée. Autant dire que je m'employais ferme à disparaître corps et biens dès qu'un peu de houle amoncelait au dessus de ma tête un trop plein de solitude, le lait me caillait vite aux lèvres et j'en gerbais des nausées de volcans sur les costumes empesés. je me faisais mourir vite dès qu'on avait le dos tourné. Le dos tourné on l'avait par le fait qu'un bâtard à l'époque valait pas le prix d'une demi baguette même si noiraud comme j'étais j'aurai pu faire un très bon sandwich à l'andouille de vire toi de là.
Encore ? Non c'est tout. Parce que ce qu'on se raconte tous de notre chère enfance c'est rien que des conneries, de sales conneries qu'on essaie d'éfacer en tentant le diable pour se faire encore aimer de ceux qu'on a passé son temps à désoler. Fallait pas nous appeler par notre prénom, voilà tout, bien fait !
Les enfants ! Un conseil, quand on vous appelle par votre prénom faites donc comme si vous n'y étiez pas. On ne saurait reprocher à un projet avorté de ne donner en guise de fruit qu'une fleur si vite fanée.
22:31 Publié dans Blog, Mélancholie, polytiques, Rage, Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, littérature, lecture, sarkozi, mai
Paisibles
Aurons nous un jour, ouvrant la paume de notre main sur le sable retiré du fond d'une rivière, la paix qu'en définitive nous cherchons tous en haïssant le vacarme dans lequel la vie se meut comme une machine de guerre ? Non bien entendu. Nous n'orpaillons plus que l'incisif et la paume de nos mains, revenue des eaux n'est plus que le squelette d'une caresse violente. Je feins, passant, toujours passant, d'ignorer que ce monde appartient en son entier à l'ignorance des possédés. A ceux qui un jour autour de leur misère ont installé des murs, des fils de fer barbelés, à ceux là seuls le monde sourit de son sourire mauvais d'amer contentement. Suis-je moi même l'amertume du monde ? Je la porte en effet comme la bête que je combat jour après jour en m'émerveillant pour un oui, pour un nom de mes chères illusions d'aubes pâles et je vais mes doigts en éventails souples, raclant dans les courants d'eau jusqu'à ce qu'une ombre m'arrète et me détourne et me fasse lever le nez du rien auquel je rêvais en avançant. Une ombre de propriétaire privé de la caresse des vents.
Aurons nous un jour, ouvrant la vie du bout des doigts sur le sable retiré du fond d'une rivière, la paix dont nous sommes devenus les déchets ? Non bien sûr mais là est notre folie, croire que cela se peut. Et continuer d'avancer en rasant les murs tout en défrichant le ciel.
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02.05.2008
Mauvaise tête
Le bruit du Monde court dans mes veines, un bruit de sang noir remontant des galeries par les boyaux d'extraction les gemmes minuscules d'un état scintillant en sourdine. Ma mélancolie, mon bitume, ma foi et ma désolation. Je pique des parois vibrantes d'où en pluies d'étoiles le sous sol de la vanité s'effrite. Au dessus piétinent les affamés mais rien de ce que je délivre des carcans n'a pour nom nourriture. Tout y sonne comme le murmure qui dit patience. Patience notre tour viendra, notre part d'insouciance, notre temps d'être tout à fait léger, aimable et chéris. Mourrons donc en attendant de naître en heureux minerai. Ne nous désolons plus de n'être pour l'heure que le méprisable pain noir. Ce pain dont on fait bombance en le mâchant de prières sourdes, les poings serrés sur l'enveloppe vide de nos existences soumises à l'enfer, à la colère et à la nuit traversée de jours maigres.
07:23 Publié dans Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, littérature, lecture, sarkozi, mai


