11.10.2007
La Hire
Tout un chacun, dans son véhicule de chair entame chaque matin son parcours de civilisé, va, singeant l'espèce, au format des codes minimum se ficher à la vitesse du reniement dans les agglomérats de la fonction. L'aube pour la masse des indigènes n'est pas le champs vaste d'une expérience toujours renouvelée, ne constitue en rien ce que l'on nous rapporte par média imposés de cette immensité de la vie prête à bondir hors des nymphes comme le vol des papillons qu'un maigre temps fait rois de l'espace infini de la folie pure. "Voici l'homme", chaque matin, par millions de têtes de bétail et chacun pour notre compte nous nous livrons au bout du coma résorbé en un réveil violent, à la ire de la machine à mâcher les consciences débordées par l'absolu.
Voici ce que mon rêve de cette nuit disait... Tu es ce monde en son entier de sources, tu es l'infime rédimé de ses doutes. Tu es le tout en sa soif d'être à l'autre. Car la lumière en toi est plus qu'un astre problématique, car l'océan en toi est plus que le naufrage et la dérive d'une nappe d'hydrocarbure. Car le ciel en toi est plus que le champs clos où les guichetiers du paradis rassemblent les pièces manquantes de ton dossier de futur martyr de la cause et te renvoient aux archives de l'échec.
06:40 Publié dans Blog, Film, Jeux, Livre, Loisirs, Mélancholie, Musique, polytiques, polytiques, Rage, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Shopping, Sport, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, écriture, poésie, sarkozi, maurras, humanité, ecce homo
29.06.2007
Partez pas !
Comme je l'ai dit, quelque part par là... Je chauffe. Non pas que je joue à "tu brûles t'es froid", non, je conduis grace à mon permis de puer, des engins divers et variés dans l'ile de france. Une ile en france que d'ailleurs je cherche avec assiduité dans toutes les ZA...ZI...ZAC...ZUP de les banlieues et dont à force d'y rien trouver que des entrepots gavés de camelotes anthropomorphes je vais finir par prendre pour une fumisterie de plus. La dénomination "bassin parisien" était un peu mieux propice : "Mademoiselle ? Vous me ferez le plaisir de vider le bassin du 75 ! Pendant que vous y êtes vérifiez donc la sonde, me semble qu'elle fuite. "
Et hop ! Même pas dix lignes et voilà que je vous égare au ban ! Si c'est pas malheureux de pas arriver à se tenir à une seule idée. Un concept quoi ! Un petit concept pas trop tartignol... Quelque chose comme la noble façon qu'avait Théodore Adorno de causer en conférence de l'idée de culture, de masses et d'art. La clarté absolue, le verbe aiguisé comme un scalpel et de quoi, en quelques belles tournures vous faire défendre l'idée que le pillage des rayons de la FNAC (fédération nationale des acheteurs compulsifs) via internet est un acte totalement raisonnable et une nécessité pour ceux qui ne se résolvent pas à être le numéro 6 sur la liste des consommables. "Tout nu dans ma serviette qui me servait de pagne, j'avais le rouge au front et l'slavon à la main...".
- T'as vu le dernier film de...
- T'as écouté le dernier album de...
- Ah la dernière pièce de...
- Oh la rétrospective !
- Tu vas au festival ?
Non mais si tu me dis que c'est vraiment le dernier, je vais peutête faire un effort. Ça me fait de la peine moi les artisses qui pleurent aux marches du palais. Si c'est que de leur payer des petits fours et du vin de pays, alors vive la Kalture !
Oùsse qu'on en sommes ? Ah ouiche... La chauffe. Cet après-midi donc dans le froid estival du périphérique, qu'on est en train de nous transformer en sarcophage à roulettes, je pédalais comme un nase entre l'embrayage et l'assélérateur, porte d'Orléans 53 minutes. Dans la caisse bringuebalaient maintes façons de matériel, des gros projecteurs en flight cases, des enceintes monstrueuses, de la féraille dégoutante de paillettes... C'est qu'en ce moment même, ce pendant que vous aussi vous pédalez vers vos villégiatures de carton pâte, à Paris, capitale du bon goût dans la bouche et des haleines de chewing gum à la tripe, se préparent dans la fébrilité créative les défilés chics des collections automne-hiver. Tous les caniches se pomponnent et leurs petites femelles chient du ruban de soye sur des coussins de tafetass. Chic je vous dis ! Et donc dans le foutraque des bouchons juilletistes, chic je vous dis ! je comptais en rangs serrés les citoyens coincés par les citoyens coincés par les citoyens... coincés par les... Et je me disais, dans la cabine de mon camion, qui finit par sentir un peu le chacal au bout de douze ou quatorze heures de run, ça fait longtemps que je travaille plus pour bosser plus, que quand même la république a bien raison de vous faire confiance ! Vous votâtes... Vous vous concernâtes en des débats digne de l'agora, pour rien au monde on ne vous arracherait ce droit d'être là à la croisée de votre destin de grande nation... NON ! Puis vous remplîtes le coffre du cat cat, fourrères les gosses entre le gros chien qui bave et le thermos de sang allégé, vous gavâtes le ventre des avions, payâtes les payages, le carbure raffiné par les membres arrachés de la Palestine et pas mécontents de la tournure des événement vous tapotâtes sur le clavier du GPS le nom du charmant village où votre réservation vous attend. Ce soir vous êtes loin, sur une aire d'autoroute, vous dégustez les spécialités locales de chez TOTAL et les mômes pleurent.
Partez pas ! que je vous disais à par moi. Partez pas ! Quand vous allez revenir Adorno sera mort dans un asile, seul avec ses idées de vieux crouton.
Pour conclure je voudrais remercier les deux zoizeaux qui se sont fendus de commenter avec justesse la note "la couche du moche". Ils m'ont fait bien de la joie. Merci.
21:00 Publié dans Blog, Film, Jeux, Livre, Loisirs, Mélancholie, Musique, polytiques, polytiques, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Shopping, Sport, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Adorno, lecture, écriture, vacances, juilletistes, pret à porter, mode
10.06.2007
La couche du moche
Dans mon lit, ça me désole, ne rêvent plus que les laquais de ma colère. Sur la gauche, sur le ventre, sur la droite, sur le dos, en chiens de fusil grippés, ils piquent, taillent, éperonnent sans rémissions ma carcasse révoltée. Ils ne quittent leur livrée de mercenaire hargneux que quand vers les trois heurts du matin, faché contre le monde entier, qui dort lui de son sommeil d'hémisphère, je quitte d'un bond de nerfs frisés l'enclos du repos et me mets en quête de l'arme à saigner la rage.
Nu comme un vers à pied, j'arpente l'espace et fomente des révolutions. Je prends à Bastille un billet pour le palais Bourbon. J'incendie l'Elysée, j'assassine le présidnet qui à cette occasion découvre la vertu médiatique du martyr télégénique, j'entraine à ma suite des foules d'insomniaques, je harangue la couette, soulève parmi les oreillers des vagues d'indignation, je trucide au passage la grasse mouche bleue au ventre de laquelle le pouvoir oculte des médias à arrimer des caméras de vidéo surveillance, je relis dans Diderot trois lignes d'un monologue de Jacques à propos de la destinée et des "fatalitaires" chers à Prévert, je me touche un peu, façon d'apaiser l'ardente nécessité de ne rien faire et puis en une ruse ultime alors que l'aube fait chanter les coqs du voisinage, je me glisse sur le divan, j'allume un mégot opportun, suscite la venue d'une hypothétique callypige et finis par m'endormir sans rien redouter de l'incendie domestique que la braise cendrée fait encourir à mon domaine en lutte.
"Alors toi..." me disait un ami hiers au soir ce pendant qu'il jouait merveilleusement à la guitare un swing et que je finissais mon verre... "Alors toi, tu blog, c'est tout ce que tu fais... Tu blog. Mais en pratique, dis moi en pratique tu fais quoi ?"... Bah... rien... en fait... rien... Mais...
16:20 Publié dans Blog, Film, Jeux, Livre, Loisirs, Mélancholie, Musique, polytiques, polytiques, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Shopping, Sport, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Législatives, mouche du coche, vague bleue, pouvoir, écriture, vanité
09.06.2007
Vergers
Dimanche ? Quoi dimanche ?
Dimanche... On repeint la chambre, en bleu paraît-il, une première couche pour commencer, bien étalée, croisée, au rouleau compresseur à poil ras. C'est pas un peu trop, tout ce bleu ? me dit ma femme qui n'existe pas. Ce à quoi je lui réponds que chez Bricoldur c'est la semaine du bleu brun et que pour quinze litres achetés le vendeur m'a fait cadeau de la vidéobalnéosurveillance. Ce à quoi elle ne me répond rien, c'est beau l'amour. Pendant ce temps, la p'tite, que nous avons appelée démocratie nationale pour être bien sûr qu'elle sera toujours du bon côté du manche, est en week-end à Rostock, chez tonton Vlad et tata Georges. Ils tiennent un petit comerce de parapluies et de boucliers dans la rue piétonne du village mondial. Ca marche fort pour eux, je suis pas jaloux, je suis intermittent privilégié, alors...! En bleu donc, ça donne au blanc paraît-il cet éclat si particulier que seules les grandes civilisations savent si bien mettre en valeur. Ma femme et moi sommes bien conscients de vivre au sein d'une grande civilisation. N'y a qu'à voir notre Kultur pour tous, notre exception pour tous, notre art pour tous, notre cinématographe pour tous, nos arts premiers pour tous, nos festivals de la carotte pour tous et puis surtout pour tous ce regain d'intéret pour la "chose" électorale. C'est simple autour de moi ce ne sont que débats enrichissants, contradictions positivement hallucinantes, passions déchaînées à l'encan des discussions amicales. Vraiment, depuis le six mai ça fait bien plaisir que la p'tite soit autant entourée.
Une question se posait après la catastrophe nationale socialiste. Comment avait-il été possible que dans un pays tel que l'Allemagne, terre des arts et de la philosophie on ait pu inventer la solution finale et la guerre totale ? Comment ces deux voies en apparence anti-nomiques avaient-elles pu naître dans ce Vaterland de l'humanisme protestant ? Si je pose la question c'est donc que j'ai une réponse ? Une, oui. La voici :
Aussi haut, aussi loin qu'une culture porte ses fruits c'est toujours sur les ferments et le terreau de la peur des ténèbres anciennes qu'elle fait fleurir ses vergers. Et quand ces vergers, l'homme, éternel héritier du pire, les enceint de murs surmontés de barbelés, de miradors électroniques, de camera oscura... C'est qu'il est trop tard. Les ténèbres sont là, affleurantes à nouveau, émergeant d'entre les racines. La culture n'appartient plus alors qu'aux courtisans et au discours. Je ne dis pas que notre temps est semblable à cette époque et pourtant... Si !
Pour finir, il parait que les socialistes et leurs petits orphelins de gôche se disent près de rentrer en résistance contre le pouvoir du bleu. Alors qu'ils cessent d'alimenter le tintamare médiatique qui a fait de la démocratie une grenouille de paillasse et de moi un veuf libidineux.
12:25 Publié dans Blog, Film, Jeux, Livre, Loisirs, Mélancholie, Musique, polytiques, polytiques, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Shopping, Sport, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : écriture, politique, législatives, bleu, vergers, débats, démocratie


