22.08.2009
Les poires
J'ai laissé aller les poires aux guèpes, c'est une compagnie comme les autres les guèpes. Ça oeuvre sans se soucier de rien, vous les emmerdez pas, elles vous asticotent pas, chacun dans ses idées et le venin sera bien gardé. D'ailleurs dans les poires, les guèpes ont fait des trous si petits, si petits les trous que font les guèpes dans la peau des poires, que pour un peu que vous passiez par là, avec une envie de poire ... non, c'est con les envies de poire, ça ressemble à rien sans alambic, une envie de poire. C'est comme de dire : Tiens, je me ferais bien une entrecôte d'agneau ! En bouffant des nouilles au ketch up TM. Les guèpes elles, elles aiment aussi l'agneau. Leurs mandibules dibulent sans mandat, c'est pas mendiant les guèpes, ça prédate en se foutant de la date de péremption. Moi pendant ce temps j'écoutais la radio, noyé dans les vapeurs de la cuisson des nouilles. France Cul, une émission sur la chanson dans l'oeuvre de Nietzsche, avec une chanteuse à qui ça ne parlait pas du tout les histoires de surhomme. Elle le disait d'ailleurs : L'homme ferait bien d'être simple, je trouve.
Au moins elle avait trouvé ça. Et pis Nietzsche avait échoué, lui. Pendant ce temps là qu'elle chantait des chansons tristes où il était question d'un homme qui l'avait chassé comme une guèpe posée sur les poires, je regardais l'aiguillon fiché dans la peau de l'homme et le venin douloureux de l'amour qui ne se chasse pas d'un revers de main, s'instiller dans son rictus idiot. Tout ça dans la radio qui défend le cul en France, avouez, c'est fort! Et puis après j'ai égouté les nouilles, j'ai secoué le Ketch up et puis je me suis dit que je m'en foutais bien des poires. Il faisait nuit, les guèpes avaient toute la vie devant elles, et pas moi. Ce que c'est égo-excentrique un homme qui vient de se faire piquer par une mouche.
21:33 Publié dans Mélancholie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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22.06.2008
La castagne
Ça marave-t-il ce soir à pantruche ? Paname sent-il un peu les gaz ? D'ici on entend bien quelques pétarades, des flonflons de rap, de Art n' king, de soul, de toute cette musique où les mômes tentent de se tailler des carrières de footballeurs. Dans tous les services culturels et de la jeunesse de la banlieue on s'est un peu activé pour que ça marche. Le son, les lights, la scène, tout y est comme si vous y étiez ! Aller vas-y ma puce maman est là et papa... mais fais vite ! elle a encore quelques heures de bon ménage à la Défense, t'inquiètes pas tu seras une star et maman elle les fera plus jamais les ménages chez ces pouraves de blancs ! Et papa...
Ca va t-il se finir bien cette nuit de musiques réservées aux gens de couleur ? La police j'imagine a fourbis les tromblons et on nous rapportera bien demain matin quelques poubelles balancées ça et là, quelques vitrines fracassées, quelques mômes enchristés, pour leur sécurité; Pas des blancs hein, les enfants des blancs font du rock n'roll et le rock n'roll c'est un peu la musique classique de nos jeunes chevelus bien coiffés, bacheliers, politiquement tout à fait dégagés et tout et tout.
Je parie pas pour ma part un schlin sur tout ce tintamarre sinon qu'il est comme un filet bien tendu sous les nike de ces minots que la douceur de la nuit pousse à rêver peut-être d' "Aden Arabie", dans les bras de ce qui reste de libertés ? Je leur souhaite en somme à ces moutards, de l'amour et des voyages lointains, aussi lointains que possible afin qu'ils puissent une fois au moins détaler de la crasse que nous leurs laisserons en débarrassant le plancher, sans tambours ni trompettes.
00:28 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : politique, sarkozi, ps, lecture, littérature, fête de la musique, été |
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21.06.2008
Fête de la musique
De la musique ? Je n'en fais pas. Ça a toujours été un poids dans ma vie que d'être in-foutu de sortir d'un quelconque instrument deux notes qui auraient ressemblé à autre chose qu'à un grincement de tiroir plein aux as de tout ce qui fait que la mémoire joue faux. C'est pas faute comme tout un chacun d'avoir acheté, adolescent, une guitare, une méthode en deux leçons, une housse et une panoplie de bob Dylan d'occasion. Neuve, la panoplie de bob Dylan était pas crédible, un peu comme les jeans que tu uses pas toi même et que tu fais lacérer en Indonésie pour trois francs six sous.. La première leçon dans la méthode disait : Tout d'abord, sortez la guitare de sa housse !
Je n'ai jamais été plus loin. Toutes ces cordes qu'il fallait pincer, frotter, débiter en arpèges en accords dzoïng ! dzoïng ! me filaient des boutons; J'en avais déjà plein sans ça, alors je me suis contenté de la trimbaler de gauche et de droite et quand on me demandait si j'en jouais de la guitare ? Je répondais que ça n'étais pas une guitare que je trimbalais, que c'était un AMX 30 en kit. Ça forçait le respect et les filles se le tenaient pour dit et ne m'approchaient pas plus que pour faire comme si...
Je me souviens que sur la guitare de Woodie Guthrie il y avait écrit ceci : Cette machine tue les fasciste ! En angliche ça fait moins quiche mais l'angliche pas plus que la musique je ne le talk. Les fascistes se marrent encore et Guthrie peut revenir, ils lui feront faire de la télé réalité. Car la musique qu'on fête, on lui a fait sa fête depuis longtemps, au format et peer to peer les artistes fleurissent dans les ascenseurs comme en des serres où la culture transgénique nous palpe les tympans à la façon d'un anxiolétique. Combien sont-ils et elles pas moins à nous user la comprenette en ressuçant des aînés les vieilles ficelles ? Tiens, c'est tout new ! cette jeune artiste au talent prometteur signe ici un opus de légende ! La révélation d'un univers intime riche d'émotions contenues (Double album, 478 titres !) ! Je pirate ! Bah oui quoi, je ne vais pas acheter au prix fort un machin dont toutes les intros sont repiquées aux Beatles qui eux même les ont pillées au blues qui lui même les a empruntées à la misère des négriers nantais ? Je pille donc et que l'on ne vienne pas me dire que c'est la création que je dépouille, car de création n'y en a point. ni chez ceux qui rimbaldisent dans les hôtels de lusque ni chez celles qui nous vendent leurs premières règles et prennent les oreillettes de nos casques à pointes pour des tampons hygiéniques.
Je suis un vieux con aigris ? On m'a assez prit pour un cornichon malossol, alors oui ! Depuis que Schubert se fait dorer la truite au paradis et que le vieux Béranger, le vieux Leforestier, la Vieille Ribeiro, le vieil Annegarn, la vieille Tekielski (mama Béa), la défunte Morelli et caltera et caltera ... compilent les fraises dans les soutes des majors j'ai fait de ma guitare un nid de crotales qui grelottent dès qu'approche la caravane du tour de france et que se dresse le barnum de chez Ricard, l'ami de la jeunesse et de la musique à 45 degrés de joies pures. V'là !
C'est une maison d'vieux accrochées à la débine...
08:07 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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