06.05.2008

Mais en Mai, faites donc le pont !

Ah comme il fout bien la merde le petit trou du culte, depuis un an maintenant, comme il désoriente tout, envoie à l'assaut de la raison ses généraux, sa piétaille politique, ses électeurs eux même en regardant fondre le capital n'osent plus se dire que cocus ils sont car cocus ils sont nés de parents froissés comme des tickets perdant de la française des jeux. Ah comme il nous la met en modernisant à la façon de la vérole patronale qui dégraisse et exporte la valeur ajoutée en nous lançant sur les pistes humanitaires. Ah comme je l'aime, pour finir. Car voilà tout encore un peu de temps et il aura foutu un tel bordel qu'enfin "la société du spectacle" n'aura plus à s'offrir en guise de divertissement que de la charogne de pauvre décomposée par les analystes de la crise argumentée.

On m'invite à soutenir les causes les plus saugrenues, l'art, la création, les minorités ethniques, le Tibet, la Mirbanie,  les rebelles  et tais toi,  l'écologie,  les victimes  de la sécheresse, les victimes de l'inondation, le leader noir américain  aux élections  américaines,  la culture sans pesticides, les  petits  producteurs de petits pois  sans fils,  la lutte anti OGM, l'ordination de prêtres femelles,  la lutte des gays contre la tristesse  de leurs  pauvres  parents,  les victimes  de la pédophilie, les petits vieux qu'on faim qui quêtent pour les petites vieilles qui ont froids...  Ah je m'essouffle...  Trop de causes, trop de sébiles tendues, trop de petites boutiques aux devantures pimpantes, de petits commerces de quartiers où le Bobo se panse la cirrhose en se chiant dans le porte-monnaie ! Où le retraité de l'administration fiscale fait de beaux voyages !  où, pour peu qu'on soit bon chrétien, le lundi de pentecôte, on a un jour de plus pour refaire la clôture et tondre la pelouse ! Où l'intermittent fait ses heures dans les conventions EADS !

Aller autant le dire, c'est un fait, j'ai voté pour lui, aux deux tours ! Car moi aussi je pense qu'il faut réformer en profondeur le système social dans ce pays d'étiquetés, dans ce pays d'associés, d'actionnaires, d'arrivistes, d'agoniques ton clocher, d'arthropodes gueuletonnant ! Car moi aussi j'ai hâte que les premiers hoquets de l'apoplexie frappe de haut en bas la vaste maison clause au sein de laquelle depuis trente ans je me refuse à occuper un poste. Ni souteneur, ni gagneuse.

Ah qu'il fout bien la merde le petit trou du culte ! Plus vite petit ! Plus vite ! Viens viens,  j'ai acheté des capotes en braise et de la vaseline, sois pas timoré, tu vois bien que nos sphincters sont à point. 

30.04.2008

Mai ?

Je pose des pavés à Nanterre, je pose des pavés à Nanterre, je pose des pavés à Nanterre, vrai, je pose des pavés à Nanterre. Au bout du campus où auparavant je n'étais jamais venu. Que serai-je venu y faire ? Déposer chaque année une gerbe sur la tombe du pavé inconnu ? Fleurir la stèle où un petit malin aurait écrit : Cours plus vite camarade le vieux Cohn Bandit est derrière toi ! ? Pisser en pleurant sur les pompes d'un élu socialiste en lui fourrant dans le cul les épines de sa rose flétrie ? Déchiqueter à tous les vents un exemplaire de la société du spectacle, déguisé en tutu d'intermittent du spectacle et sous l'oeil expérimental de la caméra d'un chef hop' fatalement génial ? Lâcher quelques colombes devant la mine émerveillée des enfants de la balle perdue ? Et en présence des élus communistes, improbables élus communistes... Non non non ! Foin des liesses révolues, des lendemains de la veille au grand soir... Je pose des pavés à Nanterre, des parterres de pavés à Nanterre. De bons gros pavés impossible vu le poids de chacun d'eux, à balancer plus loin que la pointe de mes bottes en véritable peau de cocu. Vous avez essayé, vous d'en soulever un de ces foutus pavés ? Sans dec, en soixante huit ils étaient drôlement musclés nos actuels bien pansés. Ils baisaient moins que nous, ça doit venir de là qu'ils arrivaient à les balancer les fichus pavés. Ils baisaient moins et aussi ils se faisaient moins baiser. Ca joue je vous assure ! Nous on se fait tellement élargir qu'il n'y a guère que dans le trou du cul qu'on pourrait se les envoyer les bons gros pavés ! Je vois personnellement pas trop l'intérêt alors... Je pose des pavés à Nanterre, à Nanterre je pose des pavés, de bons gros pavés qu'un de ces jours j'en suis sûr vous viendrez piétiner, impatients que vous êtes toujours de voir le spectacle commencer.