04.05.2008
petit
Moi quand j'étais petit je me souviens... En fait non, je ne me souviens pas, de rien mais qu'importe puisque c'est causer qu'il faut, alors par exemple je peux dire sans me gourer que ma mère était une femme, à cette époque ça se faisait beaucoup que les femmes elles soient enceintes, tout à coup et que tout à coup, pareil mais un peu après elle se retrouve dans la position de la mère ouverte et sanguinolente avec au pied du lit le petit paquet langé serré. Je peux dire aussi que mon père se nommait pas Moïse et que la sage femme faisait pas semblant d'insulter la parturiente grimaçante. Tu te coucheras dans la douleur. Ce qu'on souffre quand on aime.
Ce que je peux dire de quand j'était petit aussi c'est que très vite j'ai été un garçon mais que je ressemblais quand même à une petite fille, cheveux longs et regard triste à pleurer. J'en vois d'ailleurs de ces petits garçons dont les mamans hésitent à leur couper les cheveux et le reste et dont les papas... n'en parlons pas, les papas c'est absolument interchangeable pourvu que le petit ressemble au meilleur parti possible en termes de sécurité de l'emploi.
Qu'est-ce que je peux dire d'autre encore, histoire de me rendre intéressant ? Ah oui, je n'avais pas dans mon nécessaire de voyage ce que d'aucun appellent la joie de vivre. J'étais du genre volatile sous le rapport de la durée. Autant dire que je m'employais ferme à disparaître corps et biens dès qu'un peu de houle amoncelait au dessus de ma tête un trop plein de solitude, le lait me caillait vite aux lèvres et j'en gerbais des nausées de volcans sur les costumes empesés. je me faisais mourir vite dès qu'on avait le dos tourné. Le dos tourné on l'avait par le fait qu'un bâtard à l'époque valait pas le prix d'une demi baguette même si noiraud comme j'étais j'aurai pu faire un très bon sandwich à l'andouille de vire toi de là.
Encore ? Non c'est tout. Parce que ce qu'on se raconte tous de notre chère enfance c'est rien que des conneries, de sales conneries qu'on essaie d'éfacer en tentant le diable pour se faire encore aimer de ceux qu'on a passé son temps à désoler. Fallait pas nous appeler par notre prénom, voilà tout, bien fait !
Les enfants ! Un conseil, quand on vous appelle par votre prénom faites donc comme si vous n'y étiez pas. On ne saurait reprocher à un projet avorté de ne donner en guise de fruit qu'une fleur si vite fanée.
22:31 Publié dans Blog, Mélancholie, polytiques, Rage, Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, littérature, lecture, sarkozi, mai
Paisibles
Aurons nous un jour, ouvrant la paume de notre main sur le sable retiré du fond d'une rivière, la paix qu'en définitive nous cherchons tous en haïssant le vacarme dans lequel la vie se meut comme une machine de guerre ? Non bien entendu. Nous n'orpaillons plus que l'incisif et la paume de nos mains, revenue des eaux n'est plus que le squelette d'une caresse violente. Je feins, passant, toujours passant, d'ignorer que ce monde appartient en son entier à l'ignorance des possédés. A ceux qui un jour autour de leur misère ont installé des murs, des fils de fer barbelés, à ceux là seuls le monde sourit de son sourire mauvais d'amer contentement. Suis-je moi même l'amertume du monde ? Je la porte en effet comme la bête que je combat jour après jour en m'émerveillant pour un oui, pour un nom de mes chères illusions d'aubes pâles et je vais mes doigts en éventails souples, raclant dans les courants d'eau jusqu'à ce qu'une ombre m'arrète et me détourne et me fasse lever le nez du rien auquel je rêvais en avançant. Une ombre de propriétaire privé de la caresse des vents.
Aurons nous un jour, ouvrant la vie du bout des doigts sur le sable retiré du fond d'une rivière, la paix dont nous sommes devenus les déchets ? Non bien sûr mais là est notre folie, croire que cela se peut. Et continuer d'avancer en rasant les murs tout en défrichant le ciel.
07:00 Publié dans Livre, Mélancholie, polytiques, Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : politique, littérature, lecture, sarkozi, mai
02.05.2008
Mauvaise tête
Le bruit du Monde court dans mes veines, un bruit de sang noir remontant des galeries par les boyaux d'extraction les gemmes minuscules d'un état scintillant en sourdine. Ma mélancolie, mon bitume, ma foi et ma désolation. Je pique des parois vibrantes d'où en pluies d'étoiles le sous sol de la vanité s'effrite. Au dessus piétinent les affamés mais rien de ce que je délivre des carcans n'a pour nom nourriture. Tout y sonne comme le murmure qui dit patience. Patience notre tour viendra, notre part d'insouciance, notre temps d'être tout à fait léger, aimable et chéris. Mourrons donc en attendant de naître en heureux minerai. Ne nous désolons plus de n'être pour l'heure que le méprisable pain noir. Ce pain dont on fait bombance en le mâchant de prières sourdes, les poings serrés sur l'enveloppe vide de nos existences soumises à l'enfer, à la colère et à la nuit traversée de jours maigres.
07:23 Publié dans Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, littérature, lecture, sarkozi, mai
30.04.2008
Mai ?
Je pose des pavés à Nanterre, je pose des pavés à Nanterre, je pose des pavés à Nanterre, vrai, je pose des pavés à Nanterre. Au bout du campus où auparavant je n'étais jamais venu. Que serai-je venu y faire ? Déposer chaque année une gerbe sur la tombe du pavé inconnu ? Fleurir la stèle où un petit malin aurait écrit : Cours plus vite camarade le vieux Cohn Bandit est derrière toi ! ? Pisser en pleurant sur les pompes d'un élu socialiste en lui fourrant dans le cul les épines de sa rose flétrie ? Déchiqueter à tous les vents un exemplaire de la société du spectacle, déguisé en tutu d'intermittent du spectacle et sous l'oeil expérimental de la caméra d'un chef hop' fatalement génial ? Lâcher quelques colombes devant la mine émerveillée des enfants de la balle perdue ? Et en présence des élus communistes, improbables élus communistes... Non non non ! Foin des liesses révolues, des lendemains de la veille au grand soir... Je pose des pavés à Nanterre, des parterres de pavés à Nanterre. De bons gros pavés impossible vu le poids de chacun d'eux, à balancer plus loin que la pointe de mes bottes en véritable peau de cocu. Vous avez essayé, vous d'en soulever un de ces foutus pavés ? Sans dec, en soixante huit ils étaient drôlement musclés nos actuels bien pansés. Ils baisaient moins que nous, ça doit venir de là qu'ils arrivaient à les balancer les fichus pavés. Ils baisaient moins et aussi ils se faisaient moins baiser. Ca joue je vous assure ! Nous on se fait tellement élargir qu'il n'y a guère que dans le trou du cul qu'on pourrait se les envoyer les bons gros pavés ! Je vois personnellement pas trop l'intérêt alors... Je pose des pavés à Nanterre, à Nanterre je pose des pavés, de bons gros pavés qu'un de ces jours j'en suis sûr vous viendrez piétiner, impatients que vous êtes toujours de voir le spectacle commencer.
20:01 Publié dans Mélancholie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, 68, mai, nanterre, révolutions, universités
30.05.2007
Ras la Muse !
Fait si beau sur la station off shore que la Muse, c'est simple elle passe mon temps sur l'oreiller à se défriser la toison. Ce pendant je m'alpague au coin du bois et mircole au harnais. Vous me semblez maussade aussi, vous avez le bulletin en berne ? C'est fin mai et depuis le six fait un septembre assez bien trempé avec des éclaircies sur les RTT. Cassons la gueule à ce Mai en costume trois pièces, Jogging et torgnoles. Mai soixante-huit ! Faites la fine gueule, on a le nez en trompette !
Six escrocs aux assedic, vingt millions ! Pour qui sont ces six escrocs que demande le policier ? Pour l'exemple répond le juge ! Pour le droit répond l'électeur (celui qui aime la france sinon...). Pour les Mass Médias répond le présidnet qui se demande qui sont ces personnes de minorités non répertoriées qui ont parlé sans autorisation ?
Six escrocs pour quinze ministres, c'était perdu d'avance.
La Muse m'agace avec ses talents de hourra, sa lune sous le drap, ses épaules nues... Allez salues.
23:10 Publié dans Blog, Film, Jeux, Livre, Loisirs, Mélancholie, Musique, polytiques, polytiques, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Shopping, Sport, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : assedic, escrocs, ministres, président, Mai, fadaises et mirlitons


