07.11.2009
Lacérer
Oh je sais dans mes bras la serrer, ça sert à rien, lascérer sa tristesse, ça sert à rien, desserrer l'étreinte des sanglots, ça sert à rien, lui assurer que c'est rien, ça sert à rien, repasser les mouchoirs, ça sert à rien, lui passer son Rimmel, ça sert à rien, repriser ses bas de soie, l'inviter à sortir, je sais ça sert à rien. Faire de la poésie pour user l'insomnie, ça non plus, je sais, ça sert à rien. la détourner encore, la détourer toujours, l'entourer pour qu'elle sorte des pleurs, je sais, ça non plus ça sert à rien. Mais ce rien à qui ça sert, ce drôle de paroissien qui n'habite nulle par et fait son lit de chien, au pied duquel elle dort, que quelqu'un me dise, quelqu'un qui le connaît, quelqu'un qui ne fait rien et se plaît en personne, que ce quelqu'un me dise, où il vit ce rien, que d'un rien je lui lacère ce nulle part, où elle, enfant de tant, tient serré contre son sein, l'oiseau blessé du souvenir.
(Pour Miette)
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02.06.2009
A la couch'ta!
Et ça décole ! E t ça décole ! Et ça décole du papier peint du ciel. Et ça se perd en l'air, comme un chômeur du jour. Et ça décole ! E t ça décole encore.
On ne sait que peu de là où on va mais faut qu'on y va vite, plus vite, Allez ! Et ça décole ! Décole, ça nous démange à l'entre-sol. Et nos spectres s'inspectent, s'impatientent, au motif que le sommeil est violent à venir, parfois et que les souvenirs empêchent le venue du silence des fonds.
Et l'Afrique nous offre encore, à genoux, la grâce légitime de sa jeune antiquité. Et nous la refusons, au motif que trop de beauté éclaircit le ciel noirte de nos préocupations aérodynamiques. Et l'Amérique, vieillarde à peine pubère mais déflorée à l'encan, crache ses dernières dents dans le bassinet que nos épaules soutiennent tandis qu'elle nous offre la liquidité de son Rimmel à baiser. Et l'Asie monnaie nos déchéances d'empires et de royaumes alités. Et les sous continents mesurent le chemin d'ingéniosité qu'il nous a fallu arpenter pour se perdre à ce point et ne plus habiter que des cubes aux résonnances mortifères et à voyager loin pour ne rien rapporter que du pouvoir d'achat duty free et des souvenirs pour les veufs, les veuves, les orphelins, les amis, la parentèle prise en charge par les mass médiass. Et puis tout l'aréopage des badauds collabo's
Quand elle n'est pas là je ne bois que de l'eau, parfois. Et puis après je m'en va à la couch'ta. Même si ça décole, et ça décole. Et ça décole ! Pourtant parfois, ça n'attérit pas, souvent ça n'attérit pas. D'ailleurs ça ne va bientôt plus attérir du tout. Ça va se foutre dans le décors, chargé comme une peinture de Vincent Van Gogh et qu'on en parle plus, jusqu'à demain. On en veut plus, à la couch'ta ! J'attends Gauguin, qui devrait arriver d'un jour à l'autre. Je suis certain qu'ici, avec cette lumière... Dans cette lumière.
- Mesdames, Messieurs, ici c'est votre commandant de bord qui vous parle. La compagnie Borniol, filliale du groupe Air France, est heureuse de vous accuiellir à bord de l'astronef spatio-temporel.
20:47 Publié dans Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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Digg
12.05.2009
Aimer
Je ne sais pas si l'on s'aimait ? Je ne crois pas que l'on s'aimait. Je sais que l'on aime pas ce qui est différent. On aime ce que l'on met en l'autre par petites touches de briques et de ciment. Et qui finit à l'intérieur, par faire un beau mur d'enceinte d'où l'on est certain qu'il ne pourra pas s'enfuir. Mais l'autre, qui est-il ? Une faille, une fissure. Par où nous finissons par le chasser. Vas t'en ! Lui hurlons nous, à bout d'humeurs mais c'est nous que par le subterfuge, nous cherchons à chasser. L'amour ne rend pas neuf. Aimer n'est pas nouveau.
Je sais que l'on aime que ce qui nous ressemble. Ça au moins, on sait que l'on peut le maîtriser. On croit. On dit "je t'aime" et puis l'on se taille en baissant les yeux. Car en baissant les yeux on s'offre le silence consentant de l'autre. Viens visiter mon absence, lui disons nous. Il vient. Nous n'y sommes pas. Nous n'y sommes jamais, pour personne. Ça nous rend fort, nous sommes fort du faible en l'autre.
Oui, mais moi je t'aime. Toi ! Toi ! Toi ! Et après ?
08:09 Publié dans Mélancholie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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01.11.2007
Celles-ci
C'est déjà l'heure des comptes je me dis et comme je ne fréquente plus tant la gente féminine que pour des raisons salariales, mon patron est une femme, je peux bien tirer un bilan dont le verdict sera comme il convient, peu brillant à mon égard. Me flatter de les avoir aimer est une médecine qui peut apaiser l'angoisse de n'en plus trouver aucune à qui offrir les ruines de mes bras ouverts mais en approfondissant le propos il est plus convenable de constater que les unes après les autre elles se sont taillées vers des pentes moins arides et des hommes aux vertus philosophiques apprises dans les jupes de leurs mères adorées. Je n'ai pas adoré ma mère, j'aurai dû.
Je ne parle pas de celles qu'un curieux destin plaçait sur mon chemin et qu'une union non moins heureuse sauvegardait de me connaître dans le détail de mes péripéties hasardeuses. J'ai beaucoup péché contre le sacro-saint de leur bonheur empesé mais elles ont toutes retrouvées le chemin du patrimoine quand il était temps de moins rêver et de se construire une morale de couveuse; Nous sommes ainsi fait qu'un CODEVI bien employé fini toujours par primer sur un poème mal troussé. Et des poèmes mal troussés j'en connais quelques unes qui en possèdent, un peu froissés entre deux obligations d'état et quand le ventre plein de leur bourdon se frotte à leurs restes de cigales il en est de la poésie comme de la dentelle déchirée, on fini par en faire un chiffon pour cirer les pompes de l'élu.
Celles-ci, il est tard, permettez moi cette vanité car j'aime mon âge et le temps passant me fait toujours l'effet d'un autre à faire naître. Celles-ci donc qui m'ont fait la grâce du grand jour accroché à mon bras, qui au delà de ce qu'elles voyaient de ma sale dégaine ont fait le pari "stupide" de sortir du charnier le mince filet d'innocence qu'elles avaient cru entendre au détour d'un des rares moments où je fermais ma gueule d'éccorché décroché, celles-ci il me faut leur rendre grâce même si leurs efforts ont été vains et qu'elles aussi ont choisit l'immobilier en désespoir de cause. De celles que j'ai jeté contre les murs, je n'ai au vrai le courage de ne rien dire, sinon que la cage de leur sourire confiant me rendait insuportable la vision d'un bonheur de perchoir. Elles étaient gaies pour deux, heureuses pour deux et de moi n'avaient en échange que la colère et le jouir. De celle dont j'ai eu un enfant j'ai déjà dit le peu que la forfanterie propre à l'homme m'autorisait, le reste lui appartient et l'intime n'est pas littérature.
Il y a eut celles qui dansaient sur moi et m'empêchaient de mourrir tant qu'elles même n'avaient pas piller le jardin de ma bouche. Et celles qui perdaient leurs clefs. Celles à qui j'écrivais et qui me répondaient qu'il ne fallait plus, enfin presque. Celles qui m'invitaient à ne plus repartir mais que je quittais en mensonges grossiers au bout d'une nuit d'où je sortais heureux de pouvoir déserter encore des paternités de blessures. Il y eut celles là, celles, celles-ci, toutes morsures de mes souvenirs confondus en un seul prénom. Mais l'intime n'est pas littérature, n'est-ce pas ?
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17.08.2007
Sage Femme
Si ce n'est que l'on se regarde de haut avec des airs de compassion quand on a le sentiment d'avoir été loin de ce qui grandit et que même les circonstances d'où l'on chercherait à extraire une issue comme l'on dit honorable, ne nous parlent que de conduite ignoble. Il est souvent temps de ne se plaindre que d'avoir été en dessous de tout. Cette note est là pour ces moments de la vie où l'on a honte d'inspirer encore de la confiance.
Elle avait pour elle la beauté du secret, de ce qui reste caché aux yeux du commun et ne se montre plus par crainte d'avoir encore à traverser l'enfer de l'anthropophagie amoureuse. Sa longue chevelure recevait les hommages et les laissait se perdre quand l'air tout à coup en levait les mèches brunes. Elle avançait légère et douce comme un refus qu'il était doux pareillement de prendre au moins pour quelques mots échangés. De ces mots sans sarcasmes desquels un jour naît et s'ouvre un monde moins cruel et nous rendent un peu légers à la surface de nos fusions de plomb faussement aurifères. Elle est la femme dont le monde est fait.
Je savais qu'elle n'était pas faite pour mes déserts. Je savais que je n'avais à lui offrir au milieu de mes discours qu'une couche tendue de meurtres accumulés au fil de mes razzia. Je vivais dans la folie de survivre et saignais tout ce qui alentour semblait être l'innocence dont jamais je n'avais été ni la source ni le fruit. Mais son regard, un seul éclat de ses yeux noirs avait suffit à me convaincre que de mes pillages je pouvais sortir, pillé moi-même mais avec au ventre une enfance à raconter. Elle m'enfantait quand nous faisions l'amour et la peur d'être ailleurs que dans la pensée des chiens ne me terrassait plus. Elle me berçait en asséchant le naufrage où les épaves me nommaient en ricanant. J'étais d'elle comme d'une pensée lente, sans que des serres ni de la charogne je ne sois plus l'odieux caprice.
Combien de fois l'ai-je laissée sans nouvelles ? Combien de fois ai-je oublié que c'était d'elle que naissait le souffle qui me poussait, poitrine au ciel, en avant des vieilles hordes qui m'attendaient sitôt le coin de la rue tournée et le son de sa voix perdue. Combien de fois sans la renier, qui peut nier que la lumière est là, au creux de la nuit où l'on avance pourtant parfois au timbre d'une voix, l'ai-je reléguée au rang vaniteux d'une liberté de pacotille ? Liberté de poète, songeur étripé à l'aplomb des ses orgie de mots vidés.
Elle avait pour moi le rêve d'un temps paisible. Ce temps que je m'interdisais et dont je l'ai privée comme d'un arbre on arrache les fleurs en craignant que les fruits soient plus doux que la faim.
15:45 Publié dans Blog, Film, Jeux, Livre, Loisirs, Mélancholie, Musique, polytiques, polytiques, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Shopping, Sport, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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