27.09.2009
Luc a dit!
Luc a dit : Mon pays de cocagne, mon Acadie, là d'où mon objectif préfixe les instant de grâce nostalgiques, les petits moments sans fin qui tels des perles de verre font le tintement légers des matins et des nuits profondes à la gorge des femmes, mon pays de cocagne est un meuble bas, posé entre deux fenêtres aux persiennes fermées à l'espagnolette. Trois tiroirs aux poignées de métal dépoli en scellent les secrets. tout en bas est celui des souvenirs, des clichés aux bords chiquetés, des glaçages craquelés, aux teintes passées comme des cris d'enfants vieillis. Là sont ceux que nous aimions, les jolies filles qui sont nos mères, nos tantes, des cousines, des soeurs, la fine fleur refermée entre les pages des lettres d'amour et les cartes postales où nous nous rêvions dans l'habit de pays lointains. Le second est celui où nos émotions titubent sous le choc de ce qui nous traverse là, en lisant, en écrivant, en ne faisant rien que d'attendre le moment propice où il sera toujours temps de n'en faire pas plus, l'instant où la lumière elle aussi est propice, par le trait qu'elle trace et souligne le bord de la paupière aimée. Dans ce tiroir-ci rien qui tienne en place si ce n'est l'ombre glissant tout au tiroir du dessous. Le troisième, tout en haut, celui qui enfantait, nous semblait impossible à atteindre sans réveiller la sainte colère des grands, monstres jaloux de nos éternités fugaces, le troisième ne renferme rien qui ne soit nous demain. Et demain n'est pas si loin, plus on avance, de moins en moins loin. Nous l'aurons notre habit de pays lointain.
La vie en somme, c'est commode, tant que l'on ne reste pas le cul posé dessus. Luc à son blog, eh oui ! Comment dit-on déjà ? Le blog de Luc ? Lui dit le blog à Luc
11:11 Publié dans Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
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Digg
13.12.2008
Du rififi à la frontière
"La SNCF accuse l'Allemagne de piratage !", attendez je vérifie la date ! Ouf ! c'est dans l'illustration de Décembre 2008. Je ne vous dis pas le Tanenbaum de tous les diables que ça nous aurait fichu dans la crèche si ça avait été à la une des quotidiens du jour ! De quoi geler les emplettes dans les caddies, de quoi retirer les économies du compte épargne et organiser des tours de garde autour du stock de conserves, d'huiles et de sucre et de piles alkalines... Meuh non ! c'est pas maintenant, c'était au temps où les usines fournissaient aux ouvriers de quoi se foutre sur le gueule au nom de la croissance et des surplus d'acier. Depuis la révolution industrielle, la seule qui ait un peu marché, les capitaines d'industrie ont l'art de susciter l'évènement et les peuples eux possèdent celui de s'ébahir avant que d'y aller, le coeur gros mais la fleur au fusil. La Der des Ders est jamais meilleur fille que quand on la prépare à toutes les horreurs. De ces horreurs dont plus jamais jamais... Oh non, non !
Tu croasse bien beau merle ! Qu'on me fait. Mais la volière ignore tes pitreries. Les agapes sont aux foies, aux chapons châtré comme le gourmet sur la route de Bethléem, aux zhuites qu'il faut bien croquer avant de les avaler sinon elles font du tintouin, pensez un estomac d'humain ulcéré, on peut pas tomber pire. Nous verrons après, quand les boues seront gelées, assez pour qu'on lance une offensive d'hivers sur Stalingrad. A moins que les russes ne campent sur les champs, à moins que l'Irlande ne valide sous la pression amicale du pack des Huit. Une belle mêlée en perspective ! A moins que le Pakistan ... A moins que l'Iran ... A moins que les émeutiers de Salonique ... A moins que Kazantzakis ... A moins que l'on marche sur Paris ... A moins que sans avoir rien réservé on choisisse le strapontin, au pied de la tribune officielle et qu'on attende l'envoi des hymnes et des couleurs. En sifflant les uns, en ovationnant les autres et en répetant par devers soi les paroles d'affliction d'où monte les fondations de la mémoire morte. A quoi bon se souvenir de ce qui vient si c'est pour que ça retombe comme de la daphnie, sous l'oeil rond du poisson rouge, au fond du bocal et végète pendant les bombardements.
A chaque fois que sur ce continent on a parlé de "faire l'Europe" il me semble bien que c'est d'empire, d'empiler dont il s'agissait, d'un empire avec à l'intérieur des peuples finissant par se foutre sur la gueule ! A défaut de se connaître, bien sûr. Cette Europe qui laisse la France accuser, au travers des dirigeants de la SNCF, l'Allemagne de piratage me fait l'effet de ... Brrr !
15:51 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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