31.05.2008

Trois Cent

J'ai été bien causant, causant pour ainsi dire par plaisir de causer. Entièrement voué à la cause du verbe, j'en ai brodé l'essence au revers de toutes mes faillites. Écrire pour raconter qu'hier entre le coucher et ce matin le lever, j'ai dormi avec plus ou moins de bonheur, écrire le mimétisme du grain de sable dans le désert, l'homme couché sous un porche, la haine automatique qu'inspire l'ordre révisionniste, écrire adossé au parapet des falaises la chute sans cesse finissant par faire un bruit de fiente, écrire en toutes circonstances le rien protégé par l'écorce du sens. Appuyer les syllabes aux sons et les sons les pousser à bouleverser l'invariable du morne, écrire pour que le détail insignifiant d'une vie ne reste pas sans mémoire ni sans feu et qu'au moins le lieu de la page soit l'El Dorado, le pays retrouvé, l'Ithaque de l'éternel naufragé.

J'ai été bien causant, baveux dont le fond d'un voeux est resté imprononçable. Au prêche comme à la charge, à la forge aux prises avec les escarbilles de la ponctuation et  l'odeur de soie brûlée qu'elle dégage quand on l'a posée semée jetée au vol d'une large main, sans considération pour l'arythmie cardiaque du lecteur. Son manque de souffle, son désir de comprendre le trait fort en laissant de côté l'esquisse préparatoire, cette ligne claire qui le hante depuis qu'il sait que la terre est ronde et que tout l'art consiste à redresser l'horizon au dessus de l'alignement des croix. Organique lecteur.

Alors Lephauste ! Me lance le maître mot, en voilà bien trois cent ? Trois cent qui valent pour un et un qui fait bien peu au regards des secondes écourtées, des heures entassées sous la table bancale, des journées entières enroulées au vol d'une mouche obsédée par la décomposition. 

Et pour conclure ? Pour conclure, rien qui ne puisse encore se dire sans feindre l'envie du mot FIN. 

07.05.2008

Auto Retrait

Je m'aligne, je me dispose, je me mets comme qui dirait en ordre de marche, le dos bien droit au poteau, la nuque rase et blème. S'agit de faire bonne figure devant ces messireux du comité. Je me présente phastène Lephauste, de mon vrai nom. Né le 14 décombres 1959 à Paris Seine,  à l'heure de la fin des émissions de la radio télédiffusion française. Ma mère déjà excommuniée pour abandon de virginité dans le quartier des Halles m'expulse sur les injonctions de mère Marie des bâtards, la supérieure volumétrique de l'école des sages femmes de Porc Royal. "Pas de ça chez nous ma fille !", Marie Alexandrine Boch épouse Dufour, mon aimée mémé fait face à l'avanie et maman qui n'a jusqu'alors connu le vice et l'opprobre qu'au travers d' "autant en emporte le vent", se retrouve m'am Scaaalett !

Déjà tout à fait conséquent avec le subtil équilibre entre les différentes dissymétries, puisque j'y suis et malgré quelques tentatives malencontreuses pour réintégré le saint des saints, je décide d'y rester. La pénombre de la couveuse, le petit lit à roulettes, les soupirs compassés des infirmières, ma jeune mère qui ne vit déjà plus qu'entre elle et moi, faisant des allers retours dans la nuit pour voir si je suis un peu moins noir, si je respire ou tente de reprendre ma liberté en m'esquivant de l'enveloppe. On sort de là, elle et moi. Mais on ne reste pas ensemble, à peine le temps de prendre un café gauloise au tabac du coin et je file par le dernier métro. On se reverra ! Elle me dit. elles disent toutes ça si j'en crois le clodo qui s'endort sur mon épaule alors que je viens de me caler en première, dans le wagon du milieu. On est entre seigneurs. beau début.

Je passe les années qui suivent dans l'animosité la plus complète. Tout le monde m'en veut, même les loufiats dans les bars ne me repèrent pas quand je tente de les appeler. Je passe parfois par la rue de Rosny, le piano de ma mère n'est guère plus qu'un meuble dans la petite chambre dont la fenêtre donne sur la rue et l'arrêt de bus. Il parait qu'il m'ont inscrit à l'école, alors j'y vais, c'est que des filles et encore des filles et tous les matins un "je vous salue Marie pleine de grâce, tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de tes entrailles est béni aussi..." au garde à vous, dans la cour. Montreuil est communiste à cette époque mais pas la boissière et les horticos sont de bons citoyens. Les fils de l'épicier finissent par m'arracher aux jupes des cousines et me pousse vers la communale à coups de "yellow submarine" dans le train. C'est des sales ritals pas mal rouge mais ils fument déjà des clopes, alors respect !

J'y vais là aussi mais à la faveur d'une représentation d'ombres chinoises donnée en l'honneur du départ à la retraite du surveillant général, je saute dans la boite où le squelette retombe à la fin de l'histoire et je m'esbigne pour atterrir au Maroc, v'là. Ah le Maroc ! Ses rivages enchanteurs, ses parfums entêtant, l'océan qui là bas caresse le désert et donna à mon grand père l'air d'un fiers spahi et une flopée de maîtresses; Ce que j'y fait ? Rien. Je m'en retourne donc. Ma mère à présent pouponne deux frangines qu'on me présente comme deux petites blondes plutôt rigolotes, ce qu'elles sont jusqu'à un certain point. Suis-je un bon frère ? Suis-je de plus un bon frère aîné ? A proprement parlé, non. Je joue en solo les parties écrites de ma vie pour le reste je fais un peu de play back et aussi quelques improvisations qui ont l'art  de faire tourner bourrique ceux qui s'approchent et tendent l'oreille.

Mais il n'empêche ma mère met au monde dans les liens sacré du mariage, ils vont être heureux, c'est sûr. Ils sont d'ailleurs sur le départ, direction le bled à papa... tous chialent un peu, il fait gris, je suis au mont saint Michel dans un stage intitulé "toi aussi tu vas aimer tes cousins tout neufs". C'est pas gagné, les cousins en questions vont me faire la chasse pendant des années. J'en baise un au passage, l'arme fatale ? La semelle compensée de mon aimé papa, dans le nez, le sang qui pisse, je passe pour fou. Ça m'arrange bien,  vu que de chez moi la folie comme la lime de l'évadé c'est dans le pain de ménage qu'on m'a apprit à la planquer.

Tout petit à table, attendrissons,  la seule chose que je voulais être c'est celui qui rompt le pain, j'étais bien ignare de ce qui se passait dans la nuit qui suivait, papa lui il savait, il avait servis la messe, en bon enfant. Quand j'ai su je l'ai rompu le pain, j'ai même cassé la croute comme on dit, trempé les miettes dans des liquides bouillants, pour épaissir, balancé aux moineaux des restes de complets vestons et baisé l'anneau de l'évêque une fois que l'on m'eut confirmé que l'hostie restait pas définitivement collée au palais. Son inconsistance devrait plonger le pape dans des abîmes de perplexité.

Je rentre au collège quand Meaulne réapparaît, un soir sur un banc, famélique, alors que là haut son amour surfe sur meetho... Là non plus, rien. Mais j'y remettrai bien mon vélo sur le chemin, par l'avenue et le passage à niveau, oh comme ça hein, pour voir quelques gueules, quelques bonnes têtes bancales, des anges boutonneux et des filles qu'avaient pas froid aux yeux. Des filles,  comment dire... Ah les amours enfantines, les chastes baisers où la langue se ruine sur deux rangées de dents parfaites, l'odeur des culottes qui ne se baissent pas, non ! Ze baisse pas ma culotte, ze te dis ! viens prends ma main ! Pas non plus... non... pas non plus... c'est sale ! Ah jeunes verges congestionnées dans des slows de trois heures à attendre le baiser omnibus de l'hôtel californiet ! Combien d'entre vous sont devenus ronflant avec le temps ? Combien ne sont pas rentrés un soir à cause qu'on ne les y attendait plus ?

Bon je redoub deux fois dont une avec les félicitations du comité de grève des troisièmes. A l'année prochaine ! Non,  pas à l'année prochaine. Il n'y aura plus d'année prochaine. Les usines à CAP en engloutissent une bonne partie, les autres s'égaient au hasard, peu nombreux sont ceux qui dépassent la silhouette du clocher et se perdent sur la route. A l'époque la route est encore un enfer dont nous dallons le chemin avec nos rêves d'indiens défoncés à l'eau de feu. Je me tape pour ma part deux ans dans la crème des gâte-sauces. Je tambouille, je peluche des petits légumes, je tortore, je fauche à qui mieux mieux de l'oseille lors de mes rares visites au foyer familial. Les jours où on y joue pas Beyrouth c'est que c'est Belfast.

Ma mère, pour le meilleur et pour le pire s'endure en épouse, assure le service minimum et dort dans le divan de la salle à manger où d'ailleurs elle ne déjeune plus ni ne dîne en compagnie de mes soeurs, de mon frère le petit nouveau et de mon père qui  de son côté ne rentre plus que pour faire admirer le dernier pull over qu'une de ses vieilles maîtresses lui a amoureusement tricoté. Il se bourre la gueule de plus en plus efficacement, son oedipe est en cavale et ruine la maison du bonheur. Ils allaient être heureux et puis ça c'est pas fait, allez savoir. Un petit dernier alors ? C'est un garçon, un héritier pour les dimanches. un beau garçon qui négocie chacun de ses hurlements et tente de survivre aux éboulis en alignant les pare feu du narcissisme devant tous les miroirs qu'on lui tend comme des joujoux.

Je commence à sécher le dortoir, l'odeur de la jeune chair à patrons me fout en rage. Les matons me foutent en rage, la violence de la survie me fout en rage.  Je rage pour tout et n'importe quoi. La veuve du colonel m'accueille dans un rez de chaussée pisseux qu'elle me loue contre l'argent que je talbine dans le tiroir caisse. Elle est pas regardante mais veille à la bonne tenue de sa maison en guettant mes allées et venues. surtout celles que je fais avec la fille du pompiste.

C'est la seule fille de la classe, peut-être même du bahut. Je la colle un peu. Beaucoup. on est trente à la coller. elle vient le soir en mobylette me montrer ses dernières emplettes. en général c'est du neuf millimètres, pour dame. Elle a le Baader au beau fixe et roule des patins en riant. Ce qui est un peu dangereux pour la langue mais sa salive est délicieuse. Quand elle ne vient pas je me farcis "l'empire des sens" dans un cinéma porno où ma taille déjà post pubère fait office de carte d'identité. Et là pendant une heure trois quart je me laisse étrangler, chevaucher sous la pluie par ma main gauche à qui je donne des noms de gamines innocentes mais qui ont le T shirt déjà plein de jolies choses à pétrir maladroitement. à essayer au moins. Un soir que son berger allemand dort au pied du lit en faisant des rêves de révolution prolétarienne elle me fait sauter le prépuce, me décalotte comme un paquet de Camel sans filtres et je perds totalement le sens des mesures, je suis en elle, à tenter de lui faire plaisir mais qu'est-ce qui lui fait plaisir ? Démonter une grenade offensive ? Reculasser un 38 spécial sans foirer l'aiguille ? Piller une villa de l'île de Ré ? Je ne sais plus... Je me bourre de cachetons et un soir sur le port, à côté des tours de chaîne j'évite le plongeon mortel dans les eaux sales. Je taille, le foie en décomposition, je sens la vase. Retour à la case blédard.

Sauvé par le gong, c'est l'heure d'incorporer. Orléans tours, préparation militaire, je dors à la gare, je saute, on me refile une petite médaille en forme de parachute. Papa maman nage dans la mouise. La maison, la boutique de fleurs, tout le monde y rentre, tout le monde en sort avec chacun sa part du butin. Papa se beurre en compagnie de vieilles donzelles, des mamans pour lui tout seul, maman racine dans les mots croisés, bouffe plus que des boites qu'elle planque en haut des étagères et se refait le dialogue des carmélites. elle est le couvent à elle toute seule et attend que le bourreau la tranche.  Mes soeurs s'inventent des issues de secours sans crier, toutes pimpantes, maquillées, de boites en bals et le petit dernier plonge dans la corolle de son narcisse. Puisque chaque soir le Titanic sombre dans son sommeil il s'accroche à son ballon de foot. C'est lui qui a ma chambre à présent, la chambre du Jean claude, le barjot de la route des lavoirs. Sa mère est morte alors on l'a collé chez les branques. La chambre du barjot, elle m'a tant foutu la trouille, dormir dedans en guettant le retour du Jean claude : Maaa chaaaamb ! Cà ma chaaaamb à mooooi ! Je l'ai à moitié détruite.

Gong again ! Là c'est du sérieux, direction Bayonne, un béret rouge, la coupe qui va bien dessous, loin. le treillis, la bétaillère, au pas dans la montagne, dans les villages du djebel basque : pardon monsieur ? Où est-ce que je peux trouver de l'eau ? Ils nous regardent les vieux assis devant la fontaine et haussent les épaules, savent pas, parlent pas la langue de l'occupant. L'occupant c'est nous, c'est vrai qu'on a l'air terrifiant. Avec nos flingues modifiés 59 et le barda qui nous scie les épaules. L'armée française vaut mieux se la faire raconter par Castelot et Decaux que de marcher sous ses couleurs. Des fois, sur un chemin de mule où le serre patte nous a paumé y en a un qui dévisse et balance la mitrailleuse lourde dans le ravin comme si il s'y jetait lui même. Les autres rappliquent, le sergot trouve là la bonne occasion d'être encore un peu plus incompétent et nous punit de cinq bornes à faires en plus; On est perdus de toutes façons. Les vivres sont rentrés à la caserne, ce soir c'est ration de survie... Survivre çà fait longtemps que je connais, je descends dans le ravin, récupère l'arme lourde et remonte. Je me sens mieux, l'autre pleure, permission sucrée, vingt jours de cage au retour, s'en fout,  là où il en est il croit même pas qu'on va rentrer. Il est pas le seul. je me sens mieux, cet oiseaux là c'est Avignon, tueur aux abattoirs du Mans, un doux qui voit le mal nulle part et qui se blesse tout le temps; A côté de lui je fais un peu brèle, j'ai les pieds en sang, je remonte la machine de guerre et l'échange avec lui contre mon fusil en bois de colère; On se met à quatre, on le redresse et çà repart dans la nuit tombante. La nuit dans les Pyrénées tu parles de te faire chier. Quand je pense qu'il y en a pour y aller randonner, en famille recomposée. Oh regardez les enfants... un vrai crachat de séparatiste ! Aller on se relâche pas, ce soir combat de nuit contre la section bleue, celle qui est commandée par le lieute, celui qui sait que pour lire une carte d'état major, il faut pour commencer l'ouvrir à l'endroit.

J'en sors en homme,  du séjour, à Matabiau on se séparent sans se regarder, on a fait tout ce chemin en passant par Pau, l'école des paras, les chambrées avec des portraits d'Hitler planqués dans les armoires et mon pote Azouzi que çà a rendu fou de raser les murs pendant un an, on a honte, j'ai honte, j'ai rien fait pour lui, Amhed. J'ai une belle gueule d'assassin depuis : faut qu'on se revoit ! eh les gars faut pas se perdre, hein ? Non non... Bon bah salut hein, on s'écrit au moins... Ouais c'est çà on s'écrit et pis à l'occasion... On ratonne !

Vous êtes allés jusque là ? P'tain vous êtes pas rien courageux. Pasque moi là, Ahmed, sa tête de mome tout maigre, la haine que çà lui a rentré dedans, la France... Moi là... je vais essayer d'oublier que je le suis français, bien pâle, comme il faut et me souvenir de rien  que de lui et des années de collège où je voulais rien d'autre qu'être cancre pour pas qu'il croit Ahmed qu'un jour on nous séparerait, jamais Ahmed on nous separera. 

Aller, çà moule à l'école ! 

 

24.04.2008

La Doxa des Dickça

" Je me repens de ce que j'ai fait du mal en faisant du bien, l'un est dans l'autre et l'autre englobe l'un et les deux font le tout. Ainsi ni ce que je dis ni ce que je fais ne sont autre chose que la valeur ajoutée de l'un et de l'autre. En rien on ne peut m'imputer d'être trompeur en me trompant et les éléphants ni d'Asie ni d'Afrique n'y sont non plus pour quoi que ce soit dans l'assèchement du lit des fleuves insomniaques. Je suis maitre ? Oui je suis le maître de cette multitude qui m'est comme une marâtre et me harcèle de son désir d'être courbée sur l'horizon en une arche où mon pied, pour sa joie,  flirt avec l'éternité. Je ne profite pas puisque du bout des lèvres peut-être mais au final, mes chertés,  vous m'avez choisis pour vous conduire aux seuils des églises reconstituées, aux savates de ceux qui n'en savent pas plus que vous mais vous le disent, droit dans les yeux sur un ton de droiture qui vous fait courber de plus belle. Oui je suis votre évasion, votre seule clé de feu dans ce monde en fusion. Demain sûrement (Oh oui ! demain !) on m'enlèvera de vous... OOOOhhhhhOHHHHooooooÔ ! J'aurai mon bâton de Maréchal dans le C... de sac et des anges venus en hélicoptère m'emporteront... m'emporteront... m'emporteront... OOhhooHÔOOooooHHH ô ! Alors ce soir, devant vos crânes luisants, vos lèvres sèches, vos ventres gonflés de vermines, vos regards de bocal à poisson rouge, le troupeau bêlant de vos origines, vos agents de la santé publique, vos espoirs d'un monde qui vous foute la paix en allant se déchirer ailleurs, ce soir auprès de vos tympans taillés dans la masse des médias... Je me repens d'être tout à fait comme vous rêviez d'être, le chef incontestable d'une bande de pillards des Caraïbes battant pavillon de banlieue. Heil... euh... j'ai pas mis ma main devant ma bouche,  mère ?"

Vous n'aurez pas été sans noter la présence des guillemets qui signalent le met de choix. En effet ce court extrait de pensées déviationnistes est en fait la première mouture à chaud d'une énième pression à froid des divagations apocalypcieuses du Présidnet. L'allocution-questions-réponses-hypothèses de ce soir sur tous les écrans de ceux qui en ont doit selon le nouveau protocole être précédée d'un court office religieux célébré sous le saint office de monseigneur Neutron. A cette occasion le Présidnet non accompagné de madame, comme elle est étrangère, se livrera à quelques mimiques repentante en vérifiant bien sur les prompteurs qu'il est raccord avec l'envoi de missiles balistiques en direction de la Chine. A la suite de quoi... Puis pour conclure le Présidnet se penchera sur le sort des pas d'veine et jettera en guise d'adieu quelques grosses poignée d'avoine sur l'assistance sommée de produire un orgasme collectif et significatif en termes d'audimat.

A ce soir donc, chers amis ! 

19.03.2008

Ecrit sur l'eau

Je n'écris que quand il pleut. quand il ne pleut pas où pas assez pour que des flaques se forment, je prends une douche et ainsi la page qui se forme et ondoie au fond du bac est tout à fait propre. C'est idiot mais dans ce pays qui vire peu à peu au rince doigt démocrate et au bain de siège sans lequel les fondements du vivre ensemble tournent au culturisme héroïque, je ne vois pas que les déserts de papier stériles où nombre couchent leurs souvenirs de n'avoir rien fait ni rien été puissent un jour empêcher que l'académie, les bilbothèques, les librasseries et le panthaléon soient autre chose que des dévidoirs à papier toilette pour trous du cul non fumeurs.

Je n'écris  que quand il pleut; Une petite baguette entre les doigts je vais me penchant au dessus des flaques et trace dans l'eau, sans que la boue ne se lève,  les caractères d'une page faite de ronds concentriques et qui s'arquant jusqu'aux bords imprécis, s'engrossent du monde que je décris. Ainsi, enfant,  lors même que mes tendres comparses se jetaient des talons aux orteils dans celles qui sommeillaient sur la route des lavoirs, j'attendais que leurs cris d'apocalypses sèchent avec les gifles qu'ils prenaient en rentrant,  au dessus de la cuisinière à charbon cependant qu'on les étrillait à force de savon et de secousses, vas tu te tenir enfin !  J'attendais qu'elles s'apaisent, se rassemblent et que les nuages me fournissent l'encre par laquelle  je tâchais de dire la peur de l'orage et des cris de mon père adoré jusqu'aux larmes. Je lui écrivais le temps qui passait entre nous comme un couteau de boucher, je lui disais l'attente dans laquelle je croupissais avant qu'il ne m'emmène jamais cueillir les anguilles dans ces trous d'eau que les crues lui laissaient, à lui seul et à son enfance de petit bouseux boitant. Et puis quand j'avais bien remplis ma page de tout cet illisible soluble dans le silence, ratures et cumulus,  je rentrais à la maison.

Qu'il pleuve sur la mer, qu'il bruine sur les rivières, qu'il vase sur les étangs, qu'il flotte sur les épaves de mes souvenirs, que les fossés s'aversent aux frontières des après midi de soleils bottelés, j'écris sur l'eau le feu jaillissant de mes arcs en ciel... 

18.03.2008

NaDa

Je me lève, je repousse le clavier, je vais me faire un café pour l'insomnie, une clope pour le cancer et boulotter deux trois saloperies qui traînent dans le fridge, pour que,  crevant un jour prochain on ait pas besoin de me fiche au frigo en attendant les veuves vu que du point de vue conservateurs et autres édulcorants, je ferai tout comme vous et les vôtres, je pourrirai pas avant cinquante ans. Demandez aux employés des pompes funèbres ce qui se passe dans les caveaux de famille quand il s'agit d'arrondir le nombre de participants , Même la vermine, si utile, veut pas de nous tellement on est farcis par l'agro-alimentaire. Mais je suis sûr que vous avez un jardinet près de la centrale, alors pour vous pas de soucis ! Puis je reviens, je me dégoutte d'acide sulfurique, ma peau en est tavelée depuis l'enfance  de la déjection démocrate ! 

Vous connaissez l'histoire du mineur de fond  qui se rend chez le médecin...  C'est une époque où il y a encore des mineurs  pour nous chauffer le cul démocrate afin qu'on ait pas les doigts gelés  et  gourds  avant que l'urne avale le bulletin... Docteur j'ai un truc là ! Il montre la cage thoracique. Son souffle est court comme la retraite des ouvriers de cette époque démo crasse... Vous voyez docteur je respire mal et même je crachenoir et rouge aussi... Vous n'êtes pas anarchiste au moins fernand ? Le médecin a fait un peu l'indic pour les charbonnages dans son jeune temps, çà laisse des tics. Bon bon bon ! il tapote le dos à Fernand qui pendant ce temps se demande ce que c'est anarchiss, encore une saleté qu'on trappe les jours de grève quand y a plus rien à briffer que des coups de matraques, sans doute. Ah oui là Fernand, mon bon ami, çà sonne un peu creux... J'ai les éponges flinguées docteur, la Luce elle veut pas y croire mais je l'ai le crancer, hein docteur ? Le cancer Fernand, on dit le cancer ! Oui on peut dire... Vous l'avez un peu... les radios,  voyons un peu les radios ? Vous voyez là, c'est blanc ! Ça veut dire que c'est noirte, vous voyez ? Ben ouiche, je vois bien, c'est la Luce qui veut pas voir. J'y suis à deux doigts de la retraite, vous comprenez docteur, on voudrait partir la Luce et moi, au soleil... Et je m'ai dit comme çà que trente ans au fond çà devait y faire pour la tache, le poussier,  tout çà quoi... Qu'êtes vous donc en train de me dire mon bon ? Soigné au frais de la princesse, comme un coq en pâte à sel, sur la côte d'azur tant que vous y êtes ! Ben c'est que... enfin... C'est professionnel comme on dit... enfin comme qui dirait... Oui bien entendu, on peut le penser mais dites moi Fernand, entre hommes là... La tige de douze, la gauloise, la cibiche vous en êtes où ? dix,  quinze par jour ? Ne cherchez plus aller ! Cancer du fumeur... Pour les honoraires vous verrez avec ma secrétaire, n'est-ce pas ? Et tant que je vous tiens, Dimanche votez pour moi... vous vous souviendrez du nom de la liste, culture et progrès. Bon,  je ne vous retiens pas.

Je voudrai pas vous pourrir la vie avec ces histoires, vraies, j'en ai d'autres mais la démocratie c'est comme l'ardoise magique de mon enfance, c'est raté alors on efface, on retient des noms de soldats que personne connaît, des héros dont tout le monde se fout et on attend les générations suivantes en s'agaçant qu'elles soient pas un peu plus enthousiastes à l'idée de servir un si grand idéal en chantant des chansons qui n'ont pour utilité que de vous remplir le cerveau avec des mièvreries dont vous imaginiez pas qu'elles deviendraient le fond de commerce de ceux qui pensent pour nous.

Quand au fascisme ? Bah vous mettez dans une urne un peu de bleu,  un peu de blanc, un peu de rouge, vous touillez et à la fin quand çà commence à épaissir comme du sang de porc vous rajoutez une pincée de rose et un soupçon de vert. Là,  si j'en crois la  chanson çà devrait vous faire un escargot tout chaud ! Brun l'escargot... Brun comme l'aube des mobilisations générales.

Oui mais toi que fais tu pour que çà change ? Rien ! NaDa ! Que dalle. Pasque franchement je m'en branle bien moi des mineurs qui sont toujours à se plaindre du nucléaire. quand aux cocus qui se réveillent le Lundi matin avec les doigts qui puent, la veille ils n'avaient qu'à aller à la pêche. Moi le Lundi matin j'ai les doigts qui sentent l'ablette et le gardon et la perche arc en ciel, pas la fente démocrate. 

19.02.2008

mie de pain

Pourquoi avons nous ce sentiment d'enchaînés,  consentant à voir que l'on nous ravit le monde, que la "colère" est notre dernier sursaut d' Homme libre ? Cette liberté périmée dont l'emballage traîne dans les courants d'air de la parole automate. Jaques Le Goff parle de "langue caoutchouc", je le suis.Je l'écoute et me désole que nous en soyons à suivre le cortège funèbre de la "Démocratie" en pépiant au milieu des miettes du pain rassis de l'Histoire.

Je suis l'oiseau plumitif qui,  où qu'il tourne ses yeux ronds ne voit plus les barreaux de la cage. Il n'y a plus de cage ? J'interroge ceux et celles que je croise, il n'y aurait plus de cage ? Je peux alors voler tant qu'il me plaît, rencontrer des milliards d'oiseaux qui comme moi voyagent aux hasards de leur vie, d'un pôle à l'autre, des oiseaux d'Asie, d'Océanie, d'Afrique, des Amériques, des oiseaux dont le chant étrange ne me fait pas peur, dont les coutumes m'intriguent sans me faire craindre pour la pérennité de celles qui ont cours chez moi ? Chez moi, ma branche qui attend le printemps, qu'ils s'y posent, qu'ils s'y reposent en paix si elle n'est qu'une étape, qu'au retour il la trouve toujours là, feuillue peut être, différente mais toujours là. Si je n'y suis pas, je laisserai un post it : Je suis partis au pain, je reviens de suite ! Des oiseaux d'Europe, de l'Europe des peuples n'ayant plus du tribal que des images pour les livres d'histoires sanglantes.

Mais la colère alors, si il n'y a plus de cage ? La colère amis volatiles mais c'est que l'on nous a élevés à la poudre de barreau. N'est-ce pas, à chaque repas la haine de nos merveilleux voisins, une petite cuillère de barreau. Allez avales moi ça sinon tu ne vas jamais grandir ! Et ta branche là, tu vas me faire le plaisir d'y faire poser un cadenas ! Un cadenas sur une branche ? Oui ! Sinon la patrouille signalera l'anomalie. Mais je suis des oiseaux comme on est d'un pays et la petite cuillère chaque soir,  sans que personne y voit rien je la refilait au chien,  sous la table. Pauvre chien qui se faisait du mourron pour les loups.

Alors la colère,  car ni volière ni basse cour ni batteries ni châpon ni dinde. Simplement des peuples que la colère avilit mais qui n'ont plus qu'elle pour avoir l'illusion d'une cage tombée en poussière tout en tentant de retenir les  barreaux de repousser à l'intérieur.

Bonsoir Tess... 

06.02.2008

Quiet Weapon

Joli titre non ? Je ne l'invente pas ni le concept qu'il recouvre, je le retourne simplement, comme une peau de lapin. Je l'ai trouvé sur un site dont je ne veux pas dire ce qu'il est ni de quoi il parle au juste. Pourquoi ? pour les mêmes raisons qui ont fait que lors du faux débat démocratique d'où est sortie comme un lapin crevé d'un huit reflets défoncé, la ratification par les deux chambres-lupanars, à Versailles, du mini traité maxi effets de Lisbonne, nous avons été nous qui  ne voulions pas de cette constitution, traités de frontistes et autres joyeusetés mortifères par "nos semblables nos frères". Il fallait s'oposer, nous avions raison,  à ce que l'Europe ne soit qu'une brique de plus dans le mur de la honte ultra libérale.

(Roger Waters, Pink floyd, 1979 : Look mummy there's no cloud up in the sky !?")

Il fallait pour y penser en citoyens libres et continuer sur la lancée du NON ! au référendum, lire jusqu'à ce que les yeux nous en brûlent et que notre cervelle n'en puisse plus de littérature schizophrène, les textes relatifs à la liberté des individus, la peine de mort, l'horreur suggérée par la servitude et l'esclavage, la vigilance dont l'Europe face à ce phénomène d'un autre temps, celui du "travail qui rend libre", du "block qui est ta seule patrie" se targue et ainsi semble honorer ce de quoi elle parait être faite, de peuples qui se reconnaissent égaux entre eux et libres de se parler comme tels. Et puis il fallait lire, comme dans les contrats d'embauches, de crédits,  d'assurances et autres achats, les petits caractères, les alinéas, les annexes. Ce que ne lisent pas les gallinacés, occupés qu'ils sont à picorer les miettes et éventuellement la dépouille de leurs semblables. Qui a lu ces pages dont le sens est tombé en désuétude tant leur père monsieur Valéry Giscard D'estaing, les a secouées dans tous les sens sous le nez des GoGo's du OuIIIIII !!!

Ce giscard là, grand démocrate de fraîche noblesse, nous l'avons vu tomber de son fauteuil, le dix Mai 1981. Nous avions le souffle court, nos aînés de soixante huit, ces héros, avaient initiés une révolution,  nous l'achevions, rions,  nous sommes tombés avant la ligne d'arrivée. Et je ne vois pas que nous nous soyons relevés depuis ? J'en sais même qui refont la Marne, tant ils ont creusé leur trou en faisant croire qu'ils résistaient !

Nous avions raison contre les moyens de contrôle des populations, contre la paupérisation de la main d'oeuvre des pays nouvellement entrés dans l'union, nous avions raison contre la forteresse virtuelle que l'Europe devient face à la menace d'un ennemi toujours plus métèque, toujours plus désespéré, toujours plus enragé à détruire ce bonheur que l'on nous propose d'aimer sans y réfléchir. Notre bonheur de blancs craintifs et sur-endettés, fielleux, haineux à point. volailles toujours à deux doigts de la lèche-frite. Qui veut saucer ?

Soyons donc cette arme calme si possible, ce "couteau pour trancher le pain de l'amitié" dont parle Ferré. Car rien n'est dit, car rien n'est fait. Ils nous dressent les uns contre les autres ? Et alors ! Regardez seulement comment autour d'eux ils installent la force et le glacis de la répression et demandons nous pourquoi ils ont peur à ce point ? Serions nous si dangereux? Ah mais non ! C'est qu'ils veulent simplement nous protéger contre nous même !

Lisez là cette constitution ! Le détour n'est pas vain comme il n'est pas non plus vain de dire encore et encore que la démocratie n'est plus le moins "pire" des systèmes politiques. 

21.01.2008

Par ici la sortie !

Mes dames, mes sieurs ! La visite va s'achever dans quelques instants ! Le musée de la Démocratie ainsi que toutes les équipes qui concourent à le faire vivre, malgré l'oposition farouche des rouges,  vous remercient ! Attention à la marche en descendant du train ! On est prié de déposer à l'accueil location,  les lunettes panoramiques en peau de saucisson ainsi que les casques HF !  Nos charmantes hôtesses se feront un plaisir  de proposer  aux plus nostalgiques d'entre vous des enregistrements authentiques des débats nocturnes à l'assemblée nationale ! Très relaxant ! Pour les plus petits nous avons aussi avec le soutien de la fondation "France terre d'exil" conçu un jeu distrayant totaly avaiable sur plaies station ! Il consiste à éliminer en un temps donné plusieurs milliers d' aliens tout en suivant avec une assiduité toute citoyenne les débats télévisés sur "doigt d'lhom.com" ! Une version pour femmes voilées est en cours de préparation et attend l'aval du ministère de l'intérieur et des cultes. Tout un ensemble d'objets délicats à l'éfigie de notre vénéré présidnet sont aussi à votre disposition et celà va, tenez vous bien ! de la sucette super giant accompagnée de sa loupe, huuuuum ! au DildoNico en passant par l'atrappe nigaud, vous secouez l'atrappe nigaud et il neige de Bagdad à Louxor en passant par la Loraine,  tripoli... Car avec le DildoNico le trou du cul est plus beau ! 

Mesdames ! messieurs ! Pour conclure personnellement et en ma qualité de surveillant en chef des espaces de liberté à cloisonnements génétiquement limités, je voulais vous rappeler que toute résistance est inutile et que jusqu'à la sortie définitive de l'espace ludo-éducatif que constitue l'enceinte électrifiée de ce musée du temps présent, il est convenable de garder les mains bien en vue sur la tête,  de rester groupés et de ne pas s'éloigner des files d'attente organisées devant les caisses enregistreuses d'empreintes électroniques. Notez le bien ! Cette visite valide vos droits à la sécurité sociale pour une année suplémentaire, pas plus de deux DildoNico par unité  de reproduction de la race,  attention à la marche en descendant du train  et ...  N'oubliez pas le guide  !

"Do We Clean This Place ?" (extrait de l'allocution de monsieur Tom Cruise devant une assemblée de l'église de scientologie, visible sur le site de Libération.fr). Inutile de répondre à la question. Les nombreux membres présents l'ont fait pour nous. Il est bon en bons démocrates de déléguer un peu de ses pouvoirs de citoyens libres et égaux en droits et en devoirs. Cela permet de faire les soldes, l'esprit en paix et ainsi de régler le délicat problème du "pouvoir d'achat".

Un petit mot pour conclure (C'est jamais fini alors ?): A l'adresse de ceux qui se pâmeraient d'aise à l'annonce de la baisse de popularité du présidnet dans les sondages glausques, qu'ils ne sautent pas de joie sur une mine réjouie avec l'air anti personnel de la majorité silencieuse. Cette baisse je crois est due au mécontement de la frange des électeurs d'extrème droite racolée lors de la campagne présidentielle. Ceux que l'on nomme pudiquement dans les média "l'électorat agé" et qui n'est ni plus ni moins constitué que par ceux et celles qu'entre autres monsieur Hortefeux, Mariani et j'en trépasse,  représentent avec brio. Tous vieux ? Toutes nostalgiques ? Toutes et tous encartés au "Frente Nazional" ? Fichtre non ! Y a de la taupe la dedans !  

20.12.2007

Who's Où ?

Farlamouille et saxiphrages velues ! Vous posez parfois de ces questions !

Hum ! Hum ! J'aime bien faire hum ! hum ! Car quand je fais hum ! hum ! Je ne fais pas ho ! ho ! Ce qui déplait fort à maman qui elle avait la religion du ha ! ha ! Quant à père il avait le sourire des enfants qui croient que le bon dieu est fait à l'image des boiteux. Père boitait,  comme dans la chanson de  madame Mireille. Mais depuis qu'il a enménagé boulevard des allongés, père ne boite ni ne boit plus; C'est parfois triste.

Hum ! hum ! donc. Est-ce là ma photographie sur l'angle gauche de la page d'accueil ? Est-ce en d'autres termes, une phaustographie me représentant tel qu'en moi même ? Hum ! Hum ! et bien... Non !  Mais la main oui c'est bien la mienne, la cigarette aussi (ce bloog est un bloog fumace et fumeur), le nez m'a été offert par mes parents, gens de bien si il en est, la mine de déterré je l'ai eue en kit mais le plus interressant et en celà Valéry votre question vaut son pesant de ronds, cette photographie en pieds (pour ceux qui ont la technologie idoine) est une vraie photographie de chapeau, réalisée par la seule spécialiste de ce genre particulier entre tous j'ai nommé p'tite F... G... de J... le P... Naturellement çà a pris un temps fou, des moyens totalement pharaoniques et en réalité le budget annuel du musée d'art moderne de la ville de Bagdad a été entierement engloutit dans l'aventure. Ces Irakiens se sont découvert une passion dévorante pour l'art abstrait. vous voilà rassuré, j'espère bien.

J'ai tâté de la vie par l'élixir des morts.

Ma jouvence dormait sous le granit.

Mon ciel était sous un saule pleurant de joies infimes.

Je voulais une maison pour en faire le tour

Les soirs où la terre me semblait une fosse.

Je voulais une maison on m'a offert le monde

En m'en voilant une à une les portes.

J'ai tâté de la vie par le sein des sanctuaires.

Et le granit m'a rendu mon enfance.

Et du ciel me sont venues mes racines.

 

Voilà pour vous, voilà pour moi, voilà pour nous. Car c'est bien de nous, indistincts et multiples que la vie retire l'essence de ce rien que nous sommes quand le spectacle meurt de l'artifice et que nous ne faisons que vivre côte à côte. 

   

30.11.2007

A l'Ouest

Il suffit en somme de ne pas croire ce que nous vivons pour nous trouver en conformité avec la docte parole de ceux qui se préparent à plumer la dinde.

Noël est à deux pas de là et la paix sociale passe par le panier que la ménagère de moins de cinquante ans tentera encore une fois de remplir, credit card en main, dans les rayons du hard discount le plus proche de son domicile. Nous ne travaillons pas assez, les banlieues brûlent de vivre à l'unisson de la consommation de masse, la police est victime de la violence de quelques voyous qui déshonorent la digne servitude de leurs pauvres parents. Quelques hommes de paille, au milieu desquels on a habilement disséminés  quelques femmes de chiffons nous délivrent quotidiennement le même message à l'attention de ceux qui aimeraient bien de temps en temps, puisque apparemment c'est tout ce qu'il leur reste à ronger, qu'on leur fiche la paix. Mes mil euros par mois sont ils à la source de la faillite du système capitaliste ? Si oui comment puis je faire pour qu'il s'effondre définitivement ? La question est pressante. Le message ? Ah oui. Il est simple :

Enflures de salauds d'indignes crevures de saletés de pauvres, vous faites tout pour que rien ne marche, alors rien ne marche. vous ne comprendrez jamais rien à rien et c'est pour cela, infâmes canailles que nous allons être bien obligés de vous priver de ces privilèges exorbitants par lesquels, sournois indigènes, vous détruisez la démocratie pourtant si chère à nos coeurs chagrinés. Ordures, vous nous faites trop de peine !

Excusez moi pour la vaine crudité des mots mêles de fiel mais j'ai vu tant des miens claquer d'avoir seulement été du mauvais coté de la geste immémoriale de la rapine cynique que parfois je me dis qu'il faut cultiver la colère comme une mauvaise herbe et rêver qu'elle envahisse les parterres et les palais que nous leurs offrons. Ils ne se souviennent pas que parfois il nous est arrivé de leur souffler tous ensemble, si fort dans les bronches, qu'à Varenne et ailleurs ils faisaient la queue pour se faire raser de près. Je sais,  c'est vilain de les rêver la perruque un peu de traviole et les chausses farcies de chiasse mais je ne peux pas m'empécher de penser que la chappe de plomb sous laquelle nous planquons ce qui nous reste à vivre a par endroit des points de faiblesse et qu'il suffit ça et là d'y placer un peu de notre humanité pou la soulever et comme dirait l'autre de se lever d'entre les morts, un peu debout. A l'Ouest peut être mais debout.