20.09.2009

Chant de foire

Il nous a fallu distinguer parmi des multitudes d'objets orgiaques lesquels nous convoitions, desquels nous ne saurions plus nous passer pour vivre pleinement ce qui était sans profondeurs, cette vie de joies vaines. Enfant nous nous soumettions par le subterfuge du mensonge à l'appât que l'on tendait, presque à portée de nos rages mornes : A-tu été bien sage ? Enfant nous regardions autour de nous la sur-brillance des procédés de l'envie. Qu'ils étaient grossiers. Qu'elles étaient grossières les ficelles qui retenaient la "queue de mickey". Qu'elle était déjà débile cette rage de vouloir être aimé pour ce pire qui gouvernait tout. Tu l'as eu mon chéri ! Nous l'avions eu, cette étoupe de laine, ce chasse mouche sans esprit, nous l'avions eu et c'était nous qui venions de nous faire avoir. Mais la joie criarde de la fête foraine, la fête qui plus sûrement que toute autre invention humaine, vous fait les poches, démonte au petit matin et s'enfuit alors que tout le monde dort et rêve qu'il la eu, que c'est lui qui l'a eu et pas l'autre, cet autre qui ne méritait pas. La joie criarde nous vidait le coeur et nous forçait à aboyer après tout ce qui n'était pas notre bonheur falsifié. La morale veillait pourtant, à chaque fois que nous laissions tomber un objet adoré, la morale se chargeait de vérifier que nos mains étaient propres, nos ongles taillés et qu'après nous allions bien faire notre prière. Que ceux qui se targuent d'avoir échappé au rites (Dieu merci!) ne rient pas trop fort, le catéchisme qu'on leur a enseigné n'est pas moins risible. A contempler souvent les effets de leur nihilisme égoïste, je me demande pourquoi Dieu créa le reflet, puisqu'ils n'en tirent pas même un tant soi peu d'amour.

Et puis comme rien ne s'arrête à l'enfance, au dressage et à la récompense due aux hypocrites, ils nous a fallu désigner ceux par qui nous allions afficher notre réussite, ceux que nous honorerions, en tant que morts, on pourrait leur faire faire n'importe quoi, à genoux devant eux mais l'esprit vif et prompt à moquer ce par quoi ils nous gouverneraient sous le masque divin des idoles. Et là une liste déjà s'allonge, une liste industrieuse, toute soufflant le soufre, les acides, les odeurs de sainteté, les abstractions philosophiques, le méat suppurant d'un dieu laid. Laid comme un Dimanche aux abords des parkings. Nous nous privâmes, pour un peu de paix usurpée, de la joie des bêtes. Et nous nous mîmes à empiler des croix sur des croissants, des croissants sur des étoiles de David, des S redoublés sur des faucilles et des marteaux, des doctrines malingres sur des diktats risiblement assassins; Et les uns disaient : Dieu est avec nous ! Les autres répondaient : Dieu ? Mais il n'existe pas. Ce à quoi avec un peu d'humour, ceux qui pendant ce temps étaient partis à la pêche à la ligne, répondaient : C'est pour cette raison qu'il est avec eux et en vous. Tiens, j'ai une touche ! Et la liste toujours s'allonge, de la terre à la Lune et de la Lune au néant, avec billet de retour assuré pour le Dimanche d'après la sainte apocalypse. Nous avons fait ainsi, oubliant que dans l'enfance nous jouissions en secret d'échapper parfois à l'épreuve du bain et de puer comme l'original que le débris d'objet fait rêver à l'ailleurs, nous avons échangé le besoin de nous appartenir contre les murs muets du contentement de soi. Et ainsi sains et saufs, au bout de la table dressée par la solitude, nous jouissons en souffrant de vivre sans aimer, sans l'être, même secrètement.

Ce matin, dans les rues de la ville, en bas près du centre, j'ai vu des enfants vendre leurs jouets et s'agiter fébrilement autour de quelques pièces qu'ils comptaient et recomptaient. C'est attendrissant un enfant qui a déjà compris que même les rêves ça peut se monnayer.

 

08.06.2009

La non demande en suffrage

Je demande à ce que pour un temps indéterminé, les conflits armés cessent leurs activités ravageuses. Impossible d'inventer dans ce foutoir !

Je demande à ce que l'état de marchandise peu enviable ne nous fasse plus envie.

Je demande au médias de masse, toutes couvertures idéologiques confondues de ne plus servir d'emplâtre et de fond de teint à ce vieux sac de vieux noeuds électoraux, cafardeux et démocrates, par comodités.

Aux même je demande de ne plus relayer les désidérata de l'audimat. Aux même je demande de se saborder en un geste hautement républicain. Aux même je réclame mon temps de cerveau en disponibilité. Aux même je rappelle qu'il est néfaste à l'exercice de la liberté de s'exprimer, qu'elle ne serve qu'aux oiseaux rares de la redite. De la redif. De la racole. Du radoub. Et du rab.

Le développement du rab. Voila qui est pour nous plaire.

Aux auteurs de discours je demande de lire et relire toujours dans le réel, ce qui ne peux s'écrire en termes de théories appliquées contre la souveraineté de l'humain sur la masse. Aux même je réclame le prix  du sang versé, au poids de l'encre et des feuilles envolées du viol des livres d'histoires.

Je demande aux élus de considérer l'apparat, le fauteuil et le siège comme le devoir de  s'accrocher un peu moins aux tentures, à l'heure de dégager. Je leur demande aussi quelle est pour eux, en sens, la valeur des mots qu'ils nous détournent d'honorer. Je demande aux politiques, les deux du même sexe, celui qui préfère le repiquage des carottes aux semis de cresson, d'aller un peu moins partout et nulle part pour nous. Aux même je demande de ne pas plus se croire que nous les croivions avant. Je leur demande même si un César, à l'occasion de leur compression prochaine, ferait pas leur affaire.

Je demande à ce que les enfants soient remis à leur place, là où l'on ignorent le haro des frontières, les glacis, les méchantes bègnes, les tornioles, les heures seuls, à détruire sur l'écran ce monde de vieux divorcés. L'heure d'avoir la clé autour du cou, comme un bourgeois de Calais de Huit ans. Je demande à ce que soient jugés ceux et celles qui pensent qu'un enfant entourés de policiers est un argument de campagne. Je demande à ce que la violence idéologique faite aux enfants soit réprimée et leurs auteurs encagés. Je demande à ce que les enfants soient remis à leur place, délicatement et avec affection, si possible.

Je demande à ce que pour un temps nous prenions le temps de réfléchir à ce que nous sommes et à ce que nous voulons en faire. Je demande à ce que nous cessions de nous entretenir des derniers développement de l'arrivée du soleil sur les plages tout en nous dégoûtant du monde tel qu'il va, pas si mal :

Comment ça vasss !!! Pas si maaÂaaal!!!

Je demande aux écologistes de manger un peu moins de foin et de donc, nous en faire un peu moins sur le sujet de leur réchauffement climatique et sondagier.

Je demande à tous les CRS qui sont dans la place (et autour de la place) de s'emparer du dit Daniel Schönn Bendit et de le rapporter au doyen de la Sorbonne. Qui l'avait, pour la petite histoire, déniché dans un vide grenier, on a ses lubies.

Je demande à Alain Krivine une auto critique sur le mode marxiste léniniste et sans lacets et sans bretelles et sans ceinture, à propos de la montée fulgurante de son gendre dans les chart's.

Je demande à la majorité présidentielle de se recompter sans triche, afin que nous ayons un peu les idées plus claire sur le poids de la bête à culbuter au détour d'un fossé historiquement photogénique. Si ça se trouve c'est de l'ordre du cancrelat. A vos talons citoyens !

Je demande sincèrement au parti socialitaire une disparition prompte et honnête. Du genre : P'tain le François ! Comment qu'il nous l'a mise, la p'tite carotte.

Je demande à la France qui avance de ne plus regarder ses souliers quand elles marche dans le vide. Pour ceux qui n'ont de souliers que dans leurs rêves d'arpenteurs de solives, je demande de ne pas perdre la posture. Marcher sur la tête offre des paysages pubiens de toute beauté.

Je demande à la fille ainée de l'église de renoncer à sa part d'héritage. Et je me demande pour quoi je fais pas de la politique ?

- C'est pas parce que tu voulais être poète ? Me rétorque mon fils, qui a de la suite dans les idées. Être ! Être, tu en as d'bonnes !

 

 

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07.06.2009

Lazaret

J'ai dénudé les parois de la caverne, le parloir de la solitude. J'ai fait qu'à Lascaux comme au Tassili l'homme ne soit plus le fruit de son milieu puis je me suis peuplé d'un surplus d'ombre tout en en appelant à la lumière, la pâle lumière de l'entendement humain. J'ai redéfinis l'espace de la caverne en un labyrinthe de voeux et de désirs maladifs, je me suis invité à des célébrations creuses et sonnantes comme le glas et les prières de lamentation. J'ai pris à pleines mains les cendres chaudes de la haine de soi et m'en suis fait un fardeau pour les épaules, là où pas d'ailes battent comme la matraque. J'ai marché alors, vouté mais j'ai marché, autour du pourtour de la caverne, entre les enseignes, les vies promues à de promptes soldes, les rognures du règne animal, les flores carnivores. J'ai marché en maugréant, de la colère moussant dans la salive, j'ai marché, même face contre terre j'ai marché. Et beaucoup d'assis, de fauteuils profonds ont croisé ma route et beaucoup d'enfants m'ont moqué car je leur faisais peur. Et de nombreuses allongées nonchalantes m'ont seriné le tendre dard du désir. Mais je marchais, allongé à leur côtés je marchais, je continuais à marcher. J'ai jeté à la mer un peu des cendres, aux rivières un peu de cendre, aux ruisseaux je faisais des moulins d'un bois mort et de quelques plumes abandonnées. Mais mes épaules ne se redressaient pas. La caverne malgré les appats du labyrinthe restait une voute, sous laquelle comme à Lascaux, comme au Tassili il faut pour vivre en son milieu savoir un peu du chemin des étoiles.

Alors je me suis arrêté devant une porte, engravée de plaintes et d'appels, au dessus de laquelle un panneau disait : Lazaret. Et  je me suis assis au bout d'un bas-flanc sur lequel reposaient les empreintes de nombres de marcheurs. Des empreintes qui attendaient qu'on les chaussa. Pour que l'homme ne perde pas de vue, sous son manteau de cendres qu'il n'y a qu'à marcher qu'il s'entende encore comme un être gratuit.

Question de mon fils, l'autre Dimanche : Dis moi un truc P'pa, pourquoi tu ne m'as pas encore appris à voler une voiture? Ça doit être parce que tu m'as dit que tu voulais devenir luthier. On s'en sort parfois comme on peut, avec son passé. Et avec les questions embarassantes de ceux qui seront sans que nous y soyons.

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27.05.2009

John Lenine

John Lenine est mort ! Et pendant ce temps là le parti socialite caracole à Rezé, les nord-coréziens tiredemissile dans la direction de Séoul, la secrétaire d'état met en garde Pyong Yang, à Durango le cadavre d'un journaliste politique à été retrouvé intact, le président russe appelle à agir d'urgence, Madame le Gouverneur mange du coeur de phoque réglementé, un ministre lance son petit pavé dans la mare où les grenouilles frémissent d'aise et caquettent, poulopent jusqu'à la page people de leur quotidien de rassis mal assumés, le ministre se téléporte et en grand malade du siphon propose le télétravail aux ouvrières de la grande distribution de carottes en arguant du fait que lui-même, grand atteint de la promospère d'influence vient de réchapper à la grippe porcine mais que ça ne l'empêche pas de bosser à la maison, Julien coupat serait éventuellement élargit de l'étreinte câline de la justice rendue par les cellules spéciales de la sécurité nationale socialite, les seules que Madame Alliot-Marie garde fraîches, grâce à son nouveaux spray neuronal et à l'inflexion ascendante des courbes sécurisées par voie de propagande, mademoiselle Yade attend patiement son départ pour Strasbourg et est allée présenter des excuses aux Inuit, les bretons ont toujours des chapeaux ronds, les Tigres Tamoul ont disparus du pas de tir, Ingrid Bétancourt court toujours, dans quelques jours les américains débarquent à la Normandie et ont promis que si il faisait pas trop moche, ils pousseraient jusqu'aux Deux Sèvres, afin d'en déloger madame Royal et son armée de Chouannes aux chatoyantes couleurs de dames patronnesses à la saison des amours. La terreur règne, la Gauche caviarde ! Le mois de Mai joli rossignolet finit dans le tajine, la mère de la soeur d'un pote se découvre une passion tardive pour la lutte des classes, pendant ce temps là je reprends le collier au fond d'un bouclard, à Gauche, côté cuisine, c'est bientôt l'été et c'est chic à lui de revenir comme ça, tous les ans, c'est chic ! J'aime bien raconter des salades, si ça vous chiffonnent pas trop, Jean Tibéri va faire appel de la décision de l'arbitre et tenter de faire rejouer le match Pasqua/Coquin, le Général Néral sera dépéché à Tarnac afin d'y négocier la revente d'un bon stock de fers à béton, le pape n'a rien dit, en Israël on note un fort accroissement de la population raélienne, je me sens pâle ... Je ... Mais non ! Moi je ...

- Tiens, à toi je peux le dire. Je sors de chez un toubib de réputation mondiale dans l'amputation du budget vacances, il parait que j'ai une socialite carabinée, doublée d'un syndrome Ardèche, genre congrès de Tours.

- Tu veux qu'je te dise, je me disais aussi, il a pas bonne mine le John ! Terreux je te disais. Mais ça se soigne si je  N'm'abuse ?

- Oui, par le rire.

John Lenine is dead, le petit monde du Rock reste coit, pas un mouvement de paupières, aucun frémissements dans l'assistance. nous avons su rester jeunes, nous saurons rester digne ! Johnny ... ta mémoire, l'engagement que tu as su manifester à chaque fois que sous HADOPI nous planions en écoutant l'Airplane, la puissance régénératrice de tes riffs, le roboratif de tes textes, la poésie lubrique de tes déhanchements, OOLA OOP ! La révolte qui en toi grondait et qui passant à la caisse, nous faisait fondre d'espoir blette. Tout cela et le reste mais j'ai plus assez de place pour vanter ici tes mérites agricoles, la PAC te doit tant ! Tes appels martelés au 118 ... Yes we Could but ... ! John is cané, couic, trépassé, à dache mais au paradis des chanteurs dégagés il restera toujours une balle pour la maison mère. Alors je la mets dans l'enveloppe, je lèche le Debord, le timbre, j'appuie bien du poing, pour les empreintes numériques et je vais faire un tour, je passe comme par mégarde devant la boite, je fais semblant de relacer mes lunette, je donne un coup de talon furtif à droite, à gauche, à l'extrème droite et à l'extrème gauche, je fâche personne et je te fous le courrier anonyme dans la fente. Ça se met à clignoter dans tous les sens à lors je carapate à toutes blindes. On sait jamais.

20.05.2009

Nautonier

Un mot, un seul mot qui puisse arrêter le temps. Un mot hors la loi et qui l'est toute pourtant, la loi. Un mot vous tracte au travers des embarras que l'on trouve à vieillir, la succession des heures est mortelle comme est mortel l'ennui d'avoir toujours à faire ses preuves de vivant. cette année encore c'est décidé, ce sont les merles et les ramiers qui vont bouffer toutes les cerises. Ici on se refile le panier. Faut en prendre sinon... C'est les merles et les ramiers qui vont encore toutes les bouffer. Personne pour oser dire : Ces cerises ? Mais, elles sont aux merles et aux ramiers ! Pourtant c'est bon le ramier. Faudrait les tirer les ramiers ! Les plumer, les vider ... Et les merles, on en fait quoi ? Laisses les siffler, on achètera des oeufs de cailles. Parce que au prix du kilo de cerises, ferait beau voir qu'on y aille pas en caddy à bigarreaux land. Non, rien à propos des grives. Et pour les petits pois à la parisienne, comptez pas sur nous pour vous les écosser. Pourtant le ramier, avec des petits pois...

Ce mot c'est Nautonier, un cercle notablement vicieux et  nautique dont il ne faut attendre rien de bon que des records de noyades. Passeur ? J'y suis, j'attends. Viens t'en à la godille, à la bourde croises auprès, la berge est bourbeuse et je me sens seul et saule sous la pluie de mes cinquante verges. Nautonier, lourde est la charge de vide que je concède à tes marinades mais viens t'en avant que je ne puisse plus me souvenir que j'étais piètre nageur, grand mangeur de cerises, de petits pois et de ramiers. Quand je ne rêvais que de naviguer encore et encore, les pieds nus dans la sagine et le front posé dans les brassées de fleurs de ma grand mère :

"Ils sont dans les vignes les moineaux ! Ils sont dans les vignes les moineaux, ils ont mangés les raisins, ils ont chié tous les pépins !

Ols so do lo vogno lo mono ! Ols so do lo vogno lo mono, ols o mojo lo roso, ols o chio to lo popos

Ils i di li vigni li mini ! Ils i di li vigni li mini, ils i migi li risi, ils i chii ti li pipis

Uls u du lu vugnu lu munu...

C'est chié aussi, les moineaux.

22:00 Publié dans Mélancholie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, europe, politique | |  del.icio.us | | Digg! Digg

17.05.2009

Ex Nihilo

Cette page ci est pour ceux qui ne savent pas lire. Autant dire : Tournez la vite si vous êtes arrivé à en déchiffrer la première phrase. Et si la suivante ne vous a posé aucun problème ni causé aucune migraine alors déchirez la, faites en un avion, une boulette, utilisez le verso pour la liste des commissions, reprenez le cours de vos vies. Elles valent bien le temps passé à s'absorber dans le futile exercice de la lecture. Vous même n'avez vous pas un subtil Athanor où mijotent des formules dignes des plus délicats sénacles ? N'êtes vous pas vous même, bons diseurs, conteurs de bonne espèce, artistes ? Créateurs peut-être, qui bien qu'un peu de réforme, apporte sa pierre au moulin et aux averses son lot de sanglots lustrés ?

Oh que ma peine est grande ! Oh que mon chagrin est illustre ! Oh que ma voix est donc bien unique ! Oh que ma joie est assez modeste !  Oh comme je me hais de m'aimer ainsi sans que personne n'y veuille prendre garde, plus que pour me plaindre d'échouer si près du but !

Mais quel était le but ? De cette page, le but était de ne pas rester vièrge plus de temps qu'il ne faut pour la faire pâturer par l'ignare de service. Celui que je suis en ne m'intéressant à rien, qu'à ce que j'en dis. Et ce que j'en dis est d'un venin âcre aux papilles, indigeste, impropre au repos. Le lieu où nous reposerons n'existe pas. Alors nous courons à la ligne et d'un doigt humide nous tournons les pages d'un livre que nous aurions mieux fait d'écrire tant est stupide l'emploi improbable que fait l'auteur de la formule latine "Ex Nihilo". Un titre ça ? Mais non ! Du sens mon ami ! C'est de sens que nous nous nourissons ! Faites sens, nous nous chargeons du reste. Mais quel était le but ?

De but je n'en avais pas. Si peut-être, dormir. Dormir jusqu'à ce que mort s'en suive. C'est à dire passer, passer sans faire de vagues dans le regard ennuyé du monde. Ici gît la nuit passée qui me vit impuissant à en finir avec la veille et avec l'avant-veille et avec tout ce qui dégorge des goutières percées du passé, quand on tente de fermer les yeux.

10.05.2009

Le pain des songes

Là ? Ça va. Là aussi et puis ici rien à signaler. Ici ? Non rien ici non plus. Tout va bien alors ? oui, jusqu'ici, tout va bien. Allons mes oeillères ! En place mon joug ! Qu'on m'équipe ! M'entrave ! Me soigne, m'étrille ! Je veux vivre ! Et pour cela je veux oublier le feu de crassier sur lequel, benoîtement nous avançons. Ô qu'il est donc doux de vivre la tête bien au fond du bocal à cornichons.

- Bonjour madame la boulangère ! Non pas de brioche aujourd'hui, vous reste-t-il par hasard un peu de pain de songe ? Quelques miettes suffiront, on se nourrit de peu quand on a fait comme moi le choix de mourir maîgre. Pâques ou pas ! Pac's ou pas ! PAC ou pas ! Ou pas ... Non même pas quelques ch'tites miettes pour la déglutitions des âmes sonnées ? Des brimborions de rogatons de croûtes, pas même ? Faut s'inscrire ? Ah oui bien sûr, sur les listes ! Qu'on me scrute un peu avant que de racler la nappe. Faut aller voter avant que de croûter.

Bon, où sont les candidats ? Tiens celui là par exemple, présente beau, socialiss tendance horlogère et puis a l'air de s'y connaître en détournements de fonds. Et elle, dieu du fiel mais c'est une femme ! Il nous faut des femmes au pouvoir ! Seule les femmes s'y connaîssent ... Golda Meir ... Margaret Tatcher ... Anne Lauvergeon ... Michèle Obama-Alliot-Marie ... Bernadette elle est très chouette mais Rachida ... et Albanel elle est dans ELLE. Mais je ne devrais pas, je sais que je ne devrais pas, à cause de Marie qu'àd'ça (circonstances atténuantes ... Elle était jeune et belle, comme de bien entendu !). Et lui là ? Pas mal ! Pas mal ! "L'Afrique n'est pas rentré dans l'histoire", c'est vrai c'est l'histoire qui lui est rentré dedans et pour le constat amiable, on envois les casques bleus. Faut aller voter qu'on me dit, sinon tu casse pas la dalle ! Oh alors si c'est comme ça, j'y vais pour Dieudonné ...

Fichtre, blatte, boulette et quenelles mais t'es pas rien concon ! Tu veux que ça soit des fachos, des nègres zhitlériens, des camerounais de là bas, de Dreux en plus ! Mais tu dérapes, tu dévisses, infréquentable ! Bien oui, mais moi il me fait un peu rire l'anti-sinistres et puis je crois il fait pas de la moto dans l'arrière pays cannois, alors je me dis... Tu te dis rien ! Tiens tu prends ton ticket resto du coeur et puis le pont de singe tu le franchis dans l'autre sens ! Et tu fais gaffe hein, quand tu sera au milieu. Ca glisse un peu.

05.05.2009

Un chien

Il y a là bas un chien, je l'entends depuis une heure, la fenêtre est ouverte, ses jappements harassent la nuit. Ce chien je le connais, c'est une énorme bête, vieille, noire et feu, un chien qu'on a mis là pour qu'il garde ce qui en rien ne le regarde. Un chantier avec des engins, des tonnes de sable de gravier et quelques milliers de litres de fuel, pour les engins. Il jappe avec la régularité qu'impose son métier, faire peur et mordre, tuer ? Il le ferait puisque personne ne s'occupe de lui sinon pour ce qu'il représente, la force brute. L'homme aime à déléguer ce que son statut d'être divin lui interdit d'assumer, tuer. Quoiqu'à croiser quelques uns des regards qu'une seule journée vous fait traverser en ce moment on pourrait croire le contraire. Des regards d'assassins passifs et désemparés.

Depuis que j'ai commencé de parler de lui, il s'est arrêté de japper, pas l'homme, le chien. C'est peut-être que tout à l'heure en me promenant j'ai essayé de lui parler par dessus les barbelés, pas à l'homme, au chien. A l'homme il n'est plus nécessaire de lui parler, il faut le laisser japper. Personne non plus pour le considérer pour autre chose que ce pourquoi on le nourrit. Je lui ai dit au chien :

- Dans un instant je serai rentré, je parlerai de toi, si tu veux bien. Pourquoi faire ? M'a-t-il rétorqué. Comme ça. Je lui ai couiné par dessus les barbelés. Toi, tu m'as l'air de manquer d'inspiration, ça fatigue hein, de faire le tocsin fêlé, au milieu de la nuit ? Ne m'en parle pas, tu as raison, c'est plus la peine. Rien les alerte les hommes, que la vie en promo et les messages à caractère communautaire. Je te comprends ! Qu'il m'a dit en se grattant la gale, juste derrière l'oreille. Moi tu vois, par exemple, je jappe comme un con mais je sais bien que personne va venir pour y toucher à ce merdier de ferraille et de fuel. Faut vivre, hein ? Et vivre pour moi c'est japper, montrer les dents dans le désert en évitant les flaques de gras au pied des bulldozer.

Voilà il s'est tu, la nuit creuse entre lui et moi la tranchée de Darwin. Lui doit s'être roulé dans un coin du chantier. Un oeil ouvert sur la lune et soupirant à la recherche du sommeil agité des chiens dont l'homme n'aime plus que la mâchoire dégainée. Et moi, je ne vais pas traîner plus loin que ce grognement las, et que je vous envoie. Puisque c'est mon métier, veiller sur ce qui n'inspire personne, après l'absorption d'un demi somnifère.

02.03.2009

En avant ... Mars!

Bon, faites un peu attention où vous mettez les pieds ! Le terrain est miné. Et comme nous ne sommes pas vraiment déterminés à jeter par dessus bord les quelques qui font écran par le fumeux de leurs discours empêtrés, nous allons devoir marcher au pas. Au pas cadencé des forçats volontaires et empressés à pas perdre le rien qui leur reste.

Sous ma paillasse j'ai serré un petit quignon de pain dont l'ouvrier Roumain, le plombier polonais, le Magyare aux yeux injectés de sang, le balte, la blatte d'outre-Danube réclame sa part. Sa part ? Mais quelle part ? Ne sont-ils pas contents qu'on les ait libérés par Wojtyla Jean Paul notre saint père crevé ? Sont-ils pas reconnaissant ? Voudraient-ils aussi croquer dans le moisis de la mie racornie. Et l'asiate alors ! Y a qu'à se servir 

On nous assaille ! On en veut à nos produits régionaux, à nos AOC, nos pinards, nos oies, nos bovins encartés, nos lumières au fond du couloir, première porte à gauche et tirez la chasse, svp ! Aux armes ! Aux armes ! Pauvres protégeons nous de la misère des autres, Votons ! L'Europe ? Validons ! Les traités ? Plébiscitons ! Pas une minute à perdre. Au pas cadencé, la dernière cadence infernale qu'il nous reste à tenir.

Mais rassurés soyons nous, pas de conflits à l'horizon. Paisibles sont les paysages de ce matin, le second sur Mars. Nous flottons à l'aise, l'air est rouge, le sang est bleu, la sélection est naturelle. Les charters me passent par dessus la tête, dans les rues les suspects filent dans l'ombre du travail au noirte :

- Monsieur l'agent ! Monsieur l'agent ? Je crois que lui là, il est pas ... Enfin vous voyez ! Mais non pas de quoi ! C'est naturel. Entre français faut bien s'aider, être solidaires. Seuls les humains savent comment on peut apprendre à marcher au pas, en apesanteur. En avant ... Mars !

Au fait, j'allais passer outre, comme disait Alphonse (pas l'Alphonse de la Martine !), certes le Souabe quand il est imberbe n'en est pas moins européen mais ne l'oublions pas ! Non ! Le Serbe nez en moins est fourbe !

 

28.02.2009

Mouvement de Libération de la Forme

Martine est une chic fille. Martine a fait des études. Martine a des idées. Martine est de gauche. Martine fait du social. Martine donne un peu aux pauvres. Martine est maire. Martine est fille. Martine rassemble. Martine fait carrière. Martine est secrétaire générale. Martine ne rêvait pas d'être postière. Martine ne rêvait pas d'être modiste. Martine ne rêvait pas de devenir l'épouse comblée d'un cadre moyen. Martine ne fait pas du jardinage. Martine ne fait pas la cuisine. Martine ne toilette pas son petit chien. Martine ne va pas à la plage. Martine n'a pas d'amis. Martine n'a pas d'amants. Martine à des relations, avec qui elle négocie l'éventuel avancement de leur plan de carrière. Martine a hérité d'un parti mais pas un bon parti. Martine est un bon parti. Martine a une copine. La copine à Martine elle s'appelle Ségolène. Ségolène et Martine ne font pas la cuisine. Ségolène et Martine ne prennent pas l'apéro au rendez vous des chômeurs. Ségolène et Martine vont tenter un coup. Martine est le cerveau et Ségolène est charismatique. Martine et Ségolène ont des voix. Martine entend papa. Ségolène, après Charetty, le Poitou, les Charentes, la guadeloupe, washington et Pékin brûle de visiter Rouen. Martine et Ségolène vont faire l'Europe sociale. Martine ne sait pas très bien de quoi il retourne. Ségolène se prépare pour 2012. Ségolène avait une petite chienne, elle s'appelait Arlette. Mais Arlette est morte dans l'incendie du Crédit Lyonnais. Martine est une chic fille alors elle a offert à Martine un petit ratier rouge passé, il s'appelle Olivier. C'est Nicolas qui les élève, ces petits ratiers là. Martine est de gauche. Martine est socialiste. Martine est libérée. Martine en plus des obligations liées à l'extinction de la classe ouvrière a une passion secrète. Martine anime dans la clandestinité une cellule révolutionnaire ulta-invisible. Le MLF. Le Mouvement Lent des Formes.

Non je ne suis pas un déçu du socialisme. Je suis bien trop con pour être autre qu'anarschiste du Quaternaire !

Ah au fait ! Aujourd'hui j'ai vu dans les journaux que Martine est contente et que Yolande aussi. Alors moi aussi, hein, je suis contente.

C'est nous les gars de la Martine !

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