22.06.2008

La castagne

Ça marave-t-il ce soir à pantruche ? Paname sent-il un peu les gaz ? D'ici on entend bien quelques pétarades, des flonflons de rap, de Art n' king,  de soul, de toute cette musique où les mômes tentent de se tailler des carrières de footballeurs. Dans tous les services culturels et de la jeunesse de la banlieue on s'est un peu activé  pour que ça marche. Le son, les lights, la scène,  tout y est  comme si  vous y étiez ! Aller vas-y  ma puce  maman est là et papa... mais fais vite ! elle a encore quelques heures de bon ménage à la Défense, t'inquiètes pas  tu seras une star  et maman  elle les fera plus jamais les ménages  chez ces pouraves  de blancs  ! Et papa...

Ca va t-il se finir bien cette nuit de musiques réservées aux gens de couleur ? La police j'imagine a fourbis les tromblons et on nous rapportera bien demain matin quelques poubelles balancées ça et là, quelques vitrines fracassées, quelques mômes enchristés, pour leur sécurité; Pas des blancs hein, les enfants des blancs font du rock n'roll et le rock n'roll c'est un peu la musique classique de nos jeunes chevelus bien coiffés, bacheliers, politiquement tout à fait dégagés et tout et tout.

Je parie pas pour ma part un schlin sur tout ce tintamarre sinon qu'il est comme un filet bien tendu sous les nike de ces minots que la douceur de la nuit pousse à rêver peut-être d' "Aden Arabie", dans les bras de ce qui reste de libertés ? Je leur souhaite en somme à ces moutards,  de l'amour et des voyages lointains, aussi lointains que possible afin qu'ils puissent une fois au moins détaler de la crasse que nous leurs laisserons en débarrassant le plancher, sans tambours ni trompettes. 

21.06.2008

lisez vous Libé ?

Lisez vous Libération ? Ce quotidien de gauche ? Moi oui et depuis de nombreuses années, chaque matin je trouve sur mon chemin un kiosque sur le monnayeur duquel je pose 1 euro 20, le vendeur me tend la feuille de chou et de A jusqu'à Z, hormis les pages sport il ne faut rien exagérer, j'épluche devant mon double serré,  les articles, les annonces, les analyses, les critiques et bien avant que le diktat de "la bonne santé !" ne m'en prive j'en profitais pour en griller une ou deux.

Mais voilà, depuis quelques temps le guignol me fait un peu sursauter, je ris jaune même parfois à la lecture du contenu de certains articles. Ce matin notamment en feuilletant virtuellement la publication du jour sur l'écran de ma machine à rien fiche, eh oui je suis tout mauderne at home !

Primo ce "papier" qui relate la fête des étudiants au champs de Mars et les heurts qui ont opposés les forces de l'ordre en présence et des éléments incontrôlés, des casseurs, pas de futurs bacheliers en tous cas, si j'en crois le journaliste qui brode sur une dépêche de l'AFP. Si vous m'en croyez allez y lire le verbiage façon "Je suis partout" que cet article met en branle pour saisir le quidam dans ce qu'il a de plus vil : "Certains des étudiants se sont même fait voler leurs portables et autres lecteurs MP3...", "Les casseurs s'en sont pris à un abri bus, à des boutiques qu'ils ont pillées...". Mais tout cela s'est heureusement fini par l'arrestation des empêcheurs de fêter en paix, des arrestations voilà ce qu'il faut ! Et il y en a eut. Pas de liberté pour les ennemis de la réussite bachelière et le pisse copie en recopiant son articulet n'avait semble-t-il pas apporté avec lui à la rédaction une once de son esprit critique. Il n'en a pas, quand on se fait salarier par le baron de Rothchild on est prié de se tenir tout à fait couché, embeded en anglais informatif.

Les casseurs sont sans doute en attente de Xiéme plan banlieue de la ministre déléguée aux relégués. elle propose par exemple que des flics à la retraite s'occupent des bonnes relations entre la police et les jeunes des cités. Génial madame, donnons donc un salaire d'appoint à ceux dont personne ne songe à remettre en question les régimes de retraite ! Mais avouons sincèrement que nous ne désirons plus entendre parler de ces enfants de la france qui gagne, de la france qui avance,  qu'au travers des articles de "Libération" nous relatant leurs méfaits de salopards du bled. 

Secundo et là c'est un morceau de roi, l'interview de madame la présidence, épouse de et dont la tête je l'avoue ornerait avec grâce la pique que j'épointe en vue de ... Rien. Elle y apparaît comme un cas d'école pour un étudiant en psychiatrie. Ce visage émacié sous le fard, ces réponses dont on se demande si elles ont un sens et si c'est le cas quel est-il ? elle parle de psychologie, de la sienne. elle en appelle elle même à un spécialiste qui pourrait définir son rôle, le peuple peut-être ? Elle se demande si ça n'est pas le peuple qui devrait définir son rôle de cheftaine de l'état ! Je ne suis pas le peuple mais je peux dire ceci : Dehors la boulangère ! Son pain sent la sciure et la vermine dont elle et son stupide époux nous gavent !

Autour de la table, c'est une interview filmée par Libération.fr et diffusée sur le site du journal, les journalistes tentent comme auprès d'une grande malade, de ne poser des questions qu'en douceur, on élève pas le ton et elle dont le regard cherche un peu de compassion fait semblant de réfléchir à quelque chose qui puisse faire au moins illusion. Mais d'illusion point, elle sort un disque et sur ce coup la rédaction de Libération fait des "ménages". 

1 euro 20 chaque jour, j'économise et la presse peut bien se plaindre de la désaffection du lectorat. Quand il n'y a plus que de la propagande à se mettre sous la dent autant ne plus lire et se faire "casseur".  

Fête de la musique

De la musique ? Je n'en fais pas. Ça a toujours été un poids dans ma vie que d'être in-foutu de sortir d'un quelconque instrument deux notes qui auraient  ressemblé à autre chose  qu'à  un grincement  de tiroir plein aux as  de tout ce qui fait que la mémoire  joue faux.  C'est pas faute comme tout un chacun  d'avoir acheté, adolescent, une guitare, une méthode en deux leçons, une housse et une panoplie de bob Dylan d'occasion. Neuve, la panoplie de bob Dylan était pas crédible, un peu comme les jeans que tu uses pas toi même et que tu fais lacérer en Indonésie pour trois francs six sous.. La première leçon dans la méthode disait : Tout d'abord,  sortez la guitare de sa housse !

Je n'ai jamais été plus loin. Toutes ces cordes qu'il fallait pincer, frotter, débiter en arpèges en accords dzoïng ! dzoïng ! me filaient des boutons; J'en avais déjà plein sans ça, alors je me suis contenté de la trimbaler de gauche et de droite et quand on me demandait si j'en jouais de la guitare ? Je répondais  que ça  n'étais pas une guitare que je trimbalais, que c'était un AMX 30  en kit.  Ça forçait le respect  et les filles  se le tenaient pour dit et  ne m'approchaient pas plus que  pour  faire comme si... 

Je me souviens que sur la guitare de Woodie Guthrie il y avait écrit ceci : Cette machine tue les fasciste ! En angliche ça fait moins quiche mais l'angliche pas plus que la musique je ne le talk. Les fascistes se marrent encore et Guthrie peut revenir,  ils lui feront faire de la télé réalité. Car la musique qu'on fête, on lui a fait sa fête depuis longtemps, au format et peer to peer les artistes fleurissent dans les ascenseurs comme en des serres où la culture transgénique nous palpe les tympans à la façon d'un anxiolétique. Combien sont-ils et elles pas moins à nous user la comprenette en ressuçant des aînés les vieilles ficelles ? Tiens, c'est tout new ! cette jeune artiste au talent prometteur signe ici un opus de légende ! La révélation d'un univers  intime riche d'émotions  contenues  (Double album, 478 titres !) ! Je pirate ! Bah oui quoi, je ne vais pas acheter au prix fort un machin dont toutes les intros sont repiquées aux Beatles qui eux même les ont pillées au blues qui lui même les a empruntées à la misère des négriers nantais ? Je pille donc et que l'on ne vienne pas me dire que c'est la création que je dépouille, car de création n'y en a point. ni chez ceux qui rimbaldisent dans les hôtels de lusque ni chez celles qui nous vendent leurs premières règles et prennent  les oreillettes de nos casques à pointes pour des tampons hygiéniques.

Je suis un vieux con aigris ? On m'a assez prit pour un cornichon malossol, alors oui ! Depuis que Schubert se fait dorer la truite au paradis et que le vieux Béranger, le vieux Leforestier, la Vieille Ribeiro, le vieil Annegarn, la vieille Tekielski (mama Béa), la défunte Morelli et caltera et caltera ... compilent les fraises dans les soutes des majors j'ai fait de ma guitare un nid de crotales qui grelottent dès qu'approche la caravane du tour de france et que se dresse le barnum de chez Ricard, l'ami de la jeunesse et de la musique à 45 degrés de joies pures. V'là !

C'est une maison d'vieux accrochées à la débine...