26.08.2009
Rallier
Il doit être encore loin le point de ralliement. Je suis encore le dernier, j'ai traîné, ma carte ne dit rien de l'endroit où je suis. Vous êtes ici ! Mais ici il n'y a rien que je puisse nommer, rien qui me regarde en m'invitant à faire halte. Ici n'est pas l'ailleurs que je voyais au loin et dont je m'approchais, résolu à rallier le monde, hier d'un pas d'échassier j'avançais, pas très sûr mais tout de même, j'allais, peu importe, j'avais fait de la carte un porte-voix, j'appelais les collines, je maudissais les plaines, ma voix se perdait aux parois des montagnes, mourait dans les vagues, dégoulinait au fil des rivières. Hier, le jour se levait encore. Mais là, que dit la carte que j'ai dépliée ? Elle dit sans doute que je suis le premier, le premier au sommet des herbes sèches, le premier arbre d'une forêt juvénile, le premier incandescent à violer le territoire de son esprit vague, le premier dont la chute, sur l'autre versant ne sera qu'un cri de ralliement perdu au coeur des rumeurs du vent, le premier dont le nom ne sera pas le premier à desceller de son initiale le secret des communes tribulations, j'ai traîné, je n'allais pas seul, dans mon sac j'avais des couleurs aussi lourdes que des pierres de sable, aussi causantes que le visage fermé de ceux que je ne pouvais abandonner, partir sans eux ? Même si c'était pour les rejoindre, impossible. Ils marchaient au dedans de moi et quand je m'arrêtais pour voir de l'horizon les signes encourageant, ils s'arrêtaient de battre de la semelle au seuil de ma bouche, mon souffle s'appesantissait, j'allais parvenir. encore une nuit sans rêve et je serais arriver la où la vie ressemblerait enfin à un rendez-vous. Un feu ? peut-être. Une pierre plate où s'asseoir ? Peut-être. Et un petit bâton dessinant dans la poussière le chemin parcouru, pour ne pas oublier ? Peut-être. Le monde enfin en son entier ? Sûrement.
(Ce passage est dédié à JILB)
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08.05.2009
8 Mai 1945
Dans la chambre à coucher de ma grand mère maternelle, il était impossible d'ouvrir un tiroir, de soulever une pile de draps, d'ouvrir la penderie sans que dans la seconde vous tombe sur le coin de la margoulette, l'éfigie jaunie d'un vieillard aux grosses moustaches blanches et au képi étoilé. On ne posait pas la question : Qui c'est Mémé ? On tentait après des suées de bandit en herbe, de replacer l'objet à peu près dans son ordre ancien. Ni vu ni connu que je t'embrouille ! Comme elle aurait dit en souriant.
"Je fais don de ma personne à la France !"
Maréchal nous voilà ... Chez moi l'engagement politique ne sentait pas la rose, la faucille servait aux moissons et le marteau à fixer la volige des châssis où l'on faisait du plant. On avait donner du sang dans la Marne, à Verdun et le rouge était la couleur du pantalon d'infanterie et des carrés de légions (varété de dalhia à la fleur sombre et incandescente). Point à la ligne, passez votre chemin. Mon grand père avait manié le bourdon à la Concorde. Le pacifisme battait de l'aile dans les rangs des poilus ce pendant que là-haut, dans les allées ratissées du pouvoir discrétionnaire, le comité des forges signait de forts bons contrats avec l'industrie allemande renaissante. Hitler, pour le plus grand bénéfice des grands patrons était en train de résoudre le délicat problème de la lutte des classes, les anarchistes, les démocrates, les communistes, les malades mentaux, les homosexuels peuplaient les camps, les juifs, les résistants suivraient et l'Europe, bonne fille à soldat, s'offrait à qui voulait l'unifier sous des airs de grande cocotte affranchman. Et tout ça, ça fait d'excellents français, d'excellents soldats qui marchent au pas ! Chantait le grand Maurice de Ménilmuche.
- Ici mon p'tit gars, on ne fait pas de politique ! De Gaulle est un déserteur, le Maréchal nous sauvait d'une guerre longue, le parlementarisme est une plaie et ton front populaire tu peux te le... Je devenais le premier contorsionniste psycho-rigide. Et Mémé avait des larmes dans les yeux. Ces vieux on peut jamais rien leur dire ! C'est vrai, on ne pouvait pas leur prouver que ce qu'ils avaient vécu, n'avait jamais existé. La France en moins d'une semaine avait été livrée à la Wermarcht, clés en main par ceux là même qui aujourd'hui fleurissent les monuments au nom de l'idéal capitaliste en singeant pour la gallerie l'attachement à cette patrie qu'ils démontent pièce par pièce pour la foutre à la ferraille. Non pas que je sois nationaliste mais comme la seule internationale qui fonctionne c'est celle de la banque et de l'actionnariat, je me demande un peu où se trouve ce point d'équilibre en deça duquel nous chûtons, invariablement du côté de la misère?
Le 8 Mai 1945, après que l'URSS nous ait débarassé du nazisme, nous nous sommes retrouvés avec de petits drapeaux américains à mâcher du chewing gum en roulant des patins aux G I's. Et depuis, j'avoue, j'ai la langue un peu endolorie et ça fait belle lurette que j'ai décidé de ne pas collaborer avec un patron, quelqu'il soit, fut-il de gôche. Patron de gôche !??? Les côtes m'en tordent.
Extrait d'une conversation que je viens d'avoir avec un ami, au téléphone :
- Tu fais quoi de beau ?
- Oh rien, j'écris. A propos du 8 Mai 45 ...
- Tiens au fait, tu sais ce qu'il s'est passé le 8 Mai 45 ?
- ...
- Le massacre de Setif...
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Digg
08.04.2009
Sainte semaine
Et voici que se dresse devant nos yeux de parjures la colline aux mil délices. Et voici que nous regardons le vert tendre des pousses rejaillir des sacrifices consentis par ceux que nous ne sommes plus. Et voici que comme à mon habitude un peu morbide, j'écris pour ceux qui ne lisent plus que l'ersatz de poésie que constituent les petites annonces, les offres d'exploits salement rémunérés. Ce que je fais aussi, je ne lis plus rien qui de près ou de loin ressemble à un livre, un texte, un poème. Trop de distractions, trop de spectacles entre les lignes. Ces lignes où il n'est rien dit d'autre que l'engouement passager pour les caniches de la création. Ces petits chiens que l'on voit, courts sur pattes, si courts que leurs maîtres les portent entre leurs bras jaloux de peur des salissures que l'expérience procure malencontreusement au pedigree. Je n'ai d'estime personnellement que pour les bâtards dont l'épaisseur et la texture ne proviennent pas de l'héritage. La relations des petites misères bourgeoises sont un peu comme le miel des gangrènes. Tout cela pourrit mais dans la suavité des salons calqués dans les catalogues Ikea, à qui est ? et qui a ? As-tu lu ceci ? Non merci ! Et cela fait merveilles de chiffres sur les écrans des caisses enregistreuses. Nous sommes là, dans la file d'attente. Car comment prétendre à être vus si nous ne nous alignons pas ?
Et voici que pour tout Printemps nous aurons encore cette foi en l'homme, alors que nous nous comportons en pourceaux, en supplétifs muets de la répression, en publicains accrochés aux basques décharnées de la prébende. Un petit quelque chose please ? Ce rogaton, là ? Si je peux me permettre ? Vous êtes sûr ? Personne n'en veut ? Je n'aprécie guère la métaphore animale, cette lâcheté de bel esprit qui voudrait que ses fantasmes soit l'exacte copie de la réalité. Tel est un lion, telle autre une chatte soyeuse et cet autre, parmi ses semblables, ne parait-il pas fait pour commander comme le ferait sans doute l'aigle que flatte les courants ascendants ? Je n'aime pas que l'homme pour échapper à ce qu'il sait de lui, c'est à dire tout sur le pire de la création, se masque du rictus supposément animal. Et pourtant il y a de la ratterie dans l'air. si proche malgré cela, est le rat de l'homme que tous les vices lui sont prêtés. Si ce n'est que le rat ne sacrifie pas ses petits à son narcissisme. Diférence essentielle pour ce qui est des petits de l'homme que l'on voit désespérément imiter Jimmy Page ou Hendricks parce que papa ne l'était pas.
Et voici qu'encore une fois nous irons au banquet mais que la transsubstantiation nous semblera ignoble, hors de cette civilisation dont beaucoup croient encore qu'elle va durer, s'enrichir et les maintenir en poésie comme au dessus des nuages radio actifs, des virus de la loi et des pluies acides. Dont beaucoup croient encore qu'elle est une civilisation. alors que tout au plus j'y vois un repaire de suceurs de B... Faites excuses mais la vulgarité m'est chère comme à d'autres est chère la puissance de leur pouvoir d'achat.
Tiens mais voici que je l'apperçois, à flanc de colline, c'est Dimanche, il y a foule et l'on vend à prix d'or sur son passage des couronnes d'épines fluorescentes. Pour quelques deniers on peut même si l'on veut, insulter le symbole qu'il est car il n'est que cela. Un symbole caché dans la forêt des pierres. Mais quoi ? Qu'y a-t-il pour nous choquer ? Rien de ce qu'il a dit n'est vrai puisqu'il n'a pas existé. Partons donc en vacances, je vous prie.
" L'amour c'est la passion mise à la portée des caniches." LFC
15:14 Publié dans Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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Digg
04.04.2009
De saison
A chaque saison son bruit de botte, le smog d'ici qui fait déhancher le bassin parisien, les hanches ceintes dans une gaze de salpètre de souffre et de plomb, comme une terre à béton, n'y change rien. A Strasbourg c'est tout autre, ni ne bine ni ne bêche, ni ne sarcle ni ne prépare au semis aucun lopin, trop de matraques au centimètre carré, une vraie forêt de scions caoutchouteux. Un peu comme après le crash d'un Tupolev, l'odeur de roussins en plus. Non pas que les rouges ait pris d'assault le fleuron de l'honneur national et que la France de ce matin se soit réveillée dans un bain de sang de cigognes. Mais à Strasbourg, dans les bois, on désherbe, on foule, on couche, on enfume les verdeurs de langage d'une jolie jeunesse que par ailleurs on préfêrerait voir faire la queue au MC drive, son BAC mention en poche et prête à fournir de l'emploi au pôle emplois. Les caméra-méra ! Sont au postes avancés, les journalistes se font embarquer, on sort toutou, il fait si doux.
Mais ici monsieur nous ne sommes pas à la Guadeloupe ni en Martinique, ni dans une de ces quelconques régions de la Corse maffiotine, ici nous sommes sur le sol sacré de la patrie. Et la patrie elle dit qu'il y a de la promo en masse sur le rayon jardinage. Des 20% sur les tondeuses ! Du 15% sur les taille-haies, du bulbe à se les arracher, des jardinières pour y faire prospérer les petits et des tuteurs pour qu'ils grandissent dans le respect des valeurs cotées.
Alors depuis ce matin, c'est bruit de bottes de saison. Et que je te pousse l'engin et que je te lance l'engin et que je te dévide des mètres de prolongateur électrique et que je te passes une pair de bottes pour pas que tu salisses la terre avec tes escarpins finement brodés et que je me colle à l'oreille le coton-tige au doux bruit bleu comme la mer de silence où est plongé la 3G. Et je ne dirais pas la noble activité des machines à farcir les parterres et je cacherais pudiquement à vos regards envieux, vous n'en avez pas de jardins, c'est pour ça, vous ne pouvez pas profiter des super promos ... Les épaules voutées des amoureux du radis dix huit jours et du géranium double à effet de serre. Non ! laissons les en paix, ces gens simples qui au jardin oublient les tracas de l'actionnariat populaire et font fleurir la France avant l'arrivée des tourisss, des festivaliers, des estivants, qui de Mayotte à Gibraltar préparent les valises dans la fébrilité que produit l'annonce des retrouvailles fraternelles. Ne moquons pas ces besogneuses autruches qu'un trou dans la terre plonge dans des abîmes de réflexions, telle que : Je t'avais pas dit qu'il fallait en racheter une de bêche mécanique à triple rotation excentrée vers l'avant ? Ah ce prix là !
L'Europe parait-il va participer plus activement au rafraîchissement de la friche Afghane, l'outillage est fournit mais on peut apporter sa couenne. Quand aux appréciations subjectives concernant le nouvel ordre mondial annoncé par monsieur Gordon Brown à ses petits potes du jardin d'enfant, devant les yeux énamourés du présidnet, on peut bien se les jeter au compost. Notre avis de consommateur n'est pas requis.
Conseil pratique (fiche n° 20) : On aura soins chaque soir à la fraîche d'aller déposer un peu de compost démocrate au pied des rampes de missiles. La floraison et la propagation des spores radio actives en seront grandement améliorées en termes de terre à nouveau virginalisée et donc parfaitement arables pour nos générations futures. Roses et blondes comme les blés de la BCE.
15:27 Publié dans Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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Digg
15.03.2009
ZoB !
ZOb ! J'avais cru que tout était pas cuit ! Que tous nous n'étions pas que de la démarque, de la contre-façon, des diables en culotte de velours, du vif pour aller au gros. zOb ! J'avais pas vu que tout un pan de mur s'était fendu du rire des banquiers ! ZoB. Mais qu'est-ce qu'on a foutu tout en ayant rien à foutre de toutes les fanfares du désordre marchand, rien ? Rien, que l'on a fait, tout à la bonne conscience, la bonne santé, la morale altruiste, la bonne bourre, le bon beurre, le beau, la bonne, l'abracadabra cassé et pour le reste restait la charité. Nous avons tous été, tout été de ce qui il restait à être avant qu'on démonte. La bonne pâte d'humain à la coulée franche de creuset en creuset, de moule en moule, des séries conforme au mécanisme rutilant des temples percés de lumières édèniques. Des précipices que nous avons explorés n'est remontée que la peur du noirte, des espaces que nous avons quadrillés ne sont restés que les failles par où la nuit abolit les cellules des quartiers de hautes et folles sécurités. ZOB ! Nous aurions tout niqué ? Pas joignables ! Non, nous ne pouvons pas nous en remettre au constat. Pas possible ! C'est nous ça, sur la photo ? C'est nous ? Tu plaisantes j'espère ! Mais non mais attends tu ...
Bleue pour moi la chair à canon ! Comme le faux filet, le faux fuyant, la révolte qui se prend les pieds dans le tutu, les mots d'amour. Bleues parce que Bleus.
Il y a, pas loin de chez vous un G20, on y tient une permanence quasi nocturne, les réunions y sont parfois houleuses mais restent d'une courtoisie charmante. Mais quand vous en sortez du G 20, toujours vous vous dites que l'on ne vous y reprendra plus. Oui mais à chaque fois que nous en sortons nous nous dites que l'on ne vous y reprendrons plus. zoB ! ZOb ! ZoB ! ZOB ! J'avais cru, bon blanc, qu'il restait à dévorer ! ZOb !
20:11 Publié dans Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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Digg
28.02.2009
Tentative
Alors qu'en Guadeloupe tout un peuple se prépare à renoncer à ... Alors que de par le monde tous les peuples se préparent à ... Alors que dans les prisons tout une population carcérale se prépare à ... Alors que dans les cités ouvrières toute une jeunesse délinquante se prépare à ... Alors que là bas, tout au bout de la terre, tout un grouillement indistinct d'individus suspects se prépare à ... Alors qu'aux urgences de la Salpétrière tout un corps se prépare à ... Alors que dans une cabine téléphonique, du côté de la gare tout un clochard se prépare à ... Alors que dans mon quartier tout le monde se pré ... dort du sommeil du juste, je fais ici dans l'épais brouillard élevé sous la nuit, le décompte de ce qui, préparé ou pas, s'en va disparaître sans que j'en ai vu la manifestation.
Un monde tout entier et qui à peine révélé à ceux pour qui voir n'est pas cibler ni mettre en joue s'éteint sous l'oeil de poisson crevé de la machine Darwiniste à faire évoluer le profit. Une palpitation d'oiseau, l'ouïe d'un poisson suffoquant, les brins que nous étions dans l'écheveau des nations somnambules. Cette liberté que nous avions de n'être rien au delà du regard de ceux qui nous aimaient. La veine jugulaire du porc qu'on égorge. Le sang toujours versé par la vie généreuse. Un tout petit bout d'âme en chacun, sous la colère, comme sous la pierre plate l'épinoche qui piquait et fuyait quand le soleil de nos doigts la délogeait. La pesanteur trompeuse de la Loire. Le Cher où je finissais toujours par me noyer, rien qu'en y plongeant mes regards. Sans oser remuer ne serait-ce que la souche sous laquelle reposait mes envies de meurtre.
Ce que nous en avons fait des cauchemars ! Des rêves où le pouvoir tenait le rôle absurde d'une mécanique abrutie par le consentement. Ce que nous en avons refusés des réveils de casernes, des ordres indignes de ce nous croyons être le sel de la terre. Ce que nous en avons versées de ces larmes corrosives au pied des bureaux d'où la sanction tombait. De bouches à oreilles. Ce que nous en avons traînés de ces chants qui enflaient l'air d'un peu du soufre de la révolte. Ce qu'il faut avoir oublié pour pouvoir en riant tête baissée, voir venir sans broncher ce que d'aucun appellent le génocide social. Et encore que ceux là ne sont pas ceux qui l'appellent de leurs voeux. Ceux là ne font pas de voeux, ils s'exposent, brin à brin à s'écheveler, une dernière fois. Une toute dernière tentative de résistance aux prières d'achever. Vite et bien, d'achever.
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27.02.2009
Rabat-jour
Petit poème nihiliste et décoratif.
J'aime pas la nuit, j'aime pas le jour, j'aime pas la vie, j'aime pas l'amour. J'aime pas qu'on m'quitte. J'aime pas toujours. J'aime pas l'travail, j'aime pas la mitraille, j'aime pas les chefs, j'aime pas les gares. J'aime pas les trains de marchandises. J'aime pas l'aurore, j'aime pas le sport, j'aime pas la mort. J'aime pas qu'on m'quitte. J'aime pas toujours. J'aime pas les vieux, j'aime pas les nouveaux nés, j'aime pas les langes ni les linceuls. J'aime pas manger, j'aime pas la faim, j'aime pas le dernier pour la route. J'aime pas qu'on m'quitte. J'aime pas toujours. J'aime pas les chiens, j'aime pas les maîtres, j'aime pas l'vélo, j'aime pas l'effort ni le confort. J'aime pas l'bon dieu, j'aime pas le diable. J'aime pas les fables. J'aime pas les faibles, j'aime pas les forts. J'aime pas qu'on m'quitte. J'aime pas toujours.
Mais t'aime rien ! C'est bien ça, j'aime rien. Ce rien qui entre tout et rien fait les ailleurs, alors...
J'aime pas la poésie non plus et les poètes me font l'effet d'un faisceau de cure-dents brisés dans le trou sans serrure d'une porte blindée.
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20.04.2008
Il pleut
Il suffit de tourner le dos pour qu'il pleut. Il pleut selon vos convictions notez bien. Il, on s'en rend bien compte, respecte le calendrier des revendications, secteur par secteur. Vous voulez qu'il pleut des augmentations de salaire ? Il pleut un Aimée Césaire. Vous voulez qu'il pleut plus des emmerdes ? Alors là repassez la frontière, sans K way pas de papiers, sans papiers pas de cul terreux, sans cul terreux pas de prévisions, sans prévisions pas de gouvernance, sans gouvernance pas de TV et sans TV pas de racontars sur la pluie et le beau temps.
Il pleut plus, pas de veine, je tenais pourtant là un sujet bondissant d'émois variés. Ah ces longues promenades sous les pluies tropicales que toi et moi faisions en poètes roulant dans le caniveau gorgé de vomissures impétueuses ! Ce crachin d'Automne plaquant sur nos paupières les feuilles des maronniers tandis que nous nous bourrions la gueule de coups de poings à la sortie des écoles. Ces pluies enragées à saloper les rivières quand nous glissions des berges grasses, happés par la boue matricule, sans espoir d'en revenir autrement que dégoulinant d'herbes folles et bons à calotter. Ces orages de Mai où le muguet rancissait de saison en saison, sans fleurir le revers des luttes. Pluies que nous souhaitions diluviennes quand de nos lèvres empatées le vin évidé faisait de nos pensées des bulles de salive lourde.
Il pleut plus, plus assez pour laver le ciel qui ne se souvient plus que nous naissions sans qu'en soit perturbée la télédifusion du bulletin météo, nous naissions anonymes, pour encore un peu libres.
22:30 Publié dans Mélancholie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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11.11.2007
Onze
Je le vois bien mon idée de lettre de rupture ne vous a que peu enchantés. Il vous en faut plus pour grimper aux rideaux, vous foutre sur le cul. Serait-il pas que face à la gesticulation médiatique nous sommes déjà comme des proies fascinées. Un mauvais goût de cauchemar en cours de montage nous hante les papilles. La semaine qui vient, j'espère nous verra tenir des discours enflammés contre tous les privilèges liés à la fonction.
Notre dernière arme est la vengeance horizontale.
Fort des arguments dont nous abreuve la chose télévisuelle nous serions plus de soixante pour cent à réprouver les grèves. Salauds de fonctionnaires qui font bon an mal an marcher les trains et autres services dont nous usons sans avoir, comme dans nombre de pays, à glisser un petit billet par ci, une petite pièce par là pour que le dossier avance. Ni à crainde que le train déraille par manque de budget. Bien sur qu'à se défendre contre les avancées ultra chic de l'Europe "libérale" nous n'avons plus les moyens et ceux qui les ont encore un peu, du moins en apparence, nous font horreur. Ils nous empêche même d'aller quémander auprès de ceux qui nous emploient, à juste titre, notre salaire d'animaux de bat. Nous n'irons pas, grèves aidant, notre CV à la main moite nous présenter devant un DRH soucieux de ce que nous ne sommes pas tout à fait blancs, pas tout à fait homme, pas tout à fait dupe de la conjoncture. Mais que si il faut faire un effort, alors oui évidement, tous ensemble !
Ce qu'il y a de prodigieusement laid et désespérant dans cette fin du monde connu c'est la mécanique qui elle reste bien huilée malgré que tous les autres rouages nous aient pris en grippe, de la faute aux faibles. Nous avons trop profités ! Voilà ! Et maintenant esprits puérils que nous sommes il est temps de payer, tous nos débordements, nos orgies de luxe et surtout ce goût que nous nourrissons pour les coups de bâton. Celà aussi nous sera facturé. Les forces de l'ordre sont composées de fonctionnaires comme vous et moi;
Plus jamais ça hurlaient-ils En 1918. Sans déconner ils ne se sont pas battus pour rien. Leur mémoire résonne encore dans nos actes et pensées. C'est en ça que la france est éternelle. Désespérément éternelle.
07:15 Publié dans Blog, Film, Jeux, Livre, Loisirs, Mélancholie, Musique, polytiques, polytiques, Rage, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Shopping, Sport, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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