21.03.2008
Vents violents
Des grêlons gros comme des pois chiche. Comme le pois chiche qui grelotte dans la boite crânienne de l'homme pressé par l'audimat. Pardonnez moi, il faut toujours se faire pardonner la veille d'un week end de retrouvailles en famille, d'avoir encore à dire des choses qui vous pourrissent un repas dominical bien arrosé, c'est le "syndrome de l'affaire Dreyfus". On en parle ? On en parle pas ? On s'aime ! Alors on en parle pas ! On s'aime ? Oui ! Alors on en parle ! Oh oui ! Parce que sinon s'aimer et se taire sont comme des béatitudes de prisunic. Personnellement quand je vais au prisunic c'est pour faire de l'escalator, comme quand j'étais môme, à la Croix de Chavaux. Je n'y vais pas pour acquérir de l'amour et de la béatitude de monoprice.
Un vent à dessouder les vieux, souffle aujourd'hui sur le bassin parisien, cette cuvette immonde où si il ne s'y déchaînait pas de temps à autres, nous serions dans la croupissure comme dans la soupe anxiogène de la modernité, des morceaux de viandes attendries par le frémissement des eaux grasses. Un vent qui me pousse à rêver que c'est bien au dernier jour de la création que j'ai à assister.
"C'est la fin dites vous ?" chantait la somptueuse Catherine Ribeiro accompagnée par le groupe Alpe, dans les années soixante dix. "Qui a parlé de fin ?", continuait-elle de sa voix pleine de pierres ponce et de voûtes ténébreuses... Un vent dont je voudrai qu'il nous débarrasse des miasmes de ce débat qui s'engendre à nouveau, de lui même et par politiciens interposés comme des boites à musique funèbre. Comme je voudrai qu'ils se taisent enfin et ne fassent plus que ce pourquoi on les recrute, à prix d'or, dans le cheptel au sein duquel la Nation "souveraine" les élève pour servir. Servir, mes dames mes sieurs et non plus se servir ! Quel absence d'éducation, quel manque de conscience civique ! Taisez vous et au travail sinon vrai c'est l'audit qui vous guette. Pas celle que vous organisez entre vous (Hue ! Hue ! ) celles qui au résultat nous fera vous botter le cul comme à ce Louis et à sa catin permanentée, celle qui jouait de la guitare... Vous vous souvenez ?
Le débat se déchaîne ! Le vent n'y peut rien, alors ? Non ! La démocratie est un poulailler et la volaille est au perchoir et nous plume la conscience en y instillant des nécessités d'en finir avec nos vieux atermoiements pour ce qui concerne l'assassinat des paralytiques et autres vieux coûteux. La mort de cette femme, je tais son nom car avouons le, la star académie du mouroir n'est encore qu'un projet et puis mourir n'est pas simple. J'ai perdu assez des miens pour le savoir (Ah ce fameux cancer du fumeur !). S'éteindre dans une chambre isolée, nue en hurlant NON !!!! Ma tante mutilée de gangrène... NON ! Mon oncle, les doses de Round Up de chez monsanto, sa celtique à la main... NON ! Mon père "tu verras, je mourrai comme un chien !" NON ! Gilbert, le p'tit Gilbert, le bossu sous dialyse... J'en peux plus... J'en peux plus... Débranchez là cette foutue saloperie de machine... NON!
Alors ? Alors il faut statuer ! Légiférer ! Les aider... SOS... Les aider à ne plus nous casser les pieds avec leurs angoisses d'épaves en souffrance ! On va les aider et bientôt même ceux qui ne demandent pas aux caméras et au microphones de leurs dealer la dose létale, bénéficieront de ces aides par décrets et autres formules de la pensée magique. Nous débattons, nous nous débattons dans les affres de l'éternelle jeunesse et des laboratoires monte déjà le coma. Les spécialistes ? Que disent les spécialistes ??? Rien, ils se pincent le nez. La recherche ? Que dit la recherche ??? ça va coûter. Le Léthé ne se traverse pas sans payer son écot au passeur. Nous les aiderons ! Nous sommes humanistes et notre humanisme est au format. Nous les aiderons comme nous aidons nos frères étrangers à rentrer nulle part car de nulle part il ne sont les invités au banquet.
Dans quelques heures de là, quelque soit notre religion et nos professions de foi concernant le fait que nous n'en ayons aucune, nous tremperons nos mains dans la fosse d'aisance du printemps retrouvé. Puis nous les essuierons délicatement au linge fin des tuniques sacrificielles, puis nous passerons à table, le gigot sera rosé au coeur, le vin aura la couleur rubis des écorchures et nous déjeunerons de la chimie subtile de l'amour que nous portons à nos enfants. Mais avant il nous aura fallut prononcer ces quelques mots... ECCE HOMO...
11:54 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, handicaps, vieillesse, lois, euthanasie, maladies, dreyfus


