27.09.2009
Luc a dit!
Luc a dit : Mon pays de cocagne, mon Acadie, là d'où mon objectif préfixe les instant de grâce nostalgiques, les petits moments sans fin qui tels des perles de verre font le tintement légers des matins et des nuits profondes à la gorge des femmes, mon pays de cocagne est un meuble bas, posé entre deux fenêtres aux persiennes fermées à l'espagnolette. Trois tiroirs aux poignées de métal dépoli en scellent les secrets. tout en bas est celui des souvenirs, des clichés aux bords chiquetés, des glaçages craquelés, aux teintes passées comme des cris d'enfants vieillis. Là sont ceux que nous aimions, les jolies filles qui sont nos mères, nos tantes, des cousines, des soeurs, la fine fleur refermée entre les pages des lettres d'amour et les cartes postales où nous nous rêvions dans l'habit de pays lointains. Le second est celui où nos émotions titubent sous le choc de ce qui nous traverse là, en lisant, en écrivant, en ne faisant rien que d'attendre le moment propice où il sera toujours temps de n'en faire pas plus, l'instant où la lumière elle aussi est propice, par le trait qu'elle trace et souligne le bord de la paupière aimée. Dans ce tiroir-ci rien qui tienne en place si ce n'est l'ombre glissant tout au tiroir du dessous. Le troisième, tout en haut, celui qui enfantait, nous semblait impossible à atteindre sans réveiller la sainte colère des grands, monstres jaloux de nos éternités fugaces, le troisième ne renferme rien qui ne soit nous demain. Et demain n'est pas si loin, plus on avance, de moins en moins loin. Nous l'aurons notre habit de pays lointain.
La vie en somme, c'est commode, tant que l'on ne reste pas le cul posé dessus. Luc à son blog, eh oui ! Comment dit-on déjà ? Le blog de Luc ? Lui dit le blog à Luc
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Digg
15.07.2009
Soldat
Puisqu'il faut faucher, faire des moissons de jeunes crânes casqués, réunir en faisceaux à la nuit tombée, les armes de nos vingt ans. Puisqu'il faut se résoudre à l'évidence, que rien ici ne fera la vie tranquille, l'insouciance à peine démobilisée, les joies insignifiantes d'une tendre assemblée, je me suis fait, comme on dit, soldat. Je n'ai pas vingt ans et je suis déjà démineur. Mon métier ? Aller là où les marchés conclus ont laissé à fleur de terre l'acier au bord de déchiqueter tout ce qui ne fait pas le poids. Je suis soldat de la Nation et je travaille pour l'industrie. Je chante des chants de guerre pour couvrir le feulement des fauves en limousines. Je salue, énonce au garde-à-vous, le nom de mon unité, le grade, mon numéro matricule, celui de ma compagnie. Je marche de nuit, je simule des attaques à l'arme blanche, je creuse des trous où je m'enfouis, j'en chie, je pleure, parfois. Mais je chante des chants de guerre à gorge déployée, ma gorge qui demain peut-être sera rouge de l'éclat des aciers trempés, je ne sais où, je ne sais par qui, je ne sais par quel esclave. Mon frère peut-être.
Avant ? Je ne me souviens pas très bien. Deux choses, j'étais le buteur d'une équipe de basketball, une fine équipe d'amis, à la vie à la mort, je courais à me couper le souffle, vif j'étais, le plus rapide de tous, un éclair de génie dans la raquette. Et puis ... Et puis je cognais comme un sourd, Woodoo child, Another Paradise, c'était mon groupe, la batterie, ça c'était mon songe, ma voix dans le désert, ma syncope divine dans les accrocs de Fender. Avant ? Mon père syndicaliste bafoué, la tise, l'hosto. Avant ? Non, ça suffit !
Je n'ai pas encore vingt ans mais je sais déjà que vivre ne vaut rien. Je ressemble déjà à la balle qui m'attend là bas, dans six mois, en Afghanistan. Je n'ai pas encore vingt ans et mon prénom ne vous dirait rien. Puisque rien ne vous dit en sommes que de vous détendre à l'arrière des lignes en dînant bio de la chair à canon que l'industrie fournit avec les munitions.
(ce bref instant est dédié à Nico, basketeur de talent, batteur de ce bon vieux rock n'roll, jeune démineur de Dix neuf ans. Et à ceux et celles qui n'imaginent pas qu'à dix neuf ans, on peut mourir pour le plein de gasoil dont ils ont besoin pour vivre en fauves de pacotille.)
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Digg
03.07.2009
Page blanche
Quelle étrange sensation ? Inlassablement ce temps qui revient, quadrilatère ordonné par le tranchant de la page dématérialisée. Quatrième, cinquième, énième dimension au sein de laquelle c'est toujours au désert que l'on va s'inventer le plein emploi du vide. Je pourrais n'être personne, je ne suis que personne, une machine qui à peu près chaque jour vient et à l'aide d'un programme plein de satellites mal fagottés, entretient l'auteur de ces lignes. Maintenance. Humeur noirte ? Inlassablement ce temps qui revient et parachève ce que la veille il pensait pourtant bien avoir éradiqué, la racine carrée du point final, par le point final. Là tout à coup, tout est calme, un silence raisonnable, un silence supportable, un silence définitif. Mais au désert la fibre continue à chuinter, elle craque comme la marche libre de ne pas se taire sous le poids mort de ce qui est né du verbe. La peur enfantée des catastrophes qui ne viennent pas, qui s'annoncent mais ne viennent pas. Je crois. L'orage va mordre et dépouiller ce qui ne fut que latent, l'attente, lactence de la caféïne, lactance du goudron vaporeux, jactance placentaire des univers morcellés.
La poésie est une apologie du crime, du crime de masse. La poésie n'est pas des fleurs, des parterres, elle est le vent sec qui fane et fauche l'espoir, par dessus le vain parfum des fleurs, et fouaille le ventre comme on retourne du bout du pied la dépouille des parterres. Le produit de la vente de la poésie c'est le deuil, le deuil et la liberté, la liberté et le vide, le vide et la paix, la paix pour peu que l'on en veuille, pour ce qu'elle est. Un protocole d'accord entre le vif et l'émotion. Mettons nous d'accord ou cessons de parler de poésie. Je radote, il y a du sang sous le steak.
Littérature ? Lis tes ratures ? Relies tes ratures ? Relis tes ratures ? Ras en rase campagne, rampe au ras des signes, les blés sont presque mûrs, les bleuets ne sont plus si bleus, au ras des murs, les pavots signent ma page, les blés sont presque mûrs, les pavots dont le sang rend ma page blanche. Et que vous y lisiez ou pas, ma page est enfin blanche. Sauve, seuil au moins, elle.
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Digg
27.02.2009
Rabat-jour
Petit poème nihiliste et décoratif.
J'aime pas la nuit, j'aime pas le jour, j'aime pas la vie, j'aime pas l'amour. J'aime pas qu'on m'quitte. J'aime pas toujours. J'aime pas l'travail, j'aime pas la mitraille, j'aime pas les chefs, j'aime pas les gares. J'aime pas les trains de marchandises. J'aime pas l'aurore, j'aime pas le sport, j'aime pas la mort. J'aime pas qu'on m'quitte. J'aime pas toujours. J'aime pas les vieux, j'aime pas les nouveaux nés, j'aime pas les langes ni les linceuls. J'aime pas manger, j'aime pas la faim, j'aime pas le dernier pour la route. J'aime pas qu'on m'quitte. J'aime pas toujours. J'aime pas les chiens, j'aime pas les maîtres, j'aime pas l'vélo, j'aime pas l'effort ni le confort. J'aime pas l'bon dieu, j'aime pas le diable. J'aime pas les fables. J'aime pas les faibles, j'aime pas les forts. J'aime pas qu'on m'quitte. J'aime pas toujours.
Mais t'aime rien ! C'est bien ça, j'aime rien. Ce rien qui entre tout et rien fait les ailleurs, alors...
J'aime pas la poésie non plus et les poètes me font l'effet d'un faisceau de cure-dents brisés dans le trou sans serrure d'une porte blindée.
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10.02.2009
500
500 ? Cinq cent ? 500 balles ? Un Pascal ? Non plus possible, incinérée la grosse coupure ! 500, vous vous souvenez d'en avoir vu passer ? Ce gros assignat qui courait au dessus de nos morlingues pendant que nous comptions les Voltaire, les Hugo, les Fantin Latour, tout froissés par la sueur et le cambouis. D'aventure, vous en aviez un talbin de cette épaisseur et le terme était réglé, vous emmeniez même les mômes à la fête à neuneu, le 501 était à cent balles, raide comme du carton bouillis. Neuneux on l'était et quand on tapait dans la caisse, la moindre pièce valait pour un litre de Pschitt citron et les gâteaux secs que l'on trempait dedans. Délicieux, je vous dis ! Maintenant les mômes pour épater leur copine, c'est la carte bleue qu'ils doivent étouffer, avec le code si ils sont roués. D'où, sans doute, l'élimination de la majorité pénale ? En zonzz les moutards, les dangereux, les petits crapauds qui pour trois brins d'herbe grasse se retrouvent au comico. Ousque les comiques troupiers de la police d'aproximité leur font signer des déclarations valant pour six mois de probation.
500, c'est con mais voilà cette page est la 500 tième note dont ce bloog, d'un m'a-tu-vu quand je n'y suis pas, s'est chargé au cours des presque Vingt-quatre mois passés. Une sorte de cause-toujours-tu-m'intéresses qui cherche en fourmi marginicole le point de levier pour faire basculer la fourmilière. De grandes colères que la sécu ne rembourse plus, des heures à se dégoûter soi même du peu que ça fait comme effet de tournicoter le verbe, don de Dieu dont il s'est débarassé en jetant l'homme avec l'eau du bain de pieds. Des jours semblables aux jours semblant n'être rien d'autre qu'une longue attente dans les rayons du stade terminal. Une sorte de contrat remplis, paraphé en bas de page par vos commentaires. Contrat où nulle part il n'est signifié que l'on doive aller au-delà si ce n'est pour ne pas lâcher sa place dans la cacophonie générale. Tant de tribuns le doigt pointé au dessus d'un auditoire de tribuns le doigt pointé au dessus d'un auditoire de ... Tant.
Cinq cent c'est ça, cinq fois faire les cent pas sur l'écran plat, pas même cinq doigts en ordre de bataille sur le clavier puisque c'est à l'index et à son jumeau de l'autre bord que l'on confie la force de frappe, la définition propre à l'oracle qui se garde pour lui les effets néphastes de ce Lephauste pseudomonyme. Un nom, des mots qui mis bout à bout font dans le couchant de ce soir, une épitaphe vaniteuse :
Je ne suis que de là où je vais. Mon bonsoir donc !
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Digg
06.02.2009
Des images com...
"Sous les cocotiers, la plage !"
Enfin des images vues du ciel comme on aimerait en voir plus souvent, sous terre, là où nous vivons sur le sable. Mais comme un bonheur ne vient jamais seul et qu'il reste à peine une semaine pour dégotter une réservation chez "Bufalo Grill" TM, un bouquet de roses mascérées dans l'azote et pourquoi pas un solitaire de chez "Leclerc" TM. Le solitaire de chez "Leclerc" TM a cette particularité, entre toutes symbolique de la pureté du joyau, de ne comporter qu'une facette. D'où le doux chatoiement iridescent (j'te dis!) et presque lustral de verroterie que vous avez tout de même l'impression au moment où l'on apporte le steak d'autruche sauce tatou, de vous être fait un peu foutre de votre gueule et que si c'est ça la Saint Talentin (Si t'as du talent, tu f'ras pas tintin!) l'an prochain à Moscou.
Il serait bien séant de ne plus évoquer la Guadeloupe sous les atours d'une Marianne Marron. Nous le Vingt neuf, ça nous a bien suffit. Et puis là-bas, sous les vents vivent de bien grands enfants que nous n'avons pas fini de civiliser. De même, en temps de crise lluminée comme la devanture des temples pendant les soldes d' euphories messianistes, il est de bon ton de modérer la critique, le coup de pique. La caricature n'empêche est tout de même la bien venue, cette vieille haleine de la révolte à qui on ne la fait pas, pas toujours, enfin parfois mais pas souvent, enfin si quand même, si. En conséquence de cette règle de déontolgie inhérente à la bonne tenue d'un bloog de qualité 3 sur l'échelle de Richter, je me suis abstenu d'écouter et même de regarder en passant comme ça, le monologue du Présidnet à propos de tout ce qui fait que petit à petit l'eau du bocal se met à frémir, que ça sent bon les aromates mais que aussi, ça fait suer le poisson rouge. Je ne cherche pas à évoquer le NPA car autant qu'il me souvienne, "les nuls" TM (?) ont déjà raflé l'audience. Donc on peut dire q'ici nous ne ferons qu'évoquer la lutte acharnée des journalistes invités pour mettre un peu de piquant dans le questionnement et susciter chez l'entendement, manifestement bouché à l'émeri, du locataire indélicat de l'Elysée, des sursautes d'Humeur Noirte. Acharnée fut la lutte et souriante la défaite et bien planqué le prompteur. Tout de même, et je dis ça pour ceux qui claquent à Gandrange depuis que la Lorraine n'est plus la fille de joie des batailles décisives et l'Alsace la mère uniforme de tous les bébés de France. Il y a un an :
A Gandrange, moi j'engrange !
Et depuis peu, depuis que l'aigle flotte entre deux eaux et nous chie un peu sur la tête en cherchant dans l'or noirte la tête de son messie :
A Gandrange ? Moi je vidange !
A part ça ? A part ça tout va, le pinson est gai quand il est gai et triste quand il est triste. Tout comme l'autruche et le tatou aussi. Et pendant ce temps en Angleterre,il parait qu'on organise de vrais combats d'ouvriers !
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Digg
19.12.2008
2009, no voeux !
Sans blague, je dois faire partie des ceusses pour qui la crise et ses adjuvants émotionnels dure depuis 1973. C'est à se demander si la France qui gagne et l'Europe, ce beau rêve de banquiers qui avance au son de "l'hymne à la joe" (Hey joe ! où cours tu si vite ?) ne se construisent pas au mépris de ceux qui y naissent, y passent le plus clair de leur temps à se dire que "demain ça s'ra vachement mieux". Comme le chantait Crabouif 1er et finissent si on ne les expulse pas, par y mourir de sales maladies longues et douloureuses. Vivre ici, sur ce continent qui n'en finit pas de se ranger au son de la voix du plus fort, régulièrement, ressemble à se voir asséner en permanence des vérités toutes faites du genre : Le père Noël n'existe pas ! Serrons nous les coudes ! De l'effort encore de l'effort toujours de l'effort ! Trop d'immigration tue l'éternelle grandeur de la France ! L'éternelle grandeur de la Fronce ? Mon cul ! Disait Zazie.
Allez vous faire élargir à Coblenz bande de crapules briochées et gaffe, au péage de Varenne on fouille le sac à main des dames de petite vertu, d'autant mieux si elles chantent comme des portes de corbillard en surchauffe et se font accompagner par leur royal époux. C'est lui qui porte les paquets, de devises.
Récession ! Nous clament-ils à la suite des chamanes défoncés de l'économie de marché. Récession ! Récession ! Récession ! Qui n'a pas encore fait la queue à l'ANPE, qui n'a pas encore croûter dehors avec pour toute chaufferette le Kil de rouquin à onze degré, qui ne s'est jamais fait sermonner par un trou du culte de banquier à propos du découvert non autorisé, qui n'a pas eu le fisc aux trousses. Un thriller palpitant avec de vraies expulsions et des mômes qui chialent pas pour de rire, qui ne s'est pas laissé piéger par un organisme de crédit véreux, sous le motif que c'était ça, signer en bas, ou crever la honte, qui ... qui ... qui ... Couic ! plus grand monde à présent. Plus grand monde pour croire que c'est du tout neuf qu'on nous donne à voir, à vivre, à avaler comme un poison violent que l'on nous fait passer pour le remède de la dernière chance.
Personnellement la récession ne me fait pas peur ni ne m'évoque autre chose que mes sales jeunes années, passées à jeter des pierres plates dans des gouffres sans fond, si démentiellement profond que même l'échos de mes souhaits ne remontait jamais à la surface du monde. Des voeux pieux, comme on dit.
Mais une chose pour conclure et consolider le sentiment de "hors sujet" que je me fais de ce qui précède. Quelques mots tirés de je ne sais trop quelle rêverie de sans-culotte : Peuples souverains ... Et aussi : Par les peuples, pour les peuples ! Et aussi ... Non rien, ça va passer. Ou alors, peut-être nous pourrions tenter quelque chose comme :
S... démission !
F... démission !
L... démission !
D... démission !
D... (celui qui n'est pas enceinte) démission !
Et les autres ? Tous aller ! Démission !
"Ohé Partisans ! A la balle et au couteau, tuez vite" (in, le Chant des Partisans que j'avais appris par coeur pour le certif. Mais oui je l'ai eu. Papa était content mais tellement pudique. Salut P'pa!)
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Digg
15.12.2008
Aux corneilles
Que se passe-t-il dans la périssoire ? Quel fruit talé dans le cageot ? Reste-il de quoi farcir la dinde ? alerte ! Le prix des couscoussières s'envole ! Quelqu'un sait il faire les lacets ? Où as-tu mis mon réverbère ? Qui a laissé sa main dans le sac ? Ça fait longtemps qu'on a pas voté ? Là vous allez voir, sur la prochaine, on survole la jungle, près de Clichy. Charla est en sportswear's, très seventies, avec un brin de négligé, façon SDF. Un peu comme dans Shaft, tu vois ?
Non ça c'est mon poteau ! Non ! Si je te dis c'est mon poteau, là ! Non tu peux pas te poser ... Non ! Grand coups d'ailes et criailleries au coup de bec près. Les donzelles aux ballets de lignite font au ciel ce matin grand carnage de glace autour des tours de guet. La pâture est enfouie, les rares ordures gelées, l'homme botte en touche en sacrant les oiseaux de malheur, en ignorant que le malheur n'est pas le fruit des débandades de corneilles, qu'il en est le fruitier, l'arbre sous lequel l'homme, le même, son semblable, hypocrite lecteur, se chie dans les braies. Ciel gris de plomb enluminé parfois d'une corneille ou deux défroissant l'air glacé et l'homme dans son infatigable nudité.
Georges ? Une dernière question. Vous chaussez du combien ?
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Digg
31.10.2008
Solde après opération
Je me trouvais aux abords de l'agence bancaire dont mon compte dépend, je tairai le nom de l'enseigne; Que l'on sache simplement qu'elle est de ces établissements dont opportunément les archives ont brûlées juste avant que l'on nous annonce que nous allions devoir, en un effort citoyen de plus, payer un peu pour que le lion ne meure pas ce soir. Ô WimBÔ ouais !
Je m'y trouvais donc et face au DAB/GAB je faisais mine d'avoir un peu l'air détaché en sortant de mon porte-close ma carte de retraite de Russie. Slouitch ! Grindle ! grindle ! grindle ! Les lèvres vertes et clignotantes slicent l'objet et l'écran fait mine de me faire des propositions alléchantes. Bonjour ! Voulez vous retirer de l'argent ? Voulez vous déposer de l'argent ? Voulez vous soutenir nos efforts ? Voulez vous ne rien faire ? Dans le dernier cas veuillez appuyer sur la touche éjac ! Je cherche et me rabat sur l'option "autres opérations". Veuillez tapez votre code discrètement, tout geste pouvant prêter à interprétation sécuritaire du niveau quatre sera sanctionné. De l'index donc j'appuie une à une sur les touches "sonores encore de vos derniers baisers", tût ! tût ! tût ! tût ! et retûttt ! A présent veuillez vous munir de votre certificat de solvabilité, d'une copie de votre dernier bulletin de vote, de la prière à Saint Nicolaxe Dubien, d'un extrait d'acte de naissance attestant que vous êtes bien en mesure de prouver que vous possédez assez de vocabulaire pour comprendre ce qui va suivre, d'un plumeur de pigeon en parfait état de marche, d'un raton laveur, de la tourniquette à faire la vinaigrette, du triangle de pré-signalisation accompagné de son gilet Lagerfeld, d'une bonne dose de patience, d'un soutien psychologique adéquat, du numéro vert coût d'un appel local, de l'indicateur des chemins de fer, d'un stylo bille en parfait état de marche et de divers autres objets de consommation courante, la liste est à votre disposition au comptoir cotillons et fanfreluches de la COB.
Je rassemble donc en un temps record l'ensemble de ce qui m'est si aimablement demandé. Ce qui fait au pied de l'appareil, chaleureux comme un confessionnal, un tas assez imposant de tout et n'importe quoi vital et me signale au regard des rares passants comme effectivement ... Il est de noooo ôtre ! Il se fait rincer comme les auuu ôtres ! Tant de saine jovialité !
Ah mais Ho ! Voilà que la machine, mon amie, s'emballe, hoquette, brimdabalaboom ! me dévide un long ruban de papier triple épaisseur, parfumé à l'extrait de faisan mariné sur un air de Mozart. Je renroule, je renroule, le débit est incessant et au bout du compte je me retrouve avec un rouleau tout à fait hygiénique. Et sur l'écran s'affiche la phrase consacrée : N'oubliez pas de laisser cet endroit aussi propre que vous auriez aimé le trouver en entrant ! Nous vous remercions pour votre visite mensuelle et à bientôt !
Je reste un peu comme deux ronds de flanc et empoche le ticket qui prouve que l'opération s'est bien déroulée. Ca m'apprendra à prendre une vespasienne électronique pour une source d'argent frais ! La prochaine fois je tente ma chance à un guichet automatique de la caisse à savon et des dépôts et consignations réunis.
08:02 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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