24.07.2008
Pétition !
C'est vrai qu'à l'heure du Tazer "TM" la pétition en petite dame qui se respecte et en a vu de toutes les couleurs fait encore figure de moyen de pression. C'est à coups de pétitions que nous avons fait cesser le programme nucléaire français, par exemple. mais la pétition ne fait plus de politique, pas plus que nous d'ailleurs. Elle arpente les couloirs, s'invente des invitations aux réceptions du ministère de l'intérieur, passe de main en main sous l'oeil morne de ceux qui nous toisent :
Comment ? 12 792 signataires et pas un représentant de l'art ? Pas même un chanteur un peu connu ? Un philosophe peut-être ? Non plus ? Ça risque de ne pas être simple mon ami. la pétition fait du lobiyng et c'est usant pour les signataires d'apprendre que nous sommes presque arrivés au niveau de la commission européenne mais que pour l'instant elle planche sur l'harmonisation des politiques judiciaires (je reprends leur langage parfois il faut pour pouvoir juger de l'état léhal dans lequel nous nous trouvons à l'étal d'un boucher letton.). Et puis la pétition ressort de là, un petit four à la main et les signataires se demandent entre eux de chez qui ils venaient, les petits fours.
Trop de bruit autour d'un phénomène et j'en ai fait un peu moi même avec la note intitulée "Ambiance estivale", masque la réalité des lois qui se votent, et des décrets d'application qui piaffent en attendant Septembre mais j'espère sous l'air frais de climatiseurs en parfait état de marche, à la louche et au-dessus de nos crânes chromés comme des grelots. On ne bat pas le système sur son propre terrain avec les armes qu'ils veut bien nous laisser utiliser, tant elles sont émoussées et parfois comme de petites dames qui s'en revenant de Berlin déclarent : mais il n'est pas mal le chancelier ! quelle prestance ! Et sa dame, vous avez vu sa dame, elle rayonne ma chère !
Ils rayonnent mes chers, si ce n'est la sciatique de l'ex et sans façons premier ministre, ils rayonnent !
20:35 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tazer, politique, siné, charlie hebdo, littérature
Ambiance estivale
On en était à décompter ce qui resterait après le passage du percepteur, on regardait la famine inquiéter les patrons de grandes surfaces, on écoutait les discours, on apprenait par la voix des dépêches qu'en Italie un césar relooker venait de se faire voter des lois qui le garantissaient d'avoir à comparaître, on observait les courbes de croissances, le prix des produits pétroliers, celui des matières premières, les cotes de popularités, le top ten, le box office, l'indice furieusement exponentiel des plus grosses infortunes, on analysait, on se laissait séquestrer, prendre au collet doucement, on faisait les valises, mais sans convictions.
Puis du fond de la salle on entendit vaguement, enfin pour ceux qui avaient pu rentrer dans le salon et se caler devant le poste ce fut nettement plus clair ... On entendit Machin, un énervé notoire et à ses heures dessinateur ambigu, traiter le fils d'un notable, d'opportunément convertis ! Ce sur quoi l'autre, appelons le Truc, le traita sans s'interroger d'antisémite ... Mais comme dans le même temps nous étions aussi à tapoter sur internet des aller simples pas cher pour un pays enfin sous développé et que les enfants hurlaient que Euro Dysney c'était ça qu'il nous fallait ! cela nous fit ni chaud ni froid. si ça se trouve, c'était vrai que Machin était antisémite et que Truc était journaliste et que nous n'étions que des veaux sous l'emprise d'une authentique renaissance de la pensée précuite. Après tout ...
06:32 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, siné, val, littérature, poésie, caricature
23.07.2008
Potion
Elle s'approcha en silence, se pencha entre le bord du bureau et la chaise où j'étais assis et m'avala d'un trait de plume comme une potion amère, d'un seul trait de plume où la verve de mon acrimonie se déversa en un lourd accent translucide; Je séchais devant trois mots sans suite et j'avoue que la pression de ses lèvres me fit lâcher la plume et que m'arc boutant, un gémissement déversé dans sa chevelure, je froissais la feuille lumineuse et me laissais aller hors du langage, à sa langue si fine à décider de mes explosions de joie. Puis toute ma poésie se porta à ses hanches que j'empoignais en l'ouvrant de quelques plis lustrés. Elle posa son front dans le creux de mon épaule et toute entière fit de mes trois mots une orgie de syllabes débridées...
08:49 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, poésie, littérature, photographie
22.07.2008
EDWIGE
Hier j'ai invité Edwige pour le dîner. J'avais préparé une salade de documents compromettant, c'est bon les salades en été. Quand elle est arrivée, sapée comme un minox elle a tout de suite épluché tous les tiroirs, soulevé le couvercle des boites à chaussures, touillé un peu dans mon portable à la recherche d'indices. Fais comme chez toi ! Je suis dans la cuisine, je fini le potage aux ragots. Elle s'était déjà mise à quatre pattes et balayait les moutons du plat de la main, sous le lit. Ce qu'elle est bandante quand elle s'y met ! On t'écrit plus de Téhéran ? Pourrais je un jour lui avouer ma passion pour la sécurité intérieure , tout en elle me mettait en émoi.
Quand je revins au salon, tout était sans dessus dessous et je du enjambé des éboulis de révélations quand à mes activités subversives avant de pouvoir poser le couvert sur la petite table de verre fumé qu'un ami palestinien m'avait rapporté de la foirefouille de Karashi; Oh non tu sais ! C'est une vieille histoire. en fait il s'est rien passé entre Amadinedjad et moi. Et puis si j'en crois les journaux, c'est un dangereux agent de la coalition FARC branche pétrolifère, qui en veut à la civilisation. Je lui servis un verre de blanc et ainsi nous pûmes deviser tandis qu'avant de se lever brusquement elle enfournait dans des dossiers la matière de son prochain rapport qui, me dit-elle, devait s'intituler : Fashion et Bloog, les dangers de l'engagement politique.
Une fois debout et sa jupe porte-feuille réajustée, Edwige me planta là, son décolleté débordait de mes cartes de membre de la société des amis du NON. Je restais béat, un noyau d'olive coincé entre les dents et du persil dans les narines et dans les oreilles, le doux bourdonnement d'un broyeur municipal au soir d'une élection fichue.
La porte claqua et dans l'escalier pendant encore un court instant j'entendis attendris, le cliquetis de sa claudication de borgne. Dans la rue, les gyrophares disparurent des façades, mes voisins retournèrent à leurs écrans de contrôle et machinalement je me mis à relire une vieille lettre de ma mère. Edwige ne s'intéressait pas à ma mère : Tu es bien trop sensible mon pauvre grand ! Tu ne va jamais y arriver !
07:09 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : edwige, politique, dgse, sécurité, littérature
21.07.2008
En route !
On s'est tassé dans la wago, y avait le Binsse, le Jilb et moi, le Phausss. Les trois B. Pas le Félicien ? Non, le Félicien était partit un peu avant, avec le vaillant Totor à Céline, c'est Bécaud qui conduisait et Louis commentait l'éxode de l'intérieur. Car comme le disait le Binsse, la fouffe elle fait pas la tournée Ricard ! Le faubourg se faisait la rue du commerce, les maréchaux brillaient sous le soleil matinal et dans la super Cinq irréprochable du point de vue des fusées de clignotant chromées, on taillait jusqu'à la porte d'Italie pour commencer, on faisait les niveaux et après Lisbonne sans débourrer ! Le Jilb avait des appréhensions quand à la qualité de la lumière et à propos de la dose de bonheur à laquelle il renonçait en claquant la portière sur son regard bleu pâle et fol. Quand il sentit la carrosserie lui soulever les fesses à hauteur de l'horizon, il comprit que l'altitude prise rendait impropre tout atermoiement et qu'il allait falloir filer jusqu'où on pourrait sans semer les boulons dans des mares de liquides vert !
C'était une époque, voyez vous où les autos roulaient au jus de martien ! Impossible à vous dire mais par exemple, à cette époque ... Non, pas possible.
Le Binsse s'était collé aux commandes pour tester la souplesse et lui qui l'était comme un ressort à lames, il avait mis le contact en douce, et clac ! ZZZzzzz ! Clac ! ZZzzzzzzzzzz ! Clac ! On était entré sur la périph, l'air de rien, comme tout le monde et je te laisse la priorité, je descends même du véhicule pour t'aider à t'insérer harmonieusement dans le flux limpide de la circulation;, madame prendra bien un verre ? Une époque, je vous dis ! La fumée des clopes était une étendue d'herbes folles jé chèches, bordée au loin dans le couchant, par des monts aux reflets violets et où passait tranquillement au pas de son Mustang V8, un Pauv' Boy ... Et nous chevauchions avec lui en tirant des tafs de sapeur, depuis une vingtaine de décamètres quand j'ouvris la carte accordéon de la région minière de Sainte Paulette du radicelle. Quoique nous n'allons pas à Sancerre ?
J'ampoulais ferme à cette époque, j'exclamais des opinions que le Binsse rectifiait en fin de courbe et dont le Jilb Cadrait les noirtes et les blanches, dans des formats qu'il développait lui même, dans la salle de bain. Dans le schwartz total aussi, avec un oeil de velours frissonnant de frais. Mais l'idée fit son chemin, il était juste temps, Le Binsse franchit le zebra, la carte passa par la fenêtre, le Jilb réalisa qu'il avait le doigt coincé par le déclencheur à 792 images secondes et la pellicule pourrait plus servir à nous photographier sur la place du commerce, à Lisbonne, je savais bien qu'il fallait aller à Sancerre. Mais la DS reprit de l'assiette au buffet de la station de Liquidambar.
Et nous nous retrouvâmes à Ménétrèol, là où vivait madame Kurteleï et son mari le garde foretier de la foret noirte. Nous y roulames deux trois Tatins aux demoiselles du canton, sauf le Binsse, qui lui ne roulait que confortablement installé à l'arrière de la DS. puis je pris le volant cependant que le Binsse s'égouttait sur un platane du champ de foire sous l'oeil égrillard d'un chien policier à la retraite en Alsace. Il s'installa donc aux commandes de la cartographie locale, reluqua la jauge de carburant : Faut qu'on presse un martien ! Et le Jilb entreprit de trouver charmant, tous ces coins, tout de même ! Et il est vrai, une dose de Trenet (TM) ingurgitée au bon moment et tout devenait rose tendre, y compris les balais sans maître et les sombres pincées d'idées noirtes.
dans un rapport de seconde troisième un peu appuyé pour accrocher les pavés des ruelles, nous arrivâmes au sommet, la plaine était déserte et croulait sous juillet, si elles s'en souviennent les vagues vous diront... que le plagiat, c'est pas du joli ! c'est vrai, mais c'était une époque où souvent au pied d'une éminence on trouvait taffalées des plaine à l'épicé parfum de blondes sans filtre. Comment oses-tu parler d'amour toi qui n'a pas connu Ornet Palmer ?
Tout de suite la modeste place s'emplit d'une foule bigarrée et se mit à danser des fados et à chanter la Cucaracha ! Tout ce folklore ! cette folle arrivée dans le modeste après-midi de ce coin de France éternelle. Le Jilb qui n'avait rien rater de la remise des colliers de vanuaatu par de jeunes payses au fort accent slave, envoyées là par le maire lui même, que le Binsse fréquentait secrètement, du temps où le cher homme aidait la poésie à se farcir les poches de gros et bons pavés en vue d'une révolution de plagistes énervés, émotionnellement. Le Jilb alors s'emplit les poumons du bon air des cîmes et fit une déclaration que je traduisis du mieux que je pu. J'ai un peu soif, moi ! C'est l'émoi vibrant d'absolue nécessité que j'eu le plus de mal à traduire. N'empêche que le maire saisit la balle au Binsse et qu'il nous invita toussss ceux qui avaient votés pour lui, à prendre un godet au comptoir de sa ravissante auberge : Aux Démocrates
Ensuite ? Ensuite !!? Et bien ... C'était une rudement drôle d'époque, le Binss, le Jilb et moi, le Phauss on était pas manchots du verbe. C'est vrai que ça faisait soif, à force. Et quand je me suis réveillé à l'hôtel d'Austerlitz en face de la gare, j'ai tout de suite vu la carte postale postée de Lisbonne. On y admirait à la limite de la migraine, une magnifique pair de fesses fluo de la fente délicatement cambrée aux reins, posée sur un paysage marin qui ressemblait fort aux côtes du portugal par grand vent. Au dos le Totor avait rédigé ceci :
Nous vous attendons au pied du monument aux vagues. Ici les pavés sont à portée de bourse.
Ah les salauds, y sont quand même pas partis sans moi ?
Mais ou est donc ORNICAR ? Mais qui est Ornet Palmer ? Et madame Kurteleï fuyait-elle le passé communiste de son mari, le garde forestier, alors que les Nazis de l'époque tentaient de faire du bien à l'industrie locale ?
23:21 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie et grosse foufe, politique, automobile
Dernière chance
C'est partout, je sais pas si vous voyez, la réunion de la dernière chance. A Versaillistan cette après midi, à l'OMC, au Vel'd'hivistan, sur les plages de l' espagnolistan, à la trésorerie de Pantinistan, aux ASSEDIC'sistan, en Afghanistan, en Irlandistan, en Europistan, en Iranistan, au parti socialististan, en Palestinistan et dans tous les Bantoustan de la planète. C'est à croire qu'il se prépare quelque chose de pas net ? Quelque chose qui ressemblerai à quelque chose de pas très clair mais que nous ne pouvons pas comprendre, vu que nous vivons dans le fouillis mental de notre citoyennistan un peu brumeux de la comprenette. Il sort quand l'alboom de Carla ? C'est déjà fait ? Vous voyez bien que l'on ne nous tient pas vraiment informés !
Moi dans mon paranoïstan, je me sens bien. J'ai reçu ce matin ma dose mensuelle de complément alimentaire euro-psychologique et comme la petite pilule bleue me fait de l'oeil dans le clair matin de Juillet, ainsi que le chante un ami :
"Et comme j'habite près de la Hague
C'est sûr je vais pas faire de vagues
Car c'est elle qui paie mon salaire
Ma grosse ordure de petite fée nucléaire"
(Alex et les galants, collector)
08:20 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, versailles, omc, sarközi, congrès, farc, littérature
20.07.2008
Chasse à courre
Il serait tout à fait normal d'imaginer qu'après tout, d'écrans de fumées en jets d'encre pestilentielle, de réformes en ablations des mauvais plis sociaux nous n'ayons qu'à attendre, le cul farci et posé dans nos divans de récupération. Attendre que cela passe, car cela bien entendu va passer; N'est-ce pas ? Soyons positifs, cela va passer ! Non ? Qui a dit non ? Personne ? Ah, rassurons nous.
L'hallali nous n'y sommes pas encore, la meute se hâte au travers des brisées, les piqueurs avancent en devisant et un peu plus loin le seigneur et ses invités corrigent encore leur assiette avant de se livrer au galop enivrant de leur montures Anglo-Arabes. Mais voilà qu'on sonne au loin ? Les chiens se mettent à hurler, s'entraînant les uns les autres, à celui qui dans pas très longtemps sera le premier à fouailler l'entraille de la bête aux abois; Les rabatteurs sont aux affaires, l'immobilier et la phinance les mènent à se reproduire à la vitesse de la marée qui elle même, nous savons tous cela, va au train du galop d'un cheval.
Voilà, le sel de la vie fait fi des petits bonheurs aveugles et la bête est là, immonde agglomérat d'odeurs, de baves, d'yeux injectés de sang coagulés, de chairs flasques, d'obésités obscènes, à demi noyée sur son épave de bidons graisseux, nègre ? Non, pas tout à fait mais un peu tout de même. Bistre, crouille, cafre ? Il y a de ça en effet, mais pas seulement. Alors quoi, fumistes de chômeurs ? Aussi ! Aussi ! Petits enfants violents, violés, vicieux ? Alors à peine n'est-ce pas ? A peine. Je n'ose y croire... Putains d'Asie ? Salopes du proche Orient, nues sous le chadri? Chiens d'Irlandais ? Palestiniens orgueilleux ? SDF ? Des pauvres voyez vous, j'ai promis à madame qu'il y aurait de ces ordures apprêtées pour le lancement de son CD ! Oh ! Oh ! Oh ! Mon prince ! comme je vous vois gourmand tout à coup ! Nous en avons, nous en avons !
Alors qu'attend-on ? Lançons mon ami ! Lançons ! les montures s'impatientent ! Ci fait, nous y voilà, je vois la bête ! Dieu qu'elle est odieuse ! restez en arrière madame, votre sensibilité, n'est-ce pas... La poésie qui émane de vos accords charmant. Taille haut ! Taille haut ! Les chiens auront la vulve ! les chiens auront le gras ! les chiens auront la bite et les couilles ! Je veux le coeur vous m'entendez ? Le coeur pour ma belle ! Le coeur ... Enfin ce qui en fait office; Ces gens là n'ont pas de coeur ni d'âme quand à l'humanité, mon bon...
L'hallali, nous y sommes ! La traque est à sa fin, les invités jugent de haut et c'est peine de voir les pauvres chevaux écumer de la sorte mais quelle joie mon prince de contempler nos chiens déchirer à l'envi le butin que Brice leur distribue en ce pinçant un peu le nez.
Que le monde est joli, il fait si doux ma mie, si nous donnions un héritier à la France ? Un mâle, bien entendu.
07:44 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : politique, littérature, géographie, dette, fmi, continents, stratégies
19.07.2008
Le Bonheur
Bien que je sache pertinemment qu'il ne sert à rien de nous démontrer comme une troupe hallucinée marchant au pas des consignes destructrices, je ne peux m'empécher de penser qu'il n'est jamais trop tard pour hurler et secouer et tancer et tenter de savoir si du vivant nous saurions faire autre chose qu'engendrer et subir les calamiteuses ignominies qui sont notre lot de sous-vivant.
Je titre cette note du doux nom de Bonheur, ce mot que j'ouvre par une capitale, ce B de béatitude mais aussi de béance, de barbarie; Et je ne sais plus ce qu'il recouvre au juste, de sens. Le Bonheur est une idée ? Une pratique collective ? Une intimité indescriptible ? Une question informulée laissée au libre arbitre qui s'estompe sous le joug ? Le Bonheur est un état d'âme ? Un esprit que chacun peut saisir et grignoter, à part soi, quand le couvre feu autorise que chacun chez soi on jouisse sans entraves dans l'espace confiné du vide laissé à l'appréciation de la clientèle ? Le Bonheur est une quête de tous les instants ? Un feu lointain à la chaleur duquel nous ne réchauffons que ce qui sert à s'en approcher, un peu plus chaque jour ?
La fission nucléaire m'a apprit ceci, il faut diffracter l'atome pour obtenir une énergie démentielle. Laquelle énergie ne nous sert qu'à nous éloigner du coeur de nos préoccupations primitives, à nous diffracter nous même en milliard d'entités abstraites et qui produisent l'énergie de tout ce qui nous reste de commun, la démence !
Le Bonheur, ceux qui l'ont trouvé dans cette explosion permanente du sens, des sens et des émotions fumeuses, ceux là survivrons sans doute à la longue nuit qui peu à peu recouvre le monde de son moyen age profitable. Mais au sortir de cet age sans renaissance pourrons nous encore les appeler Humains ?
Les autres ne comptent déjà plus que sous la forme statistique. Les autres savent que l'enfer n'est pas qu'une hypothèse et que la réalité se passe d'analyses, de ralentis et de rediffusions.
Alors le Bonheur, ce bon heurt d'un seul contre tous, le Bonheur ne m'interesse pas plus que l'objet que l'on me désigne partout comme étant son vecteur, son chariot de feu. Je suis un primitif.
09:54 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, littérature, poésie
16.07.2008
L'uniforme intérieur
Nous avons jeté à l'eau les fers qu'il fallait avoir au feu, au feu la patte-mouille qui faisait aux plis le cassant nécessaire au vide absolu dont nous habitions l'uniforme, l'habitude rectiligne que nous ajustions comme un commun costume de parade. A présent qu'il n'est plus besoin pour vivre et danser ensemble de l'empesée livrée des laquais, nous semblons ce peuple aux allures débridées, colorées de mil feux de joies diverses. Nous allons par les rues de l'originalité, affichant, qui ce joli collier de plastique manufacturé, qui cette pair de lunettes solaires aux verres irisés comme des nappe pétrolifères où le regard se noie, qui ce ravissant T shirt où il est écrit des formules magiques dont nous donnons à lire à nos semblants les caractères vide de sens : Faites l'amour pas la mer ! Ainsi l'on nous remarque, ainsi l'on nous envie, ainsi l'on nous méprise comme nous méprisons ceux qui nous ont aimés. Nous sommes follement libre même, d'aller nus comme des vers, à pieds, à cheval, en auto et personne ne saurait nous faire remarquer le ridicule dont nous voilons nos sexes affichés tant il est évident qu'il n'y a plus là que sujet à parader en buvant forts alcools et riant et gesticulant comme les marottes que nous sommes devenus.
Je suis moi même un fort bel exemple de l'unique qui est l'expression même de la liberté éclairant le monde. Je m'habille à l'as de pique, d'un vocabulaire soigné par les vétérinaire, je tribune du haut d'un piédestal au format prétoire. Je me sens foutrement drôle, orijeanhole, et fort de ce que je pense, je sors au matin, livrant à la foule déshidratées le jus de mes burnes littéraires. J'ais des lettres dans l'assemblage des quelles je peux écrire sot et fat (So what ?) mais aussi décrire l'humaine parodie où je singe sans me songer un instant, tout au plus gesticulant, la liberté d'expression qui est à la citoyenneté ce que la masturbation est à la complétude.
Mais qu'avons nous fait de l'uniforme qui avant nous dé-lignait l'allure et nous désignait à la chiourme pour d'éventuelles récompenses où des envolées lyriques de savates, où rien pour la plupart. Ce rien rassurant bien qu'assez peu payant. Nous l'avons soigneusement là, en doublure de la peau, au coeur et à l'esprit, juste là, assez fin bien qu'un peu chaud parfois mais impossible à ôter quand le soir vient, que l'on nous extrait de la machine et nous lâche comme des caniches pour qu'en un effort rectal de la liberté nous puissions aller choisir le lieu sarko-saint de nos aisances. C'est l'uniforme intérieur, la mise arlequinte de la fraternité humaine. Alors ne nous offusquons pas quand de plus en plus on nous casse-toi-pauv'con par médias entremis, c'est qu'on nous distingue encore, on nous remarque, on s'occupe de nous. Et nous aimons que l'on s'occupe de nous. Ces rubans où l'on ne voit pas encore la chaîne, nous les goûtons fort. Les miens sont noirtes comme un certain drapeau.
Brrrrr ! Un anarschiste ! Ca fiche la frousse !
05:45 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : politique, bétancourt, ingrid, colombie, farc, sarkozi, littérature
14.07.2008
En revue
Dans le fond je me suis dit je vais y aller pour voir, comment elle défile, la troupe.
Paris avait cet air de "Day After" auquel je ne me fais pas et qui me rend un peu nerveux, la léthargie encadrée par les forces de police à un côté alarmant. Et si c'était pour de vrai que jamais on n'entende plus les klaxons, les démarages de scooters au feu vert, les piétons qui déboulent de leur saint paradis d'invincibles. Et si c'était vrai que l'enfer quotidien devienne tout à coup comme un rêve d'écologiste puritain, un immense jardin public, sous un ciel bleu d'acier avec des policiers en grande tenue vous faisant signe de remonter sur le trottoir en frappant du plat de la main sur la portière de la voiture pie (chose vue). Et si c'était vrai qu'il n'y aurait plus dans ce gris paradis de la peine capitale que les sonnettes des Vélib's pour vous faire sursauter ? Brrr ! ca fait froid dans le veau, comme disait de Gaulle.
Donc j'y vais, c'est la première fois, je suis un peu ému, je me souviens d'une garde au drapeau au monument aux morts, 1979 à Toulouse. Nous sommes là six, choisis pour leur taille et leur capacité à ne pas tomber dans les vapes au bout de trois petites heures de garde à nous. Sur les six trois ont du libanais rouge plein le coffre à THC et les trois autres ont la foi. Giscard s'avance et à ce moment là tout un groupe d'anti-nucléaire passe les rangs de la foule, le premier rang de service d'ordre au cri de, Volem Lou Pérac de Portsall à Quézac ! Et se ramasse sur un tas de types sapés comme des quidams du Dimanche, mais qui au dernier moment sortent la chicotte et leur jouent un paso doble de chez Verschuren. Je ne sais pas bien faire le bruit de la matraque ni celui des mèches de cheveux longs que l'on agrippe.
Giscard se replie accompagné de ses médecins; il souffre parait-il de la particule et le peuple, qui à cette époque n'est pas soumis aux formules du type "le peuple n'a pas toujours raison !", lui fait au sens litéral du terme, horreur. Je me souviens de son regard. Le dix Mai quatre vingt un il aura changé, nous aussi mais on aura perdu une bonne occasion de débourrer les urnes ! Nous, les six de la garde au drapeau, on reste au garde à vous avec le monument, on incorpore.
J'arrive par les quais, à l'ombre des grands platanes et me faufile au travers d'une masse compacte d'appareils photo numériques et citoyens. Impossible d'avancer plus loin que l'assemblée et c'est par le pont de la Concorde que la troupe arrive, en fin de parcours mais pas encore débandée; ca chante des truc où il est question de mères qui pleurent, de vagues qui fendent les flots, d'honneur, de sacrifices, de mitrailles, de corps démembrés, de plaines fumantes d'un jeune sang, d'horizons patriotiques. Les breloques battent les poitrines, les sabres sont au clair, garçons et filles marchent au pas, on les applaudit, on les aime, comme la paix est jolie quand Paris ressemble à une boite de soldat sous le plomb du soleil.
C'est merveilleux ! dit un morveux à sa maman et tout le monde sourit, ce cher petit ! ce futur mutilé de la fracture sociale ! Cet ange en passe de réussir à devenir aussi con que son papa qui ne boude pas sa fierté d'être Batave. J'aurai pu dire Serbe, mais mais mais ne l'oublions pas le Serbe est ...
Mais la foule s'émule !? Mais où sont les blindés ? Les blindés ! Les blindés ! Les voilà dit une mère qui se rêve en veuve de guerre; Et en effet, éfroyables comme il est pas permis voilà que s'avance tout ce dont on a besoin pour remplir demain le réservoir de l'auto, le coeur des réacteurs et tous ces petits rien sans lesquels nous ne serions que des animaux à peine sortis des ages farouches (Où toi aller à présent Rahan, mon frère ?). Salves d'aplaudissements, ho ! et ha ! en rafales soutenues, comme à Carcassone. Les amateurs sont dans les tourelles et les pots d'échappement, crassent les lèvres en coeur d'un halo patriote. Les papa expliquent, les mamans protègent les jeunes fronts des ardeurs atomiques du soleil et les engins porteurs du sigle nucléaire passent comme la mort au sommet de son art. nous sommes tous bien ravis et attentifs à ce que le petit dernier, celui qui pleure pasque la télécomande y faut changer les piles que le char y stoppe pas quand il appuis sur le bouton rouge et qu'il tire même pas pour de vrai, passe pas sous les chenilles avant de devenir à son tour un papillon mortel.
Mais voici que s'achève le rêve "merveilleux", les chutistes ont chuté et sous le dai immaculé, là bas, de l'autre côté de la Seine, toi aussi petit Nicolas il faut te réveiller et revenir à la réalité des affreux qui sont tes frères et avec qui, en notre nom à tous, il va te falloir trinquer à l'amitié entre les peuples.
Bon j'enlève mon uniforme, je rebrousse chemin, j'évite l'invincible, le vélib et le char d'assaut et vous livre ici ma dernière réflexion de la journée : La crise pétrolière ? ce sont les militaires qui en parlent le mieux !
21:38 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : politique, quatorze juillet, défilé, littérature, sarkozi


