30.01.2009

Maladif

J'suis maladif, c'est maladroit, aussi fin que du sel gros, j'atermoie avant le terme. J'fais com' les pauv' qui voient le jonc qu'une fois tous les dix piges et l'reste du temps s'empoignent à la gorge, pour la couleur d'un Dieu sait quoi. J'ai des tares, la denrée est pas fraîche, je finirai l'hiver comme un scion tendre au vent. J'suis maladif. J'prends tout c'qui bouge pour du vivant. Les coups de sabot m'on fait aimer les ch'vaux. J'suis maladif c'est abusif, c'est regimbant comme mainate, ça tourne en rond dans son bocal et ça s'ennuie au son d'l'appat. J'suis maladif. Tout est à cul, au fond d'l'impasse, le dos au mur et le nez collé au tableau :

- Alors dites moi, qu'est-ce que ça dit !? J'suis maladif.

J'ai pas une allure de fétû. J'suis maladif. J'en emporte pas autant qu'le vent. J'suis maladif. J'fréquente plus Lady Commandements. J'suis maladif. Tsouin ! Tsoin ! Bien que je sois pas mal têtu. J'suis maladif. Tsoin ! Tsouin !

J'suis un soutier, un rat d'égoût, une pair de cannes pour le péché, un baise main juste avant la gifle, le tour de piste d'un lion de confiserie. J'suis maladif. J'irai pas droit au paradis pourtant j'ai visité l'enfer, j'y ai fait des tours de chauffe-plats, de roues, de piste seul, sans les sunlight's. Mais comme des urgences je n'ai pas j'veux qu'on m'arrête au pas près. J'suis maladif. Pas qu'on me laisse en suspend, au dessus de la prochaine enjambée, celle que je ne ferai pas. J'suis maladif. 

28.01.2009

Grève Générale

Grève générale qu'ils disent, hardi les gars, foutons le boxif dans le calcif de la république, fichons lui le bonnet à l'envers, un nichon à l'air et tout le reste tout en l'air, les cotes, les bas de laine, ça c'est fait y a plus qu'à repriser et la culotte fendue d'une oreille à l'autre. Bon rien de plus simple mais moi qui suis simple piéton de la chômaille, arrière garde de la retraite intermittente, moi qui bientôt, quand j'aurai fini de faire le jô quéquette, vais aller me faire saigner chez les séniors, faudrai peut-être que je trouve une activité salariée. Car pour faire grève en faisant suer le système, faut au moins posséder un moignon au moins à moitié rogner par la machine ! Non ? Alors voila, j'ai décidé de postuler, bien que mon hobby à la préfecture, mon engagement citoyen en faveur des réformes me prennent au vrai, pas mal de mon temps de cerveau disponible je ne peux pas arriver demain dans les cortèges avec la gueule enfarinée :

- Salut ô fiers camarades de la vingt cinquième heure ! C'est moi, c'est l'élite des propres à rien, le bon à tout du service minimum, le parent d'élève anonyme, le jaune, le rouge, le Noirte en personne, l'indemnisé du fond de la classe, l'inventeur du concept Debord, de Diderot l'usurpateur, j'ai écrit "Das Kapital" avec mon ami Karl qui fait maintenant la folle autrichienne dans les palais du grand Katogan. C'est moi qui fit de la patte gauche, la main ruisselante de Miette dans la culotte de Zouave que je porte en battant la campagne sans me frapper. Non franchement je ne peux arriver en tel attirail, sinon d'accepter que l'on me prenne pour un adorateur d'Hergé, du capitaine Maddox et grand fan de Charla Casta Flouze :

Accompagné de son fidèle Milood, notre sémillant héros se rend en Afrique du Nord ... Non ! Non ! Non ! Halte au petit vingtième ! Il est bien assez mal fichu ce tout début de siècle !

Offre de services: Homme, la cinquantaine, dans son jus, cherche emploi de gréviste déclaré. Accepte les périodes d'essais, les débrayages, les grèves du zèle. Bonnes connaissances en gestion du temps libre, sérieuses références en désobéïssance civile, se propose de faire fructifier votre capital en ne produisant rien de superflu et en abusant de l'essentiel. Je sais aussi faire un peu la cuisine, je reprise, je couds les boutons, je ponce les parquets, je fais de la poésie relaxante et à l'occasion sors aussi le chien en allant acheter mon tabac (remboursement des frais tabagiques éxigés !). Exemple de poésie relaxante et ce afin que vous vous relaxâtes :

Clac ! Clac ! Claque ! clac ! Suis-je fait pour prendre ou distribuer des claques !?

Claque ! clac ! Clac ! clac ! Claque ! Suis-je un calque, un chapeau Clac, suis-je un Tsack,  une tête à claques ?

Clac ! Clac ! Clac ! claques à l'infini ...

Pour tous renseignements complémentaires veuillez vous adressez au bureau de la main d'oeuvre étrangère à elle-même en tant que telle. Depuis que je n'achète plus rien, mon pouvoir d'achat n'a cessé d'augmenter. N'hésitez pas à commander notre brôchure :

Consommez rien, consommez bien !

 

 

27.01.2009

Jeudi 29 Janvier 20 009

"Il me parait indécent de faire grève en temps de crise !" je ne sais plus de qui est cette petite phrase, un petit ministre peut-être ? Un de ces petits quelque chose qui depuis longtemps nous font vivre dans l'étroit couloir de la survie en nous assurant qu'ils font de leur mieux pour que nous n'y voyons que du feu. Du feu ? C'est tout à fait réussit. Ils ont tout incendié, réduit en cendres  ce par quoi nos espoirs bêlant vivaient. Plus d'espoir donc ! Ouf ! Passons donc à l'action, à l'action désordonnée si il le faut mais à une action digne de la souveraineté des peuples à disposer d'eux-même. Nous nous levons sporadiquement pour des causes boutiquières : la défense de ceci, la colère contre cela. Laissons passer les drapeaux, laissons défiler les troupes encadrées, encartées, les syndicats qui depuis vingt ans négocient leur place à la table des négociations. Et puis nous qui avons choisit de n'appartenir à aucune centrale, à aucun de ces syndicats du crime passif, marchons, mâchons la rue jusqu'à ce que par elle nous invalidions les scrutins falsifiés, les lois ignominieuses, la surveillance massive. Jusquà ce qu'elle nous rende la sève de nos cris de colère. Jusqu'à ce que la colère déborde des caniveaux et qu'ils soient obligés, ces petites personnes, de la déclarer catastrophe naturelle.

Car la colère est une catastrophe quand nous la déclenchons, impuissants contre ceux que nous aimons et que nous méprisons ceux qui nous regarde avec tendresse. Car la colère est naturelle à ceux qui n'endurent plus que l'on traite leurs semblables en "untermensch", je le rappelle il y a des camps en Europe, d'où qu'ils viennent, où qu'ils soient nés et quelque soit la misère qui les poussent à croire que là où brillent les artifices il y a du pain pour leurs enfants. Nous ne sommes de toutes les façons déjà plus rien, il n'y a plus de chaloupes où nous puissions prendre place, à la condition d'avoir été dociles. Il n'y a malgré les illusions tenaces plus rien derrière les guichets de la banque, pas plus qu'il n'y a dans les assemblées élues d'élus dont le but est de respecter leur mandat. Retirons à ces jean-foutre et le perchoir et les clés des hémicycles où ils se livrent quand la télévision d'état allume ses caméras, à des combats d'insultes où nous ne reconnaissons pas les bienfaits de ce qui fut la démocratie élective. Ce qui fut ? Oui, car je ne vois pas qu'il y ait parmi les chômeurs, les diplomés au rabais, les femmes et les hommes obligées à travailler le Dimanche, les travailleurs à la carte, les ouvriers mis à la rue, les clochards, les prisonniers de droit commun, politiques ... et la liste n'est pas close, de citoyens. Il n'y a plus dans ce pays, dans cette Europe finissante, dans ce monde d'esclaves meurtris et suicidés pour la cause du profit, de citoyens que parmi ceux à qui tout est dû, de droit divin.

Pourquoi dans les années cinquante, soixante avons-nous détruit les bidonvilles dans les banlieues insanes ? Pour que les populations profitent de la relance économique ? Non ! Je l'ai déjà dit. Le seul but était que ces populations fassent des enfants en bonne santé. Louable me direz vous. Des enfants en bonne santé, ça n'est que justice et beauté. Non encore une fois, il était juste prévu que les générations suivantes soient en assez bonne forme pour alimenter l'industrie Vrounzaise en main-d'oeuvre productive. Point c'est tout ! On ne naît pas maître sans avoir à imaginer comment le rester !

Dites moi, vont-ils le rester longtemps encore ces petites personnes dont la psychologie mérite les asiles d'aliénés dont ils nous préparent l'accès, à grand renforts de subventions ? La colère bientôt sera, si ça n'est déà fait un symptôme inscrit dans les manuels de l'école de médecine. Faisons là péter avant la camisole chimique.