27.11.2009
Voix sans issue
Tu dis ? C'est sans issue ? C'est ça que tu dis, dis ? Et dans ton moulin à paroles, t'as rien. T'es sûr ? Même pas un ressort, comme ceux que tu ramasses les soirs de pluies noires sur les trottoirs emmerdés ? Même pas ? Alors c'est certain, là c'est sans issues. Tu parles qu'on s'est fichu dans un sacré pétrin ! C'est pas la première fois, c'est vrai. Mais les autres fois, on avait le sang pour nous, et des frères et des soeurs et de jeunes désespoirs pour contre balancer nos espoirs de pas vieillir trop cons. Mais là, c'est pâle à l'horizon, c'est blanc comme la craie dont doit être fait le paradis, c'est blanc, ça se dissout ... Bon et bien que veux-tu que je te dise, on va attendre que le nuit s'amasse d'étoiles, qu'un nuage passe entre la lune montante et la vie dégringolée, on emportera de quoi se rincer les amygdales, cette gnôle, ça tombe bien je la gardais pour un soir comme celui-là, une nuit pleine de culs-de-sacs, avec en vrac au fond nos âmes méprisables, nos coeurs herniaires comme des chambres à air, un souffle qui fait couac quand les corneilles pioncent d'un sommeil charbonneux et font des rêves pleins de colombes tirées au sort. pour un soir de voix sans issues.
C'est pourtant vrai ce qu'on m'avait dit. Non seulement ta salive te sert plus qu'a faire des bulles de goudron, non seulement t'es pas rien aphone comme poète mais en plus t'as même pas l'essentiel, un foutu GPS. Tu nous a fichu dans la merde.
Et la chanson là, c'est pour qui ?
Je peux pas te dire.
17:19 Publié dans les cosmétiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : poésie, brigitte fontaine, miette, littérature |
|
del.icio.us
|
|
Digg
22.11.2009
Le doux et la douleur (ex voto)
Souvent toujours la douleur enrôle ceux qui du doux ont quitté le chemin, soit que le chemin s'arrêtait là, et qu'après longs temps passés à errer, il se soient rendus à l'évidence que de friches en essarts ils n'avançaient plus que dans l'avanie des souches retournées. Soit que par un hasard prévu de long temps ils se soient retrouvés au réveil, perdu pour l'horizon, au fond d'un fossé dont ils ne reconnaissaient rien sinon qu'ils l'étaient celui-ci, ce fossé d'herbes sèches au bord duquel on se penchait avec compassion et quelques peu d'agacements, quand crois-tu qu'il va en sortir ?
Alors à l'aide du doloire la douleur leur ôte la vêture des hôtes, alors nus ils vont, se rechaussent de boues et debout s'avancent pour naître des larmes comme on naît d'une pluie à son zénith d'ornières débordantes de vie. Ceux-là qu'on reconnaît comme nos semblables, ceux-là qui sont nôtres par le fond et la forme, ceux et celles-ci que nous ne saurions abandonner sinon qu'à nous rendre méprisables aux regards anxieux des peines qu'ils éprouvent à nous rejoindre, ceux-là n'ont pas de nom, pas encore de nom.
Lectrices, lecteurs, vous qui passez ici comme attirés par la chair vive et nue du propos outré, je vous dois de vous dire ceci : Rien de ce que vous lisez ici n'est vrai. Personne, aucun lieu ni temps dont vous puissiez croire que j'ai eu à le connaître, l'aimer, le haïr ni à en éprouver le moindre sentiment en en recevant l'égale part de ce que j'aurais eu à donner, n'existe vraiment, n'a existé un peu ni n'existera jamais. Je suis menteur de naissance, je fabule et le verbe que j'ai forgé pour qu'il use de moi comme d'une arme blanche finit par faire le soc d'une charrue pour ouvrir un sillon tendre au ciel lourd de Décembre. "Personne", seul ici peut se reconnaître en ce que le voyage d'où l'on ne retire que la gloire stupide des racontars, s'achève un jour dans un buisson où sa nudité initiale prendra du soleil le souffle et d'une étoile la voie et du vent la maison.
A vous, merci. Et la grâce du doux sur vos propres douleurs.
12:53 Publié dans les cosmétiques | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
| Tags : politique, littérature, poésie, ex voto, miette, lecture |
|
del.icio.us
|
|
Digg
06.11.2009
Vases communiquants
« …pourquoi ne pas imaginer, le 1er vendredi de chaque mois, une sorte d’échange généralisé, chacun écrivant chez un autre ? Suis sûr qu’on y découvrirait des nouveaux sites… ». Ainsi sont nés les vases communicants. Aujourd’hui, Humeur noirte et Frédérique Martin s’invitent réciproquement.
On se comprend pas
Moi, ce que je comprends pas, c’est que ceux qui boitent dans leur tête, comme tu dis si joliment, t’aies pas envie de les prendre dans tes bras, mais plutôt de leur taper dessus. Tu crois que ça va l’arranger, leur caboche toute vermoulue, les gnons que t’es capable de dégommer en quelques phrases ?
Ce que je comprends pas, c’est qu’il faut toujours que t’aies le dernier mot. Tu peux pas t’arrêter, tu sais pas la fermer. T’as un sac plein comme une boule de billard, et tu sors des trucs pas possibles de là-dedans, des trucs vieux, des trucs moches, des trucs inventés, rafistolés, volés même. Pas commode, pour trouver un mot sympa, un mot drôle ou gentil dans ce tas de fumier. Et puis c’est lourd à trimballer, je te l’accorde. Mais remarque, personne t’oblige, tu vois. Personne.
Ce que je comprends pas non plus, c’est que tu vois pas le bordel dans tes affaires. Tu dis « me juge pas », et toi t’es un coupeur de tête, t’as pas assez de doigts dans les mains et les pieds pour désigner tous les coupables. Ah là, t’es fort, le premier même, n’est-ce pas ? Tous ces putassiers de bouseux qui te détestent, paraît-il, depuis des lustres, on se demande bien pourquoi. Tous ces tordus, ces ratés, ces foutus dégueulasses qui pourrissent ta vie proprette et bien pensée. Faudrait les zigouiller tous ces affreux ! En plus, il y en a partout, c’est une conspiration.
Toi, ce que tu comprends pas, c’est que j’en sois, de cette espèce dégoûtante qui se trompe des fois, qu’est pas invincible, inamovible et parfaite. Qui rit, qui pleure, qui jouit, qui chante, qui se relève, qui fait avec, qui tient le coup, qui avance, qui y croit et qui t’emmerde. J’ai peut-être qu’un seul talent comme tu dis, je suis peut-être socialement qu’une bouse, peut-être. Mais question cœur, je risque pas de me gaspiller, oh non, t’inquiète pas. J’en ai pour tout le monde, y a même du rabiot. T’en veux pas ? C’est pourtant pas faute de te l’avoir proposé.
Finalement je vais dire que t’as raison : on se comprend pas. C’est la morale de cette longue histoire. C’est ce qui arrive aux gens trop campés sur leurs jarrets et qui font des plans d’épargne avec l’affection. On se comprend pas. Mais quand même, je me demande ce qui me permet de supporter tout ça et ce qui m’a retenue de te claquer ta putain de porte au nez, depuis tout ce temps. Ouais, ça m’interroge, même si je connais la foutue réponse. Ce que j’aurais voulu c’est que tu la trouves aussi. Elle trainerait pas des fois, t’es sûr, dans ton sac à caca ?
00:05 Publié dans Mélancholie | Lien permanent | Commentaires (46) | Envoyer cette note
| Tags : littérature, lecture, poésie, miette |
|
del.icio.us
|
|
Digg
03.11.2009
Corrector
C'était une boite qui contenait deux flacons de verre, un produit miracle contre l'irréparable. Dans le premier flacon, le remède pire que le mal, un liquide noirâtre que l'on mettait bien des suées à verser sur l'endroit du délit. Du noir sur du bleu "luminous", rien à dire, l'effet était confondant, la tache prenait des proportions gigantesques. Elle vous engloutirait même, si vous continuyez à scruter son avancement sur le Tergal TM du pantalon. Celle-là je l'avais pas ratée, toute la petite bouteille Waterman y était passée. De toutes les façons que l'on y regarde, le devoir était fichu : Racontez la dernière volée de bois vert que votre bonne maman vous a, à juste titre administrée. La maîtresse n'avait pas dit au sujet de quoi on devait s'être fait étriller. Là on était libre, j'étais justement en train de créer la circonstance et j'imaginais déjà assez bien la chute de la rédaction. Le Tergal TM faisait froid sur ma cuisse, devant moi sur la table, la copie quadrillée dégoulinait par dessus bord de mes trop bonnes intentions rédactionnelles, le porte-plumes restait planté dans la boucle inférieure d'un B majuscule que, l'instant d'avant l'irréparable, je m'appliquais à fargouner de la plus belle façon, pour pas en plus me faire enguirlander à propos de ma graphie décadente : Mais tu écris comme un cochon !
Dans le deuxième flacon, il y avait la solution miracle, un liquide transparent qui sentait un peu bon l'alcool. Celui là disait la notice, allait vous sauver du dernier revers de main. Celui là était utilisé au Paradis, par les anges dont l'aube et l'auréole avaient fait trop de looping's près des fourneaux de l'enfer. Missions suicides. Sauver quelques âmes et puis rentrer au bercail pour affûter les plumes sergent-major. Soigner la graphie, toujours soigner la graphie, les mortels savent de quoi je parle. J'en étalais vu les dégats, plus d'un bon tiers sur l'endroit de la honte. Le miracle se produisit, la tache par son centre renonçait, la tache reculait, la tache était en passe d'être vaincue. Radio Londres annonçait le retour des hirondelles, l'idée d'un faux séjour à la neige emplissait mon imagination d'écolier. J'eus une légère érection, due évidement aux images bucoliques des sommets rayonnants de pureté divine qui se pressaient dans mon esprit de jeune pervers oprimé. Avec tout ça j'allais encore avoir un 10/10, maman serait radieuse, en tablier sur le pas de la porte. Papa me donnerait cinq francs avec lesquelles j'irais m'acheter des images pour mon album consacré aux aventures de Général de Gaulle au Congo. Le Corrector TM, cette invention merveilleuse soutenait ma foi dans l'avenir de l'homme.
La chimie pourtant continuait son petit bonhomme de chemin, les réactions s'enchaînaient, et je vis bien à un moment que toute l'opération foirait. Non, Dieu n'existait pas ! Le subtil mélange des deux contenus faisait encore effet et sous mes yeux la tache ayant effectivement disparue, le Tergal TM était rongé, pâlit, une tache de vide avait remplacé la tache originelle. J'allais devoir quitter le paradis sans même avoir, vu mon âge hébété, tripoté un peu Eve. Alors la solution me sauta au visage, je pris dans ma trousse la paire de ciseaux à bouts ronds qui ordinairement me servait à découper les images pieuses, dans le catalogue des armes et cycles et je fis proprement un trou de la taille juste de la tache rebelle. Ni vu ni connu que j't'embrouille ! Le Corrector c'était moi, j'allais avaler le contenu des deux flacons pour faire disparaître les preuves de ma décadence annoncée. Et en passant à table, pour la soupe à la grimace j'annoncerais fierrement que le fils du boucher communiste m'avait tité dessus avec la AK 47 que son père planquait en attendant de nous occir tous, la veille du lendemain du grand soir. Mais que vaillament je m'étais jeté de côté en roulant sous les roues d'une semi-remorque qui filait droit vers Chateauroux. J'étais aussi très fort en géographie. Du velours, tout se passa comme je l'ai dit. On m'emmena aux urgences pour un lavage d'estomac, maman sanglota parce que le vermicelle était trop cuit et papa, de dépit alla boire mes cinq franc. 10/10 je vous dis !
(Pour Emma O.)
14:46 Publié dans Mélancholie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : poésie, lecture, politique, souvenirs, miette, noirte et miette |
|
del.icio.us
|
|
Digg
26.10.2009
Adversité II
... D'elle quelques polaroïd, un jour de mai, la devanture d'une boutique de fleurs, trois mouflets vétus de blanc, natifs de leurs seuls ailleurs, les yeux plissés par l'aveuglant soleil des jours de communion solennelle. D'elle, deux toutes petites filles en caleçon, marchant à peine, sur une pelouse, quelque part dans le temps. D'elle, un jeune frère en blouson de jean et short, souriant, son walkman à la main, le casque sur les oreilles, un dimanche soir, juste avant que son grand regard triste reste collé au rétroviseur de la voiture qui quitte pesamment le bord du trottoir; et que son sourire, il le fuit pour ne plus avoir à se souvenir du bord des fleuves. D'elle, le souvenir qui ne revient pas pour lui sourire et de ce sourire là dissiper ses étranges et sauvages défaites. Sur cette page là sa main passe et repasse comme pour réchauffer ces petites vies dépecées par le silence et les hurlements de moteur du camion de déménagement franchissant lourdement le portail du 199, rue de Rosny. De là tombe le dernier créneau de l'innocence calcinée. Comment dire ? Il retint un peu ce que le bestiaire contenait selon lui de plus humain. Des barbares unis dans leurs mensonges contre le mensonge. Mais le dit de la poussière faisait depuis longtemps litanie, et des quatre dont il avait été l'ainé ne subsistaient que les cadets, le sang qu'un fleuve cristallisait sur la rive, après qu'une première crue l'eut fait débordé, qu'un premier et noir débordement l'eut fait sortir, lui, des rais de la lumière chirurgicale. Il se souvint mais seul et ces souvenirs n'étaient plus qu'un linceul en peau de chagrin. il fallait avancer, avancer sans continuer. Du bestiaire tombèrent alors quelques rires vite réprimés, les conneries que l'on fait ensemble quand il semble naturel qu'ensemble n'est pas feint.
Puis d'entre les pages du bestiaire tinta le rosaire de ses amours.
15:21 Publié dans les cosmétiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : lecture, poésie, littérature, miette, mémoire |
|
del.icio.us
|
|
Digg
24.10.2009
L'ensemencement
Voila tout ce que je sait faire, voila tout :
Tracer dans la pierre, à l'aide de l'index dont l'ongle est endeuillé de l'anneau de ton cul, un sillon.
Un trait gras dont la saveur est suave et acre l'effacement. Reconnaître dans l'odeur de craie de ta toison pimentée par l'âge de sel, le lieu infiniment liant où déposer la semence.
Refaire de la paume ouverte le silence sous lequel, la page où nous sommes endormis se soulève quand à l'aube Vénus pâlit.
Te donner à moudre le grain lourd de ma récolte afin que tu y traces, à l'aide du Kalam, un coeur de farine fleurie de sel et d'eau.
M'asseoir là, à l'ombre de ton repos, et donner aux égarés, un peu de mon pain, l'eau qui sourd de mon chant, emprunté au levain.
Danser au bord du champ, qu'en jaillissent, des herbes folles, les fruits d'un arbre, longtemps imaginés, pour que tu en manges et m'y dévore.
Apporter à pleine bouche, joues gonflées comme l'outre du verbe aimer, de l'eau au moulin de ton ventre vif à l'axe de ma nudité.
Attendre, attendre encore, et encore attendre que cède dans les orages la force des vents contraints et qui nous sont contraires sans nous être rien. Rien.
Remettre en terre tout ce qui n'est pas encore la maison d'où nous pourrons sortir côte à côte, sans que tu sois de mon côté, sans que je passe à côté de toi sans écouter ce que tu dis.
Rendre aux morts ma ration de survie, inentamée, intacte et veule vieillerie d'un souvenir dépassé par la grâce de ton pas passant ce que nous étions et ne sommes plus.
Tracer un trait gras de la paume à moudre à l'ombre du champ à pleine bouche, et attendre de remettre aux mors ma ration de survie, inentamée. Et que jaillisse un fruit, intact.
Voila tout.
(Pour PG)
15:43 Publié dans les cosmétiques | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : politique, valence, littérature, lecture, miette, poésie |
|
del.icio.us
|
|
Digg
20.09.2009
Chant de foire
Il nous a fallu distinguer parmi des multitudes d'objets orgiaques lesquels nous convoitions, desquels nous ne saurions plus nous passer pour vivre pleinement ce qui était sans profondeurs, cette vie de joies vaines. Enfant nous nous soumettions par le subterfuge du mensonge à l'appât que l'on tendait, presque à portée de nos rages mornes : A-tu été bien sage ? Enfant nous regardions autour de nous la sur-brillance des procédés de l'envie. Qu'ils étaient grossiers. Qu'elles étaient grossières les ficelles qui retenaient la "queue de mickey". Qu'elle était déjà débile cette rage de vouloir être aimé pour ce pire qui gouvernait tout. Tu l'as eu mon chéri ! Nous l'avions eu, cette étoupe de laine, ce chasse mouche sans esprit, nous l'avions eu et c'était nous qui venions de nous faire avoir. Mais la joie criarde de la fête foraine, la fête qui plus sûrement que toute autre invention humaine, vous fait les poches, démonte au petit matin et s'enfuit alors que tout le monde dort et rêve qu'il la eu, que c'est lui qui l'a eu et pas l'autre, cet autre qui ne méritait pas. La joie criarde nous vidait le coeur et nous forçait à aboyer après tout ce qui n'était pas notre bonheur falsifié. La morale veillait pourtant, à chaque fois que nous laissions tomber un objet adoré, la morale se chargeait de vérifier que nos mains étaient propres, nos ongles taillés et qu'après nous allions bien faire notre prière. Que ceux qui se targuent d'avoir échappé au rites (Dieu merci!) ne rient pas trop fort, le catéchisme qu'on leur a enseigné n'est pas moins risible. A contempler souvent les effets de leur nihilisme égoïste, je me demande pourquoi Dieu créa le reflet, puisqu'ils n'en tirent pas même un tant soi peu d'amour.
Et puis comme rien ne s'arrête à l'enfance, au dressage et à la récompense due aux hypocrites, ils nous a fallu désigner ceux par qui nous allions afficher notre réussite, ceux que nous honorerions, en tant que morts, on pourrait leur faire faire n'importe quoi, à genoux devant eux mais l'esprit vif et prompt à moquer ce par quoi ils nous gouverneraient sous le masque divin des idoles. Et là une liste déjà s'allonge, une liste industrieuse, toute soufflant le soufre, les acides, les odeurs de sainteté, les abstractions philosophiques, le méat suppurant d'un dieu laid. Laid comme un Dimanche aux abords des parkings. Nous nous privâmes, pour un peu de paix usurpée, de la joie des bêtes. Et nous nous mîmes à empiler des croix sur des croissants, des croissants sur des étoiles de David, des S redoublés sur des faucilles et des marteaux, des doctrines malingres sur des diktats risiblement assassins; Et les uns disaient : Dieu est avec nous ! Les autres répondaient : Dieu ? Mais il n'existe pas. Ce à quoi avec un peu d'humour, ceux qui pendant ce temps étaient partis à la pêche à la ligne, répondaient : C'est pour cette raison qu'il est avec eux et en vous. Tiens, j'ai une touche ! Et la liste toujours s'allonge, de la terre à la Lune et de la Lune au néant, avec billet de retour assuré pour le Dimanche d'après la sainte apocalypse. Nous avons fait ainsi, oubliant que dans l'enfance nous jouissions en secret d'échapper parfois à l'épreuve du bain et de puer comme l'original que le débris d'objet fait rêver à l'ailleurs, nous avons échangé le besoin de nous appartenir contre les murs muets du contentement de soi. Et ainsi sains et saufs, au bout de la table dressée par la solitude, nous jouissons en souffrant de vivre sans aimer, sans l'être, même secrètement.
Ce matin, dans les rues de la ville, en bas près du centre, j'ai vu des enfants vendre leurs jouets et s'agiter fébrilement autour de quelques pièces qu'ils comptaient et recomptaient. C'est attendrissant un enfant qui a déjà compris que même les rêves ça peut se monnayer.
12:06 Publié dans Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : politique, europe, miette, lecture, littérarture, sarkozi, ump, ps |
|
del.icio.us
|
|
Digg
20.01.2009
De la bergère au berger
Comment m'appeliez vous ? Miette, mon ami ! Miette, car je semblais dans votre cervelle de lilliputien être à la dimension de ce que du haut de votre cheminée maladive vous apréciiez de la nature humaine, un tendre élan qui vous portait à me savoir plus fragile que votre énemi intérieur, le cauchemar de Noirte. Bovary ? mais mon cher ermite de Crosnie, Bovary c'est vous ! Cette petite dame que l'ennui des provinces menait au gouffre où vos grandeurs supposées s'étiolaient comme le bouton d'or au creux du fossé. vous futent tant de tant de combats rêvés, de tant de révolutions dont personne ne voulait, de tant de conflits amers que lorsqu'en fin vous fîtes un peu attention à moi c'est qu'il me fallut aller dandiner de ma joliesse pré-alpine en des lieux aussi romantiques que la casse automobile où l'on me dit que vous végétiez en sombre amas de tôles dérouillées. Las ! Vous êtes un sot et sous le sceau de vos armoiries éthiques je ne me sens plus de me placer en dame moribonde, vos maléfices sont de pacotille, vos artifices littéraires et comme tout ce qui brille au loin, quand on s'approche votre éclat ne rend que peu de votre lustre, parfois si bien conté.
Noirte, je m'en retourne donc, un daguet dans le coeur et en tête la ferme intention de ne plus me coltiner vos paralysies cardiaques. Vous pousserez vous même votre petit chariot sur les pentes de Lourdes et si miracle il y a, faites m'en donc parvenir une copie certifiée par notre bon curé de Croisset. J'aviserai.
Signé : Miette
Oserais-je l'avouer, la nuit fut odieuse et lors que tous les gens de ma maison dormaient du sommeil des gueux, vers les cinq heures du petit matin, je me laissais choir dans le Noirte du cul de basse fosse de mes amours décomposées. Et je retrouvais la lettre qui disait ce que vous venez de lire...
- Noirte ? Noirte ? Mon ami mais répondez donc ! Mon conseiller en communication ne s'en laissant pas conter avait encore quelques petits détails à régler concernant ma présence à la cérémonie d'investiture de notre cher Barak. En tant que Noirte, tout ce qui porte couleurs m'étreint à vélocité variométrique. Le blanc comme chacun sait n'étant que la couleur du vide et que la nature a horreur du vide, nous en concluons donc que le blanc a horreur de la nature. Qui dit le contraire ?
- Je suis là mon bon ! Au fond du cul de la basse fosse ! Faites mander le treuil je vous prie ! Et sellez la cheminée que je chemine vers Washingtoon's. As-t-on des nouvelles de Miette ?
13:15 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : politique, noirte, miette, littérature, poésie |
|
del.icio.us
|
|
Digg
24.12.2008
Marchands de clous
Noirte cette année se l'est promis juré, il va pas le rater le vieil emplumé. Depuis hier les bureaux sont fermés, le petit personnel, les chambellans, les ministres, les secrétaires d'état d'urgence, les rapporteurs du budget, pas même un général à qui faire avaler son sabre tactique, tous et toutes en famille, pour la veillée de No Hell. Alors Noirte sur les toits du palais a installé tout ce que l'arsenal compte d'engins à tête chercheuse d'emploi. La nuit va venir, les églises alentour vont faire péter toutes les maternités, à grands coups de cloches et Noirte, le doigt sur le bouton stratégique va déclencher sur le premier traîneau venu un feu roulant de clous tout neufs. Faut ce qu'y faut ! Faux ?
- Qu'il y vienne le vieux pédophile ! se dit Noirte.
Noirte, sans ses conseillers en communication, il faut le dire, est comme un chien rendu fou par le prix de l'abat. Et puis Noirte a de l'éthique, les clous c'est tout de même plus humain que l'uranium appauvris ! D'ailleurs le catalogue des armes et cycles de Saint-Etienne le spécifie bien : Tous nos produits ont fait l'objet de tests très poussés, voir ci-joint la liste des théatres d'opérations extérieures et les commentaires chaleureux de nos fidèles clients. Exemple :
Chers marchands de clous, ça n'est pas sans une certaine émotion que je viens de constater à quel point est éficace votre système automatisé de lançage de pointes à chevrons. Ici nous crucifions tant et si bien que le poignet nous en devenait douloureux, nos journalistes se luxaient dans les petits fours, c'était abobinable pour les canettes. A donc merci ! (signé : un chef d'état heureux)
Inutile de prévenir les brigades anti-terroristes, l'alerte est déjà maximum et puis qui songerai à priver les petits enfants de la visite de celui qui n'existe pas plus que les autres singeries auxquelles pourtant nous accordons tant de prix. Moins trente pour cent sur la liberté ! Un pack de douze égalités reconditionnées et vous emportez monsieur ce magnifique flacon d'extraits naturels de fraternité !
Noirte pourtant nage un peu dans le rose en ce moment, il est, comment dire ... Un peu amoureux. Non ? Si ! Non ? Si ! Non ? Si ! Ah ? Et porte sous le fer blanc de l'armure qu'il s'est fait confectionner par des métalos d'un pays lointain (où on ne crois même pas au père Noël ... Non ? Si ! Non ? Si ! Non ... suffit !), dans la carcasse d'un porte-navion (1) désamianté, une lettre de Miette. Palpitations ! Palpitations !Ca palpite à Sion ! En voici pour faire court et finir avec les angelots et les chérubins par une pensée joyeuse au sujet des couteaux à huîtres et des enfants qui ce soir tenteront encore une fois de dormir, le ventre creux. Voici :
" Cher Noirte, La cotte de mailles est repassée et en l'enfilant n'oubliez pas que mon amour n'est pas fait au crochet et que vous devriez de temps en temps changer de chaussettes et qu'il m'importe de savoir si votre carnet de vaccination est à jour. Êtes vous bien certain qu'aucun clou rouillé ne se cache dans vos stocks de munitions ?"
Ceci n'est évidement qu'un extrait proprement visé par les services de l'image de marque. Le reste est bien sûr un peu plus grâtiné et parle entre autres de ... enfin de ... J'm'a compris !
(1) Un porte-navions sert en général à transporter des navions qui sont comme une sorte de regrets éternels externalisés vers les geoles de l'axe du bien, exemple : Si nous navions su nous m'aurions pas buté tous ces innocents ! Foi de chef des forces du bien.
12:51 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : littérature, noirte, poésie, noël, miette, politique, ump |
|
del.icio.us
|
|
Digg


