21.07.2008

En route !

On s'est tassé dans la wago, y avait le Binsse, le Jilb et moi, le Phausss. Les trois B.  Pas le Félicien  ? Non, le Félicien était partit un peu avant, avec le vaillant Totor à Céline, c'est Bécaud qui conduisait et Louis commentait l'éxode de l'intérieur. Car comme le disait le Binsse, la fouffe elle fait pas la tournée Ricard ! Le faubourg se faisait la rue du commerce, les maréchaux brillaient sous le soleil matinal et dans la super Cinq irréprochable du point de vue des fusées de clignotant chromées,  on taillait jusqu'à la porte d'Italie pour commencer, on faisait les niveaux et après Lisbonne sans débourrer ! Le Jilb avait des appréhensions quand à la qualité de la lumière et à propos de la dose de bonheur à laquelle il renonçait en claquant la portière sur son regard bleu pâle et fol. Quand il sentit la carrosserie lui soulever les fesses à hauteur de l'horizon, il comprit que l'altitude prise rendait impropre tout atermoiement et qu'il allait falloir filer jusqu'où on pourrait sans semer les boulons dans des mares de liquides vert !

C'était une époque, voyez vous où les autos roulaient au jus de martien ! Impossible à vous dire mais par exemple, à cette époque ... Non, pas possible.

Le Binsse s'était collé aux commandes pour tester la souplesse et lui qui l'était comme un ressort à lames, il avait mis le contact en douce, et clac ! ZZZzzzz ! Clac ! ZZzzzzzzzzzz ! Clac ! On était entré sur la périph, l'air de rien,  comme tout le monde et je te laisse la priorité, je descends même du véhicule pour t'aider à t'insérer harmonieusement dans le flux limpide de la circulation;, madame prendra bien un verre ? Une époque, je vous dis ! La fumée des clopes était une étendue d'herbes folles jé chèches,  bordée au loin dans le couchant, par des monts aux reflets violets et où passait tranquillement au pas de son Mustang V8, un Pauv' Boy ... Et nous chevauchions avec lui en tirant des tafs de sapeur, depuis une vingtaine de décamètres quand j'ouvris la carte accordéon de la région minière de Sainte Paulette du radicelle. Quoique nous n'allons pas à Sancerre ?

J'ampoulais ferme à cette époque, j'exclamais des opinions que le Binsse rectifiait en fin de courbe et dont le Jilb Cadrait les noirtes et les blanches, dans des formats qu'il développait lui même,  dans la salle de bain. Dans le schwartz total aussi,  avec un oeil de velours frissonnant de frais. Mais l'idée fit son chemin, il était juste temps, Le Binsse franchit le zebra, la carte passa par la fenêtre, le Jilb réalisa qu'il avait le doigt coincé par le déclencheur à 792 images secondes et la pellicule pourrait plus servir à nous photographier sur la place du commerce, à Lisbonne, je savais bien qu'il fallait aller à Sancerre. Mais la DS reprit de l'assiette au buffet de la station de Liquidambar.

Et nous nous retrouvâmes à Ménétrèol, là où vivait madame Kurteleï et son mari le garde foretier de la foret noirte. Nous y roulames deux trois Tatins aux demoiselles du canton, sauf le Binsse, qui lui ne roulait que confortablement installé à l'arrière de la DS. puis je pris le volant cependant que le Binsse s'égouttait sur un platane du champ de foire sous l'oeil égrillard d'un chien policier à la retraite en Alsace. Il s'installa donc aux commandes de la cartographie locale, reluqua la jauge de carburant : Faut qu'on presse un martien ! Et le Jilb entreprit de trouver charmant,  tous ces coins, tout de même ! Et il est vrai, une dose de Trenet (TM) ingurgitée au bon moment et tout devenait rose tendre, y compris les balais sans maître et les sombres pincées d'idées noirtes.

dans un rapport de seconde troisième un peu appuyé pour accrocher les pavés des ruelles,  nous arrivâmes au sommet, la plaine était déserte et croulait sous juillet, si elles s'en souviennent les vagues vous diront... que le plagiat,  c'est pas du joli ! c'est vrai, mais c'était une époque où souvent au pied d'une éminence on trouvait taffalées des plaine à l'épicé parfum de blondes sans filtre. Comment oses-tu parler d'amour toi qui n'a pas connu Ornet Palmer ?

Tout de suite la modeste place s'emplit d'une foule bigarrée et se mit à danser des fados et à chanter la Cucaracha ! Tout ce folklore ! cette folle arrivée dans le modeste après-midi de ce coin de France éternelle. Le Jilb qui n'avait rien rater de la remise des colliers de vanuaatu par de jeunes payses au fort accent slave,  envoyées là par le maire lui même, que le Binsse fréquentait secrètement, du temps où le cher homme aidait la poésie à se farcir les poches de gros et bons pavés en vue d'une révolution de plagistes énervés,  émotionnellement. Le Jilb alors s'emplit les poumons du bon air des cîmes et fit une déclaration que je traduisis du mieux que je pu. J'ai un peu soif, moi ! C'est l'émoi vibrant d'absolue nécessité que j'eu le plus de mal à traduire. N'empêche que le maire saisit la balle au Binsse et qu'il nous invita toussss ceux qui avaient votés pour lui,  à prendre un godet au comptoir de sa ravissante auberge : Aux Démocrates

Ensuite ? Ensuite !!? Et bien ... C'était une rudement drôle d'époque, le Binss, le Jilb et moi, le Phauss on était pas manchots du verbe. C'est vrai que ça faisait soif, à force. Et quand je me suis réveillé à l'hôtel d'Austerlitz en face de la gare, j'ai tout de suite vu la carte postale postée de Lisbonne. On y admirait à la limite de la migraine,  une magnifique pair de fesses fluo de la fente délicatement cambrée aux reins, posée  sur un paysage marin qui ressemblait fort aux côtes du portugal par grand vent. Au dos le Totor avait rédigé ceci :

Nous vous attendons au pied du monument aux vagues. Ici les pavés sont à portée de bourse. 

Ah les salauds,  y sont quand même pas partis sans moi ? 

Mais ou est donc ORNICAR ? Mais qui est Ornet Palmer ? Et madame Kurteleï fuyait-elle le passé communiste de son mari, le garde forestier, alors que les Nazis de l'époque tentaient de faire du bien à l'industrie locale ?