20.09.2009

Chant de foire

Il nous a fallu distinguer parmi des multitudes d'objets orgiaques lesquels nous convoitions, desquels nous ne saurions plus nous passer pour vivre pleinement ce qui était sans profondeurs, cette vie de joies vaines. Enfant nous nous soumettions par le subterfuge du mensonge à l'appât que l'on tendait, presque à portée de nos rages mornes : A-tu été bien sage ? Enfant nous regardions autour de nous la sur-brillance des procédés de l'envie. Qu'ils étaient grossiers. Qu'elles étaient grossières les ficelles qui retenaient la "queue de mickey". Qu'elle était déjà débile cette rage de vouloir être aimé pour ce pire qui gouvernait tout. Tu l'as eu mon chéri ! Nous l'avions eu, cette étoupe de laine, ce chasse mouche sans esprit, nous l'avions eu et c'était nous qui venions de nous faire avoir. Mais la joie criarde de la fête foraine, la fête qui plus sûrement que toute autre invention humaine, vous fait les poches, démonte au petit matin et s'enfuit alors que tout le monde dort et rêve qu'il la eu, que c'est lui qui l'a eu et pas l'autre, cet autre qui ne méritait pas. La joie criarde nous vidait le coeur et nous forçait à aboyer après tout ce qui n'était pas notre bonheur falsifié. La morale veillait pourtant, à chaque fois que nous laissions tomber un objet adoré, la morale se chargeait de vérifier que nos mains étaient propres, nos ongles taillés et qu'après nous allions bien faire notre prière. Que ceux qui se targuent d'avoir échappé au rites (Dieu merci!) ne rient pas trop fort, le catéchisme qu'on leur a enseigné n'est pas moins risible. A contempler souvent les effets de leur nihilisme égoïste, je me demande pourquoi Dieu créa le reflet, puisqu'ils n'en tirent pas même un tant soi peu d'amour.

Et puis comme rien ne s'arrête à l'enfance, au dressage et à la récompense due aux hypocrites, ils nous a fallu désigner ceux par qui nous allions afficher notre réussite, ceux que nous honorerions, en tant que morts, on pourrait leur faire faire n'importe quoi, à genoux devant eux mais l'esprit vif et prompt à moquer ce par quoi ils nous gouverneraient sous le masque divin des idoles. Et là une liste déjà s'allonge, une liste industrieuse, toute soufflant le soufre, les acides, les odeurs de sainteté, les abstractions philosophiques, le méat suppurant d'un dieu laid. Laid comme un Dimanche aux abords des parkings. Nous nous privâmes, pour un peu de paix usurpée, de la joie des bêtes. Et nous nous mîmes à empiler des croix sur des croissants, des croissants sur des étoiles de David, des S redoublés sur des faucilles et des marteaux, des doctrines malingres sur des diktats risiblement assassins; Et les uns disaient : Dieu est avec nous ! Les autres répondaient : Dieu ? Mais il n'existe pas. Ce à quoi avec un peu d'humour, ceux qui pendant ce temps étaient partis à la pêche à la ligne, répondaient : C'est pour cette raison qu'il est avec eux et en vous. Tiens, j'ai une touche ! Et la liste toujours s'allonge, de la terre à la Lune et de la Lune au néant, avec billet de retour assuré pour le Dimanche d'après la sainte apocalypse. Nous avons fait ainsi, oubliant que dans l'enfance nous jouissions en secret d'échapper parfois à l'épreuve du bain et de puer comme l'original que le débris d'objet fait rêver à l'ailleurs, nous avons échangé le besoin de nous appartenir contre les murs muets du contentement de soi. Et ainsi sains et saufs, au bout de la table dressée par la solitude, nous jouissons en souffrant de vivre sans aimer, sans l'être, même secrètement.

Ce matin, dans les rues de la ville, en bas près du centre, j'ai vu des enfants vendre leurs jouets et s'agiter fébrilement autour de quelques pièces qu'ils comptaient et recomptaient. C'est attendrissant un enfant qui a déjà compris que même les rêves ça peut se monnayer.

 

17.09.2009

L'age des artères

On a l'âge de ses artères, de ses allées et venues, de ses avenues, de ses rues, de ses passages, de ses impasses. De tout ce qui n'était pas le lieu mais qui y menait. On à l'âge de sa mémoire et puis l'on se dit, quand se souvenir demande à ce que la traduction se fasse avec lenteur, que l'on a l'âge de vider les tiroirs de la mémoire. Delete ! On sort alors, en se disant que c'est l'heure de rentrer, on s'en retourne en imaginant qu'en notre absence tout a changé. Comme si tout ce qui faisait notre richesse de débris ne s'était pas dissipé, comme si le fait de s'éloigner rendait enviable les accrocs du passé. Delete ! La mémoire est vièrge, tout est à inventer des inventaires et nous trions, à ma gauche le vide urgent, à ma droite le vide qui peut attendre, devant, le vide à venir, derrière, le vide impossible, au dessus le vide résigné, et sous les pieds le vide attendu, celui qui invite les naissants à se débarasser des cellules, des numéros d'écrou. Ce vide redoutable et aimé, comme tout que l'on redoute d'aimer.

Sous mon front froissé se déploie un désert, une étendue semée de petites pierres que je n'ai pas jetées comme les points sous la crosse de mes interrogations, j'avance et nu, au sortir d'une forêt de forceps. Delete!

13:05 Publié dans Mélancholie | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : lecture, littérature, poésie, sarkozi, royale, ps, ump, élections | |  del.icio.us | | Digg! Digg

15.09.2009

Le Celib !

Fait douze ! Ici, au royaume de la partouze où les barbouzes sont pas des tarlouze, des tantouzes qui habitent dans des pantouzes. Fait douze et autant dire qu'on se pèle les amygdales. Quoi faire ? Tricoter du tricotin ? Se faire vacciner contre la goutte au nez ? Prendre un billet de train pour les îles Mérovée ? S'acheter un écran plus grand, pour ne plus se contenter des palmiers dont on ne voit que les racines, des plages dont on ne sent que les pavés, sous les palmes, des string's dont on nous vante la drôle de bobine ? Changer le couvercle de la cuvette en PVC ? Appeler en PCV l'oncle Barak à flûte ? Aller à Berlin en berline, dans le Limousin en limousine, à Palestine en phaéton, quoi que le char y soit en vogue ? Quoi faire avec trois fifrelins, une tronche de mal biaisé, dans la froidure qui s'en vient ? Je sais !

Je vais mettre ma culotte à pont, mes chaussettes à pompons, mes Buggies tricolores, une liquette des Galeries Farfouillettes TM, ma casquette à oreillettes, un cache-nez, des mitaines. Et je m'en vais de ce pas, non sans avoir noués proprement mes lacets ronds, vers le premier distributeur de Celib. Vous là, avec vos mines d'afranch' man, je sens bien que vous ne savez pas ce que c'est que le Celib, modèle déposé ! Non, non ! Ne niez pas ! Ne faites pas comme si vous aussi, on vous avait invité, dans le carré VRP, à l'anniversaire de sa sainteté Muhamad al Khadafi. J'ai un ami qui y fut, depuis plus de nouvelles. Pourtant en fidèle toujours il s'était comporté, pas complotiste, pas pentecôtiste, pas adventiste, toujours à l'heure ! Allez savoir ce qu'ils lui ont trouvé ? Scientologue ? Scientifiquement tout reste à prouver. Que Dieu par exemple soit né d'une éprouvette et voila que tout est chamboulé ! Petit proverbe personnel : Quand la sciente est au logis le compte en banque est bien garnis.

Mais revenons je vous prie, à ce qui nous occupe en ce moment, votre insatiable curiosité sur le sujet de ce qui n'a aucune importance, je veux parler du Celib. Le Celib c'est simple, c'est comme le cent-pas (merci à Richard Gotainer!), ça se trouve à tous les coins de rue, les vraies et les virtuelles, notez qu'on y prend les même risques de se faire écraser, de se faire pincer les doigts très forts et le pire d'y rester, ignorés de tous ceux qui n'ignorent pas qu'on les ignore aussi et que ça pousse à écrire des âneries comme celle que vous êtes en train de lire, en ce moment même. Au fait ! Oui vous avez raison, au fait ! Mais c'est qu'il me faut vous faire un aveux avant que les stats ne retombent en quenouille, je ne sais moi-même pas très bien ce que c'est que le Celib ... Juste que parfois, le petit vélo que j'ai en rond dans ma grosse tête, fait son tour dans l'absurde et s'invente des sytème de convivialité où par exemple il suffirait de s'abonner à une borne, d'y glisser  sa carte bleue (mais pâle) et de s'en aller vérifier que le dérailleur a pas déraillé, que les pneus sont bien gonflés, que la selle est bien scellée, avant que de se saluer et d'aller prendre un café, main dans la main, par exemple.

Avec le Celib restez plus Lib, de plus en plus Lib ! Définitivement Lib !

13:31 Publié dans polytiques | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : politique, ps, celib, ump, scientologie, lecture, automne, sarkozi, hortefeux | |  del.icio.us | | Digg! Digg

06.09.2009

Journal du silence III (récit)

On a monté dans la polo, les petits chiens à l'arrière, sur la plage, l'autre à la place du mort, la cafetière sur les genoux, et moi au volant. La jauge était dans le rouge. Si on fait l'aller et retour, je me suis dit, on aura encore du bol. Et puis on a descendu la petite route qui traverse le parc du château. Il y a eut un château dans ce coin, pas un château d'eau, hein ! Un vrai, une grosse demeure avec domesticité, monumentales grilles de fer forgé, réceptions les soirs d'été, calèches, limousines, un truc à la Proust, fin de race, moustaches cirées pour les dames, crocs limés pour les messieurs et grands capitaines d'industrie pour arroser tout ça au champ'. On aurait pu se croire en Normandie mais ça manquait de bocages, de chars Sherman et de parachutistes. En bas, le triage des bagnoles et des trains de marchandises ouvrières s'en laissait pas conter par les verdures subsistantes du parc, ça s'arquait pour passer au rouge, ça couinait des boggies, les contrôleurs de la main d'oeuvre transcontinentales contrôlaient les titres de transports et refilaient à la racaille policière, le surplus de nègres, de crouilles, des gens de couleurs qu'étaient même pas fichus avec le pain qu'ils nous volaient, de se payer un pass vas-y-go.

De l'autre côté de la Seine, Orly faisait le plein de ses gros porteurs avec ces touristes d'un genre indésirable, ficelés comme des paquets de linge sale. On passa sans encombre, au travers du merdier. Dans la polo, c'est simple, il y avait que du blanc, les dogues était blancs, mon pote était vert et moi vu l'été que je venais de m'offrir, dans les caves du capital, j'avais tout du visage pâle qui bien que désarmé par le péril rouge, gagne toujours à la fin, sa place au purgatoire. C'était comme la mer morte, ce foutoir de tôles, de sueurs, de bruits et d'odeurs, tout le monde s'écartait sur notre passage, ça fumait dans les tambours de frein. Ça devait clignoter comme un gyrophare sur le toit de la gove qu'on était en mission pour le compte de la justice. Tiens, t'as qu'à tourner là. Vaut mieux passer par derrière, des fois que les voisins l'aient trouvé avant qu'on arrive. Je lui jetais un coup d'oeil, toujours pas signe de remords : La lumière s'éteint déjà, le cinéma va fermer, c'était la dernière séquence, c'était la dernière séance et le rideau sur l'écran est ... Pourquoi je me fredonnais ça ... T'as fermé à clé au moins ? que je lui demandais à l'autre. parce qu'avec tout ce qu'on lit dans les faits-divers, manquerait plus que des p'tits salauds en aient profité pour piquer le nunchak' à ta yeuve. T'es vraiment un poète toi, hein ? T'as de ces imaginations !

Sur la plage arrière les petits chiens bavaient comme une milonga. J'avais pas changé le balai de l'essuie-glace intérieur. Ce qui fait que le passé, dans le rétro, ressemblait à une photo de David Hamilton, sans les nymphettes en nuisette de la Redoute, dommage. Extrait du journal du silence :

... ! ..., ... ? Oui.

Tu me feras penser à racheter des points suspension, que je lui fis à l'autre en garant la polo dans le square interdit aux enfants et aux aveugles sans permis de conduire. Au service social de la mairie on m'avait refilé des tickets repas services, ça valait la peine de tenter d'en claquer un à la FNAC. J'ai sortis les chiens qui ont été pisser  sur le toboggan en lames de rasoir, c'était de l'art ce truc, de l'art conceptuel que l'artiste-plasticien-conceptualiste-debordien avait voulu mettre à la portée de tous. Ce qui fait que le pharmacien de la cité avait ouvert auprès une échoppe de sparadrap. Ca boum ! Lui fit mon pote. Le pharmaco regardait les petits chiens en se demandant, rien, non rien. Les pensées profondes des pharmaciens, sans dec' on s'en tape. Tout ce qu'on leur demande c'est qui nous relifte et revitalise le cuir chevelu et nous fassent aux pattes le galbe parfait pour monter sous les acclamations du public les marches du palais de ... justice.

Je me souvenais aussi de l'entremetteur, à la radio. Il avait éprouvé le besoin de se faire expliciter par l'auteur du journal du silence, le concept, ou plutôt la substance recréatrice et moellifique du concept de gromaphone en tant que précepte lacanien de la compréhension Nitzschéenne des admonestations artésiennes d'Antonin. Ce à quoi l'autre, après mûre réflexion, avait répondu qu'en fait il se situait à la pointe d'un courant trans-genre où tout pouvait s'exalter dans une prière micro incorporée, pourvu qu'on le fasse savoir sur la toile. J'étais scié. Faudrait que je pense à me faire greffer une paire de drag queen à la place de mon binôme de couilles, qui de toute façon ne me servait plus à grand chose.

L'autre, pendant ce temps que les petits chiens grognaient contre le pharmacien et que je remémorais, avait d'un coup d'épaule fait sauter la porte de l'immeuble. Le digicode fonctionnait à l'épaule. Fallait être un peu musclé du cerveau pour vivre dans ce monde tactile. On s'engouffra et grimpîmes quatre à quatre les dix marches poisseuses de l'escalier de béton qui menait à la scène de crime. Frissons !

 

04.09.2009

Les pipelets

Les solitaires, caste sociologiquement indéfinissable, à laquelle je crois que j'appartiens, sorte d'intouchables aux manières électriques, dégageant ça et là dans leurs pérégrinations circonvolutionnaires des décharges de foudre qui finissent par leur griller des pans entiers de circuits imprimés à l'encre pathétique, sont, les solitaires, d'incroyables bavards. N'en approcher qu'un suffit à faire comprendre la douleur que l'on éprouve à leur prêter, par pure charité chrétienne, une oreille, même distraite. Les voila qui vous haranguent, vous tancent, vous supplient, vous morigènent, vous prennent pour ces foules qu'ils fuient ordinairement et dont pourtant ils pensent qu'ils ont de ces choses d'une importance capitale, à leur dire, toutes affaires cessantes. Cessez un peu de vivre ! Vous soufflent-ils. Ils font chavirer le frêle esquif de vos certitudes, de ces garde-fous que patiemment vous vous êtes appliqués à considérer, à part vous, comme d'inébranalbles constructions mentales. Quand tout à chaviré, quand tout autour de vous l'océan syphonné a tout recraché sous la formes d'esquilles, quand vous ne leur opposez plus que le regard vitreux d'un merlan essouflé par le chalut lancé à cent à l'heure dans les bas-fond de votre patience, les solitaires sentent la pépie leur râper les papilles, le parapet à toute allure se rapprocher, et vous demandent, en se tordant les doigts, si il ne vous reste pas un peu de ce merveilleux vin qui leur débride si bien la faconde.

C'est que le solitaire est quelque peu pipelet, et là, les dames me pardonneront de leur voler un peu de ce si joli mot pour le masculiniser en lui soulevant la violette, délicatement. Mais pas toujours. Pipelets par nature, et le sachant fort bien, espèce unique dans l'espace commun, ils se ravalent, se crépitent la façade et du fin fond du silence font pour eux même des recueils de maximes, pour s'éviter de les appliquer à leur propre gouverne. Ils dissertent, dissèquent, déchirent dans la toile de sac de quelques platitudes, des moisissures tout à fait aptes à faire la nouveauté. Tenez ! Disent-ils. Voici le fond de ma pensée... Et pourquoi ne pas commencer par le dessus du panier ? Pourriez vous leur répondre. Impossible ! Vous rétorque le pipelet. J'ai depuis longtemps pris l'habitude d'avancer cul pardessus tête. Le fond de leur pensée souvent laisse voir que dans leurs souliers pointus le gros orteil de l'analyse a depuis longtemps tenté et réussit sa percée.

Prenez garde, do not lean out of the window ! Invitez-en un parfois, à votre table. Deux peut-être, ils se neutralisent avec assez d'efficacité sitôt que dans le miroir d'un semblable ils apperçoivent ce que leur maman a toujours tenté de leur cacher, la brancalitude de leur existence commune. Et puis à de certains moment, baillez un peu, un peu plus, à vous décrocher la mâchoire, faites sonner, comme un verdict, le verrou de la cave, condescendez à leur dernière trouvaille et armez vous d'un point. Un point final.

21.07.2009

Tout en T

Tandis qu'ici l'on trime, que là bas l'on transe, qu'ailleurs on trip au top, la terre tinte comme un trelot treux. T'as pas tant de talles, que je m'en tiche une dans le tesson ? Tu t'abîmes, je trinquetouille, il talismane, nous torturons, vous tortorez, elles tracent. Je t'attends, tu traînasses, elle se tartine, nous nous tirons à vue, vous nous triez sur le volet, ils tancent. Tandis qu'ici l'on trappe au trèpe, que là bas l'on taille au tas, qu'ailleurs on tente à TûT ! Tut ! Tût ! La terre s'émince ... Et mince ça s'écrit sans T ! A moins qu'on ne le toise du haut de la mouise. A trop troupir dans le turin, c'est à peu près tout ce qui nous reste à taire.

Y a t'une touche ici qui t'aime à la tolie ! Et que dit-elle ? Toi, ça fait trois tours que tu t'es pas lavé ! Que voulez vous ? La trasse me tonserve en état de trâce. Voilà tout, et tout en T. Ou Tresque.

02.03.2009

En avant ... Mars!

Bon, faites un peu attention où vous mettez les pieds ! Le terrain est miné. Et comme nous ne sommes pas vraiment déterminés à jeter par dessus bord les quelques qui font écran par le fumeux de leurs discours empêtrés, nous allons devoir marcher au pas. Au pas cadencé des forçats volontaires et empressés à pas perdre le rien qui leur reste.

Sous ma paillasse j'ai serré un petit quignon de pain dont l'ouvrier Roumain, le plombier polonais, le Magyare aux yeux injectés de sang, le balte, la blatte d'outre-Danube réclame sa part. Sa part ? Mais quelle part ? Ne sont-ils pas contents qu'on les ait libérés par Wojtyla Jean Paul notre saint père crevé ? Sont-ils pas reconnaissant ? Voudraient-ils aussi croquer dans le moisis de la mie racornie. Et l'asiate alors ! Y a qu'à se servir 

On nous assaille ! On en veut à nos produits régionaux, à nos AOC, nos pinards, nos oies, nos bovins encartés, nos lumières au fond du couloir, première porte à gauche et tirez la chasse, svp ! Aux armes ! Aux armes ! Pauvres protégeons nous de la misère des autres, Votons ! L'Europe ? Validons ! Les traités ? Plébiscitons ! Pas une minute à perdre. Au pas cadencé, la dernière cadence infernale qu'il nous reste à tenir.

Mais rassurés soyons nous, pas de conflits à l'horizon. Paisibles sont les paysages de ce matin, le second sur Mars. Nous flottons à l'aise, l'air est rouge, le sang est bleu, la sélection est naturelle. Les charters me passent par dessus la tête, dans les rues les suspects filent dans l'ombre du travail au noirte :

- Monsieur l'agent ! Monsieur l'agent ? Je crois que lui là, il est pas ... Enfin vous voyez ! Mais non pas de quoi ! C'est naturel. Entre français faut bien s'aider, être solidaires. Seuls les humains savent comment on peut apprendre à marcher au pas, en apesanteur. En avant ... Mars !

Au fait, j'allais passer outre, comme disait Alphonse (pas l'Alphonse de la Martine !), certes le Souabe quand il est imberbe n'en est pas moins européen mais ne l'oublions pas ! Non ! Le Serbe nez en moins est fourbe !

 

21.01.2009

Allons-y les enfants!

"Allons enfants de la patrie ! Le jour de ...". Peut-être bien que ça vous a échappé, comme à moi; Peut-être bien que le rêve américain a bercé toute votre nuit et que ce matin vous vous êtes réveillés en cherchant sur la table de nuit, les clés de votre Chrysler, votre abonnement au new york herald et le reste de pop corn que vous n'avez pu achever tant l'émotion vous étreignait à l'écoute que vous étiez du discours de monsieur Obama : "notre système de santé ne fonctionne pas ! Notre système éducatif ne fonctionne pas ! Les infrastructures ne fonctionnent pas ... mais nous resterons fidèle au rôle civilisateur de notre grande nation, la plus grande de toutes !". Il y a là de quoi effectivement être subjugué. Et ça ne saurait en rien nous rappeler que pas plus aux états unis qu'ici il n'y a de place pour notre rêve de paix.

Et pendant ce temps là, dans un petit village d'irréductibles socialix, peu avant minuit, heure locale on chante la Marcellaise au pied du perchoir, on se révolte à l'assemblée on crie à la mainmise de l'exécutif sur le législatif. On hurle que la République est en danger. On s'étonnerait presque qu'à l'extérieur du palais Bourbon (le bien nommé !) la foule citoyenne ne se soit déjà amassée et qu'à la lanterne on prépare pour certains, que je verrai bien moi, définitivement sans-culotte, la paille des cachots. La dite paille sur laquelle le fatalisme du peuple souverain s'est depuis longtemps habitué à y voir croupir ses propres enfants. Mais que veulent-ils donc ces députés . Que le "jeu" démocrate soit respecté.

Voici donc que près de deux ans après l'élection truquée du présidnet (celui qui règne enfin plus net !)... Truquée pourquoi ? Par l'absence pure et simple de candidats (dates ?) autre que lui, c'est simple, non ? Voici donc que le grand chantier de destruction massive de la vocation sociale de la république va son bonhomme de chemin de rouleau compresseur. L'opposition ? Euh attendez ! Pas vu ? Pas pris ! Mais hier les godillots qui siègent avec vos voix comme coussins, à la gauche de l'hémicycle se sont éveillés au son de l'hymne national, tout secoués tout à coup d'alarmes. Aux armes ! Aux armes ! Mais nous n'y étions pas, nous n'y sommes jamais quand il faut. Et là bien entendu, il faut !

La marche forcée qui demain nous privera de ce pour quoi nous versons dans la poche de l'état, de quoi subvenir à nos besoins en cas d'urgence, cette école aussi dont on nous rabache qu'elle est aux mains de fainéants, nous, pour des fainéants, encore nous ? Ces hopitaux publics qui prennent aux constructeurs automobiles ce que de bon droit nous devrions leur porter sur un plateau d'argent, de bonnes et grasses subventions. Ces systèmes sociaux dont nous sommes, par l'impôt versé, les mutualistes. Tout ce foutoir qui file au chateau des aigreurs d'estomac, voila que le pouvoir le réforme et qu'il n'entend pas qu'on en discute (article 13 de la constitution caviardée). Socialix mes frères, je vous ai vu la chanter la Marcellaise et je me suis dit qu'hier, around midnight (by Bud Powell, not so bad!) j'aurai dû y être avec vous à l'entonner comme un coup de canon en direction du palais, même faux. Et surtout les couplets qu'on ne connait pas. Ceux qui parlent de fraternité et de liberté et d'égalité. Merci pour ce moment de bravoure encravaté !

12.11.2008

No Hire

Point ne point la colère ? Où donc est-elle fourrée la harpie de mes heures bouleversées, transpercées de laves ? Elle qui chaque matin me soigne le moral en me mettant en plis, au fer brûlant, les nerfs. Elle qui pousse sous mon regard morne les mauvaises nouvelles du monde :

- Quoi de veuf ce matin ? Rien que du pieux messires, du veule, du volatile, du vorace, de l'écrouelle, du mendiant rabroué, du banquier crevant d'ulcères légèrement hâlé, de la ménagère réaménagée, un général peut-être, passé par les armes ? Des trafiquants défoncés de la carrosserie, cela convient-il à vos appétits de traîneur de boulets ?

Soupirs d'haleine chargée comme le compte en banque d'un nouveau né à la carrière. Non rien, je vais casser quelques noix et des coquilles me fabriquer un casque pour mon baladeur en os de seiche. Je vais aller sous le cerisier pour compter les feuilles tombées en désuétude. Je vais de l'olympe changé les guirlandes, c'est les fêtes sur les champs élysées. Je vais peut-être bien me recoucher et reprendre ce rêve d'unité, ce rêve que j'ai laissé aller au moment où du profond de mon sommeil, une voix s'est mise à hurler :

-Marche ou crève !

Ni ne marche ni ne crève, je contemple ce qui reste de terre et d'eau et me dit qu'avec ça je pourrai bien bricoler une sorte d'empire d'où n'auraient pas à fourmiller les plaintes de la multitude dont je suis le multiple et le un et à elle, l'infiniment uni.

No hire ahora ! Je sais bien où elle est, ma colère. Elle a pris congé pour un instant, s'en est allée faire un tour en pays conquis. Ce grand pays de l'iniquité, elle fait son tour du monde où l'insane et l'immonde font la pluie et le beau temps. A-t'il fait beau ? Lui demanderai-je quand elle rentrera. Un vrai temps de chien ! Me rétorquera-t-elle, en retrouvant sa place entre les pages de mon cahier aux lignes brisées.

14:56 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, ump, ps, littérature, poésie, europe, sarkozi | |  del.icio.us | | Digg! Digg

05.08.2008

A l'opposé du monde

Petite précision consternée au sujet du contenu de la note précédente et ayant pour principal effet de vous conduire à la lire, si toute fois  vous ne l'aviez pas déjà fait.  Effet secondaire, mais néanmoins  pas moins appréciable, celui qui voit cette note s'orner de pas moins déjà deux phrases ! Ce qui,  pour quelqu'un qui ne sait pas trop de quoi il veut parler au juste, est un hors d'oeuvre qui pourrait si je me laisse aller à enchaîner comme à présent les perles de culture creuses comme des colliers de fleurs  sans coquille,  constituer l'essentiel de la note et ainsi vous inviter à prendre un effervescent et à aller vous coucher, abasourdis par tant de riens réfractaires à l'analyse de texte...

Mort de mon âme ! Le piège se referme ! Tirez vous les gars,  je vous couvre ! Là,  quelques Walkyries passent dans le décors... chevauchant comme le lorgnon, le nez d'Offenbach. Ah qu'il doit être doux par un soir moite d'août d'avoir le nez prit dans la raie d'une Walkyrie. D'ailleurs à ce propos, je rentrais hier au soir  par le bus  et ce pendant  que je l'attendais  à l'arrêt  de la station d'épuration, je fus pris par une envie de pisser impossible à contenir en les limites de ma vessie maintes fois lanternée. Je me glissais dans la nuit contre un lampadaire que de dangereux extrémistes avaient mouché d'un coup de pigot bien ajusté.

Je sortis l'objet de tant de folies humanistes,  qui pour leurre ressemblait à une nouille tout juste bonne à secouer et j'urinais, j'urinais, j'urinais, j'urinais, j'u... mais voici que tout près de l'endroit où je tentais de faire monter le fleuve fumant de mon être profond, le plus haut possible sur le fût du lampadaire (les messieurs me comprendront), j'entendis un murmure. Je levais les yeux, rien ! Dieu me boudait dangereusement, encore un siècle de ce régime et et il perdrait un fidèle. Le murmure s'amplifia en un dialogue, j'analysais en rangeant les attributs du pouvoir. Ils étaient deux. Deux voix dans la nuit,  qui se lamentaient, se poussaient du coude. L'une renâclait, l'autre la poussait :

- Vas y dire toi !

- Oh non ! moi il me font peur les plumitifs, t'as vu comme il pisse drû !

- Par le prophète ! Tu feras jamais un vrai martyr !

- Bon d'accord mais je te le dis je n'irai pas plus loin, d'ailleurs j'ai horreur de tous les flonflons, de la valse musette et de l'accordéon !

- Chauffe Marcel !

Alors de l'endroit le plus reculé de la galaxie. C'est à dire, juste après le carrefour derrière la gare, pas loin de la supérette,  la seconde voix sortit de l'ombre propice aux complots les plus abjects en terme de propagande/audience...

- Euh ? C'est vous qui écrivez ces choses si intéressantes, si magnifiques, si justes, si limpidement explicites quand à la question de savoir si il vaut mieux être juif à Téhéran ou musulman à Ramallah ?

Un instant je crus être tombé aux mains d'un groupuscule de lecteurs avertis. je les redoute, surtout quand il viennent en autocar de Roubaix, car en autocar on ne sait jamais.

- Jette ton arme ! Je tentais. Puis un peu rassuré par le fait qu'il n'avait à la main ni mon dernier opus (A paraître prochainement aux éditions Fourmis violentes !) ni la pointe Bic spéciale autographe à l'anthrax, je redescendis d'un cran dans la dissuasion nucléaire. Mes pompes baignaient dans la pisse, j'avais bien l'air de ce que j'étais, il le vit.

- C'est bien moi mon bon ami. Je tentais de reprendre un peu de hauteur.

- Et bien voilà, vous voyez nous serions assez satisfaits si mais sans vous commander,  vous aviez l'obligeance de rectifier un détail dans la  note précédente...

- Un détail ? Là,  je le tenais. Mais quoi, ce détail vous touche ?

- Ho moi vous savez, pas plus que ça mais l'organisation oui et en fait ça nous fait un peu peine d'être pris pour des Ouïgours alors qu'en réalité nous sommes Kashgars.

Je vous l'avais bien dit que tout ça ne nous menait nulle part ! Des Kashgars ? Et pourquoi pas un poème tant qu'on y était ! Un poème qui aurait pour titre : A l'opposé du monde.

Mais,  grand seigneur, j'obtempérais et les Kashgars et moi nous prîmes le bus ensemble. Bien sûr ils n'avaient pas de ticket. Il serait toujours temps de les balancer à la brigade de répression des jeux au premier virage penché.

(Merci à Marcel azzola et à Jaques Brel sans qui la révolution prolétarienne ne serait rien qu'une valse hésitation.)

 

23:31 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, poésie, ouïgours, littérature, modem, ump, ps | |  del.icio.us | | Digg! Digg

Toutes les notes