27.09.2009

Luc a dit!

Luc a dit : Mon pays de cocagne, mon Acadie, là d'où mon objectif préfixe les instant de grâce nostalgiques, les petits moments sans fin qui tels des perles de verre font le tintement légers des matins et des nuits profondes à la gorge des femmes, mon pays de cocagne est un meuble bas, posé entre deux fenêtres aux persiennes fermées à l'espagnolette. Trois tiroirs aux poignées de métal dépoli en scellent les secrets. tout en bas est celui des souvenirs, des clichés aux bords chiquetés, des glaçages craquelés, aux teintes passées comme des cris d'enfants vieillis. Là sont ceux que nous aimions, les jolies filles qui sont nos mères, nos tantes, des cousines, des soeurs, la fine fleur refermée entre les pages des lettres d'amour et les cartes postales où nous nous rêvions dans l'habit de pays lointains. Le second est celui où nos émotions titubent sous le choc de ce qui nous traverse là, en lisant, en écrivant, en ne faisant rien que d'attendre le moment propice où il sera toujours temps de n'en faire pas plus, l'instant où la lumière elle aussi est propice, par le trait qu'elle trace et souligne le bord de la paupière aimée. Dans ce tiroir-ci rien qui tienne en place si ce n'est l'ombre glissant tout au tiroir du dessous. Le troisième, tout en haut, celui qui enfantait, nous semblait impossible à atteindre sans réveiller la sainte colère des grands, monstres jaloux de nos éternités fugaces, le troisième ne renferme rien qui ne soit nous demain. Et demain n'est pas si loin, plus on avance, de moins en moins loin. Nous l'aurons notre habit de pays lointain.

La vie en somme, c'est commode, tant que l'on ne reste pas le cul posé dessus. Luc à son blog, eh oui ! Comment dit-on déjà ? Le blog de Luc ? Lui dit le blog à Luc

11.07.2009

En attendant

En attendant qu'ils viennent, qu'ils arrivent, qu'ils rentrent, qu'ils reviennent. En attendant que la maison redevienne la subtile géographie d'un monde creusé de croisements, d'à peine quelques mots détournés pour dire que l'attente fut un lait, une lactance amniotique, un long tunnel moiré mouvant. Moïra parmi les silhouettes, vulve d'où le souvenir de leur visage émerge, froissés peut-être mais d'un regard vieux comme le monde, tout allumé des rais de lumière que la porte entrouverte tout à l'heure, livrera sous le pas harassé de leur passage.

En attendant qu'ils viennnent, d'ici à là je fais en déambulant la même quantité de chemin qu'il leur reste à parcourir avant que de venir. Ici, où voyage la maison. Qu'ils viennent donc, qu'il rentrent, qu'ils reviennent et arrivent, et reconnaissent enfin que sans armes, la maison est plus grande et plus aimée mon attente.

21:10 Publié dans Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, ratures | |  del.icio.us | | Digg! Digg