12.11.2009
La vie en tant que scie
Si il advenait que l'on me prouve par A+B que je suis né dans un pays riche, il faudrait par la même que l'on m'explique pour quoi je n'y croise à longueur de rues que des pauvres, des sans le sou, des sans grade, des sans actualité autre qu'à toujours remettre au lendemain l'équilibre sans lequel on est à la merci du premier vaccin venu. Ton bonheur est entre tes mains, tu es l'artisan de ta propre réussite, change d'air voilà tout ! Je m'y colle, je me lave, me rase, enfile une paire de chaussettes propres et toute la panoplie du parfait candidat. je sors de bon matin, je descends à la gare et en passant devant l'église, voilà-t-il pas que je croise un convoi funèbre.
Il y a là du veuf, de l'orphelin, des amis éplorés, de la famille aussi, des curieux qui se renseignent pour le cas où, et le petit personnel qui se charge d'organiser tout ça, que ça ait l'air de quelque chose de digne. C'est pas toujours le cas. Je passe, je ne connaissais pas la défunte, vaguement peut-être. Un coup mal tiré, un soir où le mari faisait de ses dix doigts, quelques heures supplémentaires, accroché au clavier de son ordinataire. Pas plus. J'ôte tout de même mon chapeau, il me semble qu'un des orphelins ne m'est pas inconnu, il me fait même un signe. Triste petit.
Je continue ma route, une où deux mains se tendent mais ce matin, c'est décidé, je réussis. Pas le temps pour m'occuper de la détresse d'autrui. A la gare ! C'est une vraie mafia ! Ma voisine, qui s'y connaît un peu vu que dans les années quarante, elle tendait aussi la main, mais très énergique, celle-là, m'a déjà avertit. Vous leur donnez un jour, et vous êtes fichu mon pauvre monsieur ! J'ai l'air, moi, aussi pauvre que ça ? Pas ce matin, je suis remonté comme un coucou niché dans un fourgon délocalisé de la Bling's. J'y cours au cul au bonheur. Je suis sur le quai, avec les autres, j'attends le RER, le train de la réussite omnibus. Mais voilà que sur les ondes on annonce un sacré retard, une demi heure pour le moins. Un suicide en amont. Un cadre dynamique, dynamité par le stress. Chers voyageurs, on ramasse les restes, on fait des doggy bags pour les affamés et on rétablit le trafic. Ça rassure, je commençais à suer dans mes chaussettes propres, je m'envoie une giclée de menthol discret, entre les orteils. Enfin la rame arrive, les autres et moi on se fait les politesses d'usage. Et on roule, on roule, on roule, on roule, là on s'arrête, et puis on roule, on roule, on roule et enfin la capitale se met à luire devant nous, comme un lingot de béton ciré.
Quelques couloirs, des bousculades bon enfant, un coup de savate à un petit mafieux roumains d'à peine six mois, que sa mère de location a laissé en plein milieu des Escalators. Et me voilà à pied d'œuvre. Alors mon gaillard on en veut ! On va y aller ! On a la gnaque !!! Si vous le dites ! que je me pense sans desserrer les lèvres du grand sourire pincé que je lui adresse en guise de oui-oui convenable. Lui c'est le chef du troisième bureau du ramassage du tri sélectif en milieu urbain. J'ai trouvé cet emplois précaire d'une durée absolument indéterminée par un ami de ma femme. En échange de quoi il l'invite tous les mercredi au cinéma et après ils vont boire un verre, et après ... Après je peux pas dire elle me raconte pas tout. Elle est assez indépendante, dans son genre.
Bon, ce matin on ramasse que les mâles ! On y va doucement, faut pas choquer le passant. Vous connaissez tous la consigne, à la moindre question, on répond : C'est pour les ramener chez eux madame, là où il fait chaud et où le lait et le miel coulent en abondance. Ici vous comprenez, ils dépérissent. Par Saint Besson ! Comme vous faites bien ! Moi comme c'est mon premier jour, c'est que les vieux qu'on me donne à pousser dans le fourgon. Même c'est pas trop fatiguant. Allez Pépé, faisez attention à la marche. Mais quand même je me dis : Si il advenait qu'on me prouve par A+B que je suis né dans un pays riche il faudrait aussi qu'on me démontre pourquoi il y en a toujours plus à charger dans les fourgons ? Les cadences deviennent infernales. Il a raison le délégué syndical.
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Digg
22.10.2009
240 allumettes
A chacun sa fortune. A chacune son fortin. J'ai vidé ce matin, sur la table de la cuisine une grosse boite "familiale", allumettes de sécurité. J'ai commencé par en faire une tour, une haute tour crénellée, une tour de guet d'où je puisse observer le mouvement de la seule étoile que je sache reconnaîte au ciel; Quand le ciel lui même n'est pas plus lourd de suies que je ne le suis ordinairement. La tour s'est dressée, un peu, puis peu à peu des clair-voies une rumeur s'est élevée. Une rumeur d'homme en armes. Le triste chevalier à la triste félure s'ébrouait au milieu d'un amas de conserves vides, aux bords taillés pour l'égratignure. Il cherchait monture, mais de monture point, la tour était trop étroite pour contenir une écurie digne d'un palefroi digne de servir un croisé tel que lui. Sa croix ? Loin d'orner l'écu de fer blanc et l'épaule de sa guenille, sa croix était en lui, comme un cheval de frise décoiffé par les orages amoureux. Au sein de la tour qui s'élevait à mesure que les allumettes croisaient et recroisaient le petit bois et le souffle vermillon du soufre, un grand tintamarre d'imprécations et de questions sans cintre secouaient la penderie :
- Qui m'a foutu un tel bordel dans les chausses ? Où est la petite laine dont j'aime à me couvrir la carcasse ? Eh vous là haut ? Au lieu de jouer avec les allumettes, votre bonne maman vous a donc rien appris ? Feriez mieux d'aller me quérir quelques effets sentant un peu moins le renfermé. Où est passé mon bonnet de police ? Pourquoi mes caleçons sont-ils pas à la place de mes caleçons et qu'en leur lieu et place je ne trouve plus que fragile gaze et dentelles ajourées et tout ce dont les dames aiment qu'on les en débarasse délicatement, dans le clair-obscur où je me trouve mieux qu'à mon avantage, vu l'âge ? N'y a-t-il donc plus ici mâle qui vive ? Foutre d'ange ! Où ais-je fichu ma quête ?
La tour branlait, normal vu mon âge. Et j'avais bien de la peine à lui faire atteindre les horizons dont je me privais en vaguant à des occupations de démiurge désobéïssant par nature. Il allait donc falloir que j'aille faire la lessive avant que la tour ne tombe sous les tristes effets du minuscule preux, qui pour l'heure en occupait la garde-robes en brisant des cure-dents comme on brise des lances, pour se mettre en jambes. Aucun programme sur le sélecteur de la machine n'indiquait ni heaume ni cotte de mailles ni rien de tout le saint frusquin dont s'équipent les lourdaud pour, allant pourfendre de quelconques indifférents à leurs différents conjugaux, et en ne rêvant que de s'en retourner, tout auréolés de gloires mythiques, à la couche de leur aimée, férailler et de taille et de toc en des contrées où nul ne les attendait. Je ferais donc ça à la main et au savon à barbe.
La fragile construction n'y tint pas. Le chevalier s'en prit plein la poire et je me retrouvais donc avec sur la table de la cuisine un amas de petit bouts de bois qui ne demandaient qu'à flamber pour un bref instant. Trop bref instant des incendies de gares où l'éternel retour du silence pèse sans qu'on y puisse rien que peser dessus afin qu'il soit un peu plus lourd. Je fis le choix, du petit tas de bois, d'en faire un labyrinthe. Un étrange labyrinthe dont je connaissais depuis longtemps l'entrée et dans lequel, bien qu'échouant souvent, je continuais à chercher la sortie.
Au ciel les étoiles ! Dans ses yeux les étoiles ! Et à moi, les allumettes qui sont comme 240 jours d'absence, à éclairer de leur flamme emballée la noirceur du labyrinthe.
(Pour Miette et Noirte, à PG)
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Digg
21.10.2009
Un instant
Un instant j'ai cru que tout allait être toujours pareil. Alors je l'avoue j'ai eu un peu peur. Mais l'instant d'après je me suis rendu compte que rien n'avait changé. Alors ça m'a, comme on dit, complètement rassuré. Je me voyais mal rêver d'un monde fait de bien, et pour tous; C'est trop lourd à porter toutes ces utopies, il en faut qui en bavent, sinon c'est comme si plus rien avait de valeur. Et puis tout le monde est bien d'accord, on fait d'abord la Toussaint, puis après on fait Noël et pour finir au 1er Janvier on se la souhaite bonne et heureuse et toute pleine de bonnes choses, comme cette année.
Un instant j'ai bien cru qu'il allait falloir faire quelque chose, quelque chose dont je sois un peu fier. Quelque chose, un geste de citoyen conscient que ça n'allait pas pouvoir durer tant que les impôts. Puis je me suis ravisé, pour pas dire pire. Je me suis dit qu'il devait bien y avoir quelque part un professionnel de la chose à faire. un bénévole de la profession, quelqu'un qui vous secoue les tripes en vous causant comme il faut des urgences et des catastrophes, de la précarité, de la montée des eaux, de la nécessité absolue de se rassembler pour ... Et puis l'instant d'après il est arrivé, comme le livreur de pizzas, avec dans son carnier rouge vif un film qu'il venait de fabriquer avec des produits bio de recyclage vert. Et là, je vous jure, on s'est tous mis à pleurer comme des veaux. Après on s'est tous bien mis d'accord. On allait rien faire qu'attendre le deuxième épisode de cette saga sur l'urgence.
Un instant, c'est bref mais ça suffit souvent pour tout chambouler, sans rien toucher.
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Digg
20.10.2009
Scribalablablad
Tiens, un livre ? Encore un ? Tiens un autre ! Seigneur ! Une bibliothèque !!! Sainte horreur; J'éprouve une sainte horreur pour tout ce qui ressemble à un cimetière. Tous ces dosserets, toutes ces jaquettes, ces alignement alphabétiques de noms, de titres, comme des plaques de granit pieusement fendues par le gel et les saisons sans aucune visite. A notre Flaubert chéri ! Regrets éternels ! A Céline, la résistance française! A Nietzsche, sa soeur bien aimée!
Et au fait vous publiez quand ? Quand les poules se passeront de dents à leurs couteaux. Quand j'aurais moi même plus assez de dents pour déchirer la cartouche meurtrière. Quand un éditeur flairant le bon coup posthume se fendra de faire autre chose que d'envoyer au casse-pipes un catalogue de viande morte. Quand Google TM, père impair et passe, aura tout numérisé et que le père Goriot au détour d'un écran plat se tapera Zazie, dans le métro. Et personne y trouvera rien à redire, vu que le digest deviendra la Maalox TM du lecteur de cartes à puces aigris. Quand j'en aurais fini d'aimer mon prochain comme on rate la correspondance. Quand le poisson rouge aura appris à voler de ses propres ailes. Quand vous ne lirez plus dans l'espoir d'être lu. Quand les ascenseurs seront devenus autre chose que des confessionnaux en panne d'escaliers. Quand je serais orphelin de mes dernières amours. Quand en haut des phares que sont supposées être les bibliothèques, les gardien auront cessés d'agiter les signaux d'alarmes pour des cargos chargés jusqu'au château de miettes renonçant au pain d'amour. Quand les étoiles ne seront définitivement plus que des trous qu'il suffira d'agrandir pour y voir clair dans le regard de l'autre. Quand le cancan de la rumeur ne prendra plus le premier canard venu pour un génie des belles lettres. Quand je lirais autre chose que les âneries que j'écris avec une complaisance de pêcheur à la ligne, avec retour de chariot automatique et impression par jet d'encre. Quand la fille de son père s'aimera comme je l'aime. quand le diable aura brûlé ses sabots. Quand demain sera autre chose qu'un remix infâme de ce qu'hier n'aurais pas du être. Quand j'aurais compris que les trains n'en sont plus puisque le voyageur n'a plus rien en tête que d'arriver vite, là où personne n'attend qu'il advienne quoi que ce soit. Quand j'aurais fini de faire cuire la soupe dont je ne mange pas puisque je me repais ordinairement de l'appétit des autres, et que ça fait ma joie, cette fringale enfin rassasiée. Quand j'aurais admis que le beau est dans le sale, que le sale est dans le laid et que le laid se contente de l'humanité pour fleurir merveilleusement.
Oui bien entendu mais vous publiez quand au juste ? Demain, enfin je crois. Ca dépend un peu de l'heure à laquelle l'incendie se déclare dans la bibliothèque.
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Digg
13.10.2009
La durée de vie du vent
Pas plus le le prix de gros du ventre sur le marché nataliste de la République, je ne saurais dire la durée de vie du vent; Me semble tout de même qu'un mystère a été amplement éclaircis dans cette époque qui voit tout, qui sait tout, qui invente au besoin quand l'information coûte trop cher à aller chercher et le clame haut et fort sur tous les créneaux horaires. Tant et tant que nous en avons le bloog ramollis des doigts de pieds en cape. Ce mystère là c'est celui du vide que l'on nous propose comme origine de la matère à penser. Un big bang dans la cuvette des chiottes. Il était une fois, nous conte t-on ... Once upon a time in a small palace, there was a princess called la princesse Troodbal. Un prince, que la quète avait abandonné sur le parking à pare-buffles s'en allait tristement, la lance à la hampe. Cependant la princesse Troodbal, que les taches ménagères ménageaient, vu qu'elle avait de hautes responsabilités dans le milieu humanitaire, n'avait à elle pas une minute pour se languir à l'aise de l'absence du prince que communément on nommait, Frédéric le Dard.
Il arriva ce que tous nous savons à présent, on prit Frédéric en train de se faire pomper l'article par de jeunes sans papiers, dans un cul de basses-fosses d'un centre de rétention administrative; La princesse sortit un disque et tout le monde fut bien content le jour ou Frédéric et la princesse se retrouvèrent Badour, sur la chaîne de Tifain, afin de se faire exploser les sphincters par l'audimat qui en redemandait et par conséquent en re-eut. Car il faut bien l'avouer, nous n'aimons rien tant que l'on nous raconte des belles histoires, qui finissent bien. Sauf pour les figurants, bien sûr. Celle-ci par exemple:
Il était une fois, dans un pays que je connais parce que longtemps j'ai cru que c'était le mien du fait que sur mes papiers partout il était écrit que j'y étais né, que j'y avais été à l'école, que j'y avais servit la nation sous les couleurs d'un régiment de parachutistes, que j'y avais payé diverses TVA et autres taxes sur les produits que j'y avais consommés, sans qu'il fut besoin qu'ils y fussent produits, mais ceci est une autre histoire ... Il était une fois donc, dans ce pays merveilleux qu'un vieux chanteurs à balais roses avait si bien chanté, emboité lui même par un groupe au nom savoureux à présent, "carte de séjour", tout un tas de braves gens, hommes et femmes paritairement ambitieux, qui rêvaient de faire poètes. Plus tard quand ils seraient grands, aussi grands que Victor mais un peu plus petit que Charles et ridiculement nain par rapport à Nicolas le père à Jean ... mais ceci est encore une autre histoire ... Moi quand je serais grande (d) je ferais poète ! Puis il compulsèrent les petites annonces de pôle emplois, puis un ami de leur papa qui connaissait quelqu'un au ministère les informa gracieusement qu'on cherchait quelqu'une pour raconter des histoires de gens de pouvoirs, that is to say des caves toujours plus convexes dans l'allure. Exemple : Jean, le fils à Nicolas, a un scooter avec chauffeur, il emboutit le pare-choc d'une grosse brême, c'était la nuite... Racontez en vingt ou trente lignes vos vacances à la neige.
Story teller's, c'est ça que je voulais être quand j'étais petite. Mais je ne savais pas que ça existait. Je regrette parce que poète ça y va pas beaucoup à la neige quand c'était petite. Notez bien, la poudreuse je m'en suis bien passé jusqu'à présent. Et ce pays dont je parlais, ce petit pays pas plus grand que l'Irlande est démocrate, ce petit coin de petits marquis, j'ai bien l'intention de le laisser dans l'état où je l'ai trouvé en arrivant. On s'y torche on s'y torche ! On s'y torche avec les doigts.
La durée de vie du vent ? Comme la vitesse de la lumière, incalculablement vaine à calculer.
17:03 Publié dans Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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Digg
06.10.2009
Mord Dieu
Mon âme a des dents, un râtelier à faire miauler tous les roquets. Attaque ! Je lui dis parfois. Et parfois elle m'obéit. Ce qui n'est pas tout simple quoi qu'il y paraisse, mon âme est paresseuse. Et puis dresser un abstraction à l'attaque, vous m'en direz des nouvelles. Dresser un banquier au mensonge, un policier à la trique, un politicien à la caisse noire, un grand patron à reprendre deux fois du plan social, un curé au rire narquois, un huissier à vous recompter au tapis, entre autres ravis de la crêche, pas de soucis je dirais. Ça leur est à tous comme une seconde peau. Mais une âme à mordre ? Là, c'est une autre pair de d'électro-chocs!
N'en reste pas moins que parfois, elle et moi nous farcissons du martyr, tirons à vue de l'oint du seigneur, faisons grand massacre de vieux saligauds oublieux de ce qu'aux Dieux en général l'incontinence n'est pas une vertu. Dieu se fait sous lui ? Oui ! Et personnellement mon âme en a un peu assez de faire la fille de salle, pour un salaire de misère, un paradis chose promise chose due, mais pour après le trépassage à sec. Mon âme, comme toutes les créatures a un petit nom de baptême. Elle s'appelle Mord-Dieu, avouez que ça a du chien! De la tenue de combat. Et elle niaque la salope, tout le divin des mollets qui gambillent à qui mieux mieux sur la nuque brisée des éternels emmerdrés de vivre par eux-même, en tous.
Mords mon âme ! Mord, tue-Dieux ! Mord!
07:27 Publié dans polytiques | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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Digg
05.10.2009
Bluette
Vous l'aurez remarqué, je ne parle plus du tout de Sarkozi ? Un médicament miracle ? Une potion, un onguent salvateur, qui appliqué généreusement sur l'occiput ferait qu'on en oublie les enfants de Marie et les fils de péripute ? Non point, rien de tout cela, juste que comme pas plus que vous je ne suis invité à la cour du roi UBU, je n'en saurais rien dire de plus que ce que j'en entends, dès l'instant où plus de deux cons se retrouvent à court de sujet ce conversations. Alors je passe le sujet par profits et pertes et m'arrête pour regarder les feuilles tomber des branches, les branches tomber des troncs et les troncs tomber de l'écran du panorama qu'on choppe d'ici, sur la vallée heureuse. Ce soir un lourd arroi de nuages gras au dessus des collines, entre le troupeaux de nuages crevés et le sommet des collines toutes pailletées de zones industrielles, un trait, juste un trait de soleil couchant. Une meurtrière de lumière horizontale. De quoi ramper et chuter de l'autre côté du monde. comme si il y avait un autre côté au bout de la chaîne. La Terre est bien plate, ces temps derniers.
Il y a des pays où parait-il des paysans pauvres sont contraints de vendre leurs filles, leurs femmes pour honorer leurs dettes ? Ces paysans sont-ils odieusement phallocrates ? Ignoblement illétrés ? Dangereusement musulmans ? Il est d'autres pays où il parait que dire NON un jour ne veut pas dire grand chose quand on peut dire OUiiiiii le lendemain, et s'en voir félicité par les usuriers du pays où vivent les paysans phallocrates, illétrés, et peut-être musulmans bien que pauvres. Mais alors pauvres ! Faut voir comme. Pour ma part je ne vendrais jamais ma femme, sinon à une marque de lave-linge, contre un an de lessive gratis.
Et maintenant bluette et fabulette, sans calculette :
Un jour qu'il se trouvait en fonds, le poète dit à sa muse : Les dettes avant tout ! Je solde, je clôture, j'honore me libère ! Alors se faisant il prit les deux tiers du pécule et s'en fut acheter pour la belle, tout ce qui se faisait de violettes entre la gare de Lyon et la gare de Perrache à Lyon. Il revint auprès d'elle, la couvrit de baisers, elle aimait les baisers, et sema son joli ventre de fleurs, de feuilles, de tiges, de tout un encens aux fragances de violettes. Dehors évidement une bise de sous-ventrière sifflait l'air mauvais des vents flatulents. L'usure se désolait : Va-t-il pas séance tenante nous lacher quelques schlings, à trop affamer le contentieux on finit en cabane ! Si si, ci fait, oui mais ... plus tard. Le poète est ainsi, qui se ronge et se ronge, prie dieu comme maitre François, se lave les dents à l'eau bénite, mais dès qu'il sent dans les cheveux de sa muse le moindre parfum de violettes, il s'oublie, se parjure. Et ça lui donne juste l'envie de piquer une mobylette et d'emener sa Miette, sur le bicul, en amazone. Et sans casque ! Heaume sweet Heaume !
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Digg
20.09.2009
Chant de foire
Il nous a fallu distinguer parmi des multitudes d'objets orgiaques lesquels nous convoitions, desquels nous ne saurions plus nous passer pour vivre pleinement ce qui était sans profondeurs, cette vie de joies vaines. Enfant nous nous soumettions par le subterfuge du mensonge à l'appât que l'on tendait, presque à portée de nos rages mornes : A-tu été bien sage ? Enfant nous regardions autour de nous la sur-brillance des procédés de l'envie. Qu'ils étaient grossiers. Qu'elles étaient grossières les ficelles qui retenaient la "queue de mickey". Qu'elle était déjà débile cette rage de vouloir être aimé pour ce pire qui gouvernait tout. Tu l'as eu mon chéri ! Nous l'avions eu, cette étoupe de laine, ce chasse mouche sans esprit, nous l'avions eu et c'était nous qui venions de nous faire avoir. Mais la joie criarde de la fête foraine, la fête qui plus sûrement que toute autre invention humaine, vous fait les poches, démonte au petit matin et s'enfuit alors que tout le monde dort et rêve qu'il la eu, que c'est lui qui l'a eu et pas l'autre, cet autre qui ne méritait pas. La joie criarde nous vidait le coeur et nous forçait à aboyer après tout ce qui n'était pas notre bonheur falsifié. La morale veillait pourtant, à chaque fois que nous laissions tomber un objet adoré, la morale se chargeait de vérifier que nos mains étaient propres, nos ongles taillés et qu'après nous allions bien faire notre prière. Que ceux qui se targuent d'avoir échappé au rites (Dieu merci!) ne rient pas trop fort, le catéchisme qu'on leur a enseigné n'est pas moins risible. A contempler souvent les effets de leur nihilisme égoïste, je me demande pourquoi Dieu créa le reflet, puisqu'ils n'en tirent pas même un tant soi peu d'amour.
Et puis comme rien ne s'arrête à l'enfance, au dressage et à la récompense due aux hypocrites, ils nous a fallu désigner ceux par qui nous allions afficher notre réussite, ceux que nous honorerions, en tant que morts, on pourrait leur faire faire n'importe quoi, à genoux devant eux mais l'esprit vif et prompt à moquer ce par quoi ils nous gouverneraient sous le masque divin des idoles. Et là une liste déjà s'allonge, une liste industrieuse, toute soufflant le soufre, les acides, les odeurs de sainteté, les abstractions philosophiques, le méat suppurant d'un dieu laid. Laid comme un Dimanche aux abords des parkings. Nous nous privâmes, pour un peu de paix usurpée, de la joie des bêtes. Et nous nous mîmes à empiler des croix sur des croissants, des croissants sur des étoiles de David, des S redoublés sur des faucilles et des marteaux, des doctrines malingres sur des diktats risiblement assassins; Et les uns disaient : Dieu est avec nous ! Les autres répondaient : Dieu ? Mais il n'existe pas. Ce à quoi avec un peu d'humour, ceux qui pendant ce temps étaient partis à la pêche à la ligne, répondaient : C'est pour cette raison qu'il est avec eux et en vous. Tiens, j'ai une touche ! Et la liste toujours s'allonge, de la terre à la Lune et de la Lune au néant, avec billet de retour assuré pour le Dimanche d'après la sainte apocalypse. Nous avons fait ainsi, oubliant que dans l'enfance nous jouissions en secret d'échapper parfois à l'épreuve du bain et de puer comme l'original que le débris d'objet fait rêver à l'ailleurs, nous avons échangé le besoin de nous appartenir contre les murs muets du contentement de soi. Et ainsi sains et saufs, au bout de la table dressée par la solitude, nous jouissons en souffrant de vivre sans aimer, sans l'être, même secrètement.
Ce matin, dans les rues de la ville, en bas près du centre, j'ai vu des enfants vendre leurs jouets et s'agiter fébrilement autour de quelques pièces qu'ils comptaient et recomptaient. C'est attendrissant un enfant qui a déjà compris que même les rêves ça peut se monnayer.
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17.09.2009
L'age des artères
On a l'âge de ses artères, de ses allées et venues, de ses avenues, de ses rues, de ses passages, de ses impasses. De tout ce qui n'était pas le lieu mais qui y menait. On à l'âge de sa mémoire et puis l'on se dit, quand se souvenir demande à ce que la traduction se fasse avec lenteur, que l'on a l'âge de vider les tiroirs de la mémoire. Delete ! On sort alors, en se disant que c'est l'heure de rentrer, on s'en retourne en imaginant qu'en notre absence tout a changé. Comme si tout ce qui faisait notre richesse de débris ne s'était pas dissipé, comme si le fait de s'éloigner rendait enviable les accrocs du passé. Delete ! La mémoire est vièrge, tout est à inventer des inventaires et nous trions, à ma gauche le vide urgent, à ma droite le vide qui peut attendre, devant, le vide à venir, derrière, le vide impossible, au dessus le vide résigné, et sous les pieds le vide attendu, celui qui invite les naissants à se débarasser des cellules, des numéros d'écrou. Ce vide redoutable et aimé, comme tout que l'on redoute d'aimer.
Sous mon front froissé se déploie un désert, une étendue semée de petites pierres que je n'ai pas jetées comme les points sous la crosse de mes interrogations, j'avance et nu, au sortir d'une forêt de forceps. Delete!
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15.09.2009
Le Celib !
Fait douze ! Ici, au royaume de la partouze où les barbouzes sont pas des tarlouze, des tantouzes qui habitent dans des pantouzes. Fait douze et autant dire qu'on se pèle les amygdales. Quoi faire ? Tricoter du tricotin ? Se faire vacciner contre la goutte au nez ? Prendre un billet de train pour les îles Mérovée ? S'acheter un écran plus grand, pour ne plus se contenter des palmiers dont on ne voit que les racines, des plages dont on ne sent que les pavés, sous les palmes, des string's dont on nous vante la drôle de bobine ? Changer le couvercle de la cuvette en PVC ? Appeler en PCV l'oncle Barak à flûte ? Aller à Berlin en berline, dans le Limousin en limousine, à Palestine en phaéton, quoi que le char y soit en vogue ? Quoi faire avec trois fifrelins, une tronche de mal biaisé, dans la froidure qui s'en vient ? Je sais !
Je vais mettre ma culotte à pont, mes chaussettes à pompons, mes Buggies tricolores, une liquette des Galeries Farfouillettes TM, ma casquette à oreillettes, un cache-nez, des mitaines. Et je m'en vais de ce pas, non sans avoir noués proprement mes lacets ronds, vers le premier distributeur de Celib. Vous là, avec vos mines d'afranch' man, je sens bien que vous ne savez pas ce que c'est que le Celib, modèle déposé ! Non, non ! Ne niez pas ! Ne faites pas comme si vous aussi, on vous avait invité, dans le carré VRP, à l'anniversaire de sa sainteté Muhamad al Khadafi. J'ai un ami qui y fut, depuis plus de nouvelles. Pourtant en fidèle toujours il s'était comporté, pas complotiste, pas pentecôtiste, pas adventiste, toujours à l'heure ! Allez savoir ce qu'ils lui ont trouvé ? Scientologue ? Scientifiquement tout reste à prouver. Que Dieu par exemple soit né d'une éprouvette et voila que tout est chamboulé ! Petit proverbe personnel : Quand la sciente est au logis le compte en banque est bien garnis.
Mais revenons je vous prie, à ce qui nous occupe en ce moment, votre insatiable curiosité sur le sujet de ce qui n'a aucune importance, je veux parler du Celib. Le Celib c'est simple, c'est comme le cent-pas (merci à Richard Gotainer!), ça se trouve à tous les coins de rue, les vraies et les virtuelles, notez qu'on y prend les même risques de se faire écraser, de se faire pincer les doigts très forts et le pire d'y rester, ignorés de tous ceux qui n'ignorent pas qu'on les ignore aussi et que ça pousse à écrire des âneries comme celle que vous êtes en train de lire, en ce moment même. Au fait ! Oui vous avez raison, au fait ! Mais c'est qu'il me faut vous faire un aveux avant que les stats ne retombent en quenouille, je ne sais moi-même pas très bien ce que c'est que le Celib ... Juste que parfois, le petit vélo que j'ai en rond dans ma grosse tête, fait son tour dans l'absurde et s'invente des sytème de convivialité où par exemple il suffirait de s'abonner à une borne, d'y glisser sa carte bleue (mais pâle) et de s'en aller vérifier que le dérailleur a pas déraillé, que les pneus sont bien gonflés, que la selle est bien scellée, avant que de se saluer et d'aller prendre un café, main dans la main, par exemple.
Avec le Celib restez plus Lib, de plus en plus Lib ! Définitivement Lib !
13:31 Publié dans polytiques | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
| Tags : politique, ps, celib, ump, scientologie, lecture, automne, sarkozi, hortefeux |
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