31.05.2008

Trois Cent

J'ai été bien causant, causant pour ainsi dire par plaisir de causer. Entièrement voué à la cause du verbe, j'en ai brodé l'essence au revers de toutes mes faillites. Écrire pour raconter qu'hier entre le coucher et ce matin le lever, j'ai dormi avec plus ou moins de bonheur, écrire le mimétisme du grain de sable dans le désert, l'homme couché sous un porche, la haine automatique qu'inspire l'ordre révisionniste, écrire adossé au parapet des falaises la chute sans cesse finissant par faire un bruit de fiente, écrire en toutes circonstances le rien protégé par l'écorce du sens. Appuyer les syllabes aux sons et les sons les pousser à bouleverser l'invariable du morne, écrire pour que le détail insignifiant d'une vie ne reste pas sans mémoire ni sans feu et qu'au moins le lieu de la page soit l'El Dorado, le pays retrouvé, l'Ithaque de l'éternel naufragé.

J'ai été bien causant, baveux dont le fond d'un voeux est resté imprononçable. Au prêche comme à la charge, à la forge aux prises avec les escarbilles de la ponctuation et  l'odeur de soie brûlée qu'elle dégage quand on l'a posée semée jetée au vol d'une large main, sans considération pour l'arythmie cardiaque du lecteur. Son manque de souffle, son désir de comprendre le trait fort en laissant de côté l'esquisse préparatoire, cette ligne claire qui le hante depuis qu'il sait que la terre est ronde et que tout l'art consiste à redresser l'horizon au dessus de l'alignement des croix. Organique lecteur.

Alors Lephauste ! Me lance le maître mot, en voilà bien trois cent ? Trois cent qui valent pour un et un qui fait bien peu au regards des secondes écourtées, des heures entassées sous la table bancale, des journées entières enroulées au vol d'une mouche obsédée par la décomposition. 

Et pour conclure ? Pour conclure, rien qui ne puisse encore se dire sans feindre l'envie du mot FIN. 

07.05.2008

Auto Retrait

Je m'aligne, je me dispose, je me mets comme qui dirait en ordre de marche, le dos bien droit au poteau, la nuque rase et blème. S'agit de faire bonne figure devant ces messireux du comité. Je me présente phastène Lephauste, de mon vrai nom. Né le 14 décombres 1959 à Paris Seine,  à l'heure de la fin des émissions de la radio télédiffusion française. Ma mère déjà excommuniée pour abandon de virginité dans le quartier des Halles m'expulse sur les injonctions de mère Marie des bâtards, la supérieure volumétrique de l'école des sages femmes de Porc Royal. "Pas de ça chez nous ma fille !", Marie Alexandrine Boch épouse Dufour, mon aimée mémé fait face à l'avanie et maman qui n'a jusqu'alors connu le vice et l'opprobre qu'au travers d' "autant en emporte le vent", se retrouve m'am Scaaalett !

Déjà tout à fait conséquent avec le subtil équilibre entre les différentes dissymétries, puisque j'y suis et malgré quelques tentatives malencontreuses pour réintégré le saint des saints, je décide d'y rester. La pénombre de la couveuse, le petit lit à roulettes, les soupirs compassés des infirmières, ma jeune mère qui ne vit déjà plus qu'entre elle et moi, faisant des allers retours dans la nuit pour voir si je suis un peu moins noir, si je respire ou tente de reprendre ma liberté en m'esquivant de l'enveloppe. On sort de là, elle et moi. Mais on ne reste pas ensemble, à peine le temps de prendre un café gauloise au tabac du coin et je file par le dernier métro. On se reverra ! Elle me dit. elles disent toutes ça si j'en crois le clodo qui s'endort sur mon épaule alors que je viens de me caler en première, dans le wagon du milieu. On est entre seigneurs. beau début.

Je passe les années qui suivent dans l'animosité la plus complète. Tout le monde m'en veut, même les loufiats dans les bars ne me repèrent pas quand je tente de les appeler. Je passe parfois par la rue de Rosny, le piano de ma mère n'est guère plus qu'un meuble dans la petite chambre dont la fenêtre donne sur la rue et l'arrêt de bus. Il parait qu'il m'ont inscrit à l'école, alors j'y vais, c'est que des filles et encore des filles et tous les matins un "je vous salue Marie pleine de grâce, tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de tes entrailles est béni aussi..." au garde à vous, dans la cour. Montreuil est communiste à cette époque mais pas la boissière et les horticos sont de bons citoyens. Les fils de l'épicier finissent par m'arracher aux jupes des cousines et me pousse vers la communale à coups de "yellow submarine" dans le train. C'est des sales ritals pas mal rouge mais ils fument déjà des clopes, alors respect !

J'y vais là aussi mais à la faveur d'une représentation d'ombres chinoises donnée en l'honneur du départ à la retraite du surveillant général, je saute dans la boite où le squelette retombe à la fin de l'histoire et je m'esbigne pour atterrir au Maroc, v'là. Ah le Maroc ! Ses rivages enchanteurs, ses parfums entêtant, l'océan qui là bas caresse le désert et donna à mon grand père l'air d'un fiers spahi et une flopée de maîtresses; Ce que j'y fait ? Rien. Je m'en retourne donc. Ma mère à présent pouponne deux frangines qu'on me présente comme deux petites blondes plutôt rigolotes, ce qu'elles sont jusqu'à un certain point. Suis-je un bon frère ? Suis-je de plus un bon frère aîné ? A proprement parlé, non. Je joue en solo les parties écrites de ma vie pour le reste je fais un peu de play back et aussi quelques improvisations qui ont l'art  de faire tourner bourrique ceux qui s'approchent et tendent l'oreille.

Mais il n'empêche ma mère met au monde dans les liens sacré du mariage, ils vont être heureux, c'est sûr. Ils sont d'ailleurs sur le départ, direction le bled à papa... tous chialent un peu, il fait gris, je suis au mont saint Michel dans un stage intitulé "toi aussi tu vas aimer tes cousins tout neufs". C'est pas gagné, les cousins en questions vont me faire la chasse pendant des années. J'en baise un au passage, l'arme fatale ? La semelle compensée de mon aimé papa, dans le nez, le sang qui pisse, je passe pour fou. Ça m'arrange bien,  vu que de chez moi la folie comme la lime de l'évadé c'est dans le pain de ménage qu'on m'a apprit à la planquer.

Tout petit à table, attendrissons,  la seule chose que je voulais être c'est celui qui rompt le pain, j'étais bien ignare de ce qui se passait dans la nuit qui suivait, papa lui il savait, il avait servis la messe, en bon enfant. Quand j'ai su je l'ai rompu le pain, j'ai même cassé la croute comme on dit, trempé les miettes dans des liquides bouillants, pour épaissir, balancé aux moineaux des restes de complets vestons et baisé l'anneau de l'évêque une fois que l'on m'eut confirmé que l'hostie restait pas définitivement collée au palais. Son inconsistance devrait plonger le pape dans des abîmes de perplexité.

Je rentre au collège quand Meaulne réapparaît, un soir sur un banc, famélique, alors que là haut son amour surfe sur meetho... Là non plus, rien. Mais j'y remettrai bien mon vélo sur le chemin, par l'avenue et le passage à niveau, oh comme ça hein, pour voir quelques gueules, quelques bonnes têtes bancales, des anges boutonneux et des filles qu'avaient pas froid aux yeux. Des filles,  comment dire... Ah les amours enfantines, les chastes baisers où la langue se ruine sur deux rangées de dents parfaites, l'odeur des culottes qui ne se baissent pas, non ! Ze baisse pas ma culotte, ze te dis ! viens prends ma main ! Pas non plus... non... pas non plus... c'est sale ! Ah jeunes verges congestionnées dans des slows de trois heures à attendre le baiser omnibus de l'hôtel californiet ! Combien d'entre vous sont devenus ronflant avec le temps ? Combien ne sont pas rentrés un soir à cause qu'on ne les y attendait plus ?

Bon je redoub deux fois dont une avec les félicitations du comité de grève des troisièmes. A l'année prochaine ! Non,  pas à l'année prochaine. Il n'y aura plus d'année prochaine. Les usines à CAP en engloutissent une bonne partie, les autres s'égaient au hasard, peu nombreux sont ceux qui dépassent la silhouette du clocher et se perdent sur la route. A l'époque la route est encore un enfer dont nous dallons le chemin avec nos rêves d'indiens défoncés à l'eau de feu. Je me tape pour ma part deux ans dans la crème des gâte-sauces. Je tambouille, je peluche des petits légumes, je tortore, je fauche à qui mieux mieux de l'oseille lors de mes rares visites au foyer familial. Les jours où on y joue pas Beyrouth c'est que c'est Belfast.

Ma mère, pour le meilleur et pour le pire s'endure en épouse, assure le service minimum et dort dans le divan de la salle à manger où d'ailleurs elle ne déjeune plus ni ne dîne en compagnie de mes soeurs, de mon frère le petit nouveau et de mon père qui  de son côté ne rentre plus que pour faire admirer le dernier pull over qu'une de ses vieilles maîtresses lui a amoureusement tricoté. Il se bourre la gueule de plus en plus efficacement, son oedipe est en cavale et ruine la maison du bonheur. Ils allaient être heureux et puis ça c'est pas fait, allez savoir. Un petit dernier alors ? C'est un garçon, un héritier pour les dimanches. un beau garçon qui négocie chacun de ses hurlements et tente de survivre aux éboulis en alignant les pare feu du narcissisme devant tous les miroirs qu'on lui tend comme des joujoux.

Je commence à sécher le dortoir, l'odeur de la jeune chair à patrons me fout en rage. Les matons me foutent en rage, la violence de la survie me fout en rage.  Je rage pour tout et n'importe quoi. La veuve du colonel m'accueille dans un rez de chaussée pisseux qu'elle me loue contre l'argent que je talbine dans le tiroir caisse. Elle est pas regardante mais veille à la bonne tenue de sa maison en guettant mes allées et venues. surtout celles que je fais avec la fille du pompiste.

C'est la seule fille de la classe, peut-être même du bahut. Je la colle un peu. Beaucoup. on est trente à la coller. elle vient le soir en mobylette me montrer ses dernières emplettes. en général c'est du neuf millimètres, pour dame. Elle a le Baader au beau fixe et roule des patins en riant. Ce qui est un peu dangereux pour la langue mais sa salive est délicieuse. Quand elle ne vient pas je me farcis "l'empire des sens" dans un cinéma porno où ma taille déjà post pubère fait office de carte d'identité. Et là pendant une heure trois quart je me laisse étrangler, chevaucher sous la pluie par ma main gauche à qui je donne des noms de gamines innocentes mais qui ont le T shirt déjà plein de jolies choses à pétrir maladroitement. à essayer au moins. Un soir que son berger allemand dort au pied du lit en faisant des rêves de révolution prolétarienne elle me fait sauter le prépuce, me décalotte comme un paquet de Camel sans filtres et je perds totalement le sens des mesures, je suis en elle, à tenter de lui faire plaisir mais qu'est-ce qui lui fait plaisir ? Démonter une grenade offensive ? Reculasser un 38 spécial sans foirer l'aiguille ? Piller une villa de l'île de Ré ? Je ne sais plus... Je me bourre de cachetons et un soir sur le port, à côté des tours de chaîne j'évite le plongeon mortel dans les eaux sales. Je taille, le foie en décomposition, je sens la vase. Retour à la case blédard.

Sauvé par le gong, c'est l'heure d'incorporer. Orléans tours, préparation militaire, je dors à la gare, je saute, on me refile une petite médaille en forme de parachute. Papa maman nage dans la mouise. La maison, la boutique de fleurs, tout le monde y rentre, tout le monde en sort avec chacun sa part du butin. Papa se beurre en compagnie de vieilles donzelles, des mamans pour lui tout seul, maman racine dans les mots croisés, bouffe plus que des boites qu'elle planque en haut des étagères et se refait le dialogue des carmélites. elle est le couvent à elle toute seule et attend que le bourreau la tranche.  Mes soeurs s'inventent des issues de secours sans crier, toutes pimpantes, maquillées, de boites en bals et le petit dernier plonge dans la corolle de son narcisse. Puisque chaque soir le Titanic sombre dans son sommeil il s'accroche à son ballon de foot. C'est lui qui a ma chambre à présent, la chambre du Jean claude, le barjot de la route des lavoirs. Sa mère est morte alors on l'a collé chez les branques. La chambre du barjot, elle m'a tant foutu la trouille, dormir dedans en guettant le retour du Jean claude : Maaa chaaaamb ! Cà ma chaaaamb à mooooi ! Je l'ai à moitié détruite.

Gong again ! Là c'est du sérieux, direction Bayonne, un béret rouge, la coupe qui va bien dessous, loin. le treillis, la bétaillère, au pas dans la montagne, dans les villages du djebel basque : pardon monsieur ? Où est-ce que je peux trouver de l'eau ? Ils nous regardent les vieux assis devant la fontaine et haussent les épaules, savent pas, parlent pas la langue de l'occupant. L'occupant c'est nous, c'est vrai qu'on a l'air terrifiant. Avec nos flingues modifiés 59 et le barda qui nous scie les épaules. L'armée française vaut mieux se la faire raconter par Castelot et Decaux que de marcher sous ses couleurs. Des fois, sur un chemin de mule où le serre patte nous a paumé y en a un qui dévisse et balance la mitrailleuse lourde dans le ravin comme si il s'y jetait lui même. Les autres rappliquent, le sergot trouve là la bonne occasion d'être encore un peu plus incompétent et nous punit de cinq bornes à faires en plus; On est perdus de toutes façons. Les vivres sont rentrés à la caserne, ce soir c'est ration de survie... Survivre çà fait longtemps que je connais, je descends dans le ravin, récupère l'arme lourde et remonte. Je me sens mieux, l'autre pleure, permission sucrée, vingt jours de cage au retour, s'en fout,  là où il en est il croit même pas qu'on va rentrer. Il est pas le seul. je me sens mieux, cet oiseaux là c'est Avignon, tueur aux abattoirs du Mans, un doux qui voit le mal nulle part et qui se blesse tout le temps; A côté de lui je fais un peu brèle, j'ai les pieds en sang, je remonte la machine de guerre et l'échange avec lui contre mon fusil en bois de colère; On se met à quatre, on le redresse et çà repart dans la nuit tombante. La nuit dans les Pyrénées tu parles de te faire chier. Quand je pense qu'il y en a pour y aller randonner, en famille recomposée. Oh regardez les enfants... un vrai crachat de séparatiste ! Aller on se relâche pas, ce soir combat de nuit contre la section bleue, celle qui est commandée par le lieute, celui qui sait que pour lire une carte d'état major, il faut pour commencer l'ouvrir à l'endroit.

J'en sors en homme,  du séjour, à Matabiau on se séparent sans se regarder, on a fait tout ce chemin en passant par Pau, l'école des paras, les chambrées avec des portraits d'Hitler planqués dans les armoires et mon pote Azouzi que çà a rendu fou de raser les murs pendant un an, on a honte, j'ai honte, j'ai rien fait pour lui, Amhed. J'ai une belle gueule d'assassin depuis : faut qu'on se revoit ! eh les gars faut pas se perdre, hein ? Non non... Bon bah salut hein, on s'écrit au moins... Ouais c'est çà on s'écrit et pis à l'occasion... On ratonne !

Vous êtes allés jusque là ? P'tain vous êtes pas rien courageux. Pasque moi là, Ahmed, sa tête de mome tout maigre, la haine que çà lui a rentré dedans, la France... Moi là... je vais essayer d'oublier que je le suis français, bien pâle, comme il faut et me souvenir de rien  que de lui et des années de collège où je voulais rien d'autre qu'être cancre pour pas qu'il croit Ahmed qu'un jour on nous séparerait, jamais Ahmed on nous separera. 

Aller, çà moule à l'école ! 

 

24.04.2008

La Doxa des Dickça

" Je me repens de ce que j'ai fait du mal en faisant du bien, l'un est dans l'autre et l'autre englobe l'un et les deux font le tout. Ainsi ni ce que je dis ni ce que je fais ne sont autre chose que la valeur ajoutée de l'un et de l'autre. En rien on ne peut m'imputer d'être trompeur en me trompant et les éléphants ni d'Asie ni d'Afrique n'y sont non plus pour quoi que ce soit dans l'assèchement du lit des fleuves insomniaques. Je suis maitre ? Oui je suis le maître de cette multitude qui m'est comme une marâtre et me harcèle de son désir d'être courbée sur l'horizon en une arche où mon pied, pour sa joie,  flirt avec l'éternité. Je ne profite pas puisque du bout des lèvres peut-être mais au final, mes chertés,  vous m'avez choisis pour vous conduire aux seuils des églises reconstituées, aux savates de ceux qui n'en savent pas plus que vous mais vous le disent, droit dans les yeux sur un ton de droiture qui vous fait courber de plus belle. Oui je suis votre évasion, votre seule clé de feu dans ce monde en fusion. Demain sûrement (Oh oui ! demain !) on m'enlèvera de vous... OOOOhhhhhOHHHHooooooÔ ! J'aurai mon bâton de Maréchal dans le C... de sac et des anges venus en hélicoptère m'emporteront... m'emporteront... m'emporteront... OOhhooHÔOOooooHHH ô ! Alors ce soir, devant vos crânes luisants, vos lèvres sèches, vos ventres gonflés de vermines, vos regards de bocal à poisson rouge, le troupeau bêlant de vos origines, vos agents de la santé publique, vos espoirs d'un monde qui vous foute la paix en allant se déchirer ailleurs, ce soir auprès de vos tympans taillés dans la masse des médias... Je me repens d'être tout à fait comme vous rêviez d'être, le chef incontestable d'une bande de pillards des Caraïbes battant pavillon de banlieue. Heil... euh... j'ai pas mis ma main devant ma bouche,  mère ?"

Vous n'aurez pas été sans noter la présence des guillemets qui signalent le met de choix. En effet ce court extrait de pensées déviationnistes est en fait la première mouture à chaud d'une énième pression à froid des divagations apocalypcieuses du Présidnet. L'allocution-questions-réponses-hypothèses de ce soir sur tous les écrans de ceux qui en ont doit selon le nouveau protocole être précédée d'un court office religieux célébré sous le saint office de monseigneur Neutron. A cette occasion le Présidnet non accompagné de madame, comme elle est étrangère, se livrera à quelques mimiques repentante en vérifiant bien sur les prompteurs qu'il est raccord avec l'envoi de missiles balistiques en direction de la Chine. A la suite de quoi... Puis pour conclure le Présidnet se penchera sur le sort des pas d'veine et jettera en guise d'adieu quelques grosses poignée d'avoine sur l'assistance sommée de produire un orgasme collectif et significatif en termes d'audimat.

A ce soir donc, chers amis ! 

25.01.2008

Encore plus fort !

Au plus fort de l'excitation morose ils s'assemblèrent en un large et insondable panel. Les instituts les traversèrent comme un seul homme, d'une seule croix dans une case. Un pas sur le côté ! Le quadrille menait le bal. Faites donc un pas de côté ! Ne lui dites plus de mots d'amour surtaxés. C'est le premier qui compte, les suivants s'enchaînent en de joyeux emmêlements. Allons,  un autre ! Ne prenez plus le train pour ce qu'il est, descendez côté passagers. Soyez aimables comme il vous sied... c'est déjà fait ! Ne regardez plus dans votre porte monnaie si il vous reste de quoi aimer la vie qui sachez le,  n'a que plus d'estime pour tout ce qui végète. Et nous, là...

Ils commencèrent par se convaincre les uns les autres qu'ils pensaient tous à peu près la même chose impatiente même quand il fallait se parler sans colère. Cela prit le temps de deux ou trois révolutions, le temps de célébrer la dépouille amère du clone no life de la précédente. Le temps du deuil et des générations qui finiront par ne plus vouloir qu'on leur racontent des histoires.

FortTitrer ! Dites vous VIL. Vanités, je vous le concède mais la machine a posté bien avant que je ne rédige l'adresse ni ne colle le timbre et l'enveloppe était vide. Je poursuis. Notez bien que cette note après laquelle je piste depuis maintenant plus de trois heures devient un peu un exercice de realécritérature. Un peu je dirai comme quand dans les films pornoss le réalisateur nous offre le off d'une faiblesse du perche-man en plein orgasme sous titré. Ainsi l'on voit la bonnette traverser l'air électrique où baignent les convives besognant. Le coït est le dernier acte surréaliste à la portée de toutes les bourses. La machine me fiche la paix, je poursuis.

Et quand ils en furent à regarder passer les milices ils cherchèrent à savoir ce qu'en pensaient la presse et les analystes mais c'était déjà la Saint Valentin et les chargeurs étaient clac ! dans leurs logement, prêts à débiter de l'acte de décès légal. Ils s'en trouvèrent tout marri. Ils recomptèrent alors leurs voix et virent bien qu'ils s'étaient oubliés, ils en eurent un peu honte et prirent l'ombre comme foyer.

Allez le dernier pour la route, cette fois c'est moi qui régale ! Fabio passes moi donc un de tes cigarillos, un de ceux qui font tant de bien à la médecine. Et Hope là !

Cesse donc d'harenger du fin fond de ta bourriche pleine à la gueule d'idées godiches le nerf optique du délecteur. Laisse le vaquer à ses enfers, expédie le à dache mais bercé, berce le doux et tendre. tu peux lui claquer la goule dans le marais des évidences mais d'une paume épousant. porte les mieux à rire qu'à grincer des gencives sur la fringale. Déleste les au coin du bois de ces tonnes de plomb que forgent les horizons et cesse de soulever la charogne de la réalité. "Ah c'que tu peux êtt' fatalitaire !" (par madame Arlette sur le pont, face à Jouvet et ses cannes à pèche.)

Faut,  pour en finir que je vous conte comment je me suis arrangé pour que chez F... je réussisse à leur refourguer mon vieux et authentique cerveau dont les contacts étaient un peu silicosés à cause de la nicotine contre un tout neuf, tout frais émoulus des fromageries de Rian. Voilà, j'y suis descendu un soir avec mon sac recyclable comme une piste, j'avais aussi mis une paire de pantalons, des chaussures et tout le reste qu'on met quand on va faire les commissions. notez que le sac je le portais pas sur la tête, je l'avais plié dans ma poche, normal. Sur ma tête j'avais mis ma chaussette, bien que j'en ai deux. Normal. Je suis entré, tout de suite filé par le vigile qui me prend pour un européen de là bas et j'arrive au rayon frais, il y a des faisselles ! j'en prends une swotsch ! c'est bon,  elle vit. Le vigile m'abandonne comme un danger mou du bulbe. Je me dirige vers la caisses,  zigzaguant dans les rayons pour le semer tout à fait. On ne sait jamais. Je passe la caisse brillamment esquissant avec  la caissière une approche humaniste de la fouille au corps oculaire. Je passe ! Ouf.

J'escalade, je grimpe, je ruse avec le point de côté, je vous passe les détails, la vallée heureuse, les trains, les avions, l'industrie lourde et... Je suis maintenant assis dans la cuisine,  j'enlève le sachet,  Swoutsch !  pose la faisselle dans son jus et me dévisse la voûte  à moins que je ne me dévousse le vit ?

To Be Or Not To Be ! grommelais-je plein de ce Hamlet au plus fort de l'intrigue du médecin malgré lui. Puis splischte de souitsch ! j'inter-change les masses. Ça semble s'ajuster,  je me sens en fait frais comme un gardon ! Un peu de petit lait suinte par les narines. Normal j'ai l'âge de mes artères. Je revisse et lisse au couteau tout ce qui déborde. Nickel ! Je passe devant le miroir, tout va bien, rien en apparence n'a varié. J'ai toujours le même air de tête de C...

Je referme l'emballage, la faisselle suinte un peu de gris et tout guilleret j'y retourne. L'échange se fait sans peine et sans que le vigile y trouve matière à réveiller ses instincts de justicier : Vous comprenez,  j'avais pas vu l'étiquette de la date ? A la porte je me fait un peu interpellé par un type qui me dit qu'il en a que pour quelques instants et que si je veux bien le lui en céder un peu il n'a que quelques questions à me poser. Il m'essouffle et commence à faire des croix dans des cases. Pourquoi tout à coup la vie est si douce ? Le boulanger me dit bonjour ! Le garagiste fait vroum ! vroum ! La modiste veut absolument que j'essaie ce nouveau porte-jarretelles ! Je ne sais plus où donner de la tête !

Première question : Pensez vous que le présidnet est, petitun -Super top, petiteux - total high, petitrois - hyper mal ?