27.02.2009
Rabat-jour
Petit poème nihiliste et décoratif.
J'aime pas la nuit, j'aime pas le jour, j'aime pas la vie, j'aime pas l'amour. J'aime pas qu'on m'quitte. J'aime pas toujours. J'aime pas l'travail, j'aime pas la mitraille, j'aime pas les chefs, j'aime pas les gares. J'aime pas les trains de marchandises. J'aime pas l'aurore, j'aime pas le sport, j'aime pas la mort. J'aime pas qu'on m'quitte. J'aime pas toujours. J'aime pas les vieux, j'aime pas les nouveaux nés, j'aime pas les langes ni les linceuls. J'aime pas manger, j'aime pas la faim, j'aime pas le dernier pour la route. J'aime pas qu'on m'quitte. J'aime pas toujours. J'aime pas les chiens, j'aime pas les maîtres, j'aime pas l'vélo, j'aime pas l'effort ni le confort. J'aime pas l'bon dieu, j'aime pas le diable. J'aime pas les fables. J'aime pas les faibles, j'aime pas les forts. J'aime pas qu'on m'quitte. J'aime pas toujours.
Mais t'aime rien ! C'est bien ça, j'aime rien. Ce rien qui entre tout et rien fait les ailleurs, alors...
J'aime pas la poésie non plus et les poètes me font l'effet d'un faisceau de cure-dents brisés dans le trou sans serrure d'une porte blindée.
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Digg
26.02.2009
Attendez vous à Savoir !
Attendez vous à savoir que l'on a retrouvé le gagnant de la super noisette de la côterie nationale !
Attendez vous à savoir que monsieur Dany Boon vient de créer, à partir de poncifs et autres images éculées un petit pactole art-et-essai de 26 trillions de milliards de zillions d'euros monkey money !
Attendez vous à savoir que monsieur Colonna n'est pas corse ni berger, qu'il a été engagé par la prod pour tenir le rôle d'assassin ex-présumé !
Attendez vous à savoir que l'art est encore une valeur refuge, même pour les sans abri. C'est pas parce que l'on a pas de maison où accrocher une croûte que l'on ne peut pas apprécier le prix d'un chef-d'oeuvre de l'ex collection Bergé, lui même ex de monsieur YSL ( je ne le savais même pas, que monsieur YSL était marié !).
Attendez vous à savoir que l'état ne cessera pas de n'être plus rien tant que l'état ce sera "eux" ! Avec nous en assassins présumés. Et "eux me direz-vous, non, ne dites rien !
Attendez vous à savoir que depuis que nos loisirs et le calendrier qui les marque au porte-monnaie-Oh ! Sont organisés par les marchands de boissons énergisantes, nous ne sommes plus sommés que de gésir, tout en continuant d'ovationner César, Molière, Oscar, Valentin, Saint Nicolas, Victoire, Môquet, Charla 'n Co ... !
- Tiens je parie ma roll'ex que celle-ci je ne te l'avais pas encore envoyée en pièce jointe ? Alors tu vois, là, c'est quand Charla et moi on arrive à Fiumicino. Charla fredonne "week end à Rome", le bonheur fou je te dis. Trop top, on a décidé de rester un peu plus. Charla se languissait, plus de nouvelles de Prima Linea ni des brigades rouges ? Ça lui pesait tu comprends, elle est de gauche et moi franchement la France, à un moment je commençais à douter ...
Attendez vous à savoir que monsieur Obama vient de signer le décret qui stipule que l'argent roi c'est fini-fini ! En alinéa, à la loupe on peut s'attendre en y lisant les petits caractères, à savoir que pour nous ça n'a jamais commencé-mencé.
Attendez vous à savoir que le chômage va encore augmenter, chez vous. Mais aussi que la consommation des ménages est en progression constante en vertu de la remise à niveau du coût de la valeur/main d'oeuvre.
Attendez vous à savoir qu'il va falloir consommer plus de ménages !
Attendez vous à savoir que la liste est longue de ces choses et évènements que nous allons devoir apprendre à savoir ! A moins que ...
Bon, aujourd'hui c'est le jour anniversaire de l'abolition de l'enclavage ! Une minute de psylence pour tous et après on envoie les voleurs !
La reine des cor ... La reine des cor ... La reine des cornichons ! Entendez vous dans nos compagnes gémir Séféro ce soldat ?
13:54 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : politique, boon, bergé, littérature, poésie, ysl, crise, et j'en passe |
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Digg
25.02.2009
Désert
...Mon lit au matin est une plaine immense froissée par les vents contraires de la nuit. Je n'y dors pas, j'y fais les cent pas en attendant l'heure d'un rendez vous qui ne vient pas. Dans mes rêves d'ailleurs je m'y observe, sans sève, vouté sous le ciel enragé, sans trève à lutter contre des rêves d'enfant qui gémit, les poings serrés. Un guichet, une foule désordonnée, des nuages plaintifs, voici ma nuit, voici le théatre de mon lit. Et voici que s'avancent au plus âpre de l'insomnie les foules de refoulés, d'un bord à l'autre du monde, cherchant l'issue sereine avant qu'elle ne devienne fatale. Au matin mon lit et moi nous nous quittons, un peu fâchés par nos amours d'où ne naissent pas les gestes qui apaisent, les mots que le front reçoit comme un souffle et qui poussent l'âme, l'esprit et le corps à fermer les yeux en choeur.
Alors je me lève aux premiers vacarmes du jour et je le regarde mon lit. Le cours asséché où j'ai laissé la nuit passer comme la harde noirte que je brandis en silence, au dessus de ma gueule cassée, dans mon poing serré sur les heures qui font autant de fois cent pas. Qui font autant de fois les foules désordonnées qu'il faut pour que le monde ne trouve pas le repos qu'il leur refuse...
Mis à part cela, c'est aujourd'hui Noël ! Noël en Février ? Vous dérapez ? Non, pour quoi ça ? C'est tellement le merdier qu'il faut bien avancer un peu l'heure de l'expulsion du sauveur de l'humanité. C'est une fille, madame !
10:29 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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Digg
20.02.2009
Made in Suisse
Quand la Suisse pose des bombes ça fait du bruit dans le canton mondial !
En direct de chez madame Sylvaine Vaucher, cette photographe de talent dont je vous ai parlé parfois et qui fait des images pas sages comme... Mais d'une rare poésie (Filez, foncez, allez-y jeter un oeil et les deux et ne vous plaignez pa que la lumière soit forcément aveuglante !), je reçois en lien que je vous dépose ici, en bas quand j'aurai fini d'élucubrer, ce missile tout chaud encore, à la sortie du four que la TSR, télévision suisse romande, alimente de nouvelles explosives. Atteeennnnntion, voici :
A la demande du gouvernement Américain l'Union des Banques Suisses, UBS, a décidé de lever le secret bancaire sur les comptes et leurs détenteurs, qu'elle aurait un peu aidé à frauder le fisc. Frauder le fisc !? Impécunieux mes frères, faites chauffer la poêle à frire l'escroc ! Faites passer mes mignons ! Et merci Sylvaine et merci, merci !
Le lien à présent : http://infrarouge.tsr.ch/#=undefined;vid=10354064
15:21 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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18.02.2009
DOM TOM
Je ne suis pas là-bas, je ne suis pas de là-bas mais puisqu'ils sont d'ici, même si ce n'est pas d'ici que l'on puisse voir le mieux ce qui ce passe là-bas, je parle d'eux comme de mes frères. Un leader syndicaliste a été tué par balle, là-bas. Un homme. Une de ces sortes d'homme pour qui la résignation à l'injustice n'avait plus lieu de cité, au moins depuis l'abolition de l'esclavage. Un homme si jeune et si vieux à la fois qu'il devient par le fait du mépris dont nous ne nous sommes pas défait, le sac de colère crevé au pied de l'homme blanc. Un syndicaliste qu'une balle cherchait. Cette balle que notre ignorance a continué de fondre pour le cas où nous en serions toujours à croire que le malheur et la misère frappe toujours la porte d'à côté :
- Vous avez entendu ? Quoi ? Ce bruit de vie qui s'enfuit ! C'est rien rendors-toi, c'est chez le voisin !
De qui suis-je le voisin inconnu ? De qui suis-je le frère, l'ami, le compagnon, le camarade oublieux ? De celui là, qui vient de mourir parce que l'on ne parle pas avec le nègre, avec l'ouvrière, avec le crouille, avec le bamboula, avec le clochard, avec le repris de justice, avec le condamné, avec la pute, avec ... Avec tous ceux là dont nous avons oublié les noms et que la sociologie appliquée aux études de marché, l'humour lourd et l'avilissement de l'homme par l'homme nous ont enseignés que le concept novateur les recouvrait tous et toutes du linceul de l'analyse.
Analysons donc la situation avant qu'ici aussi les armes désordonnées fassent siffler à nos poitrines dégarnies les balles qui nous enseignent à présent que nous ne sommes pas du côté de la crosse, c'est pour nous qu'elles ont été fondues. Nous ne sommes jamais du côté de la crosse !
Un homme est mort, ce pendant que j'écris. Un homme est mort et je continue à écrire. Je ne sais faire que cela alors ? Oui, malheureusement.
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17.02.2009
Connaissance par les Gouffres
Le titre de cette note je le dois à Henri Michaux dont je suis un acharné lecteur (Gallimard, coll. poésie, en poche) et à monsieur Mouloud Akkouche qui signe sur le site de rue89.fr de forts intéressants articles et qui parfois, modestement, c'est à dire sans que l'on puisse en fouillant sous son nom aller voir quel talent s'y cache, vient ici poser un commentaire.
Les gouffres dont Henri Michaux parlait se trouvaient dans ce que l'on nomme "les états de conscience modifiée", vous voyez sans doute de quoi je veux parler. Pour peu que vous ayez été quelques fois le spéléologue de vos peurs melées de curiosités. De ces Gouffres Michaux ramenait des histoires de peuples (les Meidosem), de civilisations dont il était l'attentif démiurge. A l'encontre du dieu de certains qui peinent un peu à se faire reconnaître de lui, sinon en massacrant tout ce qui bouge, au nom de la "foi". Cette foi dont on dit qu'elle soulève les montagnes, ces montagnes dont il est bon de se souvenir qu'elles accouchent de souris, ces souris dont bon nombre aimerai bien savoir, sans y toucher, avec qui elles ont bien pu coucher pour avoir un enfant de rock star ... Que dis-je, d'Aznar ... Comment ? Du présidnet, soi même ? Ah moi, je n'ai rien dit !
Mais où est passé Michaux ? Pas dans le marigot ! Il est avec plume, "Skieur au fond d'un puits". Ce puits de sciences où les sots ne descendent pas. Mais de quels gouffres saurions nous encore être les découvreurs ? De quelles connaissances pourraient-ils nous armer ? Je me gratte le front du bout du clavier, jusqu'au cortex, sans céder aux spirales de la rêverie qui souvent, écriveur écrivant, plumitif véléïtaire, ce qui ne signifie pas que bien qu'équipé d'une sacrée tête de veau je sois né dans une étable ... m'entraînent élucubrantes loin de mon cher sujet ... Quel était donc mon cher sujet ? La connaissance par les gouffres ? Oui c'est bien cela. Donc chers lecteurs, voici la recette des gaufres telle que me l'a confiée un académicien (académie de billard de la place Clichy, Paris XVIIIe) de mes amis :
Prenez un dangereux énemi de la République, Dominique Strauss Kahn, mais n'importe quel Khan fera l'affaire. Puis délicatement tendez lui le micro d'une radio nationale, radio Paris par exemple et demandez lui de s'exprimer en termes choisis sur l'état de la phinance mondiale. Et là si vous n'obtenez pas au bout de dix minutes de circonvolutions linguistiques un magnifique gauffrage c'est que vous êtes proche de ce que je voulais signifier par, "la connaissance par les gouffres". Ces gouffres de la paupérisation insondable qui s'ouvre sous nos yeux plein de sucre glace.
Personnellement les gaufres je les aime rassies, pour pas oublier ce que mon père me disait : Là, petit, tu manges ton pain blanc !
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Digg
16.02.2009
Généalogie
On en voit de belles sur hautetfort.com (si vous y étiez !) ! Je parle ici là du récurrent bandeau publicitaire, sans lequel nous ne serions rien, soumis à cotisations, à saintes gabelles et autres contributions. Ainsi ciblés par le point infra-rouge de la pub (do not move! Bastard!), nous pouvons nous agiter le vermicelle dans nos alvéoles sans que, hormis le coût de l'impulsion nucléaire nécéssaire au bon fonctionnement de la bécane et la box qui fournit le box-on transmetteur, nous n'ayons à verser un sou d'écot en regard de la production de nos faibles échos.
D'ordinaire on nous vend, j'espère fort cher, à un bidule qui veut absolument nous faire rencontrer l'âme soeur. Comme si le fait d'être seul n'était que le fruit d'une erreur (404). Comme si, c'est étrange, à deux on était au trois quart du temps pas deux fois plus cons. Mais là, changement de boutique ! C'est de généalogie dont il s'agit. L'objet du désir tout contenu dans le fait de retrouver ses "ancêtres". Un roi ? Qui sait ? Un soldat de plomb fondu ! Un prince, un pharaon émigré à Las Vegas, le fils du père de dieu soi-même, l'inventeur de la machine à remonter le grelot de la porte d'entrée ? De qui suis-je donc le digne descendant ? De profil, c'est certain, de pas n'importe qui et de face pas fait n'importe où. Voila qui est bon pour le moral ! Chômeur je suis, ex-intermittent de la société du spectacle mais gaffe avec dans l'arbre généalogique des antécédants de grand navigateur, d'empereur pas manchot, d'une paire bien fournie de grosses burnes riche en dynastie Mérovingienne ! Pas moinsse ! C'est dit, dans mon grenier sous les toits, la galerie de portrait de mes ancêtres me guette ! Tous sur leur trente et un, à pieds, à cheval et en automobile de Maharaja de mes deux dents !
Mon père, me voyant venir, un peu noiraud, somma son chambellan de lui fournir une poubelle point trop remplie de ses bévues précédentes. Il pria ma mère, à peine remise du lessivage des couches de m'y déposer sans délicatesse et de m'envoyer à dache par le premier prélat venu. Mon père un saint homme était fort aux halles de Paris, cuisinier en rupture de ban, immigré alsacien venu à la capitale pour fuir une branche trop lourde de fruits confits à Strasbourg. C'est de lui que je tiens, par esprit de contradictions, cette envie de foutre en l'air tout ce qui porte cocarde et manteaux. Vous me direz trois patères et deux navets ! Pourtant je ne le connu pas, do not move, bastard ! I do not Vater ! Ma mère alors ? Peut-être, un peu de sang bleu ? Oui dâ ! Sous les échimoses. Ouvrière dans un atelier de sacs à mains pour dames, à poser des rivets plein la peau de ses paumes, jolie comme un coeur, un ticket perdant de la saint valentin.
Pas de lignée alors ? Ben non, pourquoi ?
Bon, ceci dit, reprenons la polémisque qui est au débat ce que le mollusque est à la prise de position, tranchée. Hier, deux évadés à Moulins-Yseure, le prévenu Colonna en passe d'être condamné à se voir épaulé dans la peine par deux complices jusqu'alors dissous dans le maquis répubicain et ce matin un Marchiani, petit commis de la France qui aime beaucoup l'Afrique, relâché au bout de neuf mois de détention. Je propose que vous vous armiez de vos plus belles plumes et qu'après avoir remonté votre arbre généalogique ... Rappelez vous qu'un arbre replanté c'est un peu d'ombre en plus pour nos prisonniers ... Vous vous atteliez à fourbir un court texte où il sera question de faire en sorte de trouver des liens entre les rotagonistes de ces trois faits d'hivers. L'usage déraisonné d'antigel est vivement conseillé.
Vacuum mein vater ?
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Digg
Vivre
A certains vivre parait comme une évidence, au point que jamais il ne leur semble bon d'y mettre un peu d'eux même, un peu de ce qui fait que semblables, nous sommes pourtant tous si différents et dans le même temps totalement indifférents aux différences qui nous séparent des autres. Ils naissent et disparaissent. Et entre les deux s'attachent à tout posséder, le vain et l'utile et se fichent bien de savoir si une seule minute de leur vie leur a appartenue. Ils possèdent et je ne vais pas faire là la liste des emmerdements qui les accompagnent à la fosse commune de l'humus puisque hormis leur dépouille, et encore, rien de ce qui les pleure en clignotant, n'est tout à fait bio dégradable. Putréfiant tout à fait je veux dire. Vivre pour eux est de l'ordre du rempart, de la forteresse nécrophage. Ils se consomment en quelque sorte, se délectent tristement des attraits dont les époques successives les ornent comme de vieilles raclures endimanchées. Voyez par exemple ces vieux fringuants, équipés de pieds en caps pour le trecking entrepreneurial, les longues marches dominicales, en groupes arrogants comme des scouts fripés, frappés de plein fouet par la dernière averse, la toute dernière averse. Pathétiques !
Vivre pourtant n'est pas une activité de loisir, guidée par les mass média. C'est un foisonnement de dégoûts où parfois surnage les restes d'un bonheur remplis de saintes frayeurs. Vivre me hante. Et je ne sais jamais quand cela va commencer ni même si cela va commencer un jour. Un jour entre deux essoufflements, entre deux coups de coeur aussi vains l'un que l'autre, entre deux trains remplis du morne attrait des voyages qui n'en sont plus puisque l'on a plus le temps de les vivre. Et nous voici sur le quai de la gare, emballés comme des kilos-watt-heure, même pas le temps d'en griller une dans les chiottes du TGV que déjà on y est, nulle part. Tiens je vivrai bien là, trop tard, là est déjà passé et l'arrêt buffet n'était pas prévu. Vivre pourtant c'est aussi s'arrêter de ... vivre, en pleine rue ouvrir un sac de voyage, en sortir une arme automatique et faire feu sur tout ce qui croit vivre en se laissant absorber par l'absence de mouvement ahurie du quidam qui n'a pas pris le temps de voir la balle lui arriver en pleine poitrine. Un déséquilibré abat douze honnêtes citoyens dans la rue du commerce, puis se donne le temps d'un double express avant de se donner la mort par absorption d'une dose massive de sucre. Un déséquilibré que son diabète rendait fou de douceur.
"Vivre me tue", disait l'autre, dont j'ai oublié le nom mais qui pour le moins m'est cher puisqu'au moins il s'est donné le temps de m'arrêter dans ma course stupide en gravant dans mon esprit cette simple sentence : Vivre me tue.
Vivre pourtant, il est deux heures trente du matin, ma logeuse fait le ménage dans les escaliers. Elle sait que vivre c'est voir disparaître les pays que l'on a aimé, les êtres que l'on a chérit, le sucre et le sel et les alcools qui font tout oublier, même les cigarettes qu'il faudrait arrêter. Arrêter de vivre ? Elle est bien trop forte pour s'y résoudre alors elle fait le ménage, comme si le matin qui vient n'était pas pour elle mais que cela ne peut pas faire que dans l'escalier traîne un seul poil de ses "petits chiens", un seul de ces moutons désespérant et qui jamais ne montent ni ne descendent l'escalier. Les moutons ça ne vit pas, ça se ramasse. Il pleut, à présent que vivre devient un peu plus léger, je vais ouvrir en grand la fenêtre et après la pluie je vais reprendre la lecture des mémoires de Lacenaire (chez José Corti). Ce vivant qui passa insensiblement de la poésie au meurtre. Comme de juste. Bonsoir.
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Digg
15.02.2009
Bascule
Je lis ici, dans les commentaires notamment, que l'on s'inquiète de savoir si dans la dernière note j'use d'un peu de ce second degré cher à ceux et celles qui se font fort de dire sans choquer le chaland ce qu'ils voient venir. J'aimerai que nous ayons encore la marge suffisante pour y exercer notre divin talent et que nous riions entre nous, au second degré, de la situation. J'aimerai mais tel n'est plus le cas. Je n'appelle pas de mes voeux tremblant au "chef suprême", au "fuhrer", au "grand thimonier", à celui qui d'un coup de doctrine magique nous débarassera d'avoir à décider par nous même de ce qui nous convient le mieux. Je dis qu'il vient.
Je dis aussi qu'il ne sera pas d'essence nationale, la nation est une idée morte, balayée, ridiculisée par ceux pour qui les frontières ont été trop longtemps des empécheuses de spéculer en paix. Ceux là pour qui nous ne sommes pas de l'humain, voudrez vous bien entendre cela ? Nous ne sommes pas de "l'humain", pas plus que les serfs, pas plus que la classe ouvrière, pas plus que les fonctionnaires, pas plus que les femmes qui s'entendent encore à croire qu'on les a libérées, pas plus que la troupe des soldats qui ont fait les empires, pas plus que les esclaves qui ont fait au cours des siècles la valeur ajoutée des civilisations que nous admirons tant. Il faut encore dire cela, encore et toujours ! Obama, Sarkozi et consorts ne sont pas les élus d'états souverains ! Ils sont les chefs de rayons d'un monde qui se prépare à des soldes monstres. Ne salivez pas, nous sommes ces rogatons à moins 100 % ! Qui d'entre nous a les moyens de racheter sa liberté ? Savez vous qu'au dernier sommet du G8 on s'inquiète de voir le protectionnisme entraver la marche de l'histoire ? On s'inquiète mais fort peu il est vrai, de voir certains pays refermer des frontières face au commerce mondialisé. On s'inquiète, on le dit mais rassurez vous c'est pour la forme, la forme démocratique, sans le fond. Sans nous.
Bascule ? Connaissez vous ce supplice, pour l'exemple ? On choisit parmi les mutins (Tarnac ? Colonna ? Faites votre liste !) un que l'on fait s'avancer sur une planche arrimée au plat-bord du navire et sous les yeux de l'équipage on le pousse à l'abîme. Voyez vous l'abîme ? Combien reste-t-il de bois pourri sou la semelle de nos consciences altérées par la consommation cannibale ?
Un mot encore sur ce monsieur Obama et sur "l'immense essssspoooooiiir" qu'a suscité son élection. Luther King a été assassiné par ceux là même qui ont laissé aller mister Barak jusqu'à la maison blanche. Il aurait pû être, je ne sais pas moi ? Cherokee, Séminole, Comanche ... Hongrois pourquoi pas ! Que ça n'aurait rien changé. Pour les raisons que j'évoque plus haut. Game over mes frères, mes soeurs ! And we know that, it's more fun to compete !
L'histoire du monde est une ligne droite à l'horizon, parfaitement plat. Et il n'y a guère que nous pour croire que nous en sommes les acteurs et qu'au travers de ce que nous sommes, des êtres libres de choisir, elle soubressaute parfois. Nous appelions cela "révolution". Ils appellent ça "dégats colatéraux". C'est dans le devis. N'avions qu'à apprendre à lire !
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Digg
14.02.2009
Accroc
Personne ne semble avoir envie de voir en face qu'autour de l'accroc il n'y a plus de tissus pour la reprise. Chacun se presse auprès du costume de bois blanc, l'aiguillée entre les lèvres et le dé posé sur le majeur. Mais plus de tissus pour la reprise. Les petites mains qui hier posaient sur les marches du palais pour la photo de famille, le maroquin, le sous-secrétariat sous le coude, l'arrogance de leur sous-chef de service aux lèvres et s'enflaient de la "rupture" en gonflant leur interventions de propos sans appel. Tous ceux là sont à présent à peine plus que les va-nu-pieds qu'ils toisaient du haut des écrans. Plus assez de tissus pour la reprise, plus la peine de retourner sa veste. Le service retouches de l'Elysée annoncera bientôt la faillite et nous ne pourrons même plus fermer les frontières pour empécher comme en 1981, la fuite des capitaux, il n'y a plus de capitaux. Il n'y a plus que de la dette.
Chacun un petit échantillon entre les doigts, la dette ce grand patchwork sous lequel le deuil bientôt se portera à grands cris de pleureuses encadrées par les forces de l'ordre. Chacun un petit morceau de ce chiffon que nous appelions démocratie, pas assez grand pour y verser les larmes de rage que déjà nous ne contenons plus. Le grand mensonge capitaliste crève l'écran et ceux qui pensaient encore hier à réserver pour la saint Valant-rien un petit resto en amoureux et ceux là même qu'aujourd'hui j'ai vu courir sur les quais de la gare de Lyon en partance pour les pistes et les plaisirs frelatés de la neige à prix fort, auront demain tant de haine pour leur semblables hallucinés qu'il en faudra éfectivement de la force et de l'ordre pour asseoir le pouvoir qui vient. Le pouvoir de ceux qui ne sauront plus comment on fait pour habiller Pierre en déshabillant Paul mais qui se souviendront que dans le désarroi la masse se laisse gouverner par celui qui sait parler le langage du repli sur soi, de la haine de l'autre, de la haine de soi qui permet les camps et les lois d'exception.
J'ai préché ici, curé comme pas deux, la révolte et la révolution. Quel con ! Voilà ce que je dis maintenant. Mes codes de lecture sont usés jusqu'à la trame. Il n'y a pas de révolte qui tienne tant que les maxillaires des classes dominantes couvrent de leurs mastications pornocratiques les claquements de dents des plus démunis. Car c'est chez les plus démunis que le pouvoir ira chercher la piétaille dont elle fait ordinairement le bras armé de la répression. Les pauvres sont ainsi, un fantasme pour le petit bourgeois en mal d'intérets bien compris et puis quand à la nuit tombée on les croise vétus des uniformes de la Brigade Anti Criminalité, c'est avec mépris qu'on les toise en attendant qu'ils nous rendent nos papiers, nous avons des papiers. J'ai préché, je ne le ferai plus. Je vais m'appliquer à chercher dans les coulisses des grandes maisons de couture celui ou celle que nous armerons de notre consentement tacite, afin qu'il nous tire de là. Un chef, enfin !
Pour finir, la seule question qu'un journaliste se devrait de poser à l'actuel locataire de l'Elysée est me semble-t-il :
- Monsieur le président, quand comptez vous démissionner ?
Carla aussi je me suis trompé, ce n'est pas lui le chef que nous attendons tous. Insoutenable suspens. Un grand créateur peut-être ? Un qui saurait avec trois bouts de chiffons faire bondir la rombière, Marianne, à la fin du défilé. En attendant je vous souhaite de ne pas trop vous approcher des bords de l'accroc.
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