09.06.2008
Archive 6
"On ne se baigne jamais dans la même eau"
Je ne sais plus de quel philosophe, est-ce bien même d'un philosophe dont il s'agit, émane cette sentence. Par contre je crois que je me la serine depuis des années d'années et ce qu'elle signifie entre autres, car à chacun sa vue des berges, m'est apparut comme l'évidente lecture de toute une partie de l'existence.
C'est au bord des fleuves et des rivières que ma vie m'a toujours ramené, le fil de l'eau mélancolique et la fureur lourde des crues sont ma soupe limoneuse, ma jouvence verte et noire. Des souvenirs que j'y ai noyé, des visages liquéfiés dans le clapot, des lourdeurs de l'enfance ennuyée, des tourbillons de racines de saules accrochés à la glaise, des barques renversées, ramenées à leurs chaînes par le contre courant, des heures passées seul à chercher dans le vol des insectes une façon d'être humain sans passer par les mains de l'entomologiste d'éther. On ne se baigne jamais dans la même eau. On ne se noie jamais vraiment à l'aplomb des robinets qui fuient en attendant des trains qui ne croisent pas au-delà des pièges que vous tendent les pages vierges des crues retirées.
Il y eut dans l'ordre des souvenirs tout d'abord la Seine, aux alentours de Conflans, le premier exil. Il sufisait je crois de traverser la route que bordait sur quelques millimètres l'épicerie où mon père chaque matin s'habillait d'une blouse bleue avant que de charrier les caisses de vinasse étoilée. La Seine large comme la table où ma mère posait les assiettes du repas. La Seine où passaient nonchalants et gonflés de tripes gazées des porcs que l'abattoir en amont laissait filer contre l'étrave des péniches chargées de sable et du grain dont on fait le paix des ménages. La Seine qui fut mon premier voyage d'enfant mutiné. Puis vint, dans les hachures des intervalles sans repos, la Dhuis dégoûtante qui coulait sourde et morte au fond du terrain à Montreuil. La Dhuis couverte de son manteau d'égout nature, la riche gadoue qui donnait aux roses de ma grand-mère ces couleurs et ce parfum de sainteté qui se vendaient à prix d'or sur le pavé de Saint Eustache, avant que les halles ne deviennent ce trou d'où suinte l'odeur et l'affreux tintamarre des villes que la plaie intestinale avale sans jamais se refermer. La Dhuis au bord de laquelle je ne peux pas dire que je me suis assis, le béton l'avait ensevelie à l'abri des remblais et l'on veillait à ce que nous n'y allions pas traîner nos vices d'enfants lares.
Puis ce fut le Cher, trois cent kilomètres de nationale, par la porte d'Orléans, un Dimanche de glace, une fin d'été, les mômes embringués par le secret du voyage sans retour. Mes parents partent, mon père raffûte chez lui, ce chez lui où ses frères et sœurs se disputent son retour et sa réussite passable. Ces parisiens qu'il ramène dans ses bagages, ma mère, fille éprouvée par la faute, mes sœurs qu'un rêve d'héritier mâle a fait venir coup sur coup. Ces trois petits n'importe quoi qui vont goûter à la joie campagnarde imprégnée des rumeurs d'injure d'une famille inconnue. Mais pas d'histoire, pas d'histoire, au nom de la paix et des lâchetés convenables, pas d'histoires.
Le Cher, rivière à usines, industrieuse folie d'eau, là encore une route à traverser, la route des lavoirs. Plus haut sur le cours, les fonderies de Rosière, les cartonneries, les vomissures empoisonnées de la consommation qui attend le chômeur au coin du bois, un crédit avantageux aux crocs du sourire. Ce moyen-âge là que l'on nomme à présent "seventies" et qui se vend encore très bien chez ceux pour qui l'âge d'or est un slogan, une matraque taillée dans la frustration. La maison est à flanc d'un bois pelé, plein de vipères dans les murets éventrés, tsss... tsss... faut pas y aller, là non plus, la vallée aux loups puis c'est la voie ferrée et les fours à chaux, abandonnés. Cet El Dorado de galeries calcaires où nous fuyons après l'attaque de la diligence de seize heures trente, une clope dans les poches, une royale menthol pour cinq ou six. Les lavoirs sont devenus une bande de renégats qui feinte avec la mort et les éboulis, traversent les voies entre deux passages de micheline, Vierzon Saint Amand-Montrond. Notre héroïsme fait peine à voir, nos pères sont à l'usine, chez Aubry, chez Massicot, chez O cédar, chez Bellot. Mon père est aux fleurs, chez Bellot. Nos mères se voient peu, pour les sales coups de leur engeance : "C'est t'il vrai que ton grand fume en cachette ?". On a quel âge ? Je ne sais plus. Huit... Neuf ans ? C'est avant le collège, on est à la communale, chez Stack. Il nous fesse celui-là et tripote un peu ceux qu'ont le plus la trouille. Il est pas pédophile, c'est le maître. On passe par chez Pauvert, le matin et avec les pièces volées dans le morlingue de la mater on se paie des bonbecs, on en vole aussi, le vieux Pauvert c'est fastoche de le faire tourner en bourrique ; on s'y met à trois où quatre et hop ! une fraise par ci, un car en sac par là...
Le Cher est notre océan, notre danger immédiat. Nager, ne pas nager. Aucun de nous ne sait mais nous y allons, là où on a pied, pas de sandales, pas les moyens, pas plus loin, la peur du gouffre est en nous gravée par le burin des légendes mais comme partout, l'interdit grandit celui qui le franchit. Nous le franchissons, passons outre, allons à la noyade comme de bons petits soldat plombés, il faut, les cousins sont là, hérauts de leurs parents. On nous aime mais les chiffres mentent, nous sommes de trop dans le paysage, un accident regrettable. Parisiens, têtes de chien... !
Des noyés il y en a, des vrais. Le Cher sert aussi à ça, de dernier rendez-vous avec la vie. Des outres verdâtres que les pompiers retirent des branches et tirent à la berge avec des précautions d'équarrisseurs. Le mari de la macotte, un ivrogne celui-là. La dédé, celle qui a couché avec les boches, tu sais bien ? L'Ivanov ? Celui de Varsovie ? Onze enfants qu'il laisse. Varsovie sur Cher, le ghetto comme on dit. Si c'est pas malheureux, ma pauvre. Les cochons crevés à la Frette, personne en disait rien, ils étaient chez eux. Il paradaient le ventre en l'air parmi d'autres détritus, natifs de la grandeur de la France glorieuse. Natifs mais pas sots, pas au point d'imiter le dos crawlé. Mais les zIvanov c'est une autre pair de côtes. Sont pas du coin, c'est écrit sur la boite aux lettres déglinguée. Alors là, nous faire ça à nos fleuves et cours d'eau ! Saletés de pauvres.
Dans le Cher on a nos coins, j'ai les miens, des fascinants trous d'eau, des passerelles aux lavoirs, pourries qu'on ne sait jamais dans quel piège il faut tomber en premier. Tiens là, celle la elle a l'air bien moulue ? Ça me mène aux crues où tout tire à la chaîne, ça court bouillonne des marmites à se fiche dedans en s'accrochant au couvercle; Je peux même pas me souvenir vraiment de comment ça me tenait au fond du vertiges, toute cette boue, ces bois, ces porcs, ces barques pliées aux piles du pont. J'entame la discipline et tombe des berges, dans les racines où la rivière se coiffe à grandes coulées de peigne. Je carapate en clou. Rien à fiche de l'amphibie, je passe le barrage, les pelles en dérapage contrôlé et je me retrouve embarqué par ma langue, loin, au moins jusqu'à ce qu'on me repèche par le colbak. Ma mère me frictionne, dans exactement trois minutes elle va m'en abattre deux, que dites vous maître ? Plaider l'indulgence du jury... Trois minutes pas plus mais trois minutes tout de même, à attendre de savoir de quel côté la première va me drosser.
Je suis des fleuves, des rivières, des minces cours d'eau qui font les grandes évasions. Mais même si j'y ai valser dans l'enfance, ça me semblait la seule issue au carnage ambiant, je monte pas dessus, je reste au bord, autant que possible, je frôle, je scrute et puis je m'en retourne. Car c'est traître l'eau qui dégouline en masse, elle vous envourne de paresse et si vous n'y prenez pas garde, encore une fois, plouf au mirage !
20:21 Publié dans Blog, Film, Jeux, Livre, Loisirs, Mélancholie, Musique, polytiques, polytiques, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Shopping, Sport, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.06.2008
A la lanterne
Je crois bien que c'est demain en Irlande, constitution oblige que le traître traité de Lisbonne passe par les urnes. Nous pourrions nous moquer vu que chez nous, des urnes le NON émergea et que celui qui des urnes tire sa légitimité à nous traiter en mineurs civils s'est arrangé avec ses petits amis du commerce mondial pour nous le faire avaler tout de même, par le fondement.
"Y a pas d'arrangements, pas de grimace..." disait la chanson. Mais si, mais si ! Il n'y a même plus que ça à vrai dire, de ces arrangements dont nous sommes dès à présent conviés à gratifier les effets par de bons applaudissements d'écervelés. Irlandais mes amis, nous ici, dans la patrie des droits de l'homme, du citoyen et de la citoyenne nous vous souhaitons bon courage car dans le cas où il vous prendrait l'envie d'exercer votre pouvoir d'homme libre en renvoyant ce traité aux ordures d'où il est issu, vous allez tout comme nous apprendre dans l'amertume des lendemains qui chantent faux que la démocratie n'est qu'un état provisoire dans le gouvernement des futurs super états que vont devenir les continents et leurs subdivisions administratives. La consultation des masses est en passe de devenir un vieux souvenir d'une époque cacophonique d'où pour finir nous sortirons vainqueurs mais tout à fait aphones. Foin de ces campagnes électorales où aux étals des partis politiques ne s'entassent que les idées talées au format libéral.
Sentons nous bien comme de gauche et de droite la pensée est comme un primeur hors de prix pour nos moyens paupérisés. Et sans saveur et sans qu'on ait l'envie même de plus en débattre Ce pauvre Delanoé, fait-il pas un peu à peine à écouter, ce salaud de Sarkozi est-il pas le fossoyeur de ce que il n'y a pas si longtemps nous appelions la Démocratie, ces ministres à l'étiquette, ces opposants cure-dents, cette pseudo agitation intellectuelle ne sont-ils pas plus que des hochets entre les mains boudinées des enchaînes que nous sommes devenus, la cervelle nous en suintant par les narines ? Mouche ton nez avant de parlez, morveux !
Je me mouche, ne frappez pas, please ! Je me mouche du coche et je rejoins le rang ... Aïe ! Mais avant je voulais saluer l'Irlande et sa lutte du pot de terre contre le pot de fer, du pauvre contre le seigneur, du serf contre le propriétaire; Sinn Fein !!!
Pour finir et je ne suis pas le champion pour créer des passerelles entre les sites (internet) je voulais vous faire part ici de ce qu'hier jusque fort tard je me suis brûlé les yeux et l'entendement à regarder l'interview de monsieur Pierre Hillard. Interview qui avait pour base les trois ouvrages qu'il vient de consacrer au "nouvel ordre mondial". Faites moi donc l'amitié, si j'ose le terme, d'aller y voir d'un peu près. Autant savoir à quelle aimable sauce nous allons servir de brouet pour les "élites". Et si cela ne vous tente pas c'est que vous et moi sommes bien, comme il le dit à un moment de l'entretien, devenus les numéro 6 de la farce; Aller, je tente le lien...
http://www.dailymotion.com/tommeight/video/x44tc1_pierre-hillard-europe-et-nouvel-ordre-mondial
Aïe ! Aïe ! Oui... Promis, je ne le ferai plus... Aïe ! Oui de la poésie ! Rien que de la poésie la prochaine fois... Aïe !
07:51 Publié dans Film, Livre, Musique, Rage, Science, Sport, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : politique, littérature, poésie, traité de lisbonne, élections, europe, irlande
29.04.2008
Eternellement morne
La lutte est inégale, je l'avoue et perdue d'avance mais nous faisons assez bien semblant, alors continuons à lever le poing sous les quelques mètres de purin qui couvre tel un ciel de printemps boueux, notre entendement. Nous rêvions de justice pour tous et c'est de justesse que nous franchissons les es-carpes et les fossés de la vie "moderne". Toute aussi moderne j'imagine que celle des peuples ravagés d'empire débraillés. De justesse mais pas tous. Retournons nous un instant... Ah mais un-tel, comment l'appelions nous déjà ? Machin ? Machin est mort hier d'un cancer, la maladie des cobayes. Et celle ci que nous croisions chaque matin et qui avait l'air, son petit sac de médocs à la main, baveuse légèrement, assise sur le banc où nous aurions dû nous poser plutôt que d'aller engraisser les rouages... elle... L'ambulance est venue cette nuit, elle se taillait les veines... parait-il. "Il séquestrait sa fille depuis 24 ans..." Ce monstre, un autrichien, un ex dénazifié sans doute ? La combinaison de Laure l'empêche d'avoir des orgasmes de poisson rouge ! Votre toute nouvelle connexion "oui fils" est enfin disponible ! Faut-il encore étaler cette Géhenne ? Faut-il encore ajouter à l'aveuglement, des prises de positions politiques ? Faut-il, non contents de vivre en ridicule ersatz d'humanité perméable, nous exprimer sur les faits et gestes de ce qui n'est plus qu'une représentation de ce dont nous ne rêvions pas quand nous n'étions rien et qu'on ne nous demandait qu'une chose, taisez vous les enfants ! Soyez propres et dociles ! Oh non il ne faut pas ! Il ne faut plus chercher à nous concerner, notre avis est comme la combinaison de Laure, il nous empêche d'avoir des orgasmes de citoyens révoltés. Oh non il ne faut pas ! nous sommes enfants, nous ne saurions comprendre le tiers de ce que l'on nous conte en matière de "once upon a time in a merveilleuse contrée...". Mais quand il le faut, ma foi, nous savons très bien faire semblant, nous sommes devenus si hypocrites.
Le bonheur, ça ne t'interesse pas, toi ? Non !
08:18 Publié dans Blog, Film, Livre, Loisirs, Mélancholie, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : beauté, printemps, renouveau des mousses, beaudelaire, poésie, les cosmétiques, lecture
18.03.2008
Pouvoir de rachat
Allez, encore une fois, la totalité des parieurs ont tentés leur chance ! Je parle de ceux qui Dimanche, plutôt que de s'occuper de ce qui les touche tout à fait intimement sont allés avec leur carte de rationnement déposer dans l'urne le petit bulletin qui confirme que quoi qu'il en soit de la réalité ils sont au rendez vous de la confiscation, ils restent contre vents et marées d'honorables citoyens, conscients que le devoir accomplis les soustraira au moins à la sempiternelle sentence : "Si tu vas pas voter, comment veux-tu que les choses changent ?"
A voté ! La fente se referme et la voix s'étouffe dans le noir de la boite jusqu'à ce que l'on dépouille, compte, décompte, estime et que l'électeur son ticket gratté à la main finisse par se rendre à l'évidence, encore cette fois il a participé. L'"élu" lui sourit, comme il a apprit à le faire lors des nombreuses séances de coaching que le parti lui a fait vivre afin que lors des interview on ne puisse se rendre à l'évidence, il n'y a guère que les canines qui luisent. Au dessus, dans la boite à idées, rien ne brille que l'absence d'imagination.
Nous élisons des directeurs de ressources humaines qui n'ont que foutre que notre humanté s'éfacent au profit de ce qu'ils nous font passer pour la dure réalité. L'économie va mal, la banque est un colosse aux pieds plats, l'industrie ne sait plus comment faire du profit sur le dos de la désolation, les idéologies se ressemblent toutes, avaz vous remarqué qu'en abattant le mur de la honte un seul des deux blocs s'est éfondré, pour se reconstruire à l'identique assez promptement et que l'autre, le notre, le camps de la liberté est encore là assis sur les restes de ses constructions maniaques. Avez vous remarqué comme l'ouest (mais l'ouest de quoi ?) est régit par un système dont les arcanes n'ont rien à envier au comunisme étatique ? Quoi, vous vivez dans un pays libre ? Seriez vous lâches au point de feindre ?
Quoi qu'il en soit votre carte d'électeur, vous pouvez vous la carer où je pense ! Car ce que vous pensez ressemble trait pour trait à ce que l'on pense de vous. Rien.
Mais rien c'est déjà beaucoup me diront ceux qui s'ébattent en famille dans les jardins cadavériques de la démocratie défoncée par tous les trous. Allez! A quatre pattes, le gang bang continue et c'est vous qui fournissez la vaseline !
06:21 Publié dans Blog, Livre, Mélancholie, polytiques, Rage, ras le bol, Relis tes ratures, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : politique, municipales, élections, sarkozi, remaniement ministériel
08.03.2008
Les Cosmétiques
On s'use en moins de temps qu'il n'en faut pour s'en rendre compte, de rester assis sur un banc de bois à contempler l'air ahuris les pitreries de Guignol. On sait qu'à la fin le gendarme arrive et fustige la victime car il a lui, une bonne tête d'assassin... Comme de juste ! alors on passe à autre chose on sort du castellet les fesses endolories de s'en être pris tant et tant dans le cul qu'on jure de marcher toujours, pour le restant de la vie et de ne plus jamais s'asseoir à l'ombre des matraques; On sort et la lumière aveugle un peu, il fait grand jour, les filles passent dans l'allée froide, déjà peu vêtue de ce qu'elles souhaitent nous voir ôter avant que le printemps n'éclate à nos braguettes et nous laisse pantois un peu de foutre sur les doigts et honteux de n'avoir pas apporté de fleurs pour les fustiger de tant d'impudiques invites. C'est le sujet de cette note et d'autres, qui ne manqueront pas de venir à vous au travers de l'alboom au creux duquel je publierai quelques photographies dont la grâce vous plaira. Comme il me plaît à moi d'en connaître le sujet sur le bout des doigts et de la langue...
Que le gout pour le beau nous hante et ne nous laisse jamais céder à la morale de la pauvre doctrine dans les fers de laquelle on aimerait à nous laisser croupir loin de la joie des émotions et des larmes perlées de soupirs rauques.
Ce qu'elle pose là, dans la soie de la nudité est plus qu'un détail outré d'une géographie divine, c'est ce paradis d'Allah dans lequel nulle charpie n'a droit de cité. Pas un qui puisse se poser ici en vertu de la mort que son ventre ressasse face au mur des lamentables, rien ici du front frappé aux pierres de meule du soleil nié. Le doux y règne sans frontières à défendre, la soie chuinte accordée au taillis blond de la toison et mon regard frôle ce que mes doigts et mes lèvres pour l'heure ne peuvent approcher, tant il y a de routes encombrées entre ces fruits et ma gueulardise de voleur de pommes menues. Tout est là du don que l'on fait de soi quand à aucun prix on ne souhaite commercer le vivant comme l'on fait de nos vies devenues inertes à force d'être calibrées. Tout est là de ce temps où nous conversions avec l'animal en nous et que le dieu courroucé des imbéciles ne s'était pas abattu sur notre saine curiosité en nous frappant d'avoir à être gouvernés par ses démons de bois.
Je me laisse bercer par le courant d'air qui glisse sous les portes, je suis celui-ci qui vient sans se nommer, la caresse profonde qu'elle attend en légitime amante de la soie qui s'insinue entre ses lèvres et de laquelle parfois elle arme mon prénom d'un éclat de voix rauque.
07:57 Publié dans Blog, Film, Jeux, Livre, Loisirs, Mélancholie, Musique, polytiques, polytiques, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Shopping, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : éros, érotisme, photographie, cosmétiques, lecture, littérature, amour
24.02.2008
Evènement
Ce qu'il y a de bien avec l'évènement c'est qu'il laisse peu de traces. En somme l'évènement est à la vie ce que l'abonnement est à la presse quotidienne. On nous l'apporte chaque matin, le journal, vous ne vous souvenez plus de l'avoir demandé mais chaque matin, dans le journal il y a pour vous de quoi rester couché, écrasé par le poids de ce qui semble se passer où vous n'étiez pas. Mais là où nous ne sommes pas existe-t-il vraiment et si cela existe, s'y passe-t-il alors des choses desquelles nous devons témoigner en les commentant ? Par exemple, la fameuse nuit des Césars outre que cela évoque plutôt pour moi une aube de tentures sanguinolentes derrière lesquelles sont des cadavres, "toi aussi mon fils !" qui à peine quarante huit heures après ce rien peut me dire ce que cela nous apporte ? Hier, à ParisLand, une grande chaîne d'amitié s'est formée pour réclamer la libération de Ingrid de L'Oréal ! Où est la grande chaîne d'amitié qui se rassemblerait pour qu'enfin cesse le scandale honteux des camps d'internement pour "sans papiers" ? Faut pas tout mélanger me dira-t-on, mais si il faut tout mélanger sinon c'est que la lutte des classes a muté. Une lutte plus où moins visible selon que vous soyez de l'une où l'autre des dites classes. Mieux être actrice à la sensibilité de Piaf, héritière d'un groupe industriel qu'ouvrier "Nacht und Nebel" !
Évènements nuls et non avenus. Nos consciences sont broyées par la succession frénétique des perles rares de l'évènement et quand le silence se fait enfin, nous nous rendons compte qu'à côté du journal sont tombés d'inanition ceux dont la vie était à portée de voix.
06:35 Publié dans Blog, Film, Jeux, Livre, Loisirs, Mélancholie, Musique, polytiques, polytiques, Rage, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Shopping, Sport, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, imigration, l'oréal, bettencourt, ingrid, Césars
23.02.2008
Le Pays
Mais c'est qu'il s'agite au petit matin le sémillant runner ! Il à les nerfs en vrille et se farcit du Présidnet avec le café bouillu, le jour est pas levé mais les corneilles y sont alors il fait des paquets de touches à deux doigts et deux pas de la littératournaille et ça fait des bottes de syllabes avec de la rage de chaffeur à chaque virage. Au jeu de con, la rage l'emporte. C'est d'un cru tous ces mots qui n'en sont pas, qui sont comme quand on a tant à dire qu'on en postillonne sous l'oeil amusé de l'objet et sur ses pompes (le présidnet est un objet comme ... ? Comme la télévision par exemple, une sorte de meuble de style mais auquel il manque un pied, alors qu'il faut mettre dans un coin, à plat sur le mur, dans un cadre numérique, qui fait bien l'office. Ma Mémé en avait sept dans sa chambre, des portraits du sauveur de sa France de trimeuse, à la peine comme au jouir avec ce regard clair de rêveuse. J'ai vécu avec, c'était sous les mouchoirs pliés comme pour servir toujours. Mais vous qui êtes tous plus où moins neufs vous allez faire comment pour l'avoir pour toujours sans jamais pouvoir l'éteindre ?).
C'est pas grave, tout le monde se prend les pieds dans le tapis, Mil excuses ! Faites pardon ! je vous en méprise ! Ah mais vous m'en piétinnez ? Je vous négocie ? Voyez vous ça ? Allez soyez bon, lachez nous ! Si si je vous m'assure, c'est mieux lundi !
J'ai lu l'article du qotidien El Païs, dans le Courrier International, je ne sais pas si les Espagnols vont bien vouloir que le Présidnet conquette l"Europe au mois de Juillet, d'ici là il ne nous reste que quatre petits mois pour dénicher une photographie de "l'objet" en situation avec ses amis Rat zingueur, Tom Cruz et un membre éminent de la secte des adorateur du chou, chère à Colaro. On, pourrait les y voir attacher le chou à une croix de Saint André, le rat dans le trou d'balle et Tom en confesseur ? Bon, ça n'est qu'une proposition de Samedi soir.
Bon soir chez nous !
21:20 Publié dans Blog, Film, Jeux, Livre, Loisirs, Mélancholie, Musique, polytiques, polytiques, Rage, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Shopping, Sport, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, compromus chose due, Présidnet, Fou de dieux, El Païs
Criminel
Le Présidnet n'est pas drôle, n'est pas drôle du tout, ferait même pitié si, pour continuer à briller au firmament des anes bâtés il ne faisait quépouser des starlettes de la chansonnette d'expression franchouillette. Mais non , mais non ! Il use en vrai de tout l'arsenal mis à sa disposition et même un peu plus, pour flatter de la matraque un électorat extrèmement liberticide. Osons le mot, un électorat fasciste, celui là même qu'il est allé chercher dans les poubelles du front natif. Le Présidnet glisse, regardez comme il glisse dans le ciel réactionnaire d'une France qui ne sait plus où donner du front dans la mistoufle ! Le présidnet qui sait que les municipales seront perdues par les godillots de son parti de chaussettes à clous hate la mise en place des lois qui nous criminalisent et nous livrent au MEDEF comme de la chair de consomateurs désargentés.
Nous ne l'aimons pas ? Mais qui parle d'aimer ? Sommes nous sensés donner notre âme au diable sous le prétexte que le diable est l'élu d'un peuple qui n'existe que par la convoitise et l'amertume des cocus. Nous ne voulons plus de lui. A peine un an que nous lui avons confié le délicat problème de sortir ce triste pays de l'impasse et lui que fait-il ? Il peint au fond de l'impasse un ciel de carte postale avec le bleu horizon de l'uniformité. Car c'est ainsi que lui aime la France. Ce pays qui marche au pas pour sauver la patrie. Il nous balance De Gaulle à la gueule mais nous de De Gaulle qu'en avons nous à foutre, encore un militaire ! Encore un policier ! Encore un gardien de prison ! Encore la chiourme et au bout les alignements de tirroirs caisses. Il nous délivre des visions de son "je suis partout" intime, nous confie à des théoriciens véreux comme des courtiers en bourse, instaure une loi martiale qui n'en a pas le nom mais agit en grande pompe au petit matin, Donnez nous mille pandores !
Virons le nain avant qu'il n'ait définitivement transformé ce pays en un immense jardiland où bientôt nous ne serons plus que des légumes bons pour la soupe à la grimace ! Le King est mort ! La france n'est pas le fan club de ce petit prince de la chanson triste !
Pour Tess, Mejico y Chacabucco, San Telmo cerca de el Parque Lezama. Sin vos Buenos Aires no tiene emocion !
06:30 Publié dans Blog, Film, Jeux, Livre, Loisirs, Mélancholie, Musique, polytiques, polytiques, Rage, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Shopping, Sport, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozi, cour de cassation, Merdef, Démission !
21.02.2008
Citation
Extraire d'un contexte n'est pas faire oeuvre de beaucoup d'intelligence car l'intelligence consiste plutôt à provoquer le débat afin d'en faire surgir des solutions, avant qu'il ne soit trop tard. Mais je crois, crôaaa ! crôaaaa ! crôaaaaa qu'il est déjà un peu trop tard.
Je lis qu'à Belgrade cela s'agite un peu autour de la déclaration d'indépendance du K... Un slogan rapporté par la presse : "Le Kosovo est le coeur de la nation Serbe !" . Woutschhh ! Ils foutent le feu à l'ambassade des USA, vide, pas cons nos amis ! La France reconnaît le nouvel état K... Schplotchavitch ! Où donc ais-je pu planquer mon passeport ? Non je peux pas tailler comme ça, j'ai un fils, je le fais partir en premier. Allo ? Olla, que tal Abuelita ? C'est les vacaciones en francia, si, por que no ! Il pô bénir à bons aires ? Haï que barbaridad ! Bon c'est réglé, le petit part et moi je m'achète une panoplie de Guy Môquet ! "Vous qui restez soyez dignes de nous !" ; Bing bang ! le traité simplifié à l'essstrème... Noël aux Balkans Pâques aux tisons ! Que dit Vlad ? Hein ? Ah taisez vous les enfants j'entends plus radio Londres ! Vlad se frotte les mains et Bush décide de rempiler ? La loi martiale ? Je m'achète deux panoplies de Guy Môquet ! Une pour chier dedans et l'autre pour le défilé de la Libération; Ça devrait suffire.
La ci-ta-tion ! La ci-ta-tion ! La ci-ta-tion ! Oui oui çà vient... :
"L'opinion publique c'est comme un médicament, il faut l'agiter avant de s'en servir !"
Elle est de Talleyrand-Périgord, je crois. Je crois même que je l'ai déjà utilisé dans une note des débuts de ce bloog. Il s'y connaissait en médicaments le "diable boiteux" et comme de son temps qui fait une jolie boucles à ses bas blancs de marmiton du diable l'Europe chevauche à nouveau un taureau de boucherie. Un dieu fait de bave et dont le garrot a été justement sectionné. On a l'Aficion ou on ne l'a pas !
Bon fils, faut être courageux ! Dans huit jours au plus on est à Beograd, dès que Kouchner a libéré Ingrid de l'Oréal pis après je file à Moscou avec les G i' et je suis à San Telmo calle Mejico vers la Noël 2012, d'ici là tu te tiens bien à table, te quiero michtow !
20:50 Publié dans Blog, Film, Jeux, Livre, Loisirs, Mélancholie, Musique, polytiques, polytiques, Rage, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Shopping, Sport, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Kosovo, Serbie, Belgrad, diplomatie, politique, Sarkonnerie, que dit Carla ?
Briefing
Bon là coco tu vois la courbe ? On chute grave, ça vend pas tes conneries. Même, le prends pas mal hein ? Tu nous fait perdre de l'oseille. note bien nous on soutient, ton talent... immense ton talent ! On soutient. Cette verve, cette plume, ce style de frapadingue, pas deux comme toi, si si je t'assure, tout de suite on y a cru, dès qu'on t'a vu. Cette gueule on s'est dit, cette gueule on va leur en fourguer jusqu'à la gerbe. Faut qu'y n'en pisse pu dans les foyers, qu'ils en redemandent ces accrocs de la torgnole. Les lecteurs, tu comprends faut pas les lâcher, pas leur laisser le temps d'aller chercher le champ' à la crèche ni le petit dans le fridge. Faut les serrer, tu piges ? Tiens, regardes à Villiers ! Tu vois Villiers ? Ça c'est de l'art ! du happening. Tu vois ce petit matin froid, les caméras, les flingues, les casques, ça coure dans les escaliers, ça défonce les portes... L'uniforme je te dis, la force, l'ordre ! Tous ces ex petits voyous, ces sportifs amateurs reconvertis dans la défense des droits de l'homme, que leurs parents sont pas peu fiers, qu'ils font un vrai métier, eux. Police, un vrai métier ça ! C'est comme je sais pas moi ? Journaliste. Tu vois journaliste ? Un vrai métier aussi, l'uniforme, tout.
Pourquoi t'en parles pas de Villiers ? Ca fait trois truc que tu nous ponds et t'en parles pas de Villiers, rien, pas une ligne. Tu déprimes c'est ça ? Tu veux une accréditation ? Je te lis pourtant, avec attention tu peux me croire mais là tu déconnes... Je te cite hein, tiens assieds toi, là sur le tabouret : La vie en prose... La vie en quoi ? C'est que t'es poète ? Tu veux faire de la poésie ? Eh les gars... Il est poète ! Ah mince mais tu veux nous couler, c'est ça ? Poète, je te jure... Tiens je suis ton ami... J'étais avec ta femme cette nuit, la pauvre, je te le dis entre hommes hein, elle est plus amoureuse de toi... Tu connais les femmes... Même elle elle veut plus, elle en peut plus de ta poésie... Pourtant, je suis ton ami hein, ta femme c'est un coup, hein, elle te trouve ringue avec tes mirlitons, tes histoires d'oiseaux, tout ton foutraque de Valentin démembré. il lui faut du neuf tu comprends ? Tiens d'ailleurs faut pas que je tarde elle m'attends en bas. On taille un peu en vacances...
Bon ! Tu te reprends d'ac, tu me fais la une des journaux, t'écrème dans le saignant, je veux de la réaction, du a chaud, de l'emballé sec, on se revoit dans une quinzaine ? T'inquiètes je t'envois des cartes postales, Venise ! Ah Venise... Tu connais les femmes, ça manque un peu d'imagination.
08:05 Publié dans Blog, Film, Jeux, Livre, Loisirs, Mélancholie, Musique, polytiques, polytiques, Rage, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Shopping, Sport, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Blog, politique, Villiers le Bel, lecture, littérature, couple, saint valancien


