« 2007-09 | Page d'accueil | 2007-11 »

31.10.2007

Toussaint

Alors que certains se préparent à fêter dignement les embouteillages, la poésie liée au cliquetis des péages autoroutiers, halloween et son simulacre de célébration païenne, l'engorgement des lignes de TGV, la grogne des usagés (usagés ?) de l'aviation civile, le pont de Toussaint, la surconsommation schizophrène de carburants de toutes sortes,  nous arrivons au  fin fond d'Octobre, le mois des révolutions de palais.  On se prépare  d'ailleurs à nous  escamoter  ce qu'il restait de démocratie représentative en accroissant  la marge de pouvoir  du présidnet.  Mes chers,  ça sent un peu  le petit père du peuple,  augmentons le donc ! Je suis d'ailleurs tout à fait prêt à reverser une partie de mon salaire,  mille neurones par mois pour trente neuf heures bien tassées par semaine afin que ce cher Cocu vive mieux  le désarroi et soigne ses blessures d'amour propre dans les bras de madame... Dati. Pourquoi pas ! La justice n'a-t'elle pas toujours fait bon ménage avec le pouvoir régalien ? Ménage à trois,  j'oubliais le nerf de l'amour, l'argent. Dans la corbeille donc le trésor de guerre du MEDEF !

Nous quittons Octobre, une valise à la main. Ceux qui ne partent pas, j'en fais partie, je ne vois pas en quoi les voyages qui se font au bout d'un élastique tendu comme la laisse d'un molosse sont des voyages, sont chargés du chagrin de leurs morts. Ceux là on peut leur parler, ils ne sont pas armés de ces "c'est comme moi !", "moi c'est pareil", "et moi donc" qui ponctuent le dialogue systématiquement. Comme si nous ne nous écoutions qu'à seule fin de nous entendre impudiquement raconter ce qui nous fait unique, à nos propres yeux clos.

Toussaint, nos morts enchevètrés dans le terreau de leur temps de larmes joyeuses.

Toussaint, la pente arride et silencieuse qui mène au granit où leurs noms de baptème, syllabes chéries jusque dans la haine étouffée sont écrits comme sous la peau de nos paupières.

Toussaint des fleurs de gelées blanches, parfumant le silence d'une haleine de terre  retournée.

Toussaint, nos morts flottants dans les souvenirs imparfaits et l'amour qui ne sait plus que se signer puisqu'à embrasser nous n'avons plus la gerbe de leur corps.

Les miens, mes morts, ont pour noms Lionel (deux fois), Marie Madeleine, Léon, Jeanne...

Et ceux que j'oublie je sais qu'eux ne m'oublient pas. 

30.10.2007

Le meilleur des mondes

Paraphraser, se servir même,  in extenso,  du titre d'un livre de Aldous Huxley pour nommer une note pourrait faire croire que la vanité de l'auteur de ladite est à son comble. Mais aujourd'hui il ne s'agit pas de cela. Peut être n'est-ce qu'un ultime coup d'épée dans l'eau, une dernière charge de cavalerie éthique contre le vrombissement des éoliennes de la propagande. C'est cela exactement. Ne venez plus visiter ce bloog, notre colère, notre indignation, notre besoin puéril de justice sont aussi vains que la lutte que chacun d'entre nous engage contre la mort qui cueille nantis et démunis et les couche en rangs serrés entre les pages de l'histoire officielle, comme des fleurs d'OGM. Frères et soeurs à nouveau d'un cauchemar d'où aucun réveil, aucune compassion ne vient nous relever.

Ce "Meilleur des mondes" est notre présent. A peu de détails près nous y entrons par la porte d'une description du Monde qui n'a pas varié d'un qualificatif depuis pas loin de deux siècles. Une révolution a fondé le mode de vie duquel nous sommes devenus les spectres. Nous vivons dans cette Europe qui est comme l' aire d'un rapace fou de rage à l'idée de devoir affronter encore, sans que cela cesse jamais,  ceux que ses pillages ont poussé au suicide et à la haine. Une autre révolution s'est assise, ombre sanglante de l'ombre de la précédente, sur la mémoire et l'espoir. Celle ci fut industrielle et produisit deux massacres et mécanisa la colonisation, industrialisés forcément. Il est inutile de produire plus que l'on a besoin et si malgré cela nous le faisons il faut bien q'un jour nous finissions par épuiser les stock pour pouvoir recommencer sans cesse à nous enrichir "fraternellement" de l'éficacité du système.

Jamais deux sans trois. La troisième révolution est en cours. Celle-là, que nous vivons au quotidien, puisque plus rien de grand ne reste à rêver et que les "maîtres du je" ne peuvent plus s'imaginer hors de la folie de profiter, est toute axée vers la purification écologique et la redéfinition par le discours de l'état d' être humain. Est humain celui qui vit hors de sa conscience. Celle-ci le fait elle un peu souffrir ? Certes,  mais la verroterie moderne comble les lacunes infernales au dessus desquelles ses pas parfois hésitent et lui font courir le risque du naufrage intime. L'écologie est une doctrine ancienne. Elle est comme la gomme que l'enfant frotte obstinément sur les parties du dessin qui échappent à son contrôle. Ce faisant les traits inopportuns se mêlent, les couleurs se brouillent et le dessin bien vite se retrouve à la corbeille. Mais là, dans le cahier du Monde pas d'autre page blanche, pas de supermarché où conduire maman et sa carte bleue (comme le ciel tout neuf qu' EDF nous propose d'acheter). Nous avons découvert le Monde, pratiquement pas un millimètre carré où nous n'ayons installé nos mécaniques. A présent et je ne vois personne à qui celà ne fait pas battre des mains comme au passage d'une caravane publicitaire, il va nous falloir faire comme si au delà des colonnes d'Hercule il n'y avait rien que crasse, méchanceté, fanatisme et sous humanité rampant dans sa crasse pluriséculaire.

Nous sommes en train de réaliser le rêve du chancelier Hitler. 

Je propose pour ma part que nous revenions au concept de la terre plate comme une grosse et grasse galette. Je m'en excuse auprès des philosophes, des rêveurs anciens, de ceux que l'horizon portait au delà de leur condition microscopique mais la terre est plate ! Au delà des bords de notre Monde, le meilleur, il n'y a plus rien qui vaille à exploiter sinon peut-être à confier au vide vertigineux que cela représente nos déchets rutilants et la production de bio carburants. Nous l'aurons tous compris, il est hors de question que nous renoncions à la vitesse, à la consomation, aux tranhumances vacancières, au design inconfortable de la modernité, au pouvoir d'achat, aux occasions de fêter tout et n'importe quoi.

Je dis ça sans colère ni amertume. Simplement je m'applique à oublier tout ce qui dans mon enfance m'a enseigner à dire non et à croire que nous étions le nombre par lequel le signe pouvait changer le sens de nos existences. L'humanité était alors, à peine sortant des entraves de l'esclavage, une terre inconnue et la naïveté pas encore un sujet d'inquiétude clinique.

Plus haut, avant, dans une note précédente,  je disais pis que pendre des "artistes" qui veulent à toute fin que le gouvernement fassent d'eux les rentiers de la créations (je me suis battu pour le statut des intermittents, heureux souvenir !). Rassurez vous chers créatifs vous aussi vous serez incorporés. Vous êtes la joie de ceux qui quand nous avons le nez en l'air, nous font les poches.   

26.10.2007

Tranche de quai

Elle est de sa seconde jeunesse où plutôt, de cet âge où, d'une même geste adroit elles remettent en place une mèche attardée tandis que du coin de l'oeil l'autre, éternel inconvenant,  ne fait plus que miroir et elles une moue de jour de soldes. Nous sommes à Chatelet- RER-ligne D. J'attends qu'un train surgisse de la nuit souterraine.

Elle s'est approchée sur le quai et, l'air de ne pas y voir plus loin je ne me suis accroché qu'à ses bas de laine noirs qui à chaque pas plissaient aux genoux, au dessus du haut bord de ses bottes. Elle m'a un peu fusillé du regard et pour finir, je dois faire un chaperon potable, me tournant le dos, s'est assise à mes côtés. Enfin, de dos. Peut être bien qu'elle a un peu peur. Il est tard et ça rôde sévère autour de sa jolie petite gueule comme autour d'un ticket gagnant contre la crasse, l'odeur grasse et la solitude de cinglé qui règne ici, après que les troupeaux soient passés.

Puis, alors qu'autour de nous, pied à pied, un ballet de loups désoeuvrés aiguisant leur flair à ses ars d'enfant désorientée, se met en place, elle sort de la poche gauche de son manteau un téléphone portable, décroche d'une touche, porte l'appareil à son oreille et, en communication avec l'au delà d'un danger convenu, elle se met à rire et à glousser, ne prononce pas un traître mot et résonne sous la voûte comme le gargouillis de ces petites poules pas encore plumées au cou et qui d'un même éclat de gorge irradiée nient et appellent l'attention qui les froisse et les font briller de mil feux de catacombes.

Je me lève, agacé qu'elle échappe ainsi à mon manège de vieil indifférent et m'en vais plus loin, avec à la main le livre qui depuis un quart d'heure ne me laisse plus  lire. Bien vite ma place est prise. Et la voilà toute sertie de sourires entendus. 

 

Les artistes

C'est fou comme il suffit de pas se ramener aux barreaux de la cage quand passe le chaland pour être privé de cacahuètes. Désolé mais le singe devient dingue parfois et en a marre de se secouer l'asperge pour faire pouffer les moutards. Quand on voit la gueule des morveux, liftés comme sortant d'un "lebenborn" transalpin, parfois on se dit qu'il vaudrait mieux que beaucoup se peluchent la rate et engrossent leur kleenex plutôt que de nous infliger le triste spectacle de leur projet de progéniture. Ah les beaux héritages que ça nous prépare ! J'y verrai sûrement pas mais d'imaginer me ravit.

Ce bloog part en bures je vous le dis, d'ailleurs vous êtes fort peu, de moins en moins nombreux à venir vous y emmerder du coin de l'oeil. Tout est consommé ? Vous avez raison. Vous préparez hollyween ? Vous faites bien ! Un balai dans le culte, harry Potter sous l'oreiller et une citrouille à la place du cerveau. Ça devrait suffire pour devenir écologiquement positif. Je ne suis pas écologiste, je vis dans un pays de ferrailles surtaxées, où les balades se font dans les galeries marchandes; Me dites pas que vous... non ! Je vis sur un énorme crassier coté en bourse; La terre est foutue ? Je m'en palpe bien ! L'homme est d'une vanité suicidaire et telle qu'il s'imagine qu'il va claquer en faisant tout péter ! Pauvre con !

Je vis dans un pays de xénophones, de petits propriétaires rincés, de collaborateurs irremplaçables, d'aveugles bavards, d'assassins rêvant d'être uniques, d'amis qui s'adoptent, non,  se cooptent comme des VRP. Je vis dans le pays de la vengeance horizontale, de la haine dorée à la feuille et des bons sentiments sucés jusqu'à la moelle. Je vis dans ce pays dont le roitelet est un cocu et les sujets de la valetaille sapée par des esclaves. Je vis dans ce pays qui fermente comme un pet de jactance, qui renâcle à vivre par ce que   vivre comporte des risques de ne pas en réchapper. Les vieux y font des voyages dégueulasses, en avion capitonnés, les jeunes sont tous de fameux artistes, les enfants de la mauvaise copie d'innocents suçant l'article aux étalages. Et tout ça se décline à l'infini du crédit à la consommation sans somations. Eh ! Pas vous hein ? Pas vous ! Vous c'est autre chose, c'est comme moi, vous faites tout bien ! Mais putain ça marche pas, quand même. Pourtant votre bagnole elle pollue prexe pas... Et pis comme moi vous êtes de gôche ! Alors hein, faut pas nous faire suer... nous,  c'est pas pareil ! Nous notre auréole elle est parabolique.

J'les s'coue les barreaux là, pas qu'un peu... z'êtes où ? Cacahuètes please !

Allez c'est pas grave, demain dans les rues des métropoles régionales, Paris compris, vont s'ébrouer les "artistes", une démonstration "manifestive", je l'invente pas le néologisme il était dans le journal du jour, pour en appeler aux mannes du gouvernement. ??????????????? ; Il en faut des points d'interrogation pour se suspendre à la compréhension de ce qui se trame demain. Les cheminots nous ont assez fait chier ! Pas vrai ? C'est que les artistes se sentent pas compris, ils souffrent de pas pouvoir se salarier pour en vivre de leur "art". Alors demain, des sous ! Sinon on en fait plus de l'art ! Oh oui SVP ! N'en faites plus de l'art de fête des mères. Papa et maman vous pardonnent ! Si Si je vous assure ! Vos dégaines de faux culs, votre absence de pensée, vos caprices coprophiles, vos petits joints ridicules, vos ivresses de Rimbauds (Arthur mon cher, faites excuses, vous et vos accessit en composition latine, quel gachis !) de fesse food, vos révoltes d'héritiers... Tout est pardonné je vous dis ! La pharmacie de papa vous attend, clef en main. N'en faites plus de l'art où alors peut être de l'apointé, du ventru, de la sculpture de rond point par exemple ? Du buste de cocu !

21.10.2007

La Star c'est l'élysée-star

Je ne dirai pas du mal du présidnet. Voilà que depuis le printemps (pourri !) de cette année. 2007. nous avons un aventurien des temps modernes comme locataire de nos palais, république oblige, un type à qui il arrive des aventures de l'Ouest, le vrai, un outlaw qui nous les décrète. Le présidnet se comporte comme  un Ronald Reagan à l'envers. Il commence par la fonction et nos ors de la... République et finira sur Hollywood boulevard, dans une baraque à freaks. Mais avant ça va swinguer à "Sin City" ! C'est dingue ce qu'aux bons soins de nos argentiers désargentés, argentiers, nos argentiers, République oblige, on peut se gratter comme épouvantail devant nos yeux d'étourneaux atterrés et par la même occasion se fabriquer un press book pile poil.

Quoi le casting ? Quel casting ? Les élections vous voulez dire ? Ce type qui arrache sa langue à la démocratie, avec ses dents, qui fournit à l'oposition des occasions rêvées de fermer sa gueule, qui vient d'engager un type comme secrétaire d'état et  l'icelui qui semble en devoir tant à...  l'état... Qui fait lire la correspondance de Guy Môquet à des sacrifiés de dix sept ans, au garde à vous et Marseillaise en tête. Qui chante, le samedi soir,  dans les stades, des trucs où il est question de sangs impurs, d'ADN qui violent nos fils, nos compaaaaaaaaaagneux !

Qui yhôte, qui déjeune et pastiche le carnassier avec talent, nonaufrage déjà, un peu tendu sans doute. Et nous avec lui, République oblige.

19.10.2007

La vie en gros

Quand le détail de nos précieuses individualités infuse trop longtemps au contact machinal de nos transports en commun nous finissons comme ça, bête pressées par d'autres bêtes. Chers provinciaux que la lanterne magique n'a pas jetée contre les portillons automatiques du RER un jour de grève, faites m'en l'excuse, mais il est impossible à un échalas comme je le suis de ne pas donner sa vision noirte du phénomène. Peut être que ceci saura vous distraire. Encore que si la vie, la même, vous a contraint à endosser le costume grand-guignolant du citadin des métropoles régionales, vous ne soyez pas si loin du compte.

"Vous monsieur, vous y voyez quelque chose ? Qu'est-ce qu'il se passe au juste ?". La dame est petite, il est vrai, comprimée, sa poitrine importe et m'appuie aux côtes comme un air-bag carambolé. Je me retourne, au moins la tête, je baisse les yeux,  le reste appartient à la surpopulation mondiale. "J'y vois madame, oui, j'y vois". Je la sens rassurée, comme ayant trouvé sur le micro écran de son GPS, une flèche enfin verte, filant vers l'horizon sans nuages. "Qu'est-ce qui se passe alors ?". Je scrute au dessus des cranes, au plus loin que je peux, la voûte, le couloir où par habitude le jeu consiste à éviter les métronautes arrivant en sens inverse,  sont saturés de la rumeur de centaines d'impatients au garde à vous. Rien n'avance ni ne recule que par accoups et grognements. Les escaliers sont bloqués, les quais regorgent et les portillons de la ligne quatorze, celle qui ne fait pas grève vu qu' en tête de rame on s'est débarassé des machinistes, sont à au moins cinquante mètre. Alors ? me fait la dame sur la joue de laquelle, sous l'épaisse couche de gras bronzant, un girophare de la taille d'un bouton de fièvre fiéleuse vient de se mettre à clignoter. Ses nichons me pressent mais rien n'y fait. Pourtant,  combien d'entre nous ont vu dans leurs jeunes années s'ouvrir  les boulevards de la félicité élyséenne accrochés à un téton ardant ? J'y vois madame et là bas,  c'est comme ici ! Bouché comme une artère de grand patron de l'industrie pétrochimique. Du coup elle ne me parle plus... Elle fait la tête et sur son nez plutôt fin un autre gyrophare se fait jour dans le magma fashion de la station Chatelet. Peut-être que si elle fait hurler la sirène de son decolleté ...?

Deux flots s'affrontent, se jaugent, se regardent en irréductibles du système D,  comme débine. Il y a ceux qui en viennent et qui savent que le dernier train vient juste de quitter le quai remuant comme les tribunes d'un stade en érection muette; Et puis il y a ceux qui y vont voir quand même,  j'en suis,  je rentre, la journée à été mollement usante, RER D, de grâce, un p'tit dernier,  promit je serai pas encombrant. Je suis sympathisant des grévistes, je l'ai déjà dit, pas vrai?

Les annonces flirtent avec nos nerfs : Mesdames messieurs soyez attentifs... En raison d'un mouvement social... Je garde le sourire, il va y avoir un mouvement social, on va sortir de là, tous ensemble... Tous ensemble... OUAIS ! OUAIS ! ... Le traffic est très fortement perturbé dans les caisses noirtes du comité des forges ! Je berlure, ça aussi vous le savez ! J'ai des voix ! Pas que je fasse cinquante trois pour cent comme notre COCU favori mais j'entends des choses saugrenues. Que les ouvriers se mèlent de politique de couloir ça m'en laisse coit.

Mais nous avançons, par reptations,  la dame,  méprisante à présent, me dépasse,  un nichon après l'autre. Je me retrouve drossé vers la paroi de la voute et bientôt face à face avec une affiche où une chic fille de cinq mètres de long me tend un cocktail de fruits exotiques. Au bas mot cinq ou six kilos de fruits. La paille est aussi grande que moi. Ca me presse tant contre elle que en un clin de son oeil de géante marketée je me sens devenir paille à mon tour...

Notez bien, si ce n'est le coté mélasse du cocktail j'y serai peut-être encore à me faire syphonner la matière grise au milieu du jus de papaye; Mais voilà pour finir,  qu'un reflux populaire activé par deux où trois annonces encourageantes de la voix de la révolte syndiquée m'a remit à flot dans le magma pancréatique de la foule aux prises avec son envie de rentrer ailleurs; Je ne vous cache pas qu'avant de quitter la mignonne créole de cinq mètre de long, sans les faux ongles,  je lui ai habilement subtilisé son string fluo. Je m'en suis fait un hamac, c'est dire... Allez bonne nuit à tous ! 

18.10.2007

Hors champ

Comme c'est l'usage depuis que l'église chrétienne, toutes tendances confondues (ratichons large !), s'est mise en tête face à l'ignorance convenable de ses fidèles d'étaler sur les murs et les plafonds de ses édifices tout l'Epinal de sa geste magnifique et un peu hollywoodieuse, il faudrait qu'aujourd'hui, comme tout un chacun au comptoir "des amis du MEDEF" (Nous sommes tous les amis du MEDEF !), nous bavassions des derniers développements de la préhistorique lutte des classes.

Les autobus en ont marre d'être bondés de grinches parfumés à l'haleine de chacal !

Les rames du métropolitain n'en peuvent plus de se succéder à des cadences infernales !

Les trains sont las de battre des records du monde et les vaches même aimeraient bien retrouver la placidité stomacale de leurs existences de rumination citoyenne !

Mais comme l'église l'a bien comprit, c'est quand le bon peuple a les yeux au ciel et les mains jointes que l'on peut sans danger lui faire les poches ! Reste-t'il d'ailleurs quelque chose a dérober au fond de nos poches de crédules crécelles ?

Il est vital je crois, vous me direz ce que vous en pensez, de porter son regard vers ce rien qui se produit dans l'ombre, là où pas un journaleux n'aura eut l'idée de planter son microphone dans le coeur de l'homme pour en pomper jusqu'à la dernière goutte la substance de son agitation métaphorique et rémunérée à l'aune des pages de publicité qui ornent telles des images pieuses les grands traits du questionnement "sociétal" sans lequel, parait-il, nous ne saurions vivre en vrais humains-d'oeuvre.

Pour ma part pourtant j'ai toujours été solidaire et le reste,  avec ceux qui ont encore ce pouvoir de stopper la machine. C'est ma naïveté, mon pas de côté, mon regard porté ailleurs. Et ailleurs est si vaste !

Que faites vous aujourd'hui, chers comensaux ? 

15.10.2007

Nô PrOblEME

J'ai eu l'occasion depuis ma dernière note de voir plus souvent qu'à mon tour grincer sous la tension et rompre bien des ressorts de la comédie que l'homme se joue afin que la réalité fuit devant ses pas piétinant comme en son reflet dans  un miroir  posé de biais  il fuit  en célébrant  le triomphe délégué  à ses étendards  et déchante dans  le deuil  qui accompagne ceux  qui s'en remettent aux pantins estampillés pillage pour jouir dans la plénitude falsifiée de l'honneur qu'il y aurait à vaincre en méprisant. Je voulais faire allusions à cette demi finale perdue par le quinze sponsorisé par ceux là même qui nous mettent à sac sitôt que les commentateurs, des journalistes parait-il ? en ont fini avec l'ignominie de leur langage de prostitués vindicatifs. Mais c'est là ma vanité que de ferrailler encore et toujours contre, de toute évidence, ce qui n'a pas existé...

Cécilia S... serait-elle allée rejoindre Jacques Martin dans son dernier petit trou de la lorgnette ? Le présidnet est-il où non un héros de Vaudeville, auquel cas la France ne serait-elle pas au bout du compte qu'une armoire pleine de linge sale et d'amants en fixe-chaussettes, caleçon de soie aux chevilles et une mallette ventrue à la main ? Madame Dati fait-elle trembler le parquet par amour pour son frère jugé un peu trop près des caméras ? Les test ADN ne sont-ils pas qu'un petit soubresaut sur la ligne noirte de l'électro-encéphallocrate plat d'une démocrature en pleine phase d'auto-suggestion liquéfiée? Va t'il enfin y avoir une invasion de l'Iran par les forces de l'axe. Passerons nous Noël à la mer ou à la montagne ? Est-il prouvé que "les" Chinois, notez bien "les" chinois, seraient tous d'accord pour que les corridas n'aient plus jamais lieu en Arles ? Alors monsieur Rabzaoui que pensez vous de notre nouvel A380 ?

Mais... Mais... Mais... Mais  j'avais dit poésie... Poésie... Poésie ? Nô PrÔblEME ! La voilci ! La voirlà :

 

Mon pain est aux élytres des insectes qu'une mue de trop pousse à parler en ventriloques.

Mes nuits sont d'un genre d'insomnie où seul mes rêves se reposent d'être debout.

La vie m'est une voile qu'un vent retors sans cesse torsade en un baillon amer.

J'ai pour fils une lueur dans le dédale à rebours des feux de miradors. 

Chaque matin je vais au pied de l'entonnoir à étoiles arrimé aux lèches des nuages.

Chaque matin quittant l'aube en silences me déporte d'une gare à une autre.

Dans ma tête sont tatoués le nombre et les noms matricules de mes frères.

Chaque matin mon compte est à refaire. plus d'étoiles que de frères. 

13.10.2007

Formol

Je grabuge encore, dans mon coin de banlieue, entre l'Automne qui tombe des feuilles et les petites fleurs qui dans les jardins gâtés de gros chiens mélancoliques,  se font rouler par le climat nébuleux, entre le cimetière et l'hôpital ("si ça ne marche pas d'un coté de la route, ça devrait le faire de l'autre" comme dit Dame Christine à qui le deuil n'a rien oté de son regard de bonne hôtesse et qui fringante,  à l'occasion,  chasse l'amant dans les regains). Je plaque au petit matin avant que de dévaler d'ici vers la gare de Villeneuve saint Georges pour aller tambouiller du coté de la République, dans un petit repaire à baba bibi bubu bébé bôbôss, quelque note enragée que je remonte des excavations de ma nuit. C'est vous dire le paisible qui préside à mes sommeils et l'hagard fielleux qui me reprend au bond dès que j'ouvre un oeil en silence.

J'estoque le bourgeois, je frac la vitrine, je renverse les poubelles pleines d'élites en villégiature, je fais chier mon monde, je me fais quelques lardus, de ceux qui tous les Vendredis soirs tapinent dans les tunnels du RER,  histoire de bien nous faire comprendre que sans eux nous aurions bien de la peine à nous sentir libre; D'ailleurs pour ma part j'attends le temps où ils seront si nombreux qu'il faudra bien qu'ils se courent les uns après les autres. Une autre "nuit des longs couteaux". En somme... Je fustige,  je grabuge,  j'artabuste,  je vitupère,  je noirte la colère,  je fais de l'encre, un vrai bouillon de onze heures pour les curés. Je regarde de travers la bonne gueule des affiches qui nous dégueulent au ras bord des dents blanches et des décolletés furieux leurs slogans martiaux  : Devenez radins ! Soyez le prochain ! Grand lolo teuropéen ! super cragnotte de 142 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000  d'euros à partager ! La vis encore moins chair ! L'abbé Pierre, une garantie d'efficacité ! Priscilla, les dessous d'une infirmière bulgare ! Leçon N° 5, faites le cracher ! Leçon N° 6 envoyez le test ADN ! Ma maison sous les topics ! Le crash boursier du siècle ! Le climat ? une histoire de tempérament ! Lard ! Lard ! Lard ! Faisons du lard ! La réussite c'est simple comme un coup de ciseaux ! par V. V. Gogh. La rentrée littéraire comme si vous y étiez !

Je me frotte les mains,  encore de beaux jours pour la boutique. Et puis je suis pas méchant, je compatis dans la joie. Le soir tombe, la nuit vient, il reste un peu de formol dans le garde manger. C'est bon aussi avec les nouilles le formol, c'est pas que pour les avortons.

Demain je ferai une poésie avec des vrais morceaux de poèmes dedans, c'est beau la poésie, moi j'aime la poésie. Pour deux missiles achetés, une poésie gratuite ! Leçon N° 7 ! Faites lui croire que la poésie, c'est tout ce que vous aimez. 

12.10.2007

Murailles

J'en appelle sottement à la paix. Sottement ? La désuétude dans laquelle ce mot s'atrophie de la sonorité qui parfois dit tout du sens profond d'un qualificatif,  en étant plus sur aucune langue et par conséquent dans aucune oreille, le protège au moins de servir aux sots qui savent tant. Sottement oui,  car il n'y a pas de paix qui tienne en ce monde dont on s'ingénie à vouloir nous démontrer, nous qui formons ce public dont on ne dit plus qu'il est composé de citoyens (A quoi bon ! Le panel nous beurre la biscotte), qu'il traverse une de ses mutations les plus fantastiques. Nous avons raté tant de révolutions remarquables et dont nous n'avons été que la  rumeur,  tantôt flatteuse,  tantôt  dénonciatrices. Tout dépendait  de qui écrivait  les  fables  historiques. Nous avons pris tant de virages  délicats  en servant  de dégâts collatéraux aux experts de la statistique roborative. Tant d'entre nous, jouets démantibulés, n'ont rien vu des bouleversements,  que leurs vies éparpillées sur les champs de foire où les dynasties assouvissaient leurs pérennités  en des impasses où nous plongions joyeux afin que leurs noms résonnent dans la mémoire des générations. Tant d'ombres dans nos mémoires interdites de relation. J'en appelle à la paix. Seulement à la paix. Pour cela il n'est qu'une façon de faire, claquer la porte de nos attentes consommées au nez de ceux qui,  semblant savoir de quelle façon nous allons survivre en les enrichissant encore, nous guident en bons bourgeois vers d'autres précipices qu'eux seuls connaissent puisqu'ils en sont les mécènes gris et pérorant.

Je fais fausse route ? L'illusion me mène ? Tentons l'expérience de ne plus rien écouter de ce qui nous est hurlé dans le casque. Ne fêtons plus les idoles. Soyons comme ils aiment à nous décrire, sales, fainéants, retors, vicieux de ces vices qu'ils nous prêtent pour asseoir leurs vertus, malades jour après jour du "bonheur" qu'ils nous vendent sans que plus rien ne concurrence le doux pelage des caniches. Je fais fausse route ? Au moins est-ce la mienne ! Même si c'est seul sur mon radeau que je radote.  

Toutes les notes