09.06.2008

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"On ne se baigne jamais dans la même eau"

Je ne sais plus de quel philosophe, est-ce bien même d'un philosophe dont il s'agit, émane cette sentence. Par contre je crois que je me la serine depuis des années d'années et ce qu'elle signifie entre autres, car à chacun sa vue des berges, m'est apparut comme l'évidente lecture de toute une partie de l'existence.

C'est au bord des fleuves et des rivières que ma vie m'a toujours ramené, le fil de l'eau mélancolique et la fureur lourde des crues sont ma soupe limoneuse, ma jouvence verte et noire. Des souvenirs que j'y ai noyé, des visages liquéfiés dans le clapot, des lourdeurs de l'enfance ennuyée, des tourbillons de racines de saules accrochés à la glaise, des barques renversées, ramenées à leurs chaînes par le contre courant, des heures passées seul à chercher dans le vol des insectes une façon d'être humain sans passer par les mains de l'entomologiste  d'éther. On ne se baigne jamais dans la même eau. On ne se noie jamais vraiment à l'aplomb des robinets qui fuient en attendant des trains qui ne croisent pas au-delà des pièges que vous tendent les pages vierges des crues retirées.

Il y eut dans l'ordre des souvenirs tout d'abord la Seine, aux alentours de Conflans, le premier exil. Il sufisait je crois de traverser la route que bordait sur quelques millimètres l'épicerie où mon père chaque matin s'habillait d'une blouse bleue avant que de charrier les caisses de vinasse étoilée. La Seine large comme  la table où ma mère posait les assiettes du repas. La Seine où passaient nonchalants et gonflés de tripes gazées des porcs que l'abattoir en amont laissait filer contre l'étrave des péniches chargées de sable et du grain dont on fait le paix des ménages. La Seine qui fut mon premier voyage d'enfant mutiné. Puis vint, dans les hachures des intervalles sans repos, la Dhuis dégoûtante qui coulait sourde et morte au fond du terrain à Montreuil. La Dhuis couverte de son manteau d'égout nature, la riche gadoue qui donnait aux roses de ma grand-mère ces couleurs et ce parfum de sainteté qui se vendaient à prix d'or sur le pavé de Saint Eustache, avant que les halles ne deviennent ce trou d'où suinte l'odeur et l'affreux tintamarre des villes que la plaie intestinale avale sans jamais se refermer. La Dhuis au bord de laquelle je ne peux pas dire que je me suis assis, le béton l'avait ensevelie à l'abri des remblais et l'on veillait à ce que nous n'y allions pas traîner nos vices d'enfants lares.

Puis ce fut le Cher, trois cent kilomètres de nationale, par la porte d'Orléans, un Dimanche de glace, une fin d'été, les mômes embringués par le secret du voyage sans retour. Mes parents partent, mon père raffûte chez lui, ce chez lui où ses frères et sœurs se disputent son retour et sa réussite passable. Ces parisiens qu'il ramène dans ses bagages, ma mère, fille éprouvée par la faute, mes sœurs qu'un rêve d'héritier mâle a fait venir coup sur coup. Ces trois petits n'importe quoi qui vont goûter à la joie campagnarde imprégnée des rumeurs d'injure d'une famille inconnue. Mais pas d'histoire, pas d'histoire, au nom de la paix et des lâchetés convenables, pas d'histoires.

Le Cher,  rivière à usines, industrieuse folie d'eau, là encore une route à traverser, la route des lavoirs. Plus haut sur le cours,  les fonderies de Rosière, les cartonneries, les vomissures empoisonnées de la consommation qui attend le chômeur au coin du bois, un crédit avantageux aux crocs du sourire. Ce moyen-âge là que l'on nomme à présent "seventies" et qui se vend encore très bien chez ceux pour qui l'âge d'or est un slogan, une matraque taillée dans la frustration. La maison est à flanc d'un bois pelé, plein de vipères dans les murets éventrés, tsss... tsss... faut pas y aller, là non plus, la vallée aux loups puis c'est la voie ferrée et les fours à chaux, abandonnés. Cet El Dorado de galeries calcaires où nous fuyons après l'attaque de la diligence de seize heures trente, une clope dans les poches, une royale menthol pour cinq ou six. Les lavoirs sont devenus une bande de renégats qui feinte avec la mort et les éboulis, traversent les voies entre deux passages de micheline, Vierzon Saint Amand-Montrond. Notre héroïsme fait peine à voir, nos pères sont à l'usine, chez Aubry, chez Massicot, chez O cédar, chez Bellot. Mon père est aux fleurs, chez Bellot. Nos mères se voient peu, pour les sales coups de leur engeance : "C'est t'il vrai que ton grand fume en cachette ?". On a quel âge ? Je ne sais plus. Huit... Neuf ans ? C'est avant le collège, on est à la communale, chez Stack. Il nous fesse celui-là et tripote un peu ceux qu'ont le plus la trouille. Il est pas pédophile, c'est le maître. On passe par chez Pauvert, le matin et avec les pièces volées dans le morlingue de la mater on se paie des bonbecs, on en vole aussi, le vieux Pauvert c'est fastoche de le faire tourner en bourrique ; on s'y met à trois où quatre et hop ! une fraise par ci, un car en sac par là...

Le Cher est notre océan, notre danger immédiat. Nager, ne pas nager. Aucun de nous ne sait mais nous y allons, là où on a pied, pas de sandales, pas les moyens, pas plus loin, la peur du gouffre est en nous gravée par le burin des légendes mais comme partout,  l'interdit grandit celui qui le franchit. Nous le franchissons, passons outre, allons à la noyade comme de bons petits soldat  plombés, il faut, les cousins sont là, hérauts de leurs parents. On nous aime mais les chiffres mentent, nous sommes de trop dans le paysage, un accident regrettable. Parisiens, têtes de chien... !

Des noyés il y en a, des vrais. Le Cher sert aussi à ça, de dernier rendez-vous avec la vie. Des outres verdâtres que les pompiers retirent des branches et tirent à la berge avec des précautions d'équarrisseurs. Le mari de la macotte, un ivrogne celui-là. La dédé, celle qui a couché avec les boches, tu sais bien ? L'Ivanov ? Celui de Varsovie ? Onze enfants qu'il laisse. Varsovie sur Cher, le ghetto comme on dit. Si c'est pas malheureux, ma pauvre. Les cochons crevés à la Frette, personne en disait rien, ils étaient chez eux. Il paradaient le ventre en l'air parmi d'autres détritus, natifs de la grandeur de la France glorieuse. Natifs mais pas sots, pas au point d'imiter le dos crawlé. Mais les zIvanov c'est une autre pair de côtes. Sont pas du coin, c'est écrit sur la boite aux lettres déglinguée. Alors là,  nous faire ça à nos fleuves et cours d'eau ! Saletés de pauvres.

Dans le Cher on a nos coins, j'ai les miens, des fascinants trous d'eau, des passerelles aux lavoirs, pourries qu'on ne sait jamais dans quel piège il faut tomber en premier. Tiens là, celle la elle a l'air bien moulue ? Ça me mène aux crues où tout tire à la chaîne, ça court bouillonne des marmites à se fiche dedans en s'accrochant au couvercle; Je peux même pas me souvenir vraiment de comment ça me tenait au fond du vertiges, toute cette boue, ces bois, ces porcs, ces barques pliées aux piles du pont. J'entame la discipline et tombe des berges, dans les racines où la rivière se coiffe à grandes coulées de peigne. Je carapate en clou. Rien à fiche de l'amphibie, je passe le barrage, les pelles en dérapage contrôlé et je me retrouve embarqué par ma langue, loin, au moins jusqu'à ce qu'on me repèche par le colbak. Ma mère me frictionne, dans exactement trois minutes elle va m'en abattre deux, que dites vous maître ? Plaider l'indulgence du jury... Trois minutes pas plus mais trois minutes tout de même, à attendre de savoir de quel côté la première va me drosser.

Je suis des fleuves, des rivières, des minces cours d'eau qui font les grandes évasions. Mais même si j'y ai valser dans l'enfance, ça me semblait la seule issue au carnage ambiant, je monte pas dessus, je reste au bord, autant que possible, je frôle, je scrute et puis je m'en retourne. Car c'est traître l'eau qui dégouline en masse, elle vous envourne de paresse et si vous n'y prenez pas garde, encore une fois, plouf au mirage ! 

08.06.2008

Sinn Fein !

C'est bien ma veine, nous ne sommes pas en ce Dimanche qui verra l'Irlande renvoyer au moins temporairement, le mini traité de Lisbonne au rebut de l'histoire. Car s'en est,  de l'Histoire et de la grande. L'évènement devrait se produire Dimanche prochain mais d'ici là rien ne nous empêche de nous intéresser aux propos de monsieur Etienne Chouard. Sur dailymotion one more time (car all we need is de l'I motion !). Sous le titre : conférence d'Arles,  on l'entend en découdre avec le sens qu'il donne au mot Constitution et aussi démontrer en quoi nous ne sommes pas et n'avons peut-être jamais été sous le couvert d'un régime démocratique. J'emploie le mot régime tout à fait dans le sens que lui confère monsieur Guano de l'Elysée quand il parle en termes d'architecture de la formation urbanistique du "Grand Paris" (Gross Paris ! pour les intimes.), je cite : "Il ne s'agit pas de construire un monument à la gloire du régime !". Mais de quel régime parle monsieur Guano henry ? Puisque à ma connaissance son suzerain a bien été élu président de la république comme ses prédécesseurs. République une et indivisible, non ?

Etienne chouard lui est tout à fait clair dans son propos, nous allons droit dans le mur du simulacre et l'Europe devient bien l'empire rêvé par tous les dictateurs qui se sont succédés sur son territoire. Une entité servile. Pour exemple il s'appuie sur le fait que la France depuis quelques temps ne peut plus frapper monnaie et que c'est auprès des banques privées qu'elle se retourne pour l'emprunt. Pas d'argent pour le social, pas d'argent pour l'éducation, pas d'argent pour le logement, lui répondent les usuriers du monde moderne. alors à la casse les institutions qui contrôlaient le pouvoir et ceux qui l'exerçaient en notre nom. alors le chômeur est un paria, un vampire que l'on va pouvoir mater par la psychiatrie, la loi et la force qui remplacent peu à peu l'entre aide dans l'esprit malade du citoyen en carton bouillis. 

Je fais la mouche du coche mais le coche lui est passé depuis longtemps, depuis trop longtemps. On l'aperçoit au loin dans la poussière que lève son train d'enfer là bas, sur la route de Varennes, étape obligée pour qui se rend à Maastrich ! 

Nos élus ne le sont pas pour s'occuper de nous et de nos intérets, les plus collectifs possible. Ils le sont pour faire à notre place (là est notre drame). Nous les rémunérons pour ça; Et quand ils sont en place,  ils n'ont de cesse que de se protéger de nous à l'aide des leviers dont nous leur avons aveuglément confiée la manipulation. C'est bien à une grande manipulation à laquelle nous assistons en ce moment; Et cela me fait penser au roman que Thomas Mann consacra, comme une métaphore, à l'ascension d'Adolphe Hitler (un grand ami de la famille Bush, le grand père de Georges W. le considérait comme un enfant. Le grand père était banquier à l'époque et Auschwitz n'est pas un lieu qu'il devait ignorer !). Le titre de l'ouvrage qui est édité en poche chez Hachette, je crois : Mario le magicien

07.06.2008

A la lanterne

Je crois bien que c'est demain en Irlande,  constitution oblige que le traître traité de Lisbonne passe par les urnes. Nous pourrions nous moquer vu que chez nous,  des urnes le NON émergea et que celui qui des urnes tire sa légitimité à nous traiter en mineurs civils s'est arrangé avec ses petits amis du commerce mondial pour nous le faire avaler tout de même,  par le fondement.

"Y a pas d'arrangements, pas de grimace..." disait la chanson. Mais si, mais si ! Il n'y a même plus que ça à vrai dire, de ces arrangements dont nous sommes dès à présent conviés à gratifier les effets par de bons applaudissements d'écervelés. Irlandais mes amis, nous ici,  dans la patrie des droits de l'homme, du citoyen et de la citoyenne nous vous souhaitons bon courage car dans le cas où il vous  prendrait l'envie d'exercer  votre pouvoir d'homme  libre en renvoyant ce  traité  aux ordures d'où il est issu, vous allez tout comme nous apprendre dans l'amertume des lendemains qui chantent faux que la démocratie n'est qu'un état provisoire dans le gouvernement des futurs super états que vont devenir les continents et leurs subdivisions administratives. La consultation des masses est en passe de devenir un vieux souvenir d'une époque cacophonique d'où pour finir nous sortirons vainqueurs mais tout à fait aphones. Foin de ces campagnes électorales où aux étals des partis politiques ne s'entassent que les idées talées au format libéral.

Sentons nous bien comme de gauche et de droite la pensée est comme un primeur hors de prix pour nos moyens paupérisés. Et sans saveur et sans qu'on ait l'envie même de plus en débattre Ce pauvre Delanoé, fait-il pas un peu à peine à écouter, ce salaud de Sarkozi est-il pas le fossoyeur de ce que il n'y a pas si longtemps nous appelions la Démocratie, ces ministres à l'étiquette,  ces opposants cure-dents, cette pseudo agitation intellectuelle ne sont-ils pas plus que des hochets entre les mains boudinées des enchaînes que nous sommes devenus, la cervelle nous en suintant par les narines ? Mouche ton nez avant de parlez, morveux !

Je me mouche, ne frappez pas, please ! Je me mouche du coche et je rejoins le rang ... Aïe ! Mais avant je voulais saluer l'Irlande et sa lutte du pot de terre contre le pot de fer, du pauvre contre le seigneur, du serf contre le propriétaire; Sinn Fein !!! 

Pour finir et je ne suis pas le champion pour créer des passerelles entre les sites (internet) je voulais vous faire part ici de ce qu'hier jusque fort tard je me suis brûlé les yeux et l'entendement à regarder l'interview de monsieur Pierre Hillard. Interview qui avait pour base les trois ouvrages qu'il vient de consacrer au "nouvel ordre mondial". Faites moi donc l'amitié, si j'ose le terme, d'aller y voir d'un peu près. Autant savoir à quelle aimable sauce nous allons servir de brouet pour les "élites".  Et si cela ne vous tente pas c'est que vous et moi sommes bien, comme il le dit à un moment de l'entretien, devenus les numéro 6 de la farce; Aller,  je tente le lien...

http://www.dailymotion.com/tommeight/video/x44tc1_pierre-hillard-europe-et-nouvel-ordre-mondial 

Aïe ! Aïe ! Oui... Promis, je ne le ferai plus... Aïe ! Oui de la poésie ! Rien que de la poésie la prochaine fois... Aïe ! 

03.06.2008

Engagé

J'ai des opinions, des idées, des convictions, toute une panoplie que le père Noël m'a gentiment apportée alors que dans ma liste j'avais surtout insisté sur le fait que tout de même le train électrique, c'était vraiment ce que je voulais. Mais comme j'ai pas dû être tout à fait sage, le père Noël m'en a apporté un à charbon. Alors pour faire plaisir à mes parents qui sont quand même à se saigner aux quatre veines pour que je sois heureux malgré les désillusions du réveil, je joue avec. Je charge la locomotive, que j'ai appelé "la suie", avec tout ce qui traîne de noirte et de venimeux et je la lance à l'assaut des cercles vicieux de la colère. Maman passe par là dans son smoking de chez YSL, elle revient de je ne sais trop où... Elle me sourit comme le font les femmes libérées par YSL à leurs rejetons rougeoyant de ce que la chaudière souffle sur les pentes froissées de la révolte. Alors tu vois bien que tu t'amuses quand même ?

Je ne peux pas lui dire le contraire, je viens encore d'écraser à toutes blinde un convoi de voitures officielles qui se rendaient à l'inauguration d'une prison modèle. La suie est une sale machine et pour ce qui est de faire des dégâts, elle se pose là. Je lui désigne à tour de rôle un certain nombre de salauds qu'elle me fait le plaisir de débiter en morceaux plus ou moins égaux qu'ensuite je range dans des boites à biscuits. Il y a là principalement des marchands d'espace libre, des revendeurs de joies saines, des camelots portant à la boutonnière la rosette de Lyon et la grand croix des sacrificateurs. Il faut tout de même que je réfléchisse un peu car comme le dit mon père, qui lui s'habille chez tout nu, si tu ne fais pas un peu attention tu finiras par y tomber tout vif dans la gueule de ton monstre ! Aller, juste encore un trader et puis j'arrête pour aujourd'hui.

Ce que c'est que d'être engagé, toujours aux côtés des plus démunis, toujours le poing levé et dans l'autre la pelle à charbon toujours jetant l'eau propre avec le bébé quand la vapeur retombe au niveau des brouillards et jamais ne mettant de côté pour les jours où tout se traîne, comme la suie quand je n'ai rien à lui offrir que des moulins à paroles, des vitupérations de vieil enfant ratatiné au cul du train du monde comme il va.

Mais comme le dit maman en remettant sa blouse de marchande de fleurs, tu vois bien que tu t'amuses quand même ! 

06.05.2008

pensée péripatéticienne

J'ai bien apprit à marcher au pas, pas si difficile quand on vous gueule dessus toute la journée et que vous n'avez que de courtes nuits pour vous évader en ronflant dans la cacophonie des dortoirs. La main gauche se balance dans le même mouvement que le pied droit. Une deux, une deux, une deux, attention !... changement de pied ! Les hémisphères dans la poussière du camp d'entraînement, vous y allez, l'autre derrière, vous colle aux semelles et comme depuis des semaines rien ne le distingue plus de vous ni de celui qui le suit que vous de celui que vous tentez de ne pas piétiner quand en larmes il appelle sa maman, alors vous marchez, attention ! changement de pied !

"Nous sommes les hommes des troupes d'assaut... Paras de toutes les régions... Nous n'avons pas seulement des ar...meuh mais le diable marche avec nous (là,  rires des hommes des troupes d'assaut qui marchent avec le diable.)". Cet extraits d'un chant de marche, c'est pour la bonne bouche de rat, la petite gueule de mes petits frères de la 79/04, Toulouse 1979. Salut les p'tits cons. J'oublie rien, rien ne nous oublie. Les anciens d'algérie accrochés par le béret à la carlingue du Nord Atlas, le lieutenant, un noble humaniste qui comprend, on fume des joints le soir, au pied des tours de saut et qui nous propose le Liban. Genre je me passe des intermédiaire, je connais un petit producteur dans la plaine de la Bekaa... Le capitaine qui chie dans son froc quand le Transall prend son dernier virage; Et pis nous,  la chair à pâté qu'on envoie en démonstration pour des généraux africains qui font leurs courses sur le Larzac. La fange Afrique ? Parlez m'en !

Mais pour penser, là,  pour penser... pensez donc ! Pour penser c'est simple, bien plus simple que de marcher au pas ! Pour penser il suffit de se passer du nom des rues, des panneaux indicateurs, des gestes empressés des forces de l'ordre; Pour penser, marchez au pas des mots qui vous viennent quand votre souffle devient court à mesure que vous accrocher l'arrête des pentes. marchez sans vous soucier d'arriver ou pas; ne regardez pas où vous les posez les pieds, vos pieds ont l'intelligence du ciel sous lequel vous avancez. Et quand ça descend ? Quand ça descend n'hésitez pas à trébucher, à vous casser la margoulette, à rouler dans le caniveau, les nuages sont là pour vous si vous ne vous passez pas de penser, passez, pensez, allez ! vos pieds sont dans vos rêves et vos rêves vont au pas des pensées chamboulées ! Allez !

Péhirin... Hartman... Krajeks... Boucherat... 79/04... Au pas de mes pensées péripatéticiennes. Salut ! 

04.05.2008

Paisibles

Aurons nous un jour, ouvrant la paume de notre main sur le sable retiré du fond d'une rivière,  la paix qu'en définitive nous cherchons tous en haïssant le vacarme dans lequel la vie se meut comme une machine de guerre ? Non bien entendu. Nous n'orpaillons plus que l'incisif et la paume de nos mains, revenue des eaux n'est plus que le squelette d'une caresse violente. Je feins, passant, toujours passant, d'ignorer que ce monde appartient en son entier à l'ignorance des possédés. A ceux qui un jour autour de leur misère ont installé des murs, des fils de fer barbelés, à ceux là seuls le monde sourit de son sourire mauvais d'amer contentement. Suis-je moi même l'amertume du monde ? Je la porte en effet comme la bête que je combat jour après jour en m'émerveillant pour un oui, pour un nom de mes chères illusions d'aubes pâles et je vais mes doigts en éventails souples, raclant dans les courants d'eau jusqu'à ce qu'une ombre m'arrète et me détourne et me fasse lever le nez du rien auquel je rêvais en avançant. Une ombre de propriétaire privé de la caresse des vents.

Aurons nous un jour, ouvrant la vie du bout des doigts sur le sable retiré du fond d'une rivière, la paix dont nous sommes devenus les déchets ? Non bien sûr mais là est notre folie, croire que cela se peut. Et continuer d'avancer en rasant les murs tout en défrichant le ciel. 

29.04.2008

Eternellement morne

La lutte est inégale, je l'avoue et  perdue d'avance mais nous faisons assez bien semblant, alors continuons à lever le poing sous les quelques mètres de purin qui couvre tel un ciel de printemps boueux,  notre entendement. Nous rêvions de justice pour tous et c'est de justesse que nous franchissons les es-carpes et les fossés de la vie "moderne". Toute aussi moderne j'imagine que celle des peuples ravagés d'empire débraillés. De justesse mais pas tous. Retournons nous un instant... Ah mais un-tel, comment l'appelions nous déjà ? Machin ? Machin est mort hier d'un cancer, la maladie des cobayes. Et celle ci que nous croisions chaque matin et qui avait l'air, son petit sac de médocs à la main, baveuse légèrement, assise sur le banc où nous aurions dû nous poser plutôt que d'aller engraisser les rouages... elle... L'ambulance est venue cette nuit, elle se taillait les veines... parait-il. "Il séquestrait sa fille depuis 24 ans..." Ce monstre, un autrichien, un ex dénazifié sans doute ? La combinaison de Laure l'empêche d'avoir des orgasmes de poisson rouge ! Votre toute nouvelle connexion "oui fils" est enfin disponible ! Faut-il encore étaler cette Géhenne ? Faut-il encore ajouter à l'aveuglement, des prises de positions politiques ? Faut-il, non contents de vivre en ridicule ersatz d'humanité perméable, nous exprimer sur les faits et gestes de ce qui n'est plus qu'une représentation de ce dont nous ne rêvions pas quand nous n'étions rien et qu'on ne nous demandait qu'une chose, taisez vous les enfants ! Soyez propres et dociles ! Oh non il ne faut pas ! Il ne faut plus chercher à nous concerner, notre avis est comme la combinaison de Laure, il nous empêche d'avoir des orgasmes de citoyens révoltés. Oh non il ne faut pas ! nous sommes enfants, nous ne saurions comprendre le tiers de ce que l'on nous conte en matière de "once upon a time in a merveilleuse contrée...". Mais quand il le faut, ma foi, nous savons très bien faire semblant, nous sommes devenus si hypocrites.

Le bonheur, ça ne t'interesse pas, toi ? Non ! 

27.03.2008

Sauvons Fourniret

Un petit tour de l'actualité décontractée nous fait  un peu voir à quel point  le chromosome girouette, récemment  découvert  par le professeur  Bonux et ses équipes de lessiviers,  est en train de prendre une place  prépondérante au sein de la génétique moderne.  Tandis que nous sauvons  l'entente  franco -germanique en pinçant  la fesse  de sa majesté  la plus grosse fortune personnelle  au monde, nous  réaffirmons  la fraternité  dont les peuples  civilisés  ont toujours  fait  le préalable  aux grands conflits.  Les tibétains se réjouissent  de voir qu'enfin  les grandes nations  boycottent  les jeux  olympiques.  La chine en profite  pour écouler  un stock important  de petits  livres rouges auprès des délégations mongoles. Jérome Kerviel vient de battre un record du monde de nage libre en eau grasse, à la Santé les matons pleurent le départ d'un hôte aussi polis et... Et Fourniret vient de prendre place dans le box des accusés pour deux longs mois de prises de positions éminemment morales, en deux mots : Ré-instaurons donc la peine de mort, sinon la côte de popularité du roturier présidnet va encore chuter au dessous de la Roll Ex. Et pour peu que pour finir, sortant de son mutisme qui emmerdre les plumitifs (mais que dire de ce type, notre frère en tout, si lui même ne fournit pas la matière à vomissure !), il la réclame lui même, c'est toujours çà de gagné. Passons nous d'un énième référendum, le consommateur aime pas, çà fait fléchir son pouvoir de crachat  !

Dernière minute ! Madame MonMarri vient de faire parvenir par son fournisseur en cocaïne le song book de l'intégrale de son oeuvre à madame Bettancourt. Ainsi le temps passera plus vite et dès la rentrée, sa libération ne faisant plus aucun doute puisque la jet set savonnée déclare à tour de micro son attachement aux miracles du saint siège, elle fera sa rentrée au sein du jury de la strass academy. Une sainte au prime time et s'en est fait du terrorisme ultra-libéral ! 

Les jolies colonies pénitentiaires ! Merci maman ! Merci papa ! 

19.03.2008

Ecrit sur l'eau

Je n'écris que quand il pleut. quand il ne pleut pas où pas assez pour que des flaques se forment, je prends une douche et ainsi la page qui se forme et ondoie au fond du bac est tout à fait propre. C'est idiot mais dans ce pays qui vire peu à peu au rince doigt démocrate et au bain de siège sans lequel les fondements du vivre ensemble tournent au culturisme héroïque, je ne vois pas que les déserts de papier stériles où nombre couchent leurs souvenirs de n'avoir rien fait ni rien été puissent un jour empêcher que l'académie, les bilbothèques, les librasseries et le panthaléon soient autre chose que des dévidoirs à papier toilette pour trous du cul non fumeurs.

Je n'écris  que quand il pleut; Une petite baguette entre les doigts je vais me penchant au dessus des flaques et trace dans l'eau, sans que la boue ne se lève,  les caractères d'une page faite de ronds concentriques et qui s'arquant jusqu'aux bords imprécis, s'engrossent du monde que je décris. Ainsi, enfant,  lors même que mes tendres comparses se jetaient des talons aux orteils dans celles qui sommeillaient sur la route des lavoirs, j'attendais que leurs cris d'apocalypses sèchent avec les gifles qu'ils prenaient en rentrant,  au dessus de la cuisinière à charbon cependant qu'on les étrillait à force de savon et de secousses, vas tu te tenir enfin !  J'attendais qu'elles s'apaisent, se rassemblent et que les nuages me fournissent l'encre par laquelle  je tâchais de dire la peur de l'orage et des cris de mon père adoré jusqu'aux larmes. Je lui écrivais le temps qui passait entre nous comme un couteau de boucher, je lui disais l'attente dans laquelle je croupissais avant qu'il ne m'emmène jamais cueillir les anguilles dans ces trous d'eau que les crues lui laissaient, à lui seul et à son enfance de petit bouseux boitant. Et puis quand j'avais bien remplis ma page de tout cet illisible soluble dans le silence, ratures et cumulus,  je rentrais à la maison.

Qu'il pleuve sur la mer, qu'il bruine sur les rivières, qu'il vase sur les étangs, qu'il flotte sur les épaves de mes souvenirs, que les fossés s'aversent aux frontières des après midi de soleils bottelés, j'écris sur l'eau le feu jaillissant de mes arcs en ciel... 

18.03.2008

Pouvoir de rachat

Allez, encore une fois, la totalité des parieurs ont tentés leur chance ! Je parle de ceux qui Dimanche,  plutôt que de s'occuper de ce qui les touche tout à fait intimement sont allés avec leur carte de rationnement déposer dans l'urne le petit bulletin qui confirme que quoi qu'il en soit de la réalité ils sont au rendez vous de la confiscation, ils restent contre vents et marées d'honorables citoyens, conscients que le devoir accomplis les soustraira au moins à la sempiternelle sentence : "Si tu vas pas voter, comment veux-tu que les choses changent ?"

A voté ! La fente se referme et la voix s'étouffe dans le noir de la boite jusqu'à ce que l'on dépouille,  compte, décompte, estime et que l'électeur son ticket gratté à la main finisse par se rendre à l'évidence, encore cette fois il a participé. L'"élu" lui sourit,  comme il a apprit à le faire lors des nombreuses séances de coaching que le parti lui a fait vivre afin que lors des interview on ne puisse se rendre à l'évidence, il n'y a guère que les canines qui luisent. Au dessus, dans la boite à idées, rien ne brille que l'absence d'imagination.

Nous élisons des directeurs de ressources humaines qui n'ont que foutre que notre humanté s'éfacent au profit de ce qu'ils nous font passer pour la dure réalité. L'économie va mal, la banque est un colosse aux pieds plats, l'industrie ne sait plus comment faire du profit sur le dos de la désolation, les idéologies se ressemblent toutes, avaz vous remarqué qu'en abattant le mur de la honte un seul des deux blocs s'est éfondré, pour se reconstruire à l'identique assez promptement et que l'autre, le notre, le camps de la liberté est encore là assis sur les restes de ses constructions maniaques. Avez vous remarqué comme l'ouest (mais l'ouest de quoi ?) est régit par un système dont les arcanes n'ont rien à envier au comunisme étatique ? Quoi,  vous vivez dans un pays libre ? Seriez vous lâches au point de feindre ?

Quoi qu'il en soit votre carte d'électeur, vous pouvez vous la carer où je pense ! Car ce que vous pensez ressemble trait pour trait à ce que l'on pense de vous. Rien.

Mais rien c'est déjà beaucoup me diront ceux qui s'ébattent en famille dans les jardins cadavériques de la démocratie défoncée par tous les trous. Allez! A quatre pattes, le gang bang continue et c'est vous qui fournissez la vaseline ! 

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