07.11.2009
Lacérer
Oh je sais dans mes bras la serrer, ça sert à rien, lascérer sa tristesse, ça sert à rien, desserrer l'étreinte des sanglots, ça sert à rien, lui assurer que c'est rien, ça sert à rien, repasser les mouchoirs, ça sert à rien, lui passer son Rimmel, ça sert à rien, repriser ses bas de soie, l'inviter à sortir, je sais ça sert à rien. Faire de la poésie pour user l'insomnie, ça non plus, je sais, ça sert à rien. la détourner encore, la détourer toujours, l'entourer pour qu'elle sorte des pleurs, je sais, ça non plus ça sert à rien. Mais ce rien à qui ça sert, ce drôle de paroissien qui n'habite nulle par et fait son lit de chien, au pied duquel elle dort, que quelqu'un me dise, quelqu'un qui le connaît, quelqu'un qui ne fait rien et se plaît en personne, que ce quelqu'un me dise, où il vit ce rien, que d'un rien je lui lacère ce nulle part, où elle, enfant de tant, tient serré contre son sein, l'oiseau blessé du souvenir.
(Pour Miette)
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Le non-dénommé
Cependant qu'il les rejoint, dans le flou peu à peu reconstitué d'un vague sentiment d'avoir été aimé pourtant, malgré la peine enfantine qui fait des hommes de frêles copies de l'Homme, son nom recopié ne trame plus dans les registres que le gouffre qui s'ouvre aux dernières lignes du livret de famille. Cette page imprimée pour que d'une écriture fine, un employé s'emploie à tracer le nom du non-dénommé.
Il les a rejoint, au rang, à la place injustement justifiée et pourtant aprêtée pour lui, qui sait ces rendez-vous que l'on a pas donné et auxquels on se rend, la mort dans l'âme. Ils, sont ceux et celles dont nous portons encore le nom, quelques mots, l'espoir d'une éternité fragmentée, tout à coup la salle s'éclaire bruyament, l'écran blanchit avant que l'odeur incestueuse du feu nous dise que la bobine est rompue. Que le héros n'est plus, et que l'on ne rembourse les places qu'à ceux qui restent, hébétés devant le strapontin replié.
Ce pendant qu'il les a rejoint, qu'il n'appartient qu'à eux, que peut-être ils l'entourent pour lui demander des nouvelles, puiqu'eux aussi nous ont perdus, dehors une troupe d'enfants passe, à qui l'on demande de faire silence, mais qui n'y parvient pas, tant la vie n'aime rien tant que les cris des enfants qui passent, sans s'arrêter au chagrin.
(pour Emma)
13:23 Publié dans Mélancholie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : poésie, topographie, littérature, lecture |
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La cloche
J'te dis qu'c'est lui ! T'es sûr ? Mais oui regarde la dégaine. T'es drôlement physionomythe quand même, moi la dernière fois que je l'ai vu, il était à poil. A poil ! Tu déblogues mon pauvre. Mais non j't'assure, complètement à loilpé, attends que je me souvienne ? c'était p'tête bien dans un magazine ? Tu sais un de ces trucs sur la vie des stars ... Attends oui, ça me revient, y avait un gros titre ! Quequ'chose comme : Lephauste en villégiature à la Baule ! A la Baule en plein mois de Novembre, t'imagine. Et après y disaient même que Frédérique Martin et lui c'était fini. Oh non ! alors là tu m'scie, quand je vais dire ça à ma femme ... T'as une femme toi ? j'te croyais analphabète ? T'as qu'à me traiter de pédé tant qu'tu y es ! 'Tain tu veux que jet'dise, y a des moments où je m'demande pourquoi a j'te cause ? Franchement ... Attends le v'là ! Hum, bien le bonjour monsieur Lephauste. Salut les gars, alors ça mord ce matin ? Faut voir, on arrive à peine. Dites monsieur Lephauste sans vouloir vous obliger, c'est pour ma femme ... c'est-il vrai que y a de l'eau dans l'gaz entre Frédérique et vous ? S'cusez le, monsieur Lephauste, mais de femme il en a pas, il est anal... Non non, c'est rien les gars, mais pour répondre à votre question faudrait plutôt demander à Sylvaine.
'Tain, tu vois j'te dis, l'est pas bégueule, suffit d'lui causer normal. C'est des mecs comme tout le monde toutes ces stars de la poésie. Ouais p'tête mais n'empêche t'as pas d'femme ! Pauv'con, passe moi une bière au lieu causer de ce que tu sais pas qu't'ignore, faut qu'j'appâte.
"Mais oui mais oui !
La cloche a sonné
ça signifie la rue est à nous
que la joie vienne !
Mais oui mais oui, l'école est finie."
01:14 Publié dans Mélancholie | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
| Tags : poésie, politique, littérature, lecture |
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