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30.11.2007

A l'Ouest

Il suffit en somme de ne pas croire ce que nous vivons pour nous trouver en conformité avec la docte parole de ceux qui se préparent à plumer la dinde.

Noël est à deux pas de là et la paix sociale passe par le panier que la ménagère de moins de cinquante ans tentera encore une fois de remplir, credit card en main, dans les rayons du hard discount le plus proche de son domicile. Nous ne travaillons pas assez, les banlieues brûlent de vivre à l'unisson de la consommation de masse, la police est victime de la violence de quelques voyous qui déshonorent la digne servitude de leurs pauvres parents. Quelques hommes de paille, au milieu desquels on a habilement disséminés  quelques femmes de chiffons nous délivrent quotidiennement le même message à l'attention de ceux qui aimeraient bien de temps en temps, puisque apparemment c'est tout ce qu'il leur reste à ronger, qu'on leur fiche la paix. Mes mil euros par mois sont ils à la source de la faillite du système capitaliste ? Si oui comment puis je faire pour qu'il s'effondre définitivement ? La question est pressante. Le message ? Ah oui. Il est simple :

Enflures de salauds d'indignes crevures de saletés de pauvres, vous faites tout pour que rien ne marche, alors rien ne marche. vous ne comprendrez jamais rien à rien et c'est pour cela, infâmes canailles que nous allons être bien obligés de vous priver de ces privilèges exorbitants par lesquels, sournois indigènes, vous détruisez la démocratie pourtant si chère à nos coeurs chagrinés. Ordures, vous nous faites trop de peine !

Excusez moi pour la vaine crudité des mots mêles de fiel mais j'ai vu tant des miens claquer d'avoir seulement été du mauvais coté de la geste immémoriale de la rapine cynique que parfois je me dis qu'il faut cultiver la colère comme une mauvaise herbe et rêver qu'elle envahisse les parterres et les palais que nous leurs offrons. Ils ne se souviennent pas que parfois il nous est arrivé de leur souffler tous ensemble, si fort dans les bronches, qu'à Varenne et ailleurs ils faisaient la queue pour se faire raser de près. Je sais,  c'est vilain de les rêver la perruque un peu de traviole et les chausses farcies de chiasse mais je ne peux pas m'empécher de penser que la chappe de plomb sous laquelle nous planquons ce qui nous reste à vivre a par endroit des points de faiblesse et qu'il suffit ça et là d'y placer un peu de notre humanité pou la soulever et comme dirait l'autre de se lever d'entre les morts, un peu debout. A l'Ouest peut être mais debout. 

Des miettes

J'attendais patiemment, pépiant sur mes petites pattes au bord des flaques, que du gâteau tombent quelques miettes. Je me voyais bien avec mes appétits de piaf, sautillant de droite et de gauche, dans mon costume de plumes républicaines, au milieu d'un banquet de reliefs en 3 D que mon tour vienne de m'en fiche plein le bec. J'avais abandonné tant de belles idées depuis que j'étais tombé du nid. L'égalité avec les plus riches plumages de la nation, la liberté de voleter à mon aise de par le vaste monde en faisant fi des frontières, des us et des coutumes de l'obscurantisme rationnel, la fraternité des cages ethniques. Le ramage cristallin chutant en cascades de millet, des plus hautes branches de l' arbre démocrate  avait tant fait battre le sang dans ma cervelle de moineau citoyen. J'étais sans chiffre dans le nombre, guettant des mains soignées de la divine providence un surcroit de brouet.

Frères oiseaux ! disait l'autre dans sa robe de burnes, une main sur la matraque, l'autre sur les évangiles. Vous qui êtes le simple, l'innocence sublime, ce que le seigneur a voulu de plus charmant pour servir aux desseins de ce qui d'un même geste il créait de plus laid, soyez donc un peu patients, votre tour approche, votre place est inscrite  au rôle  du festin, à sa droite. A sa droite, me disais-je ? Oui ! et en full HD vous serez reçus, pensez simplement à claquer dignement du bec dans cette vallée de larmes.

Mais des miettes rien n'est venu. Les poules se sont alors senties pousser des dents. Je me suis surpris à grogner comme un loup qu'un collier électronique empêchait de descendre aux vallées, j'ai brûlé quelques voitures, quelques livres, des écoles à chômeurs. Et quand l'oiseleur est venu pour dessiner autour de mon pelage tout neuf les barreaux de ma liberté surveillée et bien je l'ai saigné ! Il était gras et court le salaud et couinait comme un porc que son dieu abandonne. 

29.11.2007

Les très riches heures

Tout nous échappe et notre temps est infini. Ce qui hier semblait la permanence absolue est au regard d'aujourd'hui un point presque effacé sur la ligne d'horizon et nous tournons sur nous même. Et l'horizon est partout un cercle de feu  où le bois mort de nos souvenirs tient à peu  de choses  près dans une boite d'allumettes. Des  jungles  de l'enfance  où nous vivions  en dieux affamés  ne subsiste plus que la photographie  d'un jardin  d'orties  où nos pères  s'échinaient  à cultiver le tribut de nos  défaites. Des assassins  que nous étions  ne reste plus  que le regard veule  et la collection  de nos cadavres successifs,  mues  sur mues  et au bout l'exacte dimension du non sens de nos vies. Nous lancions aux étoiles des cris de guerre qui se sont perdus dans le vide toujours renouvellé. Nos poitrines s'offraient au ciel que les égratignures déchiraient assez pour qu'on puisse y apercevoir le ça n'était que ça de nos existences. Les mots nous mettaient bas, tous semblables. Nos noms nous ramassaient à l'état civil dans de grands livres peuplés de héros à qui il n' est rien arrivé depuis l'heure de mourrir jusqu'à l'heure d'en finir. Ce qui hiers semblait la permanence absolue est au regard de demain un fil d'or à repriser à l'infini d'histoires qui ne font pas une légende.

Nous sommes ce que vous étiez, les multiples de la servitude. Des multiples divisés. 

27.11.2007

Lacenaire

C'est étrange, parfois mon chemin croise celui  de tas d'individus  qui n'ont que fiche  de  ce qui se passe  au fil  de l'indécent consensus.  Des types comme vous et moi  en sommes. Quand à la parité entre  un  employé  au smic  et une employée  à temps  partiellement plein  je ne vois là que discussion de  dames patronnesses.  Des types donc,   qui à l'instar de  DAF  de Sade, son "Français encore un effort !" vaut le détour, Lacenaire, le Robespierre  de  "La nécessite de continuer  l'action révolutionnaire", discours  qu'il fit au perchoir avant d'être mitraillé puis raccourcis  et dont on peut se procurer  le fac-similé,  afin d'y lire pourquoi le rôle  de notre  foutue  révolution française  est un accessoire  commode pour ceux qui voudraient bien ne plus  gouverner  mais enfin à nouveau ordonner. En substance , il est absolument nécessaire  de les envoyer tous  à dache  (les nobles  et leurs amis)  sinon ils vont revenir et nous faire payer,  jusqu'au  dernier assignat, le mépris dans lequel ils nous tiennent  et la gène que leur  a occasionnée  la grève des cheminots...  Ils sont revenus  !
 
 
Quand je me désole du flot d'inepties racoleuses qui nous broie d'un revers de manchette en papier journal je m'en retourne vers ce Lacenaire armé jusqu'aux dents, Ce cyclope à la broche duquel Ulysse aurait dû finir,  cet ogre transgressif qui trouve à la chair de Marianne des relents de carne à percer net, au nom de la Liberté à disposer de soi même et ce,  quelle que soit l'ampleur de la "crise" et son alongement extensible à l'infini de nos lâchetés. Comment se nomme-t-il, ce traceur paisible d'une vérité toujours bonne à dire ? Pour ma part et par ce que "la Strada" n'est pas qu'un film de Frédérico "vixen" Fellini je l'appelle "Il grande Tzorgato". Il grande Tzorgato n'est pas un maitre, nous n'avons pas besoin de maitres, c'est un oeil, un homme armé, nous avons besoins d'hommes et de femmes armés. 
 
"There's a night for every one", pour les flics de Villier le bel comme pour ceux qui leurs font porter les stigmates de l'uniforme. 
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26.11.2007

OOOOOOHHHH ! AAAAAAAHHHHHHH !

Le présidnet est partit à pied par la Chine et là bas on lui a présenté toute une foule de gens en terre cuite. Il a dit, je cite : La france est chère à mon coeur et je vous souhaite (le présidnet parle à la terre (cuite) et çà fout les chocottes !) mil bonheurs de potiches ! Ce à quoi, tous en coeur, sans un battement de cils, les jardinières à l'air martial lui ont répondut, je cite et je traduis :La france est chère à notre coeur et le peuple chinois souhaite au peuple français mil ans de bonheur semblable au notre !

Après quoi on s'est embrassés en se tenant chaleureusement par les anses. Avant le présidnet,  les présidents (tous des vieux inofensifs à part de Gaulle, pétain et les autres,  faisaient à peine les chrisanthèmes et avant même il arrivait qu'ils fassent le muguet avec les forts des halles. Mais la révolution a enfin arrivée à ses fins, le présidnet, lui il fait aussi les vases et même les discours de funérailles. On a le Malraux qui déraille au mérite, il s'appelle Guaino, comme son père.

Après quoi on est partit boire un petit verre de beaujolais nouveau made in Taïwan et comme l'ambiance retombait pas on s'est échangé des tickets de black jack. Les responsables politiques chinois ont gagné des tonnes d'uranium avec le Mécano pour le faire infuser dedans, des avions Super Démocrates fabriqués par une main d'oeuvre privilégiée des papiers et franche de l'ADN, des contrats de maintenance pour leurs installations de mise en application de la peine de mort, les couteaux de boucher étaient tout émoussés et pas traités selon les normes d'hygiène des puissances démocrates, les exécuteurs des basses oeuvres réclamaient une augmentation, le présidnet leur à fait fournir par son ami le fabricant,  des gants en latex pour a-t'il dit, je cite : ... Que la lutte contre le sida soit aussi en Chine une priorité fondamentale ... Et a-t'il ajouté ... Mais trop de conneries finissent par nous faire croire qu'on est trop cons

Après quoi on s'est raccompagné, à qui mieux mieux, un peu débraillé. Le présidnet perdait tous ses yuan en sautant à pieds joints sur le lit et le camarade empereur de chine a dû recompter toutes les pièces. Le présidnet, enfin seul et un peu gris jaune, a fait l'amour jusqu'à l'aube avec ses pieds puis s'est endormis entre les seins de sa maman. C'était touchant, vous auriez du venir. A Brest la france rit jaune et rase est la frange la où la marge se fond dans le teint.

 

La prochaine fois je vous parle de l'espoir et de Lacenaire. et mon bon salut à tous. 

25.11.2007

Paradis

En silence au début je marchais aux côtés de qui me voulait bien, sans me porter plus que par la main. J'allais toujours d'un pas de retard vers des lieux qui seraient le paradis. Puisqu'ils m'y conduisaient, puisqu'ils avaient, sans rien me demander ma confiance en surplus de l'effort de naître. Allons me disaient-ils, allons ne traînons pas. Et je godillais à leur suite, enfant de leurs désirs. Souvent nous arrivions dans le froid et les pierres au milieu d'un champs clos, leur main serrant la mienne sur quelques fleurs fauchées. Sur les pierres étaient les noms de qui ne marchait plus, de qui m'avait  donné du paradis l'exil. Je déposais les fleurs  et je parlais aux pierres.  Nul  lieu, nulle  part, le paradis  est  un leurre. Nul ne s'y assied à la droite du père. Allons me disaient-ils et nous allions, au début en silence. En silences ébruités.

Morne est la vie. 

21.11.2007

Petit précis de prêchy-préchâ

Sang de pucelle sur vit de crapaud ! La fréquentation chute de quatre vingt trois points par rapport à la moyenne saisonnière. Les chiffres parlent d'eux même, j'ai commandité un sondage d'opinions favorables au coeur de la cible. Ca tombe à pic mon dernier lecteur vient de me laisser un commentaire m' encourageant  à ne pas céder aux pressions  de la rue  et à continuer  le combat. La rue, je le rappelle,  est devenue le kinder garten des citoyens râlebol et pas touche au freesbee !

Alors cher lecteur que pensez vous de  mon bloog ?

1) Il est globalement la source d'un apaisement de vos insomnies ?

2) Il discrédite définitivement la politique menée par nos meilleurs ingénieurs en managering ?

3) Il casse pas trois pattes à un canard de! gauche?

4) Il n'est qu'une vache de plus, guillotinée par le passage d'un TGV sur quatre ?

5) Il est super-bath !  hyper-pop ! Trop velusss de la mort qui pue !

6) Il est par trop pessimiste sur le sujet de la fatalité ?

7) Il aborde pas assez les vrais sujets de société ?

8) Faudrait changer la tête d'épouvantail en haut à gauche, ça fait peur aux enfants !

 

Attention cher lecteur, pas plus de huit réponses et par conséquent pas plus de huit croix. Je compte sur toi pour le lancement de la nouvelle ligne éditoriale dont je pense qu'elle va plus aller dans le sens d'un consensus mou consentant du pied gauche. Il y aura de la critique de film, rémunérée par les annonceurs, un horoscope du présidnet à la place du billet d'humeur de la rédaction des faits divers et des jeux et des devinettes. Je te livre ici, cher lecteur, l'accroche du numéro Zéro :

Européens ! Serez vous à la hauteur de la rechute ? 

Lecteur ! Livres toi ici sans peur, ça fait longtemps que la caravane est passée. C'est pour cette raison que les cheminots, ces humanistes, ont stoppé les train,  on ne roule pas indéfiniment sur le même corps mort même si le cadavre porte un bonnet phrygien et que sur ses papiers d'identité, à la rubrique domicile, il y avait écrit Liberté et pas Charenton comme sur ceux que le marquis de Sade enroulait dans les fissures des murs comme autant de batons de dinamyte malheureusement pas encore expérimentés à cette époque.

 

Prêchy et préchâ sont dans le désert et tandis que Préchâ harangue les vents dans l'espoir de les convertir à un meilleur usage de l'air conditionné. Prêchy lui,  détaille un à un les grains de sable, les trouvent tous différents et par conséquent réfléchit à une façon bien particulière de s'adresser à chacun d'eux et ce dans l'espoir de les mener à la victoire contre le réchauffement climatique des strings à manches courtes en milieu arride. Ainsi de dune en dune, d'Erg en Reg, d'oasis en laine calcaire nos deux valeureux amis de la Sophie (qu'est quand même bonne fille avec ce Monsieur Onfray qui se la fait en Normandie) vont,  sans se rendre compte que le monde est peuplé de bien d'autres espèces que de celle dont sont faites leurs empreintes dans le sable. Le monde n'est pas l'homme et l'homme n'a pas été fait par un reflet furtif dans la buée harassée d'un wagon.

Mes pieds sont solidaires. Et le reste aussi. 

 

Message à la tronçonneuse

Si tu t'approches trop près fais gaffe je suis pas si loin et si c'est pas demain qu'on s'aimera dans l' étreint; Alors après demain moi j'y vais à la nage. Espèce de nécrophage, si tu t'rapproche encore fait gaffe aux métaphores. La fable en peut plus d'sa morale. Les faibles ont marre des forts ! Entends tu bien que le chien sait aussi mordre le maître.

Tue Dieu ! La poésie est petite reine, s'affiche à la révolte comme à la pointeuse des beaux esprits, s'est accaparée un petit bout de champ de tir au café du commerce et s'en est installé un petit mètre carré à la maison. De là la lutte est sans mercy, le temple tremble sur ses bases négociables. Un mot ! Tout se croule et Gomhore encule la casse ouvrière jusqu'au dernier des retraités privilégiés, les rouges de la rue de Solférino, Solférino ? Badinguet ! Z'avez qu'à lire... Les rouges donc prennent d'assault la brasserie LiPp et la closerie des lilas tandis qu'autour de l'élysée le maire de Paris à envoyé ses escouades "vélib où courrir !". La colère vole de portable en I pöd, le ministre des affaires en retard fait dire au porte parole du palais que le présidnet devra quitter ses appartements par l'essorage de la machine à laver qui a été directement raccordé à l'égout où le pont Mirabeau faut-il qu'il m'en souvienne...", par nos services secrets de plomberie. Il est donc recomandé de déclarer à la presse que son Majestif sort blanchis de l'affaire du 6 Mai 2007. Triste souvenir qui meurtrit la chair de la mémoire de nombres de cocus sans rémissions ni améliorations d'aucune sortes et qui s'en vont balant de la banderoles, en loden et cachemer hurler leur rage, le désespoir au poing, finement ganté. Le pouvoir est  aux soviets, fini les porte-serviettes, adieu les gants de toilette, les capitaux ont fuit par le même tuyau, le pays est enfin ruiné, les grèves ont coûtées des milliards à ceux qui savent ce que c'est que de gagner des milliards. Les anarchistes, les comunistes, les artistes, les Miterrandolls, les cools, les sexy, les joyeux, les margineux, les révoltés, les pensifs, les NSPP, les donateurs et les autres continuent à fumer des joints qui font du bien aux paysans de l'Aphkhanistan et à prendre le train pour une trousse à urgences. La révolution est en marche et la poésie à les paupières qui papillonnent. Pauvre petite.

Message à la tronçonneuse : Je crois personnellement et d'après ce que j'en sais par des amis qui lisent les même journaux que tous ceux qui lisent les même journaux qu'eux, que selon toutes probabilités le gouvernement est tout à fait disposé à rencontrer les plénipotentiaires menés par un leader étudiant, à la condition que ce dernier soit accompagné d'une lettre de motivation signée par celui de ses parents qui n'a pas été désintégré par l'autre. Et donc au vu de la tournure positive que prennent les évènements, ce dont la base par son soutien massif se réjouit en attendant le grand soir, il est à mon sens, mais un avis fait pas la pluie, il est tout à fait urgent de remettre à bientôt notre grand congrès qui devait je vous le rappelle,  traité de l'évidence d'une réflexion accrue sur le fait évident (bis) mais sujet encore à de vastes zones d'ombre, de l'absolue nécéssité de ne rien faire qui puisse freiner la machine de guerre de la troisième révolution industrielle. Les seules qui marchent, d'ailleurs.

19.11.2007

Hors bord

Aujourd'hui j'ai renoncé, je me suis mis en friche, en croix comme on dit d'un moteur d'avion, je n'y suis pas allé. Employé de commerce dans le boboland parisien, aujourd'hui le commerce se fera sans moi et les bobos, déjà victimes de leurs billets d'excuses signés par les parents, iront chez "prune" manger de la carotte crue finement émincée sous son filet de citron enrichit d'aromates aux essences subtiles. Le froid des quais du RER, la marche forcée pour être à l'heure, les discours poujadistes à l'endroit des grévistes ont eut raison de moi. L'usure est à son comble et c'est ce que je lis dans chaque regard croisé, l'usure loin du tralala médiatique. Cette sorte d'hébétude dans laquelle nous baignons et qui fait germer en nous la passivité des peuples voués à la fatalité.

Le monde change,  me direz vous ! Non rien ne change,  tout s'accentue,  se précipite en une caricature de société néo-libérale. Mais ce qu'il y a de "néo" dans cette société c'est ce discours de la force et du mépris à l'intérieur duquel nous sommes invités à faire vivre la démocratie; Encore,  est-il si nouveau que cela ? Non pas tant. Des tribus primitives sont nées les castes, la hiérarchie du savoir utile, utile à quoi ? A dominer ses semblables par le biais du mystère impossible à révéler sinon qu'à baisser les yeux devant les porteurs de reliques. Puis, les religions ayant assis l'obéissance dans l'esprit de l'homme vint le temps d'installer les symboles de la justification. La production du beau, de la richesse, de l'éclat, de la finesse des organisations sociales, du bien être justement distribué selon les lieux, les origines, la vision d'ensemble que nous nous faisions de l'autre,  prit place au sommet de ce que nous nommons les civilisations. Une hiérarchie de guerre, de conquêtes, de découvertes se fit accompagner par les outils de la transformation. Une dent en or a bien vite value pour un ravissant pendant d'oreille. Encore a-t-il fallu dans le même temps,  inventer l'outil de destruction circonstanciée (les frappes chirurgicales chères aux civilisations de haut lignage). La précision des armes, la science studieuse penchée sur la paillasse où se tord de douleurs le rat de laboratoire. Les unités de productions rutilantes de graisse noire où se tord de douleurs le rat patriote qui n'a pas respecté les consignes de sécurité et dont le bras est resté sous la presse. La tête de gondole où se tord de douleurs le ventre creux du porte monnaie de la M... de M... de C... A... d'origines douteuses.

Puis vint le temps des lumières, trop tard. La révolution de 1789 trop habilement dirigée. L'accession aux instances du mystère originel,  de la caste des fournisseurs de richesses incalculables, au moins pour des esprits simples, comme les nôtres, par exemple. Une culture de l'éternité débitée à l'aune des massacres s'achevait ? Non, pas non plus. Il y avait tant de peuples à peine sortis de la nuit des temps et qu'il fallait éduquer, éradiquer, éclairer au besoin en se servant de leur ignorance des temps nouveaux pour alimenter les quinquets où brûlait la mèche noire de l'occident.

Voilà plus de deux siècles que nous vivons cette révolution où l'anthropophagie ivre des beaux messieurs et des belles dames nous fait rêver. C'est la vertu suprême de la suprématie finissante de l'occident que de nous faire croire que demain... C'est notre tour d'avoir droit au pillage. Mais il n'y a pas de demain de même que pour beaucoup de penseurs il n'y a pas d'hiers.  Nous sommes allés à l'école et chaque soir pour ceux qui n'ont pas tellement le temps d'apprendre correctement (la démocratie n'abandonne aucun de ses enfants, comprit !) il y à rediffusion des grandes lignes sur les grandes chaînes de montage de l'informe chic.

 
Hier, je sors sans vie de ma journée de cuisine,  je remonte le boulevard en direction de la gare de Lyon. Un RER ? Peut-être. Sur mon chemin qu'ordinairement je peuple de visions, je croise des groupes de gens, bien mis, en famille pour la plupart, marmots sur les épaules du père, madame permanentée pour l'occasion sans doute. Tous arborent au revers du manteau, là où on leur a promis d'accrocher le mérite agricole, pour le moins, un autocollant où je lis "STOP LA GREVE !". Ils descendent de la Nation : Des milliers de personnes ont défilés aujourd'hui pour l'arrêt immédiat de la grève dans les transports en commun! le média,  ça le rend poète, l'exercice de la bonne citoyenneté mais le journaliste est indépendant et la poésie c'est pas rentable. Passe. Tous ces braves qui reviennent de la r'vue m'émeuvent et me font souvenir avec émotion de la rage qui me vient quand je croise un pharmacien, un adjudant, un contre maître, un huissier, un percepteur d'impôts sur la mistoufle, un romancier de Garlimard.  Tous de bons humains et qui ne laissent pas souffrir leurs chiens sans les conduire à la chasse aux rats. Et quoi ! Je mets à les alpaguer, ils me désolent Billancourt tous ces électeurs, ces citoyens dont la vue baisse à mesure que l'air se raréfie. Ils feignent, sont sur du fait qu'en Mai quatre vingt cinq pour cent des suffrages exprimés ont plébiscités la politique de fossoyeur du présidnet. On était tous d'accord n'est-il pas ? Non pas mon prince ! Non pas ! Cinquante trois pour cent des suffrages exprimés font bien la majorité de ceux là mais de plébiscite je n'en ai pas vu, personnellement; Serait-ce que vous avez acheté la démocratie avec le pavillon de banlieue, le deux pièces cuisine dans le 10e et l'automobile de vos rêves ?

Saviez vous que Maurras est mort ? Je leur dis. Et aussi je hurle à leur abord : La france est foutue la cagoule est dans la rue ! Usagés à la réforme ! Ca ne mange pas de pain, vous me direz et pas un ne me répond. Maurras ? Connais pas ! La cagoule ? Nicoud ? Poujade ? La france éternelle, la seule, celle de la liberté d'expression s'assoit encore une fois sur les genoux cagneux du profit et se laisse tripoter par le discours. Elle couine comme ce rat de laboratoire, assez fière d'être l'élue des nantis.

Je sais mon discours est lassant, ridicule, has been; Je ferai mieux de me refaire une santé afin d'être un peu en forme pour le brunch et les tartes salées, les miennes sont délicieuses... Huuuum c'est bon ! Quel orgasme dans le chèvre chaud ! mais que voulez vous, it is beyond my control ! C'est en boucle que l'histoire nous tond et nous fait monter dans le wagon ! Alors c'est en boucle que la colère (future pathologie ?) Me remonte et me donne la foulée ample des rossés.

17.11.2007

Ca me chavire !

Ça me chavire ! Et en même temps, pas rosse, je vous plains. vous les sans grades, gens des campagnes rurales désuhrbanisées. Vous qui navet dans la culture que des racines à ronger, le soir, dans vos chaumines aux dessus des quelles ne passe même pas l' A380. Mais ça me met le coeur en joie, soyez chic, faites semblant !

Depuis trois jours il y a à la ville comme un air de piétaille et de tôles embouties d'une seule pression à froid. Ce qui d'ordinaire nous transporte vers l'élysée de nos émois, quoique certains descendent à Guy Môquet, sur un tapis de rails, ne transporte plus. Je veux dire que nous sommes devenus des voyageurs hasardeux, comprimés, portant beau l'effluve narquoise, le jus de fruit frais et l'eau de toilette "Titanic".

Nous marchons, comme si c'était naturel ! La peste brune est dans les crânes, au chaud elle, dans ce vide qui prépare au crime passionnel. Nous allons là où d'habitude on nous transporte, nourrir la ville, chacun son poste, papiers où pas. Nous y allons comme les pièces égrenées d'un boulier informatique. C'est vrai ça,  d'habitude on nous transporte, même en voiture. Les gueules sont comme la nuit qui démonte, à peine déchiffrables, le train arrive avec le paysage, triage, prairie, vert de maisons, Malf... Puis le ventre par les sphincters,  toujours tiède et puant et les gueules déjà, à peine ré-suscitées du sommeil machinal, au harnais des correspondances. On nous ventre pour une poignée de clous, une planche, une pelletée de terre sèche vers les caveaux où vivant-morts nous fabriquons jour après jour la ville lumière. Mais là, que dalle.

De trains, point, plus ou presque. Un sur quatre, sur cinq et surtout nous ne voyageons plus, nous nous empilons, nous nous ruons, fous de Rugby, ivres de pointeuses, de RTT, de temps catastrophique. Vers les cinq heures du soir le charnier humain est à son comble. Nous rentrons, loin, la ville scintille, fête, s'illustre de légendes, dégorge le touriste à l'abattage,  palpe les amants au dessous de la ceinture. "Mesdames messieurs, en raison d'un mouvement social le traffic est limité sur la ligne Drancy- Auschwitz !"; Je me suis toujours demandé comment les nazis duement aidés par la police française avaient pu, dans les années quarante, entasser tant de gens dans des wagons et les expédier vers ce cauchemar qui depuis ne cesse de se rejouer de par le monde. Tous les soirs vers 17h00 je comprends mieux comment celà s'est fait. Nous y allons au wagon. En aparence on ne sait plus comment faire autrement. Renoncer, renouer avec le libre arbitre c'est tout à fait possible sans doute, dans une démocratie. Heureusement car nous vivons dans une démocratie.

Ca me chavire je disais, cette humanité qui tient son pantalon, honteuse et vindicative qu'on lui ait retiré sa ceinture, ses lacets et ses bretelles et qui avance sous le regard teigneux des uniformes et des pistolets mitrailleurs. 

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