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30.12.2007

A rebours, Comte !

Celui là, bon sang ne saurait lésiner, avait tout vu tout prévu, pas un gens de sa maison qui n'eut reçu de sa propre bouche les consignes avisées afin que le jour J,  à la minute Même de l'heure H tout fut mis en place.

Du palais d'été où le prince et mademoiselle passaient un peu de bon temps à nourrir les crocodiles et à regarder par la fenêtre chaotique un docu-drama sur la survie en milieu marxiste-léniniste, on avait judicieusement laissé entendre que le trente et un de Décombres, aux alentours de minuit, il allait se passer quelque chose de pas piquer des hannetons. En clair  quelque chose de parfaitement historique,  tout au moins du point de vue du calendrier des postes et télécommunications.

Dans la salle de bal de son trois pièces cuisine, le comte... Attention,  hein ! pas un de ces nobles d'empire en pire,  roture et racaille, non non non ! Un vrai avec,  tavaislavacavais,  du sang d'infidèles sur l'étagère à linge sale de ses armoiries pour le moins millénaires et de l'acier bien trempé que son épouse, la bonne aphasie, avait apporté dans son trousseau tout cousu par Lagardère père et fils (La garde erre mais ne se rend pas !) pour faire bonne mesure sur les places boursières où le Comte misait, désoeuvré qu'il était parfois,  sur la fuite des capitaux en Egypte. Le Comte donc, veuf depuis qu'il avait répudié Aphasie dans un accès de colère violente due au fait qu'avant de disparaître au bras d'un chauffeur de maître sous le tunnel de l'Alma elle ne lui avait donné qu'un héritier femelle, bègue et grande amatrice de slam... Alors quoi le Comte ? Çà digresse dans le tire-fesse ! Se croit en Suisse le marrateur où quoi ?

Assis dans son grand fauteuil d'apparat, un peu de piteux éclat dans sa coupe de champagne et le smoking kaki bien ajusté sur son gilet pare-balles, face à l'horloge familiale dont la fabrication avait été confiée par son aïeul à la regrettée madame Berthe Breitling von KüKü, le Comte se masturb... Quoi ? Les nobles ont des goûts de luxe ? ... se relisait, pour la cinquième fois depuis 1515, les aventure de Charlus,  par le trou de la serrure. L'impatience lui démangeait la particule, il se fit resservir une autre coupette par le seul valet resté fidèle depuis la victoire du CAC 40 aux élections de Mai, j'ai nommé le bon NicolAss en livrée de hyène sur bling bling rehaussé de la devise de Mademoiselle : C'est quel con qui m'a dit que... tu mêêê mêêê zenkor !

L'horloge égrenait les minutes, le chat ronronnait dans l'âtre et par la fenêtre à demi ouverte la tintinnabulation joyeuse des velib auto-tractés résonnait dans l'air sec et cristallin de la capitale. Cà fait un bien fou une vraie phrase même si elle ne veut absolument rien dire de ce qui pourrait nous aider à saisir de quoi il s'agit au juste. D'ailleurs il serait temps que de cette histoire de Comte, de pendule, de veuvage  heureux, de valise  à roulettes coincée  dans les portillons automatiques  de la gare d'ère, de bad trip à Louxor et d'évènement  prodigieux bien qu'en gestation  morne et lente surgisse enfin un détail qui puisse nous faire accroire que nous ne sommes pas là uniquement pour servir de placebo au marrateur insomniaque mais que de cette "marration libre" (allez pas vous gratter j'ai copirailleté le concept) viendra la lumière et qu'elle nous inondera et nous transportera et qu'elle ne nous laissera pas sur un tas de ruine comme à la Nouvelle Orléans via Saint Pierre des Corps, arret bûcher. faisons nous confiance et voyons ce que le Comte ourdis dans notre dos, ce pendant que vous et moi pataugeons dans l'inspiration essoufflée à la recherche du temps perdu.

S'étant levé, dans un craquement de coccyx acquis lors des nombreuses séances de l'académie culière,  aux premiers coups de minuit, le Comte se dirigea vers l'antique poste à galène. Il en fît chauffer les lampes à l'aide de la télécommande à résistance étouffée offerte par l'amicale des électeurs de la circonscription des hautes oeuvres. Un grésillement s'enfla en une plainte contre X, le chat ouvrit un oeil, jeta un regard sur le valet et se rendit compte à cet instant que son doux pelage de fauve majestueux et constamment soumis à la fringale, sentait un peu le roussis et même grésillait lui aussi de quelques escarbilles et braises amoureuses. Le Comte fit approcher son fauteuil par le bon NicolAss et tourna délicatement la molette des stations. La petite lampe verte émis une lueur accrue quand il Carla l'aiguille  sur  sa station favorite. Radio Deslys, la radio de la régénération nationale (je ne vous donne pas la longueur d'ondes mais je crois qu'ils sont calés sur radio courtoisie, la radio des fins de race.). La speakerine annonça qu'en cette occasion de faire des voeux sans oublier de prier Saint Glinglin, le Présidnet avait préparé son petit compliment et qu'il serait charmant d'inaugurer l'année à venir dans la joie d'être absolument attentifs, tous et toutes à ce que le cher petit avait à nous dire d'incontournable. S'en suivit un chant d'alégresse retentissant d'accents chrestiens. Le Comte écrasa une larme en se calant du séant dans les coussins du fauteuil, il remarqua bien l'odeur de châpon trop cuit mais n'y fit pas attention jusqu'à ce que  de sous lui  un râle  vint.  J'ai trop festoyé,  se dit le Comte.  J'ai des vents.  Le chat profitant  de  ce que la raie du cul du Comte  baillait aux corneilles  se libéra de l'emprise  et bondit par la fenêtre. On ne le revit plus.  Gageons  que déjà plumé il fit les  délices  épicuriens  d'un clochard passant par là.  Gageons.

Le dernier psaume se tut, une croix flambant neuve brillait au loin, la tour Eifel palissait d'envies et n'en bandait que mieux, tous ses corps caverneux gonflés au bon sang de touristes. L'allocution pouvait commencer :

"Mes chers, mes braves, mes aimés, mes doux, mes bons électeurs... Du haut de cet obélisque quarante deux siècles d'histoire vous contemplent (il était à la concorde ? Ah divine magie du direct !) car nous avons perdu une bataille mais ainsi, peuple de france, as-tu fait du vase de soisson, comment ? Toi aussi mon fils ? En vérité je vous le dis avant que  le chant du coq ne retentisse trois fois c'est un petit pas pour l'homme mais un grand pas pour l'humanité que nous ferons ensemble. Adieux soldats de ma garde, l'exil est un lait amer et bien qu'il y ait quelque chose de pourrit au royaume du Danemark nous irons pendre notre linge sur la ligne Siegfried. Aux heures sombres de son histoire la france a toujours su relever le gant et passer l'éponge aussi mes chers amis je sens qu'un matin se lève à l'aube nouvelle d'un jour où le petit nez de Mademoiselle va changer la face du monde et qu'un grand soir nous attend, pour l'après midi comptez pas trop sur moi je suis sur un projet pharaonique d'érection en milieu humide... Mais nous n'avons pas perdu la guerre,  aussi j'appelle toutes les forces vives de la nation, de ledru rollin, de filles du calvaire, de maubert mutualité, de simplon aussi et de la fourche même en passant Guy Môquet, saint denis-basilique, la muette, passy, tolbiac, marengo, goulash, rome et le centre commercial de la belle épine à me rejoindre ici à Louxor (Ah,  il avait quitté la concorde ?).

Le Comte, à ces mots ne se sent plus de joie, il ouvre un large bec et laisse tomber son vit,  écrase une seconde larme et fait venir sa maisonnée au complet. Il y a là NicolAss le cuisinier, NicolAss le jardinier, NicolAss l'aide de camp, NicolAss le majordome, NicolAss la petite soubrette qui parfois console monsieur, NicolAss le chauffeur, NicolAss,  le confesseur hongrois, NicolAss en short, NicolAss Lenain, portraitiste des grands et des petits et aussi pedro le matador. L'ambiance est à la conspiration, le Comte aime à se mêler au petites gens. Les trente six chandelles des douze coups de minuit on fint de retentir au clocher de Saint Séverin...

A donc ! Que l'on sorte mes malles, qu'on y loge ma panoplie de héros à la solde, je pars ! Tous se récrient... Mais monsieur... Le petit chat est mort et le dernier vol pour Sydney vient de quitter la salle de bains ! Qu'allons nous devenir ? Ci fait mes bons, je vous ais retenu un aller simple pour Sigmaringen, deux minutes d'arret à Varenne. Vous voyez j'ai pensé à tout.

Le comte à cet instant ôte sa veste de smoking, défait la boucle de sa ceinture en crocodile Dunhill et se retrouve en deux temps trois mouvements en tenue de commissaire répressionnaire aux comptes que son papa lui même avait fait confectionner tout exprès pour le cas où la TSF résonnerait à nouveau des accents divins de la débâcle. Un courrant d'air historique, chargé de fines particules,  scintillant des sables du désert, correspondance à Ermenonville, bat la fenêtre et la force et la tient béante telle l'entrée de service de la gloire naissante. Le Comte d'un élan martial et majestueux, bien que la braguette de son sensuel soit restée sans qu'on l'ait fermée, prend son vol de 00 heure 23 via Téhéran où le présidnet a décidé en dernière minute de le mandaté afin qu'il en finisse avec l'oncle de feu Boris Vian, un fameux bricoleur !

Mais qu'est-il advenu de lui ? Et l'horloge ? Et Mademoiselle a-t'elle renoncé à la chanson Vrounzaise ? Et le chat ? Chut ! La résistance s'organise... Allez pas tout faire foirer avec vos questions sur la vie privée de nos héros... 

 

L'écharde

La vie n'est parfois que cela, rien à faire, une écharde dans la paume du silence. Et le silence ça le rend bruyant une écharde comme çà. Il se met à déblatérer, à creuser dans les plaintes, à causer de tout et de rien et surtout de ce qui fâche. Le silence est trompeur dès l'instant où la vie se rappelle  à lui  en une lancinante  douleur. La douleur de vivre.

Heureux ? Aimé ? Aimant ? Fort de tout ce qui renverse le monde à chaque pas ? Oui ! En tout ! A foison ! N'en jetez plus !  La saison des abats bat son plein de goules grasses, la trêve des confiseurs a vécue mais le sucre coûte quand même le prix des joies en soldes. Alors quoi ? Quelque chose de profond ? Une écharde dans la paume apaisante du silence ? Mais c'est que dalle çà ! Ce petit bobo qui vous pleurniche à l'âme la désolation des catastrophes naturelles, que nib, le malheur est ailleurs, faites son marché pendant que vous y êtes ! Soyez compatissant, çà soigne. Soyez au fait de ce qui souffre à ciel ouvert et vous verrez que cette esquille dont vous avez tant de mal à dissoudre les humeurs dans les chairs tuméfiées du malaise, n'est rien, rien qu'à se trimballer entre les stands de tir en guettant la balle perdue par un tireur avisé. Encore que faire une bonne cible n'est pas donné à tout le monde. Il faut y mettre un peu d'abnégation.

"Vivre me tue !" disait l'autre. Vivre sans en mourir définitivement, à chaque fois que l'heure de l'adition vient et que la vie se meut sous la peau comme une saleté d'écharde à laquelle il faudrait,  pour bien faire,  ne plus penser que comme à un incident sans conséquences sur l'étendue éternellement lisse du silence.   

28.12.2007

Aux larmes citoyens !

Dans quelques heures d'ici il sera tant de se lécher la frite sans regrets. Smack ! Smack ! Bonne année tête à claques ! Sans regrets car malgré les oiseaux de mauvaise augure, les alertes, les bombes, les famines, les conflits meurtriers, les dividendes, le marché à court terme, les subprimes et autres accessoires de la vie moderne, le blanc moyen  inaugurera  une nouvelle  année  calendaire.  Bien sur  le bilan sera globalement  positif, les chiffres  bien qu'alarmant  porteront les experts  autorisés  à faire preuve d'optimisme même si ce dernier doit rester mesuré  et soumis aux variations saisonnière de la courbe de croissance.  La france par l'intermédiaire  de son directeur du marketing qui est depuis Mai  en charge  des ressources humaines et qui s'y connaît aussi en pêche aux gros ainsi qu' en chasse à la belette se retrouvera aux côtés des états uniques en tête de la croisade des grandes nations contre la vilenie des méchants pas beaux bronzés. La france, depuis la création du prisunic s'est donné pour but d'éclairer le vaste monde, où subsistent d'inquiétantes zones d'ombre,  à la lampe torche.

Les scénarios sont au point, la figuration démocrate à été castée au plus près des intérêts de la nation souveraine, une opposition politique capable d'assumer sa brave et nécessaire nihilitude  verra le jour dans les premières heures  de l'année, le présidnet n'écoutant que ses sentiments  épousera  Mademoiselle sous le regard attendrit des médias et avec la bénédiction du pape. Un grand banquet de 365 nuits sera organisé pour fêter çà et le jour on aura qu'à faire la queue afin de retirer aux guichets idoines ses billets de faveur pour se trouver automatiquement le soir même sur le passage du cortège impérial.

Le peuple réclamait un changement en profondeur de la société. Il l'a obtenu par la voix de la raison qui seule sait parler la langue apaisée de l'évidente vérité. La france est un château de la Loire que plus personne n'habite mais dont on voit bien au travers des somptueux décors et de la vaisselle richement ouvragée qu'il fut autrefois le siège de grandeurs parfaitement concevables en termes de visions universelles. Un château de la Loire que le peuple français est fier d'offrir à la convoitise incrédule de ceux dont l'unique but est d'admirer et d'admirer encore les babioles archéologiques de la république des raccourcis.

Il n'est pas encore temps pour faire ses voeux mais il est tout à fait temps de n'en avoir aucun à faire. Et ainsi d'échapper, sous le gui, aux pénibles séances de condoléances émues aux larmes.

Aux larmes citoyens ! 

27.12.2007

Tabaclagabegît ci

Je suis rentré dans le commissariat la clope au bec, je me suis approché du comptoir, j'ai demandé un double exprès, le loufiat m'a photographié les poumons, j'ai bien vu que le percolateur était pas à sa place, qu'à la ceinture du pingouin pendait pas un limonadier et qu'au lieu d'essuyer les verres et de rincer les tasses il se curait les ongles où restait un peu comme des poils de cheveux crépus. Tu l'écrases, pigé ? En lieu et place de mon double fumant du bitume lui et la dame pipi, ils ont tous deux pourtant le même costard rehaussé d'un tas de truc à maîtriser le consommateur, m'ont plaqué la gueule contre le for-mica et m'ont passés les pinces petitmodèle. J'ai faillit avaler ma cibiche mais heureusement je suis tombé en plein direct au fond du cendrier ricard. Là, ils m'ont bien tenus jusqu'à ce que je fume plus que du caleçon.

Et avec çà qu'est ce qui vous ferai plaisir ? Après le tassage à tabac je voyais pas quoi ajouter, j'avais la gueule en cendre et les mains rouges. Vous resterait-il une cartouche de tiges de douze, cher monsieur ? Le loufiat déverrouilla la porte vitrée du kiosque, me lança un bon sourire de petit commerçant solidaire et me tendit par le petit volet ouvert du guichet une cartouche de tiges de huit, je lui tendit deux tickets de mon carnet à souche ainsi qu'un formulaire de dénonciation dûment complété ce pourquoi il me gratifia d'un  briquet promotionnel. Nous en profitâment pour disserter gaiement de la pluie très humide pour la saison et de l'impossibilité totale d'aller voir un film de Pierre Etaix ni même de se les procurer en DVD blue ray.

Pourquoi ne pourrions nous pas aller voir un film de Pierre Etaix quand il nous chante d'en voir un ? Après tout le présidnet est avec Mademoiselle à Louxor et entre deux cartes postales du front f'rait beau voir que nous ne puissions pas aller voir, Bon Dieu d'bois ! un film de Pierre Etaix dialogué par Jean Claude Carrière. Nous ne pouvons. Pourquoi ? A cause d'une sombre histoire de contrat signés par deux artistes  avec un malotru qui tient les bobines à l'abri des hautes murailles d'un château dans les Carpathes (brrrr ! Ca fait froid dans le dos, surtout si l'on pense que le dragon du lieu attend sa prochaine facture de gaz et que les 4% d'augmentation lui filent des envies de burn out). Bon, je suis d'accord avec le buraliste chinois de la croix de chavaux, il faut signer la pétition. Le poète est mort certes, Tati aussi mais n'empêche ! Il y a un site que je vous refile ici,  où l'on peut s'inscrire pour aller décapiter le dragon, sauver les bobines et par là même gagner un an de pop's corn's gratuits. www.lesfimsdetaix.fr 

Quand le loufiat en eut finit de remplir ma déposition j'avisais près de la cellule de dégrisement une machine à pause mais le coeur n'y était plus, j'irai boire mon double "aux deux colones", comme Pierre Louÿs de qui il est tout à fait recommandé de lire son "manuel de civilités à l'attention des petites filles" ainsi que le numéro 8 de la revue 'le magasin érotique" qui lui est tout consacré. C'est charnu.

 Quand c'est interdit de chercher l'oubli dans les fumées mortelles du tabac reste encore les vapeurs acides du plaisir.

Bien à vous. 

     

En français

La langue de Molière se prend les pieds dans la carpette et fait ainsi de beaux tapis rouges bordés de limousines d'où sortent des messieurs et des dames dont on attend qu'ils nous causent en français des choses qui nous font faire du cheveu blancs au kilomètre et de la situation de l'état dans lesquels se trouve le monde sans compter que la rentrée sociale est encore à venir et que concrètement nous voyons bien que rien ne va baucoup mieux ainsi le prix des matières premières tient déjà compte de la pénurie de pétrole qui pourrait nous pousser à pousser dans les côtes quand le train ne va presque plus à très grande vitesse et qu'à la tour de carole le chef de la gare se refuse à quitter l'écoute de radio Louxor et ainsi retarde considérablement la prise d'antenne de vingt heures zéro cinq changement à la souterraine arret buffet du sous secrétaire d'état à la fiction mentale qui justement et grâce au renfort de l'armée de libération des otages reconnus d'utilité publique sort à présent de la limousine et se dirige d'un pas gracile vers les micros les maquereaux et les caméras et les dictaphones et les Niagras et les perches et les bonnettes et les questions qui fusent déjà dans le frais matin dont il est question dans la plus connue des pièces de Jean Baptiste Poquelin nommée à l'époque de Nico Le Bô grand archi mandale des états de l'ouest du White Order pôle et débuttant ainsi par cette phrase devenue maxime : Ah çà ! moi ? j'ai dis çà ? Ah çà ! Paaaaasss' moi le script ! Je vous prie ! Et descend le dire ici si t'es un homme blanc démocrate cadre sup actionnaire pavillonnaire usagé ! Ah moi ton curiculum... Vite fait !

26.12.2007

Léthé

Nulle part,  un infini  minuscule nous traverse comme un paysage bouleversé. Là,  pas de chronologie,  ni heure  ni rendez vous, pas de  passage,  rien qui dise la nécessité du précipice non plus que les parois abruptes au pied desquelles nous attendons le secours de la divine providence. Une étendue que nous sommes au fond des creusets où mijote le monde et qui nous parcoure de racines flottées. Là,  le monde sans que nous ayons à le rêver nous renouvelle en son sein et nous sommes la source dans laquelle baigne le visage impassible des nuages, dans laquelle l'univers plonge au crépuscule, de laquelle au zénith la lumière élève l'aube au pinacle et ardente nous prive d'avoir à naître et mourrir.

Ainsi je me souviens du ventre de ma mère,  de tout ce qu'il avait été quand je ne savais rien des horizons ni rien des saisons ni qu'elle ne saurait pas être mère.    

25.12.2007

Smoke

Tout de même, qui s'moke ? On s'moke ? Mais de qui s'futon ? Moi non,  ne raille ni ne me moque. Ni ne taille au faciès. Je stock l'estoc à propos et des prénoms de fille ne garde qu'un doux son de pluie bruinant de leurs gorges soulevées comme un rideau de houle sur mon plaisir.

Mais revenons à nos futons. Vous êtes à l'heure qu'il est tous pris de friandises, encore ivres un peu d'avoir passé la nuit dans la salle d'attente de la maternité de Bethléem. C'est un garçon madame, charpenté comme une croix. L'enfançon est à peine né qu'il vous faut songer à vérifier les réservations de vos billets de TGV. Hérode fait chercher tous les petits mâles , vaste programme contrôle par l'OTAN en vue de faire baisser les chiffres de la mortalité chez les kamikaze de moins de trente trois ans. Un âne donc vous attend à la gare et le présidnet chauffe la mule à Louxor pour une fuite en Egypte aux accents endiablés d'un orchestre Colombien, le Lénine farc's brass band.

C'est inimaginable le nombre de gens qui font des enfants comme on remplit des sacs de sables dans le désert afin de les empiler sur l'autel où les descendants de Saint Pierre (Celui qui sursaute au chant du coq) ont installé un nid de mitrailleuse et un guichet automatique pour les indulgences. Cet enfant me rendra chèvre ! (parole apocryphe prétée à Esméralda quand elle voit le petit jésus pour la première fois et que pour le redresser un peu elle le suspend au fil à linges (voir Saint Suaire, couches, baby relax et filii et sanctus et caetera...) et le berce d'un tendre quasimodo murmuré à l'oreille de la bosse qui marque son change complet.

Ainsi quand par l'entremise de l'archange Gabriel le bon dieu eut mis la petite graine du verbe dans le ventre doux de Marie, il s'en fut au tabac du coin pour aller chercher des allumettes. Malheureusement il y croisa ses potes de l'atelier prophètes en gros demi gros pas de vente au détail et se laissa entrainer à vider quelques pintes de sang tiède. Père, déjà c'est une abstraction mais dieu le père... Faut faire preuve d'une sainte imagination pour que l'expérience jamais ne cesse. Et aussi avoir pas mal de place pour entasser les allumettes.

Je vous souhaite une fameuse nativité. En chacun de nous il y a tant de mondes à nourrir qu'il doit bien s'y trouver un peu de place pour un petit peu d' innocence. 

24.12.2007

Tintin !

Tintin ! Rien, le petit jésus dans la cruche ? Des cours en l'air ! Des siècles d'apprentissage pour que dalle, du lait de chamelle sur une pierre sèche, de la paille plein la raie du cul et du placenta jusque dans l'auge. le boeuf finira pas son chapon et l'âne braie du noirte et Joseph s'en lave les mains. Tu parles, un prophète dans une étable tu te berlures !

Bon on finit les marrons et on passe aux tartes... Joyeux Noël !

23.12.2007

blancs en neige

Prenez un oeuf, un crâne fraîchement décollé fera tout aussi bien l'affaire, tenez le ferme mais frais,  entre le pouce et l'index et frappez le violemment contre le bord d'un bol pas trop fragile; A l'aide de vos deux mains à présent séparez les deux parties de la coquille. le liquide épais et transparent et opiniâtre à ne pas quitter son enveloppe calcaire laissez le filer au fond du bol et tentez de retenir dans l'une des parties de la coquille à présent irrémédiablement fendue comme un crâne fraîchement trépané, ce jaune qui est l'essence de ce dont nous ne pouvons pas nous souvenir et qui pourtant est l'amour tel que nous le cherchons comme des fourmis en quête de la plus grosse miette, pour la reine, tout pour la reine. Si un peu de jaune file vers le blanc, inutile de battre le blanc, l'être aimé ne reviendra pas, même pour tirer un coup. Dans ce cas jetez le tout et recomencez mais n'oubliez pas votre bon profil. Car pour dire aimer il faut un peu prendre la lumière en pleine hérésie. dire aimer c'est ne pas séparer les fonctions au prétexte que l'une est le bel et que l'autre vous conduit à des extases qui ont perdu en noblesse ce qu'elles ont gagné en safety passe-temps. Pas un poil de con au bout de la majuscule ?

Mes Dix sept ans sont tout au moins une période très animée de mon passé composé. Je courtisais avec rage les élégantes tenancières de petit commerce de la rue du commerce,  je paaalpitait d'un boutonnage trop serré pour plaire vraiment et j'aimais, j'aimais passionément mais un peu en retrait et les langues d'eau piquées de fleurs de la rivière qui passait là, m'ont prises bien souvent la main dans le sac, à côté gisait parfois une lettre restée sans réponse, une Michelle, une Jocelyne, une Chantal qui étaient parties faire de la moto avec un "copain". Copain ! copain ! copain ! Copain ! comme disait Brel. Mes dix sept ans Sentaient un peu le suint et l'huile de coude, j'avais des idéals fulminant et des langueurs de romances photographiées par le catalogue des armes et cycles de Saint Etienne. Je ne me souviens pas des étendards que nous portions, la jeunesse n'en était pas un, à peine un mouchoir où honteux un peu nous nous essuiyons le lyrisme en ingurgitant des louches de riz complet à cheval sur la lutte . Je ne connaissais pas à l'époque les aigreurs de cornichon dans lesquelles je baigne à présent. Mais il en est des cornichons comme des hommes ils commencent duveteux puis finissent par piquer et même deviennent un peu dur à cuire. Je ne suis pas aigri, j'ais des aigreurs, je ne m'en défends pour rien au monde. Dix sept ans ? J'avais déjà ma peau de serpent et mes mues m'ont aiguisé l'oeil.

Soyez jeunes ! soyez cons ! Soyez le verbe sous le vernis ! Soyez la soie à l'empan à l'étal d'un boucher letton ! Soyez le tendre  percé à vif ! Soyez les restes du monde toujours servis trop  chauds ! Soyez la folie dans le cadre ! Soyez le cadre à l'oeuvre ! Soyez l'échec de vos parents ! Soyez le peu qu'on vous laisse à humer et dévorez vous d'Amour tant qu'il y en a de ces brèches, de ces entailles d'où naissent les royaumes et où périssent les taiseux. Foutez vous en jusque là et parlez m'en après. Mais après seulement. Car avant Nadyia (seigneur ! La merveille des prénoms !) on ne décrit que des cartes postales que l'on reçoit de pays où l'on a jamais mis le coeur.

Bonsoir monsieur Krom. Le commentaire est une invite à prendre part aux réjouissances et je me réjouis de vous y trouver parfois. 

Hors jeu

Avez vous des passions ? Nourrissez vous de saines ambitions ? Êtes vous l'esclave bienheureux du manque ? Faites vous dans le secret de votre lit creusé des rêves de frivolités ? êtes vous futiles comme ces enfants à qui l'on a confié le pouvoir de n'être que des enquiquineurs mal aimés ? A ces questions votre moi-je agacé est bien à même de répondre par l'angélisme auquel nous confions l'imaculée condition de nos surplus d'amour. Nous gesticulons, nous ratatinons d'un revers de main tout ce qui fait que,  réalisés,  nos rêves sublimes se concrétisent sous la forme d'une marchandise déprimante; Cette marchandise étant la plus pure expression de la valeur que nous donnons à la vie. Cette vie qu'aucun d'entre nous n'a réclamé avant que d'y être confronté jour après jour mais qu'il faut faire jolie et pleine sous peine de passer pour un ingrât. Cette fameuse reconnaissance du ventre sans laquelle il n'est pas de joie filiale. Et pas de joie filiale signe la présence de la liberté d'errer d'erreurs en interdits.

Suis je libre ? Je le suis de mal faire, de n'être rien de quantifiable, de ne répondre aux mots d'ordre qu'en me posant des questions, en apportant des réponses que l'on sanctionnait autrefois, dans mes devoirs de "français" par un merveilleux "hors sujet". Je m'en suis afligé, une afliction sincère, l'encre rouge fleurissait sur le terreau de mes élucubrations et la honte me colorait le front d'un total raccord pantône. J'essuyais les reproches muets, l'incrédulité de mes éleveurs puis je m'en retournais au démontage systématique de ce qui par ailleurs semblait fonctionner parfaitement. J'aimais les détails insignifiant de la machine. Comment ? Ce petit rien, cette particule de métal sans grâce, une fois otée de son logement pouvait stopper net le cliquetis de l'irrémédiable fatalité ? Je l'otais et lui offrais la faculté de n'être rien d'utile. La pièce en question, j'en ai de pleines boites, devenait enfin libre, futile. Pourquoi donc sommes nous fabriqués pour remplacer systématiquement ce qui dans le grand electro ménager voulu par un dieu ressemblant à s'y méprendre à la ménagère de moins de cinquante ans, se doit d' être notre double, notre triple, notre infinie semblance de vie...

Je suis libre comme la pièce maitresse d'une construction où subsiste un point d'interrogation lumineux comme un soupir de jouissance et qui attend en pure perte de produire, de reproduire, de se dupliquer à l'abri des apréciations positives du type : élève sérieux et appliqué nourrissant une très haute idée au sujet de ses fonctions à venir.

 

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