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31.01.2008

Février

Finis les voeux ! Laissons Janvier filer, ses mises à sac de suie sur l'épaule. Janvier qui fut à la rengaine comme à la peine, comme aux joies dissimulées sous des nuits et des nuits de plomb fondu, s'en retourne à l'oubli mais sans nous qui n'oublions pas qu'il fut la porte défoncée d'une année déjà bâclée. Les passages secrets par lesquels nous filions quand trop de hargne nous pourchassait ont tous été murés, Janvier en a gâché le mortier. Crions encore, hurlons toujours, faisons des signes aux lueurs qui passent sans nous éclairer. Janvier s'est bien foutu de nous ! Mais nous ne sommes pas les feuillets légers qu'aux éphémérides on arrache, nous sommes les temps qui ne se comptent pas à rebours. Indénombrable, nous sommes l'homme pas encore déchiffré.

Lire

Pourquoi encore veiller ? Les derniers trains en bas ramènent au bercail les dernières illusions des derniers traînards; Le plateau, qu'ici par un accouplement de mots sans commune raison, on nomme plaine-haute comme ailleurs au centre des villes on a planté un coeur, un coeur de... là où avant on avait installé l'illusion du village puis plus tard le centre commercial. Le plateau dort à l'abri des murs du cimetière et sous la grande croix bleue du centre hospitalier, la souffrance repose et le mal fait son chemin en sournois. J'attends en enfant du labeur, le moment de mériter le repos que rien ne justifie. Mes jours sont d'un replis qui survole la folie meurtrière du rendement, mes mains toujours sont trop blanches, griffées un peu de ce qu'hier j'ai consolidé un abri pour le bois mort. Toute la journée il a plut, froid,  le bois est à sècher sous son toit de goudron, les chiens en profitent pour guetter, à l'abri eux aussi, ce qui ne vient pas de la rue et qui confirmerait la violence de leurs aboiements de molosses tranquilles, pour peu que l'étranger survienne.

Alors je lis, autour de moi sont des piles de livres, des petits que j'achève en une heure en vantard, ce texte de Paul Scarron "les hypocrites", ce pamphlet de Sade sur le roman et ses origines, l'hérodias de Flaubert. Et puis il en est aussi d'énormes, de bons gros livres dont je contourne les fortifications en sapeur, je creuse ici dix pages, je mine une préface, je regarde la couverture, je feuillette en éventail et l'odeur du papier  plonge dans mes souvenirs. Le "dialogue des carmélites" qui nait de ma mère, lectrice assidue de tout ce qui peut la tenir en suspens, hors de nous, hors du monde. Céline, sans doute le gratte ciel le plus tordu de ma bibliothèque de vagabond. Céline, tout ce qu'il a écrit, tout ce qu'on a écrit sur lui, la pléïade, son cher rêve d'immortel, les pamphlets, les correspondances, le voyage... Ce voyage que je fais, sur ses traces, ma seule dévotion de lecteur renfrogné. Céline parce que personne ne peut soutenir qu' hors de lui il est un autre inventeur de langue française au vingtième siècle. J'en suis là, la position est à demi détruite, on peut essayer de me convaincre mais je n'en ai que fiche !

J'attends que ma mère vienne et me dise que c'est bon pour aujourd'hui, que j'ai assez lu et que mon père passe la tête par la porte entrouverte de la chambre, s'approche en boitant, à demi de vin à demi de la hanche et me prenant la main finisse par avouer qu'en fait ce livre il va falloir que je l'écrive seul. Seul.  

30.01.2008

Informez vous ?

Nous sommes au fait de l' évènement, rien ne nous échappe plus. Celui qui peut dire "je ne savais pas !" devient comme le dernier des Mohicans, chassé par l'info lors même que lui a renoncé à chasser pour se nourrir et par conséquent meurt quelque part,  loin des mass médias, sur ce mètre carré de trottoir au dessus duquel à trois degrés au dessus de zéro, plus aucun micro ne penche sa nécessite de vendre de l'audimat. A rien nous n'avons plus l'espoir d'échapper !

Ils ne nous cachent plus rien de leurs débats, de leurs fortunes, des milliards de contrats qui sitôt que le point presse est achevé sont rangés dans la rubrique "effet d'annonce nécessaire à la justification du séjour" . Finit le temps de la diplomatie de couloirs. Voici venu le temps de la politique de boulevard. Et comme tout est mis en scène comme en un diorama multicolore, dans le fond du paysage passe la concubine, la favorite : Tiens,  mais ne serait-ce pas ?

Papiers, éditoriaux, envoyés spéciaux, cartes d'accréditations, notes de frais,  "embedded" , le show est à son comble et nous en redemandons. Comment çà,  madame Bettancourt n'a pas encore épousé le présidnet ? Fidel serait malade ? On parque les sans papiers, je vous dis ! Oui mais le pouvoir d'achat est en légère stagnation ! C'est horrible ce qui se passe au Kenya, tous ces éléphants... à la machette ! Ah ! tu signe pas la pétition ? Il est plus le même je te l'avais dit. Alors tu fais rien alors... tu fais que te fourbir le fiel devant ton clavier ? Oui mais Obama lui,  il pense que le présidnet est dynamique. Mais c'est rien çà, t'as vu les sondages ? Ca y est il baisse ! On va l'avoir je te dis... attends le printemps pour peu qu'il fasse un peu beau, y va voir ce qu'y va voir ! Boum Badaboum !

L'important voyez vous,  consiste à raconter une histoire aux populations. Sinon elles ne comprennent pas le sens de l'action et s'inquiètent pour un oui pour un non et finissent par se poser des questions auxquelles rassurons nous, nous n'avons aucune réponse à fournir. Que cela soit clair !

Raconter une histoire, raconter l'Histoire consistait du temps de je ne me souviens plus,  à établir les faits passés,  à s'armer de leur véracité cent fois vérifiée pour en produire une analyse  criblée de débats contradictoires. Ainsi espérait-on que les erreurs commises n'auraient plus lieu de se reproduire. Tous nous savons à présent que le terme "nettoyage ethnique" remplace aisément l'horreur paralysante stimulée par celui d' "holocauste". Ils nous montrent les images, nous racontent l'histoire et pendant ce temps là le type qui traversait la rue déserte,  en plein cagnard, la chemise un peu déchirée mais rien de plus,  est rejoint par deux autres,  armés de gourdins et de machettes. En trente secondes ils l'assassinent sous nos yeux !!??? Puis farcis d'émotions odieuses nous assistons à l'arrivée de l'analyste, il est un peu en retard (comme nous ce matin !) et le public du studio l'accueille sous des salves d' ar...plaudissements automatiques. Vache ! heureusement qu'il est arrivé, j'allais gerber sur la blonde chevelure du petit dernier qui joue à mes pieds, à World Trade Center...

Qui d'entre nous veut encore qu'on lui raconte des histoires à dormir debout ? Qui a vu ce film "Les hommes du président" . Qui en allant voter les fois suivantes pour tel où tel de tel où tel parti se verra proposer un kit complet de "bêle au bois mordant" ?

Gouverner, c'est prévoir. Oui mais prévoir c'est penser, alors ! 

29.01.2008

Hardi petit !

Il fut un temps où,  des voleurs de grands chemins, des pirates, coupe-jarrets, chauffeurs du nord et autres flibustiers, les colporteurs qui étaient les journalistes  de  l'époque  faisaient des chansons (voir le travail de Gabriel Yacoub  et du groupe  Malicorne à ce sujet). Ces chansons,  de campagnes en bourgs  faisaient le bonheur de ceux  que la servitude  et la peur  tenaient  en leurs rets. On chantait les exploits de Cartouche, de Mandrin  et de tant d'autres  qui en  bande  soulageaient  les percepteurs du roi  de ce trop plein  de bon argent  qui les empêchait  de courir  comme de juste ils auraient dû  le faire en la circonstance. Ces histoires finissaient tristement, salement , sur la roue, aux galères, dans des cachots  putrides  comme il n'en existe plus de nos jours (???). Les faibles se vengeaient ainsi en reprenant au couplet,  de toutes les servitudes auxquelles on les tenait liés.

Il faut dire au crédit des rois de l'époque qu'ils ne se donnaient même pas la peine de faire croire à leurs peuples qu'ils oeuvraient pour eux "mais que les temps étaient bien difficiles et que pour le bonheur et bien il allait falloir attendre encore un peu !" . La démocratie de marché a bien  fait avancer les choses. Reconnaissons le où fermons là !

Bien peu de ces bandits dont je parle ont laissés de très bons souvenirs à ceux qui les ont croisés. bien peu de même étaient employés par ceux qu'ils soulageaient. Mais les temps changent mes amis. Aujourd'hui le roi de la flibuste hexagonale se nomme Kerviel, le doux parfum des embruns sous le pavillon noirte des opérations boursières, Jérome Kerviel. Celui là applique à la lettre ce qu'il a apprit à faire. Je prends ici, je réinjecte là, j'invite à vendre et... j'achète ! j'achète ! Mais j'achète quoi ? Alors là me demandez pas, ça me file le tournis... Des eurotunnel ? Des dirty actions ? Des investissements sur investissements investis sur les probabilités de licenciements au sein de groupe off shore qui capitalisent en actions tout à fait légales l'argent reversés aux révolutionnaires en échange de quelques centaines de tonnes de cocaïne alimentant les enfants soldats qui passent leur temps à jouer à des war games dont nos enfants rêvent en se paluchant le joystick avec papa, papa est resté si jeune d'esprit. Feraient mieux d'aller à l'école, les enfants soldats. Les notres ? Ah non pas les notres ! C'est trop nul l'école !

Je me perds dans les méandres de la phinance ! ca m'exite grave !

Hardi petit ! Hardi Kerviel ! Combien tu leur a fait gagner à ceux qui crient à présent au scandale ! A ceux qui t'on formé pour faire en somme ce qu'ils font tous les jours et la nuit aussi, même quand ils dorment, ces anges. Un maximum j'espère car nos emplois en dépendent, notre consomation est suspendue à tes double-clics. Enfin plus tellement puisqu'ils t'interdisent maintenant l'accès à ce paradis du bonheur universel que constitue le "marché".   

28.01.2008

Charlatan

C'est vrai après tout, pourquoi continuer à s'égosiller, à causer à tort et à travers de tout ce qui nous nuit puisque quoique l'on en dise la plupart d'entre nous louvoient de bord en bord et cherchent à part eux à se faire une petite place au soleil des rats. Tout y est pourtant, la critique acerbe du système, le ras le bol, les déchirures, la dépression sociale et intime, les déflagrations financières, le lourd tribut payé à l'emploi, au logement, les mil heurts passés sur les bancs de la honte. ASSEDIC, ANPE, CAF, Sécurité sociale, convocations, rappels d'impayés, huissiers, saisies arrêt, prélèvements, comptes bloqués, licenciements, expulsions... Tout y est mais rien n'y fait. La super cagnotte elle est de combien cette semaine ?

Je l'ai déjà dit ? Tant pis. J'ai passé plus des deux tiers de ma vie dans le fumier de ce que l'on appelle "la crise économique". Pour ceux qui savent, le premier choc pétrolier... 1973. Pour mon "milieu social", la mort ! Pour les miens la déchéance matérielle, les rêves de mômes qui finissent sur une chaîne, à l'usine d'armement la plus proche. Pour certains, la route, l'errance, la fauche,  la défonce, l'alcool, la taule, l'hôpital, l'hépatite, le dass et la honte pour les familles défaites. Parce que chez les ravalés du miracle économique la honte c'est pire que tout. On peut crever de faim mais le col de la chemise est repassé et boutonné jusqu'en haut.

Voyez comme ils se gaussent ceux qui nous la restaure la "crise économique", voyez comme ils se soignent, pâtissent de nos naufrages en nous incitant à donner un peu plus pour nos semblables pris dans des misères plus grandes que les nôtres, en apparence. Voyez comme la calotte se refait au poker des crédules, voyez ces évêques, ces rabbins , ces imam pour qui l'humanité n'est qu'un vaste réservoir où ils puisent le quota d'âmes à envoyer dans leurs paradis respectifs; vous croyez qu'ils croient ? vous êtes trop bons où vous le faites exprès !? A force de traverser la nuit pour se rendre compte qu'une nuit chasse l'autre et que des nuits comme celle qui s'abat sur nous en ce moment nous  n'avons qu'à  vouloir qu'elles ne  soit qu'un cauchemar dont on s'éveille debout.

Mais pour ce faire, c'est vrai, il faut avant toutes choses ne pas craindre de regarder en face ceux qui nous incitent à nous haïr nous même, entre nous, à nous moquer de celui qui trébuche, à villipender le fils du voisin qui vient de prendre quinze ans parce qu'il pouvait pas attendre que son patron l'augmente et que l'argent de son salaire lui permettait pas de paraitre moins pauvre.

Mais à qui je parle ? Mais de qui je parle ? De personne, à personne... Je ne suis qu'un vendeur d'onguents, un arracheur de dents, un empêcheur de tourner en rangs. En gros en maigre rien de plus qu'un charlatan.

Usure. 

Courrier du C...

Ô Séraphine ! Est-ce toi ? Ma douce, ma tendre, mon aimée, ma chère Sephiroth, ma Séphora ! Que de fougueux moments ma mémoire à l'instant rémane en un tortueux vol d'Hygiaphone ! Où étais-tu ma Houri ? Vers quelles chairs équarries le prophète frustré te faisait-il tendre ton C... d'artichaut an-orthographique ? Mais te voilà à présent ! Toute couverte de viscères martyres, certes ! Mais ô combien vive sous le voile de ta liberté investie à long terme. Viens à moi ma cavale, mon siècle ! mon Orient ! mon Nord ! mon influx ! mon fleuve ! mon armoire normande ! ma commode de Médine ! Ne reste pas dans l'ombre de ton commentaire à te demander pourquoi ma prose n'en suscite que si peu ! C'est que vois-tu le commentaire est à la note ce que la note est au renvois en bas de page (caractère 2 points Pica sur l'échelle de Ricoeur!), la sanction sans appel pour celui ou celle qui ne sait plus comment se faire aimer. Et moi, là, vois tu,  depuis qu'au détour d'un de mes brimborions je t'ai entendu soupirer sans avoir rien lu je me dis que d'êrte aimé je n'ai plus nul besoin pisque qu'à te v'là ma bonne Mathilde ! Je crache au ciel une dernière fois !

27.01.2008

Réponse

Suite à la petite annonce que je passais ici même (note titrée "Recherche"). Et ce faisant,  profitant de cet espace déplacé pour tenter en un effort louable de demandeur d'emplois au chômage, de me caser  dans une entreprise riche en expérience et au sein de laquelle les miennes sauraient trouver leur justification (car sinon euh...), j'ai reçu ce matin même le courrier qui suit et dont je vous propose la lecture. Au risque de vous raser, tas de feignasses rêveuses mais quand faut haler le chaland... Allons !

Cher monsieur Lephauste,

Notre groupe, fort de quelques centaines d'entreprises dont nous ignorons parfois ce qu'elles fabriquent mais auxquelles nous portons une attention toute familiale sous le rapport des bénéfices non négligeables qu'elles nous permettent de redistribuer à nos vieux petits actionnaires de Floride, se situe sur le marché mondial du tout bénef à une place enviable et devons nous le dire, convoitée par un tas de concurrents mal intentionnés aux appétits féroces et aux manières souvent choquantes pour nous qui nous réclamons avant tout d'un capitalisme éclairé. Notre tradition pluri-séculaire nous place en outre sur des secteurs d'activité variés, riches en pratiques frauduleuses mais respectueuses et là notre fierté n'est pas des moindres, de l'environnement. "Nous ratissons large !" comme dirait notre directeur commercial de la branche graines-fleurs-râteaux et bêches. Mais sommes nous pour autant sourds à l'invisible ? Aveugles aux bouleversements facultatifs dont notre monde en pleine mutations se fait l'écho ? Avons nous à la place du coeur un monnayeur de bandit manchot ? Que non Pas ! Non, ça non ! Nous sommes, êtres charmants pour nos proches, sensibles à ce que chaque petit rouage, chaque ressort, chaque came, chaque levier jouisse de notre attention. Pas un,  pas une qui ne reçoive sa petite goutte de lubrifiant, pas une goutte de ce même lubrifiant dont la formule est déposée au fond d'un coffre... mais chut ! Qui n'ait reçu du pape en personne la sainte bénédiction de son saint doigt ganté, par nos soins ! Et oui monsieur Lephauste nous sommes aussi le premier producteur mondial de latex !

Car il est grand temps de rompre avec la mauvaise foi qui anime nos contradicteurs, leur vilenie est infamante ! Et ainsi que le propageait notre père fondateur, grand inventeur entre autres de la fécondation in vitro de la société à risques limités et à capital fluidifié et là,  osons retrouver le geste auguste du semeur d'ordres, ouvrons les guillerets :

"Vous,  mes chers amis, mes tout petits, mes enfants, mes ouailles, vous que l'avenir déroute, que le présent enrhume, que le passé rend mol comme échine bien rossée, vous qui avez fait le choix raisonnable de librement consentir à me soutenir dans l'effort constant que je fais,  jour après jour et sans compter sur personne que moi par moi pour moi, Amoi (qui a dit Amoi ?),  pour m'enrichir de votre activité débordante de générosité louable mais un peu risible, soyez assurés que pas un ne sera écarté du dépouillement hebdomadaire de la boite à idée que notre service "démocratie profitable" a judicieusement installée au près du poste de surveillance de vidéo convivialité. Une pause vous sera accordée à titre équitable afin que vous ne laissiez pas en gésine le fruit de votre pensée profonde mais néanmoins courtoise. Tatiana mon petit, fermez donc les guillemets voulez vous ? Faites moi en passant un café bien serré et veuillez accepter ces quelques dizaines de Baccara et ma modeste puissance que rien n'ébransle... Oh... oui... Là... Plus vite... Ah Tatiana... ! Oumpf ! "

Mais laissons le là,  ce grand parmi les grands. Laissons à ses vieux jours la paix qu'il a enfin trouvée, retiré qu'il est dans la solitude et le dénuement propre à l'accomplissement de son karma à taux variable sur cet îlot d'ascèse pure situé quelque part au large des Bahamas.

Monsieur, cher monsieur Lephauste,  il est bien temps et je ne m'exprime que sous le contrôle impartial de notre directeur des ressources humaines et ayant sous mon gobelet en plastique l'exemplaire unique de l'étude graphologique que nous avons fait réaliser par les services du ministère "du bien parler de la france et de la fraternité entre les peuples"... Il est bien temps de vous dire que bien que la spontanéité de votre candidature au poste de bon à rien falsificateur menteur tricheur suborneur homme de paille nous ait profondément mise dans une gêne considérable, nous sommes aux regret de vous faire part du fait qu'en aucun cas nous ne saurions mettre du beurre dans vos épinards. En effet notre directeur de la section petit légumes import-export nous informe à l'instant que nous ne possédons qu'à peine 7% de part de marché sur ce produit.

Il n'en reste pas moins que nous restons à votre entière disposition au cas où vous vous trouveriez à la tête d'un capital dont vous ne sauriez que faire sinon qu'à l'investir dans nos filiales de retraitement de déchets humains.

Suivent quelques formules de politesse que je vous épargne tant elles me touchent et m'émouvent et sont de mon intime. Mais êtes vous bien arrivés jusque là ? 

   

 

Bling Bling fait le tocsin !

Ce que c'est que d'être sans emplois, rémunéré je veux dire car pour ce qui est de m'employer, je m'y emploie. On se lève avant l'aube histoire de faire la pige au coq du voisin. On traîne, un bol de café noir à la main en se grattant le cuir chevelu. On tente de raccrocher la dernière image d'un rêve à une histoire cohérente. Raté. On évite les miroirs et leurs reflets de papier mâché et en passant devant le bureau on allume l'ordinateur. 6 heures 35, les nouvelles, dans le désordre des quotidiens en ligne, les alarmes, les tocsins qui sonnent à toutes volées pour des adieux dont ne sait pas trop à qui les adresser en premier. Adieu à la liberté ? Adieu à la démocratie ? Adieu à la république ? Adieu à la fraternité ? Adieu aux peuples qu'un ventre gras digère ? Adieu aux amis qui disparaissent sous un pan entier de décors qui s'effondre ? Adieu à la civilité ? Adieu à ceux qui quoiqu'il advienne vivaient là au chaud dans un coin de mémoire pas encore blanchie par l'âge ? Adieux aux noms que l'enfance gardait écorchés et barbouillés  en se retirant, discrète :

Où vas tu encore ? Combien de fois faudra t'il te répéter qu'on ne sort pas de table sans demander la permission ? Adieu petit ! File à présent, ça sent la rediffusion, tarde pas, l'histoire se prend la plume dans les pages raturées de ses heures noires. File je te dis !

7 heures 15, quatre où cinq cigarettes, le troisième bol de café, dans la rue des voitures passent pleines de rage. Je note, les voitures passent,  pleines de rage. Ça ne veut rien dire, ça renâcle les images, c'est feignant comme la gale. Ecrire c'est comme refaire toujours cette fichue rédaction sur le sujet des vacances et se trouver toujours à peut mieux faire et hors sujet malgré des efforts non dénués d'intérêt. Écrire c'est comme se masturber mais au moins on en sort pas sourd !

Que fallait il faire déjà ? Que disait-il donc ce professeur d'histoire au collège Voltaire ? Si vous n'apprenez pas vos leçons vous risquez de voir l'Histoire se répéter, mettez vous bien ça dans la tête ! Allez,  vous pouvez vous lever à présent. Quel con ce prof ! T'as vu ça comme il nous parle ? Quel con j'te jure ! Aller ramènes toi on va chez le père Pauvert et après y a la fille du garde champêtre y parait qu'elle veut bien qu'on lui touche les nichons !  

25.01.2008

Encore plus fort !

Au plus fort de l'excitation morose ils s'assemblèrent en un large et insondable panel. Les instituts les traversèrent comme un seul homme, d'une seule croix dans une case. Un pas sur le côté ! Le quadrille menait le bal. Faites donc un pas de côté ! Ne lui dites plus de mots d'amour surtaxés. C'est le premier qui compte, les suivants s'enchaînent en de joyeux emmêlements. Allons,  un autre ! Ne prenez plus le train pour ce qu'il est, descendez côté passagers. Soyez aimables comme il vous sied... c'est déjà fait ! Ne regardez plus dans votre porte monnaie si il vous reste de quoi aimer la vie qui sachez le,  n'a que plus d'estime pour tout ce qui végète. Et nous, là...

Ils commencèrent par se convaincre les uns les autres qu'ils pensaient tous à peu près la même chose impatiente même quand il fallait se parler sans colère. Cela prit le temps de deux ou trois révolutions, le temps de célébrer la dépouille amère du clone no life de la précédente. Le temps du deuil et des générations qui finiront par ne plus vouloir qu'on leur racontent des histoires.

FortTitrer ! Dites vous VIL. Vanités, je vous le concède mais la machine a posté bien avant que je ne rédige l'adresse ni ne colle le timbre et l'enveloppe était vide. Je poursuis. Notez bien que cette note après laquelle je piste depuis maintenant plus de trois heures devient un peu un exercice de realécritérature. Un peu je dirai comme quand dans les films pornoss le réalisateur nous offre le off d'une faiblesse du perche-man en plein orgasme sous titré. Ainsi l'on voit la bonnette traverser l'air électrique où baignent les convives besognant. Le coït est le dernier acte surréaliste à la portée de toutes les bourses. La machine me fiche la paix, je poursuis.

Et quand ils en furent à regarder passer les milices ils cherchèrent à savoir ce qu'en pensaient la presse et les analystes mais c'était déjà la Saint Valentin et les chargeurs étaient clac ! dans leurs logement, prêts à débiter de l'acte de décès légal. Ils s'en trouvèrent tout marri. Ils recomptèrent alors leurs voix et virent bien qu'ils s'étaient oubliés, ils en eurent un peu honte et prirent l'ombre comme foyer.

Allez le dernier pour la route, cette fois c'est moi qui régale ! Fabio passes moi donc un de tes cigarillos, un de ceux qui font tant de bien à la médecine. Et Hope là !

Cesse donc d'harenger du fin fond de ta bourriche pleine à la gueule d'idées godiches le nerf optique du délecteur. Laisse le vaquer à ses enfers, expédie le à dache mais bercé, berce le doux et tendre. tu peux lui claquer la goule dans le marais des évidences mais d'une paume épousant. porte les mieux à rire qu'à grincer des gencives sur la fringale. Déleste les au coin du bois de ces tonnes de plomb que forgent les horizons et cesse de soulever la charogne de la réalité. "Ah c'que tu peux êtt' fatalitaire !" (par madame Arlette sur le pont, face à Jouvet et ses cannes à pèche.)

Faut,  pour en finir que je vous conte comment je me suis arrangé pour que chez F... je réussisse à leur refourguer mon vieux et authentique cerveau dont les contacts étaient un peu silicosés à cause de la nicotine contre un tout neuf, tout frais émoulus des fromageries de Rian. Voilà, j'y suis descendu un soir avec mon sac recyclable comme une piste, j'avais aussi mis une paire de pantalons, des chaussures et tout le reste qu'on met quand on va faire les commissions. notez que le sac je le portais pas sur la tête, je l'avais plié dans ma poche, normal. Sur ma tête j'avais mis ma chaussette, bien que j'en ai deux. Normal. Je suis entré, tout de suite filé par le vigile qui me prend pour un européen de là bas et j'arrive au rayon frais, il y a des faisselles ! j'en prends une swotsch ! c'est bon,  elle vit. Le vigile m'abandonne comme un danger mou du bulbe. Je me dirige vers la caisses,  zigzaguant dans les rayons pour le semer tout à fait. On ne sait jamais. Je passe la caisse brillamment esquissant avec  la caissière une approche humaniste de la fouille au corps oculaire. Je passe ! Ouf.

J'escalade, je grimpe, je ruse avec le point de côté, je vous passe les détails, la vallée heureuse, les trains, les avions, l'industrie lourde et... Je suis maintenant assis dans la cuisine,  j'enlève le sachet,  Swoutsch !  pose la faisselle dans son jus et me dévisse la voûte  à moins que je ne me dévousse le vit ?

To Be Or Not To Be ! grommelais-je plein de ce Hamlet au plus fort de l'intrigue du médecin malgré lui. Puis splischte de souitsch ! j'inter-change les masses. Ça semble s'ajuster,  je me sens en fait frais comme un gardon ! Un peu de petit lait suinte par les narines. Normal j'ai l'âge de mes artères. Je revisse et lisse au couteau tout ce qui déborde. Nickel ! Je passe devant le miroir, tout va bien, rien en apparence n'a varié. J'ai toujours le même air de tête de C...

Je referme l'emballage, la faisselle suinte un peu de gris et tout guilleret j'y retourne. L'échange se fait sans peine et sans que le vigile y trouve matière à réveiller ses instincts de justicier : Vous comprenez,  j'avais pas vu l'étiquette de la date ? A la porte je me fait un peu interpellé par un type qui me dit qu'il en a que pour quelques instants et que si je veux bien le lui en céder un peu il n'a que quelques questions à me poser. Il m'essouffle et commence à faire des croix dans des cases. Pourquoi tout à coup la vie est si douce ? Le boulanger me dit bonjour ! Le garagiste fait vroum ! vroum ! La modiste veut absolument que j'essaie ce nouveau porte-jarretelles ! Je ne sais plus où donner de la tête !

Première question : Pensez vous que le présidnet est, petitun -Super top, petiteux - total high, petitrois - hyper mal ? 

24.01.2008

Laisser passé

Je suis sur toutes les lèvres comme un sauf conduit. Pas plus d'une frontière par nuit. Pas plus d'une nuit par valise. Pas plus d'une pair d'ailes par ange abattu au plus noir de l'éxil. Non !  puisque vous ne m'appelez plus, non je ne me rappelle plus ce Nom que vous donniez à l'enfance que j'étais. Je suis sur toutes les lèvres comme un passé laissé à la force des armes. Je suis au milieu des feux de déchets le verbe que chacun chérit en le dressant à mordre. Je suis du verbe aimer la douce et amère comptine.

J'étais hier invité à dîner en bonne compagnie, dans le salon le poste de téléportation débitait de l'image morne, des ruines perdues dans de vertes campagnes, des barbelés tordus à demi enterrés, des monticules couvert d'une herbe tendre et tondue, éventrés de cendres réscucitées. Un paysage passé par les quatre saisons qu'il faut pour fabriquer un siècle d'alarmes à présent inaudibles. Nos verres sonnaient l'ivresse et nos mots s'empêtraient du choc des fourchettes. Le choux était délicieux, la saucisse de Mortaux, le pinard, le tabac... Une voix monotone survolait la campagne, une voix d'homme qui disait ce que l'homme ne pouvait pas oublier et qu'il lui fallait dire à tous et à nous en premier. A nous parcequ'on ne sait jamais ce que le temps prépare à l'abri des saisons... :

"... Le premier travail du nouveau commando consistait dans la crémation du commando qui l'avait précédé... La durée de vie  d'un commando n'excédait pas quarante jours... Ce matin là,  c'était au tour de l'obersturmfhurer de tuer. Son arme ne tremblait pas. Il passait derrière chacun, ajustait le canon de son arme sur la nuque et celui qui tombait était aussitôt remplacé... Devant la chambre à gaz... des ss de tous grades enfonçaient leurs doigts dans le sexe de jeunes et jolies jeunes filles... Dans le camp, d'un côté sept...  et six autres fours pour trois mil cadavres journaliers... Oui je suis d'accord... Tu peux expliquer théoriquement, avec preuves à l'appui mais l'odeur... non, l'odeur tu peux pas l'expliquer... Arbeit loss ! Arbeit loss ! Arbeit loss !..."

C'était hier sur ARTE, un documentaire de fin de soirée, son titre ? Zonderkomando !

"Vous voyez les jeunes si vous ne suivez pas de formations qualifiantes, jamais vous pourrez vous insérer dans la société !" . Il est comme ça le présidnet, dans la rupture avec la réalité mais les "jeunes" il sait bien leur parler de ce qui les attend. A Sartrouville comme ailleurs.

 

Pas très cohérente cette note ? Ah bon ! 

  

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