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30.03.2008

AgORAphaGE

Poésie pas touche ! S'en prendre à la poésie en tant qu'elle est le cri,  le signal d'alarme que nous actionnons sans relâche et sans que çà ne fasse en rien cesser l'incendie ni le massacre des feuilles froissées que nous sommes, jetées au bas des branches. Voilà qui est du devoir de sortir de la réserve. Il n'est pas de code de déontologie pour la plume, pas de totalité qui soit pour celui dont la poésie est un pré carré au sein duquel il s'ébat dans la divine compagnie des muses  en constatant  que ses ruades ne sont en somme  que ce que l'on attend de lui.  Raffinées cabrioles  d'un animal de compagnie. La poésie est ce qui me sort du trou mais si j'en sors seul et qu'autour je ne  retrouve que ceux dont je suis bien certain qu'ils n'ont pas renoncés à tenir ferme entre leurs dents le morceau de ciel duquel il semble que nous ayons chutés   je m'arme alors de tout ce qui de près ou de loin ressemble à un tranchet et maldroit certes, je pose mes questions dans les fissures, je fait courir le long des fossés la mèche lente, la raccorde au détonateur et appuie là où je crois que le réveil fait encore office.

 

Ferré bien sûr ! Ferré toujours ! Ferré sur toutes les scènes où je suis allé le voir faire le singe et créer en quelques mots l'espace de la liberté indisciplinée. Mais du poème il faut sortir comme de toutes les matrices dont les pulsations rythment nos vies d'engeance toujours remises en chantier. Et dehors seul le bar tabac du Dejazet restait ouvert. Nous y allions, toujours au moins deux car des mots de Ferré je ne pouvais resté l'enchanté exclusif, il me fallait un frère, une frangine « toi ma frangine des hauts fonds » pour en sortir sans aller se briser contre une vitre blindée. Et du poète surgissait alors la silhouette frêle du bonhomme à la vaste crinière et les tics et la démarche de l'albatros apponté en catastrophe et une fois ou deux Monique Morelli, l'attendant au détour d'un verre à demi plein de sa voix de murène. Le feu en contre bas passait du rouge au vert sans s'arrêter sur la résonance que la poésie nous laissait digresser, dégraisser de sa charge de plastic éventré en jetant des regards vers le comptoir où le vieux s'accoudait lui aussi dans le désenchantement des lendemains.

 

Oui un poète et bien ça pue des pieds ! Ca prend en charge la claudication du monde et ça fait danser les pierres en Palestines et ça ne se demande pas de quelle blessure on extrait le Graal et si on est Jeudi parce que demain c'est Vendredi et qu'on a pas réservé sa place dans le train qui va jamais là où ça n'existe pas encore. Oui les pensées ça fait gueuler, Mec !

 

La terre est ronde ? C'est un poète qui a dit ça ? Qu'on m'explique alors pourquoi la poussière et le poète se vautrent l'un en l'autre sous l'oeil ravit de l'amateur qui passe et passe, monté sur le carrousel au pied duquel la poésie tente de rattraper les heures de vertige en tournant inlassablement en sens inverse pour le sortir de là, l'amateur. La poésie et l'amateur aiment les flonflon's de même.

28.03.2008

poésie

Je comprends bien que nous aimions la poésie. Elle nous dédouane d'avoir à regarder les accrocs que chaque jour nous laissons s'agrandir aux trames de notre condition d'humains subjugués. La poésie est grande, la poésie est belle, elle chante les troupeaux rentrant de longs périples aux travers des terroirs où les carnassiers rient de se voir si veule dans le miroir de nos convulsions de noyés. Pas de tartre sur l'émail des rimes, nous planons dans l'enchantement que l'homme se dispense dans l'évanescence du vers bien torché. Ô combien nous ne sommes pas ce qui nous fait  semblables... "hypocrites lecteurs...", pleins de mauvaises humeurs, de poils disgracieux, de petits boutons de fièvres clignotant au tableau de chasse de notre chasteté revendiquée. Ah mais l'assassin c'est l'autre ! Le tortionnaire c'est ce voisin dont à part nous,  nous nous disions bien qu'il n'avait pas l'air d'un bon chrétien (remplacer la confession au besoin).

Nous voletons avec aux endosses la pair d'ailes que le créateur fabriqua pour nous seul, seulement nous. Et les bourgeons éclosent dans le frais matin cependant que des nuées, goutte à goutte le lait des anges vient et nous abreuve. Point n'est là de référence au fait que nous aimions dans le secret de nos lits moites à sucer des b... A téter le dard de qui nous parle en maître de nos émotions mitoyennes. Non non non ! C'est bien de voies lactées dont il s'agit, du doux babil des étoiles dont une sûrement nous est bonne puisque marchant dans toutes les fanges nous allons le nez en l'air et nous curant les dents sur le sentier de joie pure que la poésie trace pour nos pas au dessus du précipice dont nous refusons de voir qu'il se repaît de nous en nous creusant comme des tombeaux de glaise. Poésie nous dis-je ! Poésie nous sauve ! Elle est là, bonne bergère de nos âmes hameçonnées et nous faisons pour les muses de bons appâts pour la pêche au gros. Car la muse n'aime en rien le menu fretin qu'elle entretient au fil des eaux mornes, la muse encense le fort, le porte aux degrés indécents des palais d'où il toise les restes du monde en se disant qu'un poète, après tout c'est parfois fort utile et que sommes toutes ça  ne coûte pas si cher de s'en  offrir  un bon mil  et de l'envoyer, armé de pieds en capes dans les montagnes de l' Afghanistan saccagé, dans les Harrars, au ventre des cités ravagées de l'Afrique crasseuse. Pour peu que le poète guette bien il se peut même qu'on lui laisse écrire quelques discours pour la postérité. Qui sait ?

Poète je le suis et auto-proclamé,  petit potentat d'un pays si lointain que souvent j'en perds le chemin au milieu des passes que je fais pour croquer moi aussi dans le ventre brûlant de quelques oisillons dégoulinant du miel de la cupidité.

Aller, mon sac m'attends, je taille ce matin vers des lieux enchantés mais chut ! Mon Olympe voyage en seconde, de vacances évidement il n'est pas question. Je déteste souverainement en bon poète tout ce qui de près où de loin me fait à l'image du veule,  parfaitement similaire. Et c'est bien librement que je ferai la queue au guichet le plus proche. J'ai pour nom mirliton et dans ma trousse de maquignonnage je n'oublie jamais de glisser un flacon de vermifuge.

27.03.2008

Sauvons Fourniret

Un petit tour de l'actualité décontractée nous fait  un peu voir à quel point  le chromosome girouette, récemment  découvert  par le professeur  Bonux et ses équipes de lessiviers,  est en train de prendre une place  prépondérante au sein de la génétique moderne.  Tandis que nous sauvons  l'entente  franco -germanique en pinçant  la fesse  de sa majesté  la plus grosse fortune personnelle  au monde, nous  réaffirmons  la fraternité  dont les peuples  civilisés  ont toujours  fait  le préalable  aux grands conflits.  Les tibétains se réjouissent  de voir qu'enfin  les grandes nations  boycottent  les jeux  olympiques.  La chine en profite  pour écouler  un stock important  de petits  livres rouges auprès des délégations mongoles. Jérome Kerviel vient de battre un record du monde de nage libre en eau grasse, à la Santé les matons pleurent le départ d'un hôte aussi polis et... Et Fourniret vient de prendre place dans le box des accusés pour deux longs mois de prises de positions éminemment morales, en deux mots : Ré-instaurons donc la peine de mort, sinon la côte de popularité du roturier présidnet va encore chuter au dessous de la Roll Ex. Et pour peu que pour finir, sortant de son mutisme qui emmerdre les plumitifs (mais que dire de ce type, notre frère en tout, si lui même ne fournit pas la matière à vomissure !), il la réclame lui même, c'est toujours çà de gagné. Passons nous d'un énième référendum, le consommateur aime pas, çà fait fléchir son pouvoir de crachat  !

Dernière minute ! Madame MonMarri vient de faire parvenir par son fournisseur en cocaïne le song book de l'intégrale de son oeuvre à madame Bettancourt. Ainsi le temps passera plus vite et dès la rentrée, sa libération ne faisant plus aucun doute puisque la jet set savonnée déclare à tour de micro son attachement aux miracles du saint siège, elle fera sa rentrée au sein du jury de la strass academy. Une sainte au prime time et s'en est fait du terrorisme ultra-libéral ! 

Les jolies colonies pénitentiaires ! Merci maman ! Merci papa ! 

25.03.2008

Mic Mac

Ces jours ci quelques mil soldats de l'armée de ce pays d'ici sont partis au Tibet pour sauver la démocratie chinoise. En cela le serment d'allégeance prêté par le président hollande au souverain pontife lors de sa visite à dakar où son siège social a été récemment dé-localisé, est honoré. Les jeux olympiques auront donc lieu comme prévu au siège social de la société adidas et fils sis à vukovar. Les ressortissants des républiques basanées sont invités,  afin de faire enregistrer leur record de traversée de la méditerranée aux îles d'or ensoleillées, à la nage, au centre de rétention le plus proche où une volée de matraque chaude leur sera servie en échange du formulaire NS certifiant qu'ils n'ont pris aucun produit dopant lors du départ de la compétition. Message au petit moussa : La prochaine fois que tu dis merci au CRS qui referme la porte de ta cellule chaque soir pour que tu n'ais pas trop froid, tu serais bien aimable de baisser les yeux et de dire comme de juste, me'ci missié !  Un contingent de talibans est actuellement en route vers les jungles colombiennes, sa mission,  libérer madame Carla monmarri des affres de la détention narcissique qu'elle endure en sainte patronne de la fripe et de la guitare folk réunis. ousman den laben, ambassadeur extraordinaire auprès des nations en sales états unis sera chargé par le haut commissaire à l'énergie dogmatique de mener à bien une mission d'interposition entre le général moucharabié et les les valises que la société Tatol tente de faire passer par l'indulgente cécité de sa éminence Lecaleçon long de moule noisettes. Les ingénieurs iraniens percevront deux jeux de piles salines pour alimenter les réacteurs du vestiaire qui leur sera attribué juste avant le match de hokey sur gazon qui se déroulera en cérémonie d'ouverture des jeux mondiaux, en notre bonne ville d'islamabad. Le petit jérémie et le petit anouar sont priés de regagner leurs abris respectifs avant que les tirs de mortiers ne commencent... Ah, trop tard ! On est priés de ne pas donner son nom à une mine anti personnel. Les sous munitions sont sous le buffet de la cuisine de la sous préfecture où l'on vient de retrouver le corps sous alimenté de madame chirac. Elle aurait sous estimé l'effet nocif du vil métal  en ingurgitant une forte dose de pièces jaunes qui comme nous ne l'ignorons pas, nous ne l'ignorons pas.

De forts vents violents d'une cruauté toute islamiste ont soufflé tout le week end pascal sur les club de vacances du sahel. Nous nous excusons auprès de nos sympathiques adhérents et leur proposons de nous contacter pour un éventuel dépôt de plainte auprès des autorités locales; Si le nombre des plaintes est assez conséquent il est envisagé qu'une force de maintien de la paix se rende sur place et tire sans somations sur tout ce qui de près où de loin ressemble à un courant d'air touareg. La centrale atomique de cadarache se fissure légèrement, les représentants écologistes demandent à ce que l'on déplace sans délai la ligne bleue des vosges du côté de par là. 2008 sera l'année du redressement sectoriel d'une certaine partie de l'économie domestique, pour le reste il suffit de savoir compter jusqu'à neuf car au delà nos prévisionistes ne voient pas très bien ce qui pourrait nous sortir de là où nous allons au pas de charge. Merci à monsieur Pierre DAC qui fortuitement ce soir passait par là comme si il s'en revenait de par ici,  où il avait semble-t-il oublié son imper mastic et son francis Blanche modèle 48 modifié 59, celui qui tire en looping des balles traçantes et des pépins pour les jours de pluies acides. Grande promotion eucharistique sur les saint trazibules !

Bon et à par çà, çà boum ? M'en parles pas ! Ma femme vient de se tailler avec un poète qui pue des neurones. Oh la s...hop là! Oh c'est rien tu sais,  c'est plutôt pour le godemichet que je m'inquiète, il refuse de s'alimenter à l'énergie solaire.    

24.03.2008

Fidèles

A qui ? A quoi ? A quand sommes nous fidèles ? Des quais de gares, des pas de portes, des halls d'aérogares, des bouts de trottoirs, des carrefours se souviennent de nous,  une main levée, agitée par l'au revoir dont nous ne savons pas si il est certain, dont ne ne voudrions pas être celui qui reste immobile tandis qu'autour crient et s'envolent les voix de ceux que le vertige du voyage emporte à la vitesse qui fait que le regard se retrouve à errer. Les chiffres de l'horloge annoncent qu'il est l'heure de rentrer mais rentrer où ? Alors on va prendre un café au comptoir du buffet de la gare et l'on s'invente une bonne raison de remonter le temps jusqu'à l'heure où à la porte trois petits coups ont frappés le coeur. C'est toi ? Tu as fait bonne route ? Quel temps n'est-ce pas ? Tiens, donne moi ton sac... Te voici enfin.

Je lis que l'ignoble sacerdotal se rengorge, 142 % des français avouent leur relation incestueuse avec Dieu. Ils se sont réveillés il y à peu avec un crucifix planté là où je crois et par conséquent se disent, moulins parmi les flatulences, qu'il y a encore du grain à moudre. Il y a du nom propre parmi eux, je n'en veux citer aucun car dans leur république de zoophiles, je ne vois pas plus d'humanité qu'il y a d'innocence fraternelle sous les sépulcres blanchis de la parabole. Pas de noms pour ceux qui font le choix de couronner d'épines les victimes de leur ignorance crasse. Dieu qui n'existe pas doit les aimer d'autant mieux qu'ils ne sont rien eux même que de sales petits fouteurs appointés par le régime. La france, ah ce pauvre mot, pauvre de sens, pauvre en beauté, pauvre en sonorités, pauvre... La france s'élève à nouveau à hauteur de l'autel ! Et l'autel est à nouveau comme ce billot de bois où mon père le dimanche matin saignait la volaille. Serons nous encore une fois cette volaille ? Voulons nous encore qu'au nom de l'immanence le séculier sacrifie le fragile ? Oui nous le voulons car quand le porc porte le ciboire et l'élève au dessus de nos fronts bas nous ne saurions lui répondre au nom de verbe créateur qu'en grognant et en buvant le sang de nos semblables.

Quel désert ! Quel désert avons nous fait du jardin où la Liberté ne pliait pas et ce quelque soit le son de la cloche qui cherchait uniquement à couvrir le son de nos voix heureusement désordonnées.

23.03.2008

Mol du blog

Mon ami Mol du blog,  qui de petite noblesse est passé en deux siècles et des brindilles à l'état latent d'un statut social métaphorique me signalait hier au soir, alors qu'accompagné de ses soudards il passait par ici pour me réclamer la taille, la gabelle, le cens, l'impôt sur le rendu, la corvée et autres joyeusetés qui font que lui et moi sommes par le fait les deux faces d'un même denier usé jusqu'au flan, cet article de journaux sibyllin à propos d'un sous préfet du nom de Guigue (libé en ligne).

Guigue dégoise ! S'emportait-il. Avec Mol tout ce qui ne peut être consommé sur place par ses soudards, c'est à dire les petites bonnes, les valets, les trous de serrure, le cul des vaches maigres et caltera... Se doit d'être emporté. Mol est sans concession,  ce qui ne l'empêche pas d'avoir pignon sur zone et enseigne dans la grande distribution. Guigue, mon doux saigneur ? Mais qui donc est Guigue ? Ah çà roture de fond de bidet, vous l'ignorez donc ? J'ignorationne mon prince, c'est dans mon état et je dois avouer que je me sens ce soir un tantinet comme à l'étal d'un boucher letton. Un peu équarris, voyez vous. Il importe avec Mol de faire à l'imitation de la petite Gretel du conte, l'offrande d'un os rongé afin de conserver quelques reliefs pour une éventuelle visite inopinée de sa part. Mol aime à s'en revenir souvent. Mol est mélancolique.

Guigue, triste manant, écrit des insanités sur l'état d'Israel. Des histoires de sniper, de torture, de pratiques assez peu dignes d'un grand état occidental niché au coeur du proche orient. Mais Mol vous m'alarmez ? L'état d'Israel serait à ce point dans un si triste état ? Pis,  pauvre hère. Nous courrons là bas un très grand danger, c'est voyez vous une guerre de civilisations que nous menons contre ces... ces... Ah mais à quoi bon les nommer ! Tristes peuples en vérité que ces hordes dépenaillées qui se réclament du livre sans avoir jamais rien lu des oeuvres de notre présidnet !

Mais las ! Guigue a été châtié, limogé par son ministre de tutelle et l'honneur de la république est encore une fois sauf. Il ferait beau voir que nous regardions les israélien en tant qu'ils pourraient être des palestiniens comme les autres. Tel n'est pas la cas, vous en êtes d'accord n'est-ce pas ? Mais qu'est-ce donc que ce kilo de patates que vous celez là au regard de mes ch'tis ? Vous savez bien qu'ils sont grands pourfendeurs de pommes frites ! Allons levez vous et passez moi l'économe. Mais... Mol,  çà n'est que de la belle de fontenay, de la chétive, de la ratte, pas de quoi faire un ragoût, à peine pour les cochons... Vous avez donc des cochons ? Non Mol non... Bon,  prenez donc ce porcelet,  je vous l'offre. Mais vous me saignez grand ami !

Ci fait,  j'en suis d'accord, l'illettruisme est le ferment de révoltes bien peu amènes et il en va de la survie des arts seconds que nous portions le fer et le feu au sein même de ces peuplades,  comme nous le fîmes en rasant Babybell avant que n'en émerge la bête à deux dos ! Voulez vous un peu de ketchup avec les frites ?

Voyez vous il est bon aux égarés que nous sommes d'avoir pour ami un homme tel que Mol du Blog. Il glisse avec grâce une main délicate dans le fond de vos poches tout en veillant à ce que vous ne pensiez de mal de l'ignoble vertu que par aileurs il professe. Voulez vous que Mol après qu'il ait incendié la chaumine où Hansel faillit rôtir, il y a des siècles de cela, passe par chez vous ? Il y est déjà ? Je suis bien content que nous ayons les même fréqentations !

Quand à Guigue, il ne lui reste plus qu'à retrouver la couture du pantalon et à y poser le petit doigt. Hamp dé ! Hamp dé !

Joyeuses Parques ! 

22.03.2008

De quoi rêver

Que tant de souvenirs soient le signe de plus de temps à ranger dans les rayons de la vie telle qu'elle est que  d'espaces nouveaux à conquérir et  nous voici nus  face à ce qui ne sera pas.

Nous avions tout du héros légendaire qu'une aube proche attendait. Pas trop de bagages, l'arroi sacré de l'enfance en guise d'armure, des armes imparables, des armes qu'aucune forge incarnée ne pouvait reproduire. Nous étions unique en notre genre, loin des étymologies et des classifications grossières. Comment t'appelle-t-on ? On ne m'épèle pas, je suis le vent tournant dans la foret dense de l'alphabet, je vais sans que rien ne ponctue l'éternité, aucune cellule n'est assez ferrée, aucun point dont je ne puisse faire voler le verrou en éclat. Comment l'on appelle ce que l'on sait de moi ? On l'appelle en énonçant, l'incompréhensible,  le râle que dans mon rêve je détache de l'ordinaire. Je chevauche là où le vertige me conduit et la laideur que j'enfante n'est que la semence de la beauté dont nous sommes les tentatives parfois malhabiles. Dans la poussière de mes pas végète la friche des origines de l'infini, dans la poussière de mes pas, car je suis ma propre monture, retombe en pluie de sel l'odeur qui me dit et me dénonce à ma propre vindicte. Ainsi va en moi le triste chevalier à la triste figure, ainsi s'en revient de lui même vers ce qui ne le sait plus, le destrier de Dürer portant sur ses épaules l'enfant harnaché par son destin, l'enfant qu'une aube accompagna jusqu'aux frontières. Jusqu'aux frontières où l'on se défait du temps.

(Ceci est pour mon fils, mais quoi, ne sommes nous pas tous et toutes les enfants les uns des autres ?) 

21.03.2008

Vents violents

Des grêlons gros comme des pois chiche. Comme le pois chiche qui grelotte dans la boite crânienne de l'homme pressé par l'audimat. Pardonnez moi, il faut toujours se faire pardonner la veille d'un week end de retrouvailles en famille, d'avoir encore à dire des choses qui vous pourrissent un repas dominical bien arrosé, c'est le "syndrome de l'affaire Dreyfus". On en parle ? On en parle pas ? On s'aime ! Alors on en parle pas ! On s'aime ? Oui ! Alors on en parle ! Oh oui ! Parce que sinon s'aimer et se taire sont comme des béatitudes de prisunic. Personnellement quand je vais au prisunic c'est pour faire de l'escalator, comme quand j'étais môme, à la Croix de Chavaux. Je n'y vais pas pour acquérir de l'amour et de la béatitude de monoprice.

Un vent à dessouder les vieux, souffle aujourd'hui sur le bassin parisien, cette cuvette immonde où si il ne s'y déchaînait pas de temps à autres, nous serions dans la croupissure comme dans la soupe anxiogène de la modernité, des morceaux de viandes attendries par le frémissement des eaux grasses. Un vent qui me pousse à rêver que c'est bien au dernier jour de la création que j'ai à assister.

"C'est la fin dites vous ?" chantait la somptueuse Catherine Ribeiro accompagnée par le groupe Alpe, dans les années soixante dix. "Qui a parlé de fin ?", continuait-elle de sa voix pleine de pierres ponce et de voûtes ténébreuses... Un vent dont je voudrai qu'il nous débarrasse des miasmes de ce débat qui s'engendre à nouveau, de lui même et par politiciens interposés comme des boites à musique funèbre. Comme je voudrai qu'ils se taisent enfin et ne fassent plus que ce pourquoi on les recrute, à prix d'or, dans le cheptel au sein duquel la Nation "souveraine" les élève pour servir. Servir,  mes dames mes sieurs et non plus se servir ! Quel absence d'éducation, quel manque de conscience civique ! Taisez vous et au travail sinon vrai c'est l'audit qui vous guette. Pas celle que vous organisez entre vous (Hue ! Hue ! ) celles qui au résultat nous fera vous botter le cul comme à ce Louis et à sa catin permanentée, celle qui jouait de la guitare... Vous vous souvenez ?

Le débat se déchaîne ! Le vent n'y peut rien, alors ? Non ! La démocratie est un poulailler et la volaille est au perchoir et nous plume la conscience en y instillant des nécessités d'en finir avec nos vieux atermoiements pour ce qui concerne l'assassinat des paralytiques et autres vieux coûteux. La mort de cette femme, je tais son nom car avouons le,  la star académie du mouroir n'est encore qu'un projet et puis mourir n'est pas simple. J'ai perdu assez des miens pour le savoir (Ah ce fameux cancer du fumeur !). S'éteindre dans une chambre isolée, nue en hurlant NON !!!! Ma tante mutilée de gangrène... NON ! Mon oncle, les doses de Round Up de chez monsanto, sa celtique à la main... NON ! Mon père "tu verras,  je mourrai comme un chien !" NON ! Gilbert, le p'tit Gilbert, le bossu sous dialyse... J'en peux plus... J'en peux plus... Débranchez là cette foutue saloperie de machine... NON!

Alors ? Alors il faut statuer ! Légiférer ! Les aider... SOS... Les aider à ne plus nous casser les pieds avec leurs angoisses d'épaves en souffrance ! On va les aider et bientôt même ceux qui ne demandent pas aux caméras et au microphones de leurs dealer la dose létale,  bénéficieront de ces aides par décrets et autres formules de la pensée magique. Nous débattons, nous nous débattons dans les affres de l'éternelle jeunesse et des laboratoires monte déjà le coma. Les spécialistes ? Que disent les spécialistes ??? Rien,  ils se pincent le nez. La recherche ? Que dit la recherche ??? ça va coûter. Le Léthé ne se traverse pas sans payer son écot au passeur. Nous les aiderons ! Nous sommes humanistes et notre humanisme est au format. Nous les aiderons comme nous aidons nos frères étrangers à rentrer nulle part car de nulle part il ne sont les invités  au banquet.

Dans quelques heures de là, quelque soit notre religion et nos professions de foi concernant le fait que nous n'en ayons aucune, nous tremperons nos mains dans la fosse d'aisance du printemps retrouvé. Puis nous les essuierons délicatement au linge fin des tuniques sacrificielles, puis nous passerons à table, le gigot sera rosé au coeur, le vin aura la couleur  rubis des écorchures et nous déjeunerons de la chimie subtile de l'amour que nous portons à nos enfants. Mais avant il nous aura fallut prononcer ces quelques mots... ECCE HOMO...

20.03.2008

Filons !

Filons ! Prenons tout ce qui bouge et peut dévaler les pentes avec assez de célérité pour atteindre au delà de la côte qui suit un horizon toujours à redestiner, pour véhicule. Taillons nous avant que la bêtise nous ait prit tout à fait en levrette et que nous ne puissions plus qu'en jouir, contre mauvaise fortune bon coeur. Taillons nous par les impasses, faisons figure d'avions renifleurs, le nez écrasé aux vitrines de la stupidité, jusqu'à ce qu'elles cèdent sous la pression dans le hurlement des sirènes et les défenestrations de masse.  Fuyons lâchement le terrain du débat qui,  comme on dit ici  des  trottoirs  étoilés  de merdes  de chiens  grassement  rétribués, transforme  l'espace  commun en un terrain miné.

Euthanasie ? Mourir dignement ? Ne plus avoir à se souffrir dans le miroir parfaitement lisible de nos contemporains semblablement bancroches. Qui n'a pas rêvé, sordide moment de solitude dégueulasse de se supprimer à défaut de pouvoir changer mieux même d'enrayer la machine à éventrer la vie ? Moi ? Chaque jour qui passe, gluant comme un hommage me fournit des raisons de tirer ma révérence et d'en finir avec le grand guignol scientifique de ce vingt et unième siècle tout ébahis de ses dernières découvertes. Une, entre autres. Le velib ! l'an 2000 c'est le vélo ho ! ho ! ho ! Encore dix ans et l'art rupestre, le tag, le graph si vous préférez aura sa chair d'archéologie contemporaine ! Et tous les soirs vers vingt deux heures c'est le Suprême (de volaille) NTM qui nous régalera de ses dernières découvertes en matière de Pih Poh néolithique. Pour les "cultivés" y aura de la salope ! De la négresse en string et vers minuit qui est l'heure du frisson pour experts comptables, on suicidera en 3D des traders à la gueule d'ange.

Où voulais-je en venir ? Je ne sais plus... Si,  çà me revient ! Eléphante woman vient de mourir chez elle. Une sainte qu'on ne manquera pas de cirer au musée Grévin et qui demandait à ce qu'on l'autorise à disposer de sa mort, à l'heure où l'insupportable barbie Carla pavoise dans les colonnes du Monde : Voyez comme je suis belle et modeste !

Le légiste,  fort de ce que le "story teller" lui confie comme sources sûres et les poches pleines de gentils lobbyistes appuie comme il peut sur l'opinion bien mûre; Le pu en sort, la presse tend la lancette et le tour est joué. Faites gaffe à vous les pas-tout-à-fait, les presque-mais-pas, les bizarre, la machine à fabriquer des clowns dégoulinant de sourires formatés est en marche, elle ronronne un peu à vide mais le matériau est là lui. Et je ne parle pas des enfants de treize ans qu'on incarcère et qui finissent par se flinguer; Sans écrire au présidnet, les petits ignares !

Filons je vous dis ! taillons ! tirons ! traçons nous de ce sous monde où ne règne que le rêve nazi d'une pureté de matière fécale même pas propre à nous faire un fumier potable pour les géranium.

19.03.2008

Ecrit sur l'eau

Je n'écris que quand il pleut. quand il ne pleut pas où pas assez pour que des flaques se forment, je prends une douche et ainsi la page qui se forme et ondoie au fond du bac est tout à fait propre. C'est idiot mais dans ce pays qui vire peu à peu au rince doigt démocrate et au bain de siège sans lequel les fondements du vivre ensemble tournent au culturisme héroïque, je ne vois pas que les déserts de papier stériles où nombre couchent leurs souvenirs de n'avoir rien fait ni rien été puissent un jour empêcher que l'académie, les bilbothèques, les librasseries et le panthaléon soient autre chose que des dévidoirs à papier toilette pour trous du cul non fumeurs.

Je n'écris  que quand il pleut; Une petite baguette entre les doigts je vais me penchant au dessus des flaques et trace dans l'eau, sans que la boue ne se lève,  les caractères d'une page faite de ronds concentriques et qui s'arquant jusqu'aux bords imprécis, s'engrossent du monde que je décris. Ainsi, enfant,  lors même que mes tendres comparses se jetaient des talons aux orteils dans celles qui sommeillaient sur la route des lavoirs, j'attendais que leurs cris d'apocalypses sèchent avec les gifles qu'ils prenaient en rentrant,  au dessus de la cuisinière à charbon cependant qu'on les étrillait à force de savon et de secousses, vas tu te tenir enfin !  J'attendais qu'elles s'apaisent, se rassemblent et que les nuages me fournissent l'encre par laquelle  je tâchais de dire la peur de l'orage et des cris de mon père adoré jusqu'aux larmes. Je lui écrivais le temps qui passait entre nous comme un couteau de boucher, je lui disais l'attente dans laquelle je croupissais avant qu'il ne m'emmène jamais cueillir les anguilles dans ces trous d'eau que les crues lui laissaient, à lui seul et à son enfance de petit bouseux boitant. Et puis quand j'avais bien remplis ma page de tout cet illisible soluble dans le silence, ratures et cumulus,  je rentrais à la maison.

Qu'il pleuve sur la mer, qu'il bruine sur les rivières, qu'il vase sur les étangs, qu'il flotte sur les épaves de mes souvenirs, que les fossés s'aversent aux frontières des après midi de soleils bottelés, j'écris sur l'eau le feu jaillissant de mes arcs en ciel... 

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