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30.04.2008
Mai ?
Je pose des pavés à Nanterre, je pose des pavés à Nanterre, je pose des pavés à Nanterre, vrai, je pose des pavés à Nanterre. Au bout du campus où auparavant je n'étais jamais venu. Que serai-je venu y faire ? Déposer chaque année une gerbe sur la tombe du pavé inconnu ? Fleurir la stèle où un petit malin aurait écrit : Cours plus vite camarade le vieux Cohn Bandit est derrière toi ! ? Pisser en pleurant sur les pompes d'un élu socialiste en lui fourrant dans le cul les épines de sa rose flétrie ? Déchiqueter à tous les vents un exemplaire de la société du spectacle, déguisé en tutu d'intermittent du spectacle et sous l'oeil expérimental de la caméra d'un chef hop' fatalement génial ? Lâcher quelques colombes devant la mine émerveillée des enfants de la balle perdue ? Et en présence des élus communistes, improbables élus communistes... Non non non ! Foin des liesses révolues, des lendemains de la veille au grand soir... Je pose des pavés à Nanterre, des parterres de pavés à Nanterre. De bons gros pavés impossible vu le poids de chacun d'eux, à balancer plus loin que la pointe de mes bottes en véritable peau de cocu. Vous avez essayé, vous d'en soulever un de ces foutus pavés ? Sans dec, en soixante huit ils étaient drôlement musclés nos actuels bien pansés. Ils baisaient moins que nous, ça doit venir de là qu'ils arrivaient à les balancer les fichus pavés. Ils baisaient moins et aussi ils se faisaient moins baiser. Ca joue je vous assure ! Nous on se fait tellement élargir qu'il n'y a guère que dans le trou du cul qu'on pourrait se les envoyer les bons gros pavés ! Je vois personnellement pas trop l'intérêt alors... Je pose des pavés à Nanterre, à Nanterre je pose des pavés, de bons gros pavés qu'un de ces jours j'en suis sûr vous viendrez piétiner, impatients que vous êtes toujours de voir le spectacle commencer.
20:01 Publié dans Mélancholie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, 68, mai, nanterre, révolutions, universités
29.04.2008
Eternellement morne
La lutte est inégale, je l'avoue et perdue d'avance mais nous faisons assez bien semblant, alors continuons à lever le poing sous les quelques mètres de purin qui couvre tel un ciel de printemps boueux, notre entendement. Nous rêvions de justice pour tous et c'est de justesse que nous franchissons les es-carpes et les fossés de la vie "moderne". Toute aussi moderne j'imagine que celle des peuples ravagés d'empire débraillés. De justesse mais pas tous. Retournons nous un instant... Ah mais un-tel, comment l'appelions nous déjà ? Machin ? Machin est mort hier d'un cancer, la maladie des cobayes. Et celle ci que nous croisions chaque matin et qui avait l'air, son petit sac de médocs à la main, baveuse légèrement, assise sur le banc où nous aurions dû nous poser plutôt que d'aller engraisser les rouages... elle... L'ambulance est venue cette nuit, elle se taillait les veines... parait-il. "Il séquestrait sa fille depuis 24 ans..." Ce monstre, un autrichien, un ex dénazifié sans doute ? La combinaison de Laure l'empêche d'avoir des orgasmes de poisson rouge ! Votre toute nouvelle connexion "oui fils" est enfin disponible ! Faut-il encore étaler cette Géhenne ? Faut-il encore ajouter à l'aveuglement, des prises de positions politiques ? Faut-il, non contents de vivre en ridicule ersatz d'humanité perméable, nous exprimer sur les faits et gestes de ce qui n'est plus qu'une représentation de ce dont nous ne rêvions pas quand nous n'étions rien et qu'on ne nous demandait qu'une chose, taisez vous les enfants ! Soyez propres et dociles ! Oh non il ne faut pas ! Il ne faut plus chercher à nous concerner, notre avis est comme la combinaison de Laure, il nous empêche d'avoir des orgasmes de citoyens révoltés. Oh non il ne faut pas ! nous sommes enfants, nous ne saurions comprendre le tiers de ce que l'on nous conte en matière de "once upon a time in a merveilleuse contrée...". Mais quand il le faut, ma foi, nous savons très bien faire semblant, nous sommes devenus si hypocrites.
Le bonheur, ça ne t'interesse pas, toi ? Non !
08:18 Publié dans Blog, Film, Livre, Loisirs, Mélancholie, ras le bol, Relis tes ratures, Science, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : beauté, printemps, renouveau des mousses, beaudelaire, poésie, les cosmétiques, lecture
28.04.2008
13 heures 36
Hier, à treize heures trente six très exactement alors que je m'étais comme je fais souvent, planqué sur les ondes hertziennes qui nous pénètrent, nous environnent, nous font ressembler à de l'électro ménager à prix discount, elle du bout des doigts, elle même pénétrée d'ondes circonflexes, d'ondes majuscules, d'ondes et d'arcs électriques, déroulait pour moi et seule, planquée tout autant, le long écheveau de son plaisir... C'est idiot la téléphonie sans fil. En cela je suis bien d'accord avec Ariane mais tout de même : Pour écouter votre message archivé, tapez 1.
07:54 Publié dans les cosmétiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, chine, tibet, otan, nato, sarkozi, cécilia
26.04.2008
Sale temps !
Sale temps, ce ciel si bleu au dessus du vert pâle des feuilles nouvellement dépouillées. Ces brises de séphoreuses tout au long des boulevards, en boucles un peu lâches tombant sur les épaules d'un chignon batailleur, sale temps ! Cette persistance d'escarpins pressés par les couloir de la ligne 9, sale temps ! sale temps tous ces flâneurs qui ralentissent au ordres d'une chaleur étrange. Sale temps tous ces pigeons flambant neufs aux terrasses parfumées au feux rouge ! Sale temps me susurre le moustique qui depuis deux heures tente de me perfuser alors que je lui lance la batterie DCA des gifles que je me fiche en trinquant goutte à goutte à sa santé sanguinaire. Sale temps ! La preuve, ça sent déjà la barbaque grillée et le rosé de contrebande dans les jardinets alentours. sale temps je vous dis, bien que comme tout un chacun je ne puisse pas m'empêcher de baver au printemps.
22:01 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, dada, surréalisme, députés, tzorgato, presse, commentaires
25.04.2008
L'usure du monde
C'est à l'approche du printemps que j'ai gaulé à la cime de mon arbre cette fleur fragile, celle qui promettait un fruit tel que tout autre auraient pu passer pour un hologrammes gorgé de flotte. Un de ceux que l'on empile, morne-ment aux étals de la grande distrillusion, sans risque que les pyramides vénéneuses ne s'étalent en cascades empoisonnées, vu qu'ils sont tous semblables à de pâles copies de l'abondance qui régnait aux Hespérides et désespérément colorés comme des chromos restaurés par une équipe de lessiviers en stage d'arts plastocks. Elle est tombée, l'égère sous la rame de coudrier, légère flétrissure d'une promesse rossée par le temps; elle est tombée dans la sébile du l'usure qui partout se pointe et crécelle en main fait de tout monnaie morte en repassant les écrouelles à la moulinette. Mais dans le glacis de merde où tombent les déjections et les déchets du hachis j'en ai repiqué la sève et un brin de l'âme. Ce que ses racines n'auront pas soulevé des fondations pornosyllabites de l'ère à venir, les os arides de ses branches en fendront les élévations de miroirs et de fissures de mortier et de moellons dissociés naîtra le fruit qu'un éclat de lèvres craquelées fait sanguin. Éclatant comme une grenade dans les roches d'un oued. soyeux comme la chair de la figue lavée à l'eau acidulée des sources. Alors je n'aurai plus qu'à y arrimer langue et lèvres et à y retrouver l'usage des langages et des silences fiévreux d'avant que nous n'ayons claquée, vindicatifs, la porte du paradis. Cette fleur que j'ai gaulé dans la lumière d'une fin d'après midi, face à face avec la plaie, la lance et la goutte de sève, me sustente en mourant.
Autant le dire tant que le fer est chaud et avant que vous même n'objectiez que vous l'avez vu les premiers, il me faut bien l'avouer, le titre de cette courte note en forme de poème sibyllin je l'ai triturée en tordant un peu le titre de l'ouvrage de Nicolas Bouvier : L'usage du monde (éditions Payot-Rivages, PBP 100, accompagné de dessins de Thierry Vernet et pour mon exemplaire d'une dédicace de JILB, pas de jaloux au moins ?). Je me le trimbale faut dire depuis un petit paquet de semaines et comme je ne l'ouvre en gros que les jours où je me sens un peu mieux d'être humain que citoyen au rayon frais, je pense qu'il va me falloir une pair d'années pour en venir à bout. quoique j'ai déjà lu la dernière page, c'est causant, c'est écrit et ça raconte l'air de rien un monde d'avant que ne fassions plus que nous reproduire, un voyage au travers des hommes que depuis nous avons livrés aux pillages, eux et leurs équilibres précaires et improductifs du point de vue de l'hypersurface de l'hypermarché de l'hyperespace aux suprêmes de haine élevée sous la mère.
J'allais oublier, impardonnable jean-lux de la Lune, tous mes livres je les achète ou les fauche à la librairie Privat de Cannes car à la librairie Privat de Cannes point n'est besoin de claudiquer pour qu'on vous propose, affable, un fauteuil d'académicien !
Une démocratie de crécelles et de martyrs transpercés par l'épingle de l'étiquette ? Non merci !
21:48 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, dada, surréalisme, députés, tzorgato, presse, commentaires
24.04.2008
La Doxa des Dickça
" Je me repens de ce que j'ai fait du mal en faisant du bien, l'un est dans l'autre et l'autre englobe l'un et les deux font le tout. Ainsi ni ce que je dis ni ce que je fais ne sont autre chose que la valeur ajoutée de l'un et de l'autre. En rien on ne peut m'imputer d'être trompeur en me trompant et les éléphants ni d'Asie ni d'Afrique n'y sont non plus pour quoi que ce soit dans l'assèchement du lit des fleuves insomniaques. Je suis maitre ? Oui je suis le maître de cette multitude qui m'est comme une marâtre et me harcèle de son désir d'être courbée sur l'horizon en une arche où mon pied, pour sa joie, flirt avec l'éternité. Je ne profite pas puisque du bout des lèvres peut-être mais au final, mes chertés, vous m'avez choisis pour vous conduire aux seuils des églises reconstituées, aux savates de ceux qui n'en savent pas plus que vous mais vous le disent, droit dans les yeux sur un ton de droiture qui vous fait courber de plus belle. Oui je suis votre évasion, votre seule clé de feu dans ce monde en fusion. Demain sûrement (Oh oui ! demain !) on m'enlèvera de vous... OOOOhhhhhOHHHHooooooÔ ! J'aurai mon bâton de Maréchal dans le C... de sac et des anges venus en hélicoptère m'emporteront... m'emporteront... m'emporteront... OOhhooHÔOOooooHHH ô ! Alors ce soir, devant vos crânes luisants, vos lèvres sèches, vos ventres gonflés de vermines, vos regards de bocal à poisson rouge, le troupeau bêlant de vos origines, vos agents de la santé publique, vos espoirs d'un monde qui vous foute la paix en allant se déchirer ailleurs, ce soir auprès de vos tympans taillés dans la masse des médias... Je me repens d'être tout à fait comme vous rêviez d'être, le chef incontestable d'une bande de pillards des Caraïbes battant pavillon de banlieue. Heil... euh... j'ai pas mis ma main devant ma bouche, mère ?"
Vous n'aurez pas été sans noter la présence des guillemets qui signalent le met de choix. En effet ce court extrait de pensées déviationnistes est en fait la première mouture à chaud d'une énième pression à froid des divagations apocalypcieuses du Présidnet. L'allocution-questions-réponses-hypothèses de ce soir sur tous les écrans de ceux qui en ont doit selon le nouveau protocole être précédée d'un court office religieux célébré sous le saint office de monseigneur Neutron. A cette occasion le Présidnet non accompagné de madame, comme elle est étrangère, se livrera à quelques mimiques repentante en vérifiant bien sur les prompteurs qu'il est raccord avec l'envoi de missiles balistiques en direction de la Chine. A la suite de quoi... Puis pour conclure le Présidnet se penchera sur le sort des pas d'veine et jettera en guise d'adieu quelques grosses poignée d'avoine sur l'assistance sommée de produire un orgasme collectif et significatif en termes d'audimat.
A ce soir donc, chers amis !
17:55 Publié dans polytiques, ras le bol, Relis tes ratures, Sport, Voyage | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozx, démocratie, opinion, sondage
23.04.2008
Rue d'Anvers
Ce qu'il y a de beau avec le nom des rues c'est qu'il vous conduit si vous n'y prenez pas garde bien loin de l'adresse inscrite sur le petit bout de papier que vous tendez aux gens que vous croisez, perdu que vous êtes et eux qui ont l'air de savoir, vu qu'ils marchent d'un bon pas. D'un si bon pas d'ailleurs que peu arrivent à stopper leur course morne. votre graphie est imbuvable, quelque chose entre le cunéiforme et les caractères maquillant d'une carte postale venue de Mars... La rue daverse vous dites ? Attendez ! Vous attendez mais rien ne vient. Peut être vous êtes vous trompé de ville ? Trois heures de ce train plongé dans l'hypnose de la vitesse relative à la courbe nauséeuse des virages, aux villes traversées comme le couloir de la mort, aux arrêts improbables dans des verrières plantées comme le sarcophage de la belle au bois mordant, au bout d'infinis parking où ronflent les SUV de princes jamais charmant. Peut être avez vous sauté en marche... Le Creusot-Monceaux les mines ! Deux minutes d'arrêt ! Veuillez vérifier que vous n'avez rien oublié à bord ! Cette voix qui ne vous rappelle rien sinon que pas plus les passagers que le personnel roulant n'a autre chose dans le crâne que l'absence du voyage.
Au bout de ce non voyage, c'est bien ici que deviez descendre, Lyon Perrache. Vos sacs sont sur le quai et vous n'êtes pas plus qu'eux. La poignée en moins. Votre mère n'a pas pensé que vous alliez vous perdre sur le quai des gares, parfois et donc même si à chacun de vos départs elle n'a pas oublié de plier un mouchoir sur le billet de cinquante francs que papa voulais vous donner, elle ne vous a pas fabriqué de poignée. C'est con l'amour d'une mère surtout quand ça croit pouvoir se passer de la génétique appliquée aux situations embarrassantes. Personne donc pour faire couiner vos petites roulettes dans les Escalators ? Tant pis, vous êtes grands à présent, alors vous y allez seul. Ce qu'on est seul tout de même !
La rue d'Anvers ? Oui oui bien sûr... Attendez ! Vous attendez encore... Vous voyez la rue de Marseille... ? Euh non, je viens de Paris voyez vous et... Ah ces parisiens, ils croient tout savoir et après bah ils ne savent rien, c'est toujours pareil. On vous plante là... Bonjour chez vous ! Tant pis je rentre, vous vous dites mais vous aviez juste assez pour faire l'aller et vous avez rendez vous alors pas de faux bonds. Rue d'Anvers, 104, Lyon 7e ? Prenez le tram ! Me dit on. Vous voyez le siège de la gestapo ? Jean Moulin ! Jean Moulin va trop vite ! Avenue Berthelot ? Ah non mais... Et bien c'est pas loin... Prenez le tram ! Je prends le tram... "Petits enfants de France tu es notre berger..." . Pas un uniforme en ville, pas de lettres gothiques sur les panneaux. Station Centre Berthelot, en face du musée de la résistance et de la déportation. Lyon a ce charme comme toute métropole qui se respecte, d'être toujours à l'identique pour le cas des reconstitutions historiques. Je descends à la suite de deux miliciens municipaux et me retrouve rue de Marseille. vous y êtes presque me susurre une vieille dame armée d'une Sten, sans doute parachutée la veille; Au bout là bas, c'est la rue bancel et à l'angle c'est la rue d'Anvers ! Tout est simple en fait, dans une ville vouée aux secrets de famille il suffit de croiser le chemin de la veuve d'un FTP-MOI pour ne plus se perdre, jamais, à Lyon où ailleurs.
C'est sans queue ni tête ce que vous venez de lire. J'en suis bien d'accord, on perd son temps ! Mais comme je me refuse à me sur équipé en GPS-SS-MODEM-UMP-PS-FN et patati patata si vous restez on a pas fini de se perdre ! Mes dames, mes sieurs veuillez vérifier que vous n'avez rien oubliés de vos effets personnels en quittant cette page.
08:06 Publié dans Rage | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, érotisme, publicité, lecture, affichage, saint valait rien, valentin
22.04.2008
Revenir
C'est ça qui fatigue, ça gâche même le petit matin, le poids du sac au bout du bras, les quais, la verrière bâchée de la gare de Lyon, les composteurs, les wagons à compter avant de découvrir celui qui est le bon, où il y a la bonne place avec le bon numéro, le même que sur le ticket. Revenir, c'est ça qu'est ennuyeux. Mais il fallait, il vaut mieux même, revenir; Parce que là bas c'est une autre pair de manche, impossible de glisser à l'aise dans des frusques qui ont été faites pour personne en dessous du seuil d'indigence.
Lyon notez bien, c'est beau Lyon ! Coquet comme une boite à bonbecs dans laquelle il faut pas plonger la main entière, deux doigts seulement et sans choisir, au petit bonheur ce qu'on y trouve, friandise au gras double, un fleuve en flammes charriant les alluvions d'anciens incendies. Un fleuve que l'homme côtoie comme un boulevard désert, à Lyon. Des bars, là pas de patrie, la bière si ce n'est chez Georges y est partout la même et on s'y grille le bout des doigts sur des trottoirs livrés aux trombes d'eau, une drache mon ami, telle qu'ils ont à Lyon des petits parapluies pour leur cibiche et quand tu as fini tes saletés tu le retourne le parapluie et ça te fait un cendrier. C'est beau Lyon, beau comme Paris libéré par la voix chevrotante du généralement de Gaulle. Trois semaines de bout du monde avec à l'horizon des montagnes noirtes et des couchants parfois Grand Siècle. Un chantier de bons garçons, avec à la main chacun son exemplaire de Dagerman, "Notre besoin de consolation est impossible à rassasier". Lisez, ça bouscule un peu son grand-corps-malade, faut dire que c'est pas écrit avec un bac 80 % ! Non ne lisez pas c'est écrit au maigre et sans dictionnaire de rimes, c'est assez dégoûtant.
Den's est là, je l'assomme avec Stig. Den's a un discours des plus brefs, qu'il planque dans sa tignasse et sa barbe et pudique faut voir, renfrogné comme un aiglon pas réveillé. On le dit taciturne, as-t-il jamais été l'élève de Tacite , Cela se peut bien vu que partout où sa wago bondée d'outils passe Den's va. Là une maison à bâtir, là un truc en bois dont il faut faire une table en marqueterie, là rien où plutôt mieux une fiancée de retour chez qui il revient quand le monachisme du menuisier suffit plus à lui faire la conversation. Den's est renfrogné, allez pas vous y frotter sinon c'est de vos mensurations qu'il fera un meuble, pour vos vieux jours. outre le Den's, outre votre bavardeur, il y a un troisième larron sur ce chantier de bons garçons. Et ce troisième c'est le taulier, celui par qui la turne se crée de toutes pièces et dans les lignes brisées de son dos dessine avant que d'avoir débuté, des cassures qui le tordent et le souffre à hurler. Trois heures après mon arrivée... Bon les gars, je ne sais pas ce que vous faites mais faut me ramener dans l'Aveyron ! Nous ? Ce qu'on fait ? Rien, enfin on supose, on trace un peu en pointillés... Là la cuisine ? Non là ! Alors, ici Le comptoir ? Oui mais pas comme ça ! Aïe, ça me triture trop. Den's nous a déjà fait un plan de travail sur des tréteaux qui auraient pas endurés une seule représentation de Guignol's band. Je sors la cafetière, branche le gaz et fait tourner les gobelets en plastic. Tout à coup le blockhaus prend des airs de salon des arts ménagers. Une lampée deux lampées, une latte, deux... Et nous voilà sortant le fourgon sur le soir, direction l'autoroute de Figeac !!! Le chantier ferme ses portes, déjà, c'est pas fini, non c'est pas fini.
Le taulier, le perclus, ce fil d'oeuf mal bobiné c'est le Pit. Le Pit ronge la mort à la vitesse de la lumière ce qui fait que lui non plus tiens pas plus en place que le Den's. Avec une rage de féroce rentrée dans les épaules, il finira par la baiser debout contre un calvaire et on en sera pour nos frais des discours philanthropiques. Chez lui le corps et l'esprit ont des visions complexes des enjeux à court terme. Une sorte de guerre que les toubibs tentent de gagner contre lui mais avec son consentement de douloureux. En attendant le den's tient le manche de la Citroën qui elle aussi ne se conduit que de la fesse droite, en alternance et sur les indications du Pit qui à l'arrière cherche des positions de fidèle en prière afin de donner ses ordres d'une voix de braillard hérétique... Putain mais c'est pas la peine d'appuyer autant cette voiture accélère toute seule... ! Me dites pas qu'on est pas encore arrivés !!! vous foutez quoi à toujours vous arrêter ? Ah le viaduc de Garabit, onze heures du soir... Le bavard avait pas vu encore ? Ah ! Mais on repart, hein ! P'tain y caille grâve. Le Pit avance, un fatras de roues voilées, de charpente violée par l'étroitesse vertigineuse de l'enveloppe. il avance et casse en harmonie, dans un même mouvement. Mais là, il nous les brise menu. On va devoir demander un acompte avant d'arriver dans son nulle part, sous les étoiles.
Huit heures de routes, de cafés gris en stations de son chemin de croix, changement de main, changement de vilain. Le Den's et moi au volant, pas plus d'une heure chacun et une prime à qui voit les nids de poulpes (La Loïs) avant de tomber dedans et d'y plonger la rage de notre passager peu amical dans la débine et les cachetons : Ceux là je suis sûr que c'est les bons, un quart d'heure, ils font de l'effet ! Ouf encore un quart d'heure d'envie de meurtre et après on s'en grille une.
On arrive, c'est bien là ce nulle part au milieu de la nuit; voilà combien de temps que je n'avais vu autant d'étoiles ? Depuis la piste, avec Roger Lanzac.
C'est loin Lyon à présent. C'est loin mais c'est là où j'allais. Vendredi, j'arriverai Vendredi par le train de 12 heures 59. OK c'est le Den's qui viendra te chercher !
Mais Lyon me direz vous ? Lyon j'en reviens mais pas encore tout à fait. peut-être même pas du tout, c'est en suspens comme des particules dans l'air que je respire. Lyon, je vous en reparle mais franchement, lisez plutôt Dagerman.
16:42 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, poésie, et caltera...
21.04.2008
Mamamouchis
Par la sainte sandale du Crhist dé-localisé voilà t'il pas qu'après avoir autorisé la police chinoise à effectuer une patrouille torche au poing et petit livre rouge dans la poche revolver du survet Adidong, au travers des rues de Parissss. Ils sont parait il à la recherche d'un dénommé coubertin, Pierre de de son prénom, un type qui aimait l'éphèbe la nymphe et le souvlaki, si vous le voyez, dites lui qu'on l'attend à Pékin pour le spot Mike und Red Bull. voilà t'il pas donc que le moine vénérable, le célèbre laïlaï darma est reçu, tout le monde porte le safran, de rigueur chez les cocus, sous les ors de la mairie de Paris qui est comme une truc baroque, entre le gothique et la gaze, le quart monde et le prince. Et hop sa sainteté faisez gaffe à la marche ! Citoyen d'honneur d'une ville qui ne compte plus que des groupes de pressions et des lampadaires pour la sécurité des amants; Citoyen d'honneur, le prélat, l'issu d'une hiérarchie puissante et la dirigeant, même de loin. Un chef que diable ! Un chef comme nous aimons, comme nous en avons, tout de blanc vêtu, avec sa soucoupe volante sur le chef et son vaisseau amiral la mitre et qui s'en va, la crosse du berger jaloux en pogne, prêchant un gouvernement mondial, la purification du monde politique et économique sous l'égide d'une puissance hiératique à laquelle il se sent tout à fait disposé à participer, si on l'en prie. Ce à quoi le LaïLaï Darma répond que lui aussi évidement si on l'en prie il veut bien ajouter un tour de moulin à prières à ses tours de passe-passe. Moi aussi, tout comme vous j'aurai pu reconnaître le bol et tout le saint frusquin sacerdotal pour peu qu'on me nourrisse un peu plus qu'avec des prières. Ce grand Mamamouchis de quelle compagnie de bateleurs vient-il, de quelle cause savamment entretenue dans ses frustrations est-il le chantre souriant ? D'une cause noyée sous les salamalecs et la divine courtoisie des diplomates ? Alors encore passez muscades, nous n'affirmons pas notre solidarité, c'est juste pour la photo. Ca me rassure personnellement car je me souviens de Céline beuglant : "A Brest les chinois... vous les verrez à Brest... Vous verrez bien alors !". vieux con ! Ferme la donc ta gueule ! Sale pamphlétaire de mes deux hémisphères ! et vrai ça fiche le blues, tous ces touristes en arme. Personnellement je nourris des pensées tout à fait amicale à l'égard des tankistes de la glorieuse armée du peuple de la chine et des comptoirs réunis. Et vive la révolution socialiste et l'amitié entre les peuples ! Et vive F. Hollande ! Et vive la fête ! Et vive la petite peur des peuples !
21:53 Publié dans polytiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, poésie, et caltera...
20.04.2008
Il pleut
Il suffit de tourner le dos pour qu'il pleut. Il pleut selon vos convictions notez bien. Il, on s'en rend bien compte, respecte le calendrier des revendications, secteur par secteur. Vous voulez qu'il pleut des augmentations de salaire ? Il pleut un Aimée Césaire. Vous voulez qu'il pleut plus des emmerdes ? Alors là repassez la frontière, sans K way pas de papiers, sans papiers pas de cul terreux, sans cul terreux pas de prévisions, sans prévisions pas de gouvernance, sans gouvernance pas de TV et sans TV pas de racontars sur la pluie et le beau temps.
Il pleut plus, pas de veine, je tenais pourtant là un sujet bondissant d'émois variés. Ah ces longues promenades sous les pluies tropicales que toi et moi faisions en poètes roulant dans le caniveau gorgé de vomissures impétueuses ! Ce crachin d'Automne plaquant sur nos paupières les feuilles des maronniers tandis que nous nous bourrions la gueule de coups de poings à la sortie des écoles. Ces pluies enragées à saloper les rivières quand nous glissions des berges grasses, happés par la boue matricule, sans espoir d'en revenir autrement que dégoulinant d'herbes folles et bons à calotter. Ces orages de Mai où le muguet rancissait de saison en saison, sans fleurir le revers des luttes. Pluies que nous souhaitions diluviennes quand de nos lèvres empatées le vin évidé faisait de nos pensées des bulles de salive lourde.
Il pleut plus, plus assez pour laver le ciel qui ne se souvient plus que nous naissions sans qu'en soit perturbée la télédifusion du bulletin météo, nous naissions anonymes, pour encore un peu libres.
22:30 Publié dans Mélancholie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, météo, modem et tom tom, france, psg


