« 2008-04 | Page d'accueil
| 2008-06 »
31.05.2008
Trois Cent
J'ai été bien causant, causant pour ainsi dire par plaisir de causer. Entièrement voué à la cause du verbe, j'en ai brodé l'essence au revers de toutes mes faillites. Écrire pour raconter qu'hier entre le coucher et ce matin le lever, j'ai dormi avec plus ou moins de bonheur, écrire le mimétisme du grain de sable dans le désert, l'homme couché sous un porche, la haine automatique qu'inspire l'ordre révisionniste, écrire adossé au parapet des falaises la chute sans cesse finissant par faire un bruit de fiente, écrire en toutes circonstances le rien protégé par l'écorce du sens. Appuyer les syllabes aux sons et les sons les pousser à bouleverser l'invariable du morne, écrire pour que le détail insignifiant d'une vie ne reste pas sans mémoire ni sans feu et qu'au moins le lieu de la page soit l'El Dorado, le pays retrouvé, l'Ithaque de l'éternel naufragé.
J'ai été bien causant, baveux dont le fond d'un voeux est resté imprononçable. Au prêche comme à la charge, à la forge aux prises avec les escarbilles de la ponctuation et l'odeur de soie brûlée qu'elle dégage quand on l'a posée semée jetée au vol d'une large main, sans considération pour l'arythmie cardiaque du lecteur. Son manque de souffle, son désir de comprendre le trait fort en laissant de côté l'esquisse préparatoire, cette ligne claire qui le hante depuis qu'il sait que la terre est ronde et que tout l'art consiste à redresser l'horizon au dessus de l'alignement des croix. Organique lecteur.
Alors Lephauste ! Me lance le maître mot, en voilà bien trois cent ? Trois cent qui valent pour un et un qui fait bien peu au regards des secondes écourtées, des heures entassées sous la table bancale, des journées entières enroulées au vol d'une mouche obsédée par la décomposition.
Et pour conclure ? Pour conclure, rien qui ne puisse encore se dire sans feindre l'envie du mot FIN.
16:47 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozx, démocratie, opinion, sondage
30.05.2008
Le commuteur
Ligne A, ligne B, ligne C, ligne D, cherchez pas dans vos abécédaires il n'y a pour ces lignes là aucune image d'hirondelles, aucun arbre, aucune maison d'où le papa sort au matin tandis que maman prépare les petits en leur beurrant de grosses tartines. Il n'y a pour ces lignes là que la suie, la suée, l'aigre gueule de l'emploi, le réveil amer à trois cent par wagon. Trois cent parfums de pacotille, trois cent regards d'assassins, trois cent fois mil raisons de maudire les voyages en ce que ceux ci ne forment plus que le servile.
Ligne D c'est l'aube, les quais sont à ras bord de matière noire, c'est l'heure de ces salauds qui usinent aux tri des ordures, c'est l'heure de ces importunes en boubous et qui vont au bureau pour vider les corbeilles, c'est l'heure des chiens sous muselières, de leurs maîtres se frayant dans la foule leur chemin d'intouchables, c'est l'heure de la masse unique et délabrée sous l'uniforme libéral.
-En raison d'un problème lié à la maintenance du matériel les trains en direction de Melun circulent avec 30 minutes de retard !
Je suis un commuteur, un usagé du RER, un client du droit de péage, le commuteur idéal. Je fais bip à l'heure H et m'engonce dans la charnière humaine, chaque matin, dans la charnière humaine maintenue en vie par les écouteurs, les vibrations du téléphone, la lecture du journal gratuit; Un cataclysme en Mirbanie, une junte au Luxembourg, La mer se retire enfin sur un paysage de désolation et de virages en coups de freins la matière entre en fusion. on se bouscule, on s'ignore, on s'applique à se traiter comme on nous dit, méprisables, méprisant, soubassement d'une pyramide d'où cascadent les images de la réussite. Elodie sauve son enfant de la noyade ! Un monsieur si gentil pourtant ? Le père avoue le viol du saint esprit ! Trente ans de réclusion pour le meurtrier du petit Jean-Philippe ! De belles perspectives pour le marché de l'immobilier ! Les époux royaux sont arrivés à Roissy...
Je suis l'aliment frelaté dont la capitale nourrit ses boyaux où s'affiche le papier monnaie, en panneaux immondes. Je suis le commuteur mais il n'en a pas toujours été ainsi, j'ai été tout autre chose, chose tout de même. J'ai été serf cavalant la famine à mesure que les guerres changeaient le paysage. J'ai été métayer sur un tas de fumier, enrôlé dans les guerres dont le profit se partageait loin du grabat où les rats conchiaient mes guenilles; j'ai été au coin des places celui que ces moignons nourrissaient de la gangrène que les guerres aspergent de repentir. J'ai été ouvrier, à la peine et au nombre d'un infini profit, emboutissant les douilles d'obus, laissant ici un doigt, arborant sur le revers les médailles de mon travail, buvant, trimant encore quand à l'aube les ordres de marche tombaient en liasses sur les chaines de montage. J'ai été à la première heure me faire traiter d'identifiant par des employés à retailler le costume des statistiques; J'ai été de toutes les théories celui qui n'en faisait pas assez. L'indigeste multitude, le ferment de fainéantise. Celui qui jamais ne comprend qu'on le prend exactement pour ce qu'il est, un organe déficient mais pratique tout de même sous le rapport de la propagande et de la quasi gratuité.
Je suis le commuteur, le commuteur idéal et le premier qui tente de m'empècher de monter dans le wagon, celui là est un homme mort. J'ai ma place dans le wagon, j'ai payé pour pouvoir monter dans le wagon, il est hors de question que je ne monte pas dans le wagon, poussez vous bon dieu que je monte dans le wagon, comment ça il y en a d'autres des wagons, mais c'est celui ci mon wagon... Arbeit mach frei ! Arbeit mach frei !
-Les voyageurs à destination de Nice sont invités à se présenter au chef de train munis de leur laisser-passer. Un service de restauration est assuré durant tout le trajet ! Ladies und gentlemen ...
14:43 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozi, parti socialite, socialime, delanoé, royal, hollande
29.05.2008
Erosion
Je m'érodai à l'occasion d'un peu de poudre aux yeux, poudre qui au fin bout d'une rêverie reste à la paume comme un nuage de lait caillé. C'est une maladie rare que je contractai, petit, à l'âge de la barbarie. J'en ressentis les symptômes, comme tout un chacun d'abord avec au ventre la trouille de retomber si vite en poussière alors que statistiquement je ne faisais pas partie des revenants. Puis je me pinçais et retrouvais mes dimensions et j'en ajoutais une autre aux multiples facettes de la honte. Je compris pourtant bien vite qu'il fallait m'administrer l'anti-dote assez fréquemment. Alors j'élaborai de courtes histoires où de conquêtes en conquises j'aimais tout ce qui se cachait dans l'ombre des parfums ouverts à l'infini. J'avais au ventre le feu d'une boite d'allumette et des incendies qui me laissaient hagard sous le couvert des draps froissés. Hagard et guetteur de bruits moralistes. La lente paresse était à mon chevet une main douce, une bouche murmurante, l'éruption que je devinais venir à moi me chevauchant de robes déboutonnées, ôtées jusqu'à la ceinture, de linge fin roulé à la saignée du genou et d'après midi d'été finissant entre les racines d'un arbre de clairière à rebrousser les mousses au dessus du halètement des sources.
Je m'artillais alors en maladroit prometteur, j'astiquais la brindille, faisant de mon lit un barnum pris par la tourmente, comme un feu de paille et piquais mon ciel trouble de toisons et d'étoiles. J'étais branleur comme d'autres s'adonnaient aux mathématique, par passion de l'extase et de la folie juste. J'en ai connu de ces matheux qui n'avaient plus dans la tête que des équations dont les éléments jouissaient en désordre. J'avais des gracieuses, des saintes et des catins, des commères qui s'ignoraient en tant que telles, qui vaquaient par les rues de la province et se paraient à l'abri des persiennes de la rue du commerce, qui fût mon délicieux enfer. Se paraient pour d'iradiantes nudités. De ces grâces qui se penchent encore parfois au dessus de l'insomnie et bercent les années qui n'en sont plus.
Je ne faisais qu'étrangler le borgne me direz-vous, j'astiquais la gouverne, je faisais coulisser le noeud, je foutais les courrants d'air, je... Je n'étais en rien à m'occuper de mon avenir, je ... Oui ! c'est bien sûr mais on ne vantera jamais assez les charmes de la marchande de couleurs.
16:39 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, littérature, poésie, naissance, anniversaire
La Tuile
Je suis une tuile ordinaire sous le ciel bas. Une ration quotidienne de perdu-ration de l'espèce, un module de reproduction légal. Je suis l'unité 14 . 12 . 59 modifiée 72 à télé-chargement libre (update en ligne). Fonction principale, la révolte automatique. Fonctions annexes, consultez le bulletin de naissance. Pare feux, le repentir. Nantis d'un anti-virus en tension active. En option, l'Éros, logiciel libre, plug and play, donnant accès au calculateur central et permettant d'influer sensiblement sur le flux des émotions. J'ai pour nom, sous licence, la tuile. Je suis une tuile ordinaire sous le ciel bas mais le toit qui m'a vu la dernière fois m'encastrer au dessus du "bonheur" qu'il encroûtait n'est pas encore revenu de la grande tempête qui mis bas mon amour pour elle.
08:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, littérature, poésie, naissance, anniversaire
Aube (Incitation au vol)
L'aube est remontée des bas fonds de la nuit, titubante, léchée par les nuage qui ont fait de Mai le deuil de la lumière. Dans nos lits la maintenance est presque achevée, dans un instant le jour faisant fi de nos humeurs nous dressera dans les oxydes et nous nous enverrons au travers des regards la somme des injures que notre état engrosse. Des portes claquent déjà que personne ne sait plus retenir, des portes claquent, des portes... Entendez vous comme nous nous claquemurons ? Faites de ça ce que vous voudrez mais un matin comme celui ci ne faites plus ce que l'on vous dit de penser, ne pensez plus qu'à défaire inlassablement la chrysalide grumeleuse des nuages et à nous en arracher les racines, une à une. Que nos limons enfin s'apaisent et que n'y germe plus que la sensation paisible du fruit.
07:42 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozi, parti socialite, socialime, delanoé, royal, hollande
27.05.2008
La locura
A perte de vue des murs, de hauts murs couronnés d'ondes électriques, des murs aveugles et invisibles. A perte de vue des foules denses allant et venant d'un mur à l'autre, bousculées, remisées, déboussolées. Troupes assemblées ponctuellement autour du fanal, qui de sa langue régionale, qui de la couleur de sa peau, qui de l'exil auquel l'a contraint le désert et l'idéologie, qui de la cité d'où on ne sort que pour subir le contrôle identitaire, qui d'un improbable Bon Dieu disséqué par les docteurs de la foi, qui de la peur fauve, qui de son reflet dans la vitre blindée des guichets, qui du nulle part où on l'assigne à figurer... Qui de ses origines ... Qui du vieux monde a fait un dépôt d'antiques. A perte de vue des murs, de hauts murs couronnés de ces ondes dont nous faisons grandes consommation psychiatrique.
Qui connaît le code secret au sein duquel chacun de nous est l'issue de secours, la porte dérobée au regard de qui nous impose les cauchemars de son enfance évidée ? Qui de l'entier de ce que nous sommes ensemble fera une tour du haut de laquelle les murs ne seront plus que de mauvais souvenirs d'une ombre où nos lâchetés avaient la vie belle.
10:59 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : syndicalisme, politique, litérature, social, sarkozi
Mon Père
Ce court texte m'est inspiré par la lecture que je viens de faire d'un autre, écrit par Loïs de Murphy sur son blog : http://loisdemurphy.canalblog.com
Un texte croisé en somme.
Il avait pour lui que la vinasse avant que de le plonger dans la lie quotidienne le couronnait d'un absolu sans lequel il n'est rien de vivre. Mon père buvait. Et cela me fait souvenir, maintenant que son corps enfin libre des pesanteurs de sa "patte folle" ne le fait plus souffrir de ce que les anges endurent dans la contrainte d'avoir à claudiquer plutôt que de planer en de gracieux looping, d'une réclame télévisée de mon enfance passée auprès de lui à le fuir par tous les moyens. A l'image n'aparaissait qu'un petit garçon dont on voyait que la main était tenue par la main d'un homme. Ils marchaient tous deux au long d'une rue et passant devant des vitrines, ils finissaient par s'arrêter devant la porte d'un café, "tapageur" comme le chantait Rimbaud. L'enfant se raidissait, freinait des quatre mais l'homme lachant la petite main poussait la porte et entrait, seul. J'étais à l'époque ce petit garçon qui attendait à la porte.
En fait non, j'étais ce petit garçon qu'on asseyait au fond de la salle du "café du cher" : "Et pour le p'tit, ça sera quoi ?". Une p'tite grenadine ? Avec une paille ? Je faisais oui de la tête. Mon père s'installait au comptoir, il y avait toujours là deux ou trois compagnons de fillette. Les verres ballons, la carafe en verre fendillé, fascinante. Et les tournées, celle à Maurice dont la femme se faisait la belle tous les six mois, celle au Dédé que personne attendait à la maison, la maison qu'il retrouvait souvent pas toujours à la même place, celle à la Macotte dont les quarante cinq chats se plaignaient entre eux de ce qu'elle puait le chien mouillé, celle du Miton qui avait des dons de guérisseur, celle que la Marinette remettait, en sainte patronne du zinc, celle d'André qui quittait jamais ses pinces à vélo et qui avait gagné le super banco aux jeux des mil balles, dans les Aurès. Puis venait la tournée de mon père, le boubouche, le fleuriste du 22 avenue Gabriel Dordain, la bonne pâte montée au 12°, au p'tit coup d'rosé et à la belotte. A la santé de la bourgeoise ! lançait mon père en se calant une gorgée derrière la cravate; La bourgeoise, c'était ma mère. Une sainte femme dont la seule préocupation consistait à cacher la tache qui ornait son statut de mère et d'épouse. Je faisais assez bien la tache, aussi...
Ma grenadine avait fait long feu. Je regardais l'ivresse les prendre tous, ils me foutaient la trouille, le gueuloir arrivait vite à son plein d'invectives, de plaisanteries qui les poussaient à rire de travers des coups bas que la vie leur offrait en guise de destin. Une guèpe tournait au dessus de mon verre poisseux et quand elle arrivait au fond, ivre de sucre, imprudente, je l'emprisonnais dans son dernier festin.
"Non papa, pas cette fois s'il te plait...". C'est ainsi que la réclame était ponctuée, la voix de l'enfant juste avant que la porte du café ne se referme et que la docte voix du ministère de la santé ne prononce la sentence qui achevait de nous rendre sourds les uns aux autres.
Mon père buvait et nous nous aimions.
08:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozi, parti socialite, socialime, delanoé, royal, hollande
26.05.2008
Larzan
Z'ai eu assez longtemps des relations épineuses avec un curieux zoizeau. En fait il s'est installé dans mon exzistence sans que z'ai rien eu à faire. Et que je te viens et que je te vas ! Et que j'y suis et que j'y suis plus. Et un coup dans la gamelle le gras des jours de fêtes et un coup dans le buffet et sa profondeur d'insondable énigme du vide. Ze voyais bien que chez d'autres il avait l'air d'être chez lui, tout au naturel de l'orzie quotidienne et que de l'autre côté de la rue chez les Zivanov, il passait jamais plus de temps que le huit du mois. Chez nous, ce zoizeau là survolait le chantier familial et y con-chiait le perchoir sous lequel nous vivions, en craintifs. Quand il avait fini de faire ses petits besoins,mes parents raclaient la fiente et m'envoyaient, ma liste à la main, chez l'épicier du coin. La belle vie qu'on avait à l'ombre du volatile. On était zhonnêtes et donc zheureux. C'est ainsi que la morale nous met en cause et quand on a le ventre en creux, on baisse les yeux, car le zoizeau aime les zhumbles.
Z'ai donc chez moi un perchoir semblable. Et zoizeau vient et zoizeau va, ze lui prépare l'espace, z'opère des sacrifices, huit heures par zour, quarante heures par semaine. Ze cours le patron, l'employeur me houspille, ze baisse les zyeux, z'envoie des lettres motivées, ze postule, ze fais la belle, ze suis flexible sous la badine. Le zoizeau me pousse ainsi chez des poètes qui font dans l'épicerie fine, dans le gros, le demi gros, le détail tout en maintenant le taux de la révolte à hauteur de schizophrénie. Discountant comme le dictaphone de "notre Ford" ils font des petits ronds sur du papier, supputent le taux du vers libre su le marché des dirty actions et zoizeau leur tient la plume, signez là ! Ze signe en me signant, ze singe le comportement d'icelui qui en veut. Toi t'en veux, ça se voit ! Me dit zoizeau, dont entre parenthèses je vous ai caché le nom de "lord of the apes". Zoizeau s'appelle Larzan; Zoizeau Larzan lord of the apes ! Ça rutile sur les les calandres de SUV, ça plastronne en tête du box office, ça se rengorge dans toutes les tribus, les clans, les smalas, les familles, les crews. Ça nous fait du bonheur pour quand le pouvoir nous propose le rachat de notre vieux rêve qui bouge en échange de l'acquisition d'un module spatio-temporel en 3D avec machine à glaçons raclette incorporés.
Ca me prend à la gorze quand devant moi ze renverse et trie le tas de petites pièces zaunes, que ze défroisse les petits billets couleur de rien. Que ze vais devoir en vouloir encore plus... Touzours plus, à l'ombre du perçoir.
14:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, littérature, poésie, naissance, anniversaire
24.05.2008
Cinq's a lot !
En général le cinq ne me vaut rien qui vaille; Pourtant depuis longtemps je m'en suis fait un nombre d'or sans qu'il me serve à rien calculer. Je n'ai jamais su compter plus loin que le don. Cinq est un impair tout comme je le suis aussi. La rondeur boursouflée des pairs me laisse de glace, me fait penser à l'ordre de marche, à la régularité de l'inique, aux deux par deux des rangs dans les cours de récréations où l'on ne recrée que l'obéissance au travers des bouleversantes cavalcades proprement matées.
En général le cinq ne me vaut... Mais là c'est une somme qui s'est posée, toutes serres à l'affût, sur mes endosses d'homme à la peine.
Dans le fond, poète c'est assez simplet comme état.
Ce qu'il pensait ?
Je ne sais qu'en pensait ?
De ses dix doigts que faisait-il ?
Rien qui soit digne d'être nommé !
Au moins, s'est-il tenu comme un I, bien droit sans broncher ?
Ni mieux ni pis qu'à pendre aux ramures du saule.
Ah, l'étrange sujet !
Je vous le dis, poète c'est assez simplait !
Mais là, Mai franchement, en rien ne m'aura épargné. Ni le doux ni le faible ni le feu ni la peine ni les plaies ni les plaines d'où un second fleuve distance les berges de la Seine, ni quoi ni caisse ni dans ma tête la velléité de n'y jamais rester plus que pour y veiller mes souvenirs. Mon espace est aux ciels tendus d'un dais filant entre les doigts en pelote de nuages. C'est ça sans doute qui agace et plaît et qui agace plus que cela ne plaît.
07:48 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : plolitique, littérature, poésie, pentecôte
23.05.2008
un bail
« Le signataire s'engage en contre partie à jouir des lieux bourgeoisement et en bon père de famille ». Je signe le bail, pose mes initiales en bas de chaque page. Bien évidement je n'en ai lue aucune. Je ne lis pas ce genre de prose. Non pas que j'en méprise les rédacteurs. Je respecte les rédacteurs, l'effort qu'ils ont fait pour tenter en quelques paragraphes de circonscrire le presque tout des problèmes imaginables. Un bail c'est assez comme le parapluie atomique, c'est quand il ne pleut pas des bombes qu'il faut l'avoir bien ouvert audessus de l'entendement. Ridicule en somme comme Robinson Crusoë échoué dans le forum des Halles à une heure de grande écoute. Son bail précaire à la main.
Ecoute ! Je ne vois pas d'autres solutions. Elle ne voit jamais d'autres solutions que les siennes. Comme elle ne manque pas d'imaginations j'avoue qu'à chaque crise elle me cloue. Je sors de la penderie mon sac de voyage. Une loque, depuis que je la suis dans ses aventures calamiteuses je ne voyage plus. C'est elle qui se taille en permanence. Le petit et moi on l'accompagne à l'aéroport. C'est pas la peine je te dis ! J'irai par le RER. C'est vrai qu'il est tôt mais on est prêt, alors...
Je fourre dedans quelques saletés informes, des vêtements qui ressemblent à des courants d'air déchirés. J'ai dans la tête tout le foutoir inondé de larmes morveuses mais je ne lache rien. Elle s'impatiente, va de long en large, occupe l'espace et dans sa tête à elle le pentone de chez Valentine défile. Plutôt vert amande la salle de bain et puis des rideaux pour la chambre. Tu t'en fichais des rideaux, hein ? Je ferme la glissière du sac... Oui, je m'en fichais pas mal des rideaux et puis ce vert amande, j'ai de la bile qui me remonte aux lèvres.
Tout est petit dans cet appartement, sombre et petit. Comment avons nous fait pour vivre ici, tous les trois ? Je remonte le couloir vers la porte d'entrée, elle me suit, me pousse. Elle n'est jamais plus belle que quand elle triomphe. La salle de bains sent déjà la peinture fraiche; en passant je dépose les clès sur la bibliothèque, je fais un peu trainer. Dehors je sais que le soleil, la rue ne vont pas me rater; C'est écrit sur mon front, dans la glace de la sueur froide... « Faute de quoi le locataire s'engage à vider les lieux sans délais. »
20:32 Publié dans Mélancholie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, nouvelle


