31.10.2008

Solde après opération

Je me trouvais aux abords de l'agence bancaire dont mon compte dépend, je tairai le nom de l'enseigne; Que l'on sache simplement qu'elle est de ces établissements dont opportunément les archives ont brûlées juste avant que l'on nous annonce que nous allions devoir, en un effort citoyen de plus, payer un peu pour que le lion ne meure pas ce soir. Ô WimBÔ ouais !

Je m'y trouvais donc et face au DAB/GAB je faisais mine d'avoir un peu l'air détaché en sortant de mon porte-close ma carte de retraite de Russie. Slouitch ! Grindle ! grindle ! grindle ! Les lèvres vertes et clignotantes slicent l'objet et l'écran fait mine de me faire des propositions alléchantes. Bonjour ! Voulez vous retirer de l'argent ? Voulez vous déposer de l'argent ? Voulez vous soutenir nos efforts ? Voulez vous ne rien faire ? Dans le dernier cas veuillez appuyer sur la touche éjac ! Je cherche et me rabat sur l'option "autres opérations". Veuillez tapez votre code discrètement, tout geste pouvant prêter à interprétation sécuritaire du niveau quatre sera sanctionné. De l'index donc j'appuie une à une sur les touches "sonores encore de vos derniers baisers", tût ! tût ! tût ! tût ! et retûttt ! A présent veuillez vous munir de votre certificat de solvabilité, d'une copie de votre dernier bulletin de vote, de la prière à Saint Nicolaxe Dubien, d'un extrait d'acte de naissance attestant que vous êtes bien en mesure de prouver que vous possédez assez de vocabulaire pour comprendre ce qui va suivre, d'un plumeur de pigeon en parfait état de marche, d'un raton laveur, de la tourniquette à faire la vinaigrette, du triangle de pré-signalisation accompagné de son gilet Lagerfeld, d'une bonne dose de patience, d'un soutien psychologique adéquat, du numéro vert coût d'un appel local, de l'indicateur des chemins de fer, d'un stylo bille en parfait état de marche et de divers autres objets de consommation courante, la liste est à votre disposition au comptoir cotillons et fanfreluches de la COB.

Je rassemble donc en un temps record l'ensemble de ce qui m'est si aimablement demandé. Ce qui fait au pied de l'appareil, chaleureux comme un confessionnal, un tas assez imposant de tout et n'importe quoi vital et me signale au regard des rares passants comme effectivement ... Il est de noooo ôtre ! Il se fait rincer comme les auuu ôtres ! Tant de saine jovialité !

Ah mais Ho ! Voilà que la machine, mon amie, s'emballe, hoquette, brimdabalaboom ! me dévide un long ruban de papier triple épaisseur, parfumé à l'extrait de faisan mariné sur un air de Mozart. Je renroule, je renroule, le débit est incessant et au bout du compte je me retrouve avec un rouleau tout à fait hygiénique. Et sur l'écran s'affiche la phrase consacrée : N'oubliez pas de laisser cet endroit aussi propre que vous auriez aimé le trouver en entrant ! Nous vous remercions pour votre visite mensuelle et à bientôt !

Je reste un peu comme deux ronds de flanc et empoche le ticket qui prouve que l'opération s'est bien déroulée. Ca m'apprendra à prendre une vespasienne électronique pour une source d'argent frais ! La prochaine fois je tente ma chance à un guichet automatique de la caisse à savon et des dépôts et consignations réunis.

29.10.2008

Des brumes

Tenez, voici du brouillard, une pleine poignée, une douceur gypsophile pour le cas où les éclaircies viendraient à vous dévoiler l'épatante réalité. Voulez vous que nous y joignons un peu de désespoir du peintre, de l'amertume d'O. S., de la lippe sèche d'horloger, de l'encre de seiche où encore de ce concentré d'Amocco Cadiz ? Un peu de fondu au noirte, une aile mazoutée ? Quelques mots d'une chanson de Nicoletta :

"Moi dans mon jumbo jet détourné sur le Koweit

Je ne dis rien mais je m'inquiète (bis)"

Tenez, voici pour la Toussaint une belle botte de fleurs fanées, de la resserre, du frigo. Pas du Montreuil, à Montreuil quand l'oeillet de poète dégueulait, on le fichait au tas. C'est bien simple le tas, c'est un fumier pestilentiel dont les parfums montent au ciel comme la plainte des enfants retraités. Retraités ? Comme il se doit, puisqu'à part les corvées de bois et les pipes à pépé, les enfants n'auront bientôt plus rien à dire que :

Merci bien monsieur le curé ! Bien le bonjour monsieur le député !

Tenez, c'est pour madame, au milieu du brouillard et des fleurs de fossé, l'épatante réalité. Quelques pétales d'une rose dont la teinte fut de moire et qui faillit achever de ses griffes maquillées, en un cri, de nous arracher à la croix où des armoires de linges froissés semblait pouvoir attendre qu'en nous se lève le brouillard.

Tenez, prenez, c'est pour vous !

28.10.2008

Ni l'on ni l'autre

Le président Tartarin de Bungalow bill s'attaque au chômage ! J'avoue que cet homme là force le respect et que son action commande que l'on reste un peu couché cependant qu'il traite à l'épandeur le marais grumeleux dans lequel nous nous enfonçons avec le sourire déconcerté. Ce que je fais donc, j'attends qu'il en ait fini avec la Chine, avec les Farc, avec la crise financière, j'attends qu'il nous ait rincé de quelques milliard afin que les boursicoteurs puissent continuer à travailler d'arrache-pied à notre complète paupérisation, j'attends que cent mil emplois aidés nous permettent de remplir la hotte du père Noël. Cent mil emplois aidés ceci signifie que les patrons qui d'ordinaire nous tondent la santé mentale, vont toucher de l'argent de l'état-c'est-nous pour continuer à le faire, sous le sceau que plus personne ne se demande, ou si peu,  pourquoi les tauliers ont toujours besoin en plus d'exploiter notre force de travail et notre naïveté, des subsides dont nous voudrions qu'ils aillent pour le moins dans la gamelle des plus abandonnés de nos pairs et soeurs ??? J'attends donc que la propagande gouvernementale nous tartarine le nain pointu en petit père des poëles à frire et qu'il se rengorge de ce qu'on le prenne pour le dernier des socialistes. J'attends aussi qu'il salue comme il se doit l'élection de Barak Mc Cain à la présidence de l'armée US. De même j'attends ma carte de rationnement, mon laisser passer pour me rendre à la capitale car j'ai l'al qui fait boom, Samedi à 19 heures. Et pis, la vache,  quand tout ce pataquès sera fini j'attends de voir dans quel état détruit l'élu des classes moyennes nous aura laissé avant qu'à Varennes lui et sa grue se taillent et qu'on nous les ramène par la peau de la griffe afin qu'ils voient bien que la colère n'est pas réductible à la psychiatrie et que du consentement de l'esclave décérébré ils ne peuvent plus s'enfler le goître.

Ou alors et si j'attends en vain c'est que peut être, enfin je veux dire, c'est que nous ... sommes un peu d'accord pour nous faire ... Ah non hein, pas de vulgarité !

25.10.2008

Si je me souviens ?

Si je me souviens bien il devait être Midi, mais comment savoir, le soleil d'ici à renoncé au zénith. Le village était comme celui d'où mon père venait, un village où l'on arrivait par un versant de colline éventrée par le four à chaux tout proche. Mais là si je me souviens bien, pas de chaux, pas de four, un village et le bordant un oued au fond duquel une eau stagnante ... Si je me souviens,  le lieutenant se tenait un peu en retrait, les jumelles vissées sous la visière du casque lourd. Si je me souviens bien ça faisait un mois que nous allions ainsi, section armée au service de la paix, de village en village, pacifiant le désert au nom de l'idéal alter-mondialiste. Si je me souviens bien mais cela fait vingt huit ans à présent, le lieutenant a fait mettre en batterie les deux mitrailleuses lourdes puis ... mais est-ce que je me souviens ? ... Le reste de la section s'est engagée sur la pente de pierres nues, dans la poussière le lieutenant son pistolet automatique à la main, nous a ordonné de nous déployer et nous avons dévalé, roulant sur les cailloux plus que marchant. Et puis là, je me souviens bien, on a commandé le feu : Feu à volonté !

Et  durant quelques minutes le village s'est transformé en une fourmilière dévastée par le coup de pied vengeur d'un enfant hideux : Feu à volonté ! Qui avait donné l'ordre ? Nous hurlions ... Je ne me souviens plus mais quand ça a été fini mes mains étaient brûlées, la crosse, l'acier m'étaient rentrés dedans, à chaque coup de feu, à chaque fois que la baïonnette perçait la robe d'une femme, faisait sauter des mains de l'enfant qu'elle portait contre elle en tentant de fuir, le jouet insignifiant qu'il était devenu, mon pistolet mitrailleur se greffait un peu plus au creux de mes paumes. Mais pourri de haschich, je ne sentais rien, plus rien, je hurlais et ma sueur était le sang séchant sur les murs des maisons, à présent tout à fait silencieuses. Les mitrailleuses ont craché encore quelques rafales et puis le lieutenant à commandé le rassemblement. Nous nous sommes comptés, à partir de l'homme de base et nous sommes remis en ordre de marche, sans nous regarder. Si je me souviens bien il devait être une heure moins le quart mais impossible de savoir au juste, le soleil s'était voilé d'un épais brouillard de fumées. Le village brûlait à présent.

"Si je me souviens bien, lors de la déclaration de guerre toute la main d'oeuvre étrangère issue des pays belligérants à été expulsée de France. Femmes, enfants, vieillards, hommes valides, tous on les a sommés de déguerpir au plus tôt. La seule façon pour rester ici c'était de s'engager dans l'armée, alors c'est ce que j'ai fait, je me suis fait enrôlé."

Dans quelques jours, les clairons de ce côté-ci du Rhin vont sonner la sonnerie aux morts et celle de l'arret des combats. Dans quelques jours il est fort à parier que l'on nous ressortira le bon visage du "poilu" Ponticelli. Exemple même pour le bourreau en talonnettes de l'Elysée d'une intégration parfaite. La courte phrase entre guillemets, ce "si je me souviens bien", est extraite d'une interview que cet italien naturalisé par le feu et l'acier a donné. Dans cette dernière le journaliste voulait savoir quelle bravoure patriotique avait poussé monsieur Ponticelli à rejoindre les forces du bien de l'époque ...

Un commentaire peut-être ? Oui ! Sarkozi démission !

14:50 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, euro, bce, littérature, poésie, sarkozi | |  del.icio.us | | Digg! Digg

23.10.2008

Enemi pudique n° 1

J'ai fait partie de ces adolescents attardés, qui un jour, se trouvant par "hasard" dans le rayon lingerie des nouvelles galeries, rue Moyenne à Bourges, ont fini par faucher la sueur au front, "l'instinct de mort" de jacques Mesrines, dans le rayon brun. Je faisais partie de ce qui n'existait pas et pourtant je le savais, le destin me fouaillait aux burnes la jeunesse sanguinaire d'une révolte magnifique. Dans le plus insignifiant de mes spermatozoïdes végétait un Makhno, un Emiliano, un Ilitch, un tueur que les séries n'avaient pas encore laminé comme une feuille de papier à rouler les joints de syphon. Je puais et c'était ça qui me faisait sentir comme les chiens que la mélancolie traque quand il n'ont pas atteint leurs objectifs de morsures meurtrières. je mordais pourtant. Mes pauvres parents en tout premiers, eux que le système saignait déjà plus qu'à satiété et qui ne se rebellaient pour finir que contre leurs propres enfants. Les petits, c'est tendre. Je mordais jusqu'à ce que mort s'en suive et si d'aventure des rêves meurtriers vous hantent, ne vous y fiez pas, tuer n'est pas si simple, la peau résiste. Il faut un peu insister.

Je ne savais pas alors que j'étais un petit bourgeois de merrrrrrrrrdre et que ce que je voulais c'était la mort de ma propre peau d'abruptis; cette peau trouée au catéthère,  qui fait croire aux filles que le prince charmant si il ne chevauche pas un varan de Comodo n'est qu'un "petit prince de mes deux" (Renaud, je cite) : Alors d'un coup de clef à molette bien placé entre les deux yeux,  Stéphane Boucherat fracasse la tête du petit prince de mes deux ... Faut pas faire chier stéphane Boucherat, quand il répare sa libidinette. Je ne savais pas alors que les syllabes finissent par faire des mots et que de ces mots naissent les pires maux qui soient. Les maux d'amour qu'on crache comme ses dents, tant qu'il en reste. Il en reste, autant que de Gardien.

J'allais à Bourges en stop, c'était l'époque juste avant qu'à la porte de Clignancourt,  Mesrines au bout de je ne sais trop quel chemin de légende cinématographique se fasse proprement dénervé par une armée de suceurs de bite en uniforme. C'était,  pour ceux qui en rêvent, une époque bien dégueulasse, continuez à nous rêver, c'est toujours ça de pris sur la retraite. Pompidou avait passé, sa gauloise aux lèvres, avec madame dans la tubulure et Giscard nous cirait le mange-disque, fort heureux de nous savoir si révoltés. Un signe fort pour la démocratie, la révolte ! Je niquais fort, plus, bien évidement plus que je ne forniquais et ce bouquin me faisait l'effet que tuer était aussi simple,  comme de s'observer dans le miroir où la buée de la toilette du matin vous fait disparaître dans la crasse supposée des enfants de Mai. Enfin libre de ne plus bêler au cul de ce fantoche de Bendit. Enfin libre de tout rater sans qu'on vienne vous emberlusconner pour un jingle mal placé. Faut dire, je ratais avec talent, enfin libre d'avoir à produire des résultats dont on voit à présent la quintessence. Je tuais donc. Tout ce qui aurait pu me faire passer pour quelque chose ayant trait à l'avenir, je tuais. Je tuais le temps, j'avoue c'est pauvre en matière d'holocauste mais tuer le temps n'est-il pas le meilleur moyen de nous débarrasser de l'envie de durer; la pire des envies quand elle ne s'appuie que sur la béquille consommante. ce qui est du plus pur ridicule puisque on ne tue bien que le ventre creux. Faut croire que les flics sont assez mal payés ou que les tueurs, les vrais,  les ordures patentées,  ont pris leur carte à l'UMP.

J'étais de ces enfants de la balle, de la balle perdue. Mais pudique, Ô combien pudique ! Nous étions si peu que nous n'étions personne. Ulysse en somme.

Monnaie de songes

- Dites moi mon brave, Je cherche désespérément le village mondial ?

L'homme est un autochtone sans doute, il est assis au bord du chemin, sur un tas informe de petites coupures dont on devine qu'elles n'ont servit que peu de temps. Le temps sans doute de se retrouver à la tête d'une fortune qui aura fait long feu. L'homme se gratte le haillon à hauteur de l'entre-cuisse. Ces naturels sont d'une innocence charmante. Un peu vulgaire,  me direz-vous mais comment trouver de l'âme à ces peuples que le vent de l'histoire, à chaque soubresaut fait tomber de la branche d'où manifestement ils descendent.

- N'auriez pas des allumettes ? Le bougre a froid, il veut faire un feu ? Mais que diable, la journée est splendide, le ciel sans éclats de nuages radioactifs et le soleil luit comme une once d'or fin. Désolé mon ami, je lui réponds. Il faut toujours être courtois avec l'indigène, c'est écrit à la page "conseil d'amis" de mon guide du broutard. Mais justement je viens d'arrêter de fumer ! Sale con ! Le voilà qui maugrée et comme son français n'est pas de souche je me jette sur le lexique qu'un concept Averty (Tex Averty, le grand père de JC) a justement placé à la fin de mon guide. Sale con ... hum... sale con... Ah voilà ! Sorte d'interjection tout à fait amicale que nous pourrions traduire par : Ô noble étranger est-ce qu'une tasse de thé brûlant ferait ton affaire ! Je me rengorge, fais mine de ne pas avoir eu recours au lexique et me lance dans un discours approprié sur les mérite comparé des boissons gazeuses et de ce qu'il appelle le "thé". Au bout de quoi je lui avoue ne consommer que des choses proprement manufacturées. Il se renfrogne et se remet à frapper l'un contre l'autre deux morceaux de silex d'où quelques maigres étincelles jaillissent. Pas de quoi cramer le monceau de papier sur lequel il est assis. Je profite de la concentration bestiale qui l'anime pour faire une ou deux photographies de sa pratique ancestrale. Ce qu'il y a de divin dans ces gestes simples, ce qu'il y a de pure innocence, de mystique dépouillée. Je me sens confit d'émotions, des glaires me remontent, ce qui est signe,  selon la faculté,  d'une intense activité expectorante propre à signifier l'empathie qui nous tient, le naturel et moi dans un état de communion salivatrice.

Mais c'est qu'au bout d'une série de coups redoublés une flamme prend corps et que le tas flambe à qui mieux mieux. Mais l'autre ne bouge pas et ses hardes commencent à sentir le cochon grillé ... Eh mais levez vous ! Toi pas rester là ! Toi bon Ô noble grand chef tribu des petits porteurs ! Moi congés payés, toi pas faire chier avec suicide catastrophe crise mondiale faillite du système crédulité. Rien n'y fait et tel un bonze qui s'immole à chaque coup dur, le lâche part en fumée nauséabonde. Ils ne se lavent que peu, disait aussi le guide.

C'est triste n'est-ce pas ? Car comme le disent les populations d' Afreak's : Quand un petit porteur meurt c'est comme si les archives du crédit lyonnais  brûlaient. C'est non seulement triste mais aussi nous sommes bien emmerdés car à présent les vacances sont gâchées. Personne pour nous indiquer la direction du village mondial et la nuit tombe et ma réservation au centre d'hébergement d'urgence du Mesnil-Amelot ... Et j'avais promis au petit dernier de lui rapporter une pair de chaussures de sport qui courent vite, ses favorites. Point plus de village mondial alors ? C'est idiot car je dois avouer que moi, humaniste que je suis, ce concept me plaisait bien. Tant pis,  je rentre par le premier container venu et le petit fera archéologie, les civilisations englouties ça plaît toujours aux enfants.

10:14 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, littérature, songe, poésie, crise, dictature | |  del.icio.us | | Digg! Digg

22.10.2008

Rien de moins

Réveiller une conscience comporte un certain nombre de risques et quand elle est collective là nous ne pouvons plus parler de risques, nous nous devons de parler de chantier du siècle ! Mais quel grand oeuvre n'est-ce pas ? Quel challenge, pénétrer ce marché de la conscience où sous le barnum et les hardes avilissantes sommeille la chair flasque de ce muscle jamais mis à contribution, dégoulinant de la graisse accumulées puis lipo-sucée par des décennies de crédulité infantile : Si le monsieur le dit c'est que ça doit être vrai !

Le monsieur était curé et il expliquait aux pauvres que les voies du seigneur étaient impénétrables et qu'il fallait plier pour passer par le chas de l'aiguille creuse du paradis. Et nous pliions.

Le monsieur était instituteur et nous faisait annoner les insanités dont l'histoire est gavée comme une truie farcie au ténia. Histoires des patries que les guerres protégeaient. Histoire des puissants qu'une lueur intérieure éclairait et qui nous gratifiaient parfois de quelques une de leurs bonnes idées. Histoire des saints, les laïques, les croyants, les martyrs de causes manufacturées. Histoire des conquêtes, des découvertes, des inventions. Et quand il nous apprenait à compter monsieur l'instituteur, c'était toujours par coeur les unités et jamais par million et milliard.

Le monsieur était l'ami de papa, son employeur, son patron, celui par qui tout nous arrivait à la maison des bonnes choses dont nous avions rêvé, le ventre creux. Et quand le soir venu et que nous étions cul nu auprès de la bassine d'eau sale, l'ami de papa nous le renvoyait, exsangue et souvent ivre mort. Mais papa était le meilleur ouvrier de son ami le patron et ça dans l'esprit d'un enfant voué à l'usine,  ça remplace aisément un bon repas accompagné de parents aimant.

Le monsieur portait l'uniforme de la police et venait parfois dans le quartier pour s'assurer que nous étions bien propre et couchés à l'heure dite et que nos parents n'étaient pour rien au monde sujet à caution. Parfois il revêtait la tenue du général en campagne, il bivouaquait aux abords des circuits de retransmission des grands conflits inévitables. Il avait l'air triste d'un père qui voit son enfant enrôlé dans les forces du bien et nous contait par le menu ce qui se passait sur le théâtre des opérations. Il était rassurant mais quand dans le quartier nous voyions revenir untel avec une jambe en moins ... : C'est un imprudent ! Disait le général. Le fils d'untel ? Pour sûr, la concierge était tout à fait de cet avis, c'est un propre à rien !

Le monsieur portait beau le costume trois pièces, il était banquier, industriel, conseiller du président de la multinationale la plus proche et pour finir en beauté le monsieur,  qui voulait qu'aucune de ses bonnes idées ne se perdent,  se faisait élire par ceux là même qu'il avait traité en esclaves tout au long de sa brillante carrière de haut dignitaire de la finance. alors le monsieur pouvait se permettre ce que ni vous ni moi n'imaginons possible. Il se torchait avec tout ce qui trainait, la constitution, le code pénal, le code civil, la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, la loi. Et plus il se torchait plus nous étions séduit, époustouflés par tant d'audace démocrate, envieux presque puisque ... allez donc tenter de vous torcher le cul avec un procès verbal d'infraction. vous avez la rondelle trop sensible ? Ca se voit pas quand vous allez voter pour qui vous ne savez plus son nom bien que la seule chose qui vous reste c'est qu'il vient d'épouser une call girl. mais vous n'avez pas voté pour lui, non ! non ! non ! Ah,  j'me la f'rai bien moi la chanteuse !

Le monsieur était présentateur vedette du journal de vingt heures et il nous disait de ne pas nous en faire, de rouler moins vite, de ne pas boire au volant, de consommer malin, de faire la chasse au gaspi, de redouter tout ce qui sentait un peu fort aux frontières, de bien profiter du week end qui allait être merveilleux de douceur automnale. Et puis surtout quand venait l'heure pour lui de nous quitter mais à regrets il avait ce bon regard de patron-instituteur-curé-flic-politicien, qui est imparable en termes d'émotions à peine contenues.

Le monsieur était aussi artiste parfois, artiste ? C'est un beau métier dites moi et pis il ya tant de souffrances qu'il faut bien divertir le stade terminal. Et ça chantait des âneries et ça sculptait des insanités de pissotières renversées et ça peignait et ça slamait de la rime sans jambages et ça t'en fichait jusque là de ces films de l'industrie pharmaceutique où le héros pue de la bouche en scope tandis que l'héroïne tente de pas se faire violer par le premier eskimo dégoulinant  au premier rang. Et ça créait tant et dans tous les sens qu'on s'y perdait à télé-charger toutes ces âneries même pas gratuites !

Réveiller une conscience c'est un peu comme de taper là où ça fait mal, au porte-monnaies. Là où on espère bien qu'un jour dieu va apparaître pour nous refiler la combine du loto. Dieu est bon et nos maîtres ne sont pas là par hasard ! C'est le monsieur qui l'a dit.

Et la conscience continuons donc à nous la carrer là où nous pensons. Après tout tout est loin d'être fini, y a de la marge !

20.10.2008

Ca va ? Fraîchement !

Moi j'sais pas mais m'est avis que le jonc me fait la tronche, l'argent m'aime pas ! J'sais pas ? Pourtant je suis pas le mauvais bougre, quand je vois un patron tenez qui se plaint que ça pourrait gagner plus, avec un peu de bonne volonté, je lui fais remarquer que son ulcère sautera pas lui, en parachute doré; mais suffit aussi qu'il me racle en m'accusant de manquer de respect au client pour que je pique un fard. Manquer de respect au client c'est comme de s'astiquer la citoyenneté entre les seins de Marianne en hurlant la Carmagnole ... Ca se fait pas,  pour sûr ! L'oseille me sèche entre les doigts, elle fond,  feront remarquer les gourmets, délicatement dans un léger friselis de beurre fondu et ensuite ... J'ten fiche elle sèche comme un os de dèche ! Et me crie son absence pardessus les communiqués de presse. Cruel déchirement que de nous voir elle et moi à deux pas d'être heureux ensemble, pour la vie et de savoir qu'au bout du quai son train blindé quitte la gare sans qu'une petite coupure ne verse comme une larme d'eau de cuisson des nouilles.

Des fois je fais la queue au supermarché mais j'achète rien, je pousse le caddie, compare les promotions, soupèse les article et sors la liste des commissions. C'est la classe, elle est vide. Quand je passe à la caisse et que l'on me demande ma carte de fidélité c'est là que je vois bien que la fidélité et le respect c'est tout une affaire de rentabilité. Un code moral assortis du code pénal, tout comme en rêve le bougeoir qui paye pour pas s'entendre causer de son ulcère. Et pourtant son ulcère, avec tout ce qu'il avale de bonnes choses, le bougeoir, il devrait le faire coté en bourse. Au vu de toutes les bulles qu'on a sentit nous péter à la gueule ces dernières années, ça nous ferait un clou pour le spectacle ! Quand on a la chute !

Oui,  mais là tu vois t'es trop fielleux là ! Oui je sais, c'est ton jour de bloog, oui j'ai bien regardé le planning : Lundi/bloog@Fuckingspeach.fr. non ton pseudo n'est pas hideux ! Oui tu fais pas trop de fôtes ! Calme, sois calme fucking ! Non, je voulais juste te dire que les gens ... Oui tu les aimes les gens ... oui calme ... Tu vois les gens y veulent que ça sourit sous les palétuviers, faut mettre des fleurs, de la végétation, des petits animaux et de l'espoir surtout, tu hésites pas sur l'espoir. Tu sais bien que le médecin-chef relit toutes les notes et que ça fait quand même quinze jour que tu es privé de brioche. Réfléchis Fucking !

Le blé me ... ondoie au lointain, son océan de cigales pousse vers l'horizon de miel des odeurs de pain cuit. Tout près, une biche aux abois halète sous les coups de boutoir d'un banquier ami de Walt Disney et pourtant qu'elle est paisible et vide mon assiette.

Ah, tu vois quand tu veux !

13:47 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, sexe, crédits, littérature, poésie | |  del.icio.us | | Digg! Digg

19.10.2008

Cul Nu !

Vous irez donc cul nu à la gamelle, avec vos virilités à leur place pour une fois pas au bout du canon du fusil et pis tous hein ? Tous et toutes au pain de sciures, aux relégations, à la tournure profilée bas les yeux plantés dans les déjections canines et des airs vagues sur le manche du poignard qu'on sait jamais que si y en a pas pour tous qu'il va falloir se foutre sur la gueule et qu'il y aura encore des dégats colatérziaux qu'on pourra pas évaluer, pas le temps de toutes les façons jamais le temps tiens mais ou est passé le petit Josquin ? Tous ! Aller hop là ! Non, non pas en rangs en rangs z'êtes trop jolis presque des humains un p'tit air de famille tous comme ça vous viens oui c'est ça vous pouvez pousser les vieux écraser les morveux tacler le voisin par derrière dénoncer ? Ah dénoncer est pas mal, un peu vil mais pas mal on peut dénoncer !

Bien oui voilà, justement j'habite un quartier résidentiel près de la coiffeuse vous voyez un petit peu et bien figurez vous que l'autre soir mon mari rentre un peu pompette de l'amicale de quartier des amis de l'Elysée et que j'étais avec Abdel, un sans papier que je garde chez moi au cazou enfin vous voyez bien voilà que finissant de le bouchonner et oui je le bouchonne parfois, c'est dans le contrat de confiance, je l'ai là le contrat si vous voyez bien et bien justement j'entends un bruit qui ne ressemble en rien au bruit de trousseau chutant dans la bouche d'égout que mon mari fait en rentrant de l'amicale de quartier des fidèles de ... Abdel ? Sort le fusil à pompe ! je ne sais pas ce que vous en pensez mais à tout hasard je voudrai pouvoir dénoncer. Vous avez des propositions intéressantes à me faire ? Une promo peut-être ?

Vous irez je vous dis car sinon que voulez vous que je vous dise ? Que nous avons usé toute notre force d'inertie à shampouiner la girafe, que certains promenaient l'écureuil dans les allées du bois lors même que les plus révoltés branlaient le mamouth aux abords de la grande surface en fauchant des paquets de gateaux aux ventres capitonnés du capitalliss.

Un peu boueuses sont les rivières qui ne voient rien de ce qu'elles emportent

Et forcent pesament sur les ruines amassées dans les courants

Je suis pour ainsi faire de la ruine 59

Celle qui peut dire qu'enfin elle a échoué de porte en porte

Et se doit de s'en remettre au pré limoneux de neuf

14:10 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bourse, littérature, poésie, crash | |  del.icio.us | | Digg! Digg

2eme sortie

Avez vous lu Céline ? Non ? Pas même ce texte qui sous la forme d'une pièce de théâtre nous parle, dans les années trente du siècle dernier, d'une étrange société que Céline nomme "l'église" ? alors là ! je me retire, je me gomme, je me détache, je m'efface et courbettes vous renvois à vos magazines farcis de conseils pour bien acheter et mieux encore vous vendre au premier numéro de carte bleue venu : Il m'invite au restaurant,  dois-je apporter mon chéquier ? La cotation en bourse de votre herpès ? Des réponses à vos questions !

Une gouvernance mondiale via l'ONU qui jamais n'a su faire respecter une de ses résolutions aux ex pays riches, ses souteneurs, qui envoie des troupes de ci de là afin qu'elles soient les garantes de la bonne marche du pillage et des conflits larvés, qui se réunit pour ne jamais évoquer le vrai et le prioritaire, la sauvegarde des faibles vivant sans en tirer profit sur ce qui nous entretient dans l'illusion libertaire de la consommation de masse ... voilà ce que l'on nous propose d'adorer bientôt, demain. Quand tout nous aura été confisqué des moyens de commercer entre nous, aimable commerce des êtres et des esprits, sans que soit échangées entre nous de ces fausses monnaies vaticanes. Monnaie de singe usée par l'intérêt bien compris, nous aurons à adorer comme dans "l'église" de mon médecin de famille, l'ONU nous sauvant de la fosse à purin dans laquelle nous nageons d'étrons en nappe de lymphe à la recherche de nos enfants incendiés pour faire un peu de lumière dans la nuit qui commence.

A force de nous secouer la fibre, de nous avachir la matière grise, ils finiront par faire de nous des démocrates à la mode Staline ! Voilà ce que je me disais ce matin alors que l'aube n'en était pas encore à me chier sur les genoux pendant que je la berçais afin qu'elle ne mette pas bas le cauchemar émotique final (l'émotique est la science de la bonne secousse ! quand vous aurez lu "l'église" vous pouvez toujours aussi lire un peu de Naomi Klein : "la stratégie du choc".). Je m'étais un peu avant que l'aube ne geigne, prise dans une suée apocalyptique, mis en tête d'opérer ma deuxième sortie, via le sas, dans le monde d'après. On annonçait au poste qu'une grande distribution d'indulgences allait avoir lieu. Il m'en manquait dix pour pouvoir acheter un paquet de tabac et comme la moitié d'un paquet de tabac équivalait selon le cours du crash 40, à trois douches au centre culturel, je m'étais dit que pour un dimanche, avant d'aller au marché aux voleurs, je me pomponnerai bien un peu. C'est donc "dans la serviette qui me servait de pagne et l'savon à la main" que je franchis nu les derniers échelons de l'escalier de poudreuse et que je rejoignis sur le trottoir du boulevard, la cohorte de ceux qui à genoux priaient dans les vapeurs amères du Viandox TM pour que le gouvernement fit au plus vite quelque chose.

Faites quelque chose facteur Rhésus !

Et je me mis à prier aussi ... Pas l'ONU ! Oh non pas l'ONU ! pour un paquet de tabac que ne ferions nous pas !

05:55 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, euro, bce, littérature, poésie, sarkozi | |  del.icio.us | | Digg! Digg

Toutes les notes