28.02.2009

Mouvement de Libération de la Forme

Martine est une chic fille. Martine a fait des études. Martine a des idées. Martine est de gauche. Martine fait du social. Martine donne un peu aux pauvres. Martine est maire. Martine est fille. Martine rassemble. Martine fait carrière. Martine est secrétaire générale. Martine ne rêvait pas d'être postière. Martine ne rêvait pas d'être modiste. Martine ne rêvait pas de devenir l'épouse comblée d'un cadre moyen. Martine ne fait pas du jardinage. Martine ne fait pas la cuisine. Martine ne toilette pas son petit chien. Martine ne va pas à la plage. Martine n'a pas d'amis. Martine n'a pas d'amants. Martine à des relations, avec qui elle négocie l'éventuel avancement de leur plan de carrière. Martine a hérité d'un parti mais pas un bon parti. Martine est un bon parti. Martine a une copine. La copine à Martine elle s'appelle Ségolène. Ségolène et Martine ne font pas la cuisine. Ségolène et Martine ne prennent pas l'apéro au rendez vous des chômeurs. Ségolène et Martine vont tenter un coup. Martine est le cerveau et Ségolène est charismatique. Martine et Ségolène ont des voix. Martine entend papa. Ségolène, après Charetty, le Poitou, les Charentes, la guadeloupe, washington et Pékin brûle de visiter Rouen. Martine et Ségolène vont faire l'Europe sociale. Martine ne sait pas très bien de quoi il retourne. Ségolène se prépare pour 2012. Ségolène avait une petite chienne, elle s'appelait Arlette. Mais Arlette est morte dans l'incendie du Crédit Lyonnais. Martine est une chic fille alors elle a offert à Martine un petit ratier rouge passé, il s'appelle Olivier. C'est Nicolas qui les élève, ces petits ratiers là. Martine est de gauche. Martine est socialiste. Martine est libérée. Martine en plus des obligations liées à l'extinction de la classe ouvrière a une passion secrète. Martine anime dans la clandestinité une cellule révolutionnaire ulta-invisible. Le MLF. Le Mouvement Lent des Formes.

Non je ne suis pas un déçu du socialisme. Je suis bien trop con pour être autre qu'anarschiste du Quaternaire !

Ah au fait ! Aujourd'hui j'ai vu dans les journaux que Martine est contente et que Yolande aussi. Alors moi aussi, hein, je suis contente.

C'est nous les gars de la Martine !

Tentative

Alors qu'en Guadeloupe tout un peuple se prépare à renoncer à ... Alors que de par le monde tous les peuples se préparent à ... Alors que dans les prisons tout une population carcérale se prépare à ... Alors que dans les cités ouvrières toute une jeunesse délinquante se prépare à ... Alors que là bas, tout au bout de la terre, tout un grouillement indistinct d'individus suspects se prépare à ... Alors qu'aux urgences de la Salpétrière tout un corps se prépare à ... Alors que dans une cabine téléphonique, du côté de la gare tout un clochard se prépare à ... Alors que dans mon quartier tout le monde se pré ... dort du sommeil du juste, je fais ici dans l'épais brouillard élevé sous la nuit, le décompte de ce qui, préparé ou pas, s'en va disparaître sans que j'en ai vu la manifestation.

Un monde tout entier et qui à peine révélé à ceux pour qui voir n'est pas cibler ni mettre en joue s'éteint sous l'oeil de poisson crevé de la machine Darwiniste à faire évoluer le profit. Une palpitation d'oiseau, l'ouïe d'un poisson suffoquant, les brins que nous étions dans l'écheveau des nations somnambules. Cette liberté que nous avions de n'être rien au delà du regard de ceux qui nous aimaient. La veine jugulaire du porc qu'on égorge. Le sang toujours versé par la vie généreuse. Un tout petit bout d'âme en chacun, sous la colère, comme sous la pierre plate l'épinoche qui piquait et fuyait quand le soleil de nos doigts la délogeait. La pesanteur trompeuse de la Loire. Le Cher où je finissais toujours par me noyer, rien qu'en y plongeant mes regards. Sans oser remuer ne serait-ce que la souche sous laquelle reposait mes envies de meurtre.

Ce que nous en avons fait des cauchemars ! Des rêves où le pouvoir tenait le rôle absurde d'une mécanique abrutie par le consentement. Ce que nous en avons refusés des réveils de casernes, des ordres indignes de ce nous croyons être le sel de la terre. Ce que nous en avons versées de ces larmes corrosives au pied des bureaux d'où la sanction tombait. De bouches à oreilles. Ce que nous en avons traînés de ces chants qui enflaient l'air d'un peu du soufre de la révolte. Ce qu'il faut avoir oublié pour pouvoir en riant tête baissée, voir venir sans broncher ce que d'aucun appellent le génocide social. Et encore que ceux là ne sont pas ceux qui l'appellent de leurs voeux. Ceux là ne font pas de voeux, ils s'exposent, brin à brin à s'écheveler, une dernière fois. Une toute dernière tentative de résistance aux prières d'achever. Vite et bien, d'achever.     

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27.02.2009

Rabat-jour

Petit poème nihiliste et décoratif.

J'aime pas la nuit, j'aime pas le jour, j'aime pas la vie, j'aime pas l'amour. J'aime pas qu'on m'quitte. J'aime pas toujours. J'aime pas l'travail, j'aime pas la mitraille, j'aime pas les chefs, j'aime pas les gares. J'aime pas les trains de marchandises. J'aime pas l'aurore, j'aime pas le sport, j'aime pas la mort. J'aime pas qu'on m'quitte. J'aime pas toujours. J'aime pas les vieux, j'aime pas les nouveaux nés, j'aime pas les langes ni les linceuls. J'aime pas manger, j'aime pas la faim, j'aime pas le dernier pour la route. J'aime pas qu'on m'quitte. J'aime pas toujours. J'aime pas les chiens, j'aime pas les maîtres, j'aime pas l'vélo, j'aime pas l'effort ni le confort. J'aime pas l'bon dieu, j'aime pas le diable. J'aime pas les fables. J'aime pas les faibles, j'aime pas les forts. J'aime pas qu'on m'quitte. J'aime pas toujours.

Mais t'aime rien ! C'est bien ça, j'aime rien. Ce rien qui entre tout et rien fait les ailleurs, alors...

J'aime pas la poésie non plus et les poètes me font l'effet d'un faisceau de cure-dents brisés dans le trou sans serrure d'une  porte blindée. 

14:09 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : poésie, littérature, humeur noirte, france | |  del.icio.us | | Digg! Digg

26.02.2009

Attendez vous à Savoir !

Attendez vous à savoir que l'on a retrouvé le gagnant de la super noisette de la côterie nationale !

Attendez vous à savoir que monsieur Dany Boon vient de créer, à partir de poncifs et autres images éculées un petit pactole art-et-essai de 26 trillions de milliards de zillions d'euros monkey money !

Attendez vous à savoir que monsieur Colonna n'est pas corse ni berger, qu'il a été engagé par la prod pour tenir le rôle d'assassin ex-présumé !

Attendez vous à savoir que l'art est encore une valeur refuge, même pour les sans abri. C'est pas parce que l'on a pas de maison où accrocher une croûte que l'on ne peut pas apprécier le prix d'un chef-d'oeuvre de l'ex collection Bergé, lui même ex de monsieur YSL ( je ne le savais même pas, que monsieur YSL était marié !).

Attendez vous à savoir que l'état ne cessera pas de n'être plus rien tant que l'état ce sera "eux" ! Avec nous en assassins présumés. Et "eux me direz-vous, non, ne dites rien !

Attendez vous à savoir que depuis que nos loisirs et le calendrier qui les marque au porte-monnaie-Oh ! Sont organisés par les marchands de boissons énergisantes, nous ne sommes plus sommés que de gésir, tout en continuant d'ovationner César, Molière, Oscar, Valentin, Saint Nicolas, Victoire, Môquet, Charla 'n Co ...  !

- Tiens je parie ma roll'ex que celle-ci je ne te l'avais pas encore envoyée en pièce jointe ? Alors tu vois, là, c'est quand Charla et moi on arrive à Fiumicino. Charla fredonne "week end à Rome", le bonheur fou je te dis. Trop top, on a décidé de rester un peu plus. Charla se languissait, plus de nouvelles de Prima Linea ni des brigades rouges ? Ça lui pesait tu comprends, elle est de gauche et moi franchement la France, à un moment je commençais à douter ... 

Attendez vous à savoir que monsieur Obama vient de signer le décret qui stipule que l'argent roi c'est fini-fini ! En alinéa, à la loupe on peut s'attendre en y lisant les petits caractères, à savoir que pour nous ça n'a jamais commencé-mencé.

Attendez vous à savoir que le chômage va encore augmenter, chez vous. Mais aussi que la consommation des ménages est en progression constante en vertu de la remise à niveau du coût de la valeur/main d'oeuvre.

Attendez vous à savoir qu'il va falloir consommer plus de ménages !

Attendez vous à savoir que la liste est longue de ces choses et évènements que nous allons devoir apprendre à savoir ! A moins que ...

Bon, aujourd'hui c'est le jour anniversaire de l'abolition de l'enclavage ! Une minute de psylence pour tous et après on envoie les voleurs !

La reine des cor ... La reine des cor ... La reine des cornichons ! Entendez vous dans nos compagnes gémir Séféro ce soldat ?

25.02.2009

Désert

...Mon lit au matin est une plaine immense froissée par les vents contraires de la nuit. Je n'y dors pas, j'y fais les cent pas en attendant l'heure d'un rendez vous qui ne vient pas. Dans mes rêves d'ailleurs je m'y observe, sans sève, vouté sous le ciel enragé, sans trève à lutter contre des rêves d'enfant qui gémit, les poings serrés. Un guichet, une foule désordonnée, des nuages plaintifs, voici ma nuit, voici le théatre de mon lit. Et voici que s'avancent au plus âpre de l'insomnie les foules de refoulés, d'un bord à l'autre du monde, cherchant l'issue sereine avant qu'elle ne devienne fatale. Au matin mon lit et moi nous nous quittons, un peu fâchés par nos amours d'où ne naissent pas les gestes qui apaisent, les mots que le front reçoit comme un souffle et qui poussent l'âme, l'esprit et le corps à fermer les yeux en choeur.

Alors je me lève aux premiers vacarmes du jour et je le regarde mon lit. Le cours asséché  où j'ai laissé la nuit passer comme la harde noirte que je brandis en silence, au dessus de ma gueule cassée, dans mon poing serré sur les heures qui font autant de fois cent pas. Qui font autant de fois les foules désordonnées qu'il faut pour que le monde ne trouve pas le repos qu'il leur refuse...

 

Mis à part cela, c'est aujourd'hui Noël ! Noël en Février ? Vous dérapez ? Non, pour quoi ça ? C'est tellement le merdier qu'il faut bien avancer un peu l'heure de l'expulsion du sauveur de l'humanité. C'est une fille, madame !

10:29 Publié dans Test bruit son | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : politique, dom tom, littérature, poésie | |  del.icio.us | | Digg! Digg

24.02.2009

L'art Mord

Je cherchais, je tournais, je virais, j'arpentais la soupente, je pestais, je protestais, je griffonnais, j'assemblais, je conceptualisais, je traçais, j'imaginais pour les temps futurs, je prophétisais de vraies catastrophes, des embellies de sang frais, je me défonçais, je picolais, m'ivrognais, narcissais le tableau mais rien ne venait. Rien. En un mot je faisais de l'art ! J'étais un artiste, je créais ! Dieu lavait mes brosses, nétoyait l'atelier, faisait les vitres immenses du loft et répondait au téléfaune, aussi :

- Non madame, monsieur est sortis ! Non monsieur est en procesus incessant en ce moment ... Non ! on ne peut pas le déranger. Oui madame, il est Dieu sait où ! ... Je lui dirais madame !

J'étais sur le point de tout mettre à bas, des années de recherche, un projet unique ! Moi ! Et puis Dieu, qui quoi qu'on en pense, a son pragmatisme pas loin de l'auréole m'a rappelé à mes obligations :

- Il me semble bon de dire à monsieur que le terme approche, que cela fait quinze jours que les petits oiseaux n'ont plus de margarine, que le trésor public n'attend plus que les contributions de monsieur pour relancer la consommation et que si j'en juge, c'est un peu mon boulot, que monsieur me pardonne, nous ne mangeons plus que des pâtes. Et je ne dirai rien de mes gages, le denier du culte est à sec monsieur !

Mais que faire ? Rien ne venait. Moi pourtant, en voilà un sujet ! Moi ma vie mes expériences, la poésie ! Ah la poésie ! Ces vers inestimables, ces quatrains rutilant comme une DS 23 sous la Lune. Ce lyrisme que le fils de la concièrge m'enviait en conduisant sa BMW sur les champs élyséens de la phinances ... Je n'étais pas sérieux à dix-sept ans. Je n'étais pas sérieux à Vingt-Sept ans. Je n'étais pas sérieux à Trente-Sept ans. A quarante-Sept je devenais grave et après si ... Je n'arrivais pas à sortir de ce Moi, mon sublime, ne serait-ce que mettons, cent pages, gravées sur un CD double-coated ...

- Deux cent monsieur ! Dieu avait la calculette aussi près de l'auréole que l'écureuil l'avait dans le cul !

... Je pouvais aller me faire voir chez les Parques et jardins. Pourtant amis artistes, mes frères, mes soeurs, je peux jurer qu'à la fin des banquets de mon enfance nul ne m'a demandé de réciter quelques vers que ce soit, que je n'ai pas connu enfant, la joie trompeuse des compliments aterrés, après avoir massacré en tremblant la fin des "feuilles mortes". Qu'au grand jamais, mes parents n'ont rêvé pour moi d'une carrière dans l'art. Dans la fleur ! Mon père disait. Je serai cuisinier ! Je l'aimais.

C'est peut-être bien parce que les fleurs me gerçaient les mains et qu'à gâter les sauces je m'entendais mieux que bien qu'il m'est venu à l'esprit de doigter la muse afin qu'elle chante sous ma plume ces vers inoubliables, cette poésie pleine de Moi que la fille de la bouchère m'enviait tant en partant à toute allure avec le fils de la concièrge.

Gensses de bien qui avez moutards et pisseuses, inquiétez-vous quand ils s'enferment à double tours dans leur chambre, désoeuvrés, que ne leur viennent  à l'esprit de prendre un stylographe, une guitare, un pinceau, un burin et de se regarder au plus profond du miroir de l'armoire à glaces, dans la posture acnéïque du génie ténébreux. Aidez les à s'engager plutôt dans la police, l'humanitaire, les rangs des armées de la paix, le caritatif, les ordres, le commerce de gros, la politique même ! Il y a assez d'intermittents comme cela, vous ne trouvez pas ?

Bon c'est pas tout ça mais le terme n'attends pas et Dieu en a marre des nouilles :

" Alors que je descendais des flacons pas possibles, soudain ... Je ne me sentis plus guider par les râleurs ! Des gars z'à la peaux-rouge les avaient pris au slip ! Les ayant pincés nus haut-Poitou, en couleurs "

 

 

22.02.2009

Brève mythologique

Je tiens ça d'une amie, une bien tendre, que les Mythologies fondent des sociétés d'hommes se réfléchisssant alors que les religions s'érigent, s'élèvent sur des fondations de cadavres glorieux. Et à Jean-Pierre Vernant l'explication, par le corps des Mythologies, de la places et de la venue de l'homme en tant que l'égal de ses dieux, aux tous premiers temps, de la valse... Alors j'en ai composé une, brève. Une mythOlOgie.

-Hum ! Hum !

De puis que j'M'encaustique le buis. De puis que j'M'élastique le salsifis comme un onagre de Lydie. De puis que j'M'Omphale à voiles bondée. Nul ça ne trompe, j'ai un peu maigri du rachis. Je me suis un peu raccourcis de l'encéphale. Me reste en somme que l'essentiel, le ciel. C'est que j'ai des raccourcis, des passages à secrets, à vides, à tabac, des envolées ludiques, en décharges télépathiques et sympathiques synaptiques, pléthoriques en ondes brèves, en dilatations universelles, en dômes, en voûtes, arquées, en aspirations soudaines, des attirances pour la pantomime et le sexe des anges. L'amour me ramasse d'un coup d'aile. Mais pas un mot d'elle ... Ça se voit.  Depuis que j'Me laronne le col du vautour, je ne parle pas, je criaille, j'écris, je braille et je m'éteins à l'état foetal. Dans le bocal, plus rien qui bouge. Aux bouges plus un fanal.

A genoux le futal ! Aller, les plus courtes même si elles ne sont pas les meilleures, c'est tout de même Dimanche ! Je vous l'avais annoncée brève mais c'était pour l'énoncé seulement. Hardi Noirte, détourons Miette !

-Récapitulons cependant : Les écuries d'Augias ? C'est fait. Le lion de Némée ? C'est fait. Le berceau, les serpents c'est en cours de finalisation avancée, très avancée. L'hydre de Lerne, plus que 6Xdeux cent quarante douze têtes. Le sanglier d'Erymanthe est au four avec des p'tites patates. Les Paladium aux pieds d'Airain, je les ai. Et une brochette d'oiseaux de Stymphale, quelle sauce ? La Crète me doit des ruines mondialement connues. Diomède n'est plus roi de Thrace. Les Amazones ... Ah ça, les Amazones !? Reste quelques pépins aux Hespérides. Penser à remettre Alphée au lit. Géryon ? Géryon !!! Ah oui, c'est fait ! Thésée, sortie Dufour, c'est bon ! Là, sur la dépouille d'Antèe, j'invente les geôles de Gibraltar, le duty free taxes. Nessus Kaput ! Prométhée, complètement déchainé, Brûlant le rebelle ! Mais jusqu'ici tout va, se dit la grenouille, quoi que ...

21.02.2009

Baguenauder

Parfois c'est un mot qui vous tire par la manche, comme un môme persuadé que sinon vous allez l'oublier au rayon des joués en sortant du supermarché. C'est un mot dont vous ne savez pas d'où il vient, vous pourriez aller voir dans le dictionnaire savant des étymologies populaires, ça vous aiderai à vous rendormir. Vous ne dormez plus, vous vous prendriez presque pour Cioran, ce suicidé de métier, cet artisan de l'insomnie, ce ... Alors vous vous relevez et faites comme si les corneilles avaient déjà battu le rappel, au dessus du cimetière tout proche. Vous vous faites un café, deux tartines, heureusement que vous vivez seul, si on vous voyait c'est évident que c'est à Sainte Anne que l'on confierait les restes de votre entendement. Sainte Anne, Paris 14e, pas loin de la Santé, tout près de Porc Royal, là où il y a Cinquante ans, vous naquitent, avec l'espoir de rater l'entretien d'embauche. 1959, tout un siècle de joies pures. Une fois que les tartines sont passées et le café fraîchit but jusqu'au marc, vous ouvrez la machine, vous vous en faîte reconnaître. Cette machine sur laquelle vous vous escrimez à faire croire que ma foi, vous possédez malgré les touches, un sacré brin de plume ! Et caractère après caractère vous le frappez ce mot :

... B ...A ... G ... U ... E ... N ... A ... U ... D ... E ... R ... 

Bien entendu la machine, quand vous lancerez la correction orthographique automatique, elle vous dira qu'elle connaît pas et vous proposera des approximations du genre de : Bague nos dés ? Bas-Guénodé (village breton) ? Bagad (groupe de musiciens basques réfugié dans les côtes d'armoire normande) ? Pas de suggestion ? Ignorer ce mot ? Ignorer tout ? Et vous l'insulterez la machine, la traiterez d'humaine nature, d'enfant de catin émergeante ! De produit ! Mais tout bas, hein ! Parce qu'à cette heure ...

Baguenauder. C'est ainsi que va l'esprit à qui l'on a pas collé d'étiquette. C'est ainsi que fait l'homme sans prix. C'est ainsi que va le coeur qu'une empreinte profonde marque du sceau de l'inoubliable parfum du sang menstruel qui ce mois là, il y a presque dix-huit ans, n'est pas venu. L'odeur absente  du fer aux éfluves duquel se sont substitués les soupirs d'un enfant paisible encore. Comme un cochon j'essuie mes larmes de joie avec un torchon. Les mouchoirs sont fait pour se moucher et les torchoirs, pour pas rester trop longtemps embrenné. C'est ainsi que je vais, assis, en suspension, baguenaudant pour le plaisir, puisque à dormir on ne m'y prendra plus, de faire comme si je vivais. Je ne vis pas,  je me baguenaude, j'me bag'naude, j'am bag'naud, j'eum naguebaude. F'rait beau voir qu'on m'y empêche de déambuler al travers d'ce long couloir en pente douce. C'est ainsi que fait la langue quand elle sent bien qu'incorrecte elle s'affranchit d'avoir à se faire entendre de qui dort du sommeil des civilisations bien achevées. C'est ainsi que fait le petit coléoptère qui traverse innocent la surface de l'ordinatère. Ci fait, je me baguenaude et puisque sur le clavier je viens de trouver une touche qui fait point. Je m'en vais vous laisser là et suivre le coléoptère et sa lente progression de grand explorateur. 

20.02.2009

Made in Suisse

Quand la Suisse pose des bombes ça fait du bruit dans le canton mondial !

En direct de chez madame Sylvaine Vaucher, cette photographe de talent dont je vous ai parlé parfois et qui fait des images pas sages comme... Mais d'une rare poésie (Filez, foncez, allez-y jeter un oeil et les deux et ne vous plaignez pa que la lumière soit forcément aveuglante !), je reçois en lien que je vous dépose ici, en bas quand j'aurai fini d'élucubrer, ce missile tout chaud encore, à la sortie du four que la TSR, télévision suisse romande, alimente de nouvelles explosives. Atteeennnnntion, voici :

A la demande du gouvernement Américain l'Union des Banques Suisses, UBS, a décidé de lever le secret bancaire sur les comptes et leurs détenteurs, qu'elle aurait un peu aidé à frauder le fisc. Frauder le fisc !? Impécunieux mes frères, faites chauffer la poêle à frire l'escroc ! Faites passer mes mignons ! Et merci Sylvaine et merci, merci !

Le lien à présent : http://infrarouge.tsr.ch/#=undefined;vid=10354064

 

19.02.2009

Nous ne sommes rien...

Nous ne sommes rien ... Soyons ... Où ?

La colère est mauvaise conseillère me disait-on quand j'étais enfant et que je me fichais en pétard pour des causes qui semblaient aux adultes, bien futiles. L'étaient-elles ? Ils sombraient, se rendaient malade en silence pour des raisons dont je devinais qu'elles semblaient les dépasser largement. Ils s'incriminaient les uns les autres, s'insufflaient des doses de haine à vous tuer un cheval de labour, s'insultaient d'étage à étage, dans des immeubles construits à cet effet. Planchers craquant, boiseries boursouflées d'humidités, murs assez épais pour faire deviner que chez les voisins ça ne suçait pas que de la glace. Les cours, les couloirs bruissaient de ragots ...

- Oh celle-là ! Elle doit pas s'échiner, voyez moi ces mains ! Et ses mouflets, sont pas tous de la même eau. Faut dire que lui, de l'eau, il en boit pas trop !

On s'éreintait entre nous et l'épicier, un brave, comptait les consignes et à la caisse sortait le calepin :

- Tu diras à ta mère que c'est la dernière fois !

C'était des époques qu'on voit encore, sauf que maintenant, ça jase comme à la télévoisin.com. Ça parle pointu, ma pôvre.

- Savez vous que Jessica est partie avec son psy ?

Ce qui m'en reste de l'époque ? C'est cette colère de voir que tout est si bien ficelé qu'il ferait beau voir que nous cessions de nous étriper entre nous, sous l'oeil numérique de l'épicier. Sans jamais regarder là où ça fait mal, là d'où on nous dit par exemple, que la crise sectorielle du vecteur de croissance décomposé en postes budgétaires intrinsèquement soumis aux flux de capitaux transitant par les places boursières des pays en voie d'émergeance active pourrait être freinée par un gel des actifs à variantes des données saisonnières de cette partie de la population mondiale qui ne ... consomme pas en quantité suffisante.

C'est que nous sommes des horizontaux et que nous avons de nos semblables cette éternelle vision haineuse de qui ne possède rien, enfin presque rien, en regard de ce que le voisin lui, vient de s'offrir une semaine à la Guadeloupe.

- Là tu vois, c'est quand Charla et moi on est partis en Italie. C'est heureux que sa famille ait gardé un pied-à-terre au pays car tu vois la France, c'était devenu un peu petit pour un amour aussi grand que le nôtre. Les gens sont envieux. La France quand tu l'as trop aimée, tu la quitte!

Vous me direz, à force d'enfoncer le clou il doit plus bien rester de bois ? C'est vrai, il reste plus bien de bois mais le marteau est solide et sans maître, comme disait René Char.

Bonjour chez nous !

 

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