30.04.2009

Fiction

Aujourd'hui, veille d'un 1er Mai qui sera sans doutes parodique puisque conduit pas les grandes centrales syndicales, les partis dits de gauche, ceux là même qui ont pris l'habitude de vendre leurs troupes au plus offrant parmi les candidats aux suffrage universel ... Aujourd'hui donc, pas de petites élucubrations personnelles dont Ch Boren dit, dans les commentaires, qu'elles sont une "fièvre qui devrait être contagieuse". Mais de contagion point, nous nous habituons au pire, le pire nous convient puisqu'il n'est pas pour nous, pas encore :

- Fi ! je n'habite pas à Tarnac. Je n'ai pas d'amis à Calais. Je n'ai pas d'avis sur la loi HADOPI ... Je ...

Notre lâcheté est honnête. Et dans quelques heures les autoroutes seront saturées de nos envies de fuir la réalité en roulant sur le corps tuméfié des peuples qui cultivent pour nous les agro-carburants.

Aujourd'hui ce semblant de note se veut le relais d'un article que j'ai lu à l'instant et qui au travers d'une fiction, d'un léger vernis de fiction je dirais, nous conte ce que nous verrons puisque nous avons fait le choix de rire avec les rieurs. Parano ! Me direz vous. Délire ! Lisez d'abord et faites lire à ceux d'entre les vôtres qui attendent les prochaines échéances électorales en se disant que là, le présidnet (celui qui écroue plus net !) va dégager, comme un cauchemar nauséabond, au pays du "Plus jamais ça !" consensuel. Voici les références de l'article et comme je ne suis pas très fortiche pour la création de liens et autre faridondaines technologiques, il va vous falloir jouer un peu du clavier :

Libération.fr (ne rions plus avec les rieurs!) 24 heures philo, le nom du blog. Daniel Bourla (psychiatre-psychanalyste), l'auteur. Et le titre :

Idéal sécuritaire, des lendemains à la gueule de bois.


29.04.2009

Poussières

Mais pour commencer, une recette de cuisine : Le Sandwich au jambon beurre cornichons, sans beurre ni cornichons, hum ! (à l'attention des suicidaires mais qui ne voudraient pas faire de la peine aux leurs en disparaissant d'une longue et douloureuse maladie. Et pour éviter ce faisant les visites pénibles à l'intubé/perfusé/parfumé au formol, qui non content de mourir lentement, n'a jamais rien à dire ni n'est même pas content du bonheur des autres : Tiens, Gérard s'est taillé avec ta femme !) :

Rendez vous dans le hard discount mexicain le plus proche de chez vous, demandez au charcutier, celui qui vire selon les cours du porc, du rose vif au violacé apoplectique, deux tranches de jambon reconstitué au salpètre (où sel rose pour les initiés). Bien cuit ! Vous demandera le charcutier. Alors,  vous approchant de l'étal, la langue en gelée et les pieds paquets vous lui susurrerez : Bleues si possible ...

Puis si possible et recomptant les pièces jaunes vous vous fournirez d'une baguette craquante à la farine de plâtre, pour les ulcères. Mais si vous voulez pousser l'exotisme à son paroxysme le plus charmant, des fajitas feront tout aussi bien l'affaire. Et là, fiévreux déjà un peu, la gorge en feu vous rentrez chez vous, vous balancer la baguette aux pigeons en passant. Ou aux roumains, si vous vous sentez l'âme alter-mondialiste. L'escalier de la mansarde vous résiste, un escalier d'ultra gauche, vous flageolez, vous suez, vous arrivez dans la cuisine où rien n'a cuit depuis une semaine. Et sous l'oeil médusé des eaux grasses où croupissent les nouilles honnies, pâles comme la droite de gouvernement, vous empiffrer les tranches, gras compris. Ne mâchez pas trop, c'est mauvais pour les caries. Sentez vous à présent comme cela va de plus en plus mal ? Non ? Alors allumez la télévision, c'est l'heure des informidables.

Le beurre ? Les cornichons ? Oui c'est vrai, il n'y en a pas dans cette recette. Mais essayez pour voir d'ouvrir un bocal, d'en sortir LE cornichon et de le placer, l'air de rien sur le tapis roulant de la caisse. Pas de code barre ? vous dira la caissière qui elle porte un masque de plongée spécial cochon volant et des gants beurre frais, pour le chic. La honte sur vous et vos petites pièces.

Bon à présent, Poussières. De la poésie politique, de la littérature de blog sans H1N1 dedans : Boud ! Boud ! Boudin ! (Odeur : 1980 no sex).

Tant la marge s'étend, devient vaste, s'octroie l'espace de nos vies, vaste, que nous y serons tous, bien tôt. Les aveuglés et les autres, les rescapés et les autres, les intégrés et les autres, les rêveurs et les autres, les cyniques et les autres, les rieurs et les autres. Déchaussés, haillonneux, hagards, édentés, affamés aux ventres enflés de borborygmes, de rag times caverneux. Tous et les autres aussi !

Soulevés que nous serons comme la poussière sous quoi, qui, moi ? Non ... nous avons laissé s'ensevelir l'unité sans laquelle il n'y a plus d'humanité. Poussières levées de nos asiles comme la volaille cardiaque, électrocutée, portée vers l'abattoir. C'est que nous ne lisons plus le monde, nous le convoitons. Switch it on ! Switch it off ! Nous nous l'offrons par éclats ! Mets le sur vibreur ! Convoitons nous les uns les autres !

Maître ! Maître ! Nous ne sommes plus rien, voila ! Et ainsi, tu n'es plus rien, non plus.

28.04.2009

J.M.G. B...

De lui au moins je peux dire les lettres initiales, puisque nous fument frères et dans le sang et dans l'alcool dire aussi qu'il me rattrapa au bord de tous les précipices au fond desquels coulaient à l'envers les rivières mornes du temps. Ce qu'il est à présent, dix ans après qu'il m'eut fracassé la gueule et franchit la porte que douloureux je lui montrais ? Je ne sais pas le dire. Il est au nombre de mes disparus. "Ces mains qui nous font du flafla, ces mains mugissantes qui meuglent..."

Ferré nous avait ferré comme des gardons fuyant le bocal des bénis oui oui, comme des chevaux de frise dressés contre la nuit, contre la peur des assauts farcis au plomb et nos reines nues nous trahissaient, tant nous ne les honorions que de maux d'amour recopiés dans des missels pornographiques. Poète il était et con comme un alexandrin retrouvé à Louxor. Fils dépourvu d'un imigré de l'intérieur et d'une souffrance de femme morte. Nous nous crevions la paillasse du côté de Beaubourg, insultions la réussite et chevauchions jusqu'à Lisbonne, place du commerce où nos ivrogneries nous attendaient. Frère, mon salaud de frère, te souviens-tu de Monique Morelli, accoudée au comptoir du tabac, sa cibiche aux filles du calvaire ? Moi je m'en souviens. Nous sortions du Dejazet, elle attendait Léo et je voulais qu'elle me chante "Le Scaphandrier" : Mets ton habit scaphandrier ... Rien que pour moi, les yeux dans les yeux de ce rocher aigu, casqué, qu'elle était.

Ce que c'est que d'avoir eu un ami et d'attendre comme ce soir qu'il frappe à la porte, avec sa gueule de hareng et me traîne, moi qui suis lourd de son image, jusqu'au prochain bar-tabac. Et qu'on s'enquille tout se qui bouge, sur les étagères de la mémoire. Et qu'on en sortent plus de nos ivresses puisque le monde lui, ne sait plus qu'être dégueulasse.

27.04.2009

Mon cochon !

J'avais au panthéon de mes animaux de prédilection, un porcelet de bonne allure, un dévoreur colérique qui me tenait compagnie et dont la fréquentation était insupportable. Cochon mon frère, dont aucun morceau n'était laissé à l'abandon et qui de tout ce qui avait l'apparence du comestible, faisait un festin odieux. Cochon qui s'en dédit ! Disait le proverbe. Ce à quoi mon porcelet répondait qu'en matière de dédit, l'homme, son proche parent, donnait de la hure à qui mieux mieux. Car oui, qui mieux que l'homme sait renier sa parole ? Mon cochon, quand le soir venait, s'endormait sur Orwell en priant saint Antoine de lui rendre ce qui ne lui appartenait pas. Et notamment cette brosse en pure soie avec laquelle le bon saint s'époussetait la bure. Ô Tant de bon procès en sorcellerie où aux côtés d'autres infortunés, des truies, des verrats grillèrent en place publique pour expier l'ignorance crasse dans laquelle l'homme se plaît encore à se vautrer, en chien savant, au milieu des "illusions nécéssaires", des "simplifications séduisantes", de cette fabrique du consentement où Noam Chomsky nous conte entre autres vérités, que l'endoctrinement est l'essence même de la Démocratie. Ne grognez pas, c'est un fait. Les dictateurs n'ont pas besoin de notre voix, ils ont assez de la schlague et des nervis pour nous convaincre de n'être rien. La démocratie débat, elle se commente, elle s'en grosse de mille avis concernés et pour finir se trouve un maître, un élu, un prophète du cause toujours, tu m'intéresses.

Mais voila, mon goret, il a fallu que je le saigne. Aurait-ce été pour en faire tripailles, banquets et que sais-je ... de ces repas de famille où en se gavant, on s'épie pour savoir qui ose se resservir alors que l'héritage est désossé et la couenne toute rongée. Mais non, que d'nib ! Il m'a fallu m'en séparer auprès des instances sanitaires, financées par l'industrie de l'agro-alimentaire. H1N1, m'a-t-on dit. Danger de pandémie, hécatombe, grippe d'épagneul, 100 millions de morts ! Vache ! que je leur réponds, c'est fol ! Et le poulet ? Quoi le poulet ? Puis-je au moins le mettre au pot ? Vous possédez poulets ? Pas plus de deux ou trois ! Faites passer, on s'en occupe. Et voila, plus âme qui vive; Je porte un masque quand je vais chez Danone et ne me nourrit plus que de bons produits mutants dont le fabricant me garantit qu'ils sont riches en apports philosophiques. C'est triste je vous le dis, car ce cochon là avait dans le regard ce quelque chose qui me faisait croire en l'homme. Une douce résignation de victime. Ce quelque chose que je ne trouve pas, chez nous, depuis que nous nous entre dévorons, comme des porcs.

15:25 Publié dans polytiques | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : h1n1, grippe, pandémie, politique, littérature | |  del.icio.us | | Digg! Digg

26.04.2009

La laitue

Et pendant que les capsules luisantes et plombées de l'aéronautique déversent sur le tarmac, les tonnes de déchets radioactifs du tourisme de marasme, toutes enfièvrées de H1N1, la grippe porçine, la laitue elle se rêve des destins de pléïade, des Nobel de littérature, des noblesses de feuilles de choux où en gros titres la crise n'ose plus dire son nom de baptême : New World Order, NWO.

Théorie de la constipation ? Peut-être mais les suées qu'au matin les cauchemars féconds de la nuit me laissent me changent parfois en transpirationistes de première bourre. Et je m'aide à ne pas lâcher le morceau, je soulève le rideau qui masque les coulisses des conférences internationales. L'internationalisme ? Vous vous souvenez ? Vous avez lu ? Camacho vient de mourir. Kicéki ce Camacho ? Rien, un qui en 36 du côté de Barcelone choisit de piller les armureries pour aller se frotter à l'armée du Maroc, comme on l'appelait alors. Au fait avez vous signé la pétition pour la libération de Jean Marc Rouillan ? Non ? C'est plus la peine ? Vous avez pas tort car d'internationale il n'y en a plus qu'une, celle de la crise organique, organisationnelle, orgiaque, l'origami dans les plis duquel, ça ne fait pas un pli, nous plierons, piske nous sommes bien lâches et que le malheur, quand il frappe chez le voisin, cet ouvrier puant des doigts, passé par les vertus de la masse des médias du communisme au fascinant fascisme, c'est toujours un peu de sursis pour nos petits blonds. Qu'ils aient au moins le temps de passer le Bac. On verra après !

Camacho est mort et Rouillan si il n'est pas trop con, n'a qu'à devenir tout à fait fou et qu'il se suicide et qu'on en parle plus !

La nuit fut féconde, je naviguais, d'écueil en ressac, je nous regardais bien en face. L'internationale des bonnes situations préparait son avenir et au générique nous n'apparaissions pas ou presque, à la rubrique figuration libre. La grippe espagnole se refaisait une beauté et carnaval essayait un masque de cochon. Tantôt dans la soute, tantôt dans les amures. Aux vergues je pendais ce qui me restait de lueurs fraternelles. Et je hurlais ! Je hurlais à demi engloutis par l'océan d'indifférence au fond de lequel j'entendais ... rien ! Ce rien qui nous contente et qui précède les convois Nacht und Nebel. Alex Jones hurlait lui aussi, son Obama deception (sur daily motion), à bout de souffle. Faisez gaffe ! disait-il. L'histoire repasse les plats. Le bounty Barak c'est du Bush couleur Minstrels. Combien de camps de la FEMA aux states ? Que dit Emmanuel Todd dans La fin de la démocratie ? que le suffrage universel c'est usé, que le libre échange c'est la guerre.

Vous êtes écologistes ? Naturellement, on nous a tellement seriné que le réchauffement climatique mettait en péril l'équilibre de nos exactions, que nous le sommes, tous, la main sur le coeur. Et nous n'y réfléchissons plus, plus la peine. C'est acquis. Mais l'Histoire nous dit autre chose. Quoi l'Histoire ? Ah non c'est chiant l'Histoire et puis ça rapporte que dalle ! Alors le vert, comme dans les saisons nous mène au brun, au joli brun des étés indiens de la décimation. Comment dit-on Shoa en Shoshone ?

Suffit la laitue ! C'est Manchedi, faut défaire les valoches, ranger les produits du terroir dans le coffre fort ... Et demain c'est Lundi. Et c'est bien connu :

"Le Lundi au soleil, c'est une chose qu'on aura jamais ! Chaque fois c'est pareil ! C'est quand on est derrière les rideaux, quand on travaille que le ciel est beau ! Qu'il doit faire bon sur les routes, le Lundi au soleeeeeeeiiiiiiiiiLLLL !" (Claude François, poéte électro-ménager)

25.04.2009

Full aux races

Petit préambule à l'intention des âmes sensibles et enchâssées dans les procédures propagandistes. Ce qui suit peut choquer, pour peu que la pensée soit en laisse et bienheureuse de l'être...

- C'est là que t'es bon coco ! Dans la dénonciation. Vaine ? Tu as raison. Mais l'audience coco ! Pense à l'audience ! Aller ! En place !

C'est comme ça qu'il me parle le coach, chaque matin quand j'arrive à la salle. J'ai un coach, comme tout le monde. Un type, appelons-le Stéphane, ça fait carotte. Car tous les coach, ce qui les intéresse, c'est le dividende, la cotation en bourse et donc leur petite commission. Et le mien de coach, autant vous dire, il palpe grave.

- Bon, c'est quoi ton sujet aujourd'hui ? Euh ... que je lui fais, l'air hébété de qui en a un peu ras la tonsure de pagayer dans les sables mouvants de l'actu tachycardique. Je parlerais bien de Burgaud ... D'Outreau ... De l'universalisme et de la plus bonne manière d'accommoder la laitue en tant que la meilleur façon de porter la limace, c'est la visière en arrière.

- Très bon ça, Outreau, Burgaud, l'universel ... Très bon Coco ! Je m'appelle pas Corinne et j'ai rendu ma carte du parti cocomuniss depuis 1981 mais le coach il s'en tape, lui ce qu'il veut c'est du chiffre. Mais pour la laitue, tu révises un peu, on verra plus tard ! Dac ! Je lui fais. Et je franchis les cordes. Jeu de jambes, je valse, je tangotte, j'allonge et paf j'en prends une ... Oh putain !

Depuis quelques jours on nous enlise la comprenette avec les démèlés judiciaires du pauvre juge Kerviel ... Burgaud, coco, t'avais dit Burgaud ! Ah oui c'est vrai, punaise, je rajuste ... Avec les ... judiciaires du pauvre ... Burgaud. Le voilà qui après avoir fait honnêtement son travail en expédiant quelques sous-fifres au devant de la vindicte populaire, se voit lui même mis en cause pour cause qu'il était bien jeune au moment où on lui a confié cette affaire des disparus d'Outreau. Et on s'escrime, on débat, il se défend. Pour peu il en appellerait au peuple en armes. Mais le peuple il sait bien lui ce que c'est que la justice, vu que la préventive et les incarcérations et les gardes à vues prolongées sont un peu son lot quotidien quand à bout de forces, il outrepasse les limites de plus en plus restrictives de la légalité. Le code pénal, il est tout fait pour lui, à sa mesure d'impécunieux minable, commis d'office dans toutes les aventures qui se finissent en correctionnelle, 11e chambre. Le palais de justice, c'est le seul palais de la république où le pauvre possède au moins onze chambres.

Burgaud qui n'en doutons pas, fera la carrière que ses probes études lui réservent, est une sorte de chiffon rouge que l'on nous agite devant les yeux. Au delà il faudrait parler de ce que c'est que ces histoires de pédophiles. Des histoires de petites gens qui baisent leurs enfants ? Les petits gens, c'est bien connu, ont pas de morale ! Ces salauds se lavent pas, sont fainéants faut voir comme et on vous dit pas le pire, vu que vous en seriez choqués à l'extrème. A réclamer peut-être que la peine de mort ... Qui sait ? La pédophilie, les psychiatres se penchent dessus et se triturent le neurone pour nous en faire une de ces théories, bien propres. Un truc avec des vrais morceaux de déséquilibrés mentaux, drogués, des marginaux odieux, des Allegres sur mesure, des criminels fabriqués en série limitée, numérotés. Mais croyez moi ou pas, la pédophilie pour qui se penche un peu sur le sujet, n'est pas un sport de pauvre. Le pauvre, lui, contre toute propagande protège autant qu'il peut, ses enfants. Autant qu'il peut. Autant que pour lui, confusément, il y a un universel, un humain mal dessiné mais digne du simple amour. C'est plus haut qu'il faut chercher le mépris. Plus haut ? Mais où ? Ah ne me demandez pas. Cherchez. Outre passez Burgaud et ses mésaventures de juge d'instruction au service de la morale des maîtres.

Full aux races, j'avais titré cette note. Full aux races, parce que le moyen âge dans lequel nous enfonçons jusqu'à la taille et pour certains jusqu'aux narines déjà, est tout à fait propre à nous faire endosser la haine horizontale sans laquelle il n'y a pas de rentabilité. C'est simple je hais profondément mon voisin de palier, qui tout aussi blanc et pâle que moi, doit bien cacher quelque chose ? Quelque chose qui pourrait ressembler à par exemple, de l'antisémitisme, cette vérole que nous endossons vaillamment puisque nous sommes aussi laids, parait-il, que ce que l'on dit de nous.

Mais alors pourquoi, quand de la solitude je suis le fidèle féal, c'est de fraternité que je nourris mon esprit ? Enfant que je suis de la déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen. Pourquoi ? Parce que je crois au beau, au simple, au regard et à la main qui bâtit pour les enfants autre chose que des ateliers de servitude. L'enclave me bride, le territoire occupé froisse mon regard vague et la misère commune m'est comme la négation de tout ce que j'aime en l'autre, la vision grandie d'une humanité débarassée des vertiges pyramidaux.

- Bon coco ... Euh ... Tu me prépares ton truc sur la laitue, pour la prochaine fois ! Pasque là, franchement, t'es border line, comme on dit.

24.04.2009

S.A.E.D'I.

Ce qu'il y a de bien avec les Wacances, c'est que ça permet de recharger les batteries. C'est vrai que c'est usant de vivre ce que l'on vit quand on le vit là où l'on vit. Alors vite, à dates fixes, on s'en va le vivre ailleurs. C'est ce qu'il y a de bien avec l'ailleurs c'est que ça permet de faire exactement la même chose avec le même état d'esprit mais hors de portée de la vue de ceux qui nous connaissent et donc ne sont pas dupes de nos exotismes de pacotilles. Un tel, que je connais mais dont je dois taire le nom sinon je risque de le perdre en tant qu'il est mon ami parce que lui et moi on s'échange de menus services, on est ami et c'est ça qui est bien avec les amis, ces sentiments que l'on partage, en se rendant de menus services. Donc cet ami qui tout au long de l'année gagne ses petits sous à fariboler dans les médias de masse, quand il est en wacances il part loin pour aider les paysans à crever moins con, le cul posé sur la bouse de leurs putains de vaches mortes. Et qu'on le voit parait-il, vêtu de biaude et de gros draps, en sabots fluo avec son petit magnéto à collecter des histoires du terroir de son coin d'origine. Très important les origines quand tu pars en wacances. T'es du 93 mais tout de même pour te ressourcer tu dois, malgré que t'es du 9/3, penser à ces nobles origines, en région, sans lesquelles tu n'es rien. C'est ça qui est bien avec les origines c'est que ça te permet une fois que fortune est faite sur le dos de l'indigène parisis, de t'en retourner comme un petit saligold que tu es vers ton coin de bocage, ta lande, tes montagnes, vers la vie saine. Même si la tumeur cancéreuse, l'ulcère, l'alcoolisme ne te laisse pas à la gare de Lyon, sur le quai en agitant le mouchoir des amants délaissés.

Ah combien de Normands ! Combien de Berrichons ! Combien d'Arlésiens ! Combien de Cambrésis sont partis au matin vers la ville lointaine  comme des rassis sans niaque et n'en sont repartis qu'une fois gonflés aux hormones, avec au gousset, la fortune des rentiers.

Car c'est ça qui est bien avec les wacances, des fois ils n'en reviennent pas ! La tante Clarisse à claqué de ses ulcères variqueux et leur laisse un peit bien, dans le fond du vallon. Ils s'installent et nomment la ruine à retaper, Faudra venir nous voir ! Du doux nom du "village" d'où à force d'emprunts ils ont chassé l'habitant, le précaire, l'ouvrier fraîchement licencié. Car c'est ça qui est bien avec l'emprunt, c'est que ça permet à la tante Clarisse de claquer plus lentement, vu qu'il n'y a pas nécéssité absolue de débarasser le plancher pour que les racines leurs viennent au cul en moins de temps qu'il n'en faut pour être ruiné.

Adonc là, tout est calme, les campagnes sont pleines, les compagnes aussi, l'air est doux et sent bon la glèbe et le missel. On fôlatre parmi les herbes hautes et l'on se rêve en pays, loin des tracas de la crise. Il sera toujours bien temps en rentrant de s'aviser, le marché noir aidant, de la qualité de la vie, qui est un bien commun, si commun que ça n'est même pas la peine de trop y penser, puisqu'on est en vacances.

Ce qu'il y a de bien avec les wacances, c'est que comme je n'y vais pas c'est toujours avec grand plaisir que je les vois revenir, pleins de verve et de sang pour au moins cinq grosses minutes. Après ? Bah après, c'est la révolte

22.04.2009

Carton plein

Ce que c'est que de s'éloigner un peu des épicentres des phénomènes, glisser le temps d'un dégoût au bas des pentes du volcan. Ce que c'est que d'avoir aux commissures ce fiel que génère la stérilité des colères. Quoi ? Nous pensons tous et toutes qu'embarqués par le fait du prince électeur, c'est en Géhenne que la haine conduit, c'est de la boue stérile des polémiques que nous alimentons notre besoin de Révolution. J'arme le mot d'un R majuscule afin qu'on entende en lui le roulement de la vindicte, pas encore psychiatrisée. La colère froide pourtant ne nous fait pas défaut et nous taillons dans nos rêves, la chair pourrie du cauchemar éveillé. Ce que c'est que de se dire que l'odeur des Lilas n'est pas l'étincelle de l'incendie que nous voudrions allumer si nous n'étions pas pris aux pattes par le fil d'acier du collet. Cisaillés que nous sommes et cyniques si l'on y prend pas garde. Mais qu'il est, ce parfum acide et sucré, un horizon nocturne que cartographie l'orage à venir.

L'odeur des Lilas qui pour un instant nous a fait oublier qu'à Genève s'est tenue la conférence "Durban II". Là où monsieur Ahmadinedjad n'a fait que dire haut et fort qu'entre l'antisémitique guignolade et le refus de la politique de l'état d'Israël, pour ce qui regarde les territoires occupés il y a un pas que l'histoire a déjà franchie. Cette histoire qui s'écrit au présent, notre présent et à laquelle nous préférons les faux actes de résistance des représentants des pays qui ont choisit de ne pas participer à la conférence et de ceux qui se sont levés pour quitter le lieu. Ces représentants de pays qui dans les années Quarante du XXe siècles ont remplis les trains, profités des mânes du travail forcé, puis se sont excusés en arguant du fait que l'on ne savait pas. On ne savait pas ? Non, on ne savait pas ! Ah bon. Donc Israël peut continuer ses échanges commerciaux avec la bande de Gaza. Une pierre/un missile. Il y a comme cela des pays dans le monde où la crise n'a pas de sens. Puisqu'il s'agit de se défendre de tout, sauf du pire de soi même. Qu'en pensent les Tamouls ? Qu'en disent les Tutsi ? Que font les "primo-américains ? Et à la Saint Barthélémy, vous faites quoi, vous ?

Question : Suis-je antisémite ? Réponse : Pas plus que ne sont criminels et irresponsables ceux qui organisent, sous le couvert d'instances internationales, le transfert, la paupérisation, l'élimination de populations impropres à la consommation de masse. Sommes nous bien hypocrites, nous qui nous attachons à cette "mémoire de la Shoa" alors que sous nos yeux remplis de M... l'esclavage, la famine, les andémies battent leur plein et que par le fait nous entretenons nos maîtres dans la certitude que nous ne sommes qu'à les servir, bons à culbuter dans le fossé de l'histoire, dès que faire se peut. Pour ce qui est de l'Iran, n'en doutons pas, ce vieux pays qui a tant servit les intérêts des USA et du monde occidental, tout comme l'afghanistan, tout comme l'Irak, n'est pas prêt de compter parmi le concert des Nations. Car de Nations il n'y en a plus. Il n'y a, en lieu et place de celles-ci qu'un aglomérat nauséeux d'intérêts bien compris. Servir pour certains, se servir pour d'autres et pour ces derniers l'époque est aussi bonne que celle qui vit, par leur entremise, le chancelier Hitler gravir quatre à quatre les marches du pouvoir.

A la fine équipe de branle-menu, mes lecteurs, mes bien chers lecteurs j'adresse ici mon cordial salut et je partage avec eux ce parfum de Lilas qui fait aimer la terre quand l'homme endormis ne la rêve pas en sang et de larmes.

19.04.2009

Reconnaissance

Un lent silence de reconnaissance, une lente lueur poursuivie, le regard plus bas que terre. Conquis par le terrain, je n'écrivais plus, je lisais.

- Que fait-il ?

- Il lit.

- Ah ? mais que lit-il ?

La pierre levée des champs, l'appui des roches à mi-pente, les quais, des rues somnolentes, au loin, des montagnes froissées comme la feuille de brouillon. Sur la borne, le nombre de signes qu'il faut pour décrire un nom, un nom de lieu né en 1915 et tué en 1962. Alain Borne.

- Les dates ne vous disent rien ? 1915, pourtant ? 1962, allons ! Non ? C'est qu'au poète on ne donne pas de noms de batailles ni la fonction de marquer l'histoire d'une pierre dressée. Au poète on ne prête pas les arcs de triomphe, quoi qu'au vieil Hugo, si. Et à Bela Lugosi aussi. C'est qu'au poète on permet de passer de vie à trépas, en dehors du temps. Au dela des bornes.

- Mais alors de quoi parlons nous ?

- De quoi ? De rien. De qui ? Un peu. D'un poète sans jardin de prières. D'Alain Borne qui écrivit ceci, devant quoi vous me pardonnerez de m'être tu un peu :

 

Âge profond et sans retour

qui déjà fait peur au sang

ne pas mourir est un courage

Quand mourir est avancé

(Alain Borne, Encres, atelier du Hannton, 2003)

11.04.2009

A propos

Il y a tout de même des moments où la boue et les mots ne font pas un texte, pas une phrase, pas de sens et n'apporte rien en termes de réflexions. Où la boue n'est que de la boue et les mots cette sorte de matière molle dont je tairais le nom. C'est ainsi que bien que l'ayant relu, à plusieurs reprises, j'ai décidé ce matin d'envoyer à dache le texte écrit le 10 de ce mois et que j'avais titré : Qui t'a fait roi?

Ceux qui ne l'ont pas lu, n'aurons aucun regrets et la curiosité qu'il représentait en terme de monstre aux petits pieds n'était que de la brume d'alcool qui rend fétide l'haleine du matin. Et pourtant les matins en ce moment sont de cerisiers en fleurs et qui s'envolent dans la tendre tourmente des vents tièdes et pluvieux. Ceux et celles qui ont eut à le parcourir ne le regretteront pas et les instants que j'ai pu leur faire perdre, sans pouvoir les leurs rendre, la vie est précieuse, je leur demande de ne pas trop m'en tenir rigueur (... N'ayez contre nous le coeur trop endurcit...). Comme chacun d'entre nous je me sens responsable du don que le verbe chaque jour me fait de ne pas être obligé de me tenir muet face aux conditions d'esclaves consentis qui sont pour ceux qui sont le nombre, l'ordinaire d'une vie sans existence propre. Outre cette vie d'éternels licenciés, ballottés, déportés, séparés, divorcés, orphelins, avilis par l'ordre économique dont ne pouvons plus croire, comme on disait encore il y a peu qu'il est "le moins pire des système".

Et pourtant la question que le titre posait : Qui t'a fait roi ? Il est vital de la poser à ceux que nous voyons nous toiser du haut des tribunes en nous rappelant, un demi sourire au coin des lèvres, que pour eux et elles nous ne sommes rien. Une seconde question, pour conclure : Et eux qui sont-ils pour nous ?

Je vous salue bien et vous remercie de l'honneur que vous me faites d'être en passant les lecteurs de ce qu'il va nous falloir sortir de l'enclos des vaines diatribes et vivre par nous ce qu'il est de notre devoir de détruire, pour voir au delà des parois de l'écran. La vie telle qu'en elle nous sommes, ses amoureux fidèles.  

Toutes les notes