31.05.2009

Démater

J'insiste, j'ose encore, j'y reviens, même à l'heure de la sieste, quand tout le monde croule de cauchemars hallucinants en digérant le ragot. Je m'en remets une couche contre les UV de ma propre propension à être un sacré con, je poétise l'art politique, l'art de se mêler du mélo, de rentrer dans le méli mélo avec arabesques et affect. L'art qui manque et rate la consécration avec le panache des coqs tentant la hautitude des maîtres-queues. Gâte sauce, je l'ai dit à ceux qui me lisent d'une oreille attentive et ce faisant attentent à leur équation libre. Surtout si il vivent seuls, dans de profondes forêts de songe résonnant comme le fût des Hêtres. J'envoie :

Un oeuf mayo, une crue (sans bettes-raves !), une entrecôte sans os, sans frites, sans mayo, sans Kechtup TM, un filet de sardine sur son catafalque cervical d'orties fraîches (Vas-y mets en des orties !), un rôti de H1N1 sauce poulette, un hareng, un merlan, un steak de la Mer, un émincé de Surimi TM et sa farandole de Von Bulow's, une tartiflade de fadeur grasse, pas trop cuite, une fricassée de petits oignons flambés au cognac, légèrement relevé de crème, un trou normand façon Omaha, un couscous brochette, méchouis, merguez (trois pièces par tête de pipe), à cheval, un couscous végétalien, un agneau carnivore, un double cheese pomalo ... Et un couscous couscous de chez Hafid Hafet le chef des jours de fêtes, vas-y ptite tête ! Tu files et tu me rapportes la cuiller à farcir les lentilles du Puy en Véloce, vas-y ficelle, tricote ! Chef ça maaaaarche ! Un gras de jambon, sans cornichon et un supplément Chantilly, un !

"Ah ce qu'il est cruel le petit bruit de l'oeuf que l'on casse sur le bord du comptoir." (Jacques Prévert, le vieux frère des Frères Jacques. Eux même petits cousins des Quatre Barbus dont on m'a dit qu'ils avaient enlevés les Parisiennes, bien avant que l'on interdise l'usage des narcotiques au zinc.)

Démater : Verbe du premier groupe, talonné par le groupe étau, ex : Qu'à mater j'ai passé mon temps le cul dans la gamate, maté par l'envoilure de la motte, roulé par le déhanchement des play-mâte. Et passant bien du temps à surveiller la cuisson des pâtes, rien à dire si je démate, mon regard frisant au ciel, au bitume mes talons divaguant de la quille.

Les filles clignottent au vent, au vent les filles clignotent, je cède à mes priorités.

18:02 Publié dans polytiques | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, coupat, john lenine, poésie, littérature | |  del.icio.us | | Digg! Digg

28.05.2009

Coupat, Julien

Cependant que partout autour et ce malgré le beau temps, les castors clouent, vissent, coupent, creusent, peignent ... la girafe à la chaux vive, brossent, tondent, élaguent, s'embouteillent, repiquent et laissent les cerises au marlot, Julien Coupat s'est encore une fois évadé, avec l'aval de la ministre et de son patron de droit divin, Sévère le Présidnet (celui qui dérape plus net). Voilà ce que c'est madame Marie de tremper toute seule sa petite culotte en Kevlar aux extraits de carbone, en pensant à la beauté de la jeunesse qui s'exprime en bandant. Et en s'imaginant pas que depuis 68 et ses turlupinades Danyveleuses ... Da ! Da ! Da ! Est-ce qu'on triche ou est-ce qu'on se cache ? La jeunesse est la forme la moins confuse de la pensée. Monsieur Besancenot à ce titre risque de durer, il semble n'avoir pas l'âge pour charger un car de CRS à lui tout seul et à l'arrêt. Pas lui ! Lui l'est déjà mais dans son cas on dit qu'il est en l'arrêt, bien à l'aplomb de ... de qui nous savons, taire le nom.

Moi ? Bah tiens oui, tu parles ! Mon age indigne, la pâleur de ma peau de blanc d'Espagne, les claires voies de mon scalp ont fait long feux. Quand je croise un citoyen policier, je sens bien que je lui fais peine. Pourtant je lève le poing quand on m'interroge, je vitupère, j'invective, je fais tout comme Coupat mais en plus claquant des ratiches, tu parles tiens, on m'ignore dans les sphères. L'Anti-France est laminée, le scrutin était truqué, quoique je pense on me compte pour du beurre, alors tiens ! Tu parles !

Je voulais donc ici saluer la libération de Julien Coupat et lui souhaiter un bon retour vers la seule liberté qui vaille d'être défendue, l'exercice plein et entier de la pensée active. Libération dans laquelle je n'ai pris aucune part, vu que Jean Marc Rouillan est encore aux fers de la Démocratie de loisirs. Mais que c'est pas grave parce que lui Rouillan, il en a tombé un, un patron. Et que ça, par les temps qui courent, ça ferait pas du bon spectacle.

Question : Comment vivez vous la prison ?

Réponse : Exactement comme vous vous vivez à l'extérieur (Puis développements).

(Entrevue réalisée je crois courant Mai, de Julien Coupat, faut que je vous trouve les références. Peut-être pas.)

19:03 Publié dans polytiques | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : politique, coupat, tarnac, littérature, poésie | |  del.icio.us | | Digg! Digg

27.05.2009

John Lenine

John Lenine est mort ! Et pendant ce temps là le parti socialite caracole à Rezé, les nord-coréziens tiredemissile dans la direction de Séoul, la secrétaire d'état met en garde Pyong Yang, à Durango le cadavre d'un journaliste politique à été retrouvé intact, le président russe appelle à agir d'urgence, Madame le Gouverneur mange du coeur de phoque réglementé, un ministre lance son petit pavé dans la mare où les grenouilles frémissent d'aise et caquettent, poulopent jusqu'à la page people de leur quotidien de rassis mal assumés, le ministre se téléporte et en grand malade du siphon propose le télétravail aux ouvrières de la grande distribution de carottes en arguant du fait que lui-même, grand atteint de la promospère d'influence vient de réchapper à la grippe porcine mais que ça ne l'empêche pas de bosser à la maison, Julien coupat serait éventuellement élargit de l'étreinte câline de la justice rendue par les cellules spéciales de la sécurité nationale socialite, les seules que Madame Alliot-Marie garde fraîches, grâce à son nouveaux spray neuronal et à l'inflexion ascendante des courbes sécurisées par voie de propagande, mademoiselle Yade attend patiement son départ pour Strasbourg et est allée présenter des excuses aux Inuit, les bretons ont toujours des chapeaux ronds, les Tigres Tamoul ont disparus du pas de tir, Ingrid Bétancourt court toujours, dans quelques jours les américains débarquent à la Normandie et ont promis que si il faisait pas trop moche, ils pousseraient jusqu'aux Deux Sèvres, afin d'en déloger madame Royal et son armée de Chouannes aux chatoyantes couleurs de dames patronnesses à la saison des amours. La terreur règne, la Gauche caviarde ! Le mois de Mai joli rossignolet finit dans le tajine, la mère de la soeur d'un pote se découvre une passion tardive pour la lutte des classes, pendant ce temps là je reprends le collier au fond d'un bouclard, à Gauche, côté cuisine, c'est bientôt l'été et c'est chic à lui de revenir comme ça, tous les ans, c'est chic ! J'aime bien raconter des salades, si ça vous chiffonnent pas trop, Jean Tibéri va faire appel de la décision de l'arbitre et tenter de faire rejouer le match Pasqua/Coquin, le Général Néral sera dépéché à Tarnac afin d'y négocier la revente d'un bon stock de fers à béton, le pape n'a rien dit, en Israël on note un fort accroissement de la population raélienne, je me sens pâle ... Je ... Mais non ! Moi je ...

- Tiens, à toi je peux le dire. Je sors de chez un toubib de réputation mondiale dans l'amputation du budget vacances, il parait que j'ai une socialite carabinée, doublée d'un syndrome Ardèche, genre congrès de Tours.

- Tu veux qu'je te dise, je me disais aussi, il a pas bonne mine le John ! Terreux je te disais. Mais ça se soigne si je  N'm'abuse ?

- Oui, par le rire.

John Lenine is dead, le petit monde du Rock reste coit, pas un mouvement de paupières, aucun frémissements dans l'assistance. nous avons su rester jeunes, nous saurons rester digne ! Johnny ... ta mémoire, l'engagement que tu as su manifester à chaque fois que sous HADOPI nous planions en écoutant l'Airplane, la puissance régénératrice de tes riffs, le roboratif de tes textes, la poésie lubrique de tes déhanchements, OOLA OOP ! La révolte qui en toi grondait et qui passant à la caisse, nous faisait fondre d'espoir blette. Tout cela et le reste mais j'ai plus assez de place pour vanter ici tes mérites agricoles, la PAC te doit tant ! Tes appels martelés au 118 ... Yes we Could but ... ! John is cané, couic, trépassé, à dache mais au paradis des chanteurs dégagés il restera toujours une balle pour la maison mère. Alors je la mets dans l'enveloppe, je lèche le Debord, le timbre, j'appuie bien du poing, pour les empreintes numériques et je vais faire un tour, je passe comme par mégarde devant la boite, je fais semblant de relacer mes lunette, je donne un coup de talon furtif à droite, à gauche, à l'extrème droite et à l'extrème gauche, je fâche personne et je te fous le courrier anonyme dans la fente. Ça se met à clignoter dans tous les sens à lors je carapate à toutes blindes. On sait jamais.

23.05.2009

PsychoPhore

T'inquiète ! Tu verras, y vont adorer ! Adorer ? Mais ne sommes nous pas tous à adorer tout ce qui bat de la croupe avec du bluch, de la brosse et du Brink's. Garçons et filles, tous à Cannes, dans la bitch piscine du grand mac AkA, avec la bitch attitude des naufragés de l'étreinte ? Tiens, on a qu'à aller à la Capitale, t'y verras bien si sur l'autel de la dépendance n'y a pas de quoi se farcir une idole avec une mine de papier pas mâché. Tu verras je te dis, y vont adorer ! Oh et bien non ! C'est le grand S.A.C de la capitale des grôles, je marche pas, J'empiète trop. La marche au pas de charge à la recherche d'un GraAl Hallal, Tsahalog'in, christianofrost, Fanapieux dans l'c... de la foule en maillot, en pleine marche des fiertés... Tout en reluquant la télé mais pour de vrai. Je voussoie par exemple les rues pleines de candidats à "Plus belle la vie" et le lendemain, les mêmes dans les faits divers. "Un bébé retrouvé mort dans un camp de gens du voyage." ... " Cent milles Tamil exterminés par l'armée cingalaise." ... "Le criminel de Décines nie toujours !" ... Le "Résident de la République" aussi...

J'ai un ami pornocrate. Ça gagne assez bien parait-il. Il me dit : "Tu verras ..." et me propose d'ouvrir un restaurant. Je lui répond à brûle pourpoing de la vipère, que pour ce qui est du ragôut de bébé mort, je ne suis pas très au point mais en revanche, que j'excelle assez dans la bouillie de Tamils, façon Décines :

- Tu verras, y vont adorer. J'ajoute, en manière d'enthousiaste.

J'aime ce monde, jaimecemonde, j'émonde ce même, j'immonde en choeur. Je suis rejeton de l'Occident et je m'en fout jusque là. Juste que là. Jusqu'à présent...

23:09 Publié dans Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poésie, psychophore, littérature | |  del.icio.us | | Digg! Digg

20.05.2009

Nautonier

Un mot, un seul mot qui puisse arrêter le temps. Un mot hors la loi et qui l'est toute pourtant, la loi. Un mot vous tracte au travers des embarras que l'on trouve à vieillir, la succession des heures est mortelle comme est mortel l'ennui d'avoir toujours à faire ses preuves de vivant. cette année encore c'est décidé, ce sont les merles et les ramiers qui vont bouffer toutes les cerises. Ici on se refile le panier. Faut en prendre sinon... C'est les merles et les ramiers qui vont encore toutes les bouffer. Personne pour oser dire : Ces cerises ? Mais, elles sont aux merles et aux ramiers ! Pourtant c'est bon le ramier. Faudrait les tirer les ramiers ! Les plumer, les vider ... Et les merles, on en fait quoi ? Laisses les siffler, on achètera des oeufs de cailles. Parce que au prix du kilo de cerises, ferait beau voir qu'on y aille pas en caddy à bigarreaux land. Non, rien à propos des grives. Et pour les petits pois à la parisienne, comptez pas sur nous pour vous les écosser. Pourtant le ramier, avec des petits pois...

Ce mot c'est Nautonier, un cercle notablement vicieux et  nautique dont il ne faut attendre rien de bon que des records de noyades. Passeur ? J'y suis, j'attends. Viens t'en à la godille, à la bourde croises auprès, la berge est bourbeuse et je me sens seul et saule sous la pluie de mes cinquante verges. Nautonier, lourde est la charge de vide que je concède à tes marinades mais viens t'en avant que je ne puisse plus me souvenir que j'étais piètre nageur, grand mangeur de cerises, de petits pois et de ramiers. Quand je ne rêvais que de naviguer encore et encore, les pieds nus dans la sagine et le front posé dans les brassées de fleurs de ma grand mère :

"Ils sont dans les vignes les moineaux ! Ils sont dans les vignes les moineaux, ils ont mangés les raisins, ils ont chié tous les pépins !

Ols so do lo vogno lo mono ! Ols so do lo vogno lo mono, ols o mojo lo roso, ols o chio to lo popos

Ils i di li vigni li mini ! Ils i di li vigni li mini, ils i migi li risi, ils i chii ti li pipis

Uls u du lu vugnu lu munu...

C'est chié aussi, les moineaux.

22:00 Publié dans Mélancholie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, europe, politique | |  del.icio.us | | Digg! Digg

19.05.2009

Cohésion sociale

C'est dans l'odeur foutrale et lustrante des acacias qui monte des jardins et parcs bridant la nuit de par ici, que ce soir remonte par les Escalators du Prisunic de la croix des ch'vaux, quelques bons vieux souvenirs, qui n'ont pas leurs place ici, car ici n'est pas le lieu de la nostalgie. La nostalgie, ce médicament des âmes damnées par la coutume. Mais il n'empêche, j'aime profondément les Escalators et l'odeur de purin acide des acacias qui, si vous m'en croyez n'ont jamais bordé les rues de mon enfance. C'est que d'enfance je n'en eu que parce que j avais l'âge de me faire mater, sacrer poliment par ceux qui m'aimaient. Poliment j'étais. Courtois et bien élevé, poliment, catholique romain, à genoux les petits cagneux, les brandons, les brindilles, le bois mort du futur. Lisses, lisses, les boucles blondes, lisse ce qu'elles recouvrent. Lisse l'éclisse de leurs cuisses maigres, sous l'archer échevelé du maître. Foutre limpide des grappes de fleurs d'acacias. Jus de caille, petit oiseau en croix sur le chemin de Fidélis, je vous salue Marie ... Je vous sauve suave, j'ai peur, ma peur est ma charpente de foi. Et avide de vos mânes je vous bénis le fruit de vos entrailles ... de vos big trails, de nos chemtrails, de vos vulves millénaires je suis l'exsudé. De vos voiles, depuis longtemps me suis fait un baldaquin ignominieusement salvateur. Salve Regina ! Des acacias je suis le fruit et le bois jaune et la sève et l'écorce, dont on ne fait pas les crosses. Ni celles des évêques ni celles des pelotons.

On dira que ceci est de la poésie puisque la poésie est ce qui reste quand on a plus de quoi se souvenir et qu'on l'aurait ce "de quoi..."; Qu'on en voudrait pour rien au monde. Se souvenir. Mais de quoi? Tu te souviens comme nous étions heureux ? Non !

00:47 Publié dans polytiques | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, politique | |  del.icio.us | | Digg! Digg

17.05.2009

Ex Nihilo

Cette page ci est pour ceux qui ne savent pas lire. Autant dire : Tournez la vite si vous êtes arrivé à en déchiffrer la première phrase. Et si la suivante ne vous a posé aucun problème ni causé aucune migraine alors déchirez la, faites en un avion, une boulette, utilisez le verso pour la liste des commissions, reprenez le cours de vos vies. Elles valent bien le temps passé à s'absorber dans le futile exercice de la lecture. Vous même n'avez vous pas un subtil Athanor où mijotent des formules dignes des plus délicats sénacles ? N'êtes vous pas vous même, bons diseurs, conteurs de bonne espèce, artistes ? Créateurs peut-être, qui bien qu'un peu de réforme, apporte sa pierre au moulin et aux averses son lot de sanglots lustrés ?

Oh que ma peine est grande ! Oh que mon chagrin est illustre ! Oh que ma voix est donc bien unique ! Oh que ma joie est assez modeste !  Oh comme je me hais de m'aimer ainsi sans que personne n'y veuille prendre garde, plus que pour me plaindre d'échouer si près du but !

Mais quel était le but ? De cette page, le but était de ne pas rester vièrge plus de temps qu'il ne faut pour la faire pâturer par l'ignare de service. Celui que je suis en ne m'intéressant à rien, qu'à ce que j'en dis. Et ce que j'en dis est d'un venin âcre aux papilles, indigeste, impropre au repos. Le lieu où nous reposerons n'existe pas. Alors nous courons à la ligne et d'un doigt humide nous tournons les pages d'un livre que nous aurions mieux fait d'écrire tant est stupide l'emploi improbable que fait l'auteur de la formule latine "Ex Nihilo". Un titre ça ? Mais non ! Du sens mon ami ! C'est de sens que nous nous nourissons ! Faites sens, nous nous chargeons du reste. Mais quel était le but ?

De but je n'en avais pas. Si peut-être, dormir. Dormir jusqu'à ce que mort s'en suive. C'est à dire passer, passer sans faire de vagues dans le regard ennuyé du monde. Ici gît la nuit passée qui me vit impuissant à en finir avec la veille et avec l'avant-veille et avec tout ce qui dégorge des goutières percées du passé, quand on tente de fermer les yeux.

15.05.2009

Tapins

J'ai fait le pied de grue sur les chantiers, chanté la chanson des maçons, filé mes bas dans les dépôts, les hangars, les entrepôts. Je me suis offert à qui voulait, pour trois francs six sous que je le servisse. Libraire, petite main, arpette, magasinier, chauffeur ... Mais j'ai jamais gagné ma vie, je l'ai perdue dans les délices. J'ai travaillé en autochtone, parfois hilare, parfois aphone mais jamais vraiment concerné par l'encours des affaires à faire. Je pointais chez un tel, émargeais chez l'autre, au cachet, à l'heure, à la tache. Rarement pour des honoraires mais bien docile aux horaires, j'arpentais les salles d'embauche en prostitué modèle standard.

- Ça vous va ? Ça ira ! Alors demain huit heures, soyez ponctuel. On vous écrira.

J'étais diplomé des écoles, Certificat d'Etudes Primaires. Je me lançais sans barguigner à l'assaut de la carrière, je fendais l'air. Qu'on se tienne bien ! J'arrivais, j'allais arriver ... On verrait ça ! Oui, mais que faire ? Tendre vers l'improbable en usant des possibles, faire carrière en coulisses tout en rinçant "les verres au fond du café ... J'ai bien trop à faire pour pouvoir aimer" ... La plonge ? En voila un beau métier ! Et pourquoi pas cuisine tant que tu y es ? Je fis celui qui n'entend pas et me le gardais pour moi. Je ferais cuisinier puisque les autres voulaient tous faire affamés de pouvoir, de savoir et assoiffés de gains et réussir, R.E.U.S.S.I.R ? Un mot d'ordre ! Un concept, s'épanouir, vivre pleinement l'épanouissement de sa carrière à laquelle était adossée, c'était écrit quelque part  dans les tablettes, l'échelle de l'ascension sociale ...

- Un enfant ? Mais tu n'y penses pas, Paul va être démobilisé, ma boite va être délocalisée, mon poste est conservé, au titre du 1% patronal et en plus, tiens toi bien ! Nous venons de faire l'acquisition d'un ravissant bungalow au bord de la mer d'Aral. Sans compter que tante Emeline est au mieux avec le médecin du demi-frère du père de celui qui bien que n'ayant pas vu l'ours vit comme un nabab, avec le RMA.

Je me postais donc au pied de l'échelle et j'attendis que les portes s'ouvrent. Ce qu'elles firent au bout d'un bref moment. Tu veux être cuisinier toi ? C'est pas demain la veille. Et après demain ? C'est trop tard ! Mais si tu veux il y a les cuivres à faire... La dure leçon d'humilité, l'apprentissage lent mais fructueux, la capilarité des connaissances qui du maître au disciple foisonnent au premier regard. Les gestes patiemment répéttés, jusqu'à l'obtention d'une pâte légère et homogène : Laissez reposer et pendant ce temps mettez en oeuvre la seconde partie de la recette qui consiste en la confection d'un appareil de crème patissière, de fruits confits et de marasquin. Procéder comme suit (Planche et Sylvestre, 1977). Et je fis de brèves fortunes que j'engloutissais en des temps records pour oublier les calcinations, le gras et le maigre qui se dévoraient de flammes et de vapeurs. Et transforment tout bon cuisinier en son propre produit, pour peu que le terroir l'ai laissé filer à travers champs. J'étais dans la cambuse, à la place de maman. Grouillot, peluches, parer, laver, émincer, ciseler, fondre, farcir, brider, brocher, décanter, dresser, napper, gâte-sauce, cuire, pocher, frire, blanchir, faire un roux, un blond, un brun, lier, tremper, gueuler, brailler, boire, éviscérer, foncer, faire une abaisse, six huit tours, chemiser, découper, flamber, rôtir, braiser, ça alors ! Monder et à l'immondice, à la fin du service, sourire. Ce pendant que le chef fait le tour de la salle, se fait soigner par le gratin :

- Ah mon salaud ! C'était divin ! Mais comment faites vous donc ?

Comme vous je fais tout comme vous. Je fais Hum ! Je fais Ha ! Je fais Ho ! Et après, je rentre à la maison.

 

20:29 Publié dans Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, littérature, poésie | |  del.icio.us | | Digg! Digg

14.05.2009

On Pleut !

Je me sens sous la pluie comme un poisson de bois, debout dans le vent. Pourtant je n'y vais plus tant sous la pluie, déjà assez dissous, depuis que je dandine des métacarpes, sapé comme une danse macabre, sur les Avenues où rien advient que quelques vagues déhanchements gênés, aux entournures. Et en chaussures à bouts pointus. comme qui dirait des croquenauds à défroisser les mouches. Quoi que des mouches, pour en croiser, des fûmaces, faut aller pignocher dans le blog de J. M. G. B... (http/:jmbinsselesmouches.blogspot.com). Il y a là de quoi s'amuser la gueule. Du bref fulgurant et allez-y ma chère ! Vous m'en direz du bien.

On pleut. On se perd dans les flaques. On rit on crie comme au cinéma, d'ailleurs il y a des caméras, partout. Mais pour se mouiller c'est Tintin ! C'est pas qu'on a pas vocation à être des héros des temps modernes. Si, la nuit quand le sommeil craque au bord du lit. Là alors on mate à mord, on bélorophonne des quatre, les naseaux frémissants, la lèvre charnue et luisante, on est des Onzes dont Pierre Michon parle dans son dernier ouvrage que je n'ai pas lu, pas mais encore, bientôt. On vérole comme Danton, on tranche comme Maximilien, on enjambe comme Petion et comme les huit autres on ne tremble pas devant la banque et le jabot.

Mais non mais non mais non ! On a la vocation, mais rentrée. On pleut, on est quelqu'un de l'intérieur (Eh oui "Ce soir le toréro"...), on a beaucoup intériorisé, on a réfléchit, on a tourné sept fois dans sa bouche cette histoire des 7 péchés capitaux et du coup on ch'ait mis une atchelle ch'ur la baveusge et on cause PoP et Prop. On bave pas et on dit qu'y pleut !

On pleut et pendant ce temps là, Benoit XVI s'échine à faire son devoir de bon chrétien. Il mouille la mître à Bethléem, il envoie des voeux par dessus le mur et se demande si il serait allé à Prétoria, dans les Seventies, coooooL. C'est vrai qu'à Bethlehem la clinique à fermé depuis 2009 ans si on en croit "la légende dorée". Et que pour faire naître la paix, un boeuf, un âne et un peu de paille n'y suffiraient plus.

Tiens voici qu'à présent il ne pleut plus, presque. Christ doit se demander si ça valait vraiment le coup de laisser publier les résultats du test anti-dopage ?

 

 

 

 

12.05.2009

Loïs de Murphy (où Loïs et Luc, une histoire d'images pas sages.)

Luc m'a dit : Les tag's ! Les Tag'zzz ! G'zzzz ! Gu'zeux ! Alors je lui ai répondu, rien. Mais j'ai quand même appelé l'ascenseur pour le Kosovo, pour voir si ça liftait sur les green's de l'OTAN. Et là je ne vous scelle rien. Loïs faisait son shopping à "laitage", les yeux fermés  des formes brèves et Luc lui emboitait le ... pas, avec pour seul objectif la subjectivité de sa passion pour les images licencieuses et bruyantes. Bon ! j'ai dit (j'ai quand même dit quelque chose, l'esprit de l'escalier, voila !).

Des formes brèves mais opulentes, juteuses comme le cerveau des noix, pas ampoulées mais un peu lumineuses tout de même. Des flashes ? Moi qui m'étais décidé à ne plus boire que de l'eau parce que l'eau on s'y voit en vrai au travers du verre. Des lettres sous la cendre ? Des chûtes de reins dans le clair de la Lune, quand l'homme y déjecte pas. Du raffût de talons d'anguilles frôlant menu le plancher des souvenirs. Des For ... Mes ... Brè... Ves...'zzz. Oui ! Que Loïs demeure, fï !

- Tu verras, ici les gens sont simples. Tu sais à quel âge-j'ai commencé ? A cinquante ans. Alors j'ai soulevé le couvercle du fait-tout et j'ai plongé le regard dans l'absolu du bouillon. Et j'ai vu. OooOOOHhhhHH ! LaLaLAla LaLA LaLA !

Toutes les notes