30.07.2009
Halo
Le sale halo de la sale chandelle qui brûlait derrière le quinquet que je trimbalait au bout de mon bourdon a dévorer la nuit, la sale nuit où je m'aveuglait en poussant au fond de l'impasse l'ébauche d'une porte entrouverte sur un haut mur de nuages noirtes. Il n'en reste rien que la suie. Un peu de cette suie est à présent aux joues de mon aimée. Un peu de suie que creusait un sanglot que je n'entendais pas, tant j'étais affairé à férailler et de taille et d'estoc contre mes horreurs intimes. La nuit est consumée, décombres et cendres gémissent et fusent d'escarbilles. Et autour des brandons de forêts démembrées un peuple murmure, tout un peuple abandonné à la sainte colère. Mais y a-t-il de saintes colères ? Non, ni ne veux ni ne peux le croire. Il n'y a que l'amer nécéssaire à la nuit quand la nuit est propice au sac de l'été. C'est l'été et de l'été j'ai fait cruellement, un champ pour de sanglantes moissons. Mon aimée s'y trouvait, allongée, un livre ouvert posé sur sa poitrine, au bord d'un champ de blé. Moisson est faite, mon aimée est couverte de suie. Et me voici bien las, dans mon armure d'entraves, le quinquet est brisé. On est pas chevalier si l'on a pas en soi la sainte horreur des colère dont le saint n'a que faire.
Ce matin, en allumant ma première cigarette, j'ai trouvé sur la table de la cuisine, ces quelques mots d'un autre age. Les cartouches avaient disparues, ma folie tendrement meurtrière avait pris le large. Un large d'où les semaines passées étaient tombées comme feuilles d'un automne destiné à renaître sous des traits moins ascérés. Noirte, que vous connaissez peut-être, n'était plus qu'un étrange chapeau de cheminée et Miette, sa dame de voix, lavait de son âme meurtrie, la suie.
(Ce petit ceci est pour Pascale, la dame qui s'en est retournée à mes seules pensées)
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29.07.2009
Retour à la case blédard
Me restait quelques cartouches, alors je les ai posé là, à côté de l'ordinateur, sur la table de la cuisine. Là où je dors, là où je mange, là où je pleure, la où je ris, là où je bois, là où je me promène, là où je pars en vacances, là où je rentre depuis deux jours. Là d'où rien ne bouge. Là où la folie meurtrière de ma tendresse décavée, s'assied et m'entretient de quelques sujets gravissimes. Combien ais-je vu de martinets aujourd'hui ? Combien de fois me suis-je levé pour vérifier que personne ne frappait à la porte ? Pourquoi mon lit est-il fait pour contenir deux corps aimant ? Les moineaux ont-ils mangé le riz que j'avais déposé sur l'appui de la fenêtre ? A quelle heure arrivent les moustiques ? Pleuvra-t-il enfin ? Ce à quoi je lui répond, à ma folie meutrière, que je fumerai bien un joint. Tais-toi mécréant, tu vas nous faire repérer par la CIA !
Quelques balles de neuf millimètres que j'avais pris soin de lustrer jusqu'à y voir dedans ma tête de clone amoureux. Un truc que si vous vous y confrontiez plus d'un an, on vous autoriserait à appeler les urgences psychiatriques. Pour un internement évidement tout à fait volontaire. Cette gueule que je fais dans le cuivre rouge des douilles, ma folie ne s'en inquiète pas plus que ça. T'es un peu comme un insecte ! Qu'elle me dit. Une sorte d'humanocoptère d'avant-première génération, un proto un peu flingué mais dont on devrait pouvoir tirer encore quelques pièces détachées, afin d'étudier la résistance en milieu acide. T'as tout entravé, c'est une forme de taprochpatrope pas trop mal réussis. Un truc qui éveille à tous les coups la saine curiosité des éphémères. Mais qui rebute à la longue, forcément. Quand on a décidé de ne plus quitter la cuisine, ça fini par sentir le rance entre les mots d'amour. Ça, les éphémères faut pas leur en causer, pfuittt qu'elles font, et d'un coup d'aileron de Scale elles te dégagent au tri sélectif : On le met ou Maman, dans la bleue ou dans la verte ?
A ma droite la photo de Barbara qui me regarde sans chanter. A ma gauche, au delà du petit tas de balles, l'imprimante à chef-d'oeuvres, spéciale prix Nobel de littérature, c'est écrit sur la notice toute rédigée en coréen du Haut-Atlas. Et tout autour de ça comme dans une boule à neige psychotrope, le même vide que celui dans lequel vous vous obstinez à courir vite, avec aux pieds des chaussures qui courent vite et à la boutonnière un petit brin de mimosa, un peu flétrit de puis hier. Et si tu allais faire un tour ! Me dit ma tendre fole meurtrière. Un tour de quoi ? je lui réponds en réajustant les lacets de la camisole. Un tour d'asile ? Oh ça va hein ! Si tu le prends comme ça, je te reprends mon parabellum.
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Digg
28.07.2009
Petite nécro
Tout d'abord on ne se rend pas bien compte, on coure, on tricote des deux. Quelques soit le temps, la nature des intempéries, des rafales de grèles aux rafales d'armes automatiques, on galope au milieu de la rue en essayant d'en ramasser le moins possible, et ceci afin d'arriver à l'heure au rendez vous, pas trop minable, pas trop troué. Juste ce qu'il faut pour rester acceptable aux yeux de celle qui de toutes les façons trouve aimable d'arriver en retard. Vous vous souvenez des leçons données par un marque de lingerie ? Leçon numéro 13 : Il vient de se prendre une balle ? Laisser le prévenir les urgences tout seul ! Mais là on est pas arrivé, encore, on coure comme je disais. Les années passent par la fénêtres, les mouchoirs sèchent, pliés en deux sur le garde-corps, les lumières s'allument puis s'éteignent puis s'allument. Les années frôlent les murs, on s'égratignent mais rien de grave, on coure toujours, on est dans la course, ouais ! Et ça fait un bien fou parfois de se réveiller au matin et de se dire : Tiens, je suis encore là ! Rompu, gazé, recousu de partout. Et elle passe, il est trop tôt, le rendez vous n'est même pas convenu, non, elle passe au bras d'un autre, une enfant lui tient la main. Ça tombe bien parce que vous aussi vous tenez la main d'un enfant et à votre bras, non, ça n'est pas elle. Allez, encore un tour du pâté de maison.
Les lumières s'allument, il pleut à souhaits des morceaux scintillants d'une chose tombée à l'instant du ventre ouvert d'un avion. C'est rien on coure plus vite, en imitant la mouche. Encore un tour, les années vous font aux épaules des ailes de papier maché. Pas des ailes pour voler, des ailes où, année après année, vous avez écrit des choses incompréhensibles, de la poésie vous disent certains, mais vous, vous savez bien que les poètes aujourd'hui ça travaille du slogan dans un ministère. Car le poète lui aussi chie, pisse, se mouche dans ses doigts et pour se faire, comme tout un chacun, il doit croûter le poète et donc si possible se trouver un bon patron. Un mec à la cool et qui vous tutoie, de préférence. Quand il ne vous tutoie plus le patron, c'est qu'il vient de vous signifier votre renvoi. BURP ! Vous dit-il alors, avec élégance et distinction. Non, vous ce que vous avez écrit sur vos ailes détrempées c'est : Je cherche la sortie. Et encore, à la mine de plomb.
Tiens, mais là, c'est elle ... Elle est seule ? Vous la dépassez une fois, en évitant les flaques de mercure pour pas que ses jolis mollets soient mouchetés d'étoiles lourdes. Et hop ! Elle vous dit. Alors on coure plus vite. Là, vous courez plus vite. Au passage vous cassez une branche de mimosa prise au piège des barbelés électriques du camp de rétention. Et vous tournez le coin de la rue, qu'elle disparaisse pas ! A toutes jambes, allez bien haut le genou ! Haut le genou ? Vous baissez les yeux, et c'est là que ça cloche. Vous courez c'est certain, votre souffle lui aussi est court, mais sur rien, tout à coup, vous vous en rendez compte, vous courez sur rien, tout est vide; Pourtant vous la croisez une troisième fois, la branche de mimosa vous fouette le visage, elle vous regarde au travers, elle est seule encore et dans ses yeux vous lisez ceci : La sortie ? C'est par là.
Là, autant vous le dire, les amis ça sert à ça, is not pas ? A vous infliger la douleur de quelques vérités stéréotypées, héritées d'un magazine féminin, sponsorisé par une marque d"after-shave pour patron tutoyant. Là vous êtes un petit peu mort et, conseil d'ami, vous devriez arrêter de courir sur place, vous vous ridiculisez. Finissons-en.
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Digg
27.07.2009
Mon vin
Mon vin est d'ordinaire étoilé, un feu livide de nacre sans sacre, et qui me laisse aux lèvres la couleur mauve des baisers tuméfiés. Je le baise à la goutte près, jusqu'à aller la chercher aux pieds de mon aimée. Mon aimée est d'ordinaire joliment chaussée mais comme ce soir elle me trouve par trop aviné, elle a tourné les talons, ces talons qui sont le cep duquel mon vin vient quand elle revient, nue comme le grain que je goutte à sa gorge menue. mon vin ne déborde pas des coupes ni ne s'accouple, il me sait avide des degrés que je gravis en lui ôtant la robe. Pas de fruits rouges en son sein, pas de précieux bouquet, pas de sous bois au fond desquels se planquer quand mon aimée passe et qu'elle ne m'aime plus, puisque je ne l'aime pas assez, quand au fond de mon verre seule sa robe gît et qu'elle me chevauche comme un fût roulant au fond du chais. La robe de mon aimée ? Chut ! La robe de mon aimée ... Chute.
Mon vin est un siècle écroué par le passage étroit du goulot, un siècle qui n'en finit pas de compter les verres brisés, les boutanches rincées, les amis bourrés et mornes, les tables ruinées, les amours qui n'en étaient pas, les millésimes d'un soir, d'une nuit, à la seconde près. Mon vin me berce comme une mère versée dans l'art des menstrues monstrueuses et rompues. Et j'aime de mon aimée le sang, et j'aime de mon aimée le songe de l'enfant grappe que nous ne ferons pas ensemble. Car rien ne nous presse plus de mettre au monde une perle moirée de rubis, dont le monde, à feux et à sang, ferait une tâche de vin, sur un coin de nappe blanche.
Mon vin saigne aux flancs de qui veut bien le verser pour l'amour de mon aimée.
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26.07.2009
Espace vital
J'entends de ci de là, cahin caha, "va trottine va chemine, va petit ane, va de ci de là cahin caha, le picotin te récompensera" (Jean Nohain, Madame Mireille) que l'épineux problème soulevé par la fonte de la calotte glaciaire, pas celle du pape ...
Attention ! Digression : Je ne vais ici dire du mal du pape même si au fil de l'eau bénite de ses allocutions il en vient à dire que la seule solution serait finalement de mettre en place un gouvernement mondial, ce qui n'est pas très charitable pour le tiers-monde, je n'ai pas parlé non plus plus de solution finale et donc pas de virus dans cette note... Je suis moi même baptisé selon les rites de la sainte église romaine et apostolique, sous la houlette de Vatican II et par conséquent en bon chrétien, je ne vais pas dire que ce pape issus du saint empire germanique, trouve par ses prises de position que l'Europe des riches est un peu petite et qu'il serait bon d'envoyer les pauvres en rangs serrés pour étendre sous la banière de l'OTAN, les horizons marchands. Comme en leurs temps ses prédécesseurs qui prêchaient la croisade au nom de la croix, reine de Palestine. Non je ne vais pas le faire. Pas aujurd'hui. Attention ! Fin de la digression.
L'épineux problème de la fonte des cerveaux sous la calotte crassienne se trouve être, outre qu'il est le fond de commerce de toutes bonnes âmes écologiques et donc recyclable sous la forme de petites pilulules vertes et très énergisantes, rencontre une théorie qui se fait jour dans les cercles de réflexions. Nous devrions toujours nous méfiez des cercles de réflexions où, bizarrerie du calendrier, nous ne sommes jamais invités. Et cette théorie dont les applications ont trouvées un terrain favorable dans la Chine des années soixante jusqu'à nos jours relève d'une pensée dont devrions pouvoir nous passer, si nous ne vivions pas nous même dans une époque absolument déjantée. Je sais qu'il n'est pas si simple de garder la tête sur les épaules quand la guillotine médiatique tente à toutes fins utiles de nous la faire sauter comme un marron du feux. Nous prenons trop de châtaignes ! La théorie nataliste, voici de quoi je voulais un peu parler, en ce Dimanche de Barbecue sauce diable. Il apparaît ici et là que l'homme est une peste pour la terre, que la surpopulation pose problème, qu'il va falloir songer à en faire moins des bambins, que le gaz carbonique rejeté par le rototo du petit chéri signe la fin des temps. On pourrait nous conseiller le bouchon de liège, un dans le trou de balle, un à la place de la tétine, mais non, dans les cercles de réflexions on songe après que l'ONU ait plusieurs fois récompensé sa mise en pratique en Chine ...
Attention ! Digression : Avez vous remarquez, puisque nous célébrons la chute du mur de Berlin, que la Chine n'est presque plus montrée comme le dernier bastion du communisme à abattre ? Oh bien sûr de temps en temps on nous fait le coup du Tibet, terre de sagesse éternelle, de liberté où le clergé local parle sans sourciller de réincarnation, c'est chouette la réincarnation. Tu en bave dans cette vie ? C'est pas grave tu vas te réincarner. Oui ! En milliardaire, si tu veux. La Chine cette civilisation bureaucratique et trois fois millénaire est devenue un modèle de gestion des populations. Attention ! Fin de la digression.
... A la pratiquer ici, lisez un peu le programme de santé publique qu'il est question d'appliquer aux Etats-Unis. La pandémie cochonne aidant. Et comme l'Europe, ne vous déplaise, c'est les States en plus vieux ... Que disait de Gaulle de Jean Monnet ? Je cite : " C'est un grand malade qui n'a que les intérêts des Etats-Unis en tête". Qui était Schumann, le second père fondateur de notre belle union ? Un ancien ministre de Vichy, sauvé à la libération de l'indignité nationale par le même de Gaulle. Décidément les grands hommes ont peu de suite dans les idées. Une politique nataliste, à la chinoise ? Vous rêvez Lephauste ! Oui je rêve ! Et quand je me réveille, je me souviens qu'adolescent j'étais hanté par l'incompréhension qui me liait à l'histoire des années Trente et Quarante. Comment avions nous glissé dans le fascisme ? Comment avions nous abandonné l'Espagne Républicaine ? Pourquoi la France avait-elle sombré dans la défaite, en moins de temps qu'il ne faut pour le dire (Annie Lacroix-Riz : Le choix de la défaite. Lisez cela, je vous prie.).
Et donc j'étudiais, seul mais j'étudiais. Le nazisme, entre autres phénomènes et les théories qui fondaient son action. L'une d'elle, je crois s'attachait à expliquer une notion : L'espace vital. Je ne vais pas vous en faire le détail ici mais en substance elle définissait ce dont le peuple allemand avait besoin en termes d'espace pour s'épanouir dans le Reich millénaire. Nous avons vu ce que le Blitz Krieg apporta dans la formation de ce territoire et ce qu'il advint des populations racialisées et définies selon une échelle que le dédicataire de Mein Kampf, un eugéniste, avait établi de longue date. La stérilisation était une des armes de la race pure. Celle, bien entendu et nous ne saurions le contester puisque nous nous sommes habitués à l'apartheid social, racial, ethnique, aux camps de rétention, aux accords Euro-Méditérannée, établissant les dits-camps aux abords de cette Mare Nostrum, véritable dépotoir à indésirables (voir Melilia, principauté espagnole au Maroc)... Cette race donc, à laquelle sans conteste nous appartenons, à moins que...
Une solution pour sauver la planète ? Réduire les populations afin que nos amis de là-haut, ceux qui ne nous invitent jamais aux réunions des cercles de réflexion, puissent continuer à vadrouiller à trois mille mètres d'altitude en pensant que la terre est décidément si jolie sans cette plèbe qui ni ne produit ni ne consomme et qui souille de pets aérophagiques la pureté du ciel.
Bon Dimanche à vous. Et bonjour chez nous !
"Va petit ane, va de ci de là cahin caha, le picotin te récompensera ... Ah !
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24.07.2009
tout à trac
Tour de France ! J't'en fiche ! Tour de rien puisque la France, aorte pourrite, va, prostitutive, de l'Atlantique à l'Oural. Le ouïgour en chie à Mont de Marsan ! Le tchétchène se défonce à Collomb Béchard. Et dans les geôles de la blogosphère, les commentateurs revendiquent l'autonomie. L'autonomie ? Vos femelles font de l'aptonomie tandis que vous vous troussez sur les bancs de la Sorbonne, vous tracez vos pistes filant à toutes vapeurs sur des autoroutes quadrillées, du calme ! Le calme, oui, le paisible enivrement des mélancoliques. Ce voile que vos humeurs noirtes brumisent afin que vos mâles aient le teint frais des nouveaux nés ... Mornes, vous desquamez et vos mues font des révolutions dont le lézard se moque.
Littérature ? Mon culte ! Je parle, tu parles et tous nous parlons en palpant la morniquette de nos fantasmes de hardeurs disculpés, tiens prends ça dans ta face ! Ton pile tu peux te le carrer dans la saillie de tes racines torses. T'en veux des fleurs, des perles de suint gouttant de ton pistil ? Alors achète toi un paradigme et repasses me voir quand le fer sera chaud. Et fais moi au moins un plis honnête en lieu et place de ton Anarchie de revolver ! J'aime trop le monde pour endurer que l'injure vienne à la joue faire comme le balancier des équinoxes d'où aucune saison n'émerge, la tête sur les épaule. Bon sang de bon soir, comment faut-il dire qu'ici quand on pousse l'escarpolette ça n'est pas pour se brocher aux épaulettes quelques breloques d'adjupette ? Ici ? L'humain est tout un et indivisible sa fratrie. Et Une sa rêverie, et sans mystère ses envies d'un ensemble qui ne ressemble pas à la semelle de quelques-uns posée sur l'innocente idylle de quelques autres. Viens, entrez, ici est le lieu où tout reste à dire. Mercy.
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Digg
21.07.2009
Tout en T
Tandis qu'ici l'on trime, que là bas l'on transe, qu'ailleurs on trip au top, la terre tinte comme un trelot treux. T'as pas tant de talles, que je m'en tiche une dans le tesson ? Tu t'abîmes, je trinquetouille, il talismane, nous torturons, vous tortorez, elles tracent. Je t'attends, tu traînasses, elle se tartine, nous nous tirons à vue, vous nous triez sur le volet, ils tancent. Tandis qu'ici l'on trappe au trèpe, que là bas l'on taille au tas, qu'ailleurs on tente à TûT ! Tut ! Tût ! La terre s'émince ... Et mince ça s'écrit sans T ! A moins qu'on ne le toise du haut de la mouise. A trop troupir dans le turin, c'est à peu près tout ce qui nous reste à taire.
Y a t'une touche ici qui t'aime à la tolie ! Et que dit-elle ? Toi, ça fait trois tours que tu t'es pas lavé ! Que voulez vous ? La trasse me tonserve en état de trâce. Voilà tout, et tout en T. Ou Tresque.
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Digg
19.07.2009
Ce qu'ils ont fait...
... De nous ? Tout d'abord, ils ont appris à se tenir en équilibre sur de grandes bêtes stupides, assez stupides pour les laisser faire. Les chevaux. Ils les ont harnachées pour toutes sortes de tâches avilissantes. La guerre, la parade, les démonstrations de force, la répression, la chevalerie qui n'est rien de moins que de la noblesse merdeuse à force de chevaucher sans jamais changer de braies, ni de cottes ni de chausses. Ils ont ainsi parcourue la terre, en tous les sens, cherchant la fortune chez ceux pour qui le cheval n'était qu'une étrange formule magique, entre le top model et l'esclave pie. Ils se sont croisés dans la maigreur des récoltes dont ils éxigeaient le tribut, après l'avoir piétinné. Et voyant bien que nous nous retrouvions désoeuvrés après que leurs victoires héroïques se furent livrée à la débauche des corps sanglants et aient souillée le pain à venir, ils ont commencé à nous enrôler en nous contant les mil faits d'armes qu'en des contrées lointaines et exotiques ils avaient menés, pour la défense de nos valeurs communes. Nous ne savions pas alors que tant de noblesse civilisatrice nous unissaient à eux. Nous l'avons appris, quand l'école fut rendue obligatoire. Mais ça, c'est pour plus tard, nous n'en sommes pas encore là. Alors nous partîmes à leur suite et à pied. Les prêtres nous haranguaient. Les prêtres sont de cette sorte d'esclaves qui pour un verre d'eau et quelques droits de cuissage, trahissent dans le ravissement et vous content, eux, leurs extases mystiques. La terre les dégoûte, alors ils nous promettent le ciel. Mais les prêtres sont de nous, alors eux aussi nous les suivons et trimons pour eux.
Puis vint le temps, et là je prends des raccourcis sans lesquels l'ironie perdrait en saveur. Il faut saisir le lecteur comme on dépèce l'anguille. Puis vint ce temps où le céant toujours en selle les fit un peu souffrir. Imaginez vous, ces siècles sans repos, ces conquètes, ces rencontres des peuples, ces bobards de pillards arrosés d'eau bénite, ces longues traversées auxquelles ils nous faisaient l'honneur de nous convier, enchaînés, qui au banc de nage, qui dans des cales pestilentes, lentes, où nos compagnes enceintes comptaient pour autant de génisses porteuses de profit. Qui dit que les mères porteuses sont l'espoir de ceux qui n'ont que leur stérilité à langer ? Il nous poussèrent au désespoir, nous firent même croire que nous en avions assez d'eux et de leurs trônes posés sur l'assise docile de nos crânes rebattus. Le temps pour eux d'inventer des philosophies, de nous rendre le savoir encyclopédique, ils nous jetèrent en des révolutions, nous firent lire "l'ami du peuple", courir sus aux Capet et s'installèrent cependant que nous tranchions les têtes des ouvriers de Billancourt, sous les lambris, dans les velours des assemblées qui ne valaient rien de plus que l'absolu acquis de nos crédulités de déportés migrants d'un bout à l'autre du profit. Lequel profit ne nous est en rien profitable. Vous l'aurez noté.
Au sein même de ce temps nous eûmes droit à de l'éducation, à des logements loin de la terre, à des loisirs, à du crédit, à nous reproduire, à jouir comme des mûles et à l'usine. Ils avaient compris que l'idée même de leur ressembler un peu ne pouvait que nous séduire, nous induire, nous réduire. Les chevaux étaient loin. La merveille technologique était entrée dans nos moeurs et le meurtre si il n'était pas organisé par eux était une abomination, une honte que les prêtres, les juges, les éducateurs, les marmitons du fait divers nous chargeaient d'endosser, de dénoncer au besoin. Et pour que cela nous parut horrible et attractif, ils créerent la prime et les indemnités de licenciement.
Puis vint le temps ou l'usine comme le cheval se perdit à l'horizon des bonnes et belles choses dont on ne voulait pas nous frustrer mais que le réalisme des analystes se chargeait de nous faire comprendre que Hop là ! N'y en a plus. Alors du haut de nos logements de fonction nous tentâmes de regarder la terre et ne vîmes qu'un étrange dépotoir, une sanie où nos vérats d'une autre époque n'auraient pour rien au monde trainé leurs soies, si fines. Alors une colère nous vint, une rage animale. Et à chaque fois que nous les croisions sur nos écrans de télévision, nous les vilipendions en nous terrassant de bile et d'ignobles maladies. Mais il était trop tard, nous étions devenus des "droits de l'homme", des "artistes", des transformistes, des communautés dociles, d'étranges créatures pour qui les nuages ne pouvaient plus être que radio actifs. Mais heureusement il restait à boire, fumer et à s'injecter et parfois quelques chevaux sur les performances desquels on pouvait encore parier.
Mais Ils ? Qui sont-ils ? Je ne sais pas moi, les balances me font horreur et monter sur le dos d'un cheval, je l'avoue ne m'est jamais venu à l'idée.
17:04 Publié dans polytiques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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18.07.2009
Just marri
Dehors on tonne, on corne, on plastronne, on traîne aux marches des mairies, on entonne le wedding march sous des kilos de riz. Ces grains de bonheur pleuvant loin des ventres vides. Dehors c'est Samedi et moi ce qui me dit c'est que rien ne dira plus ce qui nous dit vraiment. Un modèle d'humanité se meurt, nous n'en avons rien à branler, nos modèles sont d'un moule où rien n'attache plus. Ni la chair ni le sang ni la voix ni le rire ni les larmes. La peste reconquiert le terrain. Nous sommes devenus le terrain des écrouelles. Ne me touchez pas ! Ne me regardez pas ! Entendez ma crécelle et fuyez ! Peignez sur vos portes des croix blanches car après que la nuit ait fait oeuvre d'élimination, l'illuminé sérail du spectacle vous prendra ce qui vous restera. Le vague souvenir d'avoir été autre chose que la bête mauvaise, de la dépouille de laquelle vous costumez vos humeurs d'anges ignoblement vièrges de toutes pensées. Ne vous regardez plus ! Ne vous touchez plus ! Ne vous approchez plus ! Nous ne sommes à présent plus que la chambre forte d'où rien ne peut naître qui ne soit que la copie conforme du pas de l'homme sur la Lune. Un petit pas pour l'homme, un grand ensevelissement pour l'humanité.
Les opérations de maintien de l'ordre ont rencontré un vif succès auprès des populations de Montreuil sous bois, de Villiers le Bel, de Bagdad, de Téhéran, de Djakarta, de ... de ... de ... Rien ne se passe près de chez vous.
Dedans on sirote, on somnole, on se baise au front, on sifflote des airs à la mode. Dedans on pleure et on appelle ça "catastrophe naturelle", faillite personnelle et on appelle au don. Et vrai, au dedans comme au dehors, on s'en branle. Car dans quelques heures on sera bourrés comme des huîtres. Et nous ne nous souviendrons de rien.
Aout 1914, Louis Ferdinand Destouches est assis en terrasse, au café Wepler place Clichy, Paris 18e. Et avec un ami il regarde passer les conscrits. Il fait un temps splendide. Un temps magnifique pour aller rosser les boches...
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Digg
15.07.2009
Soldat
Puisqu'il faut faucher, faire des moissons de jeunes crânes casqués, réunir en faisceaux à la nuit tombée, les armes de nos vingt ans. Puisqu'il faut se résoudre à l'évidence, que rien ici ne fera la vie tranquille, l'insouciance à peine démobilisée, les joies insignifiantes d'une tendre assemblée, je me suis fait, comme on dit, soldat. Je n'ai pas vingt ans et je suis déjà démineur. Mon métier ? Aller là où les marchés conclus ont laissé à fleur de terre l'acier au bord de déchiqueter tout ce qui ne fait pas le poids. Je suis soldat de la Nation et je travaille pour l'industrie. Je chante des chants de guerre pour couvrir le feulement des fauves en limousines. Je salue, énonce au garde-à-vous, le nom de mon unité, le grade, mon numéro matricule, celui de ma compagnie. Je marche de nuit, je simule des attaques à l'arme blanche, je creuse des trous où je m'enfouis, j'en chie, je pleure, parfois. Mais je chante des chants de guerre à gorge déployée, ma gorge qui demain peut-être sera rouge de l'éclat des aciers trempés, je ne sais où, je ne sais par qui, je ne sais par quel esclave. Mon frère peut-être.
Avant ? Je ne me souviens pas très bien. Deux choses, j'étais le buteur d'une équipe de basketball, une fine équipe d'amis, à la vie à la mort, je courais à me couper le souffle, vif j'étais, le plus rapide de tous, un éclair de génie dans la raquette. Et puis ... Et puis je cognais comme un sourd, Woodoo child, Another Paradise, c'était mon groupe, la batterie, ça c'était mon songe, ma voix dans le désert, ma syncope divine dans les accrocs de Fender. Avant ? Mon père syndicaliste bafoué, la tise, l'hosto. Avant ? Non, ça suffit !
Je n'ai pas encore vingt ans mais je sais déjà que vivre ne vaut rien. Je ressemble déjà à la balle qui m'attend là bas, dans six mois, en Afghanistan. Je n'ai pas encore vingt ans et mon prénom ne vous dirait rien. Puisque rien ne vous dit en sommes que de vous détendre à l'arrière des lignes en dînant bio de la chair à canon que l'industrie fournit avec les munitions.
(ce bref instant est dédié à Nico, basketeur de talent, batteur de ce bon vieux rock n'roll, jeune démineur de Dix neuf ans. Et à ceux et celles qui n'imaginent pas qu'à dix neuf ans, on peut mourir pour le plein de gasoil dont ils ont besoin pour vivre en fauves de pacotille.)
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