30.08.2009
640 Kilos de mètres
J'ai beau marcher d'un bord à l'autre du lit, compter les tours, les allées et venues, les aller-retour, les stations dans la nuit, faire comme si, devant les machines cuisantes, je glissais la main dans ma poche, en tirais la monnaie pour un café court sucré. Et puis j'ai beau remonter dans la CX, glisser dans le lecteur un CD de Lou Reed, laisser monter la caisse, et filer sur la file de gauche, à 140 kilos à l'heure, les 640 kilos de mètres restent intacts. Pas un qui ne soit engloutis, remballé par l'orgie du désir. Pas un que le compteur du plaisir n'accroche dans la zone rouge, à l'aplomb des 9 000 tours/m.
Alors je dévide la bobine d'un fil d'or, qu'elle m'a laissé en repartant, un fil d'or qui ne pèse pas plus que l'air gisant sur le bitume d'un parking perdu sur l'autoroute. Et je compte les tours, les allées et venues, les détours, les aller-retours. 640 kilos de mètres, c'est pourtant pas la mer à boire. A voir.
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Déjà écrire !
Déjà écrire, hein !? c'est donné à pas mal de gensses, la preuve ! Mais alors en plus penser ... penser ... penser sans compter là en plus c'est la grande braderie. Tiens qu'je t'en r'fourgue comme ça des bonnes pensées, pour la rentrée scolaire, littéraire, des formulaires, socialitaire/populaire, bancaire, associataire, fuifidaire des mémères à colliers étranglaires et des beautés d'la crème salaire, des indemnitaires et des enfants d'salauds ma chère !
T'vas ouoir c'est pas très d'ficile. D'euilleurs si t'veux ton pourrait tous qu'ensembbb tenter t'enfer un pitt arcueil. T'ention, une précision, fauttout al commice parla fornique majule. Moi Je tu ouhasss:
Oh puis non, j'y pense, j'ai réfléchis. En sortant de la clinique j'ai signé un papier où il est bien stipulé, que je vais me tenir bien sage, à carreaux, au pile poil propre avec les dames, surtout pas choquer les enfants, c'est si fragiles tout à coup les enfants qui viennent de vous pourrir la tête. Alors on se met à faire le pître devant les enfants, les patrons, les banquiers, les contrôleurs du fisc, les huissiers de justice, c'est si fragile les huissiers de... T'aime bien faire des liste, hein toi ? Me disait un ami qui lui n'aime bien que son moije, qu'on lui en cause de son moije parce que tu comprends : Moi Je tu ouhass...
Tu l'auras pas le concours si tu continues comme ça, ni le tabaque, tu l'auras pas non plus le tabaque ... On dit Goncourt pas concours ! Atention, fais bien gaffe, là ça va pleuvoir et y aura pas de mots pour dire comment ça va te faire drôle dans la gueule.
M'enbranle bien, m'en branlebien, m'enbranlebien ! Parce que déjà écrire, la fine affaire que c'est mais sans la tige fumante au bord du bec, c'est même pas la peine d'y songer. Même pas en rêve. Quel est le con qu'à dit : Moije tu ouhass j'aurais toujours rêver d'y écrire...
C'est pas bientôt finite cette saleté de mois d'Aout ???
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29.08.2009
Reclue recrue (chanson de corps de garde)
Reclue recrue dans son donjon a dévoré tous ses dragons, les petits, les mal commodes, les monstrueux des antipodes, les à cheval sur les principes, même ceux qui lui armaient le slip, a tant guetté à toutes les heures, le mieux qui est si l'on en croit, l'ennemi du bien, le fer du mal, qu'il a fini par se perdre de vue dans sa retraite du bout du monde. N'allez pas croire, le monde est ch'ti, mesquin, souriant à la tonte, rase les murs, brise les chaînes mais se retrouve tout un, fidèle au poste dès qu'on lui dit : Regarde toi, vois comme tu n'y peux rien!
Recrut recuit reclus dans sa carrée fait des incendie d'allumettes où il s'abouche mégot au bec pour deux minutes de brouillard, regarde passé le philosophe : "Celui qui de sa journée ne détient pas au moins les deux tiers, est un esclave.", se baigne dans les eaux sales de la mémoire où un cheval déglutit le licol en regardant battre la coulpe sur l'aire de la balle et des grains mis à nu. Noirte que nous l'appelions. Noirte, comme les chevaliers de l'enfance qui se faisaient rosser en lice par la rouerie des gens de bon, qui croient qu'il suffit de brailler pour accomplir quelques hauts faits et recueillir des tribunes les roses rouges et le bonus. Le monde ... Le monde est versatile, pusillanime, songe en héros, vit au guichet et quand l'heure est venue de s'en retourner au logis, se resserre dans les files, s'entasse dans les salles d'attente, fait de n'importe quel brouet, un festin de gras délicieux. Et pis surtout jure ses grands Dieux, ses petites idoles, son pécule, que bien sûr il l'a vu passer, l'éternité. Mais que ça lui a parut risible et décharné.
Recrue refaite reclus rincé a fait le tour du propriétaire, vidé son pesant de poubelles, trouvé ça et là des trésors sous le cul des dragons endormis, a mis mil ans dans le creuset et s'en est fait une pierre brute qui l'éclaire à minuit et qu'il appelle sa bonne étoile. La bonne étoile de qui a perdu le Nord est comme un tesson de verre, au travers duquel c'est vrai on voit des réalités très engagées à des rages de débris. Noirte que nous l'appelions, enfin nous ne l'appelions pas vraiment, l'était par trop insécable, dans son manteau de cheminée, à faire son trou dans le ciel bleu, dans la nuite enfièvrée. Noirte portait assez bien le chapeau, l'habit de briques, le plumet de faisan, caracolait de toi en toi, frisait quand on ne l'élaguait pas de boucles de qui la discipline ne pensait rien sinon, parfois mais à part soi. Et tendait la main à qui voulait monter pour voir de près la clé de voûte et les maçons du grand céleste. Mais n'est-ce pas là un étai ? lui murmure parfois un esprit finit. Un étai, un étang, une étrille, un artifice, certes, mais un artichaut tout autant, de l'art quoi ! De l'art coit. Du coït lointain. De l'art de vivre en unique Monem.
Rossée refaite recrue rincée rassie, se fait pas de mousse pour la rime, c'est par là que la rouille attaque tout ce qui cherche au plafond une herbe tendre, un pré carré, le divan de la postérité. Et avant de voir que vous avez raté, faites donc un où deux enfants. Sait-on jamais, peut-être n'avez vous pas misé sur la bonne matrice.
Pour monsieur Mouloud Akkouche qui a de poésie la haute idée que l'on s'en fait, quand par elle on a été mieux porté que par n'importe laquelle des mères, mon bon salut.
(J'écris pour qui ne me lit pas, ainsi j'évite la critique, ainsi je lévite, je m'évite.)
09:49 Publié dans Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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L'ordinaire
Carré des indigents, Cimetière de Thiais, Val-de-Marnes. Je savais bien que ça existait mais je n'y avais jamais mis les pieds. Ni devant, pas encore, ni planté comme un con dans la boue des automnes, comme elle dirait, une main devant, une main derrière et aux pieds, la valise. Je savais depuis l'enfance passée à l'ombre givrée des Toussaint, où mon père me conduisait à l'entrée du cimetière à Saint Flo, avec le troupeau des fleurs en pots, à attendre que les familles viennent me glisser une petite pièce dans la main. J'étais berger de Chrisantèmes, une fois l'an et l'autre fois, pour les Rameaux, c'était les véroniques, les cynéraires maritimes, les jacinthes, si c'est pas malheureux, des plantes de printemps glacé que je gardais, devant le grand portail. Famille Barachet ? Tiens mon petit, t'iras t'acheter un bonbon. Et la veuve franchissait le seuil du drive in où son défunt, son père, sa mère , se pelaient les membrures dans l'attente du jugement dernier. J'avais enlevé l'épingle avec laquelle ma mère avait piqué le petit bout de papier où était inscrit le nom, famille Letelu. depuis de ces épingles j'en laisse jamais passé une, je ramasse, c'est ma façon à moi de sauver les orphelins. Je savais que pas plus qu'on emporte avec soi ses habits de Dimanche, on reste dans le coeur des survivants comme autre chose que celui qui, après tout, l'a échappé belle en échappant au pire. Au moins lui, la verra pas c'te saleté d'époque !
Alors comme ça, là bas à Thiais, il y a un carré sans nom, sans âge, sans fleurs ni couronnes, sans regrets éternels, sans colombes de bronze s'envolant pour de faux des perchoirs de granit; Un pêle mêle d'anonymes, personne ou presque les a vus passer, à peine si dans les épaisseurs de vomis et de merde de leurs habits de lumière on trouve avec des gants de latex quelque chose qui dit qu'ils s'appellent Jojo, Robert, Yacine, Georgette, Esméralda. Une photo déchirée en son milieu où on le voit tenant un main vague dont le bras se perd dans l'amputation des jours. Un regard qui descend du bateau, là bas, à Marseille, une moustache fine, un pardessus à manches raglan, l'écharpe pour les jours de chômages, le tiercé et les rafles. Un carré de maladroits, nés d'un ventre Titanic.
Les communes ont l'obligation de donner une sépulture à tous ceux que l'on trouve, trépassés sans attaches, sur leur territoire. Alors à Thiais, personne ne nous y invite, on ne nous téléphone pas en pleine nuit pour nous dire : Tu sais le Lionel ? Celui de Lapan ... La patte folle tu veux dire ? Oui çui-là, et ben tiens toi bien ... il est mort. On ne nous prévient pas, comme de juste, à chaque fois que la vie recrache un indigeste. Ça serait intenable si il fallait s'y colleter tout le temps, à verser quelques larmes pour faire un peu de boue au dessus du trou. Vivre est autrement plus drôle. Mais à Thiais, Val de Marnes, carré des innocents il y en a qui y vont, tout un groupe, on se demande, à chaque fois. Et leur nom dit ceci : Le collectif des morts de la rue. Bon bien, tant que y en a pour faire ça, nous autre on peut continuer à adorer le chèvre chaud et le chablis.
T'es pas drôle ! Oui, c'est un fait. Mais comme je dis, l'ordinaire c'est l'or des nerfs.
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28.08.2009
La cité nécéssaire
C'est que votre dictionnaire est un peu vieux, vous ne trouvez pas ? C'est vrai que mon Larousse classique date de 1957. Et puis je me suis dit : Non en fait, c'est moi qui suis trop vieux pour en voler un plus récent. Je n'ai plus l'âge ni la folie pour franchir les chicanes électroniques d'une quelconque grande surface multimédiasse en feignant de perdre les eaux à cause d'une grossesse ayant largement dépassé la date limite d'expulsion des 42 000 mots et des 12 598 illustrations, toutes en couleurs de l'épais volume gonflé à la modernité. 1957, Augé, Gillon, Hollier-Larousse. Moreau et Cie. Librairie Larousse, Paris 6e. C'est vrai que dans mon Larousse on ne trouve pas le non-mot "pestacle" ni aucun tortueux sac de noeuds de verroterie verlan. On y trouve Pangolin. Meunier tu dors ! Pangolin ! pangolin ! pangolin va trop vite ! On y trouve une page sur la peinture flamande en noir et blanc; Tiens, aussi une rose séchée !? Ah oui, je me souviens.
C'était un jour où elle était venue à l'improviste, les bras chargés de soupeser la foi de mon amour en me détaillant l'âme et ... de tomates et de courgettes et d'aubergines et de poivrons et d'une ou deux bouteilles de vin et de la môme et de tout ce qu'il fallait pour que le Sud colore à la gouache des pans entiers de mon Nord Sépia. J'avais descendu dans le jardin et au péril de mes épines, j'avais au sécateur sécater des roses, une pour la môme qui l'avait boulotter comme une jeune chèvre et trois pour elle. Deux pour le menu gazouillis de ses tétons et la troisième pour cet essentiel désordonné qui est entre le miel et le sel, entre le ruisseau et l'estuaire. Et puis j'avais aussi écrit un petit poème. Parce qu'il est aisé de rater la ratatouille si l'on a pas un poème prêt à lire sur le plan de travail. le voici le poème, hum ! Hum !
Le temps que vous arriviez par la rue Remonteru, le temps que seul sur le quai, je reparte, le temps qu'en un tour de hanche nous fassions en votre taillis le tour du jardin, était-ce bien du temps passé ? N'était-ce pas plutôt de ce temps indompté, le choc du temps de s'aimer puis sans compter, le temps de nous laisser aller à l'infini du temps. Avec aux ventres, partagé, le hors-champ de l'éternité.
Et pour conclure sans jamais en avoir fini, cette sentence de Nietzsche, parce que je disais à mon fils : Tu as l'âge de lire Nietzsche ! Sans me rendre compte qu'il vivait plus qu'il ne lisait et que cela était Nietzsche.
"Soyez résolus à ne plus servir et enfin vous serez libres." Encore un peu de chemin à faire, n'est-ce pas ?
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26.08.2009
Rallier
Il doit être encore loin le point de ralliement. Je suis encore le dernier, j'ai traîné, ma carte ne dit rien de l'endroit où je suis. Vous êtes ici ! Mais ici il n'y a rien que je puisse nommer, rien qui me regarde en m'invitant à faire halte. Ici n'est pas l'ailleurs que je voyais au loin et dont je m'approchais, résolu à rallier le monde, hier d'un pas d'échassier j'avançais, pas très sûr mais tout de même, j'allais, peu importe, j'avais fait de la carte un porte-voix, j'appelais les collines, je maudissais les plaines, ma voix se perdait aux parois des montagnes, mourait dans les vagues, dégoulinait au fil des rivières. Hier, le jour se levait encore. Mais là, que dit la carte que j'ai dépliée ? Elle dit sans doute que je suis le premier, le premier au sommet des herbes sèches, le premier arbre d'une forêt juvénile, le premier incandescent à violer le territoire de son esprit vague, le premier dont la chute, sur l'autre versant ne sera qu'un cri de ralliement perdu au coeur des rumeurs du vent, le premier dont le nom ne sera pas le premier à desceller de son initiale le secret des communes tribulations, j'ai traîné, je n'allais pas seul, dans mon sac j'avais des couleurs aussi lourdes que des pierres de sable, aussi causantes que le visage fermé de ceux que je ne pouvais abandonner, partir sans eux ? Même si c'était pour les rejoindre, impossible. Ils marchaient au dedans de moi et quand je m'arrêtais pour voir de l'horizon les signes encourageant, ils s'arrêtaient de battre de la semelle au seuil de ma bouche, mon souffle s'appesantissait, j'allais parvenir. encore une nuit sans rêve et je serais arriver la où la vie ressemblerait enfin à un rendez-vous. Un feu ? peut-être. Une pierre plate où s'asseoir ? Peut-être. Et un petit bâton dessinant dans la poussière le chemin parcouru, pour ne pas oublier ? Peut-être. Le monde enfin en son entier ? Sûrement.
(Ce passage est dédié à JILB)
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Pandémies
A la voile que je te la mettrais ta barquasse ! Me disait l'autre soir un ami avec qui j'avais accepter de boire un peu pour fêter son retour triomphal d'Afghanistan. Il est éleveur de lévriers Barzoï. Ce qui, par les temps qui courent sans tirer la chasse, ne porte pas à conséquence. Du moins en terme d'instauration de jeunes démocraties dans des pays vieux comme le monde. Donc Hamid Karzaï, qui autrefois était l'ami de nous et proche de la culture occidentale, ce qui consiste à pouvoir dire qu'on a lu au moins tous les prière d'insérer de la recherche du temps perdu en édition de poche, se voit à présent talonner par son ex ministre des affaires étrangères, lors d'élections récentes où l'on se fend, nous qui sommes au bon goùt vestimentaire ce que le body bag est au volontaire fraîchement dépourvu de vie sur la ligne de front, de se demander si il est bien seyant que la citoyenne récement démocrate, s'entête à vouloir garder l'isoloir sur la tête après avoir glissé le bulletin dans l'urne. Ces barbares sont barbant !
Pas comme Bénabar dont vous ne me ferez pas dire qu'il est barbant, puisque je le trouve rasoir. Mais pourquoi parler de Bénabar ? Alors que tous les regards se tournent vers la grippe H1N1 et les ravages assurément prodigieux qu'elle va faire si l'on ne se fait pas dare dare vaticciner par la connerie; Et bien c'est à cause du fait que Bénabar lui fait partie de ces virus dont personne ne s'émeut et qui pourtant font des ravages dans les méninges spongiformes de la petite bourgeoisie momifiée. Mais est-ce bien de Bénabar dont je voulais parler ? Non, enfin c'est pas sûr, je dois confondre avec l'autre là, celui qui chante comme une planche à billets d'excuses; Comment s'appelle-t-il déjà ? Bertrand Cantate ? Non pas lui, lui c'est un poète. Pas touche à les poètes ! Alors qui alors ? Je sais plus.
Bon, n'en reste pas moins que les burka girls font suer le burnous et que les banquiers sont pas gentils, et que attention la rentrée risque d'être scolaire, et que la démocratie ça se mérite agricole, et que si on est pas réactifs on pourrait bien rater le meilleurs, et que le meilleurs il faut toujours le garder pour la fin, et la fin c'est là.
Au fait, mon ami, vous savez, celui qui élève des lévriers pour la course en sac et bien moi je lui ai dit : T'es con quand même avec tes idées progressistes. moi c'est à la rame que je l'emmène ma barque. Et quand ça drosse dans les rapides, je lui offre des roses, des roses d'Ispahan dont je me fiche les épines autour du gouvernail. Le cas échéant.
D'tout'façon ça veut rien dire ton texte. Oh bien ça c'est fin ! Et là, vrai, c'est la fin.
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23.08.2009
Scolopendre
"Ô joie que visse ma peine ! Ô peine d'où naissa ma joie ! Ô artères sirupeuses où mon sang sans vodka semblait un fleuve boudinné ! Ô ... Oh ? Oh ho !? Ouiche, qui va là ? Qui cause alors que de ma plus belle plume, arrachée du croupion du premier moinezingue venu, je tente, le bout de la langue coincée entre les restes léonins de mes ratiches nicotinées de composer l'ode de ma vie, le chant libératoire de l'artério-sclérose à cent plaques, frais de porc inclus ? Qui trouble ? C'est moi, là, au pied du pupitre. Ah oui, tiens donc ! Et que puis-je pour toi petite piétaille ? SVP dessines moi des lacets. Des lacets ? Et après faut-il que je t'apprenne à les nouer ? Non, ça ira, j'ai une mère, comme tout le monde !
Et c'est ainsi, amies lectrices, que je me retrouvais par un soir d'août où ma muse s'en revenait pas de la plage avec du sable plein le string, à dessiner cinq cent pairs de lacets ronds, en claquant par ci par là quelques annophèles sanguinaires (les anophèles quand c'est très sanguinaire, ça prend deux N, ne me demandez pas pourquoi, la langue française est comme ça. C'est une langue qui tient compte d'un tas de paramètres charmants). La poésie devrait attendre, Nietzsche aussi. A charge pour moi en dessinant de ne pas trop fatiguer l'Amor Fati.
- Et comment t'appelle-t-on noble créature ? Fred, on m'appelle Fred. Fred Aster, si tu veux tout savoir. Mais magne toi un peu j'ai un rencard avec Ginger. Faut que ça groove dans la grole, Que ça swingue dans la shoes, tu comprends ? Et comment que je comprenais, j'avais moi même, dans mon jeune temps aimé passionnément une danseuse unijambiste, borgne et travestie. Mais elle s'était enfuie à Chandernagor, avec un véliplanchiste sur sa planche à clous. Il parait qu'à présent elle l'a rendu complètement marteau et qu'il chasse les punaises et les écrase avec la jambe de bois que je lui avait offerte pour danser le tango. Ô joie que visse ma peine, civis pacem, barre toi bel homme ! Ô ... Oh ? On en est qu'à 372 là. 373, je dirais comme ça, à vue d'oeillet. Je me remis à la tâche, 374, 375 ... Le temps filait en boucles lâches. Le scolo pesait pas moins que pis que pendre mais ses vernis bicolores valaient le détour. Alors je m'appliquais. On a le petit prince qu'on mérite.
- Si tu veux, je lui dis, je te raconte comment tu peux te faire des potes chez les renards ou je te dessine des bottes en peau de mouton ? C'était histoire de le distraire et moi aussi. Et pourquoi pas me faire rentrer chez Fly Tox TM ! Qu'il me répond. Où t'en es ? 497 ... 498 ... 499 ... Cinq ... Arrête-toi là, la dernière pair c'est pas la peine. Ginger aime que j'ai l'air un peu marle, ça l'esquite, qu'elle me dit. Bon et bien maintenant faut que je retrouve ma mère et ma boite à cirage.
Alors il me quitta, son écharpe volait au vent interstéllaire des best sellers de la littérature mondiale et son huit reflets brillait au firmament de la nuit des nuisibles. Et je m'en retournais à mes sacs de noeuds poétiques:
Ô soir que les nouilles enfument ! Ô scolopendre who was dancing in the dark ! Ô patte folle de mon père, qu'une timide claudication ramène à la maison.
23:28 Publié dans Relis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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22.08.2009
Les poires
J'ai laissé aller les poires aux guèpes, c'est une compagnie comme les autres les guèpes. Ça oeuvre sans se soucier de rien, vous les emmerdez pas, elles vous asticotent pas, chacun dans ses idées et le venin sera bien gardé. D'ailleurs dans les poires, les guèpes ont fait des trous si petits, si petits les trous que font les guèpes dans la peau des poires, que pour un peu que vous passiez par là, avec une envie de poire ... non, c'est con les envies de poire, ça ressemble à rien sans alambic, une envie de poire. C'est comme de dire : Tiens, je me ferais bien une entrecôte d'agneau ! En bouffant des nouilles au ketch up TM. Les guèpes elles, elles aiment aussi l'agneau. Leurs mandibules dibulent sans mandat, c'est pas mendiant les guèpes, ça prédate en se foutant de la date de péremption. Moi pendant ce temps j'écoutais la radio, noyé dans les vapeurs de la cuisson des nouilles. France Cul, une émission sur la chanson dans l'oeuvre de Nietzsche, avec une chanteuse à qui ça ne parlait pas du tout les histoires de surhomme. Elle le disait d'ailleurs : L'homme ferait bien d'être simple, je trouve.
Au moins elle avait trouvé ça. Et pis Nietzsche avait échoué, lui. Pendant ce temps là qu'elle chantait des chansons tristes où il était question d'un homme qui l'avait chassé comme une guèpe posée sur les poires, je regardais l'aiguillon fiché dans la peau de l'homme et le venin douloureux de l'amour qui ne se chasse pas d'un revers de main, s'instiller dans son rictus idiot. Tout ça dans la radio qui défend le cul en France, avouez, c'est fort! Et puis après j'ai égouté les nouilles, j'ai secoué le Ketch up et puis je me suis dit que je m'en foutais bien des poires. Il faisait nuit, les guèpes avaient toute la vie devant elles, et pas moi. Ce que c'est égo-excentrique un homme qui vient de se faire piquer par une mouche.
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13.08.2009
L'escarpe
qu'il est donc doux de tout s'abandonner à l'extrème légèreté, ne plus songer, ne plus sommer la vie de faire un effort, se laisser porter par le vent, la tête renversée, la poitrine soulevée, les pieds appuyés en des lieux où l'on se ressemble enfin. Je navigue, flotte, vrille, le travail des anges s'en allège, le long de l'escarpe je voyage gratis, je suis enfin ce que je voulais être, un naissant de rien et n'allant nulle part, pas plus lourd que le diffus, pas plus orgueilleux que le confus. Ma mémoire est vièrge de tout ce qui hier réclamait sa pitance, mon crane était un poing refermé sur un secret amour de l'homme, il est à présent la main du creux de laquelle je déploie le sourire paisible. Mon ventre glousse comme une poule ivre d'avoir avalé un diamant. Mes couilles même, mes bonnes burnes roulent comme des épineux au désert. Mon sexe, ma queue, ma bite ? Ce chybre qui parfois fit s'élever le ciel d'une toison poissée, mon sexe est un état de grâce, un souvenir soyeux, quelque chose, quelqu'un, un rien qui soupire.
Je pars,et pars sans part, sans cassure, lent, sans enveloppe, intact. Je suis comblé enfin de tout ce que je n'ai pas voulu posséder, de tout ce à quoi je n'ai pas voué la vie. Cette vie infiniment éparse et parfois rassemblée d'un seul regard au dessus d'un berceau, parce que ça et là, un feu brûlait, un feu que ma nuit protégeait, un feu fait et de père et de mère. Autour duquel s'assemblaient ceux que ne résignait pas l'idée de vivre en convoi, dans l'exil intégral et les migrations d'âmes désarmées. J'ai aimé, putain que j'ai aimé ! Mais les cimetières de nos coeurs sont pleins jusqu'à l'os de nos amours en boite. Alors ? Alors j'emboîte le pas aux étoiles et je fais sans semelle le chemin des glacis.
09:46 Publié dans Mélancholie | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
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